Aragorn
les femmes, le fétichisme, la psy
Fri Jan 15 18:49:43 1999


Je t'engagerai, Magnum à ne pas trop écouter ce que l'on dit. Les explications convenues de la psychanalyse nous
renvoie, ce n'est pas nouveau, toujours au même symbolisme qui sous-entend une névrose latente. Globalement,
la psychanalyse explique que le fétiche (le pied ou la chaussure pour ce qui nous intéresse) est le sexe masculin
absent chez la Mère-Totem, constat épouvantable soi-disant que l'enfant combattrait par un processus de
substitution : le fétiche.
Il en va de même avec la psychanalyse qu'avec la religion : certaines personnes en ont besoin et nous sommes
malheureusement élevés avec ces théories réductrices et culpabilisantes.
Tout comme la Religion n'est pas la Morale mais s'en nourrit pour étayer ses théories : on peut avoir des principes
moraux sans faire partie d'une église. La Psychanalyse n'est pas le Symbolisme mais s'y abreuve pour cataloguer
les pulsions.
Il y a dans d'autres civilisations des vues symboliques qui, au lieu de parler de syndrome "aliénatoire", signifie le
pied pour ce qu'il est : une partie du corps à part entière (non un substitut phallique) douce, sensuelle et admirable
(la poésie de la Chine médiévale par exemple) que l'amoureux chérie particulièrement en des rituels. de
sublimation de l'être aimé : le pied est à la fois gracieux mais aussi autoritaire; en s'y vouant, l'homme aime
s'abandonne complètement à la femme et à sa beauté. Le pied de la femme sur l'homme devient un chant d'amour.

Tout ce bla-bla pour dire qu'en effet, il ne vaut mieux pas dire, avouer tout de suite son fétichisme à une femme
tant les idées d'anormalité sur le fétichisme sont répandues. Les moeurs se sont pas prêtes d'avancer avec les
tenants de la psychanalyse qui "diabolisent" la sensibilité fétichiste et schématisent les actes amoureux dans l'éternel
Mère-Père-Enfant.
Mon épouse n'avait aucun intérêt pour ses pieds, avant de me rencontrer. Elle n'aurait jamais pensé qu'ils
pourraient avoir un attrait aussi puissant pour un homme et j’eus beaucoup de mal à lui faire accepter; c’était en
effet bizarre pour elle. J’avais, de mon côté, hâte de satisfaire mes fantasmes (l’on est impatient à 20 ans) et
j’avais tendance à restreindre notre sexualité à l’accomplissement de mon fétichisme. Tout le contraire de ce qu’il
fallait faire ; non seulement je la rendais malheureuse mais j’étais insatisfait. Chaque contexte familial est différent,
et ce qui vaut pour quelqu'un ne le vaut pas forcément pour d'autres, mais j'ai entrepris de faire rentrer,
doucement, mon fétichisme dans notre vie quotidienne au lieu qu'il soit simplement sexuel. Par des attentions
particulières, des cadeaux ciblés (vernis, chaussures), il devint naturel à ma femme que je sois attiré par ses pieds.
En conclusion, je dirais qu'il ne faut pas faire peur avec son fétichisme à une femme, qu'il ne faut pas en faire une
obligation sexuelle mais qu'il faut l'inclure dans l'amour que l'on a pour elle jusqu'à ce qu'il devienne naturel et
même source d'une complicité nouvelle.