LA FETE D'ERIC (par L.) (m/m)

title: La fte d'Eric
part: Complete
author: L.
keywords: m/m
language: Francais
age: 14 ans (m)
published: 01/07/2001

Auteur:     L.
Titre :     La fte d'Eric



                  
        Ce soir l , C. avait bien fait les choses. Quand C. faisait bien les
choses, cela signifiait qu'il s'y prenait de bonne heure le matin. Il ne
faisait pas comme tout  chacun, qui se contentait des botes en fer blanc du
supermarch, non. Il se donnait  fond, et  main nue.

Bref, c'tait bien le meilleur couscous que j'avais jamais mang, sans
mentir. Et le vin n'tait pas du Sidi Bram d'occasion.

En face de moi, l'objet de mes rves les plus fous se tenait sagement 
table, ingurgitait sans broncher des pelletes de lgumes moelleux et de
semoule cuite  point, sans parler de la viande.

Christine riait, C. tait aux anges. J'tais euphorique, non sans raison. Les
deux petits frres d'Eric taient eux aussi trs en forme, le rve.
 
Je ne voulais pas m'empiffrer ni boire plus que raison, je connaissais mes
limites. Je faisais honneur  la table, mais gaffe  ma ligne, et  ma forme
physique. J'avais intrt  ne pas me laisser aller, les yeux bleus d'Eric me
servaient de miroir.

Je savais que Gilles, le plus grand des deux petits frres, aurait bien voulu
tre de la partie ... Mais il n'avait que onze ans, et j'avais russi, aprs
quelques ngociations sur le fil du rasoir,  lui faire comprendre que cela
n'tait pas une trs bonne ide.
J'avais quelques scrupules, certes. Je l'aimais beaucoup, je les aimais tous.
Mais, comprenait-il bien, je ne pouvais pas tous les emmener. Quant  son plus
jeune frre, qui me regardait lui aussi de ses petits yeux brillants, ses huit
ans n'avaient eu besoin d'aucune explication.
 
Puis le grand garon aux yeux bleus, qui avait achev son repas avant tout le
monde, et qui avait fait celui qui n'tait pas concern, comme  son habitude,
se leva et disparu. L'eau giclait dans la salle de bain, je terminais ma glace
et blaguais avec Christine, pendant que C. allait s'installer sur le canap.
Parfois, j'en tais gn, j'aurais voulu qu'il reste avec nous, mais non. Je
trouvais mon rle crasant.
 
Mes penses taient ailleurs, dans la salle de bain pour tre prcis. Je
pensais  cette porte qui n'avait plus de verrou depuis longtemps, et  tout
ces trucs qui tombaient en ruine dans cette foutue baraque. Et Eric, la
dedans, calme en dehors, que j'imaginais bouillonnant  l'intrieur. Eric dont
j'avais capt le regard, Eric qui avait rompu les digues. Eric nu l-bas,
juste  ct et si loin, et peut-tre en train d'observer sa musculature
naissante dans le miroir, comme la fois o j'tais entr sur un coup de culot.
 
- Pas mal, j'avais fait.
- Ouais, tu trouves ? (pas gn, le pre Eric. L'Innocence. Mais pas moi.)
- Tu verras, dans un an ou deux tu seras aussi muscl que moi !
- Eeeh, je veux pas ressembler  , moi !
- Petit con ...
 
J'avais vite battu en retraite, incapable d'en supporter davantage. Imaginer
est une chose, avoir tout sous les yeux en est une autre. Quelle tait l'tape
d'aprs ?

Il s'est point avec sa chemise ouverte, le casque dj au bras.

Un peu avant, Christine m'avait tendu un billet, pour si des fois ...
 
- Tu rigoles !
 
j'avais ris jaune. J'tais  sec, mais qu'importent les choses de ce monde,
quand on a le plus beau des cadeaux ?

Un peu plus tard, je dmarrais. J'avais salu tout le monde, j'avais offert 
Gilles et  Sbastien un bonne bise sonore. Et  Christine, galement. Pour un
peu, j'embrasserais la terre entire, par moment, je suis comme . C., lui,
dormait sur le canap, j'avais mal pour lui.
 
La veille Honda tournait rond. J'tais le roi de la route, j 'tais si heureux
que j'en oubliais presque, c'est un comble, QUI tait assis derrire moi.
Prince de le Nuit, Prince de la Lumire. J'ai toujours eu un faible pour les
effets de contrastes. Et il me tenait  la taille, pas  la barre arrire.

La ville n'tait pas trs loin. S'y rendre et garer l'engin ne nous avait
pris qu'une petite demi-heure, et c'tait trop court. Moi, je me voyais partir
plus loin, cap au Sud !

Sauf que c'tait pas facile, dans ce joli petit monde. Il fallait toujours
faire gaffe, trs gaffe.
 
A vue de nez, l'ambiance tait bonne. Il y avait du monde. Eric et moi avions
laiss nos casques sur la moto, avec la chane paisse qui l'immobilisait.
J'esprais que les voleurs aimaient aussi la musique.
 
Eric redboutonna sa chemise, sous son Bomber ouvert. L'effet tait
saisissant, presque tragique. Il avait la poitrine bombe et lisse, et il
fallait faire attention, il fallait garder tte froide. Ce que je m'tais
entraner de longs mois  laisser paratre.
 
Aprs de lentes dambulations  travers la foule, nous avons fini par trouver
notre bonheur. Ils taient quatre, assez jeunes mais pas trop, la trentaine ou
moins. Leur rock tait bon et original. La autour, l'ambiance tait plus
lectrique, sans problme. Bonne humeur, mouvements fluides, et la bire
n'tait pas chre.
 
Eric ne buvait pas, n'aimait ni la bire ni l'alcool, et il ne fumait pas, non
plus. Cela limitait mes problmes de conscience . Mais que je m'intoxique 
petit feu ne semblait pas tre un problme pour lui. Son amour pour moi
n'tait pas du genre protecteur .

Au bout d'un moment, je nous ai senti vraiment dans le truc. Le groupe tait
bon.
 
- ils sont bons, hein, j'ai hurl.

En guise de rponse, Eric a lev les deux sourcils, et s'est vraiment 
bouger. C'tait son truc. Il aimait comme moi les trucs assez violents, pics
et nerveux. Et je voyais son corps se mettre  bouger avec celui des autres,
et des dmangeaisons un peu partout m'ont fait comprendre que le moment tait
venu de m'y mettre. Je n'avais pas pleur quand Kurt Cobain tait parti faire
du bruit ailleurs, mais cette reprise de Rape m'arrachait des larmes. Atroce.
 
J'avais mal  cause de mon amour. Cela durait depuis des mois dj, et comment
l'expliquer  qui que ce soit. Je devenais euphorique ou bien sombre et
mlancolique, mais  chaque fois c'est  Eric que je le devais. Tous les
jours. Et ce soir allait tre un grand soir, je le sentais. Depuis un moment,
nous n'avions plus besoin de nous parler beaucoup. Pas depuis cet pisode qui
nous avait arrach  tous les deux gmissements et grognements, c'tait il y a
plusieurs semaines.
 
Mais l'occasion ne s'tait pas reprsente. Je soufrais d'autant plus.
J'aurais dchir de l'acier avec mes dents. Se rendait-il compte ? Il n'avait
pas quinze ans, et moi plus du double.

Eric dansait. Sous mes yeux, les siens a demi ferms. Je dansais aussi, si on
peut appeler danser ce mouvement de foule un peu spcial qui nous collait
parfois  des inconnus de tous ges et de tous les sexes. Certaines des filles
prsentes ici m'auraient fait hurler  la lune des mois auparavant. Et je
savais aussi qu'Eric n'tait pas insensible  certains charmes . Mais il
dansait, et s'en foutait pour l'heure.
 
Soudain, sur un truc un peu moins rock, un peu plus color, presque jazzy, il
s'est tourn vers moi. J'ai souris  son visage comme en transe, ses cheveux
longs en bataille, et  tout le reste, comme on sourit au soleil. Nous avons
pris un bon rythme tandis que des picotements naissaient un peu partout sur
mon corps. Qu'importe les gneurs, nous ne sommes plus que nous deux. Sa
beaut n'tait rien, je m'y tais habitu. Mais l'clat de ses yeux me
grillait sur place  chaque fois. Ce soir allait tre un grand soir.
 
Je n'osais pas le toucher, bien sr. Pas ici, pas avec tous ces gens. Il
fallait s'ter cette ide l de la tte. Mais Eric, qui ne connaissait pas
certaines facettes de l'existence, ne l'entendait pas de cette oreille. Tout
en bougeant de plus belle, il s'est encore rapproch. Et moi, il ne m'en
fallait pas plus. Pour le moment.
 
De petites tapes sur l'paule, pour commencer. Innocent. Puis le groupe, qui
tait VRAIMENT bon, s'est mis  enchaner sur un truc assez dlirant, quelque
chose d'Aerosmith de la bonne poque. Sweet Emotion, je crois bien, en plus
speed. Eh oui, il n'y a pas de hasard. Nous tions l o il fallait tre, au
bon moment. Alors les mouvements sont devenus plus fluides, plus ars. Je
crois que nous faisions une bonne paire, tous les deux.
 
C'tait comme un combat tout en douceur, comme dans ces arts martiaux, tout en
finesse. Un combat plein de tendresse. Nos mains se touchaient, je touchais
son corps fugitif, une main se posait sur ma poitrine le temps d'une double
croche.
 
A un moment nous avons cess ce petit jeu pour nous tourner vers le groupe,
car les plaintes dchirantes d'une guitare nous dressaient les cheveux sur la
tte. Le type jouait  l'motion, sans regarder ses doigts. C'tait presque
trop bon.
 
La suite ft dlirante, pique, et bordlique  souhait. Tout ce que cette
petite ville comptait comme rockers de base tait l. Pas la moindre trace
d'agressivit. A un moment, j'ai mis une cigarette  mes lvres et un type me
l'a allume, avec un sourire et un clin d'oeil. Dmentiel. Pour ma part, j'ai
profit d'une sance d'applaudissement enthousiastes et de cris pour choper
l'paule d'Eric et l'attirer  moi. J'tais un peu 
ivre, je crois, lgrement.
 
Nous sommes rests jusqu' la fin, jusqu' ce que les types fatigus se
dcident  ranger leurs guitares, et la batterie est reste tout seule pendant
qu'ils s'en jetaient un au bar. Eric et moi, on s'est regards. Fallait que je
lui dise, l, tout de suite. Je l'ai accroch par l'paule, sans quitter son
regard. Le mien devait cracher des flammes.

- Eric, tu sais ....

Il a mis sa main sur la mienne. Il semblait dtendu,  l'aise, heureux. Mais
il ne souriait pas, ses yeux taient devenus transparents. Il m'a coup :

- Oui, je sais, moi aussi !

J'en aurais pleur, bien sr. Au lieu de a je le regardais en train de se
dandiner parmi la foule qui se dispersait. Je devais avoir le sourire le plus
idiot qui soit, et je faisais lentement non avec la tte et puis oui,
alternativement. C'tait a, oui. Il m'tait impossible d'exprimer quoi que ce
soit. De toute faon, mes oreilles ronflaient tellement que j'avais
l'impression de me trouver dans la soute d'un Boeing.
 
Eric est revenu lentement parmi nous, je lui ai laiss le temps. On s'est bu
un jus d'orange, on a un peu discut avec les musiciens. Eric, qui commenait
 gratouiller une guitare, s'est pench sur celle qui tait l, j'ai ajout
mon grain de sel. J'avais hte de partir.
 
Plus tard encore,  travers les rues qui se vidaient, je voulais le prendre
par les paules, ou par la main, mais je savais qu'il n'aimerait pas a. Je
m'en voulais d'tre aussi transis, aussi dmonstratif l ou Eric tait si
pudique, et n'avait pas besoin de mots pour parler et entendre. Mais je le
regardais marcher un peu devant moi, et le dsir tait l.

- Eh, va pas si vite, j'ai souffl.

Il s'est retourn, il a march  reculons. C'tait marrant.

- Pourquoi, tu peux pas me suivre ?
- Nan, je suis plus un gamin comme toi !
- Moi, j'aime pas les vieux croulants ....
- OK, alors le premier arriv dcide de la suite ...
 
On est parti  fond de train. J'ai eu peur cette fois d'tre distanc, mais
j'avais l'avantage des chaussures, et peut-tre d'un peu d'indcision de sa
part.

On a repris notre souffle appuys contre un mur, devant la moto. Y avait plus
personne en vue. Il m'a regard.

- C'est quoi, la suite ?
- Mhh ...
 
Je l'ai embrass comme un fou contre ce mur, en proie  un dsir que je savais
bien loin de s'teindre. Lui-mme y a mis tout son coeur, Nous n'avions plus
envie de plaisanter.

Encore plus tard, j'ai compris qu'il n'y avait rien d'autre  faire. Chez
moi, comme chez lui, malgr l'heure, c'tait impossible.

J'ai pris un petit chemin dans la nature.
 
Longtemps aprs, Eric m'a demand si on pouvait bronzer sous la lune. Sa voix
tait presque celle d'un enfant. Je n'ai pas ri, j'avais trop peur qu'il croie
que je me payais sa tte. Mais j'avais tellement envie de rire ...

C'est vrai que sous la lune, son corps nu semblait bien ple.

Cela ne m'a pas empch de le caresser, encore et encore.
 

Pour toi, L.
 
The silence of a falling star
Lights up a purple sky
And as I wonder where you are
I'm lonesome I could cry ...
         

 

 Ceci provient du site gratuit des HISTOIRES TABOUES cr en 1999 par Pedinc.

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N'oubliez jamais que cela doit rester des fantasmes ...
Forcer un enfant au sexe dans la vie relle mrite la prison !

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