'Carla, Sienne 2002

témoignage et photo de Francesca P. traduit de l'italien par Michel Tenard.

Elle débarqua dans notre vie comme un cadeau inatendu. Tania, ma fille, n'avait eu jusqu'ici que des amies sans intêret, qui n'avaient jamais été interessées par nos tentatives d'approche. Ces tests étaient simples. Nous laissions des cassettes près du magnétoscopes et notre fille faisait le reste, en incitant son invitée à les regarder. Nous-mêmes, mon mari et moi, étions toujours absent pour ne pas effrayer par notre présence ses camarades de classe.
Mais tout au long de l'année, les déceptions furent au rendez-vous. Les petites filles sont très prudes en Toscane, ou très bêtes. Aucune ne fut captivée par ce que Tania leur montrait. Au pire elles trouvaient ça dégoutant, au mieux elle trouvaient ça drôle et ne croyait pas que les images d'enfants attachés, fessés ou même cravachés hurlant sous les coups étaient réelles.

Puis, un jour de mai, peu de temps après la fin des vacances de Pâques, elle vint passer l'après-midi avec notre fille. Elle, c'est Carla. Un regard de petite princesse, les lèvres délicatement rosées et humides découvrant un sourire d'ange et de délicates dents nacrées. Ses cils d'une finesse absolue dessinaient la courbe de beaux yeux verts turquoise, sa peau blanche immaculée, presque laiteuse, son port de tête haut laissant tomber en une cascade harmonieuse le flot de longs cheveux bruns. Ses bras presque maigres, ses jambes déjà fuselées aux mollets rebondis, ma rencontre fut un choc merveilleux. Cette fois-ci, j'eus beaucoup de regrets de partir de l'appartement, mais je laissai les enfants en priant pour que survienne un miracle.

Il eut lieu. Carla était partie lorsque je revins, mon mari, lui, était déjà rentré. Tania était en train de lui raconter son après-midi. Sa nouvelle invitée n'avait pas trouvé les images dégoutantes, elle n'avait pas cru non plus qu'elles étaient fausses. Elle avait compris. Lorsque notre propre enfant lui avait montré nos bandes, Carla n'avait pas quitté l'écran des yeux, Tania nous l'a décrivit comme absorbée par ce qu'elle voyait. Sur le poste, les séquences de petites filles et de jeunes garçons, entravés et suspendus, naviguaient dans l'air, les peids à peine le sol, au gré des morsures de badines qui leur étaient assénés. Leurs cris, leur douleur, avait enfin trouvé une écoute sensible, Carla était, sans nul doute possible, des nôtres. En la raccompagnant, Tania lui demanda de garder le secret, puis la questionna un peu plus pour savoir si elle serait interessée à venir voir d'autres vidéos.
Sans surprise la petite Carla hocha la tête. C'est ce que Tania nous raconta, à son père et à moi, avec la fougue et le bonheur complice d'une gamine de neuf ans qui vient de réussir quelque chose de beau.

L'image que vous voyez fut prise durant l'été. Peu de visites furent nécessaires pour que Carla en vienne à participer à nos jeux. Cette image n'est pas une composition. Carla est tellement belle que même dans le feu de l'action et la brûlure des lanières cinglantes, son regard reste pur et magique. Elle ne crie jamais, elle souffle, elles soupire, essaye de reprendre sa respiration, mais ne se plaint pas. Elle est consentante, jamais nous ne heurterons de force une enfant aussi magnifique. Elle est à part. A travers nous, elle découvre peu à peu ses sens, comme personne ne pourrait les lui faire connaître. Avec mon mari et ma fille, nous formons une matière unique, où le toucher, doux ou sévère, est un language. Lorsque je la lêche intimement, ou que ma fille reçoit à son tour les nouvelles caresses que Carla vient d'apprendre de mes soins, lorsque mon mari nous bat avec amour, l'une après l'autre, nous sommes toutes les trois égales devant la musique que chante le cuir qui s'abat sur nos reins. L'âge n'a pas d'importance. Mes trente-deux ans, les onze de Carla ou les neuf de ma fille, nous subissons les mêmes peines, les mêmes joies, et nos corps témoignent de cette unique appartenance. Carla rend toute ma famille tellement plus heureuse, sans malice ni perversité. Mon mari ne l'a jamais prise et ne le fera pas. Son amour pour Carla s'exprime en caresses, en fessées longues et communes, où, alors qu'elle est venue se poser à son ordre sur ses genoux, ma fille vient se poster devant elle, accroupie, pour lui tenir ses poignets, et où je me mets à ses pieds, derrière elle, pour maintenir ses délicates chevilles en position. Alors, comme un corps hybride et unique, nous partageons la plénitude de l'instant. La main de mon homme devient le pendule régulier du plaisir, s'abattant avec un son changeant sur Carla ainsi tenue pieds et poings liés par mes mains et celles de ma fillette, il modère sa force, son allure, suivant les fesses, les cuisses, les parties atteintes, puis caresse, et frappe à nouveau. Devant moi, le joli cul serré de la petite à beau fremir, rougir, il sait tenir bon et se cambrer avec fierté pour mes yeux, ceux de mon mari, et pour montrer son courage à ma propre enfant. Celle-ci semble devenir une autre personne, toujours une petite fille, mais déjà une femme. Voir son amie sous le joug, savoir qu'elle va devoir affronter la même épreuve quelques minutes plus tard, tenter de rester aussi brave que son ainée de deux ans, est pour ma gentille Tania un défi fascinant.

La photo que nous vous offrons pour le site (c.a.d le site Raiunier, novembre 2002 note du traducteur) a été la première d'une belle série représentant Carla en train de reçevoir les honneurs d'un chat à trois queues, court, mais fait d'un cuir lourd et douloureux. Regardez son visage, il exprime cette joie dans la douleur, cette plénitude que l'on atteint d'habitude qu'après l'adolescence. Pas de peur, mon mari sait appliquer des coups vifs qui ne blessent pas. Pas de cris, elle n'en poussera que vers la fin, plus par épuisement mental que par la peine. Non, ce visage est celui d'une enfant qui vient à la vie, une nouvelle vie qu'elle peut choisir et dont elle accepte les régles, pour une fois dans son existence, de plein gré. Voyez la cambrure qu'elle offre, les mouvements minimums qu'elle tente de freiner. Jamais elle ne se tournera, jamais elle ne lèvera une jambe comme le font d'habitude et stupidement les gosses, en tentant d'échapper aux coups pour se protéger. Non, Carla, sans l'avoir jamais appris, sait d'instinct offrir son corps aux cuirs du chat, apprivoisant le sifflement des lanières, se postant au mieux pour recevoir le fruit de notre amour et de sa volonté.

Notre fille, quant à elle, n'a pas encore affronté le fouet. Elle en a pourtant désormais envie, presque besoin. Fugace sentiment de jalousie ? Peut-être. Envie de nous faire plaisir, à mon mari et à moi ? Je ne le pense pas. Plutôt une intense pulsion née en voyant son amie, un élan réflechi vers un nouveau chapitre. Les claques de bébé, les fessées de gamines, les punitions sévères d'enfant sont loin dans son esprit. Seul compte à présent le souhait de rejoindre au plus tôt Carla dans notre chambre, les bras tendus, enchaînées ensemble aux colliers de poignets du plafond, corps contre corps, poitrine contre poitrine, leur deux croupes, leurs quatre jambes réunies, sur la pointe des pieds, se balançant au gré de nos coups. Mon merveilleux homme et moi-même savons notre chance. Mais il me semble que Tania et Carla, comme nous, savent aussi saisir la leur. Un grand bonjour et toutes nos amitiés aux participants Reunier d'Italie et de France.
témoignage et photo de Francesca P. -
traduction de l'italien par Michel Tenard.

  

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