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From: Sala de Espera <saladesperas@yahoo.com>
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X-ASSTR-Original-Date: Sun, 04 Jul 2004 14:21:05 +0200
Subject: {ASSM} La fauvette des marais a collier_rouge (F/mmm)
Lines: 666
Date: Sun, 4 Jul 2004 16:10:02 -0400
Path: assm.asstr-mirror.org!not-for-mail
Approved: <assm@asstr-mirror.org>
Newsgroups: alt.sex.stories.moderated,alt.sex.stories
Followup-To: alt.sex.stories.d
X-Archived-At: <URL:https://assm.asstr-mirror.org/Year2004/48380>
X-Moderator-Contact: ASSTR ASSM moderation <story-admin@asstr-mirror.org>
X-Story-Submission: <admin@asstr-mirror.org>
X-Moderator-ID: dennyw, hoisingr
The Red-Shouldered Mangrove Warbler (F/mmm).
Ecrit par DrSpin <drspin@newsguy.com> en janvier 2000
Post� sur le newsgroup alt.sex.stories.moderated le 3/01/2000
https://www.asstr-mirror.org/ ...
... files/Collections/Alt.Sex.Stories.Moderated/Year2000/22126
Traduit par Sala de Espera <saladesperas[at]yahoo.com> en aout 2002.
et publi� d'abord sur http://revebebe.free.fr
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Note de l'auteur DrSpin:
J'�cris et vous lisez, si vous en prenez la peine. C'est tout ce qu'il
y a � dire l�-dessus. Si un lecteur se sent offens�, et �a
m'�tonnerait, il/elle aurait d� commencer par ne pas venir ici et il
n'y a que lui/elle � bl mer. Si vous reprenez cette histoire, veuillez
laisser mon nom intact comme auteur et mon adresse email.
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La fauvette des marais � collier rouge (F/mmm)
La jolie fille d'� c�t� va se marier samedi prochain. Je la connais,
mais sans plus. Mes deux copains ont sorti le 4X4 et nous sommes dans
la cour en train de charger l'�quipement quand elle arrive � la
barri�re. Elle demande si on va faire du camping.
Non, ma passion, c'est d'observer les oiseaux, et j'ai entra�n� Bill et
Graham l�-dedans, ce n'est pas difficile parce qu'ils n'ont pas encore
de vie � eux. Des braves gars, vous savez. Ordinaires. Mais observer
les oiseaux ? Je sais tr�s bien � quoi elle pense, rien qu'en le
disant.
Elle a un sourire rayonnant, Carrie. C'est son nom. Elle a 20 ans,
c'est s�rement trop jeune pour se marier. Mais qu'est-ce que j'en sais.
Je suis bien plus jeune qu'elle et le plus grand truc dans ma vie,
c'est d'observer les oiseaux. C'est pour �a qu'on se pr�pare et on ne
rentrera pas avant la nuit, et on part � la recherche de la fauvette
des marais � collier rouge, et peut-�tre qu'on aura une chance de voir
passer cette petite bestiole tellement rare � ce moment de l'ann�e. Si
on fait bien attention. On pourra m�me prendre une photo. Ca serait
formidable, et tr�s important � cette saison. Mes mots continuent de se
bousculer dans ma bouche et son sourire rayonne toujours.
Bon, elle dit, c'est une si belle journ�e et elle n'a rien du tout pour
s'occuper sauf se faire du mal en pensant aux ennuis du prochain week
end, et si elle a fait le bon choix et tout �a, et maintenant ce sont
ses mots qui s'embrouillent dans sa bouche, et le truc c'est qu'on
pourrait la laisser venir avec nous. Si �a ne nous emb�tait pas trop.
Ho, cette belle fille, Carrie. Elle est en train de demander si elle
peut venir avec trois jeunes cons comme nous ? Et alors, elle n'a rien
de mieux � faire ? Oui, c'est �vident, rien. Sauf se faire du mal toute
seule. Et cetera.
Et on y est, �a chahute en tout terrain dans la vieille Jeep du p�re de
Ben (Ben est le seul � avoir le permis de conduire) et je suis assis �
l'arri�re � c�t� de Carrie, en regardant du coin de l'oeil ses grandes
jambes fines, �tal�es tout du long � c�t� de moi parce qu'elle porte
cette petite robe d'�t� jaune p le avec des petites fleurs noires ou
bien bleues et boutonn�e devant. Ce qu'elle est jolie. Elle va se
marier avec un minus samedi prochain quelque part ailleurs et elle va
filer vivre avec lui dans un endroit quelconque loin d'ici. Cet
imb�cile heureux. C'est s�r qu'elle est jolie.
Elle raconte des trucs sur son mari�, qu'il s'appelle Jeff, que pour le
mariage �a lui fait mal au cul que sa m�re ait tout d�cid� et qu'elle
ne lui a rien demand� sur rien et que c'est dr�lement bon de sortir de
l� juste une journ�e. La Jeep fait tellement de bruit qu'elle s'appuie
sur moi, sa bouche contre mon oreille. Elle s'est assise tout pr�s
parce que l'autre si�ge � c�t� est occup� avec son gros sac tress� et
son grand chapeau de paille avec des rubans jaunes. Je me penche en
avant et je regarde ses grandes jambes bien lisses qui s'�tirent
jusqu'� ses petites espadrilles. Qu'est-ce qu'elle est mignonne. Elle a
des genoux impeccables.
Tu ne pourras pas le croire, elle me dit � l'oreille, ce que c'est de
faire un truc aussi simple que de se marier. Tellement d'emb�tements
avec tout et tout le monde. Avec toute cette histoire de mariage elle
n'est plus elle-m�me. Elle a horreur de chaque chose qu'elle aura �
mettre ce jour l�, m�me les dessous. C'est sa m�re qui a tout choisi.
Carrie a essay� de se battre et elle a perdu sur toute la ligne.
Je la regarde avec un peu d'�tonnement.
- Les dessous, tu t'es bagarr�e pour les desssous ?
- Oui. La plus grosse bagarre. Mais je me suis fait avoir comme
toujours, et je vais mettre du satin blanc brod� avec des armatures et
des porte-jarretelles et je ne sais pas quoi encore. Comme si j'avais
un gilet pare-balles. Je vais monter l'all�e comme un cosmonaute sur la
lune.
Je rigole � l'id�e de la voir en grande robe blanche, avec les bras et
les jambes tous raides, en train de se trainer jusqu'� l'autel.
J'essaie de compatir.
- Ch�rie, �a a l'air bien compliqu�.
Elle prend un ton r�sign�.
- Je suis une fille simple. Si j'avais le choix, j'aimerais porter
quelque chose comme en ce moment.
Je r�ponds avec un faux air distingu�.
- C'est tr�s chic. Surtout le chapeau.
Elle me fixe, et elle dit
- C'est gentil. Tu peux me le dire encore si tu veux.
- Le chapeau ?
- Non, tous les trucs chic. J'ai besoin d'entendre �a en ce moment.
- D'accord. Laisse-moi te regarder. Robe jaune tr�s chic, chapeau
tr�s chic, longs cheveux noirs brillants l�g�rement boucl�s retombant
sur le cou, visage distingu�, joli nez, beaux yeux clairs, nuance bleu-
gris, silhouette merveilleusement �lanc�e et jambes absolument
parfaites. Teint impeccable. Tout compte fait, je dois d�clarer que
vous �tes la choses la mieux r�ussie de ce c�t� de la plan�te.
Elle rougit, �a la rend encore plus belle.
- Tu en fais trop, Michael. Mais merci quand m�me.
- Je suis content que tu sois ici. Et je crois que tu as
parfaitement raison sur la robe et les dessous et tout �a. Dis-leur de
tout balancer et mets ce que tu veux. C'est ton mariage, quand m�me.
- Trop tard. On m'a sign�e, cachet�e, et je vais �tre mise � la
poste.
- Tu n'as pas l'air d'y croire, Carrie.
Elle fait la moue et me regarde un moment. Elle soupire encore.
- Ca ne va pas. Je crois que je vais faire une crise de panique.
- Ce type, Jeff, il faut que tu l'aimes pour dire que tu vas te
marier avec lui ?
- Je croyais que oui. Jusqu'� hier. Maintenant je ne suis m�me pas
s�re qu'il me plait.
- Peut-�tre que c'est normal.
Elle fait oui de la t�te et soupire encore.
- Peut-�tre. Je voudrais juste qu'ils ne me regardent pas tous
comme si c'�tait fait. Comme une brave petite fille. Pourquoi est-ce
que je dois �tre tout le temps la brave petite fille.
Elle retombe dans le silence, les mains sur les genoux, et regarde par
la fen�tre.
On arrive au bon endroit, on gare la voiture et on commence �
d�charger. Carrie veut savoir o� nous allons. On lui explique. Dans le
marais, c'est l� qu'on va trouver les fauvettes, on esp�re. Elle
regarde nos bottes en caoutchouc. Il y a de la boue ? Oui, c'est le
marais, tu sais. On ne t'oblige pas � venir avec nous. Et ce ne serait
pas l'id�al, parce que la fauvette est un petit oiseau craintif, il
faut �tre patient et ne pas faire de bruit. Elle regarde autour d'elle
la petite clairi�re bien � l'abri. Ca lui plait. Elle va nous attendre,
lire un livre et profiter du soleil. Combien de temps ? On dit deux
heures, si on a de la chance, et on reviendra pour manger � midi.
Pas de chance. Une matin�e sans oiseaux, et s�rement pas la tr�s rare
fauvette des marais � collier rouge. On rentre d��us, avec un appareil
photo charg� et des estomacs vides. Ca ira peut-�tre mieux cet apr�s-
midi. On d�bouche dans la clairi�re o� la voiture est rang�e, et on
trouve Carrie qui a l'air embarass�e et agit�e, c'est certain, elle est
accroupie et elle a une grande serviette de bain rouge et blanche
qu'elle tient serr�e contre elle.
- Houl�. Vous �tes en avance. Je ne savais pas que vous �tiez si
pr�s. Je vous ai entendus arriver au dernier moment.
Retour en arri�re. Calcul. D�duction. Elle �tait en train de prendre un
bain de soleil. Elle n'avait pas grand chose sur elle, peut-�tre rien
du tout. Confirmation. Par terre il y a le sac tress�, le chapeau de
paille avec un ruban, la robe jaune � fleurs, un soutien-gorge blanc et
une petite culotte blanche. Et un livre. Et un tube de cr�me solaire.
Elle se remet debout, elle serre la serviette autour d'elle et elle
passe un coin dans le d�collet�. Ses �paules nues et sa poitrine sont
tr�s jolis � voir. La serviette tombe quelque part entre ses fesses et
ses genoux. Elle a encore ses espadrilles. Rien d'autre. Et la
serviette, juste la serviette. Mon cerveau enregistre �a en plusieurs
fois. Gros d�lire. Il y a une minute cette merveille de la nature �tait
allong�e par terre, parfaitement nue.
Elle se reprend.
- Alors, vous avez vu votre joli petit oiseau rouge comme vous
l'esp�riez ? Vous l'avez pris en photo ?
Graham r�pond, pas gai : "Non. Pas d'oiseaux, pas de photos, tout
rat�." Je reprends "Peut-�tre que nous aurons de la chance plus tard."
J'ai l'impression d'�tre un peu enrou�. Je crois que c'�tait vraiement
rauque. "Peut-�tre que non." reprend Ben, pessimiste.
On mange un semblant de d�jeuner, quelques sandwiches m�diocres et des
fruits, debout autour de la Jeep. Carrie, toujours enroul�e dans sa
serviette, se fait piquer par un insecte. Elle l�ve le bras pour lui
donner une tape et la serviette se d�noue. Elle glisse et lui d�couvre
compl�tement le sein gauche, avant qu'elle la bloque contre son corps.
Sans se presser, en me regardant sans rien exprimer, elle r�ajuste la
serviette. j'attendais au moins qu'elle dise "Oups", mais rien. Ben et
Graham �taient de l'autre c�t� de la voiture en train d'examiner un
pneu. Ils n'ont rien vu. Mais j'ai vu son sein, qui n'est pas trop
petit ni trop grand, parfaitement rond, une forme parfaite, avec un
petit t�ton brun qui pointe vers le haut.
Je continue � la regarder, sans comprendre. J'ai vu son sein et elle le
sait. Elle reste calme et je dois rester calme. J'essaie.
- Alors, tu te sens mieux avec ton fianc�. Je veux dire, tu arrives
� l'aimer de nouveau ?
Elle l�ve un sourcil vers moi.
- Je n'ai pas pens� � lui une seconde, ni � ma m�re, ni au mariage,
si �a t'int�resse. Il fait tellement bon ici et je voulais vous
remercier, les gars, de m'avoir laiss� venir. J'avais tellement besoin
de sortir de l� pendant une journ�e.
Ben et Graham nous ont rejoint. Graham dit
- Ne t'en fais pas. J'aurais seulement voulu qu'on trouve un oiseau
ou deux pour te montrer. Mais il n'y a rien et je crois qu'il n'y en
aura pas plus.
Il soupire.
- Pas d'oiseaux. Pas de photos. Une balade pour rien.
- Bon, on ne peut pas les avoir. Mais on peut s�rement ariver �
quelque chose. Je suis une esp�ce d'oiseau, moi aussi. Vous pourriez me
prendre en photo.
Tous les trois on la regarde, elle nous sourit. J'ai les id�es qui se
m�langent. Photos, Carrie, serviette, nue, seins. Les mots ne
s'encha�nent pas comme il faut.
Graham est le meilleur pour prendre des photos. Il a m�me une chambre
noire chez lui.
- Euh, c'est s�r. Ca devrait marcher.
- Je sais � quoi vous pensez. Mais je dois vous dire que je vais
rester un peu habill�e.
Elle me fait signe.
- Ram�ne moi mon beau chapeau.
Je l'attrappe et elle le pose sur sa t�te.
- Je garde le chapeau, et aussi les espadrilles.
Je trouve que son sourire est un peu crisp�.
- Mais si on se met d'accord, je suis pr�te � enlever la serviette.
Les deux autres ouvrent la bouche comme des poissons. J'esp�re que je
ne suis pas comme eux. Je demande.
- Se mettre d'accord ?
- Les photos. Il faut qu'elles n'aillent nulle part. Je serai
partie la semaine prochaine mais ma famille reste ici.
- C'est s�r. Je te donnerai les n�gatifs.
- Vous pouvez les garder. Simplement vous ne les montrerez �
personne. Il faut me promettre.
On murmure quelque chose comme une promesse. Elle ne sourit plus. C'est
difficile de voir ce qu'ele pense. Comme si elle se concentrait. Le
silence dure, comme si elle avait l'esprit ailleurs. Graham tousse. "Je
vais sortir l'appareil." Et il fait un d�tour vers l'arri�re de la
Jeep.
Carrie respire un grand coup. On peut l'entendre. Brusquement elle
sourit de nouveau, elle rayonne. Elle dit "Merde." Ca nous choque de
l'entendre dire �a. "On va s'�clater un peu pour changer."
Elle se met au milieu de la clairi�re, loin de la voiture. Elle se
tourne et nous fait face. "Je vais le faire. Je n'arrive pas � le
croire." Elle h�site encore, comme si elle allait penser � autre chose.
Et puis, d'un seul coup, elle jette la serviette et elle est debout
devant nous. Nue, � part le chapeau de paille avec un grand ruban, et
les espadrilles.
C'est peut-�tre ce qui arrive quand Dieu appara�t. Une vision
aveuglante. Une exp�rience qu'on n'oublie pas. Une r�v�lation de la
beaut�.
Je veux dire, j'ai d�ja vu deux filles nues en vrai. J'ai vu des photos
dans les magazines et j'ai vu des films. Carrie-en-vrai est tellement
plus belle. Elle a l'air mal � l'aise, elle penche sa t�te sur le c�t�,
elle nous regarde un par un encore. Et encore. Elle est trop parfaite.
Tout est exactement � la bonne place, exactement la bonne taille,
exactement la bonne forme. Ses seins sont parfaitement � la bonne place
sur son corps, sa taille parfaitement mince, ses hanches parfaitement
larges, ses jambes parfaitement longues. Et au centre, comme le z�ro de
la cible, un parfait V de poils, juste ce qu'il faut, et comme s'ils
�taient de deux couleurs, brun comme du chocolat � l'ext�rieur et noir
au milieu. Et on peut regarder partout, elle a une peau sans d�faut.
Pas une marque. Pas une tache. Rien. La perfection.
Sans raison, elle �clate de rire. Elle s'agite et se penche en avant,
ses seins se balancent jusqu'� ce qu'elle les renferme avec ses bras et
appuie son visage sur ses mains. L'instant d'apr�s elle se tient droite
et on voit bien que son moment de nervosit� est pass�. Elle a l'air
apais�e, souriante, en confiance. "Excusez-moi, dit-elle, mais vous
devriez vous regarder, les gars, vous avez l'air compl�tement
�pouvant�s." Elle rit. "J'ai eu b�tement peur que vous me sautiez
dessus tous ensemble mais je vois que �a n'arrivera pas."
Je n'en sais rien pour Graham et Ben, mais je ne suis pas �pouvant�.
Stup�fi�, peut-�tre. Et m�me pendant que je suis �pingl� au sol, un
m�chant insecte venimeux arpente mon cerveau, propuls� par ses paroles.
On est trois gars. C'est juste une fille. Facile. pas d'effort. On la
jette, on la bloque, on la prend. Facile.
Non. Elle est trop bien. En m�me temps, je me vois rester l� � la
regarder et vieillir comme �a. J'entends l'appareil photo et Graham
s'est baiss� pour la cadrer. Elle lui sourit et elle incline la t�te.
Non, elle est trop mignonne.
Elle prend la pose sans effort. Elle dit "Vous savez, j'avais toujours
eu envie de faire �a." Elle flirte avec l'objectif. Tenant son chapeau
et les yeux dans le lointain avec un sourire pensif. Le dos appuy�
contre un arbre. Perch�e sur le capot du 4X4. Pendant vingt minutes
elle se prom�ne dans la clairi�re, en nous tirant tous les trois avec
une laisse invisible. Graham prend les photos. Ben et moi, on ne fait
rien et on regarde. Elle est en pleine gloire. Et aussi, c'est clair,
elle est heureuse. Et quand elle commence � fatiguer, elle insiste pour
qu'on termine par des photos de nous avec elle. Pas des images
artistiques comme ce qu'on vient de faire, des photos de vacances. On
prend l'appareil chacun son tour et elle se tient entre les deux
autres, nous habill�s et elle � poil. Ce sont celles-l� qu'elle
pr�f�rera se rappeler.
Elle se drape dans sa serviette, s'installe sur le capot et me regarde
en face.
- Tu as l'air de prendre �a plus au s�rieux qu'eux. Dis-moi
pourquoi je l'ai fait.
Je r�fl�chis un moment. J'h�site.
- Je crois ... C'est un acte de r�bellion.
Elle a son merveilleux sourire. Je continue.
- Je crois ... Ta m�re n'aurait jamais pens� que tu ferais une
chose pareille. On va te marier la semaine prochaine, et tu les d�fie
tous. Ta m�re. Ton fianc�. M�me si tu ne leur dis pas, tu sais que tu
l'as fait. J'ai bon ?
- Pas mal. En plus c'�tait jouissif. Je ne me suis jamais sentie
plus libre de faire ce que je voulais. Tu sais, c'est vrai ce que je
t'ai dit dans la voiture. J'ai vraiement �t� une gentille fille toute
ma vie. J'ai fait l'amour avec trois gar�ons seulement, en comptant
Jeff. Et ce n'est pas beaucoup pour une fille qui va se marier.
Elle se met � rire.
- J'�tais en train de me dire que je l'avais fait moins de fois que
vous, les gars, et puis j'ai eu une dr�le d'id�e. Vous, vous ne l'avez
jamais fait. Suffit de vous regarder pour savoir que c'est vrai.
Silence. Je sais que Ben et Graham ne l'avaient s�rement pas fait, et
qu'ils croient que moi non plus, mais en fait j'y �tais pass� il y a
deux ans, avec une cousine � moi qui �tait grosse et agressive, et �a
avait �t� moche et mal fait, un truc � oublier. Tant pis. Ce n'est pas
le moment de chicaner.
Carrie rit plus fort et s'applaudit. "Impeccable." Et puis elle
s'arr�te de rire, brusquement. Elle saute en bas de la voiture et elle
commence � fouiller dans son sac. "Regardez �a. Quelqu'un doit �tre en
train de me dire quelque chose. Il reste exactement trois pr�servatifs
et je ne vais pas revoir Jeff avant le mariage." Elle se met une main
en visi�re contre le soleil et nous regarde. "Ca devrait faire le
compte. Je double mon tableau de chasse avant qu'on me marie, et vous,
les gars, vous perdez votre petite cerise."
Elle est devenue raide dingue. Un coup de soleil ou quoi. Ca n'a pas de
sens. Se mettre � poil, d'accord. C'�tait pas mal dingue mais c'�tait
juste pour poss�der sa m�re, et nous trois, on �tait des accessoires.
Mais maintenant ? Carrie, la mignonne future mari�e rougissante, qui se
fait passer dessus par trois gars empot�s, transpirants, nerveux, en
dessous la moyenne, et puis d�butants dans tous les sens possibles ?
Regardez �a. On est aussi bandants qu'un tableau de taux d'int�r�ts. Je
sugg�re, c'est dans son int�r�t:
- Quand m�me, faudrait que tu r�fl�chisse.
- D�ja fait. On y va, ordre alphab�tique. C'est � toi.
Elle d�signe Ben, l'attrappe par la main. Avec sa serviette autour
d'elle et les trois pr�servatifs sous plastique dans l'autre main, elle
ramasse ses v�tements et l'emm�ne dans les buissons. Ben tourne la t�te
une ou deux fois pour nous regarder. On croirait qu'il va se faire
fusiller.
- Meeerde. dit Graham, tr�s secou�, apr�s les avoir vus
dispara�tre.
- T'as raison, dr�le de truc.
- Ouais. Dr�le de truc.
- Tu sais quoi. C'est toi le prochain.
- Meeerde.
Apr�s un moment, vraiement pas assez longtemps, Ben r�-�merge, en
remettant sa chemise dans son pantalon. Il s'arr�te devant Graham.
- Elle te veut, toi, tout de suite. C'est � vingt m�tres, sur la
droite.
Graham ravale sa respiration. Il dit encore "Meeerde" sans s'entendre,
et il dispara�t. Je dis � Ben "Ne dis rien. J'ai l'impression que c'est
un r�ve et que tu casserais tout." Il roule ses yeux. "Encule mon
chien." Pour Ben �a fait un grand discours. Je l�ve la main comme un
flic � un carrefour. "Oh, pas un mot." Il flotte un moment, il
r�fl�chit, et puis il s'en va vers la Jeep pour ranger les affaires.
Mon esprit se prom�ne pendant que je tourne en rond dans la chaleur de
l'apr�s-midi. J'arr�te de penser � Carrie parce que chaque fois que je
pense � elle mes boyaux se liqu�fient. C'est une belle journ�e, le ciel
est bien bleu, les oiseaux font cuicui dans les branches du grand arbre
vert sombre plein de petites baies oranges. Tellement agr�able
d'entendre les gazouillis et les battements d'ailes.
Je l�ve la t�te d'un coup. Je connais l'air. Je regarde dans l'arbre.
Elle est l�. Une m�sange des marais � collier rouge. Et une autre. Et
encore une autre. Stupide, je regarde quatre fauvettes en couleurs fluo
qui volettent autour de l'arbre et gobent les petits fruits oranges.
Je me secoue et je cherche o� est Ben. On ne le voit nulle part.
Quelqu'un sort des buissons, se prend les pieds dans un bout de bois,
c'est Graham. Il tombe presque, se remet droit, il ramasse le bout de
bois, il l'agite et il le lance en l'air de toutes ses forces. Ca me
passe au-dessus de la t�te, en plein dans le grand arbre vert sombre.
Il a un sourire large comme �a. Il boxe dans l'air comme s'il avait
gagn� le match et il me montre le chemin des buissons derri�re lui.
Je me retourne pour regarder les fauvettes. Elles ont disparu, elles
ont eu peur du gros b ton de Graham. Il me tape sur l'�paule, toujours
souriant. Et il voit quelque chose sur ma figure. Il demande
- Qu'est-ce qui t'arrive ? On croirait que ta grand-m�re vient de
mourir.
Je le regarde, lui et puis l'arbre. Foutues, les fauvettes des marais �
collier rouge. J'ai un boulot � faire. Je le rassure
- Rien du tout. Faut que j'y aille, j'ai rendez-vous avec quelqu'un
par l� dans les buissons.
- Tu serais con de ne pas y aller.
Carrie est assise sur sa serviette ray�e, le visage appuy� sur ses
genoux et les bras autour de ses jambes, nue et �l�gante.
- Bien. C'est pas toi le gamin qui habite � c�t� ?
- Oui. J'ai failli te rater.
Elle sourit, juste un peu triste.
- J'aurais d� te conna�tre mieux. C'est agr�able de parler avec un
gars comme toi. Tu aurais �t� un bon copain quand on en a besoin.
- La diff�rence d'age, quand m�me.
Elle allonge ses jambes en V et se r�v�le sans �quivoque.
- Tu as probablement raison. Peut-�tre qu'on devrait commencer � se
rattraper.
J'h�site. Je n'y crois pas encore.
- Tu es s�re ?
- Positif. Ca a �t� le meilleur sexe de toute ma vie.
Maintenant je ne comprends plus et je suis intimid�.
- Tu plaisantes. Faut que tu plaisantes. Ben et Graham ? Ils
�taient bons ?
- Ils �taient nuls. Mais ne leur dis pas. On est tous nuls au
d�but, et apr�s tout le monde fait le grand bond en avant. Je voulais
juste dire que �a m'a fait du bien.
- Tu veux dire, de leur faire un cadeau ... comme l'infirmi�re qui
console l'infirme et le d�sesp�r�.
Elle rigole. Et puis
- Enl�ve ton jean, Mikey, la journ�e s'avance.
Je suis debout devant elle avec seulement mon t-shirt et elle d�roule
le pr�servatif en place et elle le lisse avec les deux mains. Je lui
aurais donn� mes �conomies de toute une vie rien que pour �a.
- Tu es s�rement pr�t. Tu veux et tu peux. Il y a un barreau
d'acier l�-dedans, non ? Il a fallu fournir un soutien � un de tes
copains.
Je me bouche les oreilles avec les mains.
- Ne dis pas plus. C'est mauvais pour moi de savoir �a.
Elle sourit. "C'est le moment". Et elle m'attire vers elle.
Carrie est tellement belle. Sa beaut� ne s'en va pas, m�me si vous �tes
tout pr�s. Pas de d�faut qu'on voie de pr�s. c'est une star, et je suis
assez veinard pour avoir la permission de de faire rentrer quelque
chose de moi dans son corps. Elle �tudie ma figure et me regarde dans
les yeux, sans arr�ter de sourire plus ou moins. Elle a l'air sereine,
� l'aise. Rien de plus. Pas de passion. Comment �a se fait ? Pourtant
c'est chaleureux et agr�able, et je ne doute pas une seconde que son
cadeau soit sinc�re.
Je finis mon travail et pour la premi�re fois depuis deux heures je me
sens mollir. Je me retire d'elle et je pose doucement ma t�te sur ses
seins. Un t�ton pointe avec insistance sur l'endroit le plus tendre de
ma joue et elle me tapote gentiment les cheveux. Le vent souffle un peu
plus fort, le soleil se retire et descend, et tous les oiseaux en
parlent. Je murmure.
- J'ai une faveur � te demander.
- Quoi ?
- Je peux t'embrasser ?
Elle rit un peu et je sens que �a bouge contre ma joue. "Bien s�r, tu
peux."
Je prends son visage entre mes deux mains et je lui donne un baiser. En
commen�ant je suis plein de reconnaissance, et puis �a continue et �a
grandit. Elle est trop belle. Elle est trop merveilleuse.
Je me retire et elle rel�ve un sourcil comme elle sait si bien faire.
Elle me dit "Bon, si tu m'embrasse comme �a encore, je te pr�viens que
moi aussi je vais t'embrasser."
C'est ce que je fais, et c'est ce qu'elle fait. Et pour la premi�re
fois je la sens vibrer. C'est dr�le, non. Quelquefois on baise une
fille et elle reste allong�e l�. Et une autre fois on embrasse la m�me
fille en y mettant du coeur et elle ronronne et elle rugit comme un
l�opard affam� qui passe sa langue sur sa proie avant de la d�vorer.
Bon, digression. On revient � l'histoire.
Elle arr�te de m'embrasser et je me dis que c'est fini. M�me si je sens
que �a revient l� en bas, on ne recommence pas. On se rhabille et on
rejoint Ben et Graham et tout �a est plaisant et d�tendu, courtois
m�me. On roule vers la ville avec Carrie contre moi sur le si�ge
arri�re, elle dort sur mon �paule.
Et quand on stoppe devant chez elle.
- Bon, on s'est bien amus�s. Ne dites rien � personne et ce sera
comme dans les contes de f�es. We'll all live happily ever after.
Ben et Graham ne l'ont jamais revue. Mais j'habite la maison d'� c�t�,
rappelez-vous, et j'ai encore un chapitre � raconter. Trois jours apr�s
le Dimanche des Fauvettes, je passe le soir devant chez elle, elle
m'appelle depuis l'entr�e. Elle va prendre l'avion le lendemain matin,
et ce soir elle va avoir le dernier essayage de la fameuse robe de
mari�e. Le couturier sera parti � huit heures et sa m�re va � une
r�union � huit heures et demie, et si je veux je peux venir une minute
et la voir avec sa robe.
Je veux. C'est Carrie. Je rentre chez moi et dans l'instant je lui
fabrique un cadeau de mariage. Je d�coupe dans mon gros livre sur les
oiseaux la planche pleine page en couleur de la fauvette des marais �
collier rouge. Je d�croche du mur le cadre avec l'autographe sur la
photo de Greg Chappell devant l'entr�e des joueurs au stade de
Brisbane, je jette le grand batteur dans un tiroir et je le remplace
par la fauvette en vol. Ca fait bien.
Ca fait encore bien � 8h35, et Carrie l'aime vraiment beaucoup. Elle a
raison pour sa robe. Ca peut faire un abri pour six enfants. Elle
ressemble � la Reine Elisabeth Premi�re. Mais elle est en forme
maintenant, et optimiste, et elle est s�re de survivre � toute
l'�preuve. Elle me dit qu'�tre une m�chante fille pendant une journ�e,
�a l'a aid�e. Elle avait besoin de lacher la pression. "Zut" je lui
r�ponds. "J'esp�rais que tu avais encore un peu de pression � lacher."
Elle me regarde avec curiosit�, elle s'amuse.
- Ici et maintenant ? En robe de mari�e ? C'est mal, Mikey.
- Tr�s mal. On ne peut pas imaginer quelque chose de pire.
- De toute fa�on, j'ai fini ma r�serve de pr�servatifs. A moins que
tu en aie un.
- Non.
- C'est s�rieux, parce que mon cycle est tout pr�s du pic de
fertilit�. C'est une conspiration. Je suis s�re que Jeff et ma m�re
veulent que je sois f�cond�e pendant ma nuit de noces.
- Donc, c'est �vident que c'est encore plus mal que de le faire en
robe de mari�e.
Elle va et vient dans la pi�ce et brusquement elle s'immobilise. "Tu
parles d'or, mon gars. Tu seras un d�mon quand tu auras grandi."
Je baise Carrie en robe de mari�e, ce soir l� entre 8h50 et 9h15. Ce
n'est pas si facile. En pratique, il faut que je me couche sur le
plancher et qu'elle se baisse jusqu'� la chose. Je suis compl�tement
enfoui sous des masses de tissu blanc, je ne vois rien et je n'entends
pas plus. Quand m�me, je sais qu'elle est excit�e et nerveuse. Je sens
son vagin qui se crispe pendant qu'elle s'enfile � coups rapides et
r�p�t�s, et je peux l'entendre qui se r�p�te que c'est moche et affreux
ce qu'elle est en train de faire et qu'il n'y a pas d'excuse. Quand je
gicle, long et profond en elle, je l'entends gueuler quelque chose que
je ne saisis pas, elle se laisse tomber de tout son poids sur mon
bassin et elle s'agite avec fureur.
Apr�s, pas longtemps apr�s, elle se calme. "Fous le camp d'ici." Elle
me dit �a s�rieusement, mais sans m�chancet�. "Je en veux plus jamais
te voir."
Elle ne m'a plus jamais vu. Le lendemain elle �tait partie et deux
jours apr�s elle �tait mari�e. Quelques semaines apr�s j'ai re�u une
lettre o� elle me remerciait pour mon cadeau de mariage. C'�tait la
formule classique, sauf qu'elle me disait qu'elle garderait la fauvette
comme un tr�sor et qu'elle la mettrait toujours pr�s d'elle. Ce serait
un souvenir des bons et des mauvais moments l�-bas.
J'ai appris qu'elle avait eu un b�b�, mais bien apr�s et pas dans les
temps. Plus tard, j'ai perdu mes photos de Carrie quelque part, toutes
sauf une. Celle avec Ben et moi, une belle fille nue absolument
somptueuse entre nous deux, qui sourit et fait la grimace au soleil. Je
l'ai � c�t� de moi pendant que j'�cris.
Ben et Graham ont continu� � observer les oiseaux. J'ai laiss� tomber.
J'avais vu la fauvette des marais � collier rouge, et apr�s ? Aussi
bien, je ne pouvais pas le raconter, personne ne m'aurait cru, et
j'avais une promesse � tenir. Jusqu'� maintenant, des ann�es et des
ann�es apr�s.
Bon, je vais ranger la photo de Carrie en lieu s�r. Jusqu'� ce que je
la regarde une fois de plus.
FIN
( L'histoire se passe au temps de Nixon et de Pompidou.
Greg Chappell, alors dans sa gloire, est aujourdhui entra�neur de
l'�quipe de cricket de Brisbane. )
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