LES 120 JOURNEES DE SODOME (par le Marquis de Sade) (nc)


title: LES 120 JOURNEES DE SODOME
part: Complete
author: le Marquis de Sade
keywords: nc
language: Francais
age: 12 ans
published: 25/04/2000




                                Marquis de Sade
                                 (1740 - 1814)
 
                           Les 120 journes de Sodome
 
                                       
                                      ou
 
                             L'cole du Libertinage
 

-------------------------------------------------------------------------------

                             Note du numrisateur

     Voici un livre nausabond,  tel point qu'il semble vou  finir comme il
fut crit, sous forme de feuilles volantes cloues au mur d'un cabinet
d'aisances, et qui ne seront lues qu'avant un usage plus dfinitif. Un livre 
peine bauch, dont seul le squelette, fossilis sous des boisseaux
d'excrments, nous est parvenu. Un livre criminel, et pourtant empreint de la
plus froide raison. Un livre commis par un captif dans le but de se masturber,
mais qui ne saurait tre qualifi d'rotique. Un livre, enfin, sans lequel une
bibliothque, prive ou publique, ne saurait se dire complte, et qui pour
toutes ces raisons est un irrfutable tmoignage de la force irrsistible, au
sicle du multimdia, de l'crit.
 
    La langue de Sade est ici brute, jamais relue, seme de fautes, et
d'autant plus drue et lgante. Elle est pleinement accessible au lecteur
moderne, qui doit simplement tre averti que des "carreaux" dsignent des
"coussins", et des "camions" des "pingles".
 
            "Homo sum, et nihil humanum a me alienum puto" (Horace)
 
-------------------------------------------------------------------------------

  + (I) Introduction 
  + (II) Rglements 
  + (III) Personnages 

  + (IV) Premire partie: les passions simples 
  + (V) Premire journe 
  + (VI) Deuxime journe 
  + (VII) Troisime journe 
  + (VIII) Quatrime journe 
  + (IX) Cinquime journe 
  + (X) Sixime journe 
  + (XI) Septime journe 
  + (XII) Huitime journe 
  + (XIII) Neuvime journe 
  + (XIV) Dixime journe 
  + (XV) Onzime journe 
  + (XVI) Douzime journe 
  + (XVII) Treizime journe 
  + (XVIII) Quatorzime journe 
  + (XIX) Quinzime journe 
  + (XX) Seizime journe 
  + (XXI) Dix-septime journe 
  + (XXII) Dix-huitime journe 
  + (XXIII) Dix-neuvime journe 
  + (XXIV) Vingtime journe 
  + (XXV) Vingt-et-unime journe 
  + (XXVI) Vingt-deuxime journe 
  + (XXVII) Vingt-troisime journe 
  + (XXVIII) Vingt-quatrime journe 
  + (XXIX) Vingt-cinquime journe 
  + (XXX) Vingt-sixime journe 
  + (XXXI) Vingt-septime journe 
  + (XXXII) Vingt-huitime journe 
  + (XXXIII) Vingt-neuvime journe 
  + (XXXIV) Trentime journe 

  + (XXXV) Deuxime partie: les passions doubles 
  + (XXXVI) Troisime partie: les passions criminelles 
  + (XXXVII) Quatrime partie: les passions meurtrires 


                                      (I)
                                        
                                 INTRODUCTION

     Les guerres considrables que Louis XIV eut  soutenir pendant le cours
de son rgne, en puisant les finances de l'Etat et les facults du peuple,
trouvrent pourtant le secret d'enrichir une norme quantit de ces sangsues
toujours  l'afft des calamits publiques qu'ils font natre au lieu
d'apaiser, et cela pour tre  mme d'en profiter avec plus d'avantages. La
fin de ce rgne, si sublime d'ailleurs, est peut-tre une des poques de
l'empire franais o l'on vit le plus de ces fortunes obscures qui n'clatent
que par un luxe et des dbauches aussi sourdes qu'elles. C'tait vers la fin
de ce rgne et peu avant que le Rgent et essay, par ce fameux tribunal
connu sous le nom de Chambre de Justice, de faire rendre gorge  cette
multitude de traitants, que quatre d'entre eux imaginrent la singulire
partie de dbauche dont nous allons rendre compte.
     Ce serait  tort que l'on imaginerait que la roture seule s'tait occupe
de cette maltte; elle avait  sa tte de trs grands seigneurs. Le duc de
Blangis et son frre l'vque de ..., qui tous deux y avaient fait des
fortunes immenses, sont des preuves incontestables que la noblesse ne
ngligeait pas plus que les autres les moyens de s'enrichir par cette voie.
Ces deux illustres personnages, intimement lis et de plaisirs et d'affaires
avec le clbre Durcet et le prsident de Curval, furent les premiers qui
imaginrent la dbauche dont nous crivons l'histoire, et l'ayant communique
 ces deux amis, tous quatre composrent les acteurs de ces fameuses orgies.
     Depuis plus de six ans ces quatre libertins, qu'unissait une conformit
de richesses et de gots, avaient imagin de resserrer leurs liens par des
alliances o la dbauche avait bien plus de part qu'aucun des autres motifs
qui fondent ordinairement ces liens; et voil quels avaient t leurs
arrangements. Le duc de Blangis, veuf de trois femmes, de l'une desquelles il
lui restait deux filles, ayant reconnu que le prsident de Curval avait
quelque envie d'pouser l'ane de ces filles, malgr les familiarits qu'il
savait trs bien que son pre s'tait permises avec elle, le duc, dis-je,
imagina tout d'un coup cette triple alliance. "Vous voulez Julie pour pouse,
dit-il  Curval; je vous la donne sans balancer et je ne mets qu'une
condition: c'est que vous n'en serez point jaloux, qu'elle continuera, quoique
votre femme,  avoir pour moi les mmes complaisances qu'elle a toujours eues,
et, de plus, que vous joindrez  moi pour dterminer notre ami commun Durcet
de me donner sa fille Constance, pour laquelle je vous avoue que j'ai conu 
peu prs les mmes sentiments que vous avez forms pour Julie. -Mais, dit
Curval, vous n'ignorez pas sans doute que Durcet, aussi libertin que vous...
-Je sais tout ce qu'on peut savoir, reprit le duc. Est-ce  notre ge et avec
notre faon de penser que des choses comme cela arrtent? Croyez-vous que je
veuille une femme pour en faire ma matresse? Je la veux pour servir mes
caprices, pour voiler, pour couvrir une infinit de petites dbauches secrtes
que le manteau de l'hymen enveloppe  merveille. En un mot, je la veux comme
vous voulez ma fille: croyez-vous que j'ignore et votre but et vos dsirs?
Nous autres libertins, nous prenons des femmes pour tre nos esclaves; leur
qualit d'pouses les rend plus soumises que des matresses, et vous savez de
quel prix est le despotisme dans les plaisirs que nous gotons."
     Sur ces entrefaites Durcet entra. Les deux amis lui rendirent compte de
leur conversation, et le traitant, enchant d'une ouverture qui le mettait 
mme d'avouer les sentiments qu'il avait galement conus pour Adlade, fille
du prsident, accepta le duc pour son gendre aux conditions qu'il deviendrait
celui de Curval. Les trois mariages ne tardrent pas  se conclure, les dots
furent immenses et les clauses gales. Le prsident, aussi coupable que ses
deux amis, avait, sans dgoter Durcet, avou son petit commerce secret avec
sa propre fille, au moyen de quoi les trois pres, voulant chacun conserver
leurs droits, convinrent, pour les tendre encore davantage, que les trois
jeunes personnes, uniquement lies de biens et de nom  leur poux,
n'appartiendraient relativement au corps pas plus  l'un des trois qu'
l'autre, et galement  chacun d'eux, sous peine des punitions les plus
svres si elles s'avisaient d'enfreindre aucune des clauses auxquelles on les
assujettissait.
     On tait  la veille de conclure lorsque l'vque de ..., dj li de
plaisir avec les deux amis de son frre, proposa de mettre un quatrime sujet
dans l'alliance, si on voulait le laisser participer aux trois autres. Ce
sujet, la seconde fille du duc et par consquent sa nice, lui appartenait de
bien plus prs encore qu'on ne l'imaginait. Il avait eu des liaisons avec sa
belle-soeur, et les deux frres savaient  n'en pouvoir douter que l'existence
de cette jeune personne, qui se nommait Aline, tait bien plus certainement
due  l'vque qu'au duc: l'vque qui s'tait, ds le berceau, charg du soin
d'Aline, ne l'avait pas, comme on imagine bien, vu arriver  l'ge des charmes
sans en vouloir jouir. Ainsi il tait sur ce point l'gal de ses confrres, et
l'effet qu'il proposait dans le commerce avait le mme degr d'avarie ou de
dgradation; mais comme ses attraits et sa tendre jeunesse l'emportaient
encore sur ses trois compagnes, on ne balana point  accepter le march.
L'vque, comme les trois autres, cda en conservant ses droits, et chacun de
nos quatre personnages ainsi lis se trouva donc mari de quatre femmes.
     Il s'ensuivit donc de cet arrangement, qu'il est  propos de rcapituler
pour la facilit du lecteur: que le duc, pre de Julie, devint l'poux de
Constance, fille de Durcet; que Durcet, pre de Constance; devint l'poux
d'Adlade, fille du prsident; que le prsident, pre d'Adlade, devint
l'poux de Julie, fille ane du duc, et que l'vque, oncle et pre d'Aline,
devint l'poux des trois autres en cdant cette Aline  ses amis, aux droits
prs qu'il continuait de se rserver sur elle.
     On fut  une terre superbe du duc, situe dans le Bourbonnais, clbrer
ces heureuses noces, et je laisse aux lecteurs  penser les orgies qui s'y
firent. La ncessit d'en peindre d'autres nous interdit le plaisir que nous
aurions de peindre celles-ci. A leur retour, l'association de nos quatre amis
n'en devint que plus stable, et comme il importe de les faire bien connatre,
un petit dtail de leurs arrangements lubriques servira, ce me semble, 
rpandre du jour sur les caractres de ces dbauches, en attendant que nous
les reprenions chacun  leur tour sparment pour les mieux dvelopper encore.
     La socit avait fait une bourse commune qu'administrait tour  tour l'un
d'eux pendant six mois; mais les fonds de cette bourse, qui ne devait servir
qu'aux plaisirs, taient immenses. Leur excessive fortune leur permettait des
choses trs singulires sur cela, et le lecteur ne doit point s'tonner quand
on lui dira qu'il y avait deux millions par an affects aux seuls plaisirs de
la bonne chre et de la lubricit.
     Quatre fameuses maquerelles pour les femmes et un pareil nombre de
mercures pour les hommes n'avaient d'autres soins que de leur chercher, et
dans la capitale et dans les provinces, tout ce qui, dans l'un et l'autre
genre, pouvait le mieux assouvir leur sensualit. On faisait rgulirement
ensemble quatre soupers par semaine dans quatre diffrentes maisons de
campagne situes  quatre extrmits diffrentes de Paris. Le premier de ces
soupers, uniquement destin aux plaisirs de la sodomie, n'admettait uniquement
que des hommes. On y voyait rgulirement seize jeunes gens de vingt  trente
ans dont les facults immenses faisaient goter  nos quatre hros, en qualit
de femmes, les plaisirs les plus sensuels. On ne les prenait qu' la taille du
membre, et il devenait presque ncessaire que ce membre superbe ft d'une
telle magnificence qu'il n'et jamais pu pntrer dans aucune femme. C'tait
une clause essentielle, et comme rien n'tait pargn pour la dpense, il
arrivait bien rarement qu'elle ne ft pas remplie. Mais pour goter  la fois
tous les plaisirs, on joignait  ces seize maris un pareil nombre de garons
beaucoup plus jeunes et qui devaient remplir l'office de femmes. Ceux-ci
prenaient depuis l'ge de douze ans jusqu' celui de dix-huit, et il fallait,
pour y tre admis, une fracheur, une figure, des grces, une tournure, une
innocence, une candeur bien suprieures  tout ce que nos pinceaux pourraient
peindre. Nulle femme ne pouvait tre reue  ces orgies masculines dans
lesquelles s'excutait tout ce que Sodome et Gomorrhe inventrent jamais de
plus luxurieux. Le second souper tait consacr aux filles du bon ton qui,
obliges l de renoncer  leur orgueilleux talage et  l'insolence ordinaire
de leur maintien, taient contraintes, en raison des sommes reues, de se
livrer aux caprices les plus irrguliers et souvent mme aux outrages qu'il
plaisait  nos libertins de leur faire. On y en comptait communment douze, et
comme Paris n'aurait pas pu fournir  varier ce genre aussi souvent qu'il
l'et fallu, on entremlait ces soires-l d'autres soires, o l'on
n'admettait uniquement dans le mme nombre que des femmes comme il faut,
depuis la classe des procureurs jusqu' celle des officiers. Il y a plus de
quatre ou cinq mille femmes  Paris, dans l'une ou l'autre de ces classes, que
le besoin ou le luxe oblige  faire de ces sortes de parties; il n'est
question que d'tre bien servi pour en trouver, et nos libertins, qui
l'taient suprieurement, trouvaient souvent des miracles dans cette classe
singulire. Mais on avait beau tre une femme honnte, il fallait se soumettre
 tout, et le libertinage, qui n'admet jamais aucune borne, se trouvait
singulirement chauff de contraindre  des horreurs et  des infamies ce
qu'il semblait que la nature et la convention sociale dussent soustraire  des
telles preuves. On y venait, il fallait tout faire, et comme nos quatre
sclrats avaient tous les gots de la plus crapuleuse et de la plus insigne
dbauche, cet acquiescement essentiel  leurs dsirs n'tait pas une petite
affaire. Le troisime souper tait destin aux cratures les plus viles et les
plus souilles qui pussent se rencontrer. A qui connat les carts de la
dbauche, ce raffinement paratra tout simple; il est trs voluptueux de se
vautrer, pour ainsi dire, dans l'ordure avec des cratures de cette classe; on
trouve l l'abandonnement le plus complet, la crapule la plus monstrueuse,
l'avilissement le plus entier, et ces plaisirs, compars  ceux qu'on a gots
la veille, ou aux cratures distingues qui nous les ont fait goter, jettent
un grand sel et sur l'un et sur l'autre excs. L, comme la dbauche tait
plus entire, rien n'tait oubli pour la rendre et nombreuse et piquante. Il
y paraissait cent putains dans le cours de six heures, et trop souvent toutes
les cent ne sortaient pas entires. Mais ne prcipitons rien; ce
raffinement-ci tient  des dtails o nous ne sommes pas encore. Le quatrime
souper tait rserv aux pucelles. On ne les recevait que jusqu' quinze ans
depuis sept. Leur condition tait gale, il ne s'agissait que de leur figure:
on la voulait charmante, et de la sret de leurs prmices: il fallait
qu'elles fussent authentiques. Incroyable raffinement du libertinage: Ce
n'tait pas qu'ils voulussent assurment cueillir toutes ces roses, et comment
l'eussent-ils pu, puisqu'elles taient toujours offertes au nombre de vingt et
que, de nos quatre libertins, deux seulement taient en tat de pouvoir
procder  cet acte, l'un des deux autres, le traitant, n'prouvant plus
absolument aucune rection, et l'vque ne pouvant absolument jouir que d'une
faon qui peut, j'en conviens, dshonorer une vierge, mais qui pourtant la
laisse toujours bien entire. N'importe, il fallait que les vingt prmices y
fussent, et celles qui n'taient pas endommages par eux devenaient devant eux
la proie de certains valets aussi dbauchs qu'eux et qu'ils avaient toujours
 leur suite pour plus d'une raison. Indpendamment de ces quatre soupers, il
y en avait tous les vendredis un secret et particulier, bien moins nombreux
que les quatre autres, quoique peut-tre infiniment plus cher. On n'admettait
 celui-l que quatre jeunes demoiselles de condition, enleves de chez leurs
parents a force de ruse et d'argent. Les femmes de nos libertins partageaient
presque toujours cette dbauche, et leur extrme soumission, leurs soins,
leurs services la rendaient toujours plus piquante. A l'gard de la chre
faite  ces soupers, il est inutile de dire que la profusion y rgnait autant
que la dlicatesse; pas un seul de ces repas ne cotait moins de dix mille
francs et on y runissait tout ce que la France et l'tranger peuvent offrir
de plus rare et de plus exquis. Les vins et les liqueurs s'y trouvaient avec
la mme finesse et la mme abondance, les fruits de toutes les saisons s'y
trouvaient mme pendant l'hiver, et l'on peut assurer en un mot que la table
du premier monarque de la terre n'tait certainement pas servie avec autant de
luxe et de magnificence.
     Revenons maintenant sur nos pas et peignons de notre mieux au lecteur
chacun de ces quatre personnages en particulier, non en beau, non de manire 
sduire ou  captiver, mais avec les pinceaux mmes de la nature, qui malgr
tout son dsordre est souvent bien sublime, mme alors qu'elle se dprave le
plus. Car, osons le dire en passant, si le crime n'a pas ce genre de
dlicatesse qu'on trouve dans la vertu, n'est-il pas toujours plus sublime,
n'a-t-il pas sans cesse un caractre de candeur et de sublimit qui l'emporte
et l'emportera toujours sur les attraits monotones et effmins de la vertu?
Nous parlerez-vous de l'utilit de l'un ou de l'autre? Est-ce  nous de
scruter les lois de la nature, est-ce  nous de dcider si le vice lui tant
tout aussi ncessaire que la vertu, elle ne nous inspire pas peut-tre en
portion gale du penchant  l'un ou  l'autre, en raison de ses besoins
respectifs? Mais poursuivons.
     Le duc de Blangis, matre  dix-huit ans d'une fortune dj immense et
qu'il a beaucoup accrue par ses malttes depuis, prouva tous les
inconvnients qui naissent en foule autour d'un jeune homme riche, en crdit,
et qui n'a rien  se refuser: presque toujours dans un tel cas la mesure des
forces devient celle des vices, et on se refuse d'autant moins qu'on a plus de
facilits  se procurer tout. Si le duc et reu de la nature quelques
qualits primitives, peut-tre eussent-elles balanc les dangers de sa
position, mais cette mre bizarre, qui parat quelquefois s'entendre avec la
fortune pour que celle-ci favorise tous les vices qu'elle donne  de certains
tres dont elle attend des soins trs diffrents de ceux que la vertu suppose,
et cela parce qu'elle a besoin de ceux-l comme des autres, la nature, dis-je,
en destinant Blangis  une richesse immense, lui avait prcisment dparti
tous les mouvements, toutes les inspirations qu'il fallait pour en abuser.
Avec un esprit trs noir et trs mchant, elle lui avait donn l'me la plus
sclrate et la plus dure, accompagne des dsordres dans les gots et dans
les caprices d'ou naissait le libertinage effrayant auquel le duc tait si
singulirement enclin. N faux, dur, imprieux, barbare, goste, galement
prodigue pour ses plaisirs et avare quand il s'agissait d'tre utile, menteur,
gourmand, ivrogne, poltron, sodomite, incestueux, meurtrier, incendiaire,
voleur, pas une seule vertu ne compensait autant de vices. Que dis-je? non
seulement il n'en rvrait aucune, mais elles lui taient toutes en horreur,
et l'on lui entendait dire souvent qu'un homme, pour tre vritablement
heureux dans ce monde, devait non seulement se livrer  tous les vices, mais
ne se permettre jamais une vertu, et qu'il n'tait pas non seulement question
de toujours mal faire, mais qu'il s'agissait mme de ne jamais faire le bien.
"Il y a tout plein de gens, disait le duc, qui ne se portent au mal que quand
leur passion les y porte; revenue de l'garement, leur me tranquille reprend
paisiblement la route de la vertu, et passant ainsi leur vie de combats en
erreurs et d'erreurs en remords, ils finissent sans qu'il puisse devenir
possible de dire prcisment quel rle ils ont jou sur la terre. De tels
tres, continuait-il, doivent tre malheureux: toujours flottants, toujours
indcis, leur vie entire se passe  dtester le matin ce qu'ils ont fait le
soir. Bien srs de se repentir des plaisirs qu'ils gotent, ils frmissent en
se les permettant, de faon qu'ils deviennent tout  la fois et vertueux dans
le crime et criminels dans la vertu. Mon caractre plus ferme, ajoutait notre
hros, ne se dmentira jamais ainsi. Je ne balance jamais dans mes choix, et
comme je suis toujours certain de trouver le plaisir dans celui que je fais,
jamais le repentir n'en vient mousser l'attrait. Ferme dans mes principes
parce que je m'en suis form de srs ds mes plus jeunes ans, j'agis toujours
consquemment  eux. Ils m'ont fait connatre le vide et le nant de la vertu;
je la hais, et l'on ne me verra jamais revenir  elle. Ils m'ont convaincu que
le vice tait seul fait pour faire prouver  l'homme cette vibration morale
et physique, source des plus dlicieuses volupts; je m'y livre. Je me suis
mis de bonne heure au-dessus des chimres de la religion, parfaitement
convaincu que l'existence du crateur est une absurdit rvoltante que les
enfants ne croient mme plus. Je n'ai nullement besoin de contraindre mes
penchants dans la vue de lui plaire. C'est de la nature que je les ai reus,
ces penchants, et je l'irriterais en y rsistant; si elle me les a donns
mauvais, c'est qu'ils devenaient ainsi ncessaires  ses vues. Je ne suis dans
ses mains qu'une machine qu'elle meut  son gr, et il n'est pas un de mes
crimes qui ne la serve; plus elle m'en conseille, plus elle en a besoin: je
serais un sot de lui rsister. Je n'ai donc contre moi que les lois, mais je
les brave; mon or et mon crdit me mettent au-dessus de ces flaux vulgaires
qui ne doivent frapper que le peuple." Si l'on objectait au duc qu'il existait
cependant chez tous les hommes des ides de juste et d'injuste qui ne
pouvaient tre que le fruit de la nature, puisqu'on les retrouvait galement
chez tous les peuples et mme chez ceux qui n'taient pas polics, il
rpondait affirmativement  cela que ces ides n'taient jamais que relatives,
que le plus fort trouvait toujours trs juste ce que le plus faible regardait
comme injuste, et qu'en les changeant tous deux de place, tous deux en mme
temps changeaient galement de faon de penser; d'ou il concluait qu'il n'y
avait de rellement juste que ce qui faisait plaisir et d'injuste que ce qui
faisait de la peine; qu' l'instant o il prenait cent louis dans la poche
d'un homme, il faisait une chose trs juste pour lui, quoique l'homme vol dt
la regarder d'un autre oeil; que toutes ces ides n'tant donc qu'arbitraires,
bien fou qui se laisserait enchaner par elles. C'tait par des raisonnements
de cette espce que le duc lgitimait tous ses travers, et comme il avait tout
l'esprit possible, ses arguments paraissaient dcisifs. Modelant donc sa
conduite sur sa philosophie, le duc, ds sa plus tendre jeunesse, s'tait
abandonn sans frein aux garements les plus honteux et les plus
extraordinaires. Son pre, mort jeune, et l'ayant laiss, comme je l'ai dit,
matre d'une fortune immense, avait pourtant mis pour clause que le jeune
homme laisserait jouir sa mre, sa vie durant, d'une grande partie de cette
fortune. Une telle condition dplut bientt  Blangis, et le sclrat ne
voyant que le poison qui pt l'empcher d'y souscrire, il se dtermina
sur-le-champ  en faire usage. Mais le fourbe, dbutant pour lors dans la
carrire du vice, n'osa pas agir lui-mme: il engagea une de ses soeurs, avec
laquelle il vivait en intrigue criminelle,  se charger de cette excution, en
lui faisant entendre que si elle russissait, il la ferait jouir d'une partie
de la fortune dont cette mort le rendrait le matre. Mais la jeune personne
eut horreur de cette action, et le duc, voyant que son secret mal confi
allait peut-tre tre trahi, se dcida dans la minute  runir  sa victime
celle qu'il avait voulu rendre sa complice. Il les mena  une de ses terres
d'ou les deux infortunes ne revinrent jamais. Rien n'encourage comme un
premier crime impuni. Aprs cette preuve, le duc brisa tous les freins. Ds
qu'un tre quelconque opposait  ses dsirs la plus lgre entrave, le poison
s'employait aussitt. Des meurtres ncessaires, il passa bientt aux meurtres
de volupt: il conut ce malheureux cart qui nous fait trouver des plaisirs
dans les maux d'autrui; il sentit qu'une commotion violente imprime sur un
adversaire quelconque rapportait  la masse de nos nerfs une vibration dont
l'effet, irritant les esprits animaux qui coulent dans la concavit de ces
nerfs, les oblige  presser les nerfs recteurs, et  produire d'aprs cet
branlement ce qu'on appelle une sensation lubrique. En consquence, il se mit
 commettre des vols et des meurtres, par unique principe de dbauche et de
libertinage, comme un autre, pour enflammer ces mmes passions, se contente
d'aller voir des filles. A vingt-trois ans, il fit partie avec trois de ses
compagnons de vice, auxquels il avait inculqu sa philosophie, d'aller arrter
un carrosse public dans le grand chemin, de violer galement les hommes et les
femmes, de les assassiner aprs, de s'emparer de l'argent dont ils n'avaient
assurment aucun besoin, et de se trouver tous trois la mme nuit au bal de
l'Opra afin de prouver l'alibi. Ce crime n'eut que trop lieu: deux
demoiselles charmantes furent violes et massacres dans les bras de leur
mre; on joignit  cela une infinit d'autres horreurs, et personne n'osa le
souponner. Las d'une pouse charmante que son pre lui avait donne avant de
mourir, le jeune Blangis ne tarda pas de la runir aux mnes de sa mre, de sa
soeur et de toutes ses autres victimes, et cela pour pouser une fille assez
riche, mais publiquement dshonore et qu'il savait trs bien tre la
matresse de son frre. C'tait la mre d'Aline, l'une des actrices de notre
roman et dont il a t question plus haut. Cette seconde pouse, bientt
sacrifie comme la premire, fit place  une troisime, qui le fut bientt
comme la seconde. On disait dans le monde que c'tait l'immensit de sa
construction qui tuait ainsi toutes ses femmes, et comme ce gigantesque tait
exact dans tous les points, le duc laissait germer une opinion qui voilait la
vrit. Ce colosse effrayant donnait en effet l'ide d'Hercule ou d'un
centaure: le duc avait cinq pieds onze pouces, des membres d'une force et
d'une nergie, des articulations d'une vigueur, des nerfs d'une lasticit...
Joignez  cela une figure mle et fire, de trs grands yeux noirs, de beaux
sourcils bruns, le nez aquilin, de belles dents, l'air de la sant et de la
fracheur, des paules larges, une carrure paisse quoique parfaitement
coupe, les hanches belles, les fesses superbes, la plus belle jambe du monde,
un temprament de fer, une force de cheval, et le membre d'un vritable mulet,
tonnamment velu, dou de la facult de perdre son sperme aussi souvent qu'il
le voulait dans un jour, mme  l'ge de cinquante ans qu'il avait alors, une
rection presque continuelle dans ce membre dont la taille tait de huit
pouces juste de pourtour sur douze de long, et vous aurez le portrait du duc
de Blangis comme si vous l'eussiez dessin vous-mme. Mais si ce chef-d'oeuvre
de la nature tait violent dans ses dsirs, que devenait-il, grand dieu! quand
l'ivresse de la volupt le couronnait. Ce n'tait plus un homme, c'tait un
tigre en fureur. Malheur  qui servait alors ses passions: des cris
pouvantables, des blasphmes atroces s'lanaient de sa poitrine gonfle, des
flammes semblaient alors sortir de ses yeux, il cumait, il hennissait, on
l'et pris pour le dieu mme de la lubricit. Quelle que ft sa manire de
jouir alors, ses mains ncessairement s'garaient toujours, et l'on l'a vu
plus d'une fois trangler tout net une femme  l'instant de sa perfide
dcharge. Revenu de l, l'insouciance la plus entire sur les infamies qu'il
venait de se permettre prenait aussitt la place de son garement, et de cette
indiffrence, de cette espce d'apathie, naissaient presque aussitt de
nouvelles tincelles de volupt. Le duc, dans sa jeunesse, avait dcharg
jusqu' dix-huit fois dans un jour et sans qu'on le vt plus puise  la
dernire perte qu' la premire. Sept ou huit dans le mme intervalle ne
l'effrayaient point encore, malgr son demi-sicle. Depuis prs de vingt-cinq
ans, il s'tait habitu  la sodomie passive, et il en soutenait les attaques
avec la mme vigueur qu'il les rendait activement, l'instant d'aprs,
lui-mme, quand il lui plaisait de changer de rle. Il avait soutenu dans une
gageure jusqu' cinquante-cinq assauts dans un jour. Dou comme nous l'avons
dit d'une force prodigieuse, une seule main lui suffisait pour violer une
fille; il l'avait prouv plusieurs fois. Il paria un jour d'touffer un cheval
entre ses jambes, et l'animal creva  l'instant qu'il avait indiqu. Ses excs
de table l'emportaient encore, s'il est possible, sur ceux du lit. On ne
concevait pas ce que devenait l'immensit de vivres qu'il engloutissait. Il
faisait rgulirement trois repas, et les faisait tous trois et fort longs et
fort amples, et son seul ordinaire tait toujours de dix bouteilles de vin de
Bourgogne; il en avait bu jusqu' trente et pariait contre qui voudrait
d'aller mme  cinquante. Mais son ivresse prenant la teinte de ses passions,
ds que les liqueurs ou les vins avaient chauff son me, il devenait
furieux; on tait oblig de le lier. Et avec tout cela, qui l'et dit? tant il
est vrai que l'me rpond souvent bien mal aux dispositions corporelles, un
enfant rsolu et effray ce colosse, et ds que pour se dfaire de son
ennemi, il ne pouvait plus employer ses ruses ou sa trahison, il devenait
timide et lche, et l'ide du combat le moins dangereux, mais  galit de
forces, l'et fait fuir  l'extrmit de la terre. Il avait pourtant, selon
l'usage, fait une campagne ou deux, mais il s'y tait si tellement dshonor
qu'il avait sur-le-champ quitt le service. Soutenant sa turpitude avec autant
d'esprit que d'effronterie, il prtendait hautement que la poltronnerie
n'tant que le dsir de sa conservation, il tait parfaitement impossible 
des gens senss de la reprocher comme un dfaut.
     En conservant absolument les mmes traits moraux et les adaptant  une
existence physique infiniment infrieure  celle qui vient d'tre trace, on
avait le portrait de l'vque de ..., frre du duc de Blangis. Mme noirceur
dans l'me, mme penchant au crime, mme mpris pour la religion, mme
athisme, mme fourberie, l'esprit plus souple et plus adroit cependant et
plus d'art  prcipiter ses victimes, mais une taille fine et lgre, un corps
petit et fluet, une sant chancelante, des nerfs trs dlicats, une recherche
plus grande dans les plaisirs, des facults mdiocres, un membre trs
ordinaire, petit mme, mais se mnageant avec un tel art et perdant toujours
si peu, que son imagination sans cesse enflamme le rendait aussi frquemment
que son frre susceptible de goter le plaisir; d'ailleurs des sensations
d'une telle finesse, un agacement si prodigieux dans le genre nerveux, qu'il
s'vanouissait souvent  l'instant de sa dcharge et qu'il perdait presque
toujours connaissance en la faisant. Il tait g de quarante-cinq ans, la
physionomie trs fine, d'assez jolis yeux, mais une vilaine bouche et de
vilaines dents, le corps blanc; sans poil, le cul petit, mais bien pris et le
vit de cinq pouces de tour sur dix de long. Idoltre de la sodomie active et
passive, mais plus encore de cette dernire, il passait sa vie  se faire
enculer, et ce plaisir qui n'exige jamais une grande consommation de force
s'arrangeait au mieux avec la petitesse de ses moyens. Nous parlerons ailleurs
de ses autres gots. A l'gard de ceux de la table, il les portait presque
aussi loin que son frre, mais il y mettait un peu plus de sensualit.
Monseigneur, aussi sclrat que son an, avait d'ailleurs par-devers lui des
traits qui l'galaient sans doute aux clbres actions du hros qu'on vient de
peindre. Nous contenterons d'en citer un; il suffira  faire voir au lecteur
de quoi un tel homme pouvait tre capable et ce qu'il savait et pouvait faire
ayant fait ce qu'on va lire.
     Un de ses amis, homme puissamment riche, avait autrefois eu une intrigue
avec une fille de condition, de laquelle il y avait eu deux enfants, une fille
et un garon. Il n'avait cependant jamais pu l'pouser, et la demoiselle tait
devenue la femme d'un autre. L'amant de cette infortune mourut jeune, mais
possesseur cependant d'une fortune immense; n'ayant aucun parent dont il se
soucit, il imagina de laisser tout son bien aux deux malheureux fruits de son
intrigue. Au lit de mort, il confia son projet  l'vque et le chargea de ces
deux dots immenses, qu'il partagea en deux portefeuilles gaux et qu'il remit
 l'vque en lui recommandant l'ducation de ces deux orphelins et de leur
remettre  chacun ce qui leur revenait, ds qu'ils auraient atteint l'ge
prescrit par les lois. Il enjoignit en mme temps au prlat de faire valoir
jusque-l les fonds de ses pupilles, afin de doubler leur fortune. Il lui
tmoigna en mme temps qu'il avait dessein de laisser ternellement ignorer 
la mre ce qu'il faisait pour ses enfants et qu'il exigeait qu'absolument on
ne lui en parlt jamais. Ces arrangements pris, le moribond ferma les yeux, et
monseigneur se vit matre de prs d'un million en billets de banque et de deux
enfants. Le sclrat ne balana pas longtemps  prendre son parti: le mourant
n'avait parl qu' lui, la mre devait tout ignorer, les enfants n'avaient que
quatre ou cinq ans. Il publia que son ami en expirant avait laisse son bien
aux pauvres, et ds le mme jour le fripon s'en empara. Mais ce n'tait pas
assez de ruiner ces deux malheureux enfants; l'vque, qui ne commettait
jamais un crime sans en concevoir  l'instant un nouveau, fut, muni du
consentement de son ami, retirer ces enfants de la pension obscure o l'on les
levait, et les plaa chez des gens  lui, en se rsolvant ds l'instant de
les faire tous deux bientt servir  ses perfides volupts. Il les attendit
jusqu' treize ans. Le petit garon atteignit le premier cet ge; il s'en
servit, l'assouplit  toutes ses dbauches, et comme il tait extrmement
joli, s'en amusa prs de huit jours. Mais la petite fille ne russit pas aussi
bien: elle arriva fort laide  l'ge prescrit sans que rien arrtt pourtant
la lubrique fureur de notre sclrat. Ses dsirs assouvis, il craignit que
s'il laisse vivre ces enfants, ils ne vinssent  dcouvrir quelque chose du
secret qui les intressait. Il les conduisit  une terre de son frre, et sr
de retrouver dans un nouveau crime des tincelles de lubricit que la
jouissance venait de lui faire perdre, il les immola tous deux  ses passions
froces, et accompagna leur mort d'pisodes si piquants et si cruels que sa
volupt renaquit au sein des tourments dont il les accabla. Le secret n'est
malheureusement que trop sr, et il n'y a pas de libertin un peu ancr dans le
vice qui ne sache combien le meurtre a d'empire sur les sens et combien il
dtermine voluptueusement une dcharge. C'est une vrit dont il est bon que
le lecteur se prmunisse avant que d'entreprendre la lecture d'un ouvrage qui
doit autant dvelopper ce systme.
     Tranquille dsormais sur tous les vnements, monseigneur revint jouir 
Paris du fruit de ses forfaits, et sans le plus petit remords d'avoir tromp
les intentions d'un homme hors d'tat, par sa situation, d'prouver ni peine
ni plaisir.
 
    Le prsident de Curval tait le doyen de la socit. Ag de prs de
soixante ans, et singulirement us par la dbauche, il n'offrait presque plus
qu'un squelette. Il tait grand, sec, mince, des yeux creux et teints, une
bouche livide et malsaine, le menton lev, le nez long. Couvert de poils
comme un satyre, un dos plat, des fesses molles et tombantes qui ressemblaient
plutt  deux sales torchons flottant sur le haut de ses cuisses; la peau en
tait tellement fltrie  force de coups de fouet qu'on la tortillait autour
des doigts sans qu'il le sentt. Au milieu de cela s'offrait, sans qu'on et
la peine d'carter, un orifice immense dont le diamtre norme, l'odeur et la
couleur le faisaient plutt ressembler  une lunette de commodits qu'au trou
d'un cul; et pour comble d'appas, il entrait dans les petites habitudes de ce
pourceau de Sodome de laisser toujours cette partie-l dans un tel tat de
malpropret qu'on y voyait sans cesse autour un bourrelet de deux pouces
d'paisseur. Au bas d'un ventre aussi pliss que livide et mollasse, on
apercevait, dans une fort de poils, un outil qui, dans l'tat d'rection,
pouvait avoir environ huit pouces de long sur sept de pourtour; mais cet tat
n'tait plus que fort rare, et il fallait une furieuse suite de choses pour le
dterminer. Cependant il avait encore lieu au moins deux ou trois fois de la
semaine, et le prsident alors enfilait indistinctement tous les trous,
quoique celui du derrire d'un jeune garon lui ft infiniment plus prcieux.
Le prsident s'tait fait circoncire, de manire que la tte de son vit
n'tait jamais recouverte, crmonie qui facilite beaucoup la jouissance et 
laquelle tous les gens voluptueux devraient se soumettre. Mais l'un de ses
objets est de tenir cette partie plus propre: il s'en fallait beaucoup qu'il
se trouvt rempli chez Curval, car aussi sale en cette partie-l que dans
l'autre, cette tte dcalotte, dj naturellement fort grosse, l devenait
plus ample d'au moins un pouce de circonfrence. Egalement malpropre sur toute
sa personne, le prsident, qui  cela joignait des gots pour le moins aussi
cochons que sa personne, devenait un personnage dont l'abord assez malodorant
et pu ne pas plaire  tout le monde: mais ses confrres n'taient pas gens 
se scandaliser pour si peu de chose, et on ne lui en parlait seulement pas.
Peu d'hommes avaient t aussi lestes et aussi dbauchs que le prsident;
mais entirement blas, absolument abruti, il ne lui restait plus que la
dpravation et la crapule du libertinage. Il fallait plus de trois heures
d'excs, et d'excs les plus infmes, pour obtenir de lui un chatouillement
voluptueux. Quant  la dcharge, quoiqu'elle et lieu chez lui bien plus
souvent que l'rection et presque une fois tous les jours, elle tait
cependant si difficile  obtenir, ou elle n'avait lieu qu'en procdant  des
choses si singulires et souvent si cruelles ou si malpropres, que les agents
de ses plaisirs y renonaient souvent, et de l naissait chez lui une sorte de
colre lubrique qui quelquefois, par ses effets, russissait mieux que ses
efforts. Curval tait si tellement englouti dans le bourbier du vice et du
libertinage qu'il lui tait devenu comme impossible de tenir d'autres propos
que de ceux-l. Il en avait sans cesse les plus sales expressions  la bouche
comme dans le coeur, et il les entremlait le plus nergiquement de blasphmes
et d'imprcations fournis par la vritable horreur qu'il avait,  l'exemple de
ses confrres, pour tout ce qui tait du ressort de la religion. Ce dsordre
d'esprit, encore augment par l'ivresse presque continuelle dans laquelle il
aimait  se tenir, lui donnait depuis quelques annes un air d'imbcillit et
d'abrutissement qui faisait, prtendait-il, ses plus chres dlices. N aussi
gourmand qu'ivrogne, lui seul tait en tat de tenir tte au duc, et nous le
verrons, dans le cours de cette histoire, faire des prouesses en ce genre qui
tonneront sans doute nos plus clbres mangeurs. Depuis dix ans, Curval
n'exerait plus sa charge, non seulement il n'en tait plus en tat, mais je
crois mme que quand il l'aurait pu, on l'aurait pri de s'en dispenser toute
sa vie.
     Curval avait men une vie fort libertine, toutes les espces d'carts lui
taient familiers, et ceux qui le connaissaient particulirement le
souponnaient fort de n'avoir jamais d qu' deux ou trois meurtres excrables
la fortune immense dont il jouissait. Quoi qu'il en soit, il est trs
vraisemblable  l'histoire suivante que cette espce d'excs avait l'art de
l'mouvoir puissamment, et c'est  cette aventure qui, malheureusement, eut un
peu d'clat, qu'il dut son exclusion de la Cour. Nous allons la rapporter pour
donner au lecteur une ide de son caractre.
     Curval avait dans le voisinage de son htel un malheureux portefaix qui,
pre d'une petite fille charmante, avait le ridicule d'avoir des sentiments.
Dj vingt fois des messages de toutes les faons taient venus essayer de
corrompre ce malheureux et sa femme par des propositions relatives  leur
jeune fille sans pouvoir venir les branler, et Curval, directeur de ces
ambassades et que la multiplication des refus ne faisait qu'irriter, ne savait
plus comment s'y prendre pour jouir de la jeune fille et pour la soumettre 
ses libidineux caprices, lorsqu'il imagina tout simplement de faire rouer le
pre pour amener la fille dans son lit. Le moyen fut aussi bien conu
qu'excut. Deux ou trois coquins gags par le prsident s'en mlrent; et
avant la fin du mois le malheureux portefaix fut envelopp dans un crime
imaginaire que l'on eut l'air de commettre  sa porte et qui le conduisit tout
de suite dans les cachots de la Conciergerie. Le prsident, comme on l'imagine
bien, s'empara bientt de cette affaire, et comme il n'avait pas envie de
faire traner l'affaire, en trois jours, grce  ses coquineries et  son
argent, le malheureux portefaix fut condamn  tre rou vif, sans qu'il et
jamais commis d'autres crimes que celui de vouloir garder son honneur et de
conserver celui de sa fille. Sur ces entrefaites, les sollicitations
recommencrent. On fut trouver la mre, on lui reprsenta qu'il ne tenait qu'
elle de sauver son mari, que si elle satisfaisait le prsident, il tait clair
qu'il arracherait par l son mari au sort affreux qui l'attendait. Il n'tait
plus possible de balancer. La femme consulta: on savait bien  qui elle
s'adresserait, on avait gagn les conseils, et ils rpondirent sans
tergiverser qu'elle ne devait pas hsiter un moment. L'infortune amne
elle-mme sa fille en pleurant au pied de son juge; celui-ci promet tout ce
qu'on veut, mais il tait bien loin d'avoir envie de tenir sa parole. Non
seulement il craignait, en la tenant, que le mari sauv ne vnt  faire de
l'clat en voyant  quel prix on avait mis sa vie, mais le sclrat trouvait
mme encore un dlice bien plus piquant  se faire donner ce qu'il voulait
sans tre oblig de rien tenir. Il s'tait offert sur cela des pisodes de
sclratesse  son esprit dont il sentait accrotre sa perfide lubricit; et
voici comme il s'y prit pour mettre  la scne toute l'infamie et tout le
piquant qu'il put. Son htel se trouvait en face d'un endroit o l'on excute
quelquefois des criminels  Paris, et comme le dlit s'tait commis dans ce
quartier-l, il obtint que l'excution serait faite sur cette place en
question. A l'heure indique, il fit trouver chez lui la femme et la fille de
ce malheureux. Tout tait bien ferm du ct de la place de manire qu'on ne
voyait, des appartements o il tenait ses victimes, rien du train qui pouvait
s'y passer. Le sclrat, qui savait l'heure positive de l'excution, prit ce
moment-l pour dpuceler la petite fille dans les bras de sa mre, et tout fut
arrang avec tant d'adresse et de prcision que le sclrat dchargeait dans
le cul de la fille au moment o le pre expirait. Ds que son affaire fut
faite: "Venez voir, dit-il  ses deux princesses en ouvrant une fentre sur la
place, venez voir comme je vous ai tenu parole." Et les malheureuses virent,
l'une son pre, l'autre son mari, expirant sous le fer du bourreau. Toutes
deux tombrent vanouies, mais Curval avait tout prvu: cet vanouissement
tait leur agonie, elles taient toutes deux empoisonnes, et elles ne
rouvrirent jamais les yeux. Quelque prcaution qu'il prt pour envelopper
toute cette action des ombres du plus profond mystre, il en transpira
nanmoins quelque chose; on ignora la mort des femmes, mais on le souponna
vivement de prvarication dans l'affaire du mari. Le motif fut  moiti connu,
et de tout cela sa retraite rsulta enfin. De ce moment, Curval, n'ayant plus
de dcorum  garder, se prcipita dans un nouvel ocan d'erreurs et de crimes.
Il se fit chercher des victimes partout, pour les immoler  la perversit de
ses gots. Par un raffinement de cruaut atroce, et pourtant bien aise 
comprendre, la classe de l'infortune tait celle sur laquelle il aimait le
plus  lancer les effets de sa perfide rage. Il avait plusieurs femmes qui lui
cherchaient nuit et jour, dans les greniers et dans les galetas, tout ce que
la misre pouvait offrir de plus abandonn, et sous le prtexte de leur donner
des secours, ou il les empoisonnait, ce qui tait un de ses plus dlicieux
passe-temps, ou il les attirait chez lui et les immolait lui-mme  la
perversit de ses gots. Hommes, femmes, enfants, tout tait bon  sa perfide
rage, et il commettait sur cela des excs qui l'auraient fait porter mille
fois sa tte sur un chafaud, sans son crdit et son or qui l'en prservrent
mille fois. On imagine bien qu'un tel tre n'avait pas plus de religion que
ses deux confrres, il la dtestait sans doute aussi souverainement, mais il
avait jadis plus fait pour l'extirper dans les coeurs, car, profitant de
l'esprit qu'il avait eu pour tre comme elle, il tait auteur de plusieurs
ouvrages dont les effets avaient t prodigieux, et ces succs, qu'il se
rappelait sans cesse, taient encore une de ses plus chres volupts.
     Plus nous multiplions les objets de nos jouissances...
 
                                       
                                       
  Placez l le portrait de Durcet, comme il est au cahier l8, reli en rose,
puis, aprs avoir termin ce portrait par ces mots du cahier:... les dbiles
annes de l'enfance, reprenez ainsi:
   


    Durcet est g de cinquante-trois ans, il est petit, court, gros, fort
pais, une figure agrable et frache, la peau trs blanche, tout le corps, et
principalement les hanches et les fesses, absolument comme une femme; son cul
est frais, gras, ferme et potel, mais excessivement ouvert par l'habitude de
la sodomie; son vit est extraordinairement petit:  peine a-t-il deux pouces
de tour sur quatre de long; il ne bande absolument plus; ses dcharges sont
rares et fort pnibles, peu abondantes et toujours prcdes de spasmes qui le
jettent dans une espce de fureur qui le porte au crime; il a de la gorge
comme une femme, une voix douce et agrable, et fort honnte en socit,
quoique sa tte soit pour le moins aussi dprave que celle de ses confrres;
camarade d'cole du Duc, ils s'amusent encore journellement ensemble, et l'un
des grands plaisirs de Durcet est de se faire chatouiller l'anus par le membre
norme du duc.
 
    Tels sont en un mot, cher lecteur, les quatre sclrats avec lesquels je
vais te faire passer quelques mois. Je te les ai dpeints de mon mieux pour
que tu les connaisses  fond et que rien ne t'tonne dans le rcit de leurs
diffrents carts. Il m'a t impossible d'entrer dans le dtail particulier
de leurs gots: j'aurais nui  l'intrt et au plan principal de cet ouvrage
en te les divulguant. Mais  mesure que le rcit s'acheminera, on n'aura qu'
les suivre avec attention, et l'on dmlera facilement leurs petits pchs
d'habitude et l'espce de manie voluptueuse qui les flatte le mieux chacun en
particulier. Tout ce que l'on peut dire  prsent en gros, c'est qu'ils
taient gnralement susceptibles du got de la sodomie, que tous quatre se
faisaient enculer rgulirement, et que tous quatre idoltraient les culs. Le
duc cependant, relativement  l'immensit de sa construction et plutt sans
doute par cruaut que par got, foutait encore des cons avec le plus grand
plaisir. Le prsident quelquefois aussi, mais plus rarement. Quant  l'vque,
il les dtestait si souverainement que leur seul aspect l'et fait dbander
pour six mois. Il n'en avait jamais foutu qu'un dans sa vie, celui de sa
belle-soeur, et dans la vue d'avoir un enfant qui pt lui procurer un jour les
plaisirs de l'inceste; on a vu comment il avait russi. A l'gard de Durcet,
il idoltrait le cul pour le moins avec autant d'ardeur que l'vque, mais il
en jouissait plus accessoirement; ses attaques favorites se dirigeaient dans
un troisime temple. La suite nous dvoilera ce mystre.
     Achevons des portraits essentiels  l'intelligence de cet ouvrage et
donnons aux lecteurs maintenant une ide des quatre pouses de ces
respectables maris.
     Quel contraste! Constance, femme du duc et fille de Durcet, tait une
grande femme mince, faite  peindre, et tourne comme si les Grces eussent
pris plaisir  l'embellir. Mais l'lgance de sa taille n'enlevait rien  sa
fracheur: elle n'en tait pas moins grasse et potele et les formes les plus
dlicieuses, s'offrant sous une peau plus blanche que les lys, achevaient de
faire imaginer souvent que l'Amour mme avait pris soin de la former. Son
visage tait un peu long, ses traits extraordinairement nobles, plus de
majest que de gentillesse et plus de grandeur que de finesse. Ses yeux
taient grands, noirs et pleins de feu, sa bouche extrmement petite et orne
des plus belles dents qu'on pt souponner; elle avait la langue mince,
troite, du plus bel incarnat, et son haleine tait plus douce que l'odeur
mme de la rose. Elle avait la gorge pleine, fort ronde, de la blancheur et de
la fermet de l'albtre; ses reins, extraordinairement cambrs, amenaient, par
une chute dlicieuse, au cul le plus exactement et le plus artistement coup
que la nature et produit depuis longtemps. Il tait du rond le plus exact,
pas trs gros, mais ferme, blanc, potel et ne s'entrouvrant que pour offrir
le petit trou le plus propre, le plus mignon et le plus dlicat; une nuance du
rose le plus tendre colorait ce cul, charmant asile des plus doux plaisirs de
la lubricit. Mais, grand dieu! qu'il conserva peu longtemps tant d'attraits!
Quatre ou cinq attaques du duc en fltrirent bientt toutes les grces, et
Constance, aprs son mariage, ne fut bientt plus que l'image d'un beau lys
que la tempte vient d'effeuiller. Deux cuisses rondes et parfaitement moules
soutenaient un autre temple, moins dlicieux sans doute, mais qui offrait au
spectateur tant d'attraits que ma plume entreprendrait en vain de les peindre.
Constance tait  peu prs vierge quand le duc l'pousa, et son pre le seul
homme qu'elle et connu, l'avait, comme on l'a dit, laisse bien parfaitement
entire de ce ct-l. Les plus beaux cheveux noirs, retombant en boucles
naturelles par-dessus les paules et, quand on le voulait, jusque sur le joli
poil de mme couleur qui ombrageait ce petit con voluptueux, devenaient une
nouvelle parure que j'eusse t coupable d'omettre, et achevaient de prter 
cette crature anglique, ge d'environ vingt-deux ans, tous les charmes que
la nature peut prodiguer  une femme. A tous ces agrments, Constance joignait
un esprit juste, agrable, et mme plus lev qu'il n'et d tre dans la
triste situation o l'avait place le sort, car elle en sentait toute
l'horreur, et elle et t bien plus heureuse sans doute avec des perceptions
moins dlicates. Durcet, qui l'avait leve plutt comme une courtisane que
comme sa fille et qui ne s'tait occup qu' lui donner des talents bien
plutt que des moeurs, n'avait pourtant jamais pu dtruire dans son coeur les
principes d'honntet et de vertu qu'il semblait que la nature y et gravs 
plaisir. Elle n'avait point de religion, on ne lui en avait jamais parl, on
n'avait jamais souffert qu'elle en pratiqut aucun exercice, mais tout cela
n'avait point teint dans elle cette pudeur, cette modestie naturelle,
indpendantes des chimres religieuses et qui, dans une me honnte et
sensible, s'effacent bien difficilement. Elle n'avait jamais quitt la maison
de son pre, et le sclrat, ds l'ge de douze ans, l'avait fait servir  ses
crapuleux plaisirs. Elle trouva bien de la diffrence dans ceux que gotait le
duc avec elle; son physique s'altra sensiblement de cette distance norme, et
le lendemain de ce que le duc l'eut dpucele sodomitement, elle tomba
dangereusement malade: on lui crut le rectum absolument perc. Mais sa
jeunesse, sa sant, et l'effet de quelques topiques salutaires, rendirent
bientt au duc l'usage de cette voie dfendue, et la malheureuse Constance,
contrainte  s'accoutumer  ce supplice journalier qui n'tait pas le seul, se
rtablit entirement et s'habitua  tout.
 
    Adlade, femme de Durcet et fille du prsident, tait une beaut
peut-tre suprieure  Constance, mais dans un genre absolument tout autre.
Elle tait ge de vingt ans, petite, mince, extrmement fluette et dlicate,
faite  peindre, les plus beaux cheveux blonds qu'on puisse voir. Un air
d'intrt et de sensibilit, rpandu sur toute sa personne et principalement
dans ses traits, lui donnait l'air d'une hrone de roman. Ses yeux,
extraordinairement grands, taient bleus; ils exprimaient  la fois la
tendresse et la dcence. Deux grands sourcils minces, mais singulirement
tracs, ornaient un front peu lev, mais d'une noblesse, d'un tel attrait,
qu'on et dit qu'il tait le temple de la pudeur mme. Son nez troit, un peu
serr du haut, descendait insensiblement dans une forme demi-aquiline. Ses
lvres taient minces, bordes de l'incarnat le plus vif, et sa bouche un peu
grande, c'tait le seul dfaut de sa cleste physionomie, ne s'ouvrait que
pour faire voir trente-deux perles que la nature avait l'air d'avoir semes
parmi des roses. Elle avait le col un peu long, singulirement attach, et,
par une habitude assez naturelle, la tte toujours un peu penche sur l'paule
droite, surtout quand elle coutait; mais que de grce lui prtait cette
intressante attitude! Sa gorge tait petite, fort ronde, trs ferme et trs
soutenue, mais  peine y avait-il de quoi remplir la main; c'tait comme deux
petites pommes que l'Amour en se jouant avait apportes l du jardin de sa
mre. Sa poitrine tait un peu presse, aussi l'avait-elle fort dlicate. Son
ventre tait uni et comme du satin; une petite motte blonde peu fournie
servait comme de pristyle au temple o Vnus semblait exiger son hommage. Ce
temple tait troit, au point de n'y pouvoir mme introduire un doigt sans la
faire crier, et cependant, grce au prsident, depuis prs de deux lustres, la
pauvre enfant n'tait plus vierge, ni par l, ni du ct dlicieux qu'il nous
reste encore  tracer. Que d'attraits possdait ce second temple, quelle chute
de reins, quelle coupe de fesses, que de blancheur et d'incarnat runis! mais
l'ensemble tait un peu petit. Dlicate dans toute ses formes, Adlade tait
plutt l'esquisse que le modle de la beaut; il semblait que la nature n'et
voulu qu'indiquer dans Adlade ce qu'elle avait prononc si majestueusement
dans Constance. Entrouvrait-on ce cul dlicieux. un bouton de rose s'offrait
alors  vous et c'tait dans toute sa fracheur et dans l'incarnat le plus
tendre que la nature voulait vous le prsenter. Mais quel troit, quelle
petitesse! ce n'tait qu'avec des peines infinies que le prsident avait pu
russir, et il n'avait jamais pu renouveler que deux ou trois fois ces
assauts. Durcet, moins exigeant, la rendait peu malheureuse sur cet objet,
mais depuis qu'elle tait sa femme, par combien d'autres complaisances
cruelles, par quelle quantit d'autres soumissions dangereuses ne lui
fallait-il pas acheter ce petit bienfait! Et d'ailleurs, livre aux quatre
libertins, comme elle le devenait par l'arrangement pris, que de cruels
assauts n'avait-elle pas encore  soutenir, et dans le genre dont Durcet lui
faisait grce, et dans tous les autres! Adlade avait l'esprit que lui
supposait sa figure, c'est--dire extrmement romanesque; les lieux solitaires
taient ceux qu'elle recherchait avec le plus de plaisir, et elle y versait
souvent des larmes involontaires, larmes que l'on n'tudie pas assez et qu'il
semble que le pressentiment arrache  la nature. Elle avait perdu depuis peu
une amie qu'elle idoltrait, et cette perte affreuse se prsentait sans cesse
 son imagination. Comme elle connaissait son pre  merveille et qu'elle
savait  quel point il portait l'garement, elle tait persuade que sa jeune
amie tait devenue la victime des sclratesses du prsident, parce qu'il
n'avait jamais pu la dterminer  lui accorder de certaines choses, et le fait
n'tait pas sans vraisemblance: Elle s'imaginait qu'on lui en ferait quelque
jour autant, et tout cela n'tait pas improbable. Le prsident n'avait pas
pris pour elle la mme attention, relativement  la religion, que Durcet avait
prise pour Constance, il avait laiss natre et fomenter le prjug, imaginant
que ses discours et ses livres le dtruiraient facilement. Il se trompa: la
religion est l'aliment d'une me de la complexion de celle d'Adlade. Le
prsident eut beau prcher, beau faire lire, la jeune personne resta dvote,
et tous ces carts qu'elle ne partageait point, qu'elle hassait et dont elle
tait victime, taient bien loin de la dtromper sur des chimres qui
faisaient le bonheur de sa vie. Elle se cachait pour prier Dieu, elle se
drobait pour remplir ses devoirs de chrtienne, et ne manquait jamais d'tre
punie trs svrement, ou par son pre, ou par son mari, ds que l'un ou
l'autre s'en apercevait. Adlade souffrait tout en patience, bien persuade
que le Ciel la ddommagerait un jour. Son caractre d'ailleurs tait aussi
doux que son esprit, et sa bienfaisance, l'une des vertus qui la faisaient le
plus dtester de son pre, allait jusqu' l'excs. Curval, irrit contre cette
classe vile de l'indigence, ne cherchait qu' l'humilier,  l'avilir davantage
ou  y trouver des victimes; sa gnreuse fille, au contraire, se serait
passe de sa propre subsistance pour procurer celle du pauvre, et on l'avait
souvent vue aller lui porter en cachette toutes les sommes destines  ses
plaisirs. Enfin Durcet et le prsident la tancrent et la morignrent si
bien, qu'ils la corrigrent de cet abus et lui en enlevrent absolument tous
les moyens. Adlade, n'ayant plus que ses larmes  offrir  l'infortune,
allait encore les rpandre sur leurs maux, et son coeur impuissant, mais
toujours sensible, ne pouvait cesser d'tre vertueux. Elle apprit un jour
qu'une malheureuse femme allait venir prostituer sa fille au prsident, parce
que l'extrme besoin l'y contraignait. Dj le paillard enchant se prparait
 cette jouissance du genre de celle qu'il aimait le mieux; Adlade fit
vendre en secret une de ses robes, en fit donner tout de suite l'argent  la
mre et la dtourna, par ce petit secours et quelque sermon, du crime qu'elle
allait commettre. Le prsident venant  le savoir (sa fille n'tait pas encore
marie) se porta contre elle  de telles violences qu'elle en fut quinze jours
au lit, et tout cela sans que rien pt arrter l'effet des tendres mouvements
de cette me sensible.
     Julie, femme du prsident et fille ane du duc, et effac les deux
prcdentes sans un dfaut capital pour beaucoup de gens, et qui peut-tre
avait dcid seul la passion de Curval pour elle; tant il est vrai que les
effets des passions sont inconcevables et que leur dsordre, fruit du dgot
et de la satit, ne peut se comparer qu' leurs carts. Julie tait grande,
bien faite, quoique trs grasse et trs potele, les plus beaux yeux bruns
possibles, le nez charmant, les traits saillants et gracieux, les plus beaux
cheveux chtains, le corps blanc et dans le plus dlicieux embonpoint, un cul
qui et pu servir de modle  celui que sculpta Praxitle, le con chaud,
troit et d'une jouissance aussi agrable que peut l'tre un tel local, la
jambe belle et le pied charmant, mais la bouche la plus mal orne, les dents
les plus infectes, et d'une salet d'habitude sur tout le reste de son corps,
et principalement aux deux temples de la lubricit, que nul autre tre, je le
rpte, nul autre tre que le prsident, sujet aux mmes dfauts et les aimant
sans doute, nul autre assurment, malgr tous ses attraits, ne se ft arrang
de Julie. Mais pour Curval, il en tait fou: ses plus divins plaisirs se
cueillaient sur cette bouche puante, il tait dans le dlire en la baisant, et
quant  sa malpropret naturelle, bien loin de la lui reprocher, il l'y
excitait au contraire et avait enfin obtenu qu'elle ferait un parfait divorce
avec l'eau. A ces dfauts Julie en joignait quelques autres, mais moins
dsagrables sans doute: elle tait trs gourmande, elle avait du penchant 
l'ivrognerie, peu de vertu, et je crois que si elle l'et os, le putanisme
l'et fort peu effraye. Eleve par le duc dans un abandon total de principes
et de moeurs, elle adoptait assez cette philosophie, et de tout point sans
doute il y avait de quoi faire un sujet; mais, par un effet encore trs
bizarre du libertinage, il arrive souvent qu'une femme qui a nos dfauts nous
plat bien moins dans nos plaisirs qu'une qui n'a que des vertus: l'une nous
ressemble, nous ne la scandalisons pas; l'autre s'effraye, et voil un attrait
bien certain de plus. Le duc, malgr l'normit de sa construction, avait joui
de sa fille, mais il avait t oblig de l'attendre jusqu' quinze ans, et
malgr cela il n'avait pu empcher qu'elle ne ft trs endommage de
l'aventure, et tellement, qu'ayant envie de la marier, il avait t oblig de
cesser ses jouissances et de se contenter avec elle de plaisirs moins
dangereux, quoique pour le moins aussi fatigants: Julie gagnait peu avec le
prsident, dont on sait que le vit tait fort gros, et d'ailleurs quelque
malpropre qu'elle ft elle-mme par ngligence, elle ne s'arrangeait nullement
d'une salet de dbauche telle qu'tait celle du prsident, son cher poux.
     Aline, soeur cadette de Julie et rellement fille de l'vque, tait bien
loigne et des habitudes et du caractre et des dfauts de sa soeur. C'tait
la plus jeune des quatre:  peine avait-elle dix-huit ans; c'tait une petite
physionomie piquante, frache et presque mutine, un petit nez retrouss, des
yeux bruns pleins de vivacit et d'expression, une bouche dlicieuse, une
taille trs bien prise quoique peu grande, bien en chair, la peau un peu
brune, mais douce et belle, le cul un peu gros, mais moul, l'ensemble des
fesses le plus voluptueux qui pt s'offrir  l'oeil du libertin, une motte
brune et jolie, le con un peu bas, ce qu'on appelle  l'anglaise, mais
parfaitement troit, et, quand on l'offrit  l'assemble, elle tait
exactement pucelle. Elle l'tait encore, lors de la partie dont nous crivons
l'histoire, et nous verrons comme ces prmices furent ananties. A l'gard de
celles du cul, depuis huit ans l'vque en jouissait paisiblement tous les
jours, mais sans en avoir fait prendre le got  sa chre fille qui, malgr
son air espigle et moustill, ne se prtait pourtant que par obissance et
n'avait pas encore dmontr que le plus lger plaisir lui ft partager les
infamies dont on la rendait journellement victime. L'vque l'avait laisse
dans une ignorance profonde;  peine savait-elle lire et crire, et elle
ignorait absolument ce que c'tait que la religion. Son esprit naturel n'tait
gure que de l'enfantillage, elle rpondait drlement, elle jouait, aimait
beaucoup sa soeur, dtestait souverainement l'vque et craignait le duc comme
le feu. Le jour des noces, quand elle se vit au milieu de quatre hommes, elle
pleura, et fit d'ailleurs tout ce qu'on voulut d'elle, sans plaisir comme sans
humeur. Elle tait sobre, trs propre et n'ayant d'autre dfaut que beaucoup
de paresse, la nonchalance rgnant dans toutes ses actions et dans toute sa
personne, malgr l'air de vivacit que ses yeux annonaient. Elle abhorrait le
prsident presque autant que son oncle, et Durcet, qui ne la mnageait
pourtant pas, tait nanmoins le seul pour lequel elle et l'air de n'avoir
aucune rpugnance.
     Tels taient donc les huit principaux personnages avec lesquels nous
allons vous faire vivre, mon cher lecteur. Il est temps de vous dvoiler
maintenant l'objet des plaisirs singuliers qu'on se proposait.
     Il est reu, parmi les vritables libertins, que les sensations
communiques par l'organe de l'oue sont celles qui flattent davantage et dont
les impressions sont les plus vives. En consquence, nos quatre sclrats, qui
voulaient que la volupt s'imprgnt dans leur coeur aussi avant et aussi
profondment qu'elle y pouvait pntrer, avaient  ce dessein imagin une
chose assez singulire. Il s'agissait, aprs s'tre entour de tout ce qui
pouvait le mieux satisfaire les autres sens par la lubricit, de se faire en
cette situation raconter avec les plus grands dtails, et par ordre, tous les
diffrents carts de cette dbauche, toutes ses branches, toutes ses
attenances, ce qu'on appelle en un mot, en langue de libertinage, toutes les
passions. On n'imagine point  quel degr l'homme les varie, quand son
imagination s'enflamme. Leur diffrence entre eux, excessive dans toutes leurs
autres manies, dans tous leurs autres gots, l'est encore bien davantage dans
ce cas-ci, et qui pourrait fixer et dtailler ces carts ferait peut-tre un
des plus beaux travaux que l'on pt voir sur les moeurs et peut-tre un des
plus intressants. Il s'agissait donc d'abord de trouver des sujets en tat de
rendre compte de tous ces excs, de les analyser, de les tendre, de les
dtailler, de les graduer et de placer au travers de cela l'intrt d'un
rcit. Tel fut en consquence le parti qui fut pris. Aprs des recherches et
des informations sans nombre, on trouva quatre femmes dj sur le retour
(c'est ce qu'il fallait, l'exprience ici tait la chose la plus essentielle),
quatre femmes, dis-je, qui, ayant pass leur vie dans la dbauche la plus
excessive, se trouvaient en tat de rendre un compte exact de toutes ces
recherches. Et, comme on s'tait appliqu  les choisir doues d'une certaine
loquence et d'une tournure d'esprit propre  ce qu'on en exigeait, aprs
s'tre entendues et recordes, toutes quatre furent en tat de placer, chacune
dans les aventures de leur vie, tous les carts les plus extraordinaires de la
dbauche, et cela dans un tel ordre, que la premire, par exemple, placerait
dans le rcit des vnements de sa vie les cent cinquante passions les plus
simples et les carts les moins recherchs ou les plus ordinaires, la seconde,
dans un mme cadre, un gal nombre de passions plus singulires et d'un ou
plusieurs hommes avec plusieurs femmes; la troisime galement, dans son
histoire, devait introduire cent cinquante manies des plus criminelles et des
plus outrageantes aux lois,  la nature et  la religion; et comme tous ces
excs mnent au meurtre et que ces meurtres commis par libertinage se varient
 l'infini et autant de fois que l'imagination enflamme du libertin adopte de
diffrents supplices, la quatrime devait joindre aux vnements de sa vie le
rcit dtaill de cent cinquante de ces diffrentes tortures. Pendant ce
temps-l, nos libertins, entours, comme je l'ai dit d'abord, de leurs femmes
et ensuite de plusieurs autres objets dans tous les genres, couteraient,
s'chaufferaient la tte et finiraient par teindre, avec ou leurs femmes ou
ces diffrents objets, l'embrasement que les conteuses auraient produit. Il
n'y a aucun doute rien de plus voluptueux dans ce projet que la manire
luxurieuse dont on y procda, et ce sont et cette manire et ces diffrents
rcits qui vont former cet ouvrage, que je conseille, d'aprs cet expos, 
tout dvot de laisser la tout de suite s'il ne veut pas tre scandalis, car
il voit que le plan est peu chaste, et nous osons lui rpondre d'avance que
l'excution le sera encore bien moins.
     Comme les quatre actrices dont il s'agit ici jouent un rle trs
essentiel dans ces mmoires, nous croyons, dussions-nous en demander excuse au
lecteur, tre encore oblig de les peindre. Elles raconteront, elles agiront:
est-il possible, d'aprs cela, de les laisser inconnues? Qu'on ne s'attende
pas  des portraits de beaut, quoiqu'il y et sans doute des projets de se
servir physiquement comme moralement de ces quatre cratures. Nanmoins, ce
n'tait uniquement leur esprit et leur exprience, et il tait, dans ce
sens-l, impossible d'tre mieux servi qu'on ne le fut.
     Madame Duclos tait le nom de celle que l'on chargeait du rcit des cent
cinquante passions simples. C'tait une femme de quarante-huit ans, encore
assez frache, qui avait de grands restes de beaut, des yeux fort beaux, la
peau fort blanche, et l'un des plus beaux culs et des plus potels qu'on pt
voir, la bouche frache et propre, le sein superbe et de jolis cheveux bruns,
la taille grosse, mais leve, et tout l'air et le ton d'une fille du trs bon
air. Elle avait pass, comme on le verra, sa vie dans des endroits o elle
avait t bien  mme d'tudier ce qu'elle allait raconter, et on voyait
qu'elle devait s'y prendre avec esprit, facilit et intrt.
     Madame Champville tait une grande femme d'environ cinquante ans, mince,
bien faite, l'air le plus voluptueux dans le regard et dans la tournure;
fidle imitatrice de Sapho, elle en avait l'expression jusque dans les plus
petits mouvements, dans les gestes les plus simples et dans ses moindres
paroles. Elle s'tait ruine  entretenir des femmes, et sans ce got, auquel
elle sacrifiait gnralement ce qu'elle pouvait gagner dans le monde, elle et
t trs  son aise. Elle avait t trs longtemps fille publique et, depuis
quelques annes elle faisait  son tour le mtier d'appareilleuse, mais elle
tait resserre dans un certain nombre de pratiques, tous paillards srs et
d'un certain ge; jamais elle ne recevait de jeunes gens, et cette conduite
prudente et lucrative raccommodait un peu ses affaires. Elle avait t blonde,
mais une teinte plus sage commenait  colorer sa chevelure. Ses yeux taient
toujours fort beaux, bleus et d'une expression trs agrable. Sa bouche tait
belle, frache encore et parfaitement entire; pas de gorge, le ventre bien;
elle n'avait jamais fait d'envie, la motte un peu leve et le clitoris
saillant de plus de trois pouces quand il tait chauff: en la chatouillant
sur cette partie, on tait bientt sr de la voir se pmer, et surtout si le
service lui tait rendu par une femme. Son cul tait trs flasque et trs us,
entirement mou et fltri, et tellement endurci par les habitudes libidineuses
que son histoire nous expliquera, qu'on pouvait y faire tout ce qu'on voulait
sans qu'elle le sentt. Une chose assez singulire, et assurment fort rare 
Paris surtout, c'est qu'elle tait pucelle de ce ct comme une fille qui sort
du couvent, et peut-tre, dans la maudite partie o elle s'engagea, et o elle
s'engagea avec des gens qui ne voulaient que des choses extraordinaires et 
qui par consquent celle-l plut, peut-tre, dis-je, sans cette partie-l, ce
pucelage singulier ft-il mort avec elle.
     La Martaine, grosse maman de cinquante-deux ans, bien frache et bien
saine et doue du plus gros et du plus beau fessier qu'on pt avoir, offrait
absolument le contraire de l'aventure. Elle avait pass sa vie dans cette
dbauche sodomite, et y tait tellement familiarise qu'elle ne gotait
absolument de plaisir que par l. Une difformit de la nature (elle tait
barre) l'ayant empche de connatre autre chose, elle s'tait livre  cette
espce de plaisir, entrane et par cette impossibilit de faire autre chose
et par de premires habitudes, moyennant quoi elle s'en tenait  cette
lubricit dans laquelle on prtend qu'elle tait encore dlicieuse, bravant
tout, ne redoutant rien. Les plus monstrueux engins ne l'effrayaient pas, elle
les prfrait mme, et la suite de ces mmoires nous l'offrira peut-tre
combattant valeureusement encore sous les tendards de Sodome comme le plus
intrpide des bougres. Elle avait des traits assez gracieux, mais un air de
langueur et de dprissement commenait  fltrir ses attraits, et sans son
embonpoint qui la soutenait encore, elle et pu dj passer pour trs use.
     Pour la Desgranges, c'taient le vice et la luxure personnifis: grande,
mince, ge de cinquante-six ans, l'air livide et dcharn, les yeux teints,
les lvres mortes, elle donnait l'image du crime prt  prir faute de force.
Elle avait t jadis brune; on avait prtendu mme qu'elle avait un beau
corps; peu aprs, ce n'tait plus qu'un squelette qui ne pouvait inspirer que
du dgot. Son cul fltri, us, marqu, dchir, ressemblait plutt  du
papier marbr qu' de la peau humaine, et le trou en tait tellement large et
rid que les plus gros engins, sans qu'elle le sentt, pouvaient y pntrer 
sec. Pour comble d'agrments, cette gnreuse athlte de Cythre, blesse dans
plusieurs combats, avait un tton de moins et trois doigts de coups; elle
boitait, et il lui manquait six dents et un oeil. Nous apprendrons peut-tre 
quel genre d'attaques elle avait t si maltraite; ce qu'il y a de bien sr,
c'est que rien ne l'avait corrige, et si son corps tait l'image de la
laideur, son me tait le rceptacle de tous les vices et de tous les forfaits
les plus inous. Incendiaire, parricide, incestueuse, sodomite, tribade,
meurtrire, empoisonneuse, coupable de viols, de vols, d'avortements et de
sacrilges, on pouvait affirmer avec vrit qu'il n'y avait pas un seul crime
dans le monde que cette coquine-l n'et commis ou fait commettre. Son tat
actuel tait le maquerellage; elle tait l'une des fournisseuses attitres de
la socit, et comme  beaucoup d'exprience elle joignait un jargon assez
agrable, on l'avait choisie pour remplir le quatrime rle d'historienne,
c'est--dire dans le rcit duquel il devait se rencontrer le plus d'horreurs
et d'infamies. Qui, mieux qu'une crature qui les avait toutes faites, pouvait
jouer ce personnage-l?
     Ces femmes trouves, et trouves dans tous points telles qu'on pouvait
les dsirer, il fallut s'occuper des accessoires. On avait d'abord dsir de
s'entourer d'un grand nombre d'objets luxurieux des deux sexes, mais quand on
eut fait attention que le seul local o cette partie lubrique pt commodment
s'excuter tait ce mme chteau en Suisse appartenant  Durcet et dans lequel
il avait expdi la petite Elvire, que ce chteau peu considrable ne pourrait
pas contenir un si grand nombre d'habitants, et que d'ailleurs il pouvait
devenir indiscret et dangereux d'emmener tant de monde, on se rduisit 
trente-deux sujets en tout, les historiennes comprises; savoir: quatre de
cette classe, huit jeunes filles, huit jeunes garons, huit hommes dous de
membres monstrueux pour les volupts de la sodomie passive, et quatre
servantes. Mais on voulut de la recherche  tout cela; un an entier se passa 
ces dtails, on y dpensa un argent immense, et voici les prcautions que l'on
employa pour les huit jeunes filles afin d'avoir tout ce que la France pouvait
offrir de plus dlicieux. Seize maquerelles intelligentes, ayant chacune deux
secondes avec elles, furent envoyes dans les seize principales provinces de
France, pendant qu'une dix-septime travaillait dans le mme genre  Paris
seulement. Chacune de ces appareilleuses eut un rendez-vous indiqu  une
terre du duc auprs de Paris, et toutes devaient s'y rendre dans la mme
semaine,  dix mois juste de leur dpart: on leur donna ce temps-l pour
chercher. Chacune devait amener neuf sujets, ce qui faisait un total de cent
quarante-quatre, huit seulement devaient tre choisies. Il tait recommand
aux maquerelles de ne s'attacher qu' la naissance, la vertu et la plus
dlicieuse figure. Elles devaient faire leurs recherches principalement dans
des maisons honntes, et on ne leur passait aucune file qui ne ft prouve
ravie, ou dans un couvent de pensionnaires de qualit, ou dans le sein de sa
famille, et d'une famille de distinction. Tout ce qui n'tait pas au-dessus de
la classe de la bourgeoisie et qui, dans ces classes suprieures, n'tait pas
et trs vertueuse, trs vierge et trs parfaitement belle, tait refus sans
misricorde. Des espions surveillaient les dmarches de ces femmes et
informaient  l'instant la socit de ce qu'elles faisaient. Le sujet, trouv
comme on le dsirait, leur tait pay trente mille francs, tous frais faits.
Il est inou ce que a cota. A l'gard de l'ge, il tait fix de douze 
quinze, et tout ce qui tait au-dessus ou au-dessous tait impitoyablement
refus. Pendant ce temps-l, avec les mmes circonstances, les mmes moyens et
les mmes dpenses, en mettant de mme l'ge de douze  quinze, dix-sept
agents de sodomie parcouraient de mme et la capitale et les provinces; et
leur rendez-vous tait indiqu un mois aprs le choix des filles. Quant aux
jeunes gens que nous dsignerons dornavant sous le nom de fouteurs, ce fut la
mesure du membre qui rgla seule: on ne voulut rien au-dessous de dix pouces
ou douze pouces de long sur sept et demi de tour. Huit hommes travaillrent 
ce dessein dans tout le royaume, et le rendez-vous fut indiqu un mois aprs
celui des jeunes garons. Quoique l'histoire de ces choix et de ces rceptions
ne soit pas de notre objet, il n'est pourtant pas hors de propos d'en dire un
mot ici, pour mieux faire connatre encore le gnie de nos quatre hros. Il me
semble que tout ce qui sert  les dvelopper et  jeter du jour sur une partie
aussi extraordinaire que celle que nous allons dcrire ne peut pas tre
regard comme hors-d'oeuvre.
     L'poque du rendez-vous des jeunes filles tant arrive, on se rendit 
la terre du duc. Quelques maquerelles n'ayant pu remplir leur nombre de neuf,
quelques autres ayant perdu des sujets en chemin, soit par la maladie ou par
l'vasion, il n'en arriva que cent trente au rendez-vous. Mais que d'attraits,
grand dieu! Jamais, je crois, on n'en vit autant de runis. Treize jours
furent consacrs  cet examen, et chaque jour on en examinait dix. Les quatre
amis formaient un cercle, au milieu duquel paraissait la jeune fille, d'abord
vtue telle qu'elle tait lors de son enlvement. La maquerelle qui l'avait
dbauche en faisait l'histoire: si quelque chose manquait aux conditions de
noblesse et de vertu, sans en approfondir davantage la petite fille tait
renvoye  l'instant, sans aucun secours et sans tre confie  personne, et
l'appareilleuse perdait tous les frais qu'elle avait pu faire pour elle.
Ensuite la maquerelle ayant donn son dtail, on la faisait retirer et on
interrogeait la petite fille pour savoir si ce qu'on venait de dire d'elle
tait vrai. Si tout tait juste, la maquerelle rentrait et troussait la petite
fille par-derrire, afin d'exposer ses fesses  l'assemble; c'tait la
premire chose qu'on voulait examiner. Le moindre dfaut dans cette partie la
faisait renvoyer  l'instant; si, au contraire, rien ne manquait  cette
espce de charme, on la faisait mettre nue, et, en cet tat, elle passait et
repassait, cinq ou six fois de suite, de l'un  l'autre de nos libertins. On
la tournait, on la retournait, on la maniait, on la sentait, on cartait, on
examinait les pucelages, mais tout cela de sang-froid et sans que l'illusion
des sens vnt en rien troubler l'examen. Cela fait, l'enfant se retirait, et 
ct de son nom plac dans un billet, les examinateurs mettaient: reue, ou:
renvoye, en signant le billet; ensuite ces billets taient mis dans une
bote, sans qu'ils se communiquassent leurs ides; toutes examines, on
ouvrait la bote: il fallait, pour qu'une fille ft reue, qu'elle et sur son
billet les quatre noms des amis en sa faveur. S'il en manquait un seul, elle
tait aussitt renvoye, et toutes inexorablement, comme je l'ai dit,  pied,
sans secours et sans guide, except une douzaine peut-tre dont nos libertins
s'amusrent quand les choix furent faits et qu'ils cdrent  leurs
maquerelles. De cette premire tourne, il y eut cinquante sujets d'exclus. On
repassa les quatre-vingts autres, mais avec beaucoup plus d'exactitude et de
svrit: le plus lger dfaut devenait ds l'instant un titre d'exclusion.
L'une, belle comme le jour, fut renvoye, parce qu'elle avait une dent un peu
plus leve que les autres; plus de vingt autres le furent, parce qu'elles
n'taient filles que de bourgeois. Trente sautrent  cette seconde tourne:
il n'en restait donc plus que cinquante. On rsolut de ne procder  ce
troisime examen qu'en venant de perdre du foutre par le ministre mme de ces
cinquante sujets, afin que du calme parfait des sens pt rsulter un choix
plus rassis et plus sr. Chacun des amis s'entoura d'un groupe de douze ou
treize de ces jeunes filles. Les groupes varirent de l'un  l'autre; ils
taient dirigs par des maquerelles. On changea si artistement les attitudes,
on se prta si bien, il y eut en un mot tant de lubricit de faite que le
sperme jacula, que la tte fut calme et que trente de ce dernier nombre
disparurent encore  cette tourne. Il n'en restait que vingt; c'tait encore
douze de trop. On se calma par de nouveaux moyens, par tous ceux d'ou l'on
croyait que le dgot pourrait natre, mais les vingt restrent: et qu'et-on
pu retrancher sur un nombre de cratures si singulirement clestes qu'on eut
dit qu'elles taient l'ouvrage mme de la divinit? Il fallut donc,  beaut
gale, chercher en elles quelque chose qui pt au moins assurer  huit d'entre
elles une sorte de supriorit sur les douze autres, et ce que proposa le
prsident sur cela tait bien digne de tout le dsordre de sa tte. N'importe,
l'expdient fut accept; il s'agissait de savoir qui d'entre elles ferait
mieux une chose que l'on leur ferait souvent faire. Quatre jours suffirent
pour dcider amplement cette question, et douze furent enfin congdies, mais
non  blanc comme les autres; on s'en amusa huit jours compltement et de
toutes les faons. Ensuite elles furent, comme je l'ai dit, cdes aux
maquerelles, qui s'enrichirent bientt de la prostitution de sujets aussi
distingus que ceux-l. Quant aux huit choisies, elles furent mises dans un
couvent jusqu' l'instant du dpart, et pour se rserver le plaisir d'en jouir
 l'poque choisie, on n'y toucha pas jusque-l.
     Je ne m'aviserai pas de peindre ces beauts: elles taient toutes si
galement suprieures que mes pinceaux deviendraient ncessairement monotones.
Je me contenterai de les nommer et d'affirmer avec vrit qu'il est
parfaitement impossible de se reprsenter un tel assemblage de grces,
d'attraits et de perfections, et que si la nature voulait donner  l'homme une
ide de ce qu'elle peut former de plus savant, elle ne lui prsenterait pas
d'autres modles. 
    La premire se nommait Augustine: elle avait quinze ans, elle tait fille
d'un baron de Languedoc et avait t enleve dans un couvent de Montpellier. 
    La seconde se nommait Fanny: elle tait fille d'un conseiller au parlement
de Bretagne et enleve dans le chteau mme de son pre.
     La troisime se nommait Zelmire: elle avait quinze ans, elle tait fille
du comte de Terville qui l'idoltrait. Il l'avait mene avec lui  la chasse,
dans une de ses terres en Beauce, et, l'ayant laisse seule un instant dans la
fort, elle y fut enleve sur-le-champ. Elle tait fille unique et devait,
avec quatre cent mille francs de dot, pouser l'anne d'aprs un trs grand
seigneur. Ce fut celle qui pleura et se dsola le plus de l'horreur de son
sort.
     La quatrime se nommait Sophie: elle avait quatorze ans et tait fille
d'un gentilhomme assez  son aise et vivant dans sa terre au Berry. Elle avait
t enleve  la promenade,  ct de sa mre qui, voulant la dfendre, fut
prcipite dans une rivire o sa fille la vit expirer sous ses yeux.
     La cinquime se nommait Colombe: elle tait de Paris et fille d'un
conseiller au parlement; elle avait treize ans et avait t enleve en
revenant avec une gouvernante, le soir, dans son couvent, au sortir d'un bal
d'enfants. La gouvernante avait t poignarde.
     La sixime se nommait Hb: elle avait douze ans, elle tait fille d'un
capitaine de cavalerie, homme de condition vivant  Orlans. La jeune personne
avait t sduite et enleve dans le couvent o on l'levait; deux religieuses
avaient t gagnes  force d'argent. Il tait impossible de rien voir de plus
sduisant et de plus mignon.
     La septime se nommait Rosette: elle avait treize ans, elle tait fille
du lieutenant gnral de Chalon-sur-Sane. Son pre venait de mourir; elle
tait  la campagne chez sa mre, prs de la ville, et on l'enleva sous les
yeux mmes de ses parents, en contrefaisant les voleurs.
     La dernire s'appelait Mimi ou Michette: elle avait douze ans, elle tait
fille du marquis de Senanges et avait t enleve dans les terres de son pre,
en Bourbonnais,  l'instant d'une promenade en calche qu'on lui avait laiss
faire avec deux ou trois seules femmes du chteau, qui furent assassines.
     On voit que les apprts de ces volupts cotaient bien des sommes et bien
des crimes. Avec de tels gens, les trsors faisaient peu de chose, et quant
aux crimes, on vivait alors dans un sicle o il s'en fallait bien qu'ils
fussent recherchs et punis comme ils l'ont t depuis. Moyen en quoi, tout
russit, et si bien que nos libertins ne furent jamais inquits des suites et
qu' peine y eut-il des perquisitions.
     L'instant de l'examen des jeunes garons arriva. Offrant plus de
facilits, leur nombre fut plus grand. Les appareilleurs en prsentrent cent
cinquante, et je n'exagrerai srement pas en affirmant qu'ils galaient au
moins la classe des jeunes filles, tant par leur dlicieuse figure que par
leurs grces enfantines, leur candeur, leur innocence et leur noblesse. Ils
taient pays trente mille francs chacun, le mme prix que les filles, mais
les entrepreneurs n'avaient rien  risquer parce que ce gibier tant plus
dlicat, et bien plus du got de nos sectateurs, il avait t dcid qu'on ne
ferait perdre aucun frais, qu'on renverrait bien,  la vrit, ce dont on ne
s'arrangerait pas, mais que, comme on s'en servirait, ils seraient galement
pays. L'examen se fit comme celui des femmes. On en vrifia dix tous les
jours, avec la prcaution trs sage et qu'on avait un peu trop nglige avec
les filles, avec la prcaution, dis-je, de dcharger toujours par le ministre
des dix prsents, avant de procder  l'examen. On voulait presque exclure le
prsident, on se mfiait de la dpravation de ses gots; on avait pens tre
dupe, dans le choix des filles, de son maudit penchant  l'infamie et  la
dgradation. Il promit de ne s'y point livrer, et s'il tint parole, ce ne fut
vraisemblablement pas sans peine, car lorsqu'une fois l'imagination blesse ou
dprave s'est accoutume  ces espces d'outrages au bon got et  la nature,
outrages qui la flattent si dlicieusement, il est trs difficile de la
ramener dans le bon chemin: il semble que l'envie de servir ses gots lui te
la facult d'tre matresse de ses jugements. Mprisant ce qui est vraiment
beau et ne chrissant plus que ce qui est affreux, elle prononce comme elle
pense, et le retour  des sentiments plus vrais lui paratrait un tort fait 
des principes dont elle serait bien fche de s'carter. Cent sujets furent
unanimement reus ds les premires sances acheves, et il fallut revenir
cinq fois de suite sur ces jugements pour extraire le petit nombre qui devait
seul tre admis. Trois fois de suite il en resta cinquante, lorsqu'on fut
oblig d'en venir  des moyens singuliers pour dparer en quelque sorte les
idoles qu'embellissait encore le prestige, quoi qu'on pt faire, et ne se
procurer que ce qu'on voulait admettre. On imagina de les habiller en filles:
vingt-cinq disparurent  cette ruse qui, prtant  un sexe qu'on idoltrait
l'appareil de celui dont on tait blas, les dprima et fit tomber presque
toute l'illusion. Mais rien ne put faire varier le scrutin  ces vingt-cinq
derniers. On eut beau faire, beau perdre du foutre, beau n'crire son nom sur
les billets qu' l'instant mme de la dcharge, beau mettre en usage le moyen
pris avec les jeunes filles, les vingt-cinq mmes restrent toujours, et on
prit le parti de les faire tirer au sort. Voici les noms qu'on donna  ceux
qui restrent, leur ge, leur naissance et le prcis de leur aventure, car
pour les portraits, j'y renonce: les traits de l'Amour mme n'taient srement
pas plus dlicats et les modles o l'Albane allait choisir les traits de ses
anges divins taient srement bien infrieurs.
     Zlamir tait g de treize ans; c'tait le fils unique d'un gentilhomme
de Poitou qui l'levait avec le plus grand soin dans sa terre. On l'avait
envoy  Poitiers voir une parente, escort d'un seul domestique, et nos
filous qui l'attendaient assassinrent le domestique et s'emparrent de
l'enfant.
     Cupidon tait du mme ge; il tait au collge de La Flche; fils d'un
gentilhomme des environs de cette ville, il y faisait ses tudes. On le guetta
et on l'enleva dans une promenade que les coliers faisaient le dimanche. Il
tait le plus joli de tout le collge.
     Narcisse tait g d douze ans; il tait chevalier de Malte. On l'avait
enlev  Rouen o son pre remplissait une charge honorable et compatible avec
la noblesse. On le faisait partir pour le collge de Louis-le-Grand,  Paris;
il fut enlev en route.
     Zphire, le plus dlicieux des huit,  supposer que leur excessive beaut
et laiss la facilit d'un choix, tait de Paris; il y faisait ses tudes
dans une clbre pension. Son pre tait un officier gnral, qui fit tout au
monde pour le ravoir sans que rien pt y russir. On avait sduit le matre de
pension  force d'argent, et il en avait livr sept dont six avaient t
rforms. Il avait tourn la tte au duc, qui protesta que s'il avait fallu un
million pour enculer cet enfant-l, il l'aurait donn  l'instant. Il s'en
rserva les prmices, et elles lui furent gnralement accordes. 0 tendre et
dlicat enfant, quelle disproportion! et quel sort affreux t'tait donc
prpar!
     Cladon tait fils d'un magistrat d Nancy. Il fut enlev  Lunville o
il tait venu voir une tante. Il atteignait  peine sa quatorzime anne. Ce
fut lui seul qu'on sduisit par le moyen d'une jeune fille de son ge qu'on
trouva le moyen de lui faire voir: la petite friponne l'attira dans le pige
en feignant de l'amour pour lui, on le veillait mal, et le coup russit.
     Adonis tait g de quinze ans. Il fut enlev au collge du Plessis o il
faisait ses tudes. Il tait fils d'un prsident de grand-chambre, qui eut
beau se plaindre, beau remuer, les prcautions taient si bien prises qu'il
lui devint impossible de jamais en entendre parler. Curval, qui en tait fou
depuis deux ans, l'avait connu chez son pre, et c'tait lui qui avait donn
et les moyens et les renseignements ncessaires pour le dbaucher. On fut trs
tonn d'un got aussi raisonnable que celui-l dans une tte aussi dprave,
et Curval, tout fier, profita de. l'vnement pour faire voir  ses confrres
qu'il avait, comme on le voyait, quelquefois le got bon encore. L'enfant le
reconnut et pleura, mais le prsident le consola en l'assurant que ce serait
lui qui le dpucellerait; et en lui administrant cette consolation tout  fait
touchante, il lui ballottait son norme engin sur les fesses. Il le demanda en
effet  l'assemble et l'obtint sans difficult.
     Hyacinthe tait g de quatorze ans; il tait fils d'un officier retir
dans une petite ville de Champagne. On le prit  la chasse, qu'il aimait  la
folie et o son pre faisait l'imprudence de le laisser aller seul.
     Giton tait g de treize ans. Il fut enlev  Versailles chez les pages
de la grande curie. Il tait fils d'un homme de condition du Nivernais qui
venait de l'y amener il n'y avait pas six mois. On l'enleva tout simplement 
une promenade qu'il tait all faire seul dans l'avenue de Saint-Cloud. Il
devint la passion de l'vque, auquel ses prmices furent destines. 
    Telles taient les dits masculines que nos libertins prparaient  leur
lubricit: nous verrons en temps et lieu l'usage qu'ils en firent. Il restait
cent quarante-deux sujets, mais on ne badina point avec ce gibier-l comme
avec l'autre: aucun ne fut congdi sans avoir servi. Nos libertins passrent
avec eux un mois au chteau du duc. Comme on tait  la veille du dpart, tous
les arrangements journaliers et ordinaires taient dj rompus, et ceci tint
lieu d'amusement jusqu' l'poque du dpart. Quand on s'en fut amplement
rassasi, on imagina un plaisant moyen de s'en dbarrasser: ce fut de les
vendre  un corsaire turc. Par ce moyen toutes les traces taient rompues et
on regagnait une partie de ses frais. Le Turc vint les prendre prs de Monaco,
o on les fit arriver par petits pelotons, et il les emmena en esclavage; sort
affreux sans doute, mais qui n'en amusa pas moins bien compltement nos quatre
sclrats.
     Arriva l'instant de choisir les fouteurs. Les rforms de cette classe-ci
n'embarrassaient point; pris  un ge raisonnable, on en tait quitte pour
leur payer leur voyage, leur peine, et ils s'en retournaient chez eux. Les
huit appareilleurs de ceux-ci avaient d'ailleurs eu bien moins de peine,
puisque les mesures taient  peu prs fixes et qu'ils n'avaient aucune gne
pour les conditions. Il en arriva donc cinquante. Parmi les vingt plus gros,
on choisit les huit plus jeunes et plus jolis, et de ces huit, comme il ne
sera, dans le dtail, gure fait mention que des quatre plus gros, je vais me
contenter de nommer ceux-l.
     Hercule, vraiment taill comme le dieu dont on lui donna le nom, avait
vingt-six ans et il tait dou d'un membre de huit pouces deux lignes de tour
sur seize de long. Il ne s'tait jamais rien vu de si beau ni de si majestueux
que cet outil presque toujours en l'air et dont huit dcharges, on en fit
l'preuve, remplissaient une pinte juste. Il tait d'ailleurs fort doux et
d'une physionomie trs intressante.
     Antinos, ainsi nomm parce qu' l'exemple du bardache d'Adrien, il
joignait au plus beau vit du monde le cul le plus voluptueux, ce qui est trs
rare, tait porteur d'un outil de huit pouces de tour sur douze de long. Il
avait trente ans et la plus jolie figure du monde.
     Brise-cul avait un hochet si plaisamment contourn qu'il lui devenait
presque impossible d'enculer sans briser le cul, et de l lui tait venu le
nom qu'il portait. La tte de son vit, ressemblant  un coeur de boeuf, avait
huit pouces trois lignes de tour; le membre n'en avait que huit, mais ce
membre tortu avait une telle cambrure qu'il dchirait exactement l'anus quand
il y pntrait, et cette qualit bien prcieuse  des libertins aussi blass
que les ntres l'en avait fait singulirement rechercher.
     Bande-au-ciel, ainsi nomm parce que son rection, quelque chose qu'il
fit, tait perptuelle, tait muni d'un engin de onze pouces de long sur sept
pouces onze lignes de tour. On en avait refus de plus gros pour lui, parce
que ceux-l bandaient difficilement, au lieu que celui-ci, quelque quantit de
dcharges qu'il fit dans un jour, tait en l'air au moindre attouchement.
     Les quatre autres taient  peu prs de la mme taille et de la mme
tournure. On s'amusa quinze jours des quarante-deux sujets rforms, et aprs
s'en tre bien fait donner et les avoir mis sur les dents, on les congdia
bien pays.
     Il ne restait plus que le choix des quatre servantes, et celui-ci sans
doute tait le plus pittoresque. Le prsident n'tait pas le seul dont les
gots fussent dpravs; ses trois amis, et Durcet principalement, taient bien
un peu entichs de cette maudite manie de crapule et de dbauche, qui fait
trouver un attrait plus piquant avec un objet vieux, dgotant et sale qu'avec
ce que la nature a form de plus divin. Il serait sans doute difficile
d'expliquer cette fantaisie, mais elle existe chez beaucoup de gens. Le
dsordre de la nature porte avec lui une sorte de piquant qui agit sur le
genre nerveux peut-tre bien autant et plus de force que ses beauts les plus
singulires. Il est d'ailleurs prouv que c'est l'horreur, la vilenie, la
chose affreuse qui plat quand on bande: or, o se rencontre-t-elle mieux
qu'en un objet vici? Certainement si c'est la chose sale qui plat dans
l'acte de la lubricit, plus cette chose est sale, plus elle doit plaire, et
elle est srement bien plus sale dans l'objet vici que dans l'objet intact ou
parfait. Il n'y a pas  cela le plus petit doute. D'ailleurs la beaut est la
chose simple, la laideur est la chose extraordinaire, et toutes les
imaginations ardentes prfrent sans doute toujours la chose extraordinaire en
lubricit  la chose simple. La beaut, la fracheur ne frappent jamais qu'en
sens simple; la laideur, la dgradation portent un coup bien plus ferme, la
commotion est bien plus forte, l'agitation doit donc tre plus vive. Il ne
faut donc point s'tonner d'aprs cela que tout plein de gens prfrent pour
leur jouissance une femme vieille, laide et mme puante  une fille frache et
jolie, pas plus s'en tonner, dis-je, que nous ne le devons tre d'un homme
qui prfre pour ses promenades le sol aride et raboteux des montagnes aux
sentiers monotones des plaines. Toutes ces choses-l dpendent de notre
conformation, de nos organes, de la manire dont ils s'affectent, et nous ne
sommes pas plus les matres de changer nos gots sur cela que nous ne le
sommes de varier les formes de nos corps. Quoi qu'il en soit, tel tait, comme
on l'a dit, le got dominant, et du prsident, et presque en vrit de ses
trois confrres, car tous avaient t d'un avis unanime sur le choix des
servantes, choix qui pourtant, comme on va le voir, dnotait bien dans
l'organisation ce dsordre et cette dpravation que l'on vient de peindre. On
fit donc chercher  Paris, avec le plus grand soin, les quatre cratures qu'il
fallait pour remplir cet objet, et quelque dgotant que puisse en tre le
portrait, le lecteur me permettra cependant de le tracer: il est trop
essentiel  la partie des moeurs dont le dveloppement est un des principaux
objets de cet ouvrage.
     La premire s'appelait Marie. Elle avait t servante d'un fameux brigand
tout rcemment rompu, et, pour son compte, elle avait t fouette et marque.
Elle avait cinquante-huit ans, presque plus de cheveux, le nez de travers, les
yeux ternes et chassieux, la bouche large et garnie de ses trente-deux dents 
la vrit, mais jaunes comme du soufre; elle tait grande, efflanque, ayant
fait quatorze enfants qu'elle avait, disait-elle, touffs tous les quatorze,
de peur de faire de mauvais sujets. Son ventre tait ondoy comme les flots de
la mer et elle avait une fesse mange par un abcs.
     Thrse avait soixante-deux ans. Elle tait grande, mince, l'air d'un
squelette, plus un seul cheveu sur la tte, pas une dent dans la bouche et
exhalant par cette ouverture de son corps une odeur capable de renverser. Elle
avait le cul cribl de blessures et les fesses si prodigieusement molles qu'on
en pouvait rouler la peau autour d'un bton; le trou de ce beau cul
ressemblait  la bouche d'un volcan par la largeur, et pour l'odeur c'tait
une vraie lunette de commodits; de sa vie Thrse n'avait, disait-elle,
torch son cul, d'o il restait parfaitement dmontr qu'il y avait encore de
la merde de son enfance. Pour son vagin, c'tait l rceptacle de toutes les
immondices et de toutes les horreurs, un vritable spulcre dont la ftidit
faisait vanouir. Elle avait un bras tordu et elle boitait d'une jambe. 
    Fanchon tait le nom de la quatrime. Elle avait t pendue six fois en
effigie, et il n'existait pas un seul crime sur la terre qu'elle n'et commis.
Elle avait soixante-neuf ans, elle tait camuse, courte et grosse, louche,
presque point de front, n'ayant plus dans sa gueule puante que deux vieilles
dents prtes  choir; un rsiple lui couvrait le derrire, et des
hmorrodes grosses comme le poing lui pendaient  l'anus; un chancre affreux
dvorait son vagin et l'une de ses cuisses tait toute brle. Elle tait
saoule les trois quarts de l'anne, et dans son ivresse, son estomac tant
trs faible, elle vomissait partout. Le trou de son cul, malgr le paquet
d'hmorrodes qui le garnissaient, tait si large naturellement qu'elle
vessait et ptait et faisait souvent plus sans s'en apercevoir.
     Indpendamment du service de la maison au sjour que l'on se proposait,
ces quatre femmes devaient encore prendre part  toutes les assembles pour
tous les diffrents soins et services de lubricit que l'on pourrait exiger
d'elles.
     Tous ces soins remplis et l't dj commenc, on ne s'occupa plus que du
transport des diffrentes choses qui devaient, pendant les quatre mois de
sjour  la terre de Durcet, en rendre l'habitation commode et agrable. On y
fit porter une nombreuse quantit de meubles et de glaces, des vivres, des
vins, des liqueurs de toutes les espces, on y envoya des ouvriers, et petit 
petit on y fit conduire les sujets que Durcet, qui avait pris les devants,
recevait, logeait et tablissait  mesure. Mais il est temps de faire ici au
lecteur une description du fameux temple destin  tant de sacrifices
luxurieux pendant les quatre mois projets. Il y verra avec quel soin on avait
choisi une retraite carte et solitaire, comme si le silence, l'loignement
et la tranquillit taient les vhicules puissants du libertinage, et comme si
tout ce qui imprime, par ces qualits-l, une terreur religieuse aux sens dt
videmment prter  la luxure un attrait de plus. Nous allons peindre cette
retraite, non comme elle tait autrefois, mais dans l'tat et d'embellissement
et de solitude encore plus parfaite o les soins des quatre amis l'avaient
mise.
     Il fallait, pour y parvenir, arriver d'abord  Ble; on passait le Rhin,
au-del duquel la route se rtrcissait au point qu'il fallait quitter les
voitures. Peu aprs, on entrait dans la Fort-Noire, on s'y enfonait
d'environ quinze lieues par une route difficile, tortueuse et absolument
impraticable sans guide. Un mchant hameau de charbonniers et de gardes-bois
s'offrait environ  cette hauteur. L commence le territoire de la terre de
Durcet, et le hameau lui appartient. Comme les habitants de ce petit village
sont presque tous voleurs ou contrebandiers, il fut ais  Durcet de s'en
faire des amis, et, pour premier ordre, il leur fut donn une consigne exacte
de ne laisser parvenir qui que ce ft au chteau par-del l'poque du premier
novembre, qui tait celle o la socit devait tre entirement runie. Il
arma ses fidles vassaux, leux accorda quelques privilges qu'ils
sollicitaient depuis longtemps, et la barrire fut ferme. Dans le fait, la
description suivante va faire voir combien, cette porte bien close, il
devenait difficile de pouvoir parvenir  Silling, nom du chteau de Durcet.
Ds qu'on avait pass la charbonnerie, on commenait  escalader une montagne
presque aussi haute que le mont Saint-Bernard et d'un abord infiniment plus
difficile, car il n'est possible de parvenir au sommet qu' pied. Ce n'est pas
que les mulets n'y aillent, mais les prcipices environnent de toutes parts si
tellement le sentier qu'il faut suivre, qu'il y a le plus grand danger 
s'exposer sur eux. Six de ceux qui transportrent les vivres et les quipages
y prirent, ainsi que deux ouvriers qui avaient voulu monter deux d'entre eux.
Il faut prs de cinq grosses heures pour parvenir  la cime de la montagne,
laquelle offre l une autre espce de singularit qui, par les prcautions que
l'on prit, devint une nouvelle barrire si tellement insurmontable qu'il n'y
avait plus que les oiseaux qui pussent la franchir. Ce caprice singulier de la
nature est une fente de plus de trente toises sur la cime de la montagne,
entre sa partie septentrionale et sa partie mridionale, de faon que, sans
les secours de l'art, aprs avoir grimp la montagne, il devient impossible de
la redescendre. Durcet a fait runir ces deux parties, qui laissent entre
elles un prcipice de plus de mille pieds de profondeur, par un trs beau pont
de bois, que l'on abattit ds que les derniers quipages furent arrivs: et,
de ce moment-l, plus aucune possibilit quelconque de communiquer au chteau
de Silling. Car, en redescendant la partie septentrionale, on arrive dans une
petite plaine d'environ quatre arpents, laquelle est entoure de partout de
rochers  pic dont les sommets touchent aux nues, rochers qui enveloppent la
plaine comme un paravent et qui ne laissent pas la plus lgre ouverture entre
eux. Ce passage, nomm le chemin du pont, est donc l'unique qui puisse
descendre et communiquer dans la petite plaine, et une fois dtruit, il n'y a
plus un seul habitant de la terre, de quelque espce qu'on veuille le
supposer,  qui il devienne possible d'aborder la petite plaine. Or, c'est au
milieu de cette petite plaine si bien entoure, si bien dfendue, que se
trouve le chteau de Durcet. Un mur de trente pieds de haut l'environne
encore; au-del du mur, un foss plein d'eau et trs profond dfend encore une
dernire enceinte formant une galerie tournante; une poterne basse et troite
pntre enfin dans une grande cour intrieure autour de laquelle sont btis
tous les logements. Ces logements fort vastes, fort bien meubls par les
derniers arrangements pris, offrent d'abord au premier tage une trs grande
galerie. Qu'on observe que je vais peindre les appartements non tels qu'ils
pouvaient tre autrefois, mais comme ils venaient d'tre arrangs et
distribus relativement au plan projet. De la galerie on pntrait dans un
trs joli salon  manger, garni d'armoires en forme de tours qui, communiquant
aux cuisines, donnaient la facilit d'tre servi chaud, promptement et sans
qu'il ft besoin du ministre d'aucun valet. De ce salon  manger, garni de
tapis, de poles, d'ottomanes, d'excellents fauteuils, et de tout ce qui
pouvait le rendre aussi commode qu'agrable, on passait dans un salon de
compagnie, simple, sans recherche, mais extrmement chaud et garni de fort
bons meubles. Ce salon communiquait  un cabinet d'assemble, destin aux
narrations des historiennes: c'tait, pour ainsi dire, l le champ de bataille
des combats projets, le chef-lieu des assembles lubriques, et comme il avait
t orn en consquence, il mrite une petite description particulire. Il
tait d'une forme demi-circulaire. Dans la partie cintre se trouvaient quatre
niches de glaces fort vastes et ornes chacune d'une excellente ottomane; ces
quatre niches par leur construction, faisaient absolument face au diamtre qui
coupait le cercle. Un trne lev de quatre pieds tait adoss au mur formant
le diamtre. Il tait pour l'historienne: position qui la plaait non
seulement bien en face des quatre niches destines  ses auditeurs. mais qui
mme, vu que le cercle tait petit, ne l'loignant point trop d'eux, les
mettait  mme de ne pas perdre un mot de sa narration; car elle se trouvait
alors place comme est l'acteur sur un thtre, et les auditeurs, placs dans
les niches, se trouvaient l'tre comme on l'est  l'amphithtre. Au bas du
trne taient des gradins sur lesquels devaient se trouver les sujets de
dbauche amens pour servir  calmer l'irritation des sens produite par les
rcits: ces gradins, ainsi que le trne, taient recouverts de tapis de
velours noir garnis de franges d'or, et les niches taient meubles d'une
toffe pareille et galement enrichie, mais de couleur bleu fonc. A chaque
pied des niches tait une petite porte, donnant dans une garde-robe mitoyenne
 la niche et destine  faire passer les sujets qu'on dsirait et qu'on
faisait venir des gradins, dans le cas o l'on ne voult pas excuter devant
tout le monde la volupt pour l'excution de laquelle on appelait ce sujet.
Ces garde-robes taient munies de canaps et de tous les autres meubles
ncessaires aux impurets de toute espce. Des deux cts du trne, il y avait
une colonne isole et qui allait toucher le plafond; ces deux colonnes taient
destines  contenir le sujet que quelque faute aurait mis dans le cas d'une
correction. Tous les instruments ncessaires  cette correction taient
accrochs en la colonne, et cette vue imposante servait  maintenir une
subordination si essentielle dans des parties de cette espce; subordination
d'o nat presque tout le charme de la volupt dans l'me des perscuteurs. Ce
salon communiquait  un cabinet qui se trouvait faire dans cette partie
l'extrmit du logement. Ce cabinet tait une espce de boudoir; il tait
extrmement sourd et secret, fort chaud, trs sombre le jour, et sa
destination tait pour les combats tte  tte ou pour certaines autres
volupts secrtes qui seront expliques dans la suite. Pour passer dans
l'autre aile, il fallait revenir sur ses pas, et une fois dans la galerie au
fond de laquelle on voyait une fort belle chapelle, on repassait dans l'aile
parallle qui achevait le tour de la cour intrieure. L se trouvait une fort
belle antichambre, communiquant  quatre trs beaux appartements ayant chacun
boudoir et garde-robe. De trs beaux lits  la turque, en damas  trois
couleurs, avec l'ameublement pareil, ornaient ces appartements dont les
boudoirs offraient tout ce que peut dsirer la lubricit la plus sensuelle, et
mme avec recherche. Ces quatre chambres furent destines aux quatre amis, et
comme elles taient fort chaudes et fort bonnes, ils y furent parfaitement
bien logs. Leurs femmes devant occuper, par les arrangements pris, les mmes
appartements qu'eux, on ne leur affecta point de logements particuliers. Le
second tage offrait une mme quantit d'appartements,  peu prs mais
diffremment diviss. On y trouvait d'abord, d'un ct, un vaste appartement
orn de huit niches garnies chacune d'un petit lit, et cet appartement tait
celui des jeunes filles,  ct duquel se trouvaient deux petites chambres
pour deux des vieilles qui devaient en avoir soin; au-del, deux jolies
chambres gales destines  deux des historiennes. Sur le retour, on trouvait
un mme appartement  huit niches en alcve pour les huit jeunes garons,
ayant de mme deux chambres auprs pour les deux dugnes que l'on destinait 
les surveiller, et, au-del, deux autres chambres galement pareilles pour les
deux autres historiennes. Huit jolis capucins, au-dessus de ce qu'on vient de
voir, formaient le logement des huit fouteurs, quoique destins  fort peu
coucher dans leur lit. Dans le rez-de-chausse se trouvaient les cuisines avec
six cellules pour les six tres que l'on destinait  ce travail, lesquelles
taient trois fameuses cuisinires. On les avait prfres  des hommes pour
une partie comme celle-l, et je crois qu'on avait eu raison. Elles taient
aides de trois jeunes filles robustes, mais rien de tout cela ne devait
paratre aux plaisirs, rien de tout cela n'y tait destin, et si les rgles
que l'on s'tait imposes sur cela furent enfreintes, c'est que rien ne
contient le libertinage, et que la vraie faon d'tendre et de multiplier ses
dsirs est de vouloir lui imposer des bornes. L'une de ces trois servantes
devait avoir soin du nombreux btail que l'on avait amen, car, except les
quatre vieilles destines au service intrieur, il n'y avait absolument point
d'autre domestique que ces trois cuisinires et leurs aides. Mais la
dpravation, la cruaut, le dgot, l'infamie, toutes ces passions prvues ou
senties avaient bien rig un autre local dont il est urgent de donner une
esquisse, car les lois essentielles  l'intrt de la narration empchent que
nous ne le peignions en entier. Une fatale pierre se levait artistement sous
le marchepied de l'autel du petit temple chrtien que nous avons dsign dans
la galerie; on y trouvait un escalier en vis, trs troit et trs escarp,
lequel, par trois cents marches, descendait aux entrailles de la terre dans
une espce de cachot vot, ferm par trois portes de fer et dans lequel se
trouvait tout ce que l'art le plus cruel et la barbarie la plus raffine
peuvent inventer de plus atroce, tant pour effrayer les sens que pour procder
 des horreurs. Et l, que de tranquillit! Jusqu' quel point ne devait pas
tre rassur le sclrat que le crime y conduisait avec une victime! Il tait
chez lui, il tait hors de France, dans un pays sr, au fond d'une fort
inhabitable, dans un rduit de cette fort que, par les mesures prises, les
seuls oiseaux du ciel pouvaient aborder, et il y tait dans le fond des
entrailles de la terre. Malheur, cent fois malheur  la crature infortune
qui, dans un pareil abandon, se trouvait  la merci d'un sclrat sans loi et
sans religion, que le crime amusait, et qui n'avait plus l d'autre intrt
que ses passions et d'autres mesures  garder que les lois imprieuses de ses
perfides volupts. Je ne sais ce qui s'y passera, mais ce que je puis dire 
prsent sans blesser l'intrt du rcit, c'est que, quand on en fit la
description au duc, il en dchargea trois fois de suite.
     Enfin tout tant prt, tout tant parfaitement dispos, les sujets dj
tablis, le duc, l'vque, Curval, et leurs femmes, suivis des quatre seconds
fouteurs, se mirent en marche (Durcet et sa femme, ainsi que tout le reste,
ayant pris les devants comme on l'a dit) et non sans des peines infinies
arrivrent au chteau le 29 octobre au soir. Durcet, qui tait all au-devant
d'eux, fit couper le pont de la montagne sitt qu'ils furent passs. Mais ce
ne fut pas tout: le duc, ayant examin le local, dcida que, puisque tous les
vivres taient dans l'intrieur et qu'il n'y avait plus aucun besoin de
sortir, il fallait, pour prvenir les attaques extrieures peu redoutes et
les vasions intrieures qui l'taient davantage, il fallait, dis je, faire
murer toutes les portes par lesquelles on pntrait dans l'intrieur, et
s'enfermer absolument dans la place comme dans une citadelle assige, sans
laisser la plus petite issue, soit  l'ennemi, soit au dserteur. L'avis fut
excut; on se barricada  tel point qu'il ne devenait mme plus possible de
reconnatre o avaient t les portes, et on s'tablit dans le dedans, d'aprs
les arrangements qu'on vient de lire. Les deux jours qui restaient encore
jusqu'au premier novembre furent consacrs  reposer les sujets, afin qu'ils
pussent paratre frais ds que les scnes de dbauche allaient commencer, et
les quatre amis travaillrent  un code de lois, qui fut sign des chefs et
promulgu aux sujets sitt qu'on l'et rdig. Avant que d'entrer en matire,
il est essentiel que nous les fassions connatre  notre lecteur, qui, d'aprs
l'exacte description que nous lui avons faite du tout, n'aura plus maintenant
qu' suivre lgrement et voluptueusement le rcit, sans que rien trouble son
intelligence ou vienne embarrasser sa mmoire.
 

                                     (II)
                                        
                                  Rglements

      On se lvera tous les jours  dix heures du matin. A ce moment, les
quatre fouteurs qui n'auront pas t de service pendant la nuit viendront
rendre visite aux amis et amneront chacun avec eux un petit garon; ils
passeront successivement d'une chambre  l'autre. Eux agiront au gr et aux
dsirs des amis, mais dans les commencements les petits garons qu'ils
amneront ne seront que pour la perspective, car il est dcid et arrang que
les huit pucelages des cons des jeunes filles ne seront enlevs que dans le
mois de dcembre, et ceux de leurs culs, ainsi que deux des culs des huit
jeunes garons, ne le seront que dans le cours de janvier, et cela afin de
laisser irriter la volupt par l'accroissement d'un dsir sans cesse enflamm
et jamais satisfait, tat qui doit ncessairement conduire  une certaine
fureur lubrique que les amis travaillent  provoquer comme une des situations
les plus dlicieuses de la lubricit.
     A onze heures, les amis se rendront dans l'appartement des jeunes filles.
C'est l que sera servi le djeuner, consistant en chocolat ou en rties au
vin d'Espagne, ou autres confortatifs restaurants. Ce djeuner sera servi par
les huit filles nues, aides des deux vieilles Marie et Louison, que l'on
affecte au srail des filles, les deux autres devant l'tre  celui des
garons. Si les amis ont envie de commettre des impudicits avec les filles
pendant ce djeuner, avant ou aprs, elles s'y prteront avec la rsignation
qui leur est enjointe et  laquelle elles ne manqueraient pas sans une dure
punition. Mais on convient qu'il ne sera point fait de parties secrtes et
particulires  ce moment-l, et que si l'on veut paillarder un instant, ce
sera entre soi et devant tout ce qui assistera au djeuner. Les filles auront
pour coutume gnrale de se mettre toujours  genoux chaque fois qu'elles
verront ou rencontreront un ami, et elles y resteront jusqu' ce qu'on leur
dise de se relever. Elles seules, les pouses et les vieilles seront soumises
 ces lois. On en dispense tout le reste, mais tout le monde sera tenu 
n'appeler jamais que monseigneur chacun des amis.
     Avant de sortir de la chambre des filles, celui des amis charg de la
tenue du mois (l'intention tant que chaque mois un ami ait le dtail de tout
et que chacun y passe  son tour dans l'ordre suivant, savoir: Durcet pendant
novembre, l'vque pendant dcembre, le prsident pendant janvier et le duc
pendant fvrier), celui donc des amis qui sera de mois, avant de sortir de
l'appartement des filles, les examinera toutes les unes aprs es autres, pour
voir si elles sont dans l'tat o il leur aura t enjoint de se tenir, ce qui
sera signifi chaque matin aux vieilles et rgl sur le besoin que l'on aura
de les tenir en tel ou tel tat. Comme il est svrement dfendu d'aller  la
garde-robe ailleurs que dans la chapelle, qui a t arrange et destine pour
cela, et dfendu d'y aller sans une permission particulire, laquelle est
souvent refuse, et pour cause, l'ami qui sera de mois examinera avec soin,
sitt aprs le djeuner, toutes les garde-robes particulires des filles, et
dans l'un ou l'autre cas de contravention aux deux objets ci-dessus dsigns,
la dlinquante sera condamne  peine afflictive.
     On passera de l dans l'appartement des garons, afin d'y faire les mmes
visites et de condamner galement les dlinquants  peine capitale. Les quatre
petits garons qui n'auront point t le matin chez les amis les recevront
cette fois-l, quand ils viendront dans leur chambre, et ils se dculotteront
devant eux; les quatre autres se tiendront debout sans rien faire et
attendront les ordres qui leur seront donns. Messieurs paillarderont ou non
avec ces quatre qu'ils n'auront point encore vus de la journe, mais ce qu'ils
feront sera en public: point de tte--tte  ces heures-l. A une heure, ceux
ou celles des filles ou des garons, tant grands que petits, qui auront obtenu
la permission d'aller  des besoins presss, c'est--dire aux gros (et cette
permission ne s'accordera jamais que trs difficilement et  un tiers au plus
des sujets), ceux-l, dis je, se rendront  la chapelle o tout a t
artistement dispos pour les volupts analogues  ce genre-l. Ils y
trouveront les quatre amis qui les attendront jusqu' deux heures, et jamais
plus tard, et qui les disposeront, comme ils le jugeront convenable aux
volupts de ce genre qu'ils auront envie de se passer. De deux  trois, on
servira les deux premires tables qui dneront  la mme heure, l'une dans le
grand appartement des filles, l'autre dans celui des petits garons. Ce seront
les trois servantes de la cuisine qui serviront ces deux tables. La premire
sera compose des huit petites filles et des quatre vieilles; la seconde des
quatre pouses, des huit petits garons et des quatre historiennes. Pendant ce
dner, messieurs se rendront dans le salon de compagnie o ils jaseront
ensemble jusqu' trois heures. Peu avant cette heure, les huit fouteurs
paratront dans cette salle le plus ajusts et le plus pars qu'il se pourra.
A trois heures on servira le dner des matres, et les huit fouteurs seront
les seuls qui jouiront de l'honneur d'y tre admis. Ce dner sera servi par
les quatre pouses toutes nues, aides des quatre vieilles vtues en
magiciennes. Ce seront elles qui sortiront les plats des tours o les
servantes les apporteront en dehors et qui les remettront aux pouses qui les
poseront sur la table. Les huit fouteurs, pendant le repas, pourront commettre
sur les corps nus des pouses tous les attouchements qu'ils voudront, sans que
celles-ci puissent ou s'y refuser ou s'en dfendre; ils pourront mme aller
jusqu'aux insultes et s'en faire servir la verge haute, en les apostrophant de
toutes les invectives que bon leur semblera.
     On sortira de table  cinq heures. Alors, les quatre amis seulement (les
fouteurs se retireront jusqu' l'heure de l'assemble gnrale), les quatre
amis, dis-je, passeront dans le salon, o de petits garons et deux petites
filles, qui se varieront tous les jours, leur serviront nus du caf et des
liqueurs. Ce ne sera point encore l le moment o l'on pourra se permettre des
volupts qui puissent nerver; il faudra encore s'en tenir au simple badinage.
Un peu avant six heures, les quatre enfants qui viendront de servir se
retireront pour aller s'habiller promptement. A six heures prcises, messieurs
passeront dans le grand cabinet destin aux narrations et qui a t dpeint
plus haut. Ils se placeront chacun dans leurs niches, et tel sera l'ordre
observ pour le reste: sur le trne dont on a parl sera l'historienne; les
gradins du bas de son trne seront garnis de seize enfants, arrangs de
manire  ce que quatre, c'est--dire deux filles et deux garons, se trouvent
faire face  une des niches; ainsi de suite, chaque niche aura un pareil
quatrain vis--vis d'elle: ce quatrain sera spcialement affect  la niche
devant laquelle il sera, sans que la niche d' ct puisse former des
prtentions sur lui; et ces quatrains seront diversifis tous les jours,
jamais la mme niche n'aura le mme. Chaque enfant du quatrain aura une chane
de fleurs artificielles au bras qui rpondra dans la niche, en sorte que,
lorsque le propritaire de la niche voudra tel ou tel enfant de son quatrain,
il n'aura qu' tirer  lui la guirlande, et l'enfant accourra se jeter vers
lui. Au-dessus du quatrain, sera une vieille attache au quatrain, et aux
ordres du chef de la niche de ce quatrain. Les trois historiennes qui ne
seront point de mois seront assises sur une banquette, au pied du trne, sans
tre affectes  rien, et nanmoins aux ordres de tout le monde. Les quatre
fouteurs qui seront destins  passer la nuit avec les amis pourront
s'abstenir de l'assemble; ils seront dans leurs chambres occups  se
prparer  cette nuit qui demande toujours des exploits. A l'gard des quatre
autres, ils seront chacun aux pieds d'un des amis dans leurs niches, sur le
sofa desquelles sera plac l'ami  ct d'une des pouses  tour de rle.
Cette pouse sera toujours nue; le fouteur sera en gilet et caleon de
taffetas couleur de rose; l'historienne de mois sera vtue en courtisane
lgante ainsi que ses trois compagnes; et les petits garons et les petites
filles des quatrains seront toujours diffremment et lgamment costums, un
quatrain  l'asiatique, un  l'espagnole, un autre  la turque, un quatrime 
la grecque, et le lendemain autre chose, mais tous ces vtements seront de
taffetas et de gaze: jamais le bas du corps ne sera serr par rien et une
pingle dtache suffira pour les mettre nus. A l'gard des vieilles, elles
seront alternativement en soeurs grises, en religieuses, en fes, en
magiciennes et quelquefois en veuves. Les portes des cabinets attenant les
niches seront toujours entrouvertes, et le cabinet, trs chauff par des
poles de communication, garni de tous les meubles ncessaires aux diffrentes
dbauches. Quatre bougies brleront dans chacun de ces cabinets et cinquante
dans le salon. A six heures prcises, l'historienne commencera sa narration,
que les amis pourront interrompre  tous les instants que bon leur semblera.
Cette narration dure jusqu' dix heures du soir et pendant ce temps-l, comme
son objet est d'enflammer l'imagination, toutes les lubricits seront
permises, except nanmoins celles qui porteraient atteinte  l'ordre de
l'arrangement pris pour les dflorations lequel sera toujours exactement
conserv. Mais on fera du reste tout ce qu'on voudra avec son fouteur,
l'pouse, le quatrain et la vieille du quatrain, et mme avec les
historiennes, si la fantaisie en prend, et cela, ou dans sa niche, ou dans le
cabinet qui en dpend. La narration sera suspendue tant que dureront les
plaisirs de celui dont le besoins l'interrompent, et on la reprendra quand il
aura fini.
     A dix heures, on servira le souper. Les pouses, les historiennes et les
huit petites filles iront promptement souper entre elles et  part; jamais les
femmes n'tant admises au souper des hommes, et les amis souperont avec les
quatre fouteurs qui ne seront pas du service de nuit et quatre petits garons.
Les quatre autres serviront, aids des vieilles. En sortant du souper, on
passera dans le salon d'assemble pour la clbration de ce qu'on appelle les
orgies. L, tout le monde se retrouvera, et ceux qui auront soup  part, et
ceux qui auront soup avec les amis, mais toujours except les quatre fouteurs
du service de nuit. Le salon sera singulirement chauff et clair par des
lustres. L, tout sera nu: historiennes, pouses, jeunes filles, jeunes
garons, vieilles, fouteurs, amis, tout sera ple-mle, tout sera vautr sur
des carreaux, par terre, et,  l'exemple des animaux, on changera, on se
mlera, on incestera, on adultrera, on sodomisera et, toujours except les
dflorations, on se livrera  tous les excs et  toutes les dbauches qui
pourront le mieux chauffer les ttes. Quand ces dflorations devront se
faire, tel sera le moment o l'on y procdera, et une fois qu'un enfant sera
dflor, on pourra jouir de lui, quand et de quelle manire que l'on le
voudra. A deux heures prcises du matin, les orgies cesseront. Les quatre
fouteurs destins au service de nuit viendront dans d'lgants dshabills
chercher chacun l'ami avec lequel il devra coucher, lequel amnera avec lui
une des pouses, ou un des sujets dflors, quand ils le seront, ou une
historienne, ou une vieille, pour passer la nuit entre elle et son fouteur, et
le tout  son gr et seulement avec la clause de se soumettre  des
arrangements sages et d'o il puisse rsulter que chacun change toutes les
nuits ou le puisse faire.
     Tel sera l'ordre et l'arrangement de chaque journe. Indpendamment de
cela, chacune des dix-sept semaines que doit durer le sjour au chteau sera
marque par une fte. Ce sera d'abord des mariages: il en sera rendu compte en
temps et lieu. Mais comme les premiers de ces mariages se feront entre les
plus jeunes enfants et qu'ils ne pourront pas les consommer, ils ne
drangeront rien  l'ordre tabli pour les dflorations. Les mariages entre
grands ne se faisant qu'aprs les dflorations, leur consommation ne nuira 
rien puisque, agissant, ils ne jouiront que de ce qui sera dj cueilli.
     Les quatre vieilles rpondront de la conduite des quatre enfants. Quand
ils feront des fautes, elles se plaindront  celui des amis qui sera de mois,
et on procdera en commun aux corrections tous les samedis au soir,  l'heure
des orgies. Il s'en tiendra liste exacte jusque-l. A l'gard des fautes
commises par les historiennes, elles seront punies  moiti de celles des
enfants, parce que leur talent sert et qu'il faut toujours respecter les
talents. Quant  celles des pouses ou des vieilles, elles seront toujours
doubles de celles des enfants. Tout sujet qui fera quelque refus de choses qui
lui seront demandes, mme en tant dans l'impossibilit, sera trs svrement
puni: c'tait  lui de prvoir et de prendre ses prcautions. Le moindre rire,
ou le moindre manque d'attention, ou de respect et de soumission, dans les
parties de dbauche, sera une des fautes les plus graves et les plus
cruellement punies. Tout homme pris en flagrant dlit avec une femme sera puni
de la perte d'un membre, quand il n'aura pas reu l'autorisation de jouir de
cette femme. Le plus petit acte de religion de la part d'un des sujets, quel
qu'il puisse tre, sera puni de mort. Il est expressment enjoint aux amis de
n'employer dans toutes les assembles que les propos les plus lascifs, les
plus dbauchs et les expressions les plus sales, les plus fortes et les plus
blasphmatoires. Le nom de Dieu n'y sera jamais prononc qu'accompagn
d'invectives ou d'imprcations, et on le rptera le plus souvent possible. A
l'gard de leur ton, il sera toujours le plus brutal, le plus dur et le plus
imprieux avec les femmes et les petits garons, mais soumis, putain et
dprav avec les hommes, que les amis, en jouant avec eux le rle de femmes,
doivent regarder comme leurs maris. Celui des messieurs qui manquera  toutes
ces choses, ou qui s'avisera d'avoir une seule lueur de raison et surtout de
passer un seul jour sans se coucher ivre, payera dix mille francs d'amende.
     Quand un ami aura quelque gros besoin, une femme, dans celle des classes
qu'il jugera  propos, sera tenue de l'accompagner pour vaquer aux soins qui
lui seront indiqus pendant cet acte-l. Aucun des sujets soit hommes, soit
femmes, ne pourra remplir de devoirs de propret quels qu'ils puissent tre,
et surtout ceux aprs le gros besoin, sans une permission expresse de l'ami
qui sera de mois, et si elle lui est refuse et qu'il les remplisse malgr
cela, sa punition sera des plus rudes. Les quatre pouses n'auront aucune
sorte de prrogative sur les autres femmes; au contraire, elles seront
toujours traites avec plus de rigueur et d'inhumanit, et elles seront trs
souvent employes aux ouvrages les plus vils et les plus pnibles, tels, par
exemple, que le nettoiement des garde-robes communes et particulires tablies
 la chapelle. Ces garde-robes ne seront vides que tous les huit jours, mais
ce sera toujours par elles, et elles seront rigoureusement punies si elles y
rsistent ou le remplissent mal. 
    Si un sujet quelconque entreprend une vasion pendant la tenue de
l'assemble, il sera  l'instant puni de mort, quel qu'il puisse tre. 
    Les cuisinires et leurs aides seront respectes, et ceux des messieurs
qui enfreindront cette loi payeront mille louis d'amende. Quant  ces amendes,
elles seront toutes spcialement employes, au retour en France,  commencer
les frais d'une nouvelle partie ou dans le genre de celle-ci, ou dans un
autre. 
    Ces soins remplis et rglements promulgus le trente dans la journe, le
duc passa la matine du trente et un  tout vrifier,  faire faire des
rptitions du tout et sur tout  examiner avec soin la place, pour voir si
elle n'tait pas susceptible, ou d'tre assaillie, ou de favoriser quelque
vasion. Ayant reconnu qu'il faudrait tre oiseau ou diable pour en sortir ou
y entrer, il rendit compte  la socit de sa commission, et passa la soire
du trente et un  haranguer les femmes. Elles s'assemblrent toutes par son
ordre dans le salon aux narrations, et, tant mont sur la tribune ou l'espce
de trne destin  l'historienne, voici  peu prs le discours qu'il leur tint:
     "Etres faibles et enchans, uniquement destins  nos plaisirs, vous ne
vous tes pas flatts, j'espre, que cet empire aussi ridicule qu'absolu que
l'on vous laisse dans le monde vous serait accord dans ces lieux. Mille fois
plus soumises que ne le seraient des esclaves, vous ne devez vous attendre
qu' l'humiliation, et l'obissance doit tre la seule vertu dont je vous
conseille de faire usage: c'est la seule qui convienne  l'tat o vous tes.
Ne vous avisez pas surtout de faire aucun fond sur vos charmes. Trop blass
sur de tels piges, vous devez bien imaginer que ce ne serait avec nous que
ces amorces-l pourraient russir. Souvenez-vous sans cesse que nous nous
servirons de vous toutes, mais que pas une seule ne doit se flatter de pouvoir
seulement nous inspirer le sentiment de la piti. Indigns contre les autels
qui ont pu nous arracher quelques grains d'encens, notre fiert et notre
libertinage les brisent ds que l'illusion a satisfait les sens, et le mpris
presque toujours suivi de la haine remplace  l'instant dans nous le prestige
de l'imagination. Qu'offrirez-vous d'ailleurs que nous ne sachions par coeur?
qu'offrirez-vous que nous ne foulions aux pieds, souvent mme  l'instant du
dlire? il est inutile de vous le cacher, votre service sera rude, il sera
pnible et rigoureux, et les moindres fautes seront  l'instant punies de
peines corporelles et afflictives. Je dois donc vous recommander de
l'exactitude, de la soumission et une abngation totale de vous-mme pour
n'couter que nos dsirs: qu'ils fassent vos uniques lois, volez au-devant
d'eux, prvenez-les et faites-les natre. Non pas que vous ayez beaucoup 
gagner  cette conduite, mais seulement parce que vous auriez beaucoup 
perdre en ne l'observant pas. Examinez votre situation, ce que vous tes, ce
que nous sommes, et que ces rflexions vous fassent frmir. Vous voil hors de
France, au fond d'une fort inhabitable, au-del de montagnes escarpes dont
les passages ont t rompus aussitt aprs que vous les avez eu franchis. Vous
tes enfermes dans une citadelle impntrable; qui que ce soit ne vous y
sait; vous tes soustraites  vos amis,  vos parents, vous tes dj mortes
au monde et ce n'est plus que pour nos plaisirs que vous respirez. Et quels
sont les tres  qui vous voil maintenant subordonnes? Des sclrats
profonds et reconnus, qui n'ont de dieu que leur lubricit, de lois que leur
dpravation; de frein que leur dbauche, des rous sans dieu, sans principes,
sans religion, dont le moins criminel est souill de plus d'infamies que vous
ne pourriez les nombrer et aux yeux de qui la vie d'une femme, que dis-je,
d'une femme? de toutes celles qui habitent la surface du globe, est aussi
indiffrente que la destruction d'une mouche. Il sera peu d'excs, sans doute,
o nous ne nous portions: qu'aucun ne vous rpugne, prtez-vous sans
sourciller et opposez  tous la patience, la soumission et le courage. Si
malheureusement quelqu'une d'entre vous succombe  l'intemprie de nos
passions, qu'elle prenne bravement son parti; nous ne sommes pas dans ce monde
pour toujours exister, et ce qui peut arriver de plus heureux  une femme,
c'est de mourir jeune. On vous a lu des rglements fort sages, et trs propres
et  votre sret et  nos plaisirs; coutez-les aveuglment, et attendez-vous
 tout de notre part si vous nous irritez par une mauvaise conduite:
Quelques-unes d'entre vous avez avec nous des liens, je le sais, qui vous
enorgueillissent peut-tre et desquels vous esprez de l'indulgence. Vous
seriez dans une grande erreur si vous y comptiez: nul lien n'est sacr aux
yeux de gens tels que nous, et plus ils vous paratront tels, plus leur
rupture chatouillera la perversit de nos mes. Filles, pouses, c'est donc 
vous que je m'adresse en ce moment, ne vous attendez  aucune prrogative de
notre part; nous vous avertissons que vous serez traites mme avec plus de
rigueur que les autres, et cela prcisment pour vous faire voir combien sont
mprisables  nos yeux les liens dont vous nous croyez peut-tre enchans. Au
reste, ne vous attendez pas que nous vous spcifierons toujours les ordres que
nous voudrons vous faire excuter: un geste, un coup d'oeil, souvent un simple
sentiment interne notre part, vous les signifiera, et vous serez aussi punies
de ne les avoir pas devins et prvenus que si, aprs vous avoir t notifis,
ils eussent prouv une dsobissance de votre part. C'est  vous de dmler
nos mouvements, nos regards, nos gestes, d'en dmler l'expression, et surtout
de ne pas vous tromper  nos dsirs. Car je suppose, par exemple, que ce dsir
ft de voir une partie de votre corps et que vous vinssiez maladroitement 
offrir l'autre: vous sentez  quel point une telle mprise drangerait notre
imagination et tout ce qu'on risque  refroidir la tte d'un libertin qui, je
le suppose, n'attendrait qu'un cul pour sa dcharge et auquel on viendrait
imbcilement prsenter un con. En gnral, offrez-vous toujours trs peu
par-devant; souvenez-vous que cette partie infecte que la nature ne forma
qu'en draisonnant est toujours celle qui nous rpugne le plus. Et
relativement  vos culs mmes y a-t-il encore des prcautions  garder, tant
pour dissimuler, en l'offrant, l'antre odieux qui l'accompagne, que pour
viter de nous faire voir dans de certains moments ce cul dans un certain tat
o d'autres gens dsireraient de le trouver toujours. Vous devez m'entendre,
et vous recevrez d'ailleurs de la part des quatre dugnes des instructions
ultrieures qui achveront de vous expliquer tout. En un mot, frmissez,
devinez, obissez, prvenez, et avec cela, si vous n'tes pas au moins trs
fortunes, peut-tre ne serez-vous pas tout  fait malheureuses. D'ailleurs
point d'intrigues entre vous, nulle liaison, point de cette imbcile amiti de
filles qui, en amollissant d'un ct le coeur, le rend de l'autre et plus
revche et moins dispos  la seule et simple humiliation o nous vous
destinons. Songez que ce n'est point du tout comme des cratures humaines que
nous vous regardons, mais uniquement comme des animaux que l'on nourrit pour
le service qu'on en espre et qu'on crase de coups quand ils se refusent  ce
service. Vous avez vu  quel point on vous dfend tout ce qui peut avoir l'air
d'un acte de religion quelconque; je vous prviens qu'il y aura peu de crimes
plus svrement punis que celui-l. On ne sait que trop qu'il est encore parmi
vous quelques imbciles qui ne peuvent pas prendre sur elles d'abjurer l'ide
de cet infme dieu et d'en abhorrer la religion: celles-l seront
soigneusement examines, je ne vous le cache pas, et il n'y aura point
d'extrmits o l'on ne se porte envers elles, si malheureusement on les prend
sur le fait. Qu'elles se persuadent, ces sottes cratures, qu'elles se
convainquent donc que l'existence de Dieu est une folie qui n'a pas sur toute
la terre vingt sectateurs aujourd'hui, et que la religion qu'il invoque n'est
qu'une fable ridiculement invente par des fourbes dont l'intrt  nous
tromper n'est que trop visible  prsent. En un mot, dcidez vous-mmes: s'il
y avait un dieu, et que ce dieu et de la puissance, permettrait-il que la
vertu qui l'honore et dont vous faites profession ft sacrifie comme elle va
l'tre au vice et au libertinage? Permettrait-il, ce dieu tout-puissant,
qu'une faible crature comme moi, qui ne serait vis--vis de lui que ce qu'est
un ciron aux yeux de l'lphant, permettrait-il, dis-je, que cette faible
crature l'insultt, le bafout, le dfit, le bravt et l'offenst, comme je
fais  plaisir  chaque instant de la journe?"
     Ce petit sermon fait, le duc descendit de chaire et, except les quatre
vieilles et les quatre historiennes qui savaient bien qu'elles taient l
plutt comme sacrificatrices et prtresses que comme victimes, except ces
huit-l, dis-je, tout le reste fondait en larmes, et le duc, s'en embarrassant
fort peu, les laissa conjecturer, jaboter, se plaindre entre elles, bien sr
que les huit espionnes rendraient bon compte de tout, en fut passer la nuit
avec Hercule, l'un de la troupe des fouteurs qui tait devenu son plus intime
favori comme amant, le petit Zphire ayant toujours comme matresse la
premire place dans son coeur. Le lendemain devant retrouver, ds le matin,
les choses sur le pied d'arrangement o elles avaient t mises, chacun
s'arrangea de mme pour la nuit, et ds que dix heures du matin sonnrent, la
scne de libertinage s'ouvrit, pour ne plus se dranger en rien, ni sur rien
de tout ce qui avait t prescrit jusqu'au vingt-huit de fvrier inclus.
     C'est maintenant, ami lecteur, qu'il faut disposer ton coeur et ton
esprit au rcit le plus impur qui ait jamais t fait depuis que le monde
existe, le pareil livre ne se rencontrant ni chez les anciens ni chez les
modernes. Imagine-toi que toute jouissance honnte ou prescrite par cette bte
dont tu parles sans cesse sans la connatre et que tu appelles nature, que ces
jouissances, dis-je, seront expressment exclues de ce recueil et que lorsque
tu les rencontreras par aventure, ce ne sera jamais qu'autant qu'elles seront
accompagnes de quelque crime ou colores de quelque infamie. Sans doute,
beaucoup de tous les carts que tu vas voir peints te dplairont, on le sait,
mais il s'en trouvera quelques-uns qui t'chaufferont au point de te coter du
foutre, et voil tout ce qu'il nous faut. Si nous n'avions pas tout dit, tout
analys, comment voudrais-tu que nous eussions pu deviner ce qui te convient.
C'est  toi  la prendre et  laisser le reste; un autre en fera autant; et
petit  petit tout aura trouv sa place. C'est ici l'histoire d'un magnifique
repas o six cents plats divers s'offrent  ton apptit. Les manges-tu tous?
Non, sans doute, mais ce nombre prodigieux tend les bornes de ton choix, et,
ravi de cette augmentation de facults, tu ne t'avises pas de gronder
l'amphitryon qui te rgale. Fais de mme ici: choisis et laisse le reste, sans
dclamer contre ce reste, uniquement parce qu'il n'a pas le talent de te
plaire. Songe qu'il plaira  d'autres, et sois philosophe. Quant  la
diversit, sois assur qu'elle est exacte; tudie bien celle des passions qui
te parat ressembler sans nulle diffrence  une autre, et tu verras que cette
diffrence existe et, quelque lgre qu'elle soit, qu'elle a seule prcisment
ce raffinement, ce tact, qui distingue et caractrise le genre de libertinage
dont il est ici question. Au reste, on a fondu ces six cents passions dans le
rcit des historiennes: c'est encore une chose dont il faut que le lecteur
soit prvenu. Il aurait t trop monotone de les dtailler autrement et une 
une, sans les faire entrer dans un corps de rcit. Mais comme quelque lecteur,
peu au fait de ces sortes de matires, pourrait peut-tre confondre les
passions dsignes avec l'aventure ou l'vnement simple de la vie de la
conteuse, on a distingu avec soin chacune de ces passions par un trait en
marge, au-dessus duquel est le nom qu'on peut donner  cette passion. Ce trait
est  la ligne juste o commence le rcit de cette passion, et il y a toujours
un alina o elle finit. Mais comme il y a beaucoup de personnages en action
dans cette espce de drame, malgr l'attention qu'on a eu dans cette
introduction de les peindre et de les dsigner tous, on va placer une table
qui contiendra le nom et l'ge de chaque acteur, avec une lgre esquisse de
son portrait. A mesure que l'on rencontrera un nom qui embarrassera dans les
rcits, on pourra recourir  cette table et, plus haut, aux portraits tendus,
si cette lgre esquisse ne suffit pas  rappeler ce qui aura t dit.
 

                                     (III)
                                        
                Personnages du roman de l'Ecole du Libertinage
 
    Le duc de Blangis, cinquante ans, fait comme un satyre, dou d'un membre
monstrueux et d'une force prodigieuse. On peut le regarder comme le rceptacle
de tous les vices et de tous les crimes. Il a tu sa mre, sa soeur et trois
de ses femmes.
     L'vque de ... est son frre; cinquante-cinq ans, plus mince et plus
dlicat que le duc, une vilaine bouche. Il est fourbe, adroit, fidle
sectateur de la sodomie active et passive; il mprise absolument toute autre
espce de plaisir; il a cruellement fait mourir deux enfants pour lesquels un
ami avait laiss une fortune considrable entre ses mains. Il a le genre
nerveux d'une si grande sensibilit qu'il s'vanouit presque en dchargeant.
     Le prsident de Curval, soixante ans. C'est un grand homme sec, mince,
des yeux creux et teints, la bouche malsaine, l'image ambulante de la crapule
et du libertinage, d'une salet affreuse sur lui-mme et y attachant de la
volupt. Il a t circoncis: son rection est rare et difficile: cependant
elle a lieu et il jacule encore presque tous les jours. Son got le porte de
prfrence aux hommes; nanmoins, il ne mprise point une pucelle. Il a pour
singularit dans les gots d'aimer et la vieillesse et tout ce qui lui
ressemble pour la cochonnerie. Il est dou d'un membre presque aussi gros que
celui du duc. Depuis quelques annes, il est comme abruti par la dbauche et
il boit beaucoup. Il ne doit sa fortune qu' des meurtres et est nommment
coupable d'un qui est affreux et qu'on peut voir dans le dtail de son
portrait. Il prouve en dchargeant une sorte de colre lubrique qui le porte
aux cruauts.
     Durcet, financier, cinquante-trois ans, grand ami et camarade d'cole du
duc. Il est petit, court et trapu, mais son corps est frais, beau et blanc. Il
est taill comme une femme et en a tous les gots; priv par la petitesse de
sa consistance de leur donner du plaisir, il l'a imit, et se fait foutre 
tout instant du jour. Il aime assez la jouissance de la bouche; c'est la seule
qui puisse lui donner des plaisirs comme agent. Ses seuls dieux sont ses
plaisirs, et il est toujours prt  leur tout sacrifier. Il est fin, adroit et
il a commis beaucoup de crimes. Il a empoisonn sa mre, sa femme et sa nice
pour arranger sa fortune. Son me est ferme et stoque, absolument insensible
 la piti. Il ne bande plus et ses jaculations sont fort rares. Ses instants
de crise sont prcds d'une sorte de spasme qui le jette dans une colre
lubrique, dangereuse pour ceux ou celles qui servent ces passions.
     Constance est femme du duc et fille de Durcet. Elle a vingt-deux ans;
c'est une beaut romaine, plus de majest que de finesse, de l'embonpoint,
quoique bien faite, un corps superbe, le cul singulirement coup et pouvant
servir de modle, les cheveux et les yeux trs noirs. Elle a de l'esprit et ne
sent que trop toute l'horreur de son sort. Un grand fonds de vertu naturelle
que rien n'a pu dtruire.
     Adlade, femme de Durcet et fille du prsident. C'est une jolie poupe,
elle a vingt ans; elle est blonde, les yeux trs tendres et d'un joli bleu
anim; elle a toute la tournure d'une hrone de roman. Le col long et bien
dtach, la bouche un peu grande, c'est son seul dfaut. Une petite gorge et
un petit cul, mais tout cela, quoique dlicat, est blanc et moul. L'esprit
romanesque, le coeur tendre, excessivement vertueuse et dvote, et se cache
pour remplir ses devoirs de chrtienne.
     Julie, femme du prsident et fille ane du duc. Elle a vingt-quatre ans,
grasse, potele, de beaux yeux bruns, un joli nez, des traits marqus et
agrables, mais une bouche affreuse. Elle a peu de vertu et mme de grandes
dispositions  la malpropret,  l'ivrognerie,  la gourmandise et au
putanisme. Son mari l'aime  cause du dfaut de sa bouche: cette singularit
entre dans les gots du prsident. On ne lui a jamais donn ni principes ni
religion.
     Aline, sa soeur cadette, crue fille du duc, quoique rellement elle soit
fille de l'vque et d'une des femmes du duc. Elle a dix-huit ans, une
physionomie trs piquante et trs agrable, beaucoup de fracheur, les yeux
bruns, le nez retrouss, l'air mutin, quoique foncirement indolente et
paresseuse. Elle n'a point l'air d'avoir encore du temprament et dteste trs
sincrement toutes les infamies dont on la rend victime. L'vque l'a
dpucele par-derrire  dix ans. On l'a laisse dans une ignorance crasse,
elle ne sait ni lire ni crire, elle dteste l'vque et craint fort le duc.
Elle aime beaucoup sa soeur, elle est sobre et propre, rpond drlement et
avec enfantillage; son cul est charmant.
     La Duclos, premire historienne. Elle a quarante-huit ans, grand reste de
beaut, beaucoup de fracheur. le plus beau cul qu'on puisse avoir. Brune,
taille pleine, trs en chair.
     La Champville a cinquante ans. Elle est mince, bien faite et les yeux
lubriques; elle est tribade, et tout l'annonce dans elle. Son mtier actuel
est le maquerellage. Elle a t blonde, elle a de jolis yeux, le clitoris long
et chatouilleux, un cul fort us  force de service, et nanmoins elle est
pucelle par l.
     La Martaine a cinquante-deux ans. Elle est maquerelle; c'est une grosse
maman frache et saine; elle est barre et n'a jamais connu que le plaisir de
Sodome, pour lequel elle semble avoir t spcialement cre, car elle a,
malgr son ge, le plus beau cul possible: il est fort gros et si accoutum
aux introductions qu'elle soutient les plus gros engins sans sourciller. Elle
a encore de jolis traits, mais qui pourtant commencent  se faner.
     La Desgranges a cinquante-six ans. C'est la plus grande sclrate qui ait
jamais exist. Elle est grande, mince, ple, elle a t brune; c'est l'image
du crime personnifi. Son cul fltri ressemble  du papier marbr et l'orifice
en est immense. Elle a un tton, trois doigts et six dents de moins: fructus
belli. Il n'existe pas un seul crime qu'elle n'ait fait ou fait faire. Elle a
le jargon agrable, de l'esprit, et est actuellement une des maquerelles en
titre de la socit.
     Marie, la premire des dugnes, a cinquante-huit ans. Elle est fouette
et marque; elle a t servante de voleurs. Les yeux ternes et chassieux, le
nez de travers, les dents jaunes, une fesse ronge par un abcs. Elle a fait
et tu quatorze enfants.
     Louison, la seconde dugne, a soixante ans. Elle est petite, bossue,
borgne et boiteuse, et elle a pourtant encore un fort joli cul. Elle est
toujours prte aux crimes et elle est extrmement mchante. Ces deux premires
sont annexes aux filles et les deux suivantes aux garons.
     Thrse a soixante-deux ans, l'air d'un squelette, ni cheveux, ni dents,
une bouche puante, le cul cribl de blessures, le trou large  l'excs. Elle
est d'une salet et d'une puanteur atroces; elle a un bras tordu et elle boite.
     Fanchon, ge de soixante-neuf ans, a t pendue six fois en effigie et a
commis tous les crimes imaginables. Elle est louche, camuse, courte, grosse,
point de front, plus que deux dents. Un rsiple lui couvre le cul, un paquet
d'hmorrodes lui sort du trou, un chancre lui dvore le vagin, elle a une
cuisse brle et un cancer qui ronge le sein. Elle est toujours saoule et
vomit, pte et chie partout et  tout instant sans s'en apercevoir.
 

                           Srail des jeunes filles.

 
    Augustine, fille d'un baron de Languedoc, quinze ans, minois fin et
veill.
     Fanny, fille d'un conseiller de Bretagne, quatorze ans, l'air doux et
tendre.
     Zelmire, fille du comte de Torville, seigneur de Beauce, quinze ans,
l'air noble et l'me trs sensible.
     Sophie, fille d'un gentilhomme de Berry, des traits charmants, quatorze
ans. 
    Colombe, fille d'un conseiller au Parlement de Paris, treize ans, grande
fracheur.
     Hb, fille d'un officier d'Orlans, l'air trs libertin et les yeux
charmants: elle a douze ans.
     Rosette et Michette, toutes les deux l'air de belles vierges. L'une a
treize ans et est fille d'un magistrat de Chlon-sur-Sane; l'autre en a douze
et est fille du marquis de Snanges: elle a t enleve en Bourbonnais chez
son pre.
     Leur taille, le reste de leurs attraits et principalement leur cul est
au-dessus de toute expression. Elles sont choisies sur cent trente.
 

                           Srail des jeunes garons

 
    Zlamir, treize ans, fils d'un gentilhomme de Poitou.
     Cupidon, mme ge, fils d'un gentilhomme d'auprs de La Flche.
     Narcisse, douze ans, fils d'un homme en place de Rouen, chevalier de
Malte.
     Zphire, quinze ans, fils d'un officier gnral de Paris; il est destin
au duc.
     Cladon, fils d'un magistrat de Nancy; il a quatorze ans.
     Adonis, fils d'un prsident de grand-chambre de Paris, destin  Curval.
     Hyacinthe, quatorze ans, fils d'un officier retir en Champagne.
     Giton, page du roi, douze ans, fils d'un gentilhomme du Nivernais.
     Nulle plume n'est en tat de peindre les grces, les traits et les
charmes secrets de ces huit enfants, au-dessus de tout ce qu'il est possible
de dire, et choisis, comme on le sait sur un trs grand nombre.
 

                                Huit fouteurs.

 
    Hercule, vingt-six ans, assez joli, mais trs mauvais sujet; favori du
duc; son vit a huit pouces deux lignes de tour sur seize de long; dcharge
beaucoup.
     Antinos a trente ans, trs bel homme; son vit a huit pouces de tour sur
douze de long.
     Brise-cul, vingt-huit ans, l'air d un satyre, son vit est tortu; la tte
ou le gland en est norme: il a huit pouces trois lignes de tour, et le corps
du vit huit pouces sur seize de long; ce vit majestueux est absolument cambr.
     Bande-au-ciel a vingt-cinq ans, il est fort laid, mais sain et vigoureux;
grand favori de Curval, il est toujours en l'air, et son vit a sept pouces
onze lignes de tour sur onze de long.
     Les quatre autres, de neuf  dix et onze pouces de long sur sept et demi
et sept pouces neuf lignes de tour et ils ont de vingt-cinq  trente ans.
 

                            Fin de l'introduction.
                                        
                                       
                                       
  
              Omissions que j'ai faites dans cette introduction:

 1    Il faut dire qu'Hercule et Bande-au-ciel sont, l'un trs mauvais sujet
et l'autre fort laid, et qu'aucun des huit n'a jamais pu jouir ni d'homme ni
de femme.
 2    Que la chapelle sert de garde-robe, et la dtailler d'aprs cet usage.
 3    Que les maquerelles et les maquereaux, dans leur expdition, avaient
avec eux des coupe-jarrets  leurs ordres. 
4    Dtaillez un peu les gorges des servantes et parlez du cancer de Fanchon.
Peignez aussi un peu davantage les figures des seize enfants.   



                                     (IV)
                                        
                                PREMIERE PARTIE

 
    Les cent cinquante passions simples, ou de premire classe, composant les
trente journes de novembre remplies par la narration de la Duclos, auxquelles
sont entremls les vnements scandaleux du chteau, en forme de journal,
pendant ce mois-l.
 

                                      (V)
                                        
                               Premire journe

     On se leva le premier de novembre  dix heures du matin, ainsi qu'il
tait prescrit par les rglements, dont on s'tait mutuellement jur de ne
s'carter en rien. Les quatre fouteurs qui n'avaient point partag la couche
des amis leur amenrent  leur lever Zphire chez le duc, Adonis chez Curval,
Narcisse chez Durcet, et Zlamir chez l'vque. Tous quatre taient bien
timides, encore bien emprunts, mais, encourags par leur guide, ils
remplirent fort bien leur devoir, et le duc dchargea. Les trois autres, plus
rservs et moins prodigues de leur foutre, en firent pntrer autant que lui,
mais sans y rien mettre du leur. On passa  onze heures dans l'appartement des
femmes, o les huit jeunes sultanes parurent nues et servirent le chocolat
ainsi. Marie et Louison, qui prsidaient  ce srail, les aidaient et les
dirigeaient. On mania, on baisa beaucoup, et les huit pauvres petites
malheureuses, victimes de la plus insigne lubricit, rougissaient, se
cachaient avec leurs mains, essayaient de dfendre leurs charmes, et
montraient aussitt tout, ds qu'elles voyaient que leurs pudeurs irritaient
et fchaient leurs matres. Le duc, qui rebanda fort vite, mesura le pourtour
de son engin  la taille mince et lgre de Michette, et il n'y eut que trois
pouces de diffrence. Durcet, qui tait de mois, fit les examens et les
visites prescrites. Hb et Colombe se trouvrent en faute, et leur punition
fut prescrite et assigne sur-le-champ pour le samedi prochain  l'heure des
orgies. Elles pleurrent, mais n'attendrirent pas. On passa de l chez les
garons. Les quatre qui n'avaient point paru le matin, savoir Cupidon,
Cladon, Hyacinthe et Giton, se dculottrent suivant l'ordre, et on s'amusa
un instant du coup d'oeil. Curval les baisa tous les quatre sur la bouche et
l'vque leur branla le vit un moment, pendant que le duc et Durcet faisaient
autre chose. Les visites se firent, personne n'tait en faute. A une heure,
les amis se transportrent  la chapelle, o l'on sait qu'tait tabli le
cabinet des garde-robes. Les besoins que l'on prvoyait avoir le soir ayant
fait refuser beaucoup de permissions il ne parut que Constance, la Duclos,
Augustine, Sophie, Zlamir, Cupidon et Louison. Tout le reste avait demand,
et on leur avait enjoint de se rserver pour le soir. Nos quatre amis, posts
autour du mme sige consacr  ce dessein, firent placer sur ce sige ces
sept sujets l'un aprs l'autre et se retirrent aprs s'tre rassasis du
spectacle. Ils descendirent au salon o, pendant que les femmes dnaient, ils
jasrent entre eux jusqu'au moment o on les servit. Les quatre amis se
placrent chacun entre deux fouteurs, suivant la rgle qu'ils s'taient
impose de n'admettre jamais de femmes  leur table, et les quatre pouses
nues, aides de vieilles vtues en soeurs grises, servirent le plus magnifique
repas et le plus succulent qu'il ft possible de faire. Rien de plus dlicat
et de plus habile que les cuisinires qu'ils avaient emmenes, et elles
taient si bien payes et si bien fournies que tout ne pouvait aller qu'
merveille. Ce repas devant tre moins fort que le souper, on se contenta de
quatre services superbes, chacun compos de douze plats. Le vin de Bourgogne
parut avec les hors-d'oeuvre, on servit le bordeaux aux entres, le champagne
aux rtis, l'hermitage  l'entremets, le tokay et le madre au dessert. Peu 
peu les ttes s'chauffrent. Les fouteurs, auxquels on avait en ce moment-l
accord tous les droits sur les pouses, les maltraitrent un peu. Constance
fut mme un peu pousse, un peu battue, pour n'avoir pas apport sur-le-champ
une assiette  Hercule, lequel, se voyant trs avant dans les bonnes grces du
duc, crut pouvoir pousser l'insolence au point de battre et molester sa femme,
dont celui-ci ne fit que rire. Curval, trs gris au dessert, jeta une assiette
au visage de sa femme, qui lui aurait fendu la tte si celle-ci ne l'et
esquiche. Durcet, voyant un de ses voisins bander, ne fit pas d'autre
crmonie, quoique  table, que de dboutonner sa culotte et de prsenter son
cul. Le voisin l'enfila et, l'opration faite, on se remit  boire comme si de
rien n'tait. Le duc imita bientt avec Bande-au-ciel la petite infamie de son
ancien ami et il paria, quoique le vit ft norme, d'avaler trois bouteilles
de vin de sens froid pendant qu'on l'enculerait. Quelle habitude, quel calme,
quel sens froid dans le libertinage! Il gagna sa gageure, et comme il ne les
buvait pas  jeun, que ces trois bouteilles tombaient sur plus de quinze
autres, il se releva de l un peu tourdi. Le premier objet qui se prsenta 
lui fut sa femme, pleurant des mauvais traitements d'Hercule, et cette vue
l'anima  tel point qu'il se porta sur-le-champ  des excs avec elle qu'il
nous est encore impossible de dire. Le lecteur, qui voit comme nous sommes
gns dans ces commencements-ci pour mettre de l'ordre dans nos matires nous
pardonnera de lui laisser encore bien des petits dtails sous le voile. Enfin
on passa dans le salon, o de nouveaux plaisirs et de nouvelles volupts
attendaient nos champions. L, le caf et les liqueurs leur furent prsents
par un quadrille charmant: il tait compos en beaux jeunes garons d'Adonis
et d'Hyacinthe, et en filles de Zelmire et Fanny. Thrse, une des dugnes,
les dirigeait, car il tait de rgle que partout o deux ou mois enfants se
trouvaient runis, une dugne devait les conduire. Nos quatre libertins, 
moiti ivres, mais rsolus pourtant d'observer leurs lois, se contentrent de
baisers, d'attouchements, mais que leur tte libertine sut assaisonner de tous
les raffinements de la dbauche et de la lubricit. On crut un moment que
l'vque allait perdre du foutre  des choses trs extraordinaires qu'il
exigeait de Hyacinthe, pendant que Zelmire le branlait. Dj ses nerfs
tressaillaient et sa crise de spasme s'emparait de tout son physique, mais il
se contint, rejeta loin de lui les objets tentateur prts  triompher de ses
sens et, sachant qu'il y avait encore de la besogne  faire, se rserva au
moins pour la fin de la journe. 0n but de six diffrentes sortes de liqueurs
et de trois espces de cafs, et l'heure sonnant enfin, les deux couples se
retirrent pour aller s'habiller. Nos amis firent un quart de mridienne, et
on passa dans le salon du trne. Tel tait le nom donn  l'appartement
destin aux narrations. Les amis se placrent sur leurs canaps, le duc ayant
 ses pieds son cher Hercule, auprs de lui nue, Adlade, femme de Durcet et
fille du prsident, et pour quadrille en face de lui, rpondant  sa niche par
des guirlandes, ainsi qu'il a t expliqu, Zphyr, Giton, Augustine et Sophie
dans un costume de bergerie, prsids par Louison en vieille paysanne jouant
lc rle de leur mre. Curval avait  ses pieds Bande-au-ciel, sur son canap
Constance, femme du duc et fille de Durcet, et pour quadrille quatre jeunes
Espagnols, chaque sexe vtu dans son costume et le plus lgamment possible,
savoir: Adonis, Cladon, Fanny et Zelmire, prsids par Fanchon en dugne.
L'vque avait  ses pieds Antinos, sa nice Julie sur son canap et quatre
sauvages presque nus pour quadrille: c'taient, en garons, Cupidon et
Narcisse, et, en filles, Hb et Rosette, prsids par une vieille amazone
joue par Thrse. Durcet avait Brise-cul pour fouteur, prs de lui Aline,
fille de l'vque, et en face quatre petites sultanes, ici les garons tant
habills comme les filles et cet ajustement relevant au dernier degr les
figures enchanteresses de Zlamir, Hyacinthe, Colombe et Michette. Une vieille
esclave arabe, reprsente par Marie, conduisait ce quadrille. Les trois
historiennes, magnifiquement vtues  la manire des filles du bon ton de
Paris, s'assirent au bas du trne, sur un banc plac l  dessein, et Mme
Duclos, narratrice du mois, en dshabill trs lger et trs lgant, beaucoup
de rouge et de diamants, s'tant place sur son estrade, commena ainsi
l'histoire des vnements de sa vie, dans laquelle elle devait faire entrer
dans le dtail les cent cinquante premires passions, dsignes sous le nom de
passions simples: 

    "Ce n'est pas une petite affaire, messieurs, que de s'noncer devant un
cercle comme le vtre. Accoutums  tout ce que les lettres produisent de plus
fin et de plus dlicat, comment pourrez-vous supporter le rcit informe et
grossier d'une malheureuse crature comme moi, qui n'ai jamais reu d'autre
ducation que celle que le libertinage m'a donne. Mais votre indulgence me
rassure; vous n'exigez que du naturel et de la vrit, et  ce titre sans
doute j'oserai prtendre  vos loges. Ma mre avait vingt-cinq ans quand elle
me mit au monde, et j'tais son second enfant; le premier tait une fille plus
ge que moi de six ans. Sa naissance n'tait pas illustre. Elle tait
orpheline de pre et de mre; elle l'avait t fort jeune, et comme ses
parents demeuraient auprs des Rcollets,  Paris, quand elle se vit
abandonne et sans aucune ressource, elle obtint de ces bons Pres la
permission de venir demander l'aumne dans leur glise. Mais, comme elle avait
un peu de jeunesse et de fracheur, elle leur donna bientt dans la vue et,
petit  petit, de l'glise elle monta dans les chambres, dont elle descendit
bientt grosse. C'tait  de pareilles aventures que ma soeur devait le jour,
et il est plus que vraisemblable que ma naissance n'a pas d'autre origine.
Cependant les bons Pres, contents de la docilit de ma mre et voyant combien
elle fructifiait pour la communaut, la rcompensrent de ses travaux en lui
accordant le loyer des chaises de leur glise; poste que ma mre n'eut pas
plus tt que, par la permission de ses suprieurs, elle pousa un porteur
d'eau de la maison qui nous adopta sur-le-champ, ma soeur et moi, sans la plus
lgre rpugnance. Ne dans l'glise, j'habitais pour ainsi dire bien plutt
plus l'glise que notre maison. J'aidais ma mre  arranger les chaises, je
secondais les sacristains dans leurs diffrentes oprations, j'aurais servi la
messe s'il l'et fallu, en cas de besoin, quoique je n'eusse encore atteint
que ma cinquime anne. Un jour que je revenais de mes saintes occupations, ma
soeur me demanda si je n'avais pas encore rencontr le Pre Laurent. "Non, lui
dis-je. -Eh bien, me dit-elle, il te guette, je le sais; il veut te faire voir
ce qu'il m'a montr. Ne te sauve pas, regarde-le bien sans t'effrayer; il ne
te touchera pas, mais il te fera voir quelque chose de bien drle, et si tu te
laisses faire, il te rcompensera bien. Nous sommes plus de quinze, ici dans
les environs,  qui il en a fait voir autant. C'est tout son plaisir et il
nous a donn  toutes quelque prsent." Vous imaginez bien, messieurs, qu'il
n'en fallut pas davantage non seulement pour ne pas fuir le Pre Laurent, mais
mme pour le rechercher. La pudeur parle bien bas  l'ge que j'avais, et son
silence, au sortir des mains de la nature, n'est-il pas une preuve certaine
que ce sentiment factice tient bien moins  cette premire mre qu'
l'ducation Je volai sur-le-champ  l'glise et, comme je traversais une
petite cour qui se trouvait entre l'entre de l'glise du ct du couvent et
le couvent, je rencontrai nez  nez le Pre Laurent. C'tait un religieux
d'environ quarante ans, d'une trs belle physionomie. Il m'arrte: "O vas-tu,
Franon? me dit-il. - Arranger des chaises, mon Pre. -Bon, bon, ta mre les
arrangera. Viens, viens dans ce cabinet, me dit-il en m'attirant dans un
rduit qui se trouvait l, je te ferai voir quelque chose que tu n'a jamais
vu." Je le suis, il ferme la porte sur nous, et m'ayant poste bien en face de
lui: "Tiens, Franon me dit-il, en sortant un vit monstrueux de sa culotte,
dont je pensai tomber  la renverse d'effroi, tiens, mon enfant, continuait-il
en se branlant, as-tu jamais rien vu de pareil  cela... C'est ce qu'on
appelle un vit, ma petite, oui, un vit... Cela sert  foutre, et ce que tu vas
voir, qui va couler tout  l'heure, c'est la semence avec quoi tu es faite. Je
l'ai fait voir  ta soeur, je le fais voir  toutes les petites filles de ton
ge; amne-m'en, amne-m'en, fais comme ta soeur qui m'en a fait connatre
plus de vingt... Je leur montrerai mon vit et je leur ferai sauter le foutre 
la figure... C'est ma passion, mon enfant, je n'en ai point d'autre... et tu
vas le voir. Et en mme temps je me sentis toute couverte d'une rose blanche
qui me tacha toute et dont quelques gouttes avaient saut jusque dans mes yeux
parce que ma petite tte se trouvait  la hauteur juste des boutons de sa
culotte. Cependant Laurent gesticulait. "Ah! le beau foutre... le beau foutre
que je perds, s'criait-il; comme t'en voil couverte! Et se calmant peu 
peu, il remit tranquillement son outil  sa place et dcampa en me glissant
douze sols dans la main et me recommandant de lui amener de mes petites
camarades. Je n'eus rien de plus press, comme vous l'imaginez aisment, que
d'aller tout conter  ma soeur, qui m'essuya partout avec le plus grand soin
pour que rien ne part et qui, pour m'avoir procur cette petite bonne
fortune, ne manqua pas de me demander la moiti de mon gain. Cet exemple
m'ayant instruite, je ne manquai pas, dans l'espoir d'un pareil partage, de
chercher le plus de petites filles que je pus au Pre Laurent. Mais lui en
ayant amen une qu'il connaissait dj, il la refusa, et me donnant trois sols
pour m'encourager: "Je ne les vois jamais deux fois. mon enfant, me dit-il,
amne-m'en que je ne connaisse pas et jamais de celles qui te diront avoir
dj eu affaire  moi." Je m'y pris mieux: en trois mois, je fis connatre
plus de vingt filles nouvelles au Pre Laurent, avec lesquelles il employa,
pour son plaisir, absolument les mmes procds que ceux qu'il avait eus avec
moi. Avec la clause de les lui choisir inconnues, j'observai encore celle
qu'il m'avait infiniment recommande, relativement  l'ge: il ne fallait pas
que cela ft au-dessous de quatre ans, ni au-dessus de sept. Et ma petite
fortune allait le mieux du monde, lorsque ma soeur, s'apercevant que j'allais
sur ses brises, me menaa de tout dire  ma mre si je ne cessais ce joli
commerce, et je laissai l le Pre Laurent. 
    "Cependant, mes fonctions me conduisant toujours dans les environs du
couvent, le mme jour o je venais d'atteindre ma septime anne, je fis
rencontre d'un nouvel amant dont la manie, quoique bien enfantine, devenait
pourtant un peu plus srieuse. Celui-ci s'appelait le Pre Louis; il tait
plus vieux que Laurent et avait dans le maintien je ne sais quoi de bien plus
libertin. Il me raccrocha  la porte de l'glise comme j'y entrais et
m'engagea  monter dans sa chambre. D'abord je fis quelques difficults, mais
m'ayant assur que ma soeur, il y avait trois ans, y tait bien monte aussi
et que, tous les jours, il y recevait des petites filles de mon ge, je le
suivis. A peine fmes-nous dans sa cellule qu'il la referma exactement, et
versant du sirop dans un gobelet, il m'en fit avaler tout de suite trois
grands verres  la fois. Ce prparatif excut, le rvrend, plus caressant
que son confrre, se mit  me baiser, et tout en badinant, il dlia mon jupon
et, relevant ma chemise sous mon corset, malgr mes petites dfenses, il
s'empara de toutes les parties de devant qu'il venait de mettre  dcouvert,
et aprs les avoir bien manies et considres, il me demanda si je n'avais
pas envie de pisser. Singulirement excite  ce besoin par la forte dose de
boisson qu'il venait de me faire avaler, je l'assurai que ce besoin tait en
moi aussi considrable qu'il pouvait l'tre, mais que je ne voulais pas faire
a devant lui. "Oh! parbleu si, petite friponne, ajouta le paillard, oh!
parbleu si, vous le ferez devant moi, et qui pis est, sur moi. Tenez, me
dit-il, en me sortant son vit de sa culotte, voil l'outil que vous allez
inonder; il faut pisser l-dessus." Alors me prenant et me posant sur deux
chaises, une jambe sur l'une, une jambe sur l'autre, il m'carte le plus qu'il
put, puis me dit de m'accroupir. Me tenant en cette attitude, il plaa un vase
sous moi, s'tablit sur un petit tabouret  hauteur du vase, son engin  la
main, bien positivement sous mon con. Une de ses mains soutenait mes hanches,
de l'autre il se branlait, et ma bouche, par l'attitude, se trouvant parallle
 la sienne, il la baisait. "Allons, ma petite, pisse, me dit-il,  prsent
inonde mon vit de cette liqueur enchanteresse dont l'coulement chaud a tant
d'empire sur mes sens. Pisse, mon coeur, pisse et tche d'inonder mon foutre."
Louis s'animait, il s'excitait, il tait facile de voir que cette opration
singulire tait celle qui flattait le mieux tous ses sens. La plus douce
extase vint le couronner au moment mme o les eaux dont il m'avait gonfl
l'estomac s'coulaient avec le plus d'abondance, et nous remplmes tous deux 
la fois le mme vase, lui de foutre et moi d'urine. L'opration finie, Louis
me tint  peu prs le mme discours que Laurent; il voulut faire une
maquerelle de sa petite putain, et pour cette fois, m'embarrassant fort peu
des menaces de ma soeur, je procurai hardiment  Louis tout ce que je
connaissais d'enfants. Il fit faire la mme chose  toutes, et comme il les
revoyait fort bien deux ou trois fois sans rpugnance et qu'il me payait
toujours  part, indpendamment de ce que je retirais de mes petites
camarades, avant six mois je me vis une petite somme dont je jouis tout  mon
aise avec la seule prcaution de me cacher de ma soeur." 

    "Duclos, interrompit ici le prsident, ne vous a-t-on pas prvenue qu'il
faut  vos rcits les dtails les plus grands et les plus tendus, que nous ne
pouvons juger ce que la passion que vous contez a de relative aux moeurs et au
caractre de l'homme, qu'autant que vous ne dguisez aucune circonstance? que
les moindres circonstances servent d'ailleurs infiniment  ce que nous
attendons de vos rcits pour l'irritation de nos sens? -Oui, monseigneur, dit
la Duclos, j'ai t prvenue de ne ngliger aucun dtail et d'entrer dans les
moindres minuties toutes les fois qu'elles servaient  jeter du jour sur les
caractres ou sur le genre. Ai-je commis quelque omission dans ce got-l?
-Oui, dit le prsident, je n'ai nulle ide du vit de votre second rcollet, et
nulle ide de sa dcharge. D'ailleurs, vous branla-t-il le con et y fit-il
toucher son vit? Vous voyez, que de dtails ngligs! -Pardon, dit la Duclos,
je vais rparer mes fautes actuelles et m'observer sur l'avenir. Le Pre Louis
avait un membre trs ordinaire, plus long que gros et en gnral d'une
tournure trs commune. Je me souviens mme qu'il bandait assez mal et qu'il ne
prit un peu de consistance qu' l'instant de la crise. Il ne me branla point
le con, il se contenta de l'largir le plus qu'il put avec ses doigts pour que
l'urine coult mieux. Il en approcha son vit trs prs deux ou trois fois et
sa dcharge fut serre, courte, et sans autres propos gars de sa part que:
"Ah! foutre, pisse donc, mon enfant, pisse donc; la belle fontaine, pisse
donc, pisse donc, ne vois-tu pas que je dcharge?" Et il entremlait tout cela
de baisers sur ma bouche qui n'avaient rien de trop libertin. -C'est cela,
Duclos, dit Durcet, le Prsident avait raison; je ne pouvais me rien figurer
au premier rcit, et je conois votre homme  prsent. -Un moment, Duclos, dit
l'vque, en voyant qu'elle allait reprendre, j'ai pour mon compte un besoin
un peu plus vif que celui de pisser; a me tient depuis tantt et je sens
qu'il faut que a parte." Et en mme temps, il attira  lui Narcisse. Le feu
sortait des yeux du prlat, son vit tait coll contre son ventre, il cumait,
c'tait un foutre contenu qui voulait absolument s'chapper et qui ne le
pouvait que par des moyens violents. Il entrana sa nice et le petit garon
dans le cabinet. Tout s'arrta: une dcharge tait regarde comme quelque
chose de trop important pour que tout ne se suspendt pas, au moment o l'on y
voulait procder, et que tout ne concourt pas  la faire dlicieusement. Mais
la nature, cette fois-ci, ne rpondit pas aux voeux du prlat, et quelques
minutes aprs qu'il se fut enferm dans le cabinet, il en sortit furieux, dans
le mme tat d'rection, et s'adressant  Durcet, qui tait de mois: "Tu me
camperas ce petit drle-l en punition pour samedi, lui dit-il, en rejetant
violemment l'enfant loin de lui, et qu'elle soit svre, je t'en prie." On vit
bien alors que le jeune garon, sans doute, n'avait pas pu le satisfaire, et
Julie fut conter le fait tout bas  son pre. 
    "Eh, parbleu, prends-en un autre, lui dit le duc, choisis dans nos
quadrilles, si le tien ne te satisfait pas. -Oh! ma satisfaction pour le
moment serait trs loigne de ce que je dsirais tout  l'heure, dit le
prlat. Vous savez o nous conduit un dsir tromp. J'aime mieux me contenir,
mais qu'on ne mnage pas ce petit drle-l, continua-t-il, voil tout ce que
je recommande. -Oh! je te rponds qu'il sera tanc, dit Durcet. Il est bon que
le premier pris donne l'exemple aux autres. Je suis fch de te voir dans cet
tat-l; essaye autre chose, fais-toi foutre. -Monseigneur, dit la Martaine,
je me sens trs en disposition de vous satisfaire, et si votre Grandeur
voulait... -Eh! non, non, parbleu, dit l'vque; ne savez-vous donc pas qu'il
y a tout plein d'occasions o l'on ne veut pas d'un cul de femme? J'attendrai,
j'attendrai... Que Duclos continue; a partira ce soir; il faudra bien que
j'en trouve un comme je le veux. Continue, Duclos." Et les amis ayant ri de
bon coeur de la franchise libertine de l'vque ("il y a tout plein
d'occasions o l'on ne veut pas d'un cul de femme"), l'historienne reprit son
rcit en ces termes: 

    "Je venais d'atteindre ma septime anne, lorsqu'un jour que, suivant ma
coutume, j'avais amen  Louis une de mes petites camarades, je trouvai chez
lui un autre religieux de ses confrres. Comme cela n'tait jamais arriv, je
fus surprise et je voulus me retirer mais Louis m'ayant rassure, nous
entrmes hardiment, ma petite compagne et moi. "Tiens, Pre Geoffroi, dit
Louis  son ami, en me poussant vers lui, ne t'ai-je pas dit qu'elle tait
gentille? Oui, en vrit, dit Geoffroi en me prenant sur ses genoux et me
baisant. Quel ge avez-vous, ma petite? Sept ans, mon Pre. C'est--dire
cinquante de moins que moi dit le bon Pre en me baisant de nouveau. Et
pendant ce petit monologue le sirop se prparait, et, suivant l'usage, on nous
en fit avaler trois grands verres  chacune. Mais comme je n'avais pas coutume
d'en boire quand j'amenais du gibier  Louis, parce qu'il n'en donnait qu'
celle que je lui amenais, que je ne restais communment pas et que je me
retirais tout de suite, je fus tonne de la prcaution, cette fois, et, du
ton de la plus nave innocence, je lui dis: "Et pourquoi donc me faites-vous
boire, mon Pre? Est-ce que vous voulez que je pisse? -Oui, mon enfant, dit
Geoffroi qui me tenait toujours entre ses cuisses et qui promenait dj ses
mains sur mon devant, oui, on veut que vous pissiez, et c'est avec moi que va
se passer l'aventur, peut-tre un peu diffrente de celle qui vous est
arrive ici. Venez dans ma cellule, laissons le Pre Louis avec votre petite
amie, et allons nous occuper de notre ct. Nous nous runirons quand nos
besognes seront faites." Nous sortmes; Louis me dit tout bas d'tre bien
complaisante avec son ami et que je n'aurais pas  m'en repentir. La cellule
de Geoffroi tait peu loigne de celle de Louis et nous y arrivmes sans tre
vus. A peine fmes-nous entrs, que Geoffroi, s'tant bien barricad, me dit
de dfaire mes jupes. J'obis; il releva lui-mme ma chemise jusqu'au-dessus
de mon nombril et, m'ayant assise sur le bord de son lit, il m'carta les
cuisses le plus qu'il lui fut possible, en continuant de m'abaisser, de
manire que je prsentais le ventre en entier et que mon corps ne portait plus
que sur le croupion. Il m'enjoignit de bien me tenir dans cette posture et de
commencer  pisser aussitt qu'il frapperait lgrement une de mes cuisses
avec sa main. Alors, me considrant un moment dans l'attitude et travaillant
toujours  m'carter d'une main les babines du con, de 1'autre il dboutonna
sa culotte et se mit  secouer par des mouvements prompts et violents un petit
membre noir et tout rabougri qui ne paraissait pas trs dispos  rpondre 
ce qu'on semblait exiger de lui. Pour l'y dterminer avec plus de succs,
notre homme se mit en devoir, en procdant  sa petite habitude de choix, de
lui procurer le plus grand degr de chatouillement possible: en consquence il
s'agenouilla entre mes jambes, examina encore un instant l'intrieur du petit
orifice que je lui prsentais, y porta sa bouche  plusieurs reprises en
grumelant entre ses dents certaines paroles luxurieuses que je ne retins pas,
parce que je ne les comprenais pas pour lors, et continuant d'agiter son
membre qui ne s'en mouvait pas davantage. Enfin ses lvres se collrent
hermtiquement  celles de mon con, je reus le signal convenu, et dbondant
aussitt dans la bouche du bonhomme le superflu de mes entrailles, je
l'inondai des flots d'une urine qu'il avala avec la mme rapidit que je la
lui lanais dans le gosier. Pour le coup, son membre se dploya et sa tte
altire s'lana jusqu'auprs d'une de mes cuisses. Je sentis qu'il l'arrosait
firement des striles marques de sa dbile vigueur. Tout avait t si bien
compass qu'il avalait les dernires gouttes au moment mme o son vit, tout
confus de sa victoire, la pleurait en larmes de sang. Geoffroi se releva tout
chancelant, et je crus m'apercevoir qu'il n'avait pas pour son idole, quand
l'encens venait de s'teindre, une ferveur de culte aussi religieuse que quand
le dlire, enflammant son hommage, soutenait encore le prestige. Il me donna
douze sols assez brusquement, m'ouvrit sa porte, sans me demander comme les
autres de lui amener des filles (apparemment qu'il se fournissait ailleurs)
et, me montrant le chemin de la cellule de son ami, il me dit d'y aller, que
l'heure de son office le pressant, il ne pouvait pas m'y conduire, et se
renferma chez lui sans me donner le temps de lui rpondre." 

    "Eh! mais vraiment, dit le duc, il y a tout plein de gens qui ne peuvent
absolument soutenir l'instant de la perte de l'illusion. Il semble que
l'orgueil souffre  s'tre laiss voir  une femme dans un pareil tat de
faiblesse et que le dgot naisse de la gne qu'il prouve alors. -Non, dit
Curval, qu'Adonis branlait  genoux et qui faisait promener ses mains sur
Zelmire, non, mon ami, l'orgueil n'est pour rien l-dedans, mais l'objet qui
foncirement n'a de valeur que celle que notre lubricit lui prte se montre
absolument tel qu'il est quand la lubricit est teinte. Plus l'irritation a
t violente, plus l'objet se dpare quand cette irritation ne le soutient
plus, tout comme nous somme plus ou moins fatigus en raison du plus ou moins
d'exercice que nous avons pris, et ce dgot que nous prouvons alors n'est
que le sentiment d'une me rassasie  qui le bonheur dplat parce qu'il
vient de la fatiguer. -Mais de ce dgot pourtant, dit Durcet, nat souvent un
projet de vengeance dont on a vu des suites funestes. -Alors c'est autre
chose, dit Curval, et comme la suite de ces narrations nous offrira peut-tre
des exemples de ce que vous dites l, n'en pressons pas les dissertations que
ces faits produiront naturellement. -Prsident, dis la vrit, dit Durcet: 
la veille de t'garer toi-mme, je crois qu' l'instant prsent tu aimes mieux
te prparer  sentir comme on jouit qu' disserter comme on se dgote -Point
du tout... pas un mot, dit Curval, je suis du plus grand sens froid.... Il est
bien certain, continuait-il en baisant Adonis sur la bouche, que cet enfant-l
est charmant... mais on ne peut pas le foutre; je ne connais rien de pis que
vos lois... Il faut se rduire  des choses...  des choses... Allons, allons,
continue, Duclos, car je sens que je ferais des sottises, et je veux que mon
illusion se soutienne au moins jusqu' ce que j'aille me coucher." Le
prsident, qui voyait que son engin commenait  se mutiner, renvoya les deux
enfants  leur place et, se recouchant prs de Constance qui sans doute toute
jolie qu'elle tait ne l'chauffait pas autant, il repressa une seconde fois
Duclos de continuer, qui obit promptement en ces termes:
 
    "Je rejoignis ma petite camarade. L'opration de Louis tait faite, et
assez mdiocrement contentes toutes les deux, nous quittmes le couvent, moi
avec la presque rsolution de n'y plus revenir. Le ton de Geoffroi avait
humili mon petit amour-propre et, sans approfondir d'ou venait le dgot, je
n'en aimais ni les suites ni les consquences. Il tait pourtant crit dans ma
destine que j'aurais encore quelques aventures dans ce couvent, et l'exemple
de ma soeur, qui avait eu, m'avait-elle dit, affaire a plus de quatorze,
devait me convaincre que je n'tais pas au bout de mes caravanes. Je m'en
aperus, trois mois aprs cette dernire aventure, aux sollicitations que me
fit un de ces bons rvrends, homme d'environ soixante ans. Il n'y eut sorte
de ruse qu'il inventt pour me dterminer  venir dans sa chambre. Une russit
si bien enfin, que je m'y trouvai un beau dimanche matin sans savoir ni
comment ni pourquoi. Le vieux paillard, que l'on nommait Pre Henri m'y
renferma avec lui aussitt qu'il me vit entrer et m'embrassa de tout son
coeur. "Ah! petite friponne, s'cria-t-il au transport de sa joie, je te tiens
donc, tu ne m'chapperas pas ce coup-ci." Il faisait trs froid; mon petit nez
tait plein de morve, comme c'est assez l'usage des enfants. Je voulus me
moucher. "Eh! non, non, dit Henri en s'y opposant, c'est moi qui vais faire
cette opration-l, ma petite." Et m'ayant couche sur son lit la tte un peu
penche, il s'assit auprs de moi, attirant ma tte renverse sur ses genoux.
On et dit qu'en cet tat il dvorait des yeux cette scrtion de mon cerveau.
"Oh! la jolie petite morveuse, disait-il en se pmant, comme je vais la
sucer!" Se courbant alors sur ma tte et mettant mon nez tout entier dans sa
bouche, non seulement il dvora toute cette morve dont j'tais couverte, mais
il darda mme lubriquement le bout de sa langue dans mes deux narines
alternativement, et avec tant d'art, qu'il produisit deux ou trois
ternuements qui redoublrent cet coulement qu'il dsirait et dvorait avec
tant d'empressement. Mais de celui-l, messieurs, ne m'en demandez pas de
dtails: rien ne parut, et soit qu'il ne fit rien ou qu'il fit son affaire
dans sa culotte, je ne m'aperus de quoi que ce ft, et dans la multitude de
ses baisers et de ses lcheries rien ne marqua d'extase plus forte, et par
consquent je crois qu'il ne dchargea point. Je ne fus point trousse
davantage, ses mains mme ne s'garrent pas, et je vous assure que la
fantaisie de ce vieux libertin pourrait avoir son effet avec la fille du monde
la plus honnte et la plus novice, sans qu'elle y pt supposer la moindre
lubricit.
     "Il n'en tait pas de mme de celui que le hasard m'offrit le propre jour
o je venais d'atteindre ma neuvime anne. Pre Etienne, c'tait le nom du
libertin, avait dj dit plusieurs fois  ma soeur de me conduire  lui, et
elle m'avait engage  l'aller voir (sans nanmoins vouloir m'y mener, de peur
que notre mre, qui se doutait dj de quelque chose, ne vnt  le savoir),
lorsque je me trouvai enfin face  face avec lui, dans un coin de l'glise,
prs de la sacristie. Il s'y prit de si bonne grce, il employa des raisons si
persuasives, que je ne me fis pas tirer l'oreille. Le Pre Etienne avait
environ quarante ans, il tait frais, gaillard et vigoureux. A peine
fmes-nous dans sa chambre qu'il me demanda si je savais branler un vit.
"Hlas! lui dis-je en rougissant, je n'entends pas seulement ce que vous
voulez me dire. -Eh bien! je vais te l'apprendre, ma petite, me dit-il en me
baisant de tout son coeur et la bouche et les yeux; mon unique plaisir est
d'instruire les petites filles, et les leons que je leur donne sont si
excellentes qu'elles ne les oublient jamais. Commence par dfaire tes jupes,
car si je t'apprends comment il faut s'y prendre pour me donner du plaisir, il
est juste que je t'enseigne en mme temps comment tu dois faire pour en
recevoir, et il ne faut pas que rien nous gne pour cette leon-l. Allons,
commenons par toi. Ce que tu vois l, me dit-il, en posant ma main sur la
motte, s'appelle un con, et voici comme tu dois faire pour te procurer l des
chatouillements dlicieux: il faut frotter lgrement avec un doigt cette
petite lvation que tu sens l et qui s'appelle le clitoris. Puis me faisant
faire: "L, vois, ma petite, comme cela, pendant qu'une de tes mains travaille
l, qu'un doigt de l'autre s'introduise imperceptiblement dans cette fente
dlicieuse..." Puis me plaant la main: "Comme cela, oui... Eh bien!
n'prouves-tu rien? continuait-il en me faisant observer sa leon. -Non, mon
Pre, je vous assure, lui rpondis-je ave navet. -Ah! dame, c'est que tu es
encore trop jeune, mais, dans deux ans d'ici, tu verras le plaisir que a te
fera. -Attendez, lui dis-je, je crois pourtant que je sens quelque chose." Et
je frottais, tant que je pouvais, aux endroits qu'il m'avait dits...
Effectivement, quelques lgres titillations voluptueuses venaient de me
convaincre que la recette n'tait pas une chimre, et le grand usage que j'ai
fait depuis de cette secourable mthode a achev de me convaincre plus d'une
fois de l'habilet de mon matre. "Venons  moi, me dit Etienne, car tes
plaisirs irritent mes sens, et il faut que je les partage, mon ange. Tiens, me
dit-il, en me faisant empoigner un outil si monstrueux que mes deux petites
mains pouvaient  peine l'entourer, tiens, mon enfant, ceci s'appelle un vit,
et ce mouvement-l, continuait-il en conduisant mon poignet par des secousses
rapides, ce mouvement-l s'appelle branler. Ainsi, dans ce moment-ci, tu me
branles le vit. Va, mon enfant, va, vas-y de toutes tes forces. Plus tes
mouvements seront rapides et presss, plus tu hteras l'instant de mon
ivresse. Mais observe une chose essentielle, ajoutait-il en dirigeant toujours
mes secousses, observe de tenir toujours la tte  dcouvert. Ne la recouvre
jamais de cette peau que nous appelons le prpuce: si ce prpuce venait 
recouvrir cette partie que nous nommons le gland, tout mon plaisir
s'vanouirait. Allons, voyons ma petite, continuait mon matre, voyons que je
fasse sur toi ce que tu ferais sur moi." Et se pressant sur ma poitrine en
disant cela, pendant que j'agissais toujours, il plaa ses deux mains si
adroitement, remua ses doigts avec tant d'art, que le plaisir me saisit  la
fin, et que c'est bien positivement  lui que j'en dois la premire leon.
Alors, la tte venant  me tourner, je quittai ma besogne, et le rvrend, qui
n'tait pas prt  la terminer, consentit  renoncer un instant  son plaisir
pour ne s'occuper que du mien. Et quand il me l'eut fait goter en entier, il
me fit reprendre l'ouvrage que mon extase m'avait oblige d'interrompre et
m'enjoignit bien expressment de ne plus me distraire et de ne plus m'occuper
que de lui. Je le fis de toute mon me. Cela tait juste: je lui devais bien
quelque reconnaissance. J'y allais de si bon coeur et j'observais si bien tout
ce qui m'tait enjoint, que le monstre, vaincu par des secousses aussi
presses, vomit enfin toute sa rage et me couvrit de son venin. Etienne alors
parut transport du dlire le plus voluptueux. Il baisait ma bouche avec
ardeur, il maniait et branlait mon con et l'garement de ses propos annonait
encore mieux son dsordre. Les f... et les b... enlacs aux noms les plus
tendres, caractrisaient ce dlire qui dura fort longtemps et dont le galant
Etienne, fort diffrent de son confrre l'avaleur d'urine, ne se retira que
pour me dire que j'tais charmante, qu'il me priait de le revenir voir, et
qu'il me traiterait toutes les fois comme il allait le faire. En me glissant
un petit cu dans la main, il me ramena o il m'avait prise et me laissa tout
merveille et tout enchante d'une nouvelle bonne fortune qui, me
raccommodant avec le couvent, me fit prendre  moi-mme la rsolution d'y
revenir souvent  l'avenir, persuade que plus j'avancerais en ge et plus j'y
trouverais d'agrables aventures. Mais ce n'tait plus l ma destine: des
vnements plus importants m'attendaient dans un nouveau monde, et j'appris,
en revenant  la maison, des nouvelles qui vinrent bientt troubler l'ivresse
o venait de me mettre l'heureuse tournure de ma dernire histoire."
 
    Ici une cloche se fit entendre dans le salon: c'tait celle qui annonait
que le souper tait servi. En consquence, Duclos, gnralement applaudie des
petits dbuts intressants de son histoire, descendit de sa tribune et, aprs
s'tre un peu rajuste du dsordre dans lequel chacun se trouvait, on s'occupa
de nouveaux plaisirs en allant avec empressement chercher ceux que Comus
offrait. Ce repas devait tre servi par les huit petites filles nues. Elles se
trouvrent prtes au moment o l'on changea de salon, ayant, eu la prcaution
de sortir quelques minutes avant. Les convives devaient tre au nombre de
vingt: les quatre amis, les huit fouteurs et les huit petits garons. Mais
l'vque, toujours furieux contre Narcisse, ne voulut pas permettre qu'il ft
de la fte, et comme on tait convenu d'avoir entre soi des complaisances
mutuelles et rciproques personne ne s'avisa de demander la rvocation de
l'arrt, et le petit bonhomme fut enferm seul dans un cabinet obscur en
attendant l'instant des orgies o monseigneur, peut-tre, se raccommoderait
avec lui. Les pouses et les historiennes furent promptement souper  leur
particulier, afin d'tre prtes pour les orgies; les vieilles dirigrent le
service des huit petites filles, et l'on se mit  table. Ce repas, beaucoup
plus fort que le dner, fut servi avec bien plus de magnificence, d'clat et
de splendeur. Il y eut d'abord un service de potage au jus de bisque et de
hors-d'oeuvre composs de vingt plats. Vingt entres les remplacrent et
furent bientt releves elles-mmes par vingt autres entres fines, uniquement
composes de blancs de volailles, de gibiers dguiss sous toutes sortes de
formes. On les releva par un service de rti o parut tout ce qu'on peut
imaginer de plus rare. Ensuite arriva une relve de ptisserie froide, qui
cda bientt la place  vingt-six entremets de toutes figures et de toutes
formes. On desservit et on remplaa ce qui venait d'tre enlev par une
garniture complte de ptisseries sucres, froides et chaudes. Enfin, parut le
dessert, qui offrit un nombre prodigieux de fruits, malgr la saison, puis les
glaces, le chocolat et les liqueurs qui se prirent  table. A l'gard des
vins, ils avaient vari  chaque service: dans le premier le bourgogne, au
second et au troisime deux diffrentes espces de vins d'Italie, au quatrime
le vin du Rhin, au cinquime des vins du Rhne, au sixime le champagne
mousseux et des vins grecs de deux sortes avec deux diffrents services. Les
ttes s'taient prodigieusement chauffes. On n'avait pas au souper, comme au
dner, la permission de morigner autant les servantes: celles-ci, tant la
quintessence de ce qu'offrait la socit, devaient tre un peu plus mnages,
mais en revanche, on se permit avec elles une furieuse dose d'impurets. Le
duc,  moiti ivre, dit qu'il ne voulait plus boire que de l'urine de Zelmire,
et il en avala deux grands verres qu'il lui fit faire en la faisant monter sur
la table, accroupie sur son assiette. "Le bel effort, dit Curval, que d'avaler
du pissat de pucelle!" et appelant Fanchon  lui: "Viens, garce, lui dit-il,
c'est  la source mme que je veux puiser." Et penchant sa tte entre les
jambes de cette vieille sorcire, il avala goulment les flots impurs de
l'urine empoisonne qu'elle lui darda dans l'estomac. Enfin, les propos
s'chauffrent, on traita diffrents points de moeurs et de philosophie, et je
laisse au lecteur  penser si la morale en fut bien pure. Le duc entreprit
un loge du libertinage et prouva qu'il tait dans la nature et que plus ses
carts taient multiplis, mieux ils la servaient. Son opinion fut
gnralement reue et applaudie, et on se leva pour aller mettre en pratique
les principes qu'on venait d'tablir. Tout tait prt dans le salon des
orgies: les femmes y taient dj, nues, couches sur des piles de carreaux 
terre, ple-mle avec les jeunes gitons sortis de table  ce dessein un peu
aprs le dessert. Nos amis s'y rendirent en chancelant, deux vieilles les
dshabillrent, et ils tombrent au milieu du troupeau comme des loups qui
assaillent une bergerie. L'vque, dont les passions taient cruellement
irrites par les obstacles qu'elles avaient rencontrs  leur saillie,
s'empara du cul sublime d'Antinos pendant qu'Hercule l'enfilait et, vaincu
par cette dernire sensation et par le service important et si dsir
qu'Antinos lui rendit sans doute, il dgorgea  la fin des flots de semence
si prcipits et si cres qu'il s'vanouit dans l'extase. Les fumes de
Bacchus vinrent achever d'enchaner des sens qu'engourdissait l'excs de la
luxure, et notre hros passa de l'vanouissement  un sommeil si profond qu'on
fut oblig de le porter au lit. Le duc s'en donna de son ct. Curval, se
ressouvenant de l'offre qu'avait faite la Martaine  l'vque, la somma
d'accomplir cette offre et s'en gorgea pendant qu'on l'enculait. Mille autres
horreurs, mille autres infamies accompagnrent et suivirent celles-l, et nos
trois braves champions, car l'vque n'tait plus de ce monde, nos valeureux
athltes, dis-je, escorts des quatre fouteurs du service de nuit, qui
n'taient point l et qui vinrent les prendre, se retirrent avec les mmes
femmes qu'ils avaient eues sur les canaps,  la narration. Malheureuses
victimes de leurs brutalits, auxquelles il n'est que trop vraisemblable
qu'ils firent plus d'outrages que de caresses et auxquelles, sans doute, ils
donnrent plus de dgot que de plaisir. Telle fut l'histoire de la premire
journe.
 

                                     (VI)
                                        
                               Deuxime journe

     On se leva  l'heure ordinaire. L'vque, entirement remis de ses excs
et qui ds quatre heures du matin s'tait trouv trs scandalis de ce qu'on
l'et laiss coucher seul, avait sonn pour que Julie et le fouteur qui lui
tait destin vinssent occuper leur poste. Ils arrivrent  l'instant, et le
libertin se replongea dans leurs bras au sein de nouvelles impurets. Quand le
djeuner fut fait, suivant l'usage, dans l'appartement des filles, Durcet
visita, et de nouvelles dlinquantes, malgr tout ce qu'on avait pu dire,
s'offrirent encore  lui. Michette tait coupable d'un genre de faute, et
Augustine,  qui Curval avait fait dire de se tenir tout le jour dans un
certain tat, se trouvait dans l'tat absolument contraire: elle ne s'en
souvenait plus, elle en demandait bien excuse et promettait que a
n'arriverait plus; mais le quatrumvirat fut inexorable, et toutes deux furent
inscrites sur la liste des punitions du premier samedi. Singulirement
mcontents de la maladresse de toutes ces petites filles dans l'art de la
masturbation, impatients de ce qu'on avait prouv sur cela la veille, Durcet
proposa d'tablir une heure dans la matine o on leur donnerait des leons
sur cet objet, et que tour  tour un d'eux se lverait une heure plus matin,
ce moment d'exercice tant tabli depuis neuf jusqu' dix, se lverait,
dis-je,  neuf heures pour aller se prter  cet exercice. On dcida que celui
qui remplirait cette fonction s'assirait tranquillement au milieu du srail,
dans un fauteuil, et que chaque petite fille, conduite et guide par la
Duclos, la meilleure branleuse que le chteau renfermt, viendrait s'essayer
sur lui, que la Duclos dirigerait leur main, leur mouvement, qu'elle leur
apprendrait le plus ou le moins de vitesse qu'il fallait donner  leurs
secousses en raison de l'tat du patient, qu'elle prescrirait leurs attitudes,
leurs postures pendant l'opration, et qu'on tablirait des punitions rgles
pour celle qui, au bout de la premire quinzaine, ne russirait point
parfaitement dans cet art sans avoir plus besoin de leons. Il leur fut
surtout trs exactement recommand, d'aprs les principes du rcollet, de
tenir toujours le gland  dcouvert pendant l'opration et que la seconde main
qui n'agissait pas s'occupt sans cesse pendant ce temps-l  chatouiller les
environs, suivant les diffrentes fantaisies de ceux  qui elles auraient
affaire. Ce projet du financier plut universellement. La Duclos, mande,
accepta dans leur appartement un godemich sur lequel elles pouvaient toujours
exercer leur poignet pour l'entretenir dans la sorte d'agilit ncessaire. On
chargea Hercule du mme emploi chez les garons, qui toujours bien plus
adroits dans cet art-l que les filles, parce qu'il ne s'agit que de faire aux
autres ce qu'ils se font  eux-mmes, n'eurent besoin que d'une semaine pour
devenir les plus dlicieux branleurs qu'il ft possible de rencontrer. Parmi
eux, ce matin-l, il ne se trouva personne en faute, et l'exemple de Narcisse
la veille ayant fait refuser presque toutes les permissions, il ne se trouva 
la chapelle que Duclos, deux fouteurs, Julie, Thrse, Cupidon et Zelmire.
Curval banda beaucoup; il s'tait tonnamment chauff le matin avec Adonis, 
la visite des garons, et l'on crut qu'il allait perdre, en voyant oprer
Thrse et les deux fouteurs, mais il se contint. Le dner fut  l'ordinaire,
mais le cher prsident, ayant singulirement bu et paillard pendant le repas,
se renflamma de nouveau au caf, servi par Augustine et Michette, Zlamir et
Cupidon, dirigs par la vieille Fanchon,  qui par singularit on avait
command d'tre nue comme les enfants. De ce contraste naquit la nouvelle
fureur lubrique de Curval, et se livra  quelques garements de choix avec la
vieille et Zlamir, qui lui valut enfin la perte de son foutre. Le duc, le vit
en l'air, serrait Augustine de bien prs; il braillait, il jurait, il
draisonnait, et la pauvre petite, toute tremblante, se reculait toujours,
comme la colombe devant l'oiseau de proie qui la guette et qui est prs d'en
faire sa capture. Il se contenta pourtant de quelques baisers libertins et de
lui donner une premire leon, acompte de celle qu'elle devait commencer a
prendre le lendemain. Et les deux autres, moins anims, ayant dj commenc
leurs mridiennes, nos deux champions les imitrent, et on ne se rveilla qu'
six heures, pour passer au salon d'histoire. Tous les quadrilles de la veille
taient varis, tant pour les sujets que pour les habillements, et nos amis
avaient pour compagnes sur les canaps, le duc: Aline, fille de l'vque et
par consquent au moins nice du duc, l'vque: sa belle-soeur Constance,
femme du duc et fille de Durcet; Durcet: Julie, fille du duc et femme du
prsident; et Curval, pour se rveiller et se ranimer un peu: sa fille
Adlade, femme de Durcet, l'une des cratures du monde qu'il avait le plus de
plaisir  taquiner  cause de sa vertu et de sa dvotion. Il dbuta avec elle
par quelques mauvaises plaisanteries et, lui ayant ordonn de prendre pendant
toute la sance une posture trs analogue  ses gots, mais trs gnante pour
cette pauvre petite femme, il la menaa de tous les effets de sa colre si
elle s'en drangeait un seul instant. Tout tant prt, Duclos monta sur sa
tribune et reprit ainsi le fil de sa narration:
     
     "Il y avait trois jours que ma mre n'avait paru  la maison, lorsque son
mari, inquiet bien plutt de ses effets et de son argent que de la crature,
s'avisa d'entrer dans sa chambre, o ils avaient coutume de serrer ce qu'ils
avaient de plus prcieux. Mais quel fut son tonnement lorsqu'au lieu de ce
qu'il cherchait, il ne trouva qu'un billet de ma mre qui lui disait de
prendre son parti sur la perte qu'il faisait, parce qu'tant dcide  se
sparer de lui pour jamais, et n'ayant point d'argent, il fallait bien qu'elle
prt tout ce qu'elle emportait; qu'au reste il ne devait s'en prendre qu' lui
et  ses mauvais traitements si elle le quittait, et qu'elle lui laissait deux
filles qui valaient bien ce qu'elle emportait. Mais le bonhomme tait bien
loin de trouver que l'un valt l'autre, et le cong qu'il nous donna
gracieusement, en nous priant de ne pas mme coucher  la maison, fut la
preuve certaine qu'il n'en comptait pas comme ma mre. Assez peu affliges
d'un compliment qui nous donnait,  ma soeur et  moi, pleine libert de nous
livrer  l'aise au petit genre de vie qui commenait si bien  nous plaire,
nous ne songemes qu' emporter nos petits effets et  prendre aussi vite
cong du cher beau-pre qu'il lui avait plu de nous le donner. Nous nous
retirmes sur-le-champ dans une petite chambre aux environs, ma soeur et moi,
en attendant que nous eussions pris notre parti sur notre destine. L, nos
premiers raisonnements tombrent sur le sort de notre mre. Nous ne doutmes
pas d'un moment qu'elle ne ft au couvent, dcide  vivre secrtement chez
quelque Pre, ou  s'en faire entretenir dans quelque coin des environs, et
nous nous en tenions sans trop de souci  cette opinion, lorsqu'un Frre du
couvent vint nous apporter un billet qui fit changer nos conjectures. Ce
billet disait en substance que ce qu'on avait de mieux  nous conseiller tait
de venir, aussitt qu'il ferait nuit, au couvent, chez le Pre gardien mme
qui crivait le billet; qu'il nous attendrait dans l'glise jusqu' dix heures
du soir et qu'il nous mnerait dans l'endroit o tait notre mre, dont il
nous ferait partager avec plaisir le bonheur actuel et la tranquillit. Il
nous exhortait vivement  n'y pas manquer, et surtout  cacher nos dmarches
avec le plus grand soin, parce qu'il tait essentiel que notre beau-pre ne
st rien de tout ce qu'on faisait et pour ma mre et pour nous. Ma soeur, qui
pour lors avait atteint sa quinzime anne et qui, par consquent, avait et
plus d'esprit et plus de raison que moi qui n'en avais que neuf, aprs avoir
congdi le porteur du billet et rpondu qu'elle ferait ses rflexions
l-dessus, ne put s'empcher de s'tonner de toutes ces manoeuvres. "Franon,
me dit-elle, n'y allons pas. Il y a quelque chose l-dessous. Si cette
proposition tait franche, pourquoi ma mre, ou n'aurait-elle pas joint un
billet  celui-ci, ou ne l'aurait-elle pas au moins sign? Et avec qui
serait-elle au couvent, ma mre? Le Pre Adrien, son meilleur ami, n'y est
plus depuis trois ans  peu prs. Depuis cette poque, elle n'y va plus qu'en
passant et n'y a plus aucune intrigue rgle. Par quel hasard aurait-elle t
choisir cette retraite? Le Pre gardien n'est, ni n'a jamais t, son amant.
Je sais qu'elle l'a amus deux ou trois fois, mais ce n'est pas un homme  se
prendre pour une femme en raison de cela seul, car il n'en est pas de plus
inconstant et mme de plus brutal envers les femmes, une fois que son caprice
est pass. Ainsi d'o vient aurait-il pris tant d'intrt  notre mre? Il y a
quelque chose l-dessous, te dis-je. Je ne l'ai jamais aim, ce vieux gardien:
il est mchant, il est dur, il est brutal. Il m'a attire une fois dans sa
chambre, o il tait avec trois autres, et d'aprs ce qui m'y est arriv, j'ai
bien jur depuis de n'y pas remettre les pieds. Si tu m'en crois, laissons l
tous ces coquins de moines. Il n'est plus temps de te le cacher, Franon, j'ai
une connaissance, et j'ose dire une bonne amie: on l'appelle Mme Gurin. Il y
a deux ans que je la frquente et elle n'a pas t, depuis ce temps-l, une
semaine sans me faire faire une bonne partie, mais non pas des parties de
douze sols, comme celles que nous faisons au couvent: il n'y en a pas eu une
dont je n'aie rapport trois cus. Tiens, en voil la preuve, continua ma
soeur en me montrant une bourse o il y avait plus de dix louis, tu vois que
j'ai de quoi vivre. Eh bien, si tu veux suivre mon avis, fais comme moi. La
Gurin te recevra, j'en suis sre, elle t'a vue il y a huit jours en venant me
chercher pour une partie; et elle m'a charge de t'en proposer aussi et que,
quelque jeune que tu fusses, elle trouverait toujours  te placer. Fais comme
moi, te dis-je, et nous serons bientt au-dessus de nos affaires. Au reste,
c'est tout ce que je peux te dire, car except cette nuit o je payerai ta
dpense, ne compte plus sur moi, ma petite. Chacun pour soi dans ce monde.
J'ai gagn cela avec mon corps et mes doigts; fais-en autant. Et si la pudeur
te tient, va-t'en au diable, et surtout ne viens pas me chercher; car, aprs
ce que je te dis l, je te verrais tirer la langue deux pieds de long que je
ne te donnerais pas un verre d'eau. Quant  ma mre, bien loin d'tre fche
de son sort, quel qu'il puisse tre, je te proteste que je m'en rjouis et que
le seul voeu que je fais est que la putain soit si loin que je ne la revoie de
ma vie. Je sais combien elle m'a gne dans mon mtier, et tous les beaux
conseils qu'elle me donnait pendant que la garce en faisait trois fois pis. Ma
mie, que le diable l'emporte et surtout ne la ramne pas! Voil tout ce que je
lui souhaite." N'ayant pas,  vous dire le vrai, ni le coeur plus tenace, ni
l'me beaucoup mieux place que ma soeur, je partageai de bien bonne foi
toutes les invectives dont elle accabla cette excellente mre et, remerciant
ma soeur de la connaissance qu'elle me procurait, je lui promis et de la
suivre chez cette femme et, une fois qu'elle m'aurait adopte, de cesser de
lui tre  charge. A l'gard du refus d'aller au couvent, je l'adoptai comme
elle. "Si effectivement elle est heureuse, tant mieux pour elle, dis-je; en ce
cas nous pouvons l'tre de mme de notre ct, sans avoir besoin d'aller
partager son sort. Et si c'est un pige qu'on nous tend, il est trs
ncessaire de l'viter". Sur cela ma soeur m'embrassa. "Allons, dit-elle, je
vois  prsent que tu es une bonne fille. Va, va, sois sre que nous ferons
fortune. Je suis jolie, et toi aussi: nous gagnerons ce que nous voudrons, ma
mie. Mais il ne faut pas s'attacher, souviens-t'en. Aujourd'hui l'un, demain
l'autre, il faut tre putain, mon enfant, putain dans l'me et dans le coeur.
Pour moi, continue-t-elle, je le suis tant, vois-tu,  prsent, qu'il n'y a ni
confession, ni prtre, ni conseil, ni reprsentation qui pt me retirer du
vice. J'irais, sacredieu! montrer mon cul sur les bornes avec autant de
tranquillit que je boirais un verre de vin. Imite-moi, Franon, on gagne tout
sur les hommes avec de la complaisance; le mtier est un peu dur dans les
commencements, mais on s'y fait. Autant d'hommes, autant de gots; d'abord, il
faut t'y attendre. L'un veut une chose, l'autre en veut une autre, mais
qu'importe, on est l pour obir, on se soumet: c'est bientt pass et
l'argent reste". J'tais confondue, je l'avoue, d'entendre des propos aussi
drgls dans la bouche d'une fille si jeune et qui m'avait toujours paru si
dcente. Mais comme mon coeur en partageait l'esprit, je lui laissai bientt
connatre que j'tais non seulement dispose  l'imiter dans tout, mais mme 
faire encore pis qu'elle si cela tait ncessaire. Enchante de moi, elle
m'embrassa de nouveau, et comme il commenait  se faire tard, nous envoymes
chercher une poularde et du bon vin; nous soupmes et couchmes ensemble,
dcides  aller ds le lendemain matin nous prsenter chez la Gurin et la
prier de nous recevoir au nombre de ses pensionnaires. Ce fut pendant ce
souper que ma soeur m'apprit tout ce que j'ignorais encore du libertinage.
Elle se fit voir  moi toute nue, et je puis assurer que c'tait une des plus
belles cratures qu'il y et alors  Paris. La plus belle peau, l'embonpoint
le plus agrable, et malgr cela la taille la plus leste et la plus
intressante, les plus jolis yeux bleus, et tout le reste  l'avenant. Aussi
appris-je depuis combien la Gurin en faisait cas et avec quel plaisir elle la
procurait  ses pratiques qui, jamais las d'elle, la redemandaient sans cesse.
A peine fmes-nous au lit que nous nous ressouvnmes que nous avions mal 
propos oubli de faire une rponse au Pre gardien qui, peut-tre,
s'irriterait de notre ngligence et qu'il fallait au moins mnager tant que
nous serions dans le quartier. Mais comment rparer cet oubli? Il tait onze
heures passes, et nous rsolmes de laisser aller les choses comme elles
pourraient. Vraisemblablement l'aventure tenait fort au coeur du gardien, et
de l il tait facile d'augurer qu'il travaillait plus pour lui que pour le
prtendu bonheur dont il nous parlait, car,  peine minuit fut-il sonn, qu'on
frappa doucement  notre porte. C'tait le Pre gardien lui-mme. Il nous
attendait, disait-il, depuis deux heures; nous aurions au moins d lui
[sterling]aire rponse. Et s'tant assis auprs de notre lit, il nous dit que
notre mre s'tait dtermine  passer le reste de ses jours dans un petit
appartement secret qu'ils avaient au couvent et dans lequel on lui faisait
faire la meilleure chre du monde, assaisonne de la socit de tous les gros
bonnets de la maison, qui venaient passer la moiti du jour avec elle et une
autre jeune femme, compagne de ma mre; qu'il ne tenait qu' nous d'en venir
augmenter le nombre, mais que, comme nous tions trop jeunes pour nous fixer,
il ne nous engagerait que pour trois ans, au bout desquels il jurait de nous
rendre notre libert, et mille cus  chacune; qu'il tait charg de la part
de ma mre de nous assurer que nous lui ferions un vrai plaisir de venir
partager sa solitude. "Mon Pre, dit effrontment ma soeur, nous vous
remercions de votre proposition. Mais,  l'ge que nous avons, nous n'avons
pas envie de nous enfermer dans un clotre pour devenir des putains de
prtres; nous ne l'avons que trop t."
     Le gardien renouvela ses instances; il y mettait un feu, une action, qui
prouvaient bien  quel point il dsirait de faire russir la chose. Voyant
enfin qu'il ne pouvait russir, il se jeta presque en fureur sur ma soeur. "Eh
bien, petite putain! lui dit-il, satisfais-moi donc au moins encore une fois,
avant que je ne te quitte." Et, dboutonnant sa culotte, il se mit  cheval
sur elle, qui ne s'y opposa point, persuade qu'en le laissant satisfaire sa
passion elle s'en dbarrasserait plus tt. Et le paillard, la fixant sous lui
de ses genoux, vint secouer un engin dur et assez gros  quatre lignes de la
superficie du visage de ma soeur. "Le beau visage, s'cria-t-il, la jolie
petite figure de putain! Comme je vais l'inonder de foutre! Ah sacredieu!" Et
dans l'instant les cluses s'ouvrirent, le sperme jacula, et toute la
physionomie de ma soeur, et principalement le nez et la bouche, se trouvrent
couverts des preuves du libertinage de notre homme, dont la passion peut-tre
ne se ft pas satisfaite  si bon march, si son projet avait russi. Et aprs
nous avoir jet un cu sur la table et rallum sa lanterne: "Vous tes de
petites imbciles, vous tes de petites gueuses, nous dit-il, vous manquez
votre fortune. Puisse le ciel vous en punir en vous faisant tomber dans la
misre et puiss-je avoir le plaisir de vous y voir pour ma vengeance: voil
mes derniers voeux." Ma soeur, qui s'essuyait le visage, lui rendit bientt
toutes ses sottises, et notre porte se refermant pour ne plus s'ouvrir qu'au
jour, nous passmes au moins le reste de la nuit tranquilles. "Ce que tu as
vu, dit ma soeur, est une de ses passions favorites. Il aime  la folie 
dcharger sur le visage des filles. S'il s'en tenait l... bon; mais le coquin
a bien d'autres gots et de si dangereux que je crains bien..." Mais ma soeur,
que le sommeil gagnait, s'endormit sans finir sa phrase, et le lendemain
ramenant d'autres aventures nous ne pensmes plus  celle-l. Ds le matin
nous nous levmes et, nous ajustant de notre mieux, nous nous transportmes
chez Mme Gurin. Cette hrone demeurait rue Soli, dans un appartement fort
propre, au premier, qu'elle partageait avec six grandes demoiselles de seize 
vingt-deux ans, toutes trs fraches et trs jolies. Mais vous trouverez bon,
s'il vous plat, que je ne vous les dpeigne, messieurs, qu' mesure que cela
deviendra ncessaire. La Gurin, enchante du projet qui amenait ma soeur chez
elle, depuis le temps qu'elle la dsirait, nous reut et nous logea toutes
deux avec le plus grand plaisir. "Toute jeune que vous voyiez cette enfant,
lui dit ma soeur en me montrant, elle vous servira bien, je suis sa caution.
Elle est douce, gentille, a un fort bon caractre et le putanisme le plus
dcid dans l'me. Vous avez beaucoup de paillards parmi vos connaissances qui
veulent des enfants, en voil une comme il leur faut... employez-la." La
Gurin, se tournant vers moi, me demanda alors si j'tais dtermine  tout.
"Oui madame, lui rpondis-je avec un petit air effront qui lui fit plaisir, 
tout, pour gagner de l'argent." On nous prsenta  nos nouvelles compagnes
dont ma soeur tait dj trs connue et qui, par amiti pour elle, lui
promirent d'avoir soin de moi. Nous dnmes toutes ensemble, et telle fut en
un mot, messieurs, ma premire installation au bordel.
     "Je ne devais pas y tre longtemps sans y trouver pratique. Ds le soir
mme, il nous arriva un vieux negociant, empaquet dans un manteau, avec qui
la Gurin me maria pour mon trenne. "Oh! pour le coup, dit-elle au vieux
libertin en me prsentant  lui, vous les voulez sans poil monsieur Duclos: je
vous suis caution que celle-la n'en a pas. -Effectivement, dit le vieil
original en me lorgnant, a m'a l'air bien enfant. Quel ge avez-vous, ma
petite? -Neuf ans, monsieur. -Neuf ans... Bien, bien, madame Gurin, vous le
savez, voil comme je les aime. Plus jeunes encore, si vous en aviez: je les
prendrais, morbleu, au sortir de nourrice." Et la Gurin se retirant en riant
du propos, on nous enferma tous les deux. Alors le vieux libertin,
s'approchant de moi, me baisa deux ou trois fois sur la bouche. D'une de ses
mains conduisant la mienne, il me fit sortir de sa braguette un engin qui
n'tait rien moins que bandant, et agissant toujours sans trop parler, il
dfit mes jupons, me coucha sur le canap, ma chemise releve sur ma poitrine,
et s'tablissant  cheval sur mes cuisses, qu'il avait places dans le plus
grand cartement possible, d'une de ses mains il entrouvrait mon petit con
tant qu'il put, tandis que de l'autre il se manualisait dessus de toutes ses
forces. "Le joli petit oiseau, disait-il en s'agitant et en soupirant de
plaisir, comme je l'apprivoiserais si je pouvais encore! mais je ne peux plus;
j'aurais beau faire, en quatre ans le bougre de vit ne roidirait pas. Ouvre,
ouvre, ma petite, carte bien." Et, au bout d'un quart d'heure,  la fin, je
vis mon homme soupirer avec plus de force. Quelques sacredieu vinrent prter
de l'nergie  ses expressions; et je me sentis tous les bords du con inonds
du sperme chaud et cumeux que le coquin, ne pouvant lancer au-dedans,
s'efforait au moins  faire pntrer avec ses doigts. Il n'eut pas plus tt
fait qu'il partit comme un clair, et j'tais encore occupe  m'essuyer que
mon galant ouvrait dj la porte de la rue. Telle est l'origine, messieurs,
qui me valut le nom de Duclos: il tait d'usage dans cette maison que chaque
fille adoptait le nom du premier avec qui elle avait eu affaire, et je me
soumis  leur mode."
 
    "Un instant, dit le duc. Je n'ai pas voulu interrompre que vous n'en
fussiez  une pause, mais puisque vous y voil, expliquez-moi un peu deux
choses: la premire si vous etes des nouvelles de votre mre et si vous avez
jamais su ce qu'elle devint, et la seconde si les causes d'antipathie que vous
aviez, votre soeur et vous, pour elle, taient naturellement en vous ou si
elles avaient une cause. Ceci tient  l'histoire du coeur humain, et c'est 
cela particulirement que nous travaillons. -Monseigneur, rpondit Duclos, ni
ma soeur ni moi n'avons jamais eu la moindre nouvelle de cette femme-l. -Bon,
dit le duc, en ce cas-l c'est clair: n'est-ce pas Durcet? -Incontestable,
rpondit le financier. Il n'y a pas  en douter d'un moment, et vous ftes
bien heureuses de ne pas donner dans le panneau, car vous n'en seriez jamais
revenues. -il est inou, dit Curval, comme cette manie-l se rpand. -Ma foi,
c'est qu'elle est bien dlicieuse, dit l'vque. -Et le second point? dit le
duc en s'adressant  l'historienne. -Le second point, monseigneur,
c'est--dire le motif de notre antipathie, je serais, ma foi, bien en peine de
vous en rendre compte; mais il tait si violent dans nos deux coeurs que nous
nous avoumes rciproquement que nous nous serions senties capables de
l'empoisonner, si nous ne fussions pas parvenues  nous en dbarrasser
autrement. Notre aversion tait au dernier degr, et comme elle n'y donnait
aucun lieu, il est plus que vraisemblable que ce sentiment dans nous n'tait
que l'ouvrage de la nature. -Et qui en doute? dit le duc. Il arrive tous les
jours qu'elle nous inspire l'inclination la plus violente pour ce que les
hommes appellent crime, et vous l'eussiez empoisonne vingt fois que cette
action dans vous n'et jamais t que le rsultat de ce penchant qu'elle vous
aurait inspir pour ce crime, penchant qu'elle vous dnotait en vous douant
d'une si forte antipathie. Il est fou d'imaginer qu'on doive rien  sa mre.
Et sur quoi donc serait fonde la reconnaissance? Sur ce qu'elle a dcharg
quand on la foutait? Assurment, il y a de quoi! Pour moi, je n'y vois que des
motifs de haine et de mpris. Nous donne-t-elle le bonheur en nous donnant le
jour?... Il s'en faut; elle nous jette dans un monde rempli d'cueils, et
c'est  nous  nous en tirer comme nous pourrons. Je me souviens que j'en ai
eu une autrefois qui m'inspirait  peu prs les mmes sentiments que Duclos
sentait pour la sienne: je l'abhorrais. Ds que je l'ai pu, je l'ai envoye
dans l'autre monde, et je n'ai de mes jours got une volupt si vive que
celui o elle ferma les yeux pour ne les plus rouvrir." En ce moment on
entendit des sanglots affreux dans un des quadrilles; c'tait positivement 
celui du duc. On examina, on vit la jeune Sophie qui fondait en larmes. Doue
d'un autre coeur que celui de ces sclrats, leur conversation rappelait  son
esprit le souvenir chri de celle qui lui avait donn le jour, prissant pour
la dfendre lorsqu'elle fut enleve, et ce n'tait pas sans des flots de
larmes que cette ide cruelle s'offrait  sa tendre imagination. "Ah! parbleu,
dit le duc, voil une excellente chose. C'est votre maman que vous pleurez, ma
petite morveuse, n'est-ce pas? Approchez, approchez que je vous console." Et
le libertin chauff, et des prliminaires et de ces propos, et de ce qu'ils
opraient, fit voir un vit foudroyant, qui paraissait vouloir une dcharge.
Cependant Marie amena l'enfant (c'tait la dugne de ce quadrille). Ses larmes
coulaient en abondance, son accoutrement de novice, qu'elle avait ce jour-l,
semblait prter encore plus de charme  cette douleur qui l'embellissait. Il
tait impossible d'tre plus jolie. "Bougre de dieu, dit le duc en se levant
comme un frntique, quel joli morceau  croquer! Je veux faire ce que Duclos
vient de dire: je veux lui barbouiller le con de foutre... Qu'on la
dshabille." Et tout le monde en silence attendait l'issue de cette lgre
escarmouche. "Oh! monsieur, monsieur, s'cria Sophie en se jetant aux pieds du
duc, respectez au moins ma douleur! Je gmis sur le sort d'une mre qui me fut
bien chre, qui est morte en me dfendant et que je ne reverrai jamais. Ayez
piti de mes larmes et accordez-moi au moins cette seule soire de repos. -Ah!
foutre, dit le duc en maniant son vit qui menaait le ciel, je n'aurais jamais
cru que cette scne ft si voluptueuse. Dshabillez donc; dshabillez donc!
disait-il  Marie, en fureur, elle devrait dj tre nue." Et Aline, qui tait
sur le sofa du duc, pleurait  chaudes larmes, ainsi que la tendre Adlade,
qu'on entendait gmir dans la niche de Curval qui, loin de partager la douleur
de cette belle crature, la grondait violemment d'avoir quitt la posture o
il l'avait mise et considrait d ailleurs avec le plus vif intrt l'issue de
cette dlicieuse scne. Cependant on dshabille Sophie sans le plus petit
gard pour sa douleur; on la place dans l'attitude que Duclos venait de
dpeindre, et le duc annonce qu'il va dcharger. Mais comment faire? Ce que
venait de raconter Duclos tait excut par un homme qui ne bandait pas, et la
dcharge de son vit flasque pouvait se diriger o il voulait. Ce n'tait plus
de mme ici: la tte menaante de l'engin du duc ne voulait pas se dtourner
du ciel qu'elle avait l'air de menacer; il aurait fallu pour ainsi dire placer
l'enfant au-dessus. On ne savait comment s'y prendre, et cependant plus se
trouvaient d'obstacles, plus le duc irrit sacrait et blasphmait. Enfin la
Desgranges vint au secours. Rien de ce qui tenait au libertinage n'tait
inconnu  cette vieille sorcire. Elle saisit l'enfant et la plaa si
adroitement sur ses genoux que, de quelque manire que se tnt le duc, le bout
de son vit effleurait le vagin. Deux servantes viennent contenir les jambes de
l'enfant, et, eut-elle d tre dpucele, jamais elle ne l'et prsent plus
beau. Ce n'tait pas tout encore: il fallait une main adroite pour faire
dborder le torrent et le diriger juste  sa destination. Blangis ne voulait
pas risquer la main d'un enfant maladroit pour une si importante opration.
"Prends Julie, dit Durcet, tu en seras content; elle commence  branler comme
un ange. -Oh! foutre, dit le duc, elle me manquera, la garce, je la connais;
il suffit que je sois son pre, elle aura une peur affreuse. -Ma foi je te
conseille un garon, dit Curval, prend Hercule, son poignet est souple. -Je ne
veux que la Duclos, dit le duc, c'est la meilleure de toutes nos branleuses,
permettez-lui de quitter un instant son poste et qu'elle vienne." Duclos
s'avance, toute fire d'une prfrence aussi marque. Elle retrousse son bras
jusqu'au coude et, empoignant l'norme instrument de monseigneur, elle se met
 le secouer, la tte toujours dcouverte,  le remuer avec tant d'art, 
l'agiter par des secousses si rapides et en mme temps si proportionnes 
l'tat dans lequel elle voyait son patient, qu'enfin la bombe clate sur le
trou mme qu'elle doit couvrir. Il s'en inonde; le duc crie, jure, tempte.
Duclos ne se dmonte pas; ses mouvements se dterminent en raison du degr de
plaisir qu'ils procurent. Antinos, plac  dessein, fait pntrer
dlicatement le sperme dans le vagin,  mesure qu'il s'coule, et le duc,
vaincu par les sensations les plus dlicieuses, voit, en expirant de volupt,
mollir peu  peu dans les doigts de sa branleuse le fougueux membre dont
l'ardeur venait de l'enflammer si puissamment lui-mme. Il se rejette sur son
sofa, la Duclos reprend sa place, l'enfant s'essuie, se console et reprend son
quadrille, et le rcit se continue, en laissant les spectateurs persuads
d'une vrit dont ils taient, je crois, pntrs depuis bien longtemps: que
l'ide du crime sut toujours enflammer les sens et nous conduire  la
lubricit.
 
    "Je fus trs tonne, dit Duclos en reprenant le fil de son discours, de
voir toutes mes compagnes rire en me retrouvant et me demander si je m'tais
essuye, et mille autres propos qui prouvaient qu'elles savaient trs bien ce
que je venais de faire. On ne me laissa pas longtemps dans l'inquitude, et ma
soeur, me menant dans une chambre voisine de celle o se faisaient communment
les parties et dans laquelle je venais d'tre enferme, m'y ft voir un trou
qui rpondait  plomb sur le canap et duquel on voyait facilement tout ce qui
s'y passait. Elle me dit que ces demoiselles se divertissaient entre elles 
aller voir par l ce que les hommes faisaient  leurs compagnes et que j'tais
bien la matresse d'y venir moi-mme quand je voudrais, pourvu qu'il ne ft
pas occup, car il arrivait souvent, disait-elle, que ce respectable trou
servait  des mystres dont on m'instruirait en temps et lieux. Je ne fus pas
huit jours sans profiter de ce plaisir, et, un matin qu'on tait venu demander
une nomme Rosalie, une des plus belles blondes qu'il ft possible de voir, je
fus curieuse d'observer ce qu'on allait lui faire. Je me cachai, et voici la
scne dont je fus tmoin. L'homme  qui elle avait affaire n'avait pas plus de
vingt-six ou trente ans. Ds qu'elle entra, il la fit asseoir sur un tabouret
trs lev et destin  cette crmonie. Aussitt qu'elle y fut, il dtacha
toutes les pingles qui tenaient sa chevelure et fit flotter jusqu' terre une
fort de cheveux blonds superbes dont la tte de cette belle fille tait
orne. Il prit un peigne dans sa poche, les peigna, les dmla, les mania, les
baisa, en entremlant chaque action d'un loge sur la beaut de cette
chevelure qui l'occupait si uniquement. Il sortit enfin de sa culotte un petit
vit sec et trs roide qu'il enveloppa promptement des cheveux de sa dulcine
et, se manualisant dans le chignon, il dchargea en passant son autre main
autour du col de Rosalie, et fixant sa bouche  ses baisers, il redveloppa
son engin mort. Je vis les cheveux de ma compagne tout gluants de foutre; elle
les essuya, les rattacha, et nos amants se sparrent.
     "Un mois aprs, on vint chercher ma soeur pour un personnage que nos
demoiselles me dirent d'aller regarder, parce qu'il avait aussi une fantaisie
assez baroque. C'tait un homme d'environ cinquante ans. A peine fut-il entr
que, sans prliminaire, sans caresse, il fit voir son derrire  ma soeur qui,
au fait de la crmonie, le fait pencher sur un lit, s'empare de ce vieux cul
mou et rid, enfonce ses cinq doigts dans l'orifice et se met  le secouer
d'une si furieuse force que le lit en craquait. Cependant notre homme, sans
jamais montrer autre chose, s'agite, se secoue, suit les mouvements qu'on lui
donne, s'y prte avec lubricit et s'crie qu'il dcharge et qu'il jouit du
plus grand des plaisirs. L'agitation avait t violente  la vrit, car ma
soeur en tait en nage. Mais quels minces pisodes et quelle strilit
d'imagination!
     "Si celui qui me fut prsent peu aprs n'y mit gure plus de dtails, au
moins paraissait-il plus voluptueux, et sa manie avait-elle, selon moi, plus
le coloris du libertinage. C'tait un gros homme d'environ quarante-cinq ans,
petit, trapu, mais frais et gaillard. N'ayant point encore vu d'homme de son
got, mon premier mouvement, ds que je fus avec lui, fut de me trousser
jusqu'au nombril. Un chien auquel on prsente un bton ne fait pas une mine
plus allonge: "Eh! ventrebleu, ma mie, laissons-l le con, je vous en prie."
Et en mme temps il rabaisse mes jupes avec plus d'empressement que je les
avais leves. " Ces petites putains-l, continua-t-il avec humeur, n'ont
jamais que des cons  vous faire voir! Vous tes cause que je ne dchargerai
peut-tre pas de la soire... avant que je me sois t ce foutu con de la
tte." Et, en disant cela; il me retourna et leva mthodiquement mes cotillons
par-derrire. En cette posture, me conduisant lui-mme et tenant toujours mes
jupes leves; pour voir les mouvements de mon cul en marchant, il me fit
approcher du lit, sur lequel il me coucha  plat ventre. Alors il examina mon
derrire avec la plus scrupuleuse attention, se garantissant toujours avec une
main de la perspective du con qu'il me paraissait craindre plus que le feu.
Enfin m'ayant avertie de dissimuler tant que je pourrais cette indigne partie
(je me sers de son expression), de ses deux mains il mania longtemps et avec
lubricit mon derrire. Il l'cartait, il le resserrait, quelquefois il y
portait sa bouche, et je la sentis mme, une fois ou deux, directement appuye
sur le trou; mais il ne se touchait point encore, rien ne paraissait. Se
sentant pourtant press apparemment il se disposa au dnouement de son
opration. "Couchez-vous tout  fait  terre, me dit-il, en y jetant quelques
carreaux, l, oui, ainsi... les jambes bien cartes, le cul un peu relev et
le trou le plus entrouvert qu'il vous sera possible. Au mieux", continua-t-il
en voyant ma docilit. Et alors, prenant un tabouret, il le plaa entre mes
jambes et vint s'asseoir dessus, de manire  ce que son vit, qu'il sortit
enfin de sa culotte et qu'il secoua, ft pour ainsi dire  la hauteur du trou
qu'il encensait. Alors ses mouvements devinrent plus rapides. D'une main il se
branlait, d l'autre il cartait mes fesses, et quelques louanges assaisonnes
de beaucoup de jurements composaient ses discours: "Ah! sacredieu; le beau
cul, s'criait-il, le joli trou, et comme je vais l'inonder!" Il tint parole.
Je m'y sentis toute mouille; le libertin parut ananti de son extase. Tant il
est vrai que l'hommage rendu  ce temple a toujours plus d'ardeur que celui
qui brle sur l'autre. Et il se retira aprs m'avoir promis de me revenir
voir, puisque je satisfaisais si bien ses dsirs. Il revint effectivement ds
le lendemain, mais son inconstance lui fit prfrer ma soeur. Je fus les
observer et je vis qu'il employait absolument les mmes procds, et que ma
soeur s'y prtait avec la mme complaisance."
 
    "Avait-elle un beau cul, ta soeur? dit Durcet. -Un seul trait vous en fera
juger, monseigneur, dit Duclos. Un fameux peintre, charg de faire une Vnus
aux belles fesses, la demanda l'anne d'aprs pour modle, ayant, disait-il,
cherch chez toutes les maquerelles de Paris sans rien trouver qui la valt.
-Mais enfin, puisqu'elle avait quinze ans et que voil ici des filles de cet
ge, compare-nous son derrire, continua le financier,  quelqu'un des culs
que tu as ici sous tes yeux." Duclos jeta les yeux sur Zelmire et dit qu'il
lui tait impossible de rien trouver qui, non seulement pour le cul, mais mme
pour la figure, ressemblt mieux de tous points  sa soeur. "Allons, Zelmire,
dit le financier, venez donc me prsenter vos fesses." Elle tait justement de
son quadrille. La charmante fille approche en tremblant. On la place au pied
du canap, couche sur le ventre; on relve sa croupe avec des carreaux; le
petit trou parat en plein. Le paillard, qui bandaillait, baise et manie ce
qu'on lui prsente. Il ordonne  Julie de le branler; on excute. Ses mains
s'garent sur d'autres objets, la lubricit l'enivre, son petit instrument,
sous les secousses voluptueuses de Julie, a l'air de se roidir un moment, le
paillard jure, le foutre coule, et le souper sonne. Comme la mme profusion
rgnait  tous les repas, en avoir peint un, c'est les avoir tous peints. Mais
comme presque tout le monde avait dcharg,  celui-ci on eut besoin de
reprendre des forces et, en consquence, on but beaucoup. Zelmire, qu'on
appelait la soeur de Duclos, fut extrmement fte aux orgies et tout le monde
voulut lui baiser le cul. L'vque y laissa du foutre, les trois autres y
rebandrent, et on fut se coucher comme la veille, c'est--dire chacun avec
les femmes qu'ils avaient eues sur les canaps et quatre fouteurs qui
n'avaient point paru depuis le dner.
 

                                     (VII)
                                        
                               Troisime journe

     Le duc se leva ds neuf heures. C'tait lui qui devait commencer  se
prter aux leons que la Duclos devait donner aux jeunes filles. Il se campa
dans un fauteuil et prouva pendant une heure les divers attouchements,
masturbations, pollutions et postures diverses de chacune de ces petites
filles, conduites et guides par leur matresse, et, comme on l'imagine
aisment, son temprament fougueux se trouva furieusement irrit d'une telle
crmonie. Il lui fallut d'incroyables efforts sur lui-mme pour n'y pas
perdre son foutre, mais assez matre de lui, il sut se contenir et revint
triomphant se vanter qu'il venait de supporter un assaut qu'il dfiait ses
amis de soutenir avec le mme flegme. Cela donna lieu  tablir des gageures
et une amende de cinquante louis impose  celui qui dchargerait pendant les
leons. Au lieu du djeuner et des visites, cette matine-l s'employa 
rgler le tableau des dix-sept orgies projetes pour la fin de chaque semaine,
ainsi que la fixation en dernier ressort des dpucellements, que l'on se
trouva mieux en tat de statuer, aprs avoir un peu mieux connu les sujets,
qu'on ne l'et pu auparavant. Comme ce tableau rglait d'une manire dcisive
toutes les oprations de la campagne, nous avons cru ncessaire d'en donner
copie au lecteur. Il nous a sembl que, sachant aprs l'avoir lu la
destination des sujets, il prendrait plus d'intrt aux sujets dans le reste
des oprations.
 

                    Tableau des projets du reste du voyage

     Le sept de novembre, rvolution de la premire semaine, on procdera ds
le matin au mariage de Michette et de Giton, et les deux poux,  qui l'ge ne
permet pas de se conjoindre, non plus qu'aux trois hymens suivants, seront
spars ds le soir mme, et sans plus avoir gard  cette crmonie qui
n'aura servi qu' divertir pendant la journe. On procdera ds le mme soir 
la correction des sujets marqus sur la liste de l'ami de mois.
     Le quatorze, on procdera de mme au mariage de Narcisse et d'Hb, avec
les mmes clauses que ci-dessus.
     Le vingt et un, de mme,  celui de Colombe et de Zlamir.
     Le vingt-huit, galement,  celui de Cupidon et de Rosette.
     Le quatre de dcembre, les narrations de la Champville devant avoir prt
aux expditions suivantes, le duc dpucellera Fanny.
     Le cinq, cette Fanny sera marie  Hyacinthe, qui jouira de sa jeune
pouse devant l'assemble. Telle sera la fte de la cinquime semaine et, le
soir, les corrections  l'ordinaire, parce que les mariages se clbreront ds
le matin.
     Le huit dcembre, Curval dpucellera Michette.
     Le onze, le duc dpucellera Sophie.
     Le douze, pour clbrer la fte de la sixime semaine, Sophie sera marie
 Cladon et avec les mmes clauses que le mariage ci-dessus. Ce qui ne se
rptera plus pour les suivants.
     Le quinze, Curval dpucellera Hb.
     Le dix-huit, le duc dpucellera Zelmire, et le dix-neuf, pour clbrer la
fte de la septime semaine, Adonis pousera Zelmire.
     Le vingt, Curval dpucellera Colombe.
     Le vingt-cinq, jour de Nol, le duc dpucellera Augustine, et le
vingt-six, pour la fte de la huitime semaine, Zphire pousera Augustine.
     Le vingt-neuf, Curval dpucellera Rosette, et les arrangements ci-dessus
ont t pris pour que Curval, moins membr que le duc, ait les plus jeunes
pour sa part.
     Le premier janvier, premier jour o les narrations de la Martaine auront
mis en tat de songer  de nouveaux plaisirs, on procdera aux dflorations
sodomites dans l'ordre suivant:
     Le premier janvier, le duc enculera Hb.
     Le deux, pour clbrer la neuvime semaine, Hb ayant t dpucele par
devant par Curval, par derrire par le duc, sera livre  Hercule qui en
jouira comme il sera prescrit devant l'assemble.
     Le quatre, Curval enculera Zlamir.
     Le six, le duc enculera Michette, et le neuf, pour clbrer la fte de la
dixime semaine, cette Michette, qui aura t dpucele en con par Curval, en
cul par le duc, sera livre  Brise-cul pour en jouir, etc.
     Le onze, l'vque enculera Cupidon.
     Le treize, Curval enculera Zelmire.
     Le quinze, l'vque enculera Colombe.
     Le seize, pour la fte de la onzime semaine, Colombe, qui aura t
dpucele en con par Curval et en cul par l'vque, sera livre  Antinos qui
en jouira, etc.
     Le dix-sept, le duc enculera Giton.
     Le dix-neuf, Curval enculera Sophie.
     Le vingt et un, l'vque enculera Narcisse.
     Le vingt deux, le duc enculera Rosette.	
     Le vingt-trois, pour la fte de la douzime semaine, Rosette sera livre
 Bande-au-ciel.
     Le vingt-cinq, Curval enculera Augustine.
     Le vingt-huit, l'vque enculera Fanny. 
    Le trente, pour la fte de la treizime semaine, le duc pousera Hercule
comme mari et Zphire comme femme, et le mariage s'accomplira, ainsi que les
trois autres suivants, devant tout le monde.
     Le six fvrier, pour la fte de la quatorzime semaine, Curval pousera
Brise-cul comme mari et Adonis comme femme.
     Le treize fvrier, pour la fte de la quinzime semaine, l'vque
pousera Antinos comme mari et Cladon comme femme.
     Le vingt fvrier, pour la fte de la seizime semaine, Durcet pousera
Bande-au-ciel comme mari et Hyacinthe comme femme.
     A l'gard de la fte de la dix-septime semaine qui tombe le vingt-sept
de fvrier, veille de la clture des narrations, on la clbrera par des
sacrifices dont messieurs se rservent in petto le choix des victimes.
 
    Moyennant ces arrangements, ds le trente janvier tous les pucelages sont
pris, except ceux des quatre jeunes garons que messieurs doivent pouser
comme femmes et qu'ils se rservent intacts jusque-l, afin de faire durer
l'amusement jusqu'au bout du voyage. A mesure que les sujets seront dpucels,
ils remplaceront les pouses sur les canaps, aux narrations, et, les nuits,
prs de messieurs alternativement  leur choix, avec les quatre derniers
gitons, que messieurs se rservent pour femmes dans le dernier mois. Du moment
qu'une fille ou qu'un garon dpucel aura remplac une pouse au canap,
cette pouse sera rpudie. De ce moment, elle sera dans le discrdit gnral
et n'aura plus rang qu'aprs les servantes. A l'gard d'Hb, ge de douze
ans, de Michette, ge de douze ans, de Colombe, ge de treize ans, et de
Rosette, ge de treize ans,  mesure qu'elles auront t livres aux fouteurs
et vues par eux, elles tomberont de mme dans le discrdit, ne seront plus
admises qu'aux volupts dures et brutales, auront rang avec les pouses
rpudies et seront traites avec la plus extrme rigueur. Et ds le
vingt-quatre janvier, toutes quatre se trouveront au mme taux sur cet objet.
 
    Par ce tableau, on voit que le duc aura eu les pucelages des cons de
Fanny, Sophie, Zelmire, Augustine, et ceux des culs d'Hb, Michette, Giton,
Rosette et Zphire; que Curval aura eu les pucelages des cons de Michette,
Hb, Colombe, Rosette et ceux des culs de Zlamir, Zelmire, Sophie, Augustine
et Adonis; que Durcet, qui ne fout point, aura eu le seul pucelage du cul
d'Hyacinthe, qu'il pousera comme femme; et que l'vque, qui ne fout qu'en
cul, aura eu les pucelages sodomites de Cupidon, de Colombe, de Narcisse, de
Fanny et de Cladon. 

    La journe entire s'tant passe, tant  dresser ces arrangements qu' en
jaser, et personne ne s'tant trouv en faute, tout se passa sans vnements
jusqu' l'heure de la narration, o les arrangements se trouvant les mmes,
quoique toujours varis, la clbre Duclos monta sur sa tribune et reprit en
ces termes sa narration de la veille.
 
    "Un jeune homme dont la manie, quoique bien peu libertine  mon avis, n'en
tait pas moins assez singulire, parut chez Mme Gurin  fort peu de temps de
la dernire aventure dont je vous ai parl hier. Il lui fallait une nourrice
jeune et frache; il la ttait et dchargeait sur les cuisses de cette bonne
femme en se gorgeant de son lait. Son vit me parut trs mesquin et toute sa
personne assez chtive, et sa dcharge fut aussi douce que son opration.
     "Il en parut un autre, le lendemain, dans la mme chambre, dont la manie
vous paratra sans doute plus divertissante. Il voulait que la femme ft
entortille dans un voile qui lui cacht hermtiquement tout le sein et toute
la figure. La seule partie du corps qu'il dsirait voir et qu'il fallait lui
trouver dans le dernier degr de supriorit, c'tait le cul; tout le reste
lui tait indiffrent, et l'on tait sr qu'il aurait t bien fch d'y jeter
les yeux. Mme Gurin lui fit venir une femme du dehors, d'une laideur amre et
ge de prs de cinquante ans, mais dont les fesses taient coupes comme
celles de Vnus. Rien de plus beau ne pouvait s'offrir  la vue. Je voulais
voir cette opration. La vieille dugne, bien embguine, fut se placer tout
de suite  plat ventre sur le bord du lit. Notre libertin, homme d'environ
trente ans et qui me parut tre de robe, lui lve les jupes jusqu'au-dessus
des reins, s'extasie  la vue des beauts de son got qui lui sont offertes.
Il touche, il carte ce superbe fessier, il baise avec ardeur, et son
imagination s'enflammant bien plus pour ce qu'il suppose que pour ce qu'il
aurait vu sans doute effectivement si la femme et t dvoile et mme jolie,
il s'imagine avoir affaire  Vnus mme, et au bout d'une assez courte
carrire, son engin, devenu dur  force de secousses, darde une pluie bnigne
sur l'ensemble du superbe fessier qu'on expose  ses yeux. Sa dcharge fut
vive et imptueuse. Il tait assis devant l'objet de son culte; une de ses
mains l'ouvrait pendant que l'autre le polluait, et il s'cria dix fois: "Quel
beau cul! Ah! quel dlice d'inonder de foutre un tel cul!" ll se leva ds
qu'il eut fini et dcampa sans seulement tmoigner le moindre dsir de savoir
 qui il avait eu affaire.
     "Un jeune abb demanda ma soeur quelque temps aprs. Il tait jeune et
joli, mais  peine pouvait-on distinguer son vit, tant il tait petit et mou.
Il l'tendit presque nue sur un canap, se mit  genoux entre ses cuisses, lui
soutenant les fesses des deux mains et lui chatouillant avec une le joli petit
trou de son derrire. Pendant ce temps-l, sa bouche se porta sur le con de ma
soeur. Il lui chatouilla le clitoris avec la langue, et s'y prit si
admirablement, fit un usage si compass et si gal de ses deux mouvements,
qu'en trois minutes il la plongea dans le dlire. Je vis sa tte se pencher,
ses yeux s'garer, et la friponne s'cria: "Ah! mon cher abb, tu me fais
mourir de plaisir." L'habitude de l'abb tait d'avaler exactement la liqueur
que son libertinage faisait couler. Il n'y manqua pas, et se secouant,
s'agitant  son tour tout en oprant contre le canap sur lequel tait ma
soeur, je lui vis rpandre  terre les marques certaines de sa virilit. J'eus
mon tour le lendemain, et je puis vous assurer, messieurs, que c'est une des
plus douces oprations o je me sois trouve de ma vie. Le fripon d'abb eut
mes prmices, et le premier foutre que je perdis fut dans sa bouche. Plus
empresse que ma soeur de lui rendre le plaisir qu'il me faisait, je saisis
machinalement son vit flottant, et ma petite main lui rendit ce que sa bouche
me faisait prouver avec tant de dlices."
 
    Ici le duc ne put s'empcher d'interrompre. Singulirement chauff des
pollutions auxquelles il s'tait prt le matin, il crut que ce genre de
lubricit, excut avec la dlicieuse Augustine dont les yeux veills et
fripons annonaient le temprament le plus prcoce, lui ferait perdre un
foutre dont ses couilles se sentaient trop vivement picotes. Elle tait de
son quadrille, il l'aimait assez, elle lui tait destine pour la dfloration:
il l'appela. Elle tait, ce soir-l, vtue en marmotte et charmante sous ce
dguisement. La dugne lui retroussa les jupes et l'tablit dans la posture
qu'avait dpeinte Duclos. Le duc s'empara d'abord des fesses, s'agenouilla,
introduisit un doigt au bord de l'anus qu'il chatouilla lgrement, saisit le
clitoris que cette aimable enfant avait dj trs marqu, il sua. Les
Languedociennes ont du temprament; Augustine en fut la preuve: ses jolis yeux
s'animrent, elle soupira, ses cuisses s'largirent machinalement; et le duc
fut assez heureux pour obtenir un jeune foutre qui coulait sans doute pour la
premire fois. Mais on n'obtient point deux bonheurs de suite. Il y a des
libertins si tellement endurcis dans le vice que plus la chose qu'ils font est
simple et dlicate, moins leur maudite tte s'en irrite. Notre cher duc tait
du nombre; il avala le sperme de cette dlicieuse enfant sans que le sien
voult couler. On vit l'instant, car rien n'est inconsquent comme un
libertin, l'instant, dis-je, o il allait en accuser cette pauvre petite
malheureuse qui, toute confuse d'avoir cd  la nature, cachait sa tte dans
ses mains et chercha  refuir  sa place. "Qu'on en place une autre, dit le
duc en jetant des regards furieux sur Augustine, je les sucerais plutt toutes
que de n'y pas perdre mon foutre." On amne Zelmire, la seconde fille de son
quadrille et qui lui tait galement dvolue. Elle tait du mme ge
qu'Augustine, mais le chagrin de sa situation enchanait dans elle toutes les
facults d'un plaisir que, peut-tre sans cela, la nature lui et galement
permis de goter. On la trousse au-dessus de deux petites cuisses plus
blanches que l'albtre; elle fait voir une petite motte rebondie, couverte
d'un lger duvet qui commenait  peine  natre. On la place; oblige de se
prter, elle obit machinalement, mais le duc a beau faire, rien ne vient. Il
se relve furieux au bout d'un quart d'heure et, se jetant dans son cabinet
avec Hercule et Narcisse: "Ah! foutre, dit-il. Je vois bien que ce n'est point
l le gibier qu'il me faut, dit-il en parlant des deux filles, et que je ne
russirai qu'avec celui-l." On ignore quels furent les excs o il se livra,
mais au bout d'un instant on entendit des cris et des hurlements qui
prouvaient que sa victoire tait remporte et que des garons taient, pour
une dcharge, des vhicules toujours bien plus srs que les plus adorables
filles. Pendant ce temps-l, l'vque avait galement chambr Giton, Zlamir
et Bande-au-ciel, et les lans de sa dcharge ayant aussi frapp les oreilles,
les deux frres qui, vraisemblablement, s'taient  peu prs livrs aux mmes
excs, revinrent couter plus tranquillement le reste du rcit que notre
hrone reprit en ces termes.
 
    "Prs de deux annes s'coulrent sans qu'il part chez la Gurin d'autres
personnages, ou que des gens  gots trop communs pour vous tre raconts, ou
que de ceux dont je viens de vous parler, lorsque l'on me fit dire de
m'ajuster et surtout de bien laver ma bouche. J'obis, et descends quand on
m'avertit. Un homme d'environ cinquante ans, gros et pais, tait avec Gurin.
"Tenez, la voil, dit-elle, monsieur. a n'a que douze ans et c'est propre et
net comme si a sortait du ventre de sa mre; de a je puis vous en rpondre."
Le chaland m'examine, me fait ouvrir la bouche, examine mes dents, respire mon
haleine et, content du tout sans doute, il passe avec moi dans le temple
destin aux plaisirs. Nous nous asseyons tous les deux bien en face l'un de
l'autre et fort prs. Rien de si srieux que mon galant, rien de plus froid et
de plus flegmatique. Il me lorgnait, me regardait avec des yeux  demi ferms,
et je ne pouvais comprendre o tout cela allait aboutir, lorsque, rompant le
silence  la fin, il me dit d'attirer dans ma bouche le plus de salive que je
pourrais. J'obis, et des qu'il juge que ma bouche en est pleine, il se jette
avec ardeur  mon col, passe son bras autour de ma tte afin de me la fixer
et, collant ses lvres sur les miennes, il pompe, il attire, il suce et avale
avec empressement tout ce que j'avais amass de la liqueur enchanteresse qui
paraissait le combler d'extase. Il attire ma langue  lui avec la mme fureur
et, des qu'il la sent sche et qu'il s'aperoit qu'il n'y a plus rien dans ma
bouche, il m'ordonne de recommencer mon opration. Il renouvelle la sienne, je
refais la mienne, et ainsi huit ou dix fois de suite. Il sua ma salive avec
une telle fureur que je m'en sentis la poitrine oppresse. Je crus qu'au moins
quelques tincelles de plaisir allaient couronner son extase; je me trompais.
Son flegme, qui ne se dmontait un peu qu'aux instants de ses ardentes
succions, redevenait le mme ds qu'il avait fini, et, ds que je lui eus dit
que je n'en pouvais plus, il se remit  me lorgner,  me fixer, comme il avait
fait en commenant, se leva sans me dire un mot, paya la Gurin et sortit."
 
    "Ah! sacredieu, sacredieu! dit Curval, je suis donc plus heureux que lui,
car je dcharge." Toutes les ttes se lvent, et chacun voit le cher prsident
faisant  Julie, sa femme, qu'il avait ce jour-l pour compagne au canap, la
mme chose que Duclos venait de raconter. On savait que cette passion tait
assez de son got,  quelques pisodes prs, que Julie lui procurait au mieux
et que la jeune Duclos n'avait sans doute pas si bien fournis  son galant,
s'il faut en croire au moins les recherches qu'exigeait celui-ci et qu'il s'en
fallait bien que le prsident dsirt.
 
    "Un mois aprs, dit Duclos,  qui on avait ordonn de continuer, j'eus
affaire au suceur d'une route absolument oppose. Celui-ci tait un vieil abb
qui, aprs m'avoir pralablement bais et caress le derrire pendant plus
d'une demi-heure, enfona sa langue au trou, l'y fit pntrer, l'y darda, l'y
tourna et retourna avec tant d'art que je crus presque la sentir au fond de
mes entrailles. Mais celui-ci, moins flegmatique, en cartant mes fesses d'une
main, se branlait trs voluptueusement de l'autre et dchargea en attirant 
lui mon anus avec tant de violence, en le chatouillant si lubriquement, que je
partageai son extase. Quand il eut fait, il examina encore un instant mes
fesses, fixa ce trou qu'il venait d'largir, ne put s'empcher d'y coller
encore une fois ses baisers, et dcampa, en m'assurant qu'il reviendrait me
demander souvent et qu'il tait trs content de mon cul. Il m'a tenu parole
et, pendant prs de six mois, il vint me faire trois ou quatre fois de la
semaine la mme opration  laquelle il m'avait si bien accoutume qu'il ne
l'entreprenait plus sans me faire expirer de plaisir. Episode, au reste, qui
me parut lui tre assez indiffrent, car il ne me parut jamais ou qu'il s'en
informt, ou qu'il s'en soucit. Qui sait mme, tant les hommes sont
extraordinaires, s'il ne lui aurait peut-tre pas dplu."
 
    Ici Durcet, que ce rcit venait d'enflammer, voulut, comme le vieil abb,
sucer le trou d'un cul, mais non pas celui d'une fille. Il appelle Hyacinthe:
c'tait celui de tous qui lui plaisait le plus. Il le place, il baise le cul,
il branle le vit, il gamahuche. Au tressaillement de ses nerfs, au spasme qui
prcdait toujours sa dcharge, on croit que son vilain petit anchois, que
secouait Aline de son mieux, allait enfin dgorger sa semence, mais le
financier n'tait pas si prodigue de son foutre: il ne banda seulement pas. On
imagine de le changer d'objet, Cladon est offert et rien n'avance. Une cloche
heureuse qui annonait le souper vient sauver l'honneur du financier. "Ce
n'est pas ma faute, dit-il en riant  ses confrres, vous le voyez, j'allais
remporter la victoire; c'est ce maudit souper qui la retarde. Allons changer
de volupt. Je n'en reviendrai que plus ardent aux combats de l'amour, quand
Bacchus m'aura couronn". Le souper, aussi succulent que gai, et lubrique
comme  l'ordinaire, fut suivi d'orgies o l'on fit beaucoup de petites
infamies. Il y eut beaucoup de bouches et de culs sucs, mais une des choses 
quoi l'on s'amusa le plus fut de cacher le visage et la gorge des jeunes
filles et de parier de les reconnatre rien qu'en examinant leurs fesses. Le
duc s'y trompa quelquefois, mais les trois autres avaient une telle habitude
du cul qu'ils ne s'y tromprent pas une seule fois. On fut se coucher, et le
lendemain ramena de nouveaux plaisirs et quelques nouvelles rflexions.
 

                                    (VIII)
                                        
                               Quatrime journe

     Les amis tant bien aises de distinguer  tout instant de la journe ceux
des jeunes gens, soit en filles, soit en garons, dont les pucelages devaient
leur appartenir, dcidrent de 1eur faire porter, dans tous leurs divers
ajustements, un ruban  leurs cheveux qui indiqut  qui ils appartenaient. En
consquence, le duc adopta le rose et le vert, et tout ce qui aurait un ruban
rose par-devant lui appartiendrait pour le con, de mme que tout ce qui en
porterait un vert par-derrire serait  lui pour le cul. De ce moment Fanny,
Zelmire, Sophie et Augustine prirent un noeud rose dans un des cts de leur
coiffure, et Rosette, Hb, Michette, Giton et Zphire en placrent un vert
dans le derrire de leurs cheveux, pour preuve des droits que le duc avait sur
leurs culs. Curval prit le noir pour le devant et le jaune pour le derrire,
de faon que Michette, Hb, Colombe et Rosette portrent toujours  l'avenir
un noeud noir en devant, et Sophie, Zelmire, Augustine, Zlamir et Adonis en
placrent un jaune au chignon. Durcet marqua le seul Hyacinthe d'un ruban
lilas par-derrire, et l'vque, qui n'avait pour lui que cinq prmices
sodomites, ordonna  Cupidon, Narcisse, Cladon, Colombe et Fanny d'en porter
un violet par-derrire. Jamais, quelque ajustement qu'on et, ces rubans ne
devaient se quitter, et d'un coup d'oeil, en voyant une de ces jeunes
personnes d'une telle couleur par-devant et d'une autre par-derrire, on
distinguait tout de suite qui avait des droits sur son cul et qui en avait sur
son con. Curval, qui avait pass la nuit avec Constance, s'en plaignit
vivement le matin. On ne sait trop sur quoi roula le motif de ses plaintes; il
faut si peu de chose pour dplaire  un libertin. Tant il y a qu'il allait la
faire mettre en punition pour le samedi prochain, lorsque cette belle personne
dclara qu'elle tait grosse, car Curval, le seul qu'on et pu en souponner,
avec son mari, ne l'avait connue charnellement que depuis les commencements de
cette partie, c'est--dire depuis quatre jours. Cette nouvelle amusa beaucoup
nos libertins par les volupts clandestines qu'ils virent bien qu'elle leur
procurerait. Le duc n'en revenait pas. Quoi qu'il en soit, l'vnement lui
valut l'exemption de la peine qu'elle et d subir sans cela pour avoir dplu
a Curval. On voulait laisser mrir la poire, une femme grosse les
divertissait, et ce qu'ils s'en promettaient pour les suites amusait encore
bien plus lubriquement leur perfide imagination. On la dispensa du service de
table, des punitions et de quelques autres petits dtails que son tat ne
rendait plus voluptueux  lui voir remplir; mais elle fut toujours oblige au
canap et  partager jusqu' nouvel ordre la couche de qui voudrait la
choisir: Ce fut Durcet qui, ce matin-l, se prta aux exercices de pollutions,
et, comme son vit tait extraordinairement petit, il donna plus de peine aux
colires. Cependant on travailla; mais le petit financier, qui avait fait
toute la nuit le mtier de femme, ne put jamais soutenir celui d'homme. Il fut
cuirass, intraitable, et l'art de ces huit charmantes colires, diriges par
la plus habile matresse, ne vint seulement pas  bout de lui faire lever le
nez. Il en sortit tout triomphant, et comme l'impuissance donne toujours un
peu de cette sorte d'humeur qu'on appelle taquinisme en libertinage, ses
visites furent tonnamment svres. Rosette chez les filles et Zlamir chez
les garons en furent les victimes: l'un n'tait pas comme on lui avait dit de
se trouver -cette nigme s'expliquera -et l'autre s'tait malheureusement
dfait de ce qu'on lui avait ordonn de garder. Il ne parut aux lieux publics
que la Duclos, Marie, Aline et Fanny, deux fouteurs de la seconde classe, et
Giton. Curval, qui bandait beaucoup ce jour-l, s'chauffa beaucoup avec
Duclos. Le dner, o il se tint des propos trs libertins, ne le calma point,
et le caf prsent par Colombe, Sophie, Zphire, et son cher ami Adonis,
acheva d'embraser sa tte. Il saisit ce dernier et, le culbutant sur un sofa,
il lui plaa en jurant son membre norme entre les cuisses, par-derrire, et
comme cet norme outil dpassait de plus de six pouces de l'autre ct, il
ordonna au jeune garon de branler fortement ce qui sortait et se mit lui 
branler l'enfant au-dessus du morceau de chair dont il le tenait embroch.
Pendant ce temps-l, il prsentait  l'assistance un cul aussi sale que 1arge,
dont l'orifice impur vint  tenter le duc. Voyant ce cul  sa porte, il y
braqua son nerveux instrument, en continuant de sucer la bouche de Zphire,
opration qu'il avait entreprise avant que ne lui prt l'ide qu'il excutait.
Curval, qui ne s'attendait pas  une telle attaque, en blasphma de joie. Il
trpigna, il s'largit, se prta. En ce moment, 1e jeune foutre du charmant
garon qu'il branlait dgoutte sur la tte norme de son instrument en fureur.
Le foutre chaud dont il se sent mouill, les secousses ritres du duc qui
commenait  dcharger aussi, tout l'entrane, tout le dtermine, et des flots
d'un sperme cumeux vont inonder le cul de Durcet qui tait venu se poster l,
vis--vis, pour qu'il n'y et, dit-il, rien de perdu, et dont les fesses
blanches et poteles furent doucement submerges d'une liqueur enchanteresse
qu'il et bien mieux aime dans ses entrailles. Cependant l'vque n'tait pas
oisif; il suait tour  tour les trous de culs divins de Colombe et de Sophie;
mais fatigu sans doute de quelques exercices nocturnes, il ne donna mme
point de preuve d'existence, et comme tous les libertins que le caprice et le
dgot rendent injustes, il s'en prit durement  ces deux dlicieuses enfants
des torts trop mrits de sa dbile nature. On sommeilla quelques instants, et
l'heure des narrations tant venue, on fut couter l'aimable Duclos qui reprit
son rcit de la manire suivante:
 
    "Il y avait eu quelques changements dans la maison de Mme Gurin, dit
notre hrone. Deux trs jolies filles venaient de trouver des dupes qui les
entretinrent et qu'elles tromprent comme nous faisons toutes. Pour remplacer
cette perte, notre chre maman avait jet les yeux sur la fille d'un
cabaretier de la rue Saint-Denis, ge de treize ans et l'une des plus jolies
cratures qu'il ft possible de voir. Mais la petite personne, aussi sage que
pieuse, rsistait  toutes ses sductions, lorsque la Gurin, aprs s'tre
servie d'un moyen trs adroit pour l'attirer un jour chez elle, la mit
aussitt entre les mains du personnage singulier dont je vais vous dcrire la
manie. C'tait un ecclsiastique de cinquante-cinq  cinquante-six ans, mais
frais et vigoureux et auquel on n'en aurait pas donn quarante. Aucun tre
dans 1e monde n'avait un talent plus singulier que cet homme pour entraner
des jeunes filles dans le vice, et comme c'tait son art le plus sublime, il
en fait aussi son seul et son unique plaisir. Toute sa volupt consistait 
draciner les prjugs de l'enfance,  faire mpriser la vertu et  parer le
vice des plus belles couleurs. Rien n'y tait nglig: tableaux sduisants,
promesses f1atteuses, exemples dlicieux, tout tait mis en oeuvre, tout tait
adroitement mnag, tout artistement proportionn  l'ge,  l'espce d'esprit
de l'enfant, et jamais il ne manquait son coup. En deux seules heures de
conversation, il tait sr de faire une putain de la petite fille la plus sage
et la plus raisonnable, et depuis trente ans qu'il exerait ce mtier-l dans
Paris, il avait avou  Mme Gurin, l'une de ses meilleures amies, qu'il avait
sur son catalogue plus de dix mille jeunes filles sduites et jetes par lui
dans le libertinage. Il rendait de pareils services  plus de quinze
maquerelles, et quand on ne l'exerait pas, il faisait des recherches pour son
propre compte, corrompait tout ce qu'il trouvait et l'envoyait ensuite  ses
achalandeurs. Car ce qu'il y a de fort extraordinaire et ce qui fait,
messieurs, que je vous cite l'histoire de ce personnage singu1ier, jamais il
ne jouissait du fruit de ses travaux; il s'enfermait seul avec l'enfant, mais
de tous les ressorts que lui prtaient son esprit et son loquence, sortait
trs enflamm. On tait parfaitement sr que l'opration irritait ses sens,
mais il tait impossible de savoir ni o ni comment il les satisfaisait.
Parfaitement examin, on n'a jamais vu de lui qu'un feu prodigieux dans 1e
regard  la fin de son discours, quelques mouvements de sa main sur le devant
de sa culotte, qui annonait une rection dcide produite par l'oeuvre
diabolique qu'il commettait, mais jamais autre chose. Il vint; on l'enferma
avec la jeune cabaretire. Je l'observai; le tte--tte fut long, le
sducteur y mit un pathtique tonnant, l'enfant pleura, s'anima, eut l'air
d'entrer en une sorte d'enthousiasme. Ce fut l'instant o les yeux du
personnage s'enflammrent le plus et o nous remarqumes 1es gestes sur sa
culotte. Peu aprs, il se leva, l'enfant lui tendit les bras comme pour
1'embrasser, il 1a baisa comme un pre et n'y mit aucune sorte de lubricit.
Il sortit, et trois heures aprs la petite fille arriva chez Mme Gurin avec
son paquet."
 
    "Et l'homme? dit le duc. -il avait disparu ds aprs sa leon, rpondit
Duclos. -Sans revenir voir l'issue de ses travaux? -Non, monseigneur, il en
tait sr; il n'en avait jamais manqu une. -Voil un personnage trs
extraordinaire, dit Curval. Qu'en augurez-vous, monsieur le duc? -J'en augure,
rpondit celui-ci, qu'il s'chauffait uniquement de cette sduction et qu'il
en dchargeait dans sa culotte. -Non, dit l'vque, vous n'y tes pas; ceci
n'tait qu'un prparatif  ses dbauches, et au sortir de l, je parie qu'il
en allait consommer de plus grandes. -De plus grandes? dit Durcet. Et quelle
volupt plus dlicieuse et-il pu se procurer que celle de jouir de son propre
ouvrage, puisqu'il en tait le matre? -Eh bien! dit le duc, je parie que je
l'ai devin: ceci, comme vous le dites, n'tait qu'un prparatif: il
s'chauffait la tte  corrompre des filles, et allait enculer des garons...
Il tait bougre, je le parie." On demanda  Duclos si elle n'avait aucune
preuve de ce qu'on supposait l, et s'il ne sduisait pas aussi des petits
garons. Notre historienne rpondit qu'elle n'en avait aucune preuve, et
malgr l'assertion trs vraisemblable du duc, chacun resta nanmoins en
suspens sur le caractre de ce prdicateur trange, et aprs qu'on fut convenu
gnralement que sa manie tait vraiment dlicieuse, mais qu'il fallait en
consommer 1'oeuvre ou faire pis aprs, Duclos reprit ainsi le fil de sa
narration:
 
    "Ds le lendemain de l'arrive de notre jeune novice, qui se nommait
Henriette, il arriva un paillard  fantaisie qui nous mit, elle et moi, toutes
deux,  l'oeuvre  la fois. Ce nouveau libertin n'avait point d'autre plaisir
que d'observer par un trou toutes les volupts un peu singulires qui se
passaient dans une chambre voisine. Il aimait  les surprendre et trouvait
ainsi dans les plaisirs des autres un aliment divin  sa lubricit. On le
plaa dans la chambre dont je vous ai parl et dans laquelle j'allais si
souvent, ainsi que mes compagnes, espionner, pour me divertir, les passions
des libertins. Je fus destine  l'amuser pendant qu'il examinerait, et la
jeune Henriette passa dans l'autre appartement avec le gamahucheur de trou de
cul dont je vous ai parl hier. La passion trs voluptueuse de ce paillard
tait le spectacle qu'on voulait donner  mon examinateur, et pour le mieux
enflammer et qu'il rendt sa scne plus chaude et plus agrable  voir, on le
prvint que la fille qu'on lui donnait tait une novice et que c'tait avec
lui qu'elle faisait sa premire partie. Il s'en convainquit aisment  l'air
de pudeur et d'enfance de la petite cabaretire. Ainsi fut-il aussi chaud et
aussi lubrique qu'il tait possible de l'tre dans ses exercices libidineux,
qu'il tait bien loin de croire observs. Quant  mon homme, l'oeil coll au
trou, une main sur mes fesses, l'autre  son vit qu'il agitait peu  peu, il
semblait rgler son extase sur celle qu'il surprenait. "Ah! quel spectacle!
disait-il de temps en temps... Comme cette petite fille a un beau cul et comme
ce bougre-l, le baise bien!" Enfin l'amant d'Henriette ayant dcharg, le
mien me prit entre ses bras et, aprs m'avoir baise un moment, il me
retourna, mania, baisa, lcha lubriquement mon derrire et m'inonda des fesses
des preuves de sa virilit."
 
    "En se branlant lui-mme? dit le duc. -Oui, monseigneur, reprit Duclos, et
en branlant, je vous assure, un vit qui par sa petitesse incroyable ne vaut
pas la peine d'un dtail."
 
    "Le personnage qui parut ensuite, continua Duclos, ne mriterait peut-tre
pas d'tre sur ma liste, s'il ne m'et sembl digne de vous tre cit par la
circonstance, selon moi assez singulire, qu'il mlait  ses plaisirs,
d'ailleurs assez simples, et qui va vous faire voir  quel point le
libertinage dgrade dans l'homme tous les sentiments de pudeur, de vertu et
d'honntet. Celui-ci ne voulait pas voir, il voulait tre vu. Et sachant
qu'il y avait des hommes dont la fantaisie tait de surprendre les volupts
des autres, il pria la Gurin de faire cacher un homme de ce got-l et qu'il
lui donnerait le spectacle de ses plaisirs. La Gurin avertit l'homme que je
venais d'amuser quelques jours avant au trou et, sans lui dire que l'homme
qu'il allait voir savait bien qu'il serait vu, ce qui aurait troubl ses
volupts, elle lui fit croire qu'il allait surprendre bien  son aise le
spectacle qu'on allait lui offrir. L'examinateur fut enferm dans la chambre
du trou avec ma soeur et je passai avec l'autre. Celui-ci tait un jeune homme
de vingt-huit ans, beau et frais. Instruit de l'endroit du trou, il se porta
sans affectation vis--vis et m'y fit placer  ct de lui. Je le branlai. Ds
qu'il banda, il se leva, fit voir son vit  l'examinateur, se retourna, montra
son cul, me troussa, fit voir le mien, se mit  genoux devant, me branla
l'anus avec le bout de son nez, carta bien, montra tout avec dlices et
exactitude et dchargea en se branlant lui-mme, pendant qu'il me tenait
trousse par-derrire devant le trou, en telle sorte que celui qui l'occupait
voyait  la fois  ce moment dcisif et mes fesses et le vit en courroux de
mon amant. Si celui-ci s'tait dlect, Dieu sait ce que l'autre prouva. Ma
soeur dit qu'il tait aux nues et qu'il avouait n'avoir jamais eu tant de
plaisir, et ses fesses furent inondes d'aprs cela pour le moins autant que
l'avaient t les miennes."
 
    "Si le jeune homme avait un beau vit et un beau cul, dit Durcet, il y
avait l de quoi faire une jolie dcharge. -Elle dut donc tre dlicieuse, dit
Duclos, car son vit tait trs long, assez gros et son cul aussi doux, aussi
potel, aussi joliment form, que celui de l'Amour lui-mme. -Ecarttes-vous
ses fesses? dit l'vque, ftes-vous voir le trou  l'examinateur? -Oui,
monseigneur, dit Duclos, il fit voir le mien, j'ouvris le sien, il le
prsentait le plus lubriquement du monde. -J'ai vu une douzaine de scnes
comme cela dans ma vie, dit Durcet, qui m'ont bien cot du foutre. Il en est
peu de plus dlicieuses  faire: je parle de toutes deux, car il est aussi
joli de surprendre que de vouloir l'tre."
 
    "Un personnage  peu prs du mme got, continua Duclos, me mena aux
Tuileries quelques mois aprs. Il voulait que je fasse raccrocher des hommes
et que je vinsse les lui branler positivement sous le nez, au milieu d'un tas
de chaises parmi lesquelles il s'tait cach; et aprs lui en avoir branl
ainsi sept ou huit, il se plaa sur un banc, dans une des alles les plus
passagres, troussa mes jupes par-derrire, fit voir mon cul aux passants, mit
son vit  l'air et m'ordonna de le branler devant tous les passants, ce qui,
quoiqu'il ft nuit, fit un tel scandale que, lorsqu'il dbondait cyniquement
son foutre, il y avait plus de dix personnes autour de nous, et que nous fmes
obligs de nous sauver pour n'tre pas honnis.
     "Quand je racontai  la Gurin notre histoire, elle en rit et me dit
qu'elle avait connu un homme  Lyon o des garons font le mtier de
maquereaux, un homme, dis-je, dont la manie tait pour le moins aussi
singulire. Il se dguisait comme les mercures publics, amenait lui-mme du
monde  deux filles qu'il payait et entretenait pour cela, puis se cachait
dans un coin pour voir oprer sa pratique qui, dirige par la fille qu'il
soudoyait  cet effet, ne manquait pas de lui faire voir le vit et les fesses
du libertin qu'elle tenait, seule volupt qui ft du got de notre faux
mercure et qui avait l'art de lui faire perdre son foutre."
 
    Duclos ayant fini ce soir-l son rcit de bonne heure on employa le reste
de la soire, avant l'instant du service,  quelques lubricits de choix; et
comme on avait la tte chauffe sur le cynisme, on ne passa point dans le
cabinet et chacun s'amusa l'un devant l'autre. Le duc fit mettre la Duclos
toute nue, il la fit pencher, appuyer sur le dos d'une chaise et ordonna  la
Desgranges de le branler sur les fesses de sa camarade, de manire  ce que la
tte de son vit effleurt le trou du cul de la Duclos  chaque secousse. On
joignit  cela quelques autres pisodes que l'ordre des matires ne nous
permet pas encore de dvoiler, tant y a que le trou du cul de l'historienne
fut compltement arros et que le duc, trs bien servi et trs compltement
entour, dchargea avec des hurlements qui prouvrent bien  quel point tait
chauffe sa tte. Curval se fit foutre, l'vque et Durcet firent de leur
ct, avec les deux sexes, des choses trs tranges, et l'on servit. Aprs
souper, on dansa, les seize jeunes personnes, quatre fouteurs et les quatre
pouses purent former trois contredanses, mais tous les acteurs de ce bal
taient nus, et nos libertins, couchs nonchalamment sur des sofas,
s'amusaient dlicieusement de toutes les diffrentes beauts que leur
offraient tour  tour les diverses attitudes que la danse obligeait de
prendre. Ils avaient auprs d'eux les historiennes qui les manualisaient plus
ou moins vite en raison du plus ou moins de plaisir qu'ils prenaient, mais,
puiss des volupts du jour, personne ne dchargea, et chacun fut prendre au
lit les forces ncessaires  se livrer le lendemain  de nouvelles infamies.
 

                                     (IX)
                                        
                               Cinquime journe

     Ce fut Curval qui, ce matin-l, fut se prter aux masturbations de
l'cole, et comme les jeunes filles commenaient  faire des progrs, il eut
beaucoup de peine  rsister aux secousses multiplies, aux postures lubriques
et varies de ces huit charmantes petites filles. Mais comme il voulait se
rserver, il quitta le poste, on djeuna, et l'on statua ce matin-l que les
quatre jeunes amants de messieurs, savoir: Zphire, favori du duc, Adonis,
aim de Curval, Hyacinthe, ami de Durcet, et Cladon, de l'vque, seraient
dornavant admis  tous les repas  ct de leurs amants, dans la chambre
desquels ils coucheraient rgulirement toutes les nuits, faveur qu'ils
partageraient avec les pouses et les fouteurs; ce qui dispensa d'une
crmonie qu'on avait coutume de faire, comme on sait, le matin, qui
consistait en ce que les quatre fouteurs qui n'avaient point couch amenassent
quatre garons. Ils vinrent seuls, et quand messieurs passaient dans
l'appartement des jeunes garons, ils n'y taient reus avec les crmonies
prescrites que par les quatre qui restaient. Le duc qui, depuis deux ou trois
jours, s'amourachait de la Duclos, dont il trouvait le cul superbe et le
propos plaisant, exigea qu'elle coucht aussi dans sa chambre, et, cet exemple
ayant russi, Curval admit de mme dans la sienne la vieille Fanchon dont il
raffolait. Les deux autres attendirent encore quelque temps pour remplir cette
quatrime place de faveur dans leurs appartements, la nuit. On rgla dans la
mme matine que les quatre jeunes amants que l'on venait de choisir auraient
pour vtements ordinaires, toutes les fois qu'ils ne seraient pas obligs 
leur costume de caractre comme dans les quadrilles, auraient, dis-je, l'habit
et l'ajustement que je vais dcrire. C'tait une espce de petit surtout
troit, leste, dgag comme un uniforme prussien, mais infiniment plus court
et n'allant gure qu'au milieu des cuisses; ce petit surtout, agraf  la
poitrine et aux basques comme tous les uniformes, devait tre de satin rose
doubl de taffetas blanc, les revers et les parements taient de satin blanc
et, dessous, tait une espce de veste courte ou gilet, galement de satin
blanc et la culotte de mme; mais cette culotte tait ouverte en coeur
par-derrire, depuis la ceinture, de faon qu'en passant la main par cette
fente on prenait le cul sans la moindre difficult; un gros noeud de ruban la
refermait seul, et lorsqu'on voulait avoir l'enfant tout  fait nu en cette
partie, on ne faisait que lcher le noeud, lequel tait de la couleur choisie
par l'ami auquel appartenait le pucelage. Leurs cheveux, ngligemment relevs
de quelques boucles sur les cts, taient absolument libres et flottants
par-derrire et simplement nous d'un ruban de la couleur prescrite. Une
poudre trs parfume et d'une teinte entre le gris et le rose colorait leur
chevelure. Leurs sourcils trs soigns et communment peints en noir, joints 
une lgre teinte de rouge toujours sur leurs joues, achevaient de relever
l'clat de leur beaut; leur tte tait nue; un bas de soie blanc  coins
brods de rose couvrait leur jambe qu'un soulier gris, attach d'un gros noeud
rose, chaussait agrablement. Une cravate de gaze  la crme voluptueusement
noue se mariait  un petit jabot de dentelle, et, en les examinant ainsi tous
les quatre, on pouvait assurer qu'il ne pouvait, sans doute, rien se voir de
plus charmant au monde. Ds l'instant qu'ils furent ainsi adopts, toutes
permissions du genre de celles qui s'accordaient quelquefois le matin leur
furent absolument refuses, et l'on leur accorda d'ailleurs autant de droits
sur les pouses qu'en avaient les fouteurs: ils purent les maltraiter  leur
gr, non seulement aux repas, mais mme dans tous les autres instants de la
journe, srs que jamais on ne leur donnerait le tort. Ces occupations
remplies, on procda aux visites ordinaires. La belle Fanny,  laquelle Curval
avait fait dire de se trouver en un certain tat, se trouva dans l'tat
contraire (la suite nous expliquera tout ceci); elle fut mise sur le cahier
des corrections. Chez les jeunes gens, Giton avait fait ce qu'il tait dfendu
de faire; on le marqua de mme. Et aprs les fonctions de la chapelle
remplies, qui fournirent trs peu de sujets, on se mit  table. Ce fut le
premier repas servi o les quatre amants furent admis. Ils prirent place
chacun  ct de celui qui l'aimait, lequel l'avait  sa droite et son fouteur
favori  gauche. Ces charmants petits convives de plus gayrent le repas;
tous quatre taient trs gentils, d'une grande douceur et commenant  se
prter au mieux au ton de la maison. L'vque, trs en train ce jour-l, ne
cessa de baiser Cladon presque tout le temps du repas, et comme cet enfant
devait tre du quadrille servant le caf, il sortit un peu avant le dessert.
Quand monseigneur, qui venait de s'en chauffer la tte, le revit tout nu dans
le salon d' ct, il n'y tint plus. "Sacredieu! dit-il tout en feu, puisque
je ne peux pas l'enculer, au moins lui ferai je ce que Curval a fait hier 
son bardache." Et saisissant le petit bonhomme, il le coucha sur le ventre en
disant cela, lui glissa son vit dans les cuisses. Le libertin tait aux nues,
le poil de son vit frottait le trou mignon qu'il aurait bien voulu perforer;
une de ses mains maniait les fesses du dlicieux petit Amour, l'autre lui
branlait le vit. Il collait sa bouche sur celle de ce bel enfant, il pompait
l'air de sa poitrine, il en avalait la salive. Le duc, pour l'exciter du
spectacle de son libertinage, se plaa devant lui en gamahuchant le trou du
cul de Cupidon, le second des garons qui servaient le caf ce jour-l. Curval
vint sous ses yeux se faire branler par Michette, et Durcet lui offrit les
fesses cartes de Rosette. Tout travaillait  lui procurer l'extase o l'on
voyait qu'il aspirait; elle eut lieu, ses nerfs tressaillirent, ses yeux
s'allumrent; il et t effrayant pour tout autre que pour ceux qui
connaissaient quels taient sur lui les effets terribles de la volupt. Enfin
le foutre chappa et coula sur les fesses de Cupidon, qu' ce dernier moment
on eut soin de placer au-dessous de son petit camarade, pour recevoir des
preuves de virilit qui ne lui taient pourtant point dues. L'heure des
narrations vint, on s'arrangea. Par une assez singulire disposition prise,
tous les pres avaient ce jour-l leur fille sur leurs canaps; on ne s'en
effraya point, et Duclos reprit en ces termes:
 
    "Comme vous n'avez point exig, messieurs, que je vous rendisse un compte
exact de ce qui m'arriva jour par jour chez Mme Gurin, mais simplement des
vnements un peu singuliers qui ont pu marquer quelques-uns de ces jours, je
passerai sous silence plusieurs anecdotes peu intressantes de mon enfance,
qui ne vous offriraient que des rptitions monotones de ce que vous avez dj
entendu, et je vous dirai que je venais d'atteindre ma seizime anne, non
sans une trs grande exprience du mtier que j'exerais, lorsqu'il me tomba
en partage un libertin dont la fantaisie journalire mrite d'tre rapporte.
C'tait un grave prsident, g de prs de cinquante ans et qui, s'il faut en
croire Mme Gurin, qui me dit le connatre depuis bien des annes, exerait
rgulirement tous les matins la fantaisie dont je vais vous entretenir. Sa
maquerelle ordinaire, venant de se retirer, l'avait recommand avant aux soins
de notre chre mre, et ce fut avec moi qu'il dbuta chez elle. Il se plaait
seul au trou dont je vous ai parl. Dans ma chambre qui y rpondait se
trouvait un crocheteur ou un Savoyard, un homme du peuple enfin, mais propre
et sain; c'tait tout ce qu'il dsirait: l'ge et la figure n'y faisaient
rien. Je fus sous ses yeux, et le plus prs du trou possible, branler cet
honnte manant, prvenu et qui trouvait fort doux de gagner ainsi de l'argent.
Aprs m'tre prte sans aucune restriction,  tout ce que le cher homme
pouvait dsirer de moi, je le fis dcharger dans une soucoupe de porcelaine
et, le plantant l ds qu'il avait rpandu la dernire goutte, je passais
prcipitamment dans l'autre chambre. Mon homme m'y attend en extase, il se
jette sur la soucoupe, avale le foutre tout chaud; le sien coule; d'une main
j'excite son jaculation, de l'autre je reois prcieusement ce qui tombe et,
 chaque jet, portant ma main fort vite  la bouche du paillard, je lui fais,
le plus lestement et le plus adroitement que je peux, avaler son foutre 
mesure qu'il le rpand. C'tait l tout. Il ne me toucha ni ne me baisa, il ne
me troussa seulement pas, et, se relevant de son fauteuil avec autant de
flegme qu'il venait de montrer de chaleur, il prit sa canne et se retira, en
disant que je branlais fort bien et que j'avais fort bien saisi son genre. Le
lendemain, on ramena un autre homme, car il fallait l'en changer tous les
jours, ainsi que de femme. Ma soeur l'opra; il sortit content, pour
recommencer le jour d'ensuite; et, pendant tout le temps que j'ai t chez Mme
Gurin, je ne l'ai pas vu une seule fois ngliger cette crmonie  neuf
heures prcises du matin, sans qu'il ait jamais trouss une seule fille,
quoiqu'on lui en ait fait voir de charmantes."
 
    "Voulait-il voir le cul du portefaix? dit Curval. -Oui, monseigneur,
rpondit Duclos, il fallait avoir soin, quand on amusait l'homme dont il
mangeait le foutre, de le tourner et retourner, et il fallait aussi que le
manant tournt et retournt la fille dans tous les sens. -Ah! comme cela je le
conois, dit Curval, mais je ne l'entendais gure autrement."
 
    "Peu aprs, continua Duclos, nous vmes arriver au srail une fille
d'environ trente ans, assez jolie, mais rousse comme Judas. Nous crmes
d'abord que c'tait une nouvelle compagne, mais elle nous dsabusa bientt en
nous disant qu'elle ne venait que pour une partie. L'homme  qui l'on
destinait cette nouvelle hrone arriva bientt de son ct. C'tait un gros
financier d'assez bonne mine, et la singularit de son got, puisque c'tait 
lui que l'on destinait une fille dont nul autre n'aurait sans doute voulu,
cette singularit, dis je, me donna la plus grande envie d'aller les observer.
A peine furent-ils dans la mme chambre que la fille se mit toute nue et nous
montra un corps fort blanc et trs potel. "Allons, saute, saute! lui dit le
financier, chauffe-toi, tu sais trs bien que je veux qu'on sue. Et voil la
rousse  cabrioler,  courir par la chambre,  sauter comme une jeune chvre,
et notre homme  l'examiner en se branlant, et tout cela sans que je puisse
deviner encore le but de l'aventure. Quand la crature fut en nage, elle
s'approcha du libertin, leva un bras et lui fit sentir son aisselle dont la
sueur dgouttait de tous les poils. "Ah! c'est cela, c'est cela! dit notre
homme en flairant avec ardeur ce bras tout gluant sous son nez, quelle odeur,
comme elle me ravit!" Puis s'agenouillant devant elle, il la sentit et la
respira de mme dans l'intrieur du vagin et au trou du cul; mais il revenait
toujours aux aisselles, soit que cette partie le flattt davantage, soit qu'il
y trouvt plus de fumet; c'tait toujours l que sa bouche et son nez se
reportaient avec le plus d'empressement. Enfin un vit assez long, quoique peu
gros, vit qu'il secouait vigoureusement depuis plus d'une heure sans aucun
succs, s'avise de lever le nez. La fille se place, le financier vient
par-derrire lui nicher son anchois sous l'aisselle, elle serre le bras,
forme,  ce qu'il me parat, un endroit trs rtrci de ce local. Pendant ce
temps-l, par l'attitude, il jouissait de la vue et de l'odeur de l'autre
aisselle; il s'en empare, y fourre son grouin tout entier et dcharge en
lchant, dvorant cette partie qui lui donne autant de plaisir." 

    "Et il fallait, dit l'vque, que cette crature ft absolument rousse?
-Absolument, dit Duclos. Ces femmes-l, vous ne l'ignorez point, monseigneur,
ont dans cette partie un fumet infiniment plus violent, et le sens de l'odorat
tait sans doute celui qui, une fois picot par des choses fortes, rveillait
le mieux dans lui les organes du plaisir. -Soit, reprit l'vque, mais il me
semble, parbleu, que j'aurais mieux aim sentir cette femme-l au cul que de
la flairer sous les bras. -Ah, ah! dit Curval, l'un et l'autre a bien des
attraits, et je vous assure que si vous en aviez tt vous verriez que c'est
trs dlicieux. -C'est--dire, monsieur le Prsident, dit l'vque, que ce
ragot-l vous amuse aussi? -Mais j'en ai tt, dit Curval, et  quelques
pisodes prs que j'y mlais de plus, je vous proteste que je ne l'ai jamais
fait sans qu'il m'en cott du foutre. -Eh bien! ces pisodes, je les devine.
N'est-ce pas, reprit l'vque, vous sentiez le cul... -Eh! bon, bon,
interrompit le duc. Ne lui faites pas faire sa confession, monseigneur; il
nous dirait des choses que nous ne devons pas encore entendre. Continuez,
Duclos, et ne laissez pas ces causeurs-l aller ainsi sur vos brises."
 
    "Il y avait, reprit notre narratrice, plus de six semaines que la Gurin
dfendait absolument  ma soeur de se laver et qu'elle exigeait d'elle, au
contraire, de se tenir dans l'tat le plus sale et le plus impur qu'il pt lui
tre possible, sans que nous devinassions ses motifs, lorsqu'il arriva enfin
un vieux paillard bourgeonnant qui, d'un air  moiti ivre, demanda
grossirement  madame si la putain tait bien sale. "Oh! je vous en rponds,
dit la Gurin. On les assemble, on les enferme, je vole au trou;  peine y
suis-je que je vois ma soeur  cheval, nue, sur un grand bidet rempli de vin
de champagne, et l, notre homme, arm d'une grosse ponge, la nettoyait,
l'inondait, en recueillant avec soin jusqu'aux moindres gouttes qui coulaient
de son corps ou de son ponge. Il y avait si longtemps que ma soeur ne s'tait
nettoye en aucune partie d'elle-mme, car on s'tait mme fortement oppos 
ce qu'elle se torcht le derrire, que le vin acquit aussitt une couleur
brune et sale et vraisemblablement une odeur qui ne devait pas tre trs
agrable. Mais plus cette liqueur se corrompt par les salets dont elle se
chargeait, plus elle plaisait  notre libertin. Il la gote, il la trouve
dlicieuse; il s'arme d'un verre et, en une demi-douzaine de rasades, il avale
le vin dgotant et putrfi dans lequel il vient de laver un corps charg
depuis si longtemps de souillures. Quand il a bu, il saisit ma soeur, la
couche  plat ventre sur le lit et lui dgorge sur les fesses et sur le trou
bien entrouvert les flots de l'impudique semence que faisaient bouillonner les
impurs dtails de sa dgotante manie. Mais une autre, bien plus sale encore,
devait incessamment s'offrir  mes regards. Nous avions dans la maison une de
ces femmes que l'on appelle des marcheuses, en terme de bordel, et dont le
mtier est de courir nuit et jour pour aller dterrer du nouveau gibier. Cette
crature, ge de plus de quarante ans, joignait  des appas trs fltris et
qui n'avaient jamais t bien sduisants, l'affreux dfaut de puer des pieds.
Tel tait positivement le sujet qui convenait au marquis de ... Il arrive, on
lui prsente dame Louise (c'tait le nom de l'hrone), il la trouve
dlicieuse, et sitt qu'il la tient au sanctuaire des plaisirs, il la fait
dchausser. Louise,  qui l'on avait bien recommand de ne pas changer de bas
ni de souliers pendant plus d'un mois, offre au marquis un pied infect qui et
fait dgobiller tout autre: mais c'tait prcisment par ce que ce pied avait
de plus sal et de plus dgotant qu'il enflammait le mieux notre homme. Il le
saisit, le baise avec ardeur, sa bouche carte tour  tour chaque doigt et sa
langue va recueillir avec le plus vif enthousiasme dans chaque intervalle
cette crasse noirtre et puante que la nature y dpose et que le peu de soin
de soi-mme y multiplie. Non seulement il l'attire dans sa bouche, mais il
l'avale, il la savoure, et le foutre qu'il perd en se branlant  cette
expdition devient la preuve non quivoque de l'excessif plaisir qu'elle lui
donne."
 
    "Oh! pour celle-l, je ne l'entends pas, dit l'vque. -Il faudra donc que
je travaille  vous la faire comprendre, dit Curval. -Quoi! vous auriez un
got?... dit l'vque. -Regardez-moi, dit Curval. On se lve, on l'entoure, et
l'on voit cet incroyable libertin, qui runissait tous le gots de la plus
crapuleuse luxure, tenant embrass le pied dgotant de Fanchon, de cette sale
et vieille servante qu'on a dpeinte plus haut, et se pmant de luxure en la
suant. "Moi, je comprends tout cela, dit Durcet. Il ne faut qu'tre blas
pour entendre toutes ces infamies-l; la satit les inspire au libertinage,
qui les fait excuter sur-le-champ. On est las de la chose simple,
l'imagination se dpite, et la petitesse de nos moyens, la faiblesse de nos
facults, la corruption de notre esprit, nous ramnent  des abominations." 

    "Telle tait sans doute l'histoire, dit Duclos en se reprenant, du vieux
commandeur des Carrires, l'une des meilleures pratiques de la Gurin. Il ne
lui fallait que des femmes tares, ou par le libertinage, ou par la nature, ou
par la main de la justice. Il ne les recevait, en un mot, que borgnes,
aveugles, boiteuses, bossues, cul-de-jatte, manchotes, dentes, mutiles de
quelques membres, ou fouettes et marques, ou clairement fltries par quelque
autre acte de justice; et toujours avec cela de l'ge le plus mr. On lui
avait donn,  la scne que je surpris, une femme de cinquante ans, marque
comme voleuse publique et qui, de plus, tait borgne. Cette double dgradation
lui parut un trsor. Il s'enferme avec elle, la fait mettre nue, baise avec
transport sur ses paules les signes certains de son avilissement, suce avec
ardeur chaque sillon de cette plaie qu'il appelait honorable. Cela fait, toute
son ardeur se portait au trou du cul, il entrouvrait les fesses, baisait
dlicieusement le trou fltri qu'elles renfermaient, le suait fort longtemps,
et, revenant se camper  cheval sur le dos de la fille, il fit frotter son vit
aux marques qu'elle portait de la justice, en la louant d'avoir mrit ce
triomphe; et, se penchant sur son derrire, il consomma le sacrifice en
rebaisant l'autel o il venait de rendre un aussi long hommage, et versant un
foutre abondant sur ces marques flatteuses dont il s'tait si bien chauff la
tte."
 
    "Sacredieu, dit Curval,  qui la lubricit tournait l'esprit ce jour-l,
voyez, mes amis, voyez,  ce vit bandant,  quel point m'chauffe le rcit de
cette passion. Et appelant la Desgranges: "Viens, bougresse impure, lui
dit-il, viens toi qui ressembles si bien  celle qu'on vient de peindre, viens
me procurer le mme plaisir qu'elle donna au commandeur." La Desgranges
approche, Durcet, ami de ces excs, aide au prsident  la mettre nue.
D'abord, elle fait quelques difficults; on se doute du fait, on la gronde de
cacher une chose qui va la faire chrir davantage de la socit. Enfin, son
dos fltri parat et montre, par un V et un M, qu'elle a deux fois subi
l'opration dshonorante dont les vestiges allument nanmoins si compltement
les impudiques dsirs de nos libertins. Le reste de ce corps us et fltri, ce
cul de taffetas chin, ce trou infect et large qui s'y montre au milieu, cette
mutilation d'un tton et de trois doigts, cette jambe courte qui la fait
boiter, cette bouche dente, tout cela chauffe, anime nos deux libertins.
Durcet la suce par-devant, Curval par-derrire, et tandis que des objets de la
plus grande beaut et de la plus extrme fracheur sont l sous leurs yeux,
prts  satisfaire leurs plus lgers dsirs, c'est avec ce que la nature et le
crime ont dshonor, ont fltri, c'est avec l'objet le plus sale et le plus
dgotant que nos deux paillards en extase vont goter les plus dlicieux
plaisirs... Et qu'on explique l'homme, aprs cela! Tous deux semblant se
disputer ce cadavre anticip, tels que deux dogues acharns sur une charogne,
aprs s'tre livrs aux plus sales excs, dgorgent  la fin leur foutre, et
malgr l'puisement o ce plaisir les met, peut-tre en eussent-ils 
l'instant repris de nouveaux, quoique dans le mme genre de crapule et
d'infamie, si l'heure du souper ne ft pas les avertir de s'occuper d'autres
plaisirs. Le prsident, dsespr d'avoir perdu son foutre et qui, dans ces
cas-l, ne se ranimait jamais que par des excs de mangeaille et de boisson,
se gonfla comme un vritable pourceau. Il voulut que le petit Adonis branlt
Bande-au-ciel, et lui fit avaler le foutre, et peu content de cette dernire
infamie qu'on excuta sur-le-champ, il se leva, dit que son imagination lui
suggrait des choses plus dlicieuses que tout cela, et, sans s'expliquer
davantage, il entrana avec lui Fanchon, Adonis et Hercule, fut s'enfermer
dans le boudoir du fond et ne reparut qu'aux orgies; mais dans un tat si
brillant, qu'il y fut encore en tat d'y procder  mille autres horreurs,
toutes plus singulires les unes que les autres, mais que l'ordre essentiel
que nous nous sommes propos ne nous permet pas encore de peindre  nos
lecteurs. On fut se coucher, et Curval, l'inconsquent Curval qui, ayant,
cette nuit-l, la divine Adlade, sa fille, pour partage, pouvait passer avec
elle la plus dlicieuse des nuits, fut trouv le lendemain matin vautr sur la
dgotante Fanchon, avec laquelle il avait fait de nouvelles horreurs toute la
nuit, tandis qu'Adonis et Adlade, privs de leur couche, taient l'un dans
un petit lit fort loign et l'autre  terre sur un matelas.
 

                                      (X)
                                        
                                Sixime journe

     C'tait le tour de monseigneur d'aller se prsenter aux masturbations; il
y fut. Si les disciples de la Duclos eussent t des hommes, vraisemblablement
monseigneur n'et pas rsist. Mais une petite fente au bas du ventre tait un
furieux tort  ses yeux, et les Grces mmes l'eussent-elles entour, ds que
cette maudite fente s'offrait, c'en tait assez pour le calmer. Il rsista
donc en hros; je crois mme qu'il ne banda point, et les oprations se
continurent. Il tait ais de voir qu'on avait la plus grande envie de
trouver les huit jeunes filles en faute, afin de se procurer, le lendemain,
qui tait le funeste samedi de correction, afin de se procurer, dis-je, 
cette poque, le plaisir de les chtier toutes les nuits. Il y en avait dj
six; la douce et belle Zelmire vint faire la septime, et, de bonne foi,
l'avait-elle bien mrit? ou le plaisir de la correction qu'on se proposait
avec elle ne l'emportait-il pas sur la vritable quit? Nous laissons le cas
sur la conscience du sage Durcet et nous nous contentons de narrer. Une trs
belle dame vint aussi grossir la liste des dlinquants: c'tait la tendre
Adlade. Durcet, son poux, voulait, disait-il, donner l'exemple en lui
pardonnant moins qu' une autre, et c'tait  lui-mme qu'elle venait de
manquer. Il l'avait mene en un certain endroit, o les services qu'elle
devait lui rendre aprs certaines fonctions n'taient pas absolument bien
propres. Tout le monde n'est pas dprav comme Curval, et, quoiqu'elle ft sa
fille, elle n'en avait nullement les gots. Ou elle rsista, ou elle se
conduisait mal, ou peut-tre n'y eut-il que de la taquinerie de la part de
Durcet: toujours est-il qu'elle fut inscrite sur le livre des pnitences, au
grand contentement de l'assemble. La visite faite chez les garons n'ayant
rien produit, on passa aux plaisirs secrets de la chapelle, plaisirs d'autant
plus piquants et d'autant plus singuliers qu'on refusait mme  ceux qui
demandaient d'y tre admis la permission de venir les procurer. On n'y vit ce
matin-l que Constance, deux des fouteurs subalternes, et Michette. Au dner,
Zphire, dont on devenait tous les jours plus contents et par les charmes qui
semblaient l'embellir chaque jour davantage, et par le libertinage notoire
dont il devenait, Zphire, dis-je, insulta Constance qui, quoiqu'elle ne
servt plus, paraissait nanmoins toujours au dner. Il l'appela faiseuse
d'enfants et lui donna quelques claques sur le ventre pour lui apprendre,
disait-il,  pondre avec son amant, puis il baisa le duc, le caressa, lui
branla un moment le vit, et sut si bien lui chauffer le crne que Blangis
jura que l'aprs-midi ne se passerait pas sans qu'il ne le mouillt de foutre.
Et le petit bonhomme l'agaait, lui dit qu'il l'en dfiait. Comme il tait de
service au caf, il sortit au dessert et parut nu, pour le servir, au duc. A
l'instant o il quitta la table, celui-ci, trs anim, dbuta par quelques
polissonneries; il lui sua la bouche et le vit, le plaa sur une chaise
devant lui, le derrire  la hauteur de sa bouche, et le gamahucha un quart
d'heure de cette manire. A la fin son vit se mutina, il dressa sa tte
altire, et le duc vit bien que l'hommage exigeait enfin de l'encens.
Cependant tout tait interdit, except ce qu'on avait fait la veille. Le duc
se rsolut donc d'imiter ses confrres. Il courbe Zphire sur un canap, lui
braque son engin dans les cuisses, mais il arriva ce qui tait arriv 
Curval: l'engin dpassa de dix pouces. "Fais comme j'ai fait, lui disait
Curval, branle l'enfant sur ton vit, arrose ton gland de son foutre." Mais le
duc trouva plus plaisant d'en enfiler deux  la fois. Il prie son frre de lui
ajuster l Augustine; on la colle, les fesses contre les cuisses de Zphire,
et le duc, foutant pour ainsi dire  la fois une fille et un garon, pour y
mettre encore plus de lubricit, branle le vit de Zphire sur les jolies
fesses rondes blanches d'Augustine et les inonde de ce petit foutre enfantin
qui, comme on l'imagine bien, excit pour une si jolie chose, ne tarde pas 
couler abondamment. Curval, qui trouva le cas plaisant et qui voyait le cul du
duc entrouvert et billant pour un vit comme sont tous les culs de bougres
dans les instants o leur vit bande, vint lui rendre ce qu'il en avait reu
l'avant-veille, et le cher duc n'eut pas plutt ressenti les voluptueuses
secousses de cette intromission, que son foutre, partant presque en mme temps
que celui de Zphire, fut inonder  revers les bords du temple dont Zphire
arrosait les colonnes.
 
    Mais Curval ne dchargea point et, retirant du cul du duc son engin fier
et nerveux, il menaa l'vque, qui se branlait de mme entre les cuisses de
Giton, de lui faire prouver le sort qu'il venait de faire subir au duc.
 
    L'vque le dfie, le combat s'engage; l'vque est encul et va
dlicieusement perdre entre les cuisses du joli enfant qu'il caresse un foutre
libertin si voluptueusement provoqu. Cependant Durcet, spectateur bnvole,
n'ayant pour lui qu'Hb et la dugne, quoique presque ivre mort, ne perdait
pas son temps et se livrait silencieusement  des infamies que nous sommes
encore contraint  tenir sous le voile. Enfin le calme revint, on s'endormit,
et six heures venant rveiller nos acteurs, ils se rendirent aux nouveaux
plaisirs que leur prparait la Duclos. Ce soir-l, les quadrilles taient
changs d'un sexe  l'autre: toutes les petites filles en matelots et tous les
petits garons en grisettes. Le coup d'oeil en fut ravissant; rien n'chauffe
la lubricit comme ce petit troc voluptueux: on aime  trouver dans un petit
garon ce qui le fait ressembler  une petite fille; et la fille est bien plus
intressante quand elle emprunte, pour plaire, le sexe qu'on voudrait qu'elle
et. Ce jour-l, chacun avait sa femme sur le canap; on se loue
rciproquement d'un ordre aussi religieux, et tout le monde tant prt
d'entendre, Duclos reprit, comme on va le voir, la suite de ses lubriques
histoires.
 
    "ll y avait chez Mme Gurin une fille d'environ trente ans, blonde, un peu
replte, mais singulirement blanche et frache. On la nommait Aurore; elle
avait la bouche charmante, les dents belles et la langue voluptueuse, mais qui
le croirait, soit dfaut d'ducation, soit faiblesse d'estomac, cette bouche
adorable avait le dfaut de laisser chapper  tout instant une quantit
prodigieuse de vents; et quand elle avait beaucoup mang surtout, il y en
avait quelquefois pour une heure  ne cesser de faire des rots qui eussent
fait tourner un moulin. On a raison de le dire, il n'y a pas de dfaut qui ne
trouve un sectateur, et cette belle fille, en raison mme de celui-ci, en
avait un des plus ardents. C'tait un sage et srieux docteur de Sorbonne qui,
las de prouver en pure perte l'existence de Dieu dans l'cole, venait
quelquefois se convaincre au bordel de celle de la crature. Il prvenait, et
ce jour-l Aurore mangeait comme une creve. Curieuse de ce dvot tte--tte,
je vole au trou, et mes amants runis, aprs quelque caresses prliminaires,
toutes diriges sur la bouche, je vois notre rhteur poser dlicatement sa
chre compagne sur une chaise, s'asseoir vis--vis d'elle, et lui remettant
ses reliques entre les mains, dans l'tat le plus dplorable: "Agissez, lui
dit-il, ma belle petite, agissez: vous connaissez les moyens de me sortir de
cet tat de langueur; prenez-les vite, je vous conjure, car je me sens press
de jouir". Aurore, d'une main, reoit l'outil mollasse du docteur, de l'autre
elle lui saisit la tte, colle sa bouche sur la sienne, et la voil  lui
dgorger dans la mchoire une soixantaine de rots l'un sur l'autre. Rien ne
peut peindre l'extase du serviteur de Dieu. Il tait aux nues, il respirait,
il avalait tout ce qu'on lui lanait, on et dit qu'il et t dsol d'en
perdre le plus lger souffle, et, pendant ce temps-l, ses mains s'garaient
sur le sein et sous les cotillons de ma compagne. Mais ces attouchements
n'taient qu'pisodiques; l'objet unique et capital tait cette bouche qui
l'accablait de soupirs. Enfin son vit, gonfl par les chatouillements
voluptueux que cette crmonie lui fait prouver, dcharge enfin dans la main
de ma compagne, et il se sauve en protestant qu'il n'a jamais eu tant de
plaisir. 
    "Un homme plus extraordinaire exigea de moi, quelque temps aprs, une
particularit qui ne mrite pas d'tre passe sous silence. La Gurin m'avait
fait, ce jour-l, manger presque par force, aussi copieusement que j'avais vu
quelques jours auparavant dner ma compagne. Elle avait eu soin de me faire
servir tout ce qu'elle savait que j'aimais le mieux dans le monde, et m'ayant
prvenue en sortant de table, de tout ce qu'il y avait  faire avec le vieux
libertin avec lequel elle allait m'unir, elle me fit avaler sur-le-champ trois
grains d'mtique dans un verre d'eau chaude. Le paillard arrive; c'tait un
suppt de bordel que j'avais dj vu bien des fois chez nous, sans trop
m'occuper de ce qu'il y venait faire. Il m'embrasse, enfonce une langue sale
et dgotante dans ma bouche, qui achve de dterminer par sa puanteur l'effet
du vomitif. Il voit que mon estomac se soulve, il est dans l'extase:
"Courage, ma petite, s'criait-il; courage! Je n'en perdrai pas une goutte."
Prvenue de tout ce qu'il y avait  faire, je l'assois sur un canap, je
penche sa tte sur un des bords. Ses cuisses taient cartes; je dboutonne
sa culotte, j'en saisis un instrument court et mollasse qui ne m'annonce
aucune rection, je secoue, il ouvre la bouche. Tout en branlant, tout en
recevant les attouchements de ses mains impudiques qui se promnent sur mes
fesses, je lui lance  brle-pourpoint dans la bouche toute la digestion
imparfaite d'un dner que faisait dgorger l'mtique. Notre homme est aux
nues, il s'extasie, il avale, il va chercher lui-mme sur mes lvres l'impure
jaculation qui l'enivre, il n'en perd pas une goutte, et lorsqu'il croit que
l'opration va cesser, il en provoque le retour par des chatouillements de sa
langue; et son vit, ce vit qu' peine je touche, tant je suis accable de ma
crise, ce vit qui ne s'chauffe sans. doute qu' de telles infamies, s'enfle,
se dresse de lui-mme et laisse en pleurant sous mes doigts la preuve non
suspecte des impressions que cette salet lui procure."
 
    "Ah! sacredieu, dit Curval, voil une dlicieuse passion, mais on pourrait
encore la raffiner. -Et comment? dit Durcet d'une voix entrecoupe par les
soupirs de la lubricit. -Comment, dit Curval, eh! sacredieu, par le choix de
la fille et des mets. -De la fille... Ah! j'entends, tu voudrais l une
Fanchon. -Eh! sans doute. -Et les mets? continua Durcet qu'Adlade branlait.
-Les mets? reprit le prsident, eh! double dieu, en la forant de me rendre ce
que je viendrais de lui communiquer de la mme manire. -C'est--dire, reprit
le financier dont la tte commenait a s'garer tout  fait, que tu lui
dgueulerais dans la bouche, qu'il faudrait qu'elle avalt et qu'elle te le
rendt? -Prcisment." Et tous deux se jetant dans leur cabinet, le prsident
avec Fanchon, Augustine et Zlamir, Durcet avec la Desgranges, Rosette et
Bande-au-ciel, on fut oblig d'attendre prs d'une demi-heure pour continuer
les rcits de Duclos. Ils reparurent enfin. "Tu viens de faire des salets,
dit le duc  Curval qui rentra le premier. -Quelques-unes, dit le prsident,
c'est le bonheur de la vie, et, pour moi, je n'estime la volupt qu'en ce
qu'elle a de plus sale et de plus dgotant. -Mais au moins, y a-t-il eu du
foutre de rpandu? -Pas un mot, dit le prsident, crois-tu donc qu'on te
ressemble et qu'on ait comme toi du foutre  perdre  toutes les minutes? Je
laisse ces efforts-l  toi et  des champions vigoureux comme Durcet,
continua-t-il en le voyant rentrer, pouvant  peine se soutenir d'puisement.
-C'est vrai, dit le financier, je n'y ai pas tenu. Cette Desgranges est si
sale dans ses propos et dans sa tenue, elle a une facilit si grande  tout ce
qu'on veut... -Allons, Duclos, dit le duc, reprenez, car si nous ne lui
coupons point la parole, le petit indiscret va nous dire tout ce qu'il a fait,
sans rflchir combien il est affreux de se vanter ainsi des faveurs qu'on
reoit d'une jolie femme." Et la Duclos, obissant, reprit ainsi son histoire:
 
    "Puisque ces messieurs aiment tant ces drleries-l, dit notre
historienne, je suis fche qu'ils n'aient pas encore un instant retenu leur
enthousiasme, et l'effet en et t mieux plac, ce me semble, aprs ce que
j'ai encore  vous conter ce soir. Ce que M. le prsident a prtendu qu'il
manquait pour perfectionner la passion que je viens de conter se retrouvait
mot  mot dans celle qui suit. Je suis fche qu'il ne m'ait pas donn le
temps d'achever. Le vieux prsident de Saclanges offre mot  mot les
singularits que M. de Curval paraissait dsirer. On avait choisi, pour lui
tenir tte, la doyenne de notre chapitre. C'tait une grosse et grande fille
d'environ trente-six ans, bourgeonne, ivrognesse, jureuse et le ton poissard,
et harengre, quoique d'ailleurs assez jolie. Le prsident arrive; on leur
sert  souper; tous deux se saoulent, tous deux se mettent hors de raison,
tous deux vomissent dans la bouche l'un de l'autre, tous deux avalent et se
rendent mutuellement ce qu'ils se prtent. Ils tombent enfin dans les dbris
du souper, dans les salets dont ils viennent d'arroser le parquet. Alors on
me dtache, car ma camarade n'avait plus ni connaissance ni force. C'tait
pourtant le moment important du libertin. Je le trouve  terre, son vit droit
et dur comme une barre de fer; j'empoigne l'instrument, le prsident balbutie
et jure, il m'attire  lui, il suce ma bouche et dcharge comme un taureau en
se tournant et se retournant et continuant de se vautrer dans es ordures.
     "Cette mme fille nous donna peu aprs le spectacle d'une fantaisie pour
le moins aussi sale. Un gros moine, qui la payait fort bien, vint se placer 
cheval sur son ventre; les cuisses de ma compagne taient dans le plus grand
cartement possible, et fixes  de gros meubles pour qu'elles ne pussent
varier. Dans cette attitude, on servit plusieurs mets sur le bas-ventre de la
fille,  cru et sans qu'ils fussent dans aucun plat. Le bonhomme saisit des
morceaux avec sa main, les enfonce dans le con ouvert de sa dulcine, les y
tourne et retourne et ne les mange qu'aprs qu'il les a compltement imprgns
des sels que le vagin lui procure."
     
     "Voil une manire de dner tout  fait nouvelle, dit l'vque. -Et qui
ne vous plairait point, n'est-ce pas, monseigneur, dit Duclos. -Non!
ventredieu, rpondit le serviteur de l'glise; je n'aime pas assez le con pour
cela. -Eh bien! reprit notre historienne, coutez donc celle par o je vais
clore mes narrations de cette soire. Je suis persuade qu'elle vous amusera
davantage. 
    "Il y avait huit ans que j'tais chez Mme Gurin. Je venais d'y prendre ma
dix-septime anne, et depuis cet intervalle je n'avais pas t un seul jour
sans y voir rgulirement venir tous les matins un certain fermier gnral
pour lequel on avait de grands gards. C'tait un homme pour lors d'environ
soixante ans, gros, court et ressemblant assez dans tous les points  M.
Durcet. Il avait, comme lui, de la fracheur et de l'embonpoint. Chaque jour
il lui fallait une fille nouvelle, et celles de la maison ne lui servaient
jamais qu'en pis-aller ou quand l'trangre manquait au rendez-vous. M.
Dupont, c'tait le nom de notre financier, tait aussi difficile dans le choix
des filles que dans ses gots. Il ne voulait point absolument que la fille ft
une putain,  moins que dans les cas forcs, ainsi que je viens de le dire: il
fallait que ce fussent des ouvrires, des filles en boutique, surtout des
marchandes de modes. L'ge et la couleur taient galement rgls: il les
fallait blondes, depuis quinze ans jusqu' dix-huit ans, ni au-dessus ni
au-dessous, et par-dessus toutes qualits, il fallait qu'elles eussent le cul
moul et d'une nettet si singulire que le plus lger bouton au trou devenait
un motif d'exclusion. Quand elles taient pucelles, il les payait double. On
attendait pour lui, ce jour-l, une jeune ouvrire en dentelle de seize ans,
dont le cul passait pour un vritable modle; mais il ne savait pas que
c'tait l le prsent que l'on voulait lui faire, et comme la jeune fille fit
dire qu'elle ne pouvait se dbarrasser ce matin-l de ses parents et qu'on ne
l'attendt pas, la Gurin, qui savait que Dupont ne m'avait jamais vue,
m'ordonna tout de suite de m'habiller en bourgeoise, d'aller prendre un fiacre
au haut de la rue et de dbarquer chez elle un quart d'heure aprs que Dupont
serait entr, en jouant bien mon rle et me faisant passer pour une apprentie
en modes. Mais par-dessus tout soin, le plus important  remplir fut de me
remplir sur-le-champ l'estomac d'une demi-livre d'anis, par-dessus lesquels
j'avalai un grand verre de liqueur balsamique qu'elle me donna et dont l'effet
devait tre celui que vous allez entendre tout  l'heure. Tout s'excute au
mieux; on avait eu heureusement quelques heures  soi, moyen en quoi rien ne
manqua. J'arrive d'un air bien niais. On me prsente au financier qui d'abord
me lorgne attentivement, mais, comme je m'observais avec la plus scrupuleuse
attention, il ne put rien dcouvrir en moi qui dmentt l'histoire qu'on lui
fabriquait. "Est-elle pucelle? dit Dupont. -Non par l, dit Gurin en mettant
la main sur mon ventre, mais pour l'autre ct, j'en rponds." Et elle mentait
si impudemment. N'importe, notre homme s'y trompa, et c'est tout ce qu'il
fallait. "Troussez, troussez", dit Dupont. Et la Gurin leva mes jupes
par-derrire, me penchant un peu sur elle, et dcouvrit par ce moyen au
libertin le temple entier de son hommage. Il lorgne, il touche un moment mes
fesses, ses deux mains les cartent, et content sans doute de son examen, il
dit que le cul est bien et qu'il s'en contentera. Ensuite il me fait quelques
questions sur mon ge, sur le mtier que je fais, et content de ma prtendue
innocence et de l'air d'ingnuit que j'affecte, il me fait monter dans son
appartement, car il en avait un  lui chez la Gurin, un o personne n'entrait
que lui et qui n'tait point sujet  tre observ de nulle part. Ds que nous
sommes entrs, il ferme avec soin la porte et m'ayant encore considre un
instant, il me demande d'un ton et d'un air assez brutal, caractre qu'il
conserva toute la scne, il me demande, dis-je, s'il est bien vrai qu'on ne
m'ait jamais foutue en cul. Comme il tait de mon rle d'ignorer une pareille
expression, je me la fis rpter, lui protestant que je ne l'entendais pas, et
quand, par ses gestes, il m'eut fait comprendre ce qu'il voulait dire d'une
manire o il n'y avait plus moyen de ne le pas entendre, je lui rpondis avec
un air d'effroi et de pudeur que je serais bien fche de m'tre jamais prte
 de pareilles infamies. Alors il me dit de quitter seulement mes jupes, et
sitt que j'eus obi, en laissant ma chemise continuer de cacher le devant, il
la releva sur le derrire le plus qu'il put sous mon corset, et comme, en me
dshabillant, mon mouchoir de col tait tomb et que ma gorge paraissait en
entier, il se fcha. "Que le diable emporte les ttons! s'cria-t-il. Eh! qui
vous demande des ttons? Voil ce qui m'impatiente avec toutes ces
cratures-l: c'est toujours cette impudente manie de montrer des ttasses."
Et m'empressant de les couvrir je m'approchai de lui comme pour lui demander
excuse, mais voyant que je lui montrais le devant par l'attitude que j'allais
prendre, il s'emporta encore une fois: "Eh! restez donc comme on vous met,
sacredieu, dit-il, en saisissant mes hanches et me replaant de manire  ne
lui prsenter que le cul, restez comme cela, morbleu! On ne veut pas plus de
votre con que de votre gorge: on n'a besoin ici que de votre cul. En mme
temps, il se leva et me conduisit au bord du lit, sur lequel il m'installa 
demi couche sur le ventre, puis s'asseyant sur un sige trs bas entre mes
jambes, il se trouva par cet arrangement que sa tte tait  la juste hauteur
de mon cul: il me lorgne encore un instant, puis ne me trouvant pas encore
bien comme cela, il se relve pour me placer un carreau sous le ventre, qui
faisait porter mon cul encore plus en arrire; il se rassoit, examine, et tout
cela avec le sens froid, avec le flegme du libertinage rflchi. Au bout d'un
moment, il s'empare de mes deux fesses, les carte, pose sa bouche ouverte au
trou, sur lequel il la colle hermtiquement, et tout de suite, suivant l'ordre
que j'en ai reu et l'extrme besoin que j'en avais, je lui lche au fond du
gosier le pet le plus ronflant qu'il et peut-tre reu de sa vie. Il se
retire furieux: "Comment donc, petite insolente, me dit-il, vous avez la
hardiesse de me pter dans la bouche? Et la reposant aussitt.
     "Oui, monsieur, lui dis-je en relchant un second camouflet, c'est comme
cela que je traite ceux qui me baisent le cul. -Eh bien! pte, pte donc,
petite coquine! puisque tu ne peux te retenir, pte tant que tu voudras et
tant que tu pourras." De ce moment je ne me contiens plus, rien ne put
exprimer le besoin que me donna de lcher ces vents la drogue que j'avais
avale; et que notre homme en extase, tantt les reoit dans sa bouche et
tantt dans ses narines. Au bout d'un quart d'heure de pareil exercice, il se
couche enfin sur un canap, m'attire  lui, toujours mes fesses sur son nez,
m'ordonne de le branler dans cette posture en continuant un exercice dont il
prouve de si divins plaisirs. Je pte, je branle, je secoue un vit mou et
gure plus long ni plus gros que le doigt;  force de secousses et de pets,
l'instrument roidit  la fin. L'augmentation du plaisir de notre homme,
l'instant de sa crise, m'est annonc par un redoublement d'iniquit de sa
part. C'est sa langue mme qui maintenant provoque mes pets; c'est elle qu'il
darde au fond de mon anus, comme pour en provoquer les vents, c'est sur elle
qu'il veut que je les pousse, il draisonne, la tte n'y est plus, je m'en
aperois, et le petit vilain engin vient arroser tristement mes doigts de sept
ou huit gouttes d'un sperme clair et bruntre qui le mettent enfin  la
raison. Mais comme la brutalit chez lui, et fomentait l'garement, et le
remplaait bien vite,  peine me donna-t-il le temps de me rajuster. Il
grondait, il grumelait, il m'offrait en un mot l'image odieuse du vice quand
il a satisfait sa passion et cette inconsquente impolitesse qui, ds que le
prestige est tomb, cherche  se venger par des mpris du culte usurp par les
sens."
 
    "Voil un homme que j'aime mieux que tous ceux qui prcdent, dit
l'vque... Et savez-vous si le lendemain il eut sa petite novice de seize
ans? -Oui, monseigneur, il l'eut, et le surlendemain une pucelle de quinze
ans, encore bien autrement jolie. Comme peu d'hommes payaient autant, peu
taient aussi bien servis." Cette passion ayant chauff des ttes si
accoutumes aux dsordres de cette espce et leur rappelant un got qu'ils
encensaient si universellement, on ne voulut pas attendre plus longtemps pour
la mettre en usage. Chacun recueillit ce qu'il put et prit un peu partout. Le
souper vint; on l'entremla de presque toutes les infamies qu'on venait
d'entendre; le duc fit griser Thrse et la fit vomir dans sa bouche; Durcet
fit pter tout le srail et en reut plus de soixante dans sa soire. Pour
Curval,  qui toute sorte d'extravagances passait par la tte, il dit qu'il
voulait faire ses orgies seul et fut s'enfermer dans le boudoir du fond avec
Fanchon, Marie, la Desgranges et trente bouteilles de vin de Champagne. On fut
oblig de les emporter tous quatre: on les trouve nageant dans les flots de
leurs ordures et le prsident endormi, la bouche colle sur celle de la
Desgranges qui y vomissait encore. Les trois autres, dans des genres ou
semblables ou diffrents, en avaient fait pour le moins autant; ils avaient
galement pass leurs orgies  boire, ils avaient fait saouler leurs
bardaches, ils les avaient fait vomir, ils avaient fait pter les petites
filles, ils avaient fait je ne sais quoi, et sans la Duclos qui avait conserv
sa raison, qui mit ordre  tout et qui les fit coucher, il est plus que
vraisemblable que l'aurore aux doigts de rose, en entrouvrant les portes du
palais d'Apollon, les et trouvs plongs dans leur ordure, bien plutt comme
des pourceaux que comme des hommes. N'ayant besoin que de repos, chacun coucha
seul et fut reprendre dans le sein de Morphe un peu de force pour le
lendemain.
 

                                     (XI)
                                        
                               Septime journe

     Les amis ne se soucirent plus d'aller se prter chaque matin une heure
aux leons de la Duclos. Fatigus des plaisirs de la nuit, craignant
d'ailleurs que cette opration ne leur fit perdre leur foutre de trop bon
matin, et jugeant de plus que cette crmonie les blasait trop tt sur des
volupts et sur des objets qu'ils avaient intrt de se mnager, ils
convinrent qu'on substituerait chaque matin un des fouteurs alternativement au
lieu d'eux. Les visites se firent. Il ne manquait plus qu'une des jeunes
filles pour que toutes les huit dussent passer  la correction: c'tait la
belle et intressante Sophie, accoutume  respecter tous ses devoirs.
Quelques ridicules que pussent lui paratre ceux-l elle les respectait
nanmoins, mais Durcet qui avait prvenu Louison, sa gardienne, sut si bien la
faire tomber dans le panneau qu'elle fut dclare fautive et inscrite en
consquence sur le livre fatal. La douce Aline, galement examine de bien
prs, fut galement juge coupable, et la liste du soir, au moyen de cela, fut
donc compose des huit jeunes filles, de deux pouses et de quatre jeunes
garons. Ces soins remplis, on ne songea plus qu' s'occuper du mariage qui
devait clbrer la fte projete de la fin de la premire semaine. On
n'accorda aucune permission de besoins publics  la chapelle ce jour-l,
monseigneur se revtit pontificalement, et on se rendit  l'autel. Le duc, qui
reprsentait le pre de la fille, et Curval, qui reprsentait celui du jeune
garon, amenrent l'un Michette et l'autre Giton. Tous deux taient
extraordinairement pars en habit de ville, mais en sens contraire,
c'est--dire que le petit garon tait en fille et la fille en garon. Nous
sommes malheureusement oblig, par l'ordre que nous nous sommes prescrit pour
les matires, de retarder encore quelque temps le plaisir qu'aurait sans doute
le lecteur  apprendre les dtails de cette crmonie religieuse; mais un
moment viendra sans doute o nous pourrons les lui dvoiler. On passa au salon
et ce fut en attendant l'heure du dner que nos quatre libertins, enferms
seuls avec ce charmant petit couple, les firent mettre nus et les obligrent 
commettre ensemble tout ce que leur ge leur permit des crmonies
matrimoniales,  l'exception cependant de l'introduction du membre viril dans
le vagin de la petite fille, laquelle aurait pu se faire puisque le jeune
garon bandait fort bien, et qu'on ne permit pas, afin que rien n'entamt une
fleur destine  d'autres usages. Mais, du reste, on les laissa se toucher, se
caresser: la jeune Michette pollua son petit mari, et Giton,  l'aide de ses
matres, branla fort bien sa petite femme. Tous deux pourtant commenaient 
sentir trop bien l'esclavage dans lequel ils taient pour que la volupt, mme
celle que leur ge leur permettait de sentir, pt natre dans leur petit
coeur. On dna; les deux poux furent du festin, mais, au caf, les ttes
s'tant chauffes sur eux, ils furent mis tout nus, comme taient Zlamir,
Cupidon, Rosette et Colombe qui servaient le caf ce jour-l. Et la fouterie
en cuisses tant devenue  la mode  cette poque de la journe, Curval
s'empara du mari, le duc de la femme, et ils les encuissrent tous deux.
L'vque qui, depuis que le caf tait pris, s'acharnait au cul charmant de
Zlamir, qu'il suait et faisait pter, l'enfila bientt dans le mme genre,
pendant que Durcet faisait ses petites vilenies de choix au cul charmant de
Cupidon. Nos deux principaux athltes ne dchargrent point et, s'emparant
bientt, l'un de Rosette et l'autre de Colombe, ils les enfilrent en levrette
et entre les cuisses de la mme manire qu'ils venaient d'agir avec Michette
et Giton, en ordonnant  ces charmants enfants de branler avec leurs jolies
petites mains, et d'aprs les instructions reues, ces monstrueux bouts de
vits qui dpassaient au-del de leur ventre; et pendant ce temps-l, les
libertins maniaient  l'aise les trous de culs frais et dlicieux de leurs
petites jouissances. On ne rpandit cependant point de foutre; on savait qu'il
y avait de la besogne dlicieuse pour le soir et on se mnagea. De ce moment,
les droits des jeunes poux s'vanouirent, et leur mariage, quoique fait dans
toutes les formes, ne devint plus qu'un jeu. Ils rentrrent chacun dans les
quadrilles qui leur taient destins, et l'on fut couter la Duclos qui reprit
ainsi son histoire:
 
    "Un homme,  peu prs des mmes gots que le financier qui termina mes
rcits d'hier soir, va, si vous le trouvez bon, messieurs, commencer ceux
d'aujourd'hui. C'tait un matre des requtes d'environ soixante ans et qui
joignait  la singularit de ses fantaisies celle de ne vouloir que des femmes
plus vieilles que lui. La Gurin lui donna une vieille maquerelle de ses amies
dont les fesses rides n'offraient plus que l'image d'un vieux parchemin
servant  humecter du tabac. Tel tait pourtant l'objet qui devait servir aux
hommages de notre libertin. Il s'agenouille devant ce cul dcrpit, le baise
amoureusement; on lui pte au nez, il s'extasie, il ouvre la bouche, on en
fait autant, sa langue va chercher avec enthousiasme le vent moelleux qu'on
lui dtache. Cependant il ne peut rsister au dlire o l'entrane une telle
opration. Il sort de sa culotte un petit membre vieux, ple et rid comme la
divinit qu'il encense. "Ah! pte donc, pte donc, ma mie! s'crie-t-il en se
branlant de toutes ses forces, pte, mon coeur, ce n'est que de tes seuls pets
que j'attends le dsenchantement de cet outil rouill". La maquerelle
redouble, et le libertin ivre de volupt perd entre les jambes de sa desse
deux ou trois malheureuses gouttes de sperme auxquelles il devait toute son
extase."
 
    O terrible effet de l'exemple! Qui l'et dit? Au mme instant, et comme
s'ils se fussent donn le mot, nos quatre libertins appellent  eux les
dugnes de leurs quadrilles. Ils s'emparent de leurs vieux et vilains culs,
sollicitent des pets, en obtiennent, et sont au moment d'tre aussi heureux
que le matre des requtes, si le souvenir des plaisirs qui les attendent aux
orgies ne les contient pas. Mais ils se les rappellent, s'en tiennent l,
congdient leurs Vnus, et Duclos continue:
 
    "J'appuierai peu sur la suivante, messieurs, dit cette aimable fille; je
sais qu'elle a parmi vous peu de sectateurs, mais vous m'avez ordonn de tout
dire, j'obis. Un homme fort jeune et d'une trs jolie figure eut la fantaisie
de me gamahucher le con avec mes rgles. J'tais couche sur le dos, les
cuisses ouvertes; il tait  genoux devant moi et suait en soulevant mes
reins de ses deux mains pour mieux placer le con  sa porte. Il avala et le
foutre et le sang, car il s'y prit si adroitement et il tait si joli que je
dchargeai. Il se branlait, il tait au troisime ciel, il paraissait que rien
au monde ne pouvait lui faire autant de plaisir et la dcharge la plus chaude
et la plus ardente, faite en oprant toujours, vint bientt m'en convaincre.
Le lendemain il vit Aurore, peu aprs ma soeur, et en un mois il nous passa
toutes en revue, au bout duquel il en fut faire autant sans doute  tous les
autres bordels de Paris."
 
    "Cette fantaisie-l, vous en conviendrez, messieurs, n'est pourtant pas
plus singulire que celle d'un homme, autrefois ami de la Gurin et qu'elle
avait fourni longtemps, dont elle nous assura que toute la volupt consistait
 manger des faux germes ou des fausses couches. On l'avertissait chaque fois
qu'une fille se trouvait dans ce cas-l; il accourait et avalait l'embryon en
se pmant de volupt."
 
    "J'ai connu cet homme-l, dit Curval, son existence et ses gots sont la
chose du monde la plus sre. -Soit, dit l'vque, mais ce que je connais
d'aussi certain que votre homme, c'est que je ne l'imiterai pas. -Et d'ou
vient? dit Curval. Je suis persuad que a peut produire une dcharge, et si
Constance veut me laisser faire, puisqu'on dit que la voil grosse, je lui
promets de faire arriver monsieur son fils avant le terme et de le croquer
comme une sardine. -Oh! l'on connat bien votre horreur pour les femmes
grosses, rpondit Constance, on sait bien que vous ne vous tes dfait de la
mre d'Adlade que parce qu'elle devint grosse une seconde fois, et si Julie
m'en croit, elle prendra garde  elle. -Il est bien certain, dit le prsident,
que je n'aime pas la progniture, et que quand la bte est pleine, elle
m'inspire un furieux dgot, mais d'imaginer que j'ai tu ma femme pour cela
c'est ce qui pourrait vous tromper. Apprenez, garce que vous tes, que je n'ai
pas besoin de motif pour tuer une femme, et surtout une vache comme vous que
j'empcherais bien de faire son veau si elle m'appartenait. Constance et
Adlade se mirent  pleurer, et cette circonstance commena  dvoiler la
haine secrte que le prsident portait  cette charmante pouse du duc, qui,
bien loin de la soutenir dans cette discussion, rpondit  Curval qu'il devait
bien savoir qu'il n'aimait pas plus la progniture que lui et que si Constance
tait grosse elle n'tait pas encore accouche. Ici les larmes de Constance
redoublrent; elle tait sur le canap de Durcet, son pre, qui, pour toute
consolation, lui dit que si elle ne se taisait pas sur-le-champ, malgr son
tat il allait la mettre  la porte  coups de pied au cul. La pauvre
infortune fit retomber sur son coeur navr les larmes qu'on lui reprochait et
se contenta de dire: "Hlas, grand Dieu! je suis bien malheureuse, mais c'est
mon sort, il faut le remplir." Adlade, qui fondait en larmes et que le duc,
sur le canap duquel elle tait, lutinait de toutes ses forces pour la faire
encore mieux pleurer, parvint  scher galement ses pleurs, et cette scne un
peu tragique, quoique trs rjouissante pour l'me sclrate de nos libertins
tant termine, Duclos reprit en ces termes:
 
    "Il y avait chez la Gurin une chambre assez plaisamment construite et qui
ne servait jamais qu' un seul homme. Elle avait un plafond double, et cette
espce d'entresol fort bas et dans lequel on ne pouvait tre que couch,
servait  placer le libertin d'espce singulire don je servis la passion. Il
s'enfermait avec une fille dans cette manire de trappe, et sa tte tait
poste de manire qu'elle rpondait  un trou qu'on ouvrait dans la chambre
suprieure. La fille, enferme avec l'homme en question, n'avait d'autre
emploi que de le branler, et moi, place au-dessus, je devais en faire autant
 un autre homme. Le trou, trs obscurment plac, se trouvait ouvert comme
par ngligence, et moi, comme par propret et pour ne point gter le parquet,
je devais, en manualisant mon homme, faire tomber le foutre dans le trou et,
par consquent, sur le visage de l'autre qui rpondait exactement  cette
ouverture. Tout tait construit avec tant d'art que rien ne paraissait, et
l'opration russissait au mieux: au moment o le patient recevait sur son nez
le foutre de celui qu'on branlait au-dessus, il y joignait le sien, et tout
tait dit.
     "Cependant la vieille, dont je viens de vous parler tout  l'heure,
reparut, mais elle devait avoir affaire  un autre champion. Celui-ci, homme
d'environ quarante ans, la fit mettre nue et la lcha ensuite dans tous les
orifices de son vieux cadavre; cul, con, bouche, narine, aisselle, oreille,
rien ne fut oubli, et le vilain  chaque suce avalait tout ce qu'il
recueillait. Il ne s'en tint pas l, il la fit mcher des tranches de
ptisseries qu'il avala dans sa bouche mme sitt qu'elle les eut broyes; il
la fit garder dans sa bouche longtemps des gorges de vin dont elle se lava,
dont elle se gargarisa, et qu'il avala de mme; et son vit pendant tout ce
temps-l tait dans une si prodigieuse rection que le foutre paraissait prt
 s'chapper sans qu'il et besoin de le provoquer. Il le sentit enfin prt 
partir, et se reprcipitant sur sa vieille, il lui enfona sa langue dans le
trou du cul au moins d'un pied et dchargea comme un furieux."
 
    "Eh! sacredieu, dit Curval, est-il donc besoin d'tre jeune et jolie pour
faire couler du foutre? Encore un coup, c'est dans toutes les jouissances la
chose sale qui attire le foutre: ainsi plus elle est sale et plus il doit
voluptueusement se rpandre. -Ce sont des sels, dit Durcet, qui s'exhalant de
l'objet qui nous sert en volupt, viennent irriter nos esprits animaux et les
mettre en mouvement; or, qui doute que tout ce qui est vieux, sale ou puant
n'ait une plus grande quantit de ces sels et, par consquent, plus de moyen
pour irriter et dterminer notre jaculation?" On discuta encore un moment
cette thse de part et d'autre, et comme il y avait beaucoup d'ouvrage  faire
aprs souper, on fit servir d'un peu meilleure heure, et au dessert les jeunes
filles, toutes condamnes  des pnitences, repassrent dans le salon o elles
devaient s'excuter avec les quatre garons et les deux pouses galement
condamnes, ce qui formait un total de quatorze victimes, savoir: les huit
filles connues, Adlade et Aline, et les quatre garons, Narcisse, Cupidon,
Zlamir et Giton. Nos amis, dj ivres de la volupt si fort de leurs gots
qui les attendait, achevrent de s'irriter la tte par une prodigieuse
quantit de vins et de liqueurs, et sortirent de table pour passer au salon,
o les patients les attendaient, dans un tel tat d'ivresse, de fureur et de
lubricit qu'il n'est assurment personne qui et voulu tre  la place de ces
malheureux dlinquants. Il ne devait se trouver aux orgies, ce jour-l, que
les coupables et les quatre vieilles pour le service. Tout tait nu, tout
frmissait, tout pleurait, tout attendait son sort, quand le prsident,
s'asseyant sur un fauteuil, demanda  Durcet le nom et la faute de chaque
sujet. Durcet, aussi gris que son confrre, prit le cahier et voulut lire,
mais les objets lui paraissant troubles, et n'en pouvant venir  bout,
l'vque le remplaa, et quoique aussi ivre que son confrre, mais contenant
mieux son vin, il lut  haute voix tour  tour le nom de chaque coupable et sa
faute; et aussitt le prsident prononait une pnitence analogue aux forces
et  l'ge du dlinquant, et nanmoins toujours fort dure. Cette crmonie
faite, on excuta. Nous sommes dsespr de ce que l'ordre de notre plan nous
empche de peindre ici ces lubriques corrections, mais que nos lecteurs ne
nous en veuillent pas. Ils sentent comme nous l'impossibilit o nous sommes
de les satisfaire pour ce moment-ci; ils peuvent tre srs qu'ils n'y perdront
rien. La crmonie fut fort longue: il y avait quatorze sujets  punir, et on
y mlait de trs plaisants pisodes. Tout fut dlicieux sans doute, puisque
nos quatre sclrats dchargrent et qu'ils se retirrent si fatigus eux-
mmes, si ivres et d vins et de plaisirs que, sans le secours des quatre
fouteurs qui vinrent les prendre, ils n'eussent jamais pu gagner leurs
appartements o, malgr tout ce qu'ils venaient de faire, de nouvelles
lubricits les attendaient encore. Le duc, qui avait cette nuit-l Adlade 
coucher, n'en voulut pas. Elle avait t du nombre des corriges, et si bien
corrige par lui, qu'ayant compltement vers du foutre en son honneur, il ne
voulut plus d'elle pour ce soir-l, et, la faisant coucher  terre sur un
matelas, il donna sa place  Duclos, toujours mieux que jamais dans ses bonnes
grces.
 

                                     (XII)
                                        
                               Huitime journe

     Les exemples de la veille en ayant impos, on ne trouva ni ne put trouver
personne en faute le lendemain. Les leons se continurent sur les fouteurs,
et comme il n'y eut aucun vnement jusqu'au caf, nous ne prendrons cette
journe qu' cette poque. Il tait servi par Augustine, Zelmire, Narcisse et
Zphire. Les fouteries en cuisses recommencrent; Curval s'empara de Zelmire
et le duc d'Augustine, et aprs avoir admir et bais leurs jolies fesses, qui
avaient je ne sais trop pourquoi ce jour-l des grces, des attraits, un
vermillon qu'on n'y avait pas observs auparavant, aprs, dis-je, que nos
libertins eurent bien bais, bien caress ces charmants petits culs, on exigea
des pets. L'vque qui tenait Narcisse en avait dj obtenu; on entendait ceux
que Zphire lanait dans la bouche de Durcet... Pourquoi ne pas les imiter?
Zelmire avait russi, mais Augustine avait beau faire, beau s'efforcer, le duc
beau menacer d'un sort pour samedi prochain pareil  celui qu'on avait prouv
la veille, rien ne sortit, et la pauvre petite pleurait dj quand une vesse
vint enfin le satis- faire. Il respira, et content de cette marque de docilit
du joli enfant qu'il aimait assez, il lui campa son norme engin dans les
cuisses et le retirant au moment de sa dcharge, il lui arrosa compltement
les deux fesses. Curval en avait fait tout autant avec Zelmire, mais l'vque
et Durcet se contentrent de ce qu'on appelle la petite oie. Et la mridienne
faite, on passa au salon, o la belle Duclos, mise ce jour-l avec tout ce qui
pouvait le mieux faire oublier son ge, parut vraiment belle aux lumires, et
si tellement que nos libertins, chauffs sur son compte, ne voulurent pas lui
permettre de continuer que, du haut de sa tribune, elle n'et fait voir ses
fesses  l'assemble. "Elle a vraiment un beau cul, dit Curval. -Et bon, mon
ami, dit Durcet, je te certifie que j'en ai peu vu de meilleurs. Et, ces
loges reus, notre hrone rabaissa ses jupes, s'assit et reprit le fil de
son histoire de la faon dont le lecteur va la lire, s'il se donne la peine de
continuer, ce que nous lui conseillons pour l'intrt de ses plaisirs.
 
    "Une rflexion et un vnement furent cause, mes- sieurs, que ce qu'il me
reste  vous conter maintenant n'est plus dans le mme champ de bataille. La
rflexion est bien simple: ce fut l'tat malheureux de ma bourse qui la fit
natre. Depuis neuf ans que j'tais chez Mme Gurin, quoique je dpensasse
fort peu, je ne me trou- vais pourtant pas cent louis devant moi. Cette femme,
extrmement adroite et entendant au mieux ses intrts, trouvait toujours le
moyen de garder pour elle au moins les deux tiers des recettes et imposait
encore de grandes retenues sur l'autre tiers. Ce mange me dplut, et vivement
sollicite par une autre maquerelle, nomme Fournier, d'aller habiter avec
elle, sachant que cette Fournier recevait chez elle de vieux dbauchs d'un
bien meilleur ton et bien plus riches que la Gurin, je me dterminai 
prendre mon cong de celle-ci pour aller chez l'autre. Quant  l'vnement qui
vint appuyer ma rflexion, ce fut la perte de ma soeur; je m'tais fortement
attache  elle, et je ne pus rester davantage dans une maison o tout me la
rappelait sans la retrouver. Depuis prs de six mois cette chre soeur tait
visite par un grand homme sec et noir dont la physionomie me dplaisait
infiniment. Ils s'en- fermaient ensemble, et je ne sais ce qu'ils y faisaient,
car jamais ma soeur ne me l'a voulu dire, et ils ne se plaaient point dans
l'endroit o j'aurais pu les voir. Quoi qu'il en soit, un beau matin, elle
vient dans ma chambre, m'embrasse et me dit que sa fortune est faite, qu'elle
est entretenue par ce grand homme que je n'aimais pas, et tout ce que j'en
appris, c'est que c'tait  la beaut de ses fesses qu'elle devait ce qu'elle
allait gagner. Cela fait, elle me donna son adresse, fit ses comptes avec la
Gurin, nous embrassa toutes et partit. Je ne manquai pas, comme vous
l'imaginez bien, d'aller deux jours aprs  l'adresse indique, mais on n'y
savait seulement pas ce que je voulais dire. Je vis bien que ma soeur avait
t trompe elle-mme, car d'imaginer qu'elle et voulu me priver du plaisir
de la voir, je ne le pouvais supposer. Quand je me plaignis  la Gurin de ce
qui m'arrivait  ce sujet-l, je vis qu'elle en souriait malignement et
qu'elle refusait de s'expliquer: je conclus donc de l qu'elle tait dans le
mystre de toute l'aventure, mais qu'on ne voulait pas que je la dmlasse.
Tout cela m'affecta et me fit prendre mon parti, et comme je n'aurai plus
occasion de vous parler de cette chre soeur, je vous dirai, messieurs, que,
quelque perquisition que j'aie faite, quelque soin que je me sois donn pour
la dcouvrir, il m'a t parfaitement impossible de jamais savoir ce qu'elle
tait devenue."
 
    "Je le crois bien, dit alors la Desgranges, car elle n'existait plus
vingt-quatre heures aprs t'avoir quitte. Elle ne te trompait pas, elle tait
dupe elle-mme, mais la Gurin savait ce dont il s'agissait. -Juste ciel! que
m'apprenez-vous, dit alors la Duclos. Hlas! quoique prive de la voir, je me
flattais encore de son existence. -Trs  tort, reprit la Desgranges, mais
elle ne t'avait pas menti: ce fut la beaut de ses fesses, la supriorit
tonnante de son cul qui lui valut l'aventure o elle se flattait de trouver
sa fortune et o elle ne rencontra que la mort. -Et le grand homme sec? dit
Duclos. -Il n'tait que le courtier de l'aventure, il ne travaillait pas pour
son compte. -Mais cependant, dit Duclos, il la voyait assidment depuis six
mois? -Pour la tromper, reprit Desgranges, mais reprends ton rcit; ces
claircissements pourraient ennuyer ces messieurs, et cette anecdote-l me
regarde, je leur en rendrai bon compte. -Grce de l'attendrissement, Duclos,
lui dit schement le duc en voyant qu'elle avait peine  retenir quelques
larmes involontaires, nous ne connaissons pas ces regrets-l ici, et toute la
nature s'croulerait que nous n'en pousserions pas un soupir. Laissez les
pleurs aux imbciles et aux enfants, et qu'ils ne souillent jamais les joues
d'une femme raisonnable et que nous estimons. A ces mots notre hrone se
contint et reprit aussitt son rcit.
 
    "En raison des deux causes que je viens d'expliquer, je pris donc mon
parti, messieurs, et la Fournier m'offrant un meilleur logement, une table
bien autrement servie, des parties bien plus chres quoique plus pnibles,
mais toujours un partage gal et sans aucune retenue, je me dterminai
sur-le-champ. Mme Fournier occupait alors une maison tout entire, et cinq
jeunes et jolies filles composaient son srail; je fus la sixime. Vous
trouverez bon que je fasse ici comme chez Mme Gurin, c'est--dire que je ne
vous peigne mes compagnes qu' mesure qu'elles joueront un personnage. Ds le
lendemain de mon arrive on me donna de l'occupation, car les pratiques
allaient grand train chez la Fournier, et nous en faisions souvent cinq ou six
par jour chacune. Mais je ne vous parlerai, ainsi que je l'ai fait jusqu'
prsent, que de celles qui peu- vent exciter votre attention par leur piquant
ou leur singularit.
     "Le premier homme que je vis dans mon nouveau sjour fut un payeur des
rentes, homme d'environ cinquante ans. ll me fit mettre  genoux, la tte
penche sur le lit, et s'tablissant sur le lit galement,  genoux au-dessus
de moi, il se branla le vit dans ma bouche, en m'ordonnant de la tenir trs
ouverte. Je n'en perdis pas une goutte, et le paillard s'amusa prodigieusement
des contorsions et des efforts pour vomir que me fit faire ce dgotant
gargarisme.
     "Vous voudrez, messieurs, continua la Duclos, que je place tout de suite,
quoique arrives  des temps diffrents, les quatre aventures de ce mme genre
que j'eus encore chez Mme Fournier. Ces rcits, je le sais, ne dplairont
point  M. Durcet, et il me saura gr de l'entretenir, le reste de la soire,
d'un got qu'il aime et qui m'a procur l'honneur de le connatre pour la
premire fois."
 
    "Quoi, dit Durcet, tu vas me faire jouer un rle dans ton histoire? -Si
vous le trouvez bon, monsieur, rpondit la Duclos, en observant seulement
d'avertir ces messieurs quand j'en serai  votre article. -Et ma pudeur...
Quoi! devant toutes les jeunes filles, tu vas comme cela dvoiler toutes mes
turpitudes? Et chacun ayant ri de la crainte plaisante du financier, Duclos
reprit ainsi:
 
    "Un libertin, bien autrement vieux et bien autre- ment dgotant que celui
que je viens de citer, vint me donner la seconde reprsentation de cette
manie. Il me fit coucher toute nue sur un lit, s'tendit  contre-sens sur
moi, mit son vit dans ma bouche et sa langue dans mon con, et, dans cette
attitude, il exigea que je lui rendisse les titillations de volupt qu'il
prtendait que devait me procurer sa langue. Je suai de mon mieux. C'tait mon
pucelage pour lui; il lcha, barbota et travailla sans doute dans toutes ses
manoeuvres infiniment plus pour lui que pour moi. Quoi qu'il en soit, je
restai nulle, bien heureuse de n'tre pas horriblement dgote, et le
libertin dchargea; opration que d'aprs la prire de la Fournier, qui
m'avait prvenue de tout, opration, dis-je, que je lui fis faire le plus
lubriquement possible, en serrant mes lvres, en suant, en exprimant de mon
mieux dans ma bouche le jus qu'il exhalait et en passant ma main sur ses
fesses pour lui chatouiller l'anus, pisode qu'il m'indiquait de faire, en le
remplissant de son ct du mieux qu'il lui tait possible... L'affaire faite,
notre homme dcampa en assurant la Fournier qu'on ne lui avait point encore
fourni de fille qui st mieux le contenter que moi.
     "Peu aprs cette aventure, curieuse de savoir ce que venait faire au
logis ne vieille sorcire ge de plus de soixante-dix ans et qui avait l'air
d'attendre pratique, on me dit qu'effectivement elle allait en faire une.
Excessivement curieuse de voir  quoi l'on allait faire servir une telle
empltre, je demandai  mes compagnes s'il n'y avait pas chez elles une
chambre d'o l'on pt voir, ainsi que de chez la Gurin. L'une, m'ayant
rpondu que oui, m'y mena, et comme il y avait de la place pour deux, nous
nous y plames, et voici ce que nous vmes et ce que nous entendmes, car les
deux chambres n'tant spares que par une cloison, il tait trs ais de ne
pas perdre un mot. La vieille arriva la premire et s'tant regarde au
miroir, elle s'ajusta, sans doute comme si elle et cru que ses charmes
allaient encore avoir quelque succs. A quelques minutes de l nous vmes
arriver le Daphnis de cette nouvelle Chlo. Celui-l avait tout au plus
soixante ans; c'tait un payeur des rentes, homme trs  son aise et qui
aimait mieux dpenser son argent avec des salopes de rebut comme celle-l
qu'avec de jolies filles, et cela par cette singularit de got que vous
comprenez, dites-vous, messieurs, et que vous expliquez si bien. Il s'avance,
toise sa dulcine qui lui fait une profonde rvrence. "Pas tant de faons,
vieille garce, lui dit le paillard, et mets-toi nue... Mais voyons d'abord,
as-tu des dents? -Non, monsieur, il ne m'en reste pas une seule, dit la
vieille en ouvrant sa bouche infecte... regardez plutt." Alors notre homme
s'approche et, saisissant sa tte, il lui colle sur les lvres un des plus
ardents baisers que j'aie vu donner de ma vie; non seulement il baisait, mais
il suait, mais il dvorait, il dardait amoureusement sa langue au plus
profond du gosier putrfi, et la bonne vieille, qui de longtemps ne s'tait
trouve  pareille fte, le lui rendait avec une tendresse... qu'il me serait
difficile de vous peindre.
     "Allons, dit le financier, mets-toi nue." Et pendant ce temps-l il
dfait aussi ses culottes et met  l'air un membre noir et rid qui ne
promettait pas de grossir de longtemps. Cependant la vieille est nue et vient
effrontment offrir  son amant un vieux corps jaune et rid, sec, pendant et
dcharn, dont la description,  quelque point que soient vos fantaisies sur
cela, vous ferait trop d'horreur pour que je veuille l'entre- prendre. Mais
loin d'en tre dgot, notre libertin s'extasie; il la saisit, l'attire 
lui. sur le fauteuil o il se manualisait en attendant qu'elle se dshabillt,
lui darde encore une fois sa langue dans la bouche, et la retournant il offre
 l'instant son hommage au revers de la mdaille. Je le vis distinctement
manier les fesses, mais que dis-je les fesses? les deux torchons rids qui de
ses hanches tombaient en ondulations sur ses cuisses. Telles qu'elles taient
enfin, il les ouvrit, colla voluptueusement ses lvres sur le cloaque infme
qu'elles renfermaient, y enfona sa langue  plusieurs reprises diffrentes,
et tout cela pendant que la vieille tchait de donner un peu de consistance au
membre mort qu'elle secouait. "Venons au fait, dit le cladon, sans mon
pisode de choix, tous tes efforts seraient inutiles. On t'a prvenue? -Oui,
monsieur, -Et tu sais bien qu'il faut avaler? -Oui, mon toutou, oui, mon
poulet, j'avalerai, je dvorerai tout ce que tu feras." Et en mme temps le
libertin la campe sur le lit la tte en bas; en cette posture il lui met son
engin molasse dans le bec, l'enfonce jusqu'aux couillons, revient prendre les
deux jambes de sa jouissance, se les campe sur les paules, et par ce moyen
son grouin se trouve absolument nich entre les fesses de la dugne. Sa langue
se replace au fond de ce trou dlicieux; l'abeille allant pomper le nectar de
la rose ne suce pas plus voluptueusement. Cependant la vieille suce, notre
homme s'agite.
     "Ah, foutre! s'crie-t-il au bout d'un quart d'heure de cet exercice
libidineux, suce, suce, bougresse, suce et avale, il coule, double dieu! il
coule, ne le sens-tu pas? Et baisant pour le coup tout ce qui s'offre  lui,
cuisses, vagin, fesses, anus, tout est lch, tout est suc. La vieille avale,
et le pauvre caduc, qui se retire aussi mol qu'il est entr et qui
vraisemblablement a dcharg sans rection, se sauve tout honteux de son
garement et gagne le plus promptement qu'il peut la porte, afin de s'viter
de voir de sens froid l'objet hideux qui vient de le sduire." 

    "Et la vieille? dit le duc."
 
    "La vieille toussa, cracha, se moucha, se vtit le plus tt qu'elle pt et
partit.
     "A quelques jours de l, cette mme compagne qui m'avait procur le
plaisir de cette scne eut son tour. C'tait une fille d'environ seize ans,
blonde et de la physionomie du monde la plus intressante; je ne manquai pas
d'aller la voir en besogne. L'homme  qui l'on l'assemblait tait pour le
moins aussi vieux que le payeur des rentes. Il la fit mettre  genoux entre
ses jambes, lui fixa la tte en lui saisissant les oreilles et lui campa dans
la bouche un vit qui me parue plus sale et plus dgotant qu'un chiffon tran
dans le ruisseau. Ma pauvre compagne, voyant approcher de ses lvres fraches
ce dgotant morceau voulut se jeter  la renverse, mais ce n'tait pas pour
rien que notre homme la tenait comme un barbet par les oreilles. "Allons donc,
garce, lui dit-il, tu fais la difficile?" Et la menaant d'appeler la
Fournier, qui sans doute lui avait recommand bien de la complaisance, il
parvint  vaincre ses rsistances. Elle ouvre les lvres, se recule, les ouvre
encore et engloutit enfin, en poussant des hoquets, cette relique infme dans
la plus gentille des bouches. De ce moment ce ne furent plus que des mauvais
propos de la part du sclrat. "Ah, coquine! disait-il en fureur, il te faut
bien des faons pour sucer le plus beau vit de France! Ne crois-tu pas qu'on
va faire bidet tous les jours exprs pour toi? Allons, suce, garce! suce la
drage." Et s'chauffant de ces sarcasmes et du dgot qu'il inspire  ma
compagne (tant il est vrai, messieurs, que le dgot que vous nous procurez
devient un aiguillon  votre jouissance), le libertin s'extasie et laisse dans
la bouche de cette pauvre fille des preuves non quivoques de sa virilit.
Moins complaisante que la vieille, elle n'avala rien, et beaucoup plus
dgote qu'elle, elle vomit dans la minute tout ce qu'elle avait dans
l'estomac, et notre libertin, en se rajustant sans trop prendre garde  elle,
ricanait entre ses dents des suites cruelles de son libertinage.
     "C'tait  mon tour, mais plus heureuse que les deux prcdentes, c'tait
 l'Amour mme que j'tais destine, et il ne me resta, aprs l'avoir
satisfait, que l'tonnement de trouver des gots si tranges dans un jeune
homme si bien taill pour plaire. Il arrive, me fait mettre nue, s'tend sur
le lit, m'ordonne de m'accroupir sur son visage et d'aller avec ma bouche
essayer de faire dcharger un vit trs mdiocre, mais qu'il me recommande et
dont il me supplie d'avaler le foutre, ds que je le sentirai couler. "Mais ne
restez pas oisive pendant ce temps-l, ajouta le petit libertin: que votre con
inonde ma bouche d'urine, que je vous promets d'avaler comme vous avalerez mon
foutre, et que ce beau cul me pte dans le nez." Je me mets  l'oeuvre et
remplis  la fois mes trois besognes avec tant d'art que le petit anchois
dcharge bientt toute sa fureur dans ma bouche, pendant et que je l'avale, et
que mon Adonis en fait autant de l'urine dont je l'inonde, et cela tout en
respirant les pets dont je ne cesse de le parfumer." 

    "En vrit, mademoiselle, dit Durcet, vous auriez bien pu vous dispenser
de rvler ainsi les enfantillages de ma jeunesse. -Ah! ah! dit le duc en
riant, ah! comment, toi qui  peine oses regarder un con aujourd'hui, tu les
faisais pisser dans ce temps-l? -C'est vrai, dit Durcet, j'en rougis, il est
affreux d'avoir  se reprocher des turpitudes de cette sorte; c'est bien 
prsent, mon ami, que je sens tout le poids des remords... Culs dlicieux,
s'cria-t-il dans son enthousiasme, en baisant celui de Sophie qu'il avait
attir  lui pour le manier un instant, culs divins. combien je me reproche
l'encens que je vous ai drob! 0 culs dlicieux, je vous promets un sacrifice
expiatoire, je fais serment sur vos autels de ne plus m'garer de la vie." Et
ce beau derrire l'ayant un peu chauff, le libertin plaa la novice dans une
posture fort indcente sans doute, mais dans laquelle il pouvait, comme on l'a
vu plus haut, faire tter son petit anchois en suant l'anus le plus frais et
le plus voluptueux. Mais Durcet, trop blas sur ce plaisir-l, n'y retrouvait
que bien rarement sa vigueur; on eut beau le sucer, il eut beau le rendre, il
fallut se retirer dans le mme tat de dfaillance et remettre, en pestant et
jurant contre la jeune fille,  quelque moment plus heureux des plaisirs que
la nature lui refusait pour lors. Tout le monde n'tait pas aussi malheureux.
Le duc, qui avait pass dans son cabinet avec Colombe, Zlamir, Brise-cul et
Thrse, fit entendre des hurlements qui prouvaient son bonheur, et Colombe,
crachotant de toute sa force en en sortant, ne laissa plus de doute sur le
temple qu'il avait encens. Pour l'vque, tout naturellement couch sur son
canap, les fesses d'Adlade sur le nez et le vit dans sa bouche, il se
pmait en faisant pter la jeune femme, tandis que Curval debout, faisant
emboucher son norme trompette  Hb, perdait son foutre en s'garant
ailleurs. On servit. Le duc voulut soutenir au souper que si le bonheur
consistait dans l'entire satisfaction de tous les plaisirs des sens, il tait
difficile d'tre plus heureux qu'ils l'taient. "Ce propos-l n'est pas d'un
libertin, dit Durcet. Et comment est-il que vous puissiez tre heureux, ds
que vous pouvez vous satisfaire  tout instant? Ce n'est pas dans la
jouissance que consiste le bonheur, c'est dans le dsir, c'est  briser les
freins qu'on oppose  ce dsir. Or, tout cela se trouve-t-il ici, o je n'ai
qu' souhaiter pour avoir? Je fais serment, dit-il, que, depuis que j'y suis,
mon foutre n'a pas coul une seule fois pour les objets qui y sont; il ne
s'est jamais rpandu que pour ceux qui n'y sont pas. Et puis d'ailleurs,
ajouta le financier, il manque selon moi une chose essentielle  notre
bonheur: c'est le plaisir de la comparaison, plaisir qui ne peut natre que du
spectacle des malheureux, et nous n'en voyons point ici. C'est de la vue de
celui qui ne jouit pas de ce que j'ai et qui souffre, que nat le charme de
pouvoir se dire: Je suis donc plus heureux que lui. Partout o les hommes
seront gaux et o ces diffrences-l n'existeront pas, le bonheur n'existera
jamais. C'est l'histoire d'un homme qui ne connat bien le prix de la sant
que quand il a t malade. -Dans ce cas-l, dit l'vque, vous tabliriez donc
une jouissance relle  aller contempler les larmes de ceux que la misre
accable? -Trs assurment, dit Durcet, il n'y a peut-tre point au monde de
volupt plus sensuelle que celle dont vous parlez l. -Quoi, sans les
soulager? dit l'vque, qui tait bien aise de faire tendre Durcet sur un
chapitre si fort du got de tous et qu'on le connaissait si capable de traiter
 fond. -Qu'appelez-vous soulager? dit Durcet. Mais la volupt qui nat pour
moi de cette douce comparaison de leur tat au mien n'existerait plus si je
les soulageais, car alors, les sortant de leur tat de misre, je leur ferais
goter un instant de bonheur qui, les assimilant  moi, terait toute
jouissance de comparaison. -Eh bien, d'aprs cela, dit le duc, il faudrait en
quelque faon, pour mieux tablir cette diffrence essentielle au bonheur, il
faudrait, dis-je, aggraver plutt leur situation. -Cela n'est pas douteux, dit
Durcet, et voil qui explique les infamies qu'on m'a reproches sur cela toute
ma vie. Les gens qui ne connaissaient pas mes motifs m'appelaient dur, froce
et barbare, mais, me moquant de toutes les dnominations, j'allais mon train,
je faisais, j'en conviens, ce que les sots appellent des atrocits; mais
j'tablissais des jouissances de comparaisons dlicieuses, et j'tais heureux.
-Avoue le fait, lui dit le duc, conviens qu'il t'est arriv plus de vingt fois
de faire ruiner des malheureux, rien que pour servir en ce sens-l les gots
pervers dont tu conviens ici. -Plus de vingt fois? dit Durcet, plus de deux
cents, mon ami et je pourrais, sans exagration, citer plus de quatre cents
familles rduites aujourd'hui  l'aumne et qui n'y sont que par moi. -En
as-tu profit, au moins? dit Curval. -Presque toujours, mais souvent aussi je
ne l'ai fait que par cette certaine mchancet qui presque toujours rveille
en moi les organes de la lubricit. Je bande  faire le mal, je trouve au mal
un attrait assez piquant pour rveiller en moi toutes les sensations du
plaisir et je m'y livre pour lui seul, et sans autre intrt que lui seul. -Il
n'y a rien que je conoive comme ce got-l, dit Curval. J'ai cent fois donn
ma voix, quand j'tais au Parlement, pour faire pendre des malheureux que je
savais bien tre innocents, et je ne me suis jamais livr  cette petite
injustice-l sans prouver au-dedans de moi-mme un chatouillement voluptueux
o les organes du plaisir de la couille se seraient enflamms bien vite. Jugez
ce que j'ai ressenti quand j'ai fait pis. -Il est certain, dit le duc, qui
commenait  s'chauffer la cervelle en maniant Zphire, que le crime a
suffisamment de charme pour enflammer lui seul tous les sens, sans qu'on soit
oblig d'avoir recours  aucun autre expdient, et personne ne conoit comme
moi que les forfaits, mme les plus loigns de ceux du libertinage, puissent
faire bander comme ceux qui lui appartiennent. Moi qui vous parle, j'ai band
 voler,  assassiner,  incendier, et je suis parfaitement sr que ce n'est
pas l'objet du libertinage qui nous anime, mais l'ide du mal; qu'en
consquence, c'est pour le mal seul qu'on bande et non pas pour l'objet, en
telle sorte que si cet objet tait dnu de la possibilit de nous faire faire
le mal nous ne banderions plus pour lui. -Rien de plus certain, dit l'vque,
et de l nat la certitude du plus grand plaisir  la chose la plus infme et
le systme dont on ne doit point s'carter, qui est que plus l'on voudra faire
natre le plaisir dans le crime et plus il faudra que le crime soit affreux.
Et pour moi, messieurs, ajouta-t-il, s'il m'est permis de me citer, je vous
avoue que je suis au point de ne plus ressentir cette sensation dont vous
parlez, de ne la plus prouver, dis-je, pour les petits crimes, et si celui
que je commets ne runit pas autant de noirceur, autant d'atrocit, autant de
fourberie et de trahison qu'il est possible, la sensation ne nat plus. -Bon,
dit Durcet, est-il possible de commettre des crimes comme on les conoit et
comme vous le dites l? Pour moi, j'avoue que mon imagination a toujours t
sur cela au- del de mes moyens; j'ai toujours mille fois plus conu que je
n'ai fait et je me suis toujours plaint de la nature qui, en me donnant le
dsir de l'outrager, m'en tait toujours les moyens. Il n'y a que deux ou
trois crimes  faire dans le monde, dit Curval, et, ceux-l faits, tout est
dit; le reste est infrieur et l'on ne sent plus rien. Combien de fois,
sacredieu, n'ai-je pas dsir qu'on pt attaquer le soleil, en priver
l'univers, ou s'en servir pour embraser le monde? Ce serait des crimes cela,
et non pas les petits carts o nous nous livrons, qui se bornent 
mtamorphoser au bout de l'an une douzaine de cratures en mottes de terre. Et
sur cela, comme les ttes s'allumaient, que deux ou trois jeunes filles s'en
taient dj ressenties et que les vits commenaient  dresser, on sortit de
table pour aller verser dans de jolies bouches les flots de cette liqueur dont
les picotements trop aigus faisaient profrer tant d'horreurs. On s'en tint ce
soir-l aux plaisir de la bouche, mais on inventa cent faons de les varier,
et quand on s'en fut bien rassasi, on fut essayer de trouver dans quelques
heures de repos des forces ncessaires  recommencer.
 

                                    (XIII)
                                        
                               Neuvime journe

     Duclos avertit ce matin-l qu'elle croyait prudent, ou d'offrir aux
jeunes filles d'autres plastrons pour l'exercice de la masturbation que les
fouteurs que l'on y employait, ou de cesser leurs leons, les croyant
suffisamment instruites. Elle dit, avec beaucoup de raison et de
vraisemblance, qu'en employant ces jeunes gens connus sous le nom de fouteurs,
il pouvait en rsulter des intrigues qu'il tait prudent d'viter, que
d'ailleurs ces jeunes gens ne valaient rien du tout pour cet exercice-l,
attendu qu'ils dchargeaient tout de suite et que c'tait autant de pris sur
les plaisirs qu'en attendaient les culs de ces messieurs. On dcida donc que
les leons cesseraient, et d'autant mieux qu'il s'en trouvait dj parmi elles
qui branlaient  merveille. Augustine, Sophie et Colombe auraient pu le
disputer pour l'adresse et la lgret du poignet aux plus fameuses branleuses
de la capitale. De toutes, Zelmire tait la moins habile: non qu'elle ne ft
trs leste et trs adroite dans tout ce qu'elle faisait, mais c'est que son
caractre tendre et mlancolique ne lui permettait pas d'oublier ses chagrins
et qu'elle tait toujours triste et pensive. A la visite du djeuner de ce
matin-l, sa dugne l'accusa d'avoir t surprise, la veille au soir,  prier
Dieu avant de se coucher. On la fit venir, on l'interrogea, on lui demanda
quel tait le sujet de ses prires. D'abord elle refusa de le dire, puis, se
voyant menace, elle avoua en pleurant qu'elle priait Dieu de la dlivrer des
prils o elle tait, et surtout avant qu'on n'et attent  sa virginit. Le
duc, alors, lui dclara qu'elle mritait la mort, et lui fit lire l'article
exprs des ordonnances sur ce sujet. "Eh bien, dit-elle, tuez-moi! Dieu que
j'invoque aura au moins piti de moi. Tuez-moi avant de me dshonorer; et
cette me que je lui consacre volera au moins pure dans son sein. Je serai
dlivre du tourment de voir et d'entendre tant d'horreurs chaque jour." Une
rponse o rgnait tant de vertu, de candeur et d'amnit fit prodigieusement
bander nos libertins: il y en avait qui opinaient  la dpuceler sur-le-champ,
mais le duc, les rappelant aux engagements inviolables qu'ils avaient pris, se
contenta de la condamner unanimement avec ses confrres  une violente
punition pour le samedi d'ensuite, et en attendant, de venir  genoux sucer un
quart d'heure le vit de chacun des amis dans sa bouche, avec avertissement 
elle donn qu'en cas de rcidive, elle y perdrait dcidment la vie et serait
juge  toute la rigueur des lois. La pauvre enfant vint accomplir la premire
partie de sa pnitence, mais le duc, que la crmonie avait chauff et qui,
aprs l'arrt prononc, lui avait prodigieusement mani le cul, rpandit comme
un vilain toute sa semence dans cette jolie petite bouche, en la menaant de
l'trangler si elle en rejetait une goutte, et la pauvre petite malheureuse
avala tout, non sans de furieuses rpugnances. Les trois autres furent sucs 
leur tour, mais ne perdirent rien, et aprs les crmonies ordinaires de la
visite chez les garons et de la chapelle, qui ce matin-l produisit peu parce
qu'on avait presque refus tout le monde, on dna et on passa au caf. Il
tait servi par Fanny, Sophie, Hyacinthe et Zlamir. Curval imagina de foutre
Hyacinthe en cuisses et d'obliger Sophie  venir, entre les cuisses
d'Hyacinthe, sucer ce qui dpasserait de son vit. La scne fut plaisante et
voluptueuse; il branla et fit dcharger le petit bonhomme sur le nez de la
petite fille, et le duc qui,  cause de la longueur de son vit, tait le seul
qui pt imiter cette scne, s'arrangea de mme avec Zlamir et Fanny. Mais le
jeune garon ne dchargeait point encore; ainsi il fut priv d'un pisode trs
agrable dont Curval jouissait. Aprs eux, Durcet et l'vque s'ajustrent des
quatre enfants et s'en firent aussi sucer, mais personne ne dchargea et,
aprs une courte mridienne, on passa au salon d'histoire o, tout le monde
tant arrang, la Duclos reprit ainsi le fil de ses narrations:
 
    "Avec tout autre que vous, messieurs, dit cette aimable fille, je
craindrais d'entamer le sujet des narrations qui va nous occuper toute cette
semaine, mais, quelque crapuleux qu'il soit, vos gots me sont trop connus
pour qu'au lieu d'apprhender de vous dplaire je ne sois au contraire trs
persuade de vous tre agrable. Vous allez, je vous en prviens, entendre des
salets abominables, mais vos oreilles y sont faites, vos coeurs les aiment et
les dsirent, et j'entre en matire sans plus de dlais. Nous avions une
vieille pratique, chez Mme Fournier, qu'on appelait le chevalier, je ne sais
ni pourquoi ni comment, dont la coutume tait de venir rgulirement tous les
soirs  la maison pour une crmonie aussi simple que bizarre: il dboutonnait
sa culotte, et il fallait que de nous chacune  son tour, vnt lui pousser sa
selle dedans. Il la reboutonnait aussitt et sortait bien vite en emportant ce
paquet. Pendant qu'on le lui fournissait il se branlait un instant, mais on ne
le voyait jamais dcharger et l'on ne savait pas plus o il allait avec son
tron ainsi enculott."
 
    "Oh, parbleu! dit Curval, qui n'entendait jamais rien qu'il n'et envie de
le faire, je veux qu'on chie dans ma culotte et garder cela toute la soire.
Et ordonnant  Louison de venir lui rendre ce service, le vieux libertin donna
 l'assemble la reprsentation effective du got dont elle ne venait que
d'entendre le rcit. "Allons, continue, dit-il flegmatiquement  Duclos en se
campant sur le canap, je ne vois  cela que la belle Aline, ma charmante
compagne de soire, qui pourra se trouver incommode de cette affaire-ci, car
pour quant  moi, je m'en accommode fort." Et Duclos reprit en ces termes:
 
    "Prvenue, dit-elle, de tout ce qui devait se passer chez le libertin o
l'on m'envoyait, je me vtis en garon, et comme je n'avais que vingt ans, de
beaux cheveux et une jolie figure, ce vtement m'allait  merveille. J'ai la
prcaution de faire avant de partir, dans ma culotte, ce que M. le prsident
vient de se faire faire dans la sienne. Mon homme m'attendait au lit, je
m'approche, il me baise deux ou trois fois trs lubriquement sur la bouche, il
me dit que je suis le plus joli petit garon qu'il ait encore vu, et tout en
me louant, il cherche  dboutonner ma culotte. J'use d'un peu de dfense,
dans la seule intention de mieux enflammer ses dsirs, il me presse, il
russit, mais comment vous peindre l'extase qui le saisit ds qu'il aperoit
et le paquet que je porte, et la bigarrure qu'il a fait sur mes deux fesses.
"Comment, petit coquin, me dit-il, vous avez chi dans vos culottes!... Mais
peut-on faire des cochonneries comme cela?" Et, dans l'instant, me tenant
toujours tourne et les braies rabattues, il se branle, il se secoue, s'accole
contre mon dos et lance son foutre sur le paquet en m'enfonant sa langue dans
la bouche.
 
    "Eh quoi! dit le duc, il ne toucha rien, il ne mania rien de ce que vous
savez? -Non, monseigneur, dit la Duclos, je vous dis tout et ne vous cache
aucune circonstance. Mais un peu de patience, et nous arriverons par degrs 
ce que vous voulez dire. "
 
    "Allons en voir un bien plaisant, me dit une de mes compagnes; celui-l
n'a pas besoin de fille, il s'amuse tout seul." Nous nous rendons au trou,
instruites que, dans la chambre voisine o il devait se rendre, il y avait un
pot de chaise perce qu'on nous avait ordonn de remplir depuis quatre jours,
et il devait y avoir au moins plus d'une douzaine d'trons. Notre homme
arrive; c'tait un vieux sous-fermier d'environ soixante-dix ans. Il
s'enferme, va droit au pot qu'il sait renfermer les parfums dont il a demand
les jouissances. Il le prend et, s'asseyant sur un fauteuil, il examine
amoureusement une heure toutes les richesses dont on le rend possesseur. Il
respire, il touche, il manie, semble les sortir tous le uns aprs es autres
pour avoir le plaisir de les mieux contempler. Extasi  la fin, il sort de sa
brayette, un vieux chiffon noir qu'il secoue de toutes ses forces; une main
branle, l'autre s'enfonce dans le pot, rapporte  cet outil qu'on fte une
pture capable d'enflammer ses dsirs; mais il n'en dresse pas davantage. Il y
a des moments o la nature est si rtive que les excs qui nous dlectent le
mieux ne parviennent pas  lui rien arracher. Il eut beau faire, rien ne
dressa; mais  force de secousses, faites avec la mme main qui venait d'tre
trempe dans l'excrment mme, l'jaculation part: il se roidit, il se
renverse, sent, respire, frotte son vit et dcharge sur le tas de merde qui
vient de le si bien dlecter.
     "Un autre soupa tte--tte avec moi et voulut sur la table douze
assiettes pleines des mmes mets, entremles avec celles du souper. Il les
flairait, il les respirait tour  tour, et m'ordonna de le branler aprs le
repas sur celui qui lui avait paru le plus beau. Un jeune matre des requtes
payait tant par lavements que l'on voulait recevoir. Lorsque je passai avec
lui, j'en pris sept, qu'il m'administra tous sept de sa main. Sitt que j'en
avais gard un quelques minutes, il fallait monter sur une chelle double, il
se plaait dessous, et je lui rendais sur son vit, qu'il branlait, toute
l'immersion dont il venait d'abreuver mes entrailles."
 
    On imagine aisment que toute cette soire se passa  des salets  peu
prs du genre de celles qu'on venait d'entendre, et l'on le croira d'autant
plus aisment que ce got-l tait gnral chez nos quatre amis, et quoique
Curval ft celui qui le portt le plus loin, les trois autres n'en taient
gure moins entichs. Les huit trons des petites filles furent placs parmi
les plats du souper, et aux orgies en enchrit encore sans doute sur tout cela
avec les petits garons, et c'est ainsi que se termina cette neuvime journe
dont on vit arriver la fin avec d'autant plus de plaisir que l'on se flattait
que le lendemain ferait entendre, sur l'objet qu'on chrissait autant, des
rcits un peu plus circonstancis.
 
                                     (XIV)
                                        
                                Dixime journe
                                        
                     Souvenez-vous de mieux voiler dans le
                 commencement ce que vous allez claircir ici.

     Plus nous avanons, mieux nous pouvons claircir notre lecteur sur de
certains faits que nous avons t oblig de lui tenir voils dans le
commencement. A prsent, par exemple, nous pouvons lui dire quel tait l'objet
des visites du matin dans les chambres des enfants, la cause qui les faisait
punir quand il se trouvait quelque dlinquant  ces visites et quelles taient
les volupts qu'on gotait  la chapelle: il tait expressment dfendu aux
sujets, de quelque sexe qu'ils fussent, d'aller  la garde-robe sans une
permission expresse, afin que ces besoins, ainsi conservs, pussent fournir
aux besoins de ceux qui les dsiraient. La visite servait  approfondir si
personne n'avait manqu  cet ordre: l'ami de mois visitait avec soin tous les
pots de chambre, et s'il en trouvait un de plein, le sujet tait  l'instant
marqu sur le livre des punitions. Cependant on accordait une facilit  ceux
ou celles qui ne pouvaient plus se retenir: c'tait de se rendre un peu avant
dner  la chapelle dont on avait form une garde-robe, contourne de manire
 ce que nos libertins pussent jouir du plaisir que la satisfaction de ce
besoin pouvait leur procurer; et le reste, qui avait pu garder le paquet, le
perdait dans le cours de la journe de la manire qui plaisait le plus aux
amis, et toujours au moins bien srement d'une de celles dont on va entendre
les dtails, puisque ces dtails rempliront toutes les manires de se lier 
ce genre de volupt. Il y avait encore un autre motif de punition et le voici.
Ce qu'on appelle la crmonie du bidet ne plaisait pas exactement  nos quatre
amis: Curval, par exemple, ne pouvait souffrir que les sujets qui devaient
avoir affaire  lui se lavassent; Durcet tait de mme, moyen en quoi l'un et
l'autre avertissaient la dugne des sujets avec lesquels ils prvoyaient de
s'amuser le lendemain, et l'on dfendait  ces sujets d'user en aucun cas de
toute ablution ou frottement, de quelque nature qu'il pt tre, et les deux
autres qui ne hassaient point cela, quoique cela ne leur ft pas essentiel
comme aux deux premiers, se prtaient  l'excution de cet pisode, et si,
aprs l'avertissement d'tre impur, un sujet s'avisait d'tre propre, il tait
 l'instant marqu sur la liste des punitions. Ce fut l'histoire de Colombe et
d'Hb dans cette matine-l. Elles avaient chi la veille, aux orgies, et
sachant qu'elles taient de caf le lendemain, Curval, qui comptait s'amuser
avec toutes les deux et qui avait mme prvenu qu'il ferait pter, avait
recommand qu'on laisst bien les choses dans l'tat o elles taient.
 
    Quand les enfants furent se coucher, elles n'en firent rien. A la visite,
Durcet, prvenu, fut trs surpris de les trouver de la plus grande nettet;
elles s'excusrent en disant qu'elles ne s'en taient pas souvenu, et n'en
furent pas moins inscrites sur le livre des punitions. On n'accorda ce
matin-l aucune permission de chapelle. (Le lecteur voudra bien se souvenir de
ce que nous entendrons par l  l'avenir.) On prvoyait trop le besoin qu'on
aurait de cela le soir,  la narration, pour ne pas tout rserver  cette
poque.
 
    Ce jour-l, on fit galement cesser les leons de masturbation aux jeunes
garons; elles devenaient inutiles, et tous branlaient comme les plus habiles
putains de Paris. Zphire et Adonis l'emportaient surtout par leur adresse et
leur lgret, et il est peu de vits qui n'eussent jacul jusqu'au sang,
branls par de petites mains si lestes et si dlicieuses. Il n'y eut rien de
nouveau jusqu'au caf; il tait servi par Giton, Adonis, Colombe et Hb. Ces
quatre enfants, prvenus, taient farcis de toutes les drogues qui peuvent le
mieux provoquer des vents, et Curval, qui s'tait propos de faire pter, en
reut une trs grande quantit. Le duc se fit sucer par Giton, dont la petite
bouche ne pouvait venir  bout de resserrer l'norme vit que l'on lui
prsentait. Durcet fit de petites horreurs de choix avec Hb et l'vque
foutit Colombe en cuisses. Six heures sonnrent, on passa au salon o, tout
tant dispos, la Duclos se mit  raconter ce qu'on va lire:
 
    "Il venait d'arriver chez Mme Fournier une nouvelle compagne qui, en
raison du rle qu'elle va jouer dans le dtail de la passion qui suit, mrite
que je vous la peigne au moins en gros. C'tait une jeune ouvrire en modes,
dbauche par le sducteur dont je vous ai parl chez la Gurin, et qui
travaillait aussi pour la Fournier. Elle avait quatorze ans, cheveux chtains,
les yeux bruns et pleins de feu, la petite figure la plus voluptueuse qu'il
ft possible de voir, la peau blanche comme le lys et douce comme du satin,
assez bien faite, mais pourtant un peu grasse, lger inconvnient d'ou il
rsultait le cul le plus frais et le plus mignon, le plus potel et le plus
blanc qu'il y et peut-tre  Paris. L'homme que je lui vis expdier, par le
trou, tait son trenne, car elle tait encore pucelle et trs assurment de
tous cts. Aussi ne livra-t-on un tel morceau qu' un grand ami de la maison:
c'tait le vieil abb de Fierville, aussi connu par ses richesses que par ses
dbauches, goutteux jusqu'au bout des doigts. Il arrive tout embguin,
s'tablit dans la chambre, visite tous les ustensiles qui vont lui devenir
ncessaires, prpare tout, et la petite arrive; on la nommait Eugnie. Un peu
effraye de la figure grotesque de son premier amant, elle baisse les yeux et
rougit. "Approchez, approchez, lui dit le libertin, et faites-moi voir vos
fesses. -Monsieur..., dit l'enfant interdit. -Allons donc, allons donc, dit le
vieux libertin; il n'y a rien de pis que toutes ces petites novices-l; a ne
conoit pas qu'on veuille voir un cul. Allons, troussez donc, troussez donc!
Et la petite s'avanant  la fin, de peur de dplaire  la Fournier  laquelle
elle a promis d'tre bien complaisante, se trousse  moiti par-derrire.
"Plus haut donc, plus haut, dit le vieux paillard. Croyez-vous que je vais
prendre cette peine-l moi-mme?" Et,  la fin, le beau cul parat tout 
fait. L'abb le lorgne, la fait tenir droite, la fait courber, lui fait
resserrer les jambes, les lui fait carter, et l'appuyant contre le lit, il
frotte un moment avec grossiret toutes ses parties de devant, qu'il a mises
 l'air, contre le joli cul d'Eugnie, comme pour s'lectriser, comme pour
attirer  lui un peu de la chaleur de ce bel enfant. De l, il passe aux
baisers, il s'agenouille pour y procder plus  l'aise et, tenant de ses deux
mains ces belles fesses dans le plus grand cartement possible, et sa langue
et sa bouche en vont farfouiller les trsors. "On ne m'a point tromp, dit-il,
vous avez un assez beau cul. Y a-t-il longtemps que vous n'avez chi? -Tout 
l'heure, monsieur, dit la petite. Madame avant de monter m'a fait prendre
cette prcaution-l. -Ah! ah!... de faon qu'il n'y a plus rien dans les
entrailles, dit le paillard. Eh bien, nous allons voir. Et s'emparant alors de
la seringue, il la remplit de lait, revient prs de son objet, braque la
canule et darde le clystre. Eugnie, prvenue, se prte  tout, mais  peine
le remde est-il dans le ventre, que, se couchant  plat sur un canap, il
ordonne  Eugnie de venir se mettre  califourchon sur lui et de lui rendre
toute sa petite affaire dans la bouche. La timide crature se place comme on
lui a dit, elle pousse, le libertin se branle, sa bouche, hermtiquement
colle sur le trou, ne lui laisse pas perdre une goutte de la liqueur
prcieuse qui en dcoule. Il avale tout avec le soin le plus exact, et  peine
est-il  la dernire gorge que son foutre s'chappe et vient le plonger dans
le dlire. Mais quelle est donc cette humeur, ce dgot qui, chez presque tous
les vritables libertins, suit la chute de leurs illusions? L'abb rejetant la
petite fille loin de lui brutalement, ds qu'il a fini, se rajuste, dit qu'on
l'a tromp en disant qu'on ferait chier cette enfant, qu'elle n'avait srement
point chi et qu'il a aval la moiti de son tron. Il y a  remarquer que M.
l'abb ne voulait que du lait. Il tonne, il jure, il peste, dit qu'il ne
paiera point, qu'il ne viendra plus; que c'est bien la peine qu'il se dplace
pour des petites morveuses comme cela, et part en ajoutant  cela mille autres
invectives que je trouverai l'occasion de vous raconter dans une autre passion
dont elles sont le principal, au lieu qu'elles ne seraient ici qu'un trs
mince accessoire." 

    "Parbleu, dit Curval, voil un homme bien dlicat: se fcher parce qu'il a
reu un peu de merde? Et ceux qui en mangent! -Patience, patience,
monseigneur, dit Duclos, permettez que mon rcit aille dans l'ordre que vous
avez vous-mme exig, et vous verrez que nous viendrons au tour des libertins
singuliers dont vous parlez l."
 
                                       
                                       
      Cette bande a t crite en vingt soires, de sept  dix heures, et est
finie ce l2 septembre l785.
 
    Lisez le reste au revers de la bande. Ce qui suit fait la suite de la fin
du revers.
   


    "Deux jours aprs, ce fut mon tour. On m'avait prvenue, et je me retenais
depuis trente-six heures. Mon hros tait un vieil aumnier du roi, perclus de
goutte comme le prcdent. Il ne fallait l'approcher que nue, mais le devant
et le sein devaient tre couverts avec le plus grand soin; on m'avait
recommand cette clause avec la plus grande exactitude, en m'assurant que s'il
venait malheureusement  dcouvrir la plus petite apparence de ces parties, je
ne viendrais jamais  bout de le faire dcharger. J'approche, il examine
attentivement mon derrire, me demande mon ge, s'il est vrai que j'aie une
forte envie de chier, de quelle espce est ma merde, si elle est molle, si
elle est dure, et mille autres questions qui me paraissaient l'animer, car peu
 peu, tout en causant, son vit dressa et il me le fit voir. Ce vit, d'environ
quatre pouces de long sur deux ou trois de circonfrence, avait malgr son
brillant, un air si humble et si piteux, qu'il fallait presque des lunettes
pour se douter de son existence. Je m'en emparai pourtant,  la sollicitation
de mon homme, et voyant que mes secousses irritaient assez bien ses dsirs, il
se mit en train de consommer le sacrifice. "Mais est-elle bien relle, mon
enfant, me dit-il, cette envie de chier que vous m'annoncez? Car je n'aime pas
 tre tromp. Voyons, voyons, si vous avez rellement de la merde dans le
cul." Et en disant cela, il m'enfonce le doigt du milieu de sa main droite
dans le fondement, pendant que de sa gauche, il soutenait l'rection que
j'avais excite sur son vit. Ce doigt sondeur n'eut pas besoin d'aller loin
pour se convaincre du besoin rel dont je l'assurais. A peine et-il touch
qu'il s'extasiait: "Ah, ventredieu! dit-il, elle ne me trompe pas, la poule va
pondre et je viens de sentir l'oeuf." Le paillard enchant me baise 
l'instant le derrire, et voyant que je le presse et qu'il ne me devient plus
possible de retenir, il me fait monter sur une espce de machine assez
semblable  celle que vous avez ici, messieurs, dans votre chapelle: l, mon
derrire, parfaitement expos  ses yeux, pouvait dposer son cas dans un vase
plac un peu au-dessous,  deux ou trois doigts de son nez. Cette machine
avait t faite pour lui, et il en faisait un frquent usage, car il ne
passait gure de jour sans venir chez la Fournier pour pareille expdition,
tant avec des trangre qu'avec des filles de la maison. Un fauteuil, plac
au-dessous du cercle qui supportait mon cul, tait le trne du personnage. Ds
qu'il me voit en attitude, il se place et m'ordonne de commencer. Quelques
pets prludent; il les respire. Enfin l'tron parat; il se pme: "Chie, ma
petite, chie, mon ange! s'crie-t-il tout en feu. Fais-moi bien voir l'tron
sortir de ton beau cul. Et il l'aidait; ses doigts, pressant l'anus,
facilitaient l'explosion; il se branlait, il observait, il s'enivrait de
volupt, et l'excs du plaisir le transportant  la fin tout  fait hors de
lui, ses cris, ses soupirs, ses attouchements, tout me convainc qu'il touche
au dernier priode du plaisir, et j'en deviens sre en tournant la tte et
voyant son engin en miniature dgorger quelques gouttes de sperme dans le mme
vase que je venais de remplir. Celui-l sortit sans humeur; il m'assura mme
qu'il me ferait l'honneur de me revoir, quoique je fusse persuade du
contraire, sachant au mieux qu'il ne revoyait jamais deux fois la mme fille."
 
    "Mais je conois cela, dit le prsident qui baisait le cul d'Aline, sa
compagne du canap; il faut en tre o nous en sommes, il faut tre rduit 
la disette qui nous accable pour faire chier un cul plus d'une fois. -Monsieur
le prsident, dit l'vque, vous avez un certain son de voix entrecoup qui me
fait voir que vous bandez. -Ah! pas un mot, reprit Curval, je baise les fesses
de Mlle votre fille, qui n'a pas seulement la complaisance de me dcocher un
malheureux pet. -Je suis donc plus heureux que vous, dit l'vque; car voil
Mme votre femme qui vient de me faire le plus bel tron et le plus copieux...
-Allons, silence, messieurs, silence! dit le duc, dont la voix semblait tre
touffe par quelque chose qui lui couvrait la tte; silence, morbleu! nous
sommes ici pour entendre et non pas pour agir. -C'est donc  dire que tu ne
fais rien, lui dit l'vque, et c'est pour couter que te voil vautr sous
trois ou quatre culs. -Allons, allons, il a raison. Continue, Duclos, il sera
plus sage  nous d'couter des sottises que d'en faire, il faut se rserver.
Et Duclos allait reprendre, lorsque l'on entendit les hurlements ordinaires et
les blasphmes accoutums des dcharges du duc, lequel, entour de son
quadrille, perdait lubriquement son foutre, branl par Augustine qui le
pollue, dit-il, dlicieusement, et faisant avec Sophie, Zphire et Giton tout
plein de petites sottises trs analogues au genre de celle qu'on racontait.
"Ah, sacredieu, dit Curval, je ne puis pas souffrir ces mauvais exemples-l.
Je ne connais rien qui fasse dcharger comme une dcharge, et voil cette
petite putain, dit-il en parlant d'Aline, qui ne pouvait rien tout  l'heure
et qui fait tout ce qu'on veut  prsent.. N'importe, je tiendrai. Ah! tu as
beau chier, garce, tu as beau chier, je ne dchargerai pas! -Je vois bien,
messieurs, dit Duclos, qu'aprs vous avoir pervertis, c'est  moi de vous
mettre  la raison, et pour y parvenir je vais reprendre mon rcit sans
attendre vos ordres. -Eh! non, non, dit l'vque, je ne suis pas si rserv
que M. le prsident, moi; le foutre me pique et il faut qu'il sorte. Et en
disant cela, on lui vit faire devant tout le monde des choses que l'ordre que
nous nous sommes prescrit ne nous permet pas de dvoiler encore, mais dont la
volupt fit trs rapidement couler le sperme dont le picotement commenait 
gner ses couilles. Pour Durcet, absorb dans le cul de Thrse, on ne
l'entendit pas, et vraisemblablement la nature lui refusait ce qu'elle
accordait aux deux autres, car il n'tait pas muet ordinairement quand elle
lui accordait des faveurs. La Duclos, pour le coup, voyant donc tout calm
reprit ainsi la suite de ses lubriques aventures:
 
    "Un mois aprs, je vis un homme qu'il fallait presque violer pour une
opration assez semblable  celle que je viens de vous rapporter. Je chie dans
une assiette et lui apporte sous le nez, dans un fauteuil o il s'occupait 
lire sans avoir l'air de prendre garde  moi. Il m'invective, me demande
comment je suis assez insolente pour faire des choses comme celle-l devant
lui, mais  bon compte il sent l'tron, il le regarde et le manie. Je lui
demande excuse de ma libert, il continue de me dire des sottises et dcharge,
l'tron sous le nez, en me disant qu'il me retrouverait et que j'aurai un jour
affaire  lui.
     "Un quatrime n'employait  semblable fte que des femmes de soixante-dix
ans. Je le vis oprer avec une qui en avait au moins quatre-vingts. Il tait
couch sur un canap; la matrone,  califourchon su lui, lui dposa son vieux
cas sur le ventre en lui branlant un vieux vit rid qui ne dchargea presque
pas.
     "Il y avait chez la Fournier un autre meuble assez singulier: c'tait une
espce de chaise perce dans laquelle un homme pouvait se placer de telle
sorte que son corps dpassait dans une autre chambre et que sa tte seule se
trouvait  la place du pot. J'tais du ct de son corps et,  genoux entre
ses jambes, je lui suais le vit de mon mieux pendant l'opration. Or, cette
singulire crmonie consistait  ce qu'un homme du peuple, gag pour cela
sans savoir ni approfondir ce qu'il faisait, entrt par le ct o tait le
sige de la chaise, se post dessous et y pousst sa selle qui, par ce moyen,
tombait  plomb sur le visage du patient que j'expdiais. Mais il fallait que
cet homme ft exactement un manant, et pris dans tout ce que la crapule
pouvait offrir de plus affreux; il fallait de plus qu'il ft vieux et laid. On
le lui faisait voir avant, et sans toutes ces qualits il n'en voulait pas. Je
ne vis rien, mais j'entendis: l'instant du choc fut celui de la dcharge de
mon homme, son foutre s'lana dans mon gosier  mesure que l'tron lui
couvrait la face, et je le vis sortir de l dans un tat qui me fit voir qu'il
avait t bien servi. Le hasard, l'opration finie, me fit rencontrer ce
gentilhomme qui venait d'y servir: c'tait un bon et honnte Auvergnat servant
de manoeuvre aux maons, bien enchant de rapporter un petit cu d'une
crmonie qui, en ne faisant que le dgager du superflu de ses entrailles, lui
devenait infiniment plus douce et plus agrable que de porter l'oiseau. Il
tait effroyable  force de laideur et paraissait plus de quarante ans."
 
    "Je renie Dieu, dit Durcet, voil comme il le faut." Et passant dans son
cabinet avec le plus vieux des fouteurs, Thrse et la Desgranges, on
l'entendit brailler quelques minutes aprs, sans qu'il voult au retour faire
part  la compagnie des excs auxquels il venait de se livrer. On servit. Le
souper fut pour le moins aussi libertin qu' l'ordinaire, et les amis ayant eu
fantaisie, cet aprs-souper-l, de se caser tout un chacun de leur ct, au
lieu de s'amuser  cet instant-l tous ensemble comme ils en avaient coutume,
le duc occupa le boudoir du fond avec Hercule, la Martaine, sa fille Julie,
Zelmire, Hb, Zlamir, Cupidon et Marie. Curval s'empara du salon d'histoire
avec Constance, qui frmissait toujours chaque fois qu'il fallait se trouver
avec lui, et qu'il tait fort loin de rassurer, avec Fanchon, la Desgranges,
Brise-cul, Augustine, Fanny, Narcisse et Zphire. L'vque passa au salon
d'assemble avec la Duclos, qui fit ce soir-l infidlit au duc pour se
venger de celle qu'il lui faisait en emmenant Martaine, avec Aline,
Bande-au-ciel, Thrse, Sophie, la charmante petite Colombe, Cladon et
Adonis. Pour Durcet il resta au salon  manger qu'on desservit et dans lequel
on jeta des tapis et des carreaux. Il s'y enferma, dis-je, avec Adlade, sa
chre pouse, Antinos, Louison, Champville, Michette, Rosette, Hyacinthe et
Giton. Un redoublement de lubricit plutt qu'aucune autre raison avait sans
doute dict cet arrangement, car les ttes s'chauffrent tant cette soire-l
que, d'un avis unanime, personne ne se coucha, mais en revanche ce qui avait
t fait de salets et d'infamies dans chaque chambre ne s'imagine pas.
     Vers la pointe du jour, on voulut se remettre  table, quoiqu'on et
beaucoup bu pendant la nuit. On s'y mit tous ple-mle et indistinctement, et
les cuisinires que l'on rveilla envoyrent des oeufs brouills, des
chincara, du potage  l'oignon et des omelettes. On but encore, mais Constance
tait dans une tristesse que rien ne pouvait calmer. La haine de Curval
croissait en mme temps que son pauvre ventre. Elle venait d'en prouver
pendant les orgies de cette nuit-l, except des coups parce qu'on tait
convenu de laisser grossir la poire, d'en prouver, dis-je, except cela, tout
ce qu'on peut imaginer de mauvais procds. Elle voulut s'en plaindre  Durcet
et au duc, son pre et son mari, qui l'envoyrent au diable et lui dirent
qu'il fallait bien qu'elle et quelque dfaut dont ils ne s'apercevaient pas
pour dplaire ainsi au plus vertueux et au plus honnte des humains: voil
tout ce qu'elle en eut. Et l'on fut se coucher.
 

                                     (XV)
                                        
                                Onzime journe

     On se leva fort tard, et supprimant absolument pour ce jour-l toutes les
crmonies d'usage, on se mit  table en sortant du lit. Le caf, servi par
Giton, Hyacinthe, Augustine et Fanny, fut assez tranquille. Cependant Durcet
voulut absolument faire pter Augustine, et le duc le mettre en bouche 
Fanny. Or, comme du dsir  l'effet il n'y avait jamais qu'un pas avec de
telles ttes, on se satisfit. Heureusement qu'Augustine tait prpare; elle
en fit prs d'une douzaine dans la bouche du petit financier, qui faillirent
presque le faire bander. Pour Curval et l'vque, ils s'en tinrent  manier
les fesses des deux petits garons, et on passa au salon d'histoire.
 
    "Regarde donc, me dit un jour la petite Eugnie, qui commenait  se
familiariser avec nous, et que six mois de bordel n'avaient rendue que plus
jolie, regarde, Duclos, me dit-elle en se troussant, comme Mme Fournier veut
que j'aie le cul toute la journe. Et en disant cela, elle me fit voir un
placard de merde d'un pouce d'paisseur, dont son joli petit trou de cul tait
entirement couvert. -Et que veut-elle que tu fasses de cela? lui dis-je.
-C'est pour un vieux monsieur qui vient ce soir, dit-elle, et qui veut me
trouver de la merde au cul. -Eh bien, dis-je, il sera content, car il est
impossible d'en avoir davantage." Et elle me dit qu'aprs avoir chi, la
Fournier l'avait barbouille  dessein. Curieuse de voir cette scne, ds
qu'on appela cette jolie petite crature, je volai au trou. C'tait un moine,
mais un de ceux qu'on appelle des gros bonnets; il tait de l'ordre des
Cteaux, gros, grand, vigoureux et approchant de la soixantaine. Il caresse
l'enfant, la baise sur la bouche, et lui ayant demand si elle est bien
propre, il la trousse pour vrifier lui-mme un tat constant de nettet
qu'Eugnie lui assurait, quoiqu'elle st bien le contraire, mais on lui avait
dit de parler ainsi. "Comment, petite coquine! lui dit le moine en voyant
l'tat des choses; comment, vous osez me dire que vous tes propre avec un cul
de cette salet-l? Il faut qu'il y ait plus de quinze jours que vous n'ayez
torch votre cul. Voyez un peu la peine que a me donne; car enfin, je veux le
voir propre, et il faudra donc d'aprs cela que ce soit moi qui en prenne le
soin". Et en disant cela, il avait appuy la jeune fille contre un lit et
s'tait plac  genoux, en bas des fesses, en les cartant de ses deux mains.
On dirait d'abord qu'il ne fait qu'observer la situation; il en parat
surpris; peu  peu il s'y apprivoise, sa langue approche, elle en dtache des
morceaux, ses sens s'enflamment, son vit dresse, le nez, la bouche, la langue,
tout semble travailler  la fois, son extase parat si dlicieuse qu' peine
lui reste-t-il le pouvoir de parler; le foutre monte  la fin: il saisit son
vit, le branle et achve en dchargeant de nettoyer si compltement cet anus,
qu'il ne semblait seulement plus qu'il et pu tre sale un instant. Mais le
libertin n'en restait pas l, et cette voluptueuse manie n'tait pour lui
qu'un prliminaire. Il se relve, baise encore la petite fille, lui expose un
gros vilain cul sale qu'il lui ordonne de secouer et de socratiser;
l'opration le fait rebander, il se rempare du cul de ma compagne, l'accable
de nouveaux baisers, et comme ce qu'il fit aprs n'est ni de mon ressort, ni
plac dans ces narrations prliminaires, vous trouverez bon que je remette 
Mme Martaine  vous parler des dportements d'un sclrat qu'elle n'a que trop
connu et que, pour viter mme toutes questions de votre part, messieurs,
auxquelles il ne me serait pas permis, par vos lois mmes, de satisfaire, je
passe  un autre dtail."
 
    "Qu'un mot, Duclos, dit le duc. Je parlerai  mots couverts: ainsi tes
rponses n'enfreindront point nos lois. Le moine l'avait-il gros et tait-ce
la premire fois qu'Eugnie... -Oui, monseigneur, c'tait la premire fois, et
le moine l'avait presque aussi gros que vous. -Ah, foutre! dit Durcet, la
bonne scne, et comme j'aurais voulu voir cela!"
     
     "Peut-tre eussiez-vous eu la mme curiosit, dit Duclos en se reprenant,
pour le personnage qui me passa quelques jours aprs par les mains. Munie d'un
vase contenant huit o dix trons pris de toute part et dont il et t bien
fch de connatre les auteurs, il fallait que, de mes mains, je le frottasse
tout entier de cette pommade odorifrante. Rien ne fut pargn, pas mme le
visage, et quand j'en fus au vit que je branlais en mme temps, l'infme
cochon, qui se regardait ainsi avec complaisance dans une glace, me laissa
dans la main les preuves de sa triste virilit.
     "Enfin nous y voil, messieurs, enfin l'hommage va se rendre au vritable
temple. On m'avait fait dire de me tenir prte; je me rservais depuis des
jours. C'tait un commandeur de Malte qui, pour pareille opration, voyait
tous les matins une fille nouvelle; c'tait chez lui que se passait la scne.
"Les belles fesses, me dit-il en embrassant mon derrire; mais mon enfant,
continua-t-il, ce n'est pas tout que d'avoir un beau cul, il faut encore que
ce beau cul-l chie. En avez-vous envie? -A tel point que je m'en meurs,
monsieur, lui rpondis-je. -Ah, parbleu! c'est delicieux, dit le commandeur;
c'est ce qu'on appelle servir son monde  souhait; mais voudrez-vous bien
chier, ma petite, dans le pot de chambre que je vais vous prsenter? -Ma foi,
monsieur, lui rpondis-je, je chierais partout, de l'envie que j'en ai, et
mme dans votre bouche... -Ah! dans ma bouche! elle est dlicieuse! Eh bien,
c'est prcisment l le seul vase que j'aie  vous offrir. -Eh bien! donnez,
monsieur, donnez bien vite, rpondis-je, car je n'en puis plus." Il se place,
je monte  califourchon sur lui; en oprant, je le branle; il soutient mes
hanches de ses mains et reoit, mais en le rendant morceau par morceau, tout
ce que je lui dpose dans le bec. Cependant il s'extasie;  peine mon poignet
put-il suffire  faire jaillir les flots de semence qu'il perd; je branle,
j'achve de chier, notre homme s'extasie, et je le quitte enchant de moi, 
ce qu'il eut au moins la complaisance de faire dire  la Fournier en lui en
redemandant une autre pour le lendemain.
     "Celui qui suivit, avec  peu prs les mmes pisodes, y joignait celui
de garder plus longtemps les morceaux dans sa bouche. Il les rduisait en
fluide, s'en rinait longtemps la bouche et ne les rendait qu'en eau.
     "Un cinquime avait une fantaisie plus bizarre encore, s'il est possible.
Il voulait trouver quatre trons sans une seule goutte d'urine dans le pot
d'une chaise perce. On l'enfermait seul dans la chambre o tait ce trsor:
jamais il ne prenait de fille avec lui, et il fallait avoir le plus grand soin
que tout ft bien clos, qu'il ne pt tre ni vu ni aperu d'aucun ct. Alors
il agissait: mais de vous dire comment est ce qu'il m'est impossible de faire,
car jamais personne ne l'a vu. Tout ce qu'on sait c'est que lorsqu'on
retournait dans la chambre aprs lui, on trouvait le pot trs vide et
extrmement propre: mais ce qu'il faisait des quatre trons, je crois que le
diable lui-mme aurait de la peine  vous le dire. Il avait la facilit de les
jeter dans des lieux, mais peut-tre en faisait-il autre chose. Ce qui semble
faire croire qu'il n'en faisait point cette autre chose que vous pourriez
supposer, c'est qu'il laissait  la Fournier le soin de lui fournir les quatre
trons sans jamais s'informer de qui ils venaient et sans jamais faire sur eux
la moindre recommandation. Un jour, pour voir si ce que nous allions lui dire
l'alarmerait, alarme qui aurait pu nous donner quelque lumire sur le sort des
trons, nous lui dmes que ceux qu'on lui avait donns ce jour-l taient de
plusieurs personnes malsaines et attaques par la vrole. Il en rit avec nous
sans s'en fcher, ce qu'il est pourtant vraisemblable qu'il et fait s'il et
employ ces trons  autre chose qu' les jeter. Lorsque nous avons voulu
quelquefois pousser plus loin nos questions, il nous a fait taire et nous n'en
avons jamais su davantage.
     "C'est tout ce que j'ai  vous dire pour ce soir, dit Duclos, en
attendant que j'entre demain dans un nouvel ordre de choses, au moins
relativement  mon existence; car pour ce qui touche ce got charmant que vous
idoltrez, il me reste encore au moins deux ou trois jours, messieurs,  avoir
l'honneur de vous en entretenir."
 
    Les opinions se partagrent sur le sort des trons de l'homme dont on
venait de parler, et tout en en raisonnant on en fit faire quelques-uns; et le
duc, qui voulait que tout le monde vt le got qu'il prenait pour la Duclos,
fit voir  toute la socit la manire libertine dont il s'amusait avec elle,
et l'aisance, l'adresse, la promptitude accompagne des plus jolis propos,
dont elle avait l'art de le satisfaire. Le souper et les orgies furent assez
tranquilles, et comme il n'y eut aucun vnement de consquence jusqu' la
soire d'ensuite, c'est par les rcits dont la Duclos l'gaya que nous allons
commencer l'histoire de la douzime journe.
 

                                     (XVI)
                                        
                               Douzime journe

     "Le nouvel tat dans lequel je vais entrer m'oblige, dit la Duclos, de
vous ramener un instant, messieurs, au dtail de mon personnel. 0n se figure
mieux les plaisirs que l'on peint quand l'objet qui les procure est connu. Je
venais d'atteindre ma vingt et unime anne. J'tais brune, mais la peau,
malgr cela, d'un blanc le plus agrable. L'immensit des cheveux qui
couvraient ma tte redescendait en boucles flottantes et naturelles jusqu'au
bas de mes cuisses. J'avais les yeux que vous me voyez et qu'on a toujours
trouvs beaux. Ma taille tait un peu remplie, quoique grande, souple et
dlie. A l'gard de mon derrire, de cette partie si intressante parmi les
libertins du jour, il tait, de l'aveu de tout le monde, suprieur  tout ce
qu'on peut voir de plus sublime en ce genre, et peu de femmes dans Paris
l'avaient aussi dlicieusement tourn: il tait plein, rond, fort gras et trs
potel, sans que cet embonpoint diminut rien de son lgance; le plus lger
mouvement dcouvrait  l'instant cette petite rose que vous chrissez tant,
messieurs, et qui, je le pense bien comme vous, est l'attrait le plus
dlicieux d'une femme. Quoiqu'il y et trs longtemps que je fusse dans le
libertinage, il tait impossible d'tre plus frache, tant  cause du bon
temprament que m'avait donn la nature que par mon extrme sagesse sur les
plaisirs qui pouvaient gter ma fracheur ou nuire  mon temprament. J'aimais
trs peu les hommes, et je n'avais jamais eu qu'un seul attachement. Il n'y
avait gure dans moi que la tte de libertine, mais elle l'tait
extraordinairement, et aprs vous avoir peint mes attraits, il est bien juste
que je vous entretienne un peu de mes vices. J'ai aim les femmes, messieurs,
je ne m'en cache point. Pas cependant au degr de ma chre compagne, Mme
Champville, qui vous dira sans doute qu'elle s'est ruine pour elles, mais je
les ai toujours prfres aux hommes dans mes plaisirs, et ceux qu'elles me
procuraient ont toujours eu sur mes sens un empire plus puissant que les
volupts masculines. J'ai eu, outre cela, le dfaut d'aimer  voler: il est
inou  quel point j'ai pouss cette manie. Entirement convaincue que tous
les biens doivent tre gaux sur la terre et que ce n'est que la force et la
violence qui s'opposent  cette galit, premire loi de la nature, j'ai tch
de corriger le sort et de rtablir l'quilibre du mieux qu'il m'a t
possible. Et sans cette maudite manie peut-tre serais-je encore avec le
mortel bienfaisant dont je vais vous entretenir." 
    "Et as-tu beaucoup vol dans ta vie? lui demanda Durcet. -Etonnamment,
monsieur; si je n'avais pas toujours dpens ce que je drobais, je serais
bien riche aujourd'hui. -Mais y as-tu mis quelque dtail aggravant? continua
Durcet. Il y eut-il brisement de porte, abus de confiance, tromperie
manifeste? -Il y a de tout ce qu'il peut y avoir, dit Duclos; je n'ai pas cru
devoir vous arrter sur ces objets pour ne pas troubler l'ordre de ma
narration, mais puisque je vois que cela peut vous amuser, je n'oublierai plus
 l'avenir de vous en entretenir. A ce dfaut on m'a toujours reproch d'en
joindre un autre, celui d'un trs mauvais coeur; mais est-ce ma faute?
N'est-ce pas de la nature que nous tenons nos vices ou nos perfections, et
puis-je adoucir ce coeur qu'elle a fait insensible? Je ne sache pas avoir de
ma vie pleur ni sur mes maux et encore moins sur ceux d'autrui. J'ai aim ma
soeur et je l'ai perdue sans la plus petite douleur: vous avez t tmoins du
flegme avec lequel je viens d'apprendre sa perte. Je verrais, Dieu merci,
prir l'univers, que je n'en verserais pas une larme. -Voil comme il faut
tre, dit le duc; la compassion est la vertu des sots, et, en bien
s'examinant, on voit qu'il n'y a jamais qu'elle qui nous fait perdre des
volupts. Mais avec ce dfaut-l, tu as d faire des crimes, car
l'insensibilit y mne tout droit? -Monseigneur, dit Duclos, les rgles que
vous avez prescrites  nos rcits me dfendent de vous entretenir de bien des
choses; vous en avez laiss le soin  mes compagnes. Mais je n'ai qu'un mot 
vous dire: c'est, quand elles se peindront sclrates  vos yeux, d'tre
parfaitement sr que je n'ai jamais valu mieux qu'elles. -Voil ce qui
s'appelle se rendre justice, dit le duc. Allons, continue; il faut se
contenter de ce que tu nous diras, puisque nous t'avons borne, nous-mmes,
mais souviens-toi que, dans le tte--tte, je ne te ferai pas grce de tes
petites inconduites particulires."
 
    "Je ne vous cacherai rien, monseigneur. Puissiez-vous, aprs m'avoir
entendue, ne pas vous repentir d'avoir accord un peu de bienveillance  un
aussi mauvais sujet. Et je reprends. -Malgr tous ces dfauts et, plus que
tout, celui de mconnatre entirement le sentiment humiliant de la
reconnaissance, que je n'admettais que comme un poids injurieux  l'humanit
et qui dgrade tout  fait la fiert que nous avons reue de la nature, avec
tous ces dfauts, dis-je, mes compagnes m'aimaient, et j'tais de toutes la
plus recherche des hommes. Telle tait ma situation, lorsqu'un fermier
gnral nomm d'Aucourt vint faire une partie chez la Fournier. Comme il tait
une de ses pratiques, mais plutt pour les filles trangres que pour celles
de la maison, on avait de grands gards pour lui, et madame, qui voulait
absolument nous faire faire connaissance, me prvint deux jours  l'avance de
lui garder ce que vous savez et ce qu'il aimait plus qu'aucun des hommes que
j'eusse encore vus; vous l'allez voir par le dtail. D'Aucourt arrive et,
m'ayant toise, il gronde Mme Fournier de ne pas lui avoir procur plus tt
une aussi jolie crature. Je le remercie de son honntet, et nous montons.
D'Aucourt tait un homme d'environ cinquante ans, gros, gras, mais d'une
figure agrable, ayant de l'esprit et, ce qui me plaisait le plus en lui, une
douceur et une honntet de caractre qui m'enchantrent ds le premier
moment. "Vous devez avoir le plus beau cul du monde", me dit d'Aucourt en
m'attirant vers lui, et me fourrant la main sous les jupes qu'il dirigea
sur-le-champ au derrire: "Je suis connaisseur, et les filles de votre
tournure ont presque toujours un beau cul. Eh bien! ne le disais je pas bien?
continua-t-il ds qu'il l'et palp un instant; comme c'est frais, comme c'est
rond!" Et me retournant lestement en relevant d'une main mes jupes sur mes
reins et en palpant de l'autre, il se mit en devoir d'admirer l'autel o
s'adressaient se voeux. "Parbleu! s'cria-t-il, c'est rellement un des plus
beaux culs que j'aie vus de ma vie, et j'en ai pourtant beaucoup vu...
Ecartez... Voyons cette fraise... que je la suce... que je la dvore... C'est
rellement un trs beau cul que cela, en vrit... eh! dites-moi, ma petite,
vous a-t-on prvenue? -Oui, monsieur -Vous a-t-on dit que je faisais chier?
-Oui, monsieur: -Mais votre sant? reprend le financier. -Oh! monsieur, elle
es sre. -C'est que je pousse la chose un peu loin, continua-t-il, et si vous
n'tiez pas absolument bien saine, j'y risquerais. Monsieur, lui dis-je, vous
pouvez faire absolument tout ce que vous voudrez. Je vous rponds de moi comme
de l'enfant qui vient de natre; vous pouvez agir en sret." Aprs ce
prambule, d'Aucourt me fit pencher vers lui, toujours en tenant mes fesses
cartes, et collant sa bouche sur la mienne, il sua ma salive un quart
d'heure. Il se reprenait pour lcher quelques "foutre!" et se remettait
aussitt  pomper amoureusement. "Crachez, crachez dans ma bouche, me
disait-il de temps en temps, remplissez-la bien de salive." Et alors je
sentais sa langue qui tournait tout autour de mes gencives, qui s'enfonait le
plus avant qu'elle pouvait et qui semblait attirer tout ce qu'elle rencontrait
 elle. "Allons, dit-il, je bande, mettons-nous  l'ouvrage." Alors il se
remit  considrer mes fesses, en m'ordonnant de donner l'essor  son vit. Je
sortis un engin gros comme trois doigts, uni et long, de prs de cinq pouces,
lequel tait fort roide et fort en fureur. "Quittez vos jupes, me dit
d'Aucourt, moi je vais quitter ma culotte; il faut de part et d'autre que les
fesses soient bien  l'aise pour la crmonie que nous allons faire." Puis,
ds qu'il se vit obi: "Relevez bien, continua-t-il, votre chemise sous votre
corset et dgagez absolument le derrire... Couchez-vous  plat sur le lit."
Alors il s'assit sur une chaise et il se remit encore  caresser mes fesses,
dont il semblait que la vue l'enivrait. Un instant il les carta, et je sentis
sa langue pntrer dans le plus intrieur pour vrifier, disait-il, d'une
manire incontestable s'il tait bien vrai que la poule et envie de pondre:
je vous rends ses propres expressions. Cependant, je ne le touchais pas; il
agitait lgrement lui-mme ce petit membre sec que je venais de mettre 
dcouvert. "Allons, dit-il, mon enfant, mettons-nous  l'oeuvre; la merde est
prte, je l'ai sentie, souvenez-vous de chier peu  peu et d'attendre toujours
que j'ai dvor un morceau avant de pousser l'autre. Mon opration est longue,
mais ne la pressez pas. Un petit coup sur les fesses vous avertira de pousser,
mais que ce soit toujours en dtail." S'tant alors plac le plus  l'aise
possible relativement  l'objet de son culte, il colle sa bouche, et je lui
dpose presque tout de suite un morceau d'tron gros comme un petit oeuf. Il
le suce, il le tourne et retourne mille fois dans sa bouche, il le mche, il
le savoure, et, au bout de deux ou trois minutes, je le lui vois distinctement
avaler. Je repousse: mme crmonie, et comme mon envie tait prodigieuse, dix
fois de suite sa bouche se remplit et se vide sans qu'il ait l'air d'tre
rassasi. "C'est fait, monsieur, lui dis-je  la fin; je pousserais en vain
maintenant. -Oui, dit-il, ma petite, c'est-il fait? Allons, il faut donc que
je dcharge, oui, que je dcharge en torchant ce beau cul. Oh, sacredieu! que
tu me donnes de plaisir! Je n'ai jamais mang de merde plus dlicieuse, je le
certifierai  toute la terre. Donne, donne, mon ange, donne ce beau cul que je
le suce, que je le dvore encore." Et en y enfonant un pied de langue et se
manualisant lui-mme, le libertin rpand son foutre sur mes jambes, non sans
une multitude de paroles sales et de jurements, ncessaires,  ce qu'il me
parut,  complter son extase. Quand il eut fait, il s'assit, me fit mettre
auprs de lui et, me regardant avec intrt, il me demanda si je n'tais point
lasse de la vie de bordel et si j'aurais quelque plaisir  trouver quelqu'un
qui consentt  m'en retirer. Le voyant pris, je fis la difficile, et pour
vous viter un dtail qui n'aurait rien d'intressant pour vous, aprs une
heure de dbat, je me laissai persuader, et il fut dcid que j'irais ds le
lendemain vivre chez lui  raison de vingt louis par mois et nourrie; que,
comme il tait veuf, je pourrais sans inconvnient occuper un entresol de son
htel; que l, j'aurais une fille pour me servir et la socit de trois de ses
amis et de leurs matresses, avec lesquels il se runissait pour des soupers
libertins quatre fois de la semaine, tantt chez l'un, tantt chez l'autre;
que mon unique occupation serait de beaucoup manger, et toujours ce qu'il me
ferait servir, parce que faisant ce qu'il faisait, il tai essentiel qu'il me
ft nourrir  sa mode, de bien manger, dis-je, de bien dormir pour que les
digestions fussent faciles, de me purger rgulirement tous les mois, et de
lui chier deux fois par jour dans la bouche; que ce nombre ne devait pas
m'effrayer parce qu'en me gonflant de nourriture comme il allait faire,
j'aurais peut-tre plutt besoin d'y aller trois que deux. Le financier, pour
premier gage du march, me remit un trs joli diamant, m'embrassa, me dit de
prendre tous mes arrangements avec la Fournier et de me tenir prte le
lendemain matin, poque o il me viendrait chercher lui-mme. Mes adieux
furent bientt faits; mon coeur ne regrettait rien, car il ignorait l'art de
s'attacher, mais mes plaisirs regrettaient Eugnie, avec laquelle j'avais
depuis six mois des liaisons trs intimes, et je partis. D'Aucourt me reut 
merveille et m'tablit lui-mme dans le trs joli appartement qui devait faire
mon habitation; et je fus bientt parfaitement tablie. J'tais condamne 
faire quatre repas, desquels on retranchait une infinit de choses que
j'aurais pourtant beaucoup aimes, telles que le poisson, les hutres, les
salaisons, les oeufs et toute espce de laitage; mais j'tais si bien
ddommage d'ailleurs qu'en vrit il y aurait eu de l'humeur  moi de me
plaindre. Le fond de mon ordinaire consistait en une immensit de blanc de
volaille, et de gibier dsoss accommod de toutes sortes de faons, peu de
viande de boucherie, nulle sorte de graisse, fort peu de pain et de fruit. Il
fallait manger de ces sortes de viandes mme le matin  djeuner et le soir 
goter;  ces heures-l, on me les servait sans pain, et d'Aucourt peu  peu
me pria de m'en abstenir tout  fait, au point que sur les derniers temps je
n'en mangeais plus du tout, non plus que de potage. Il rsultait de ce rgime,
comme il l'avait prvu, deux selles par jour, trs adoucies, trs molles et
d'un got le plus exquis,  ce qu'il prtendait, ce qui n'en pouvait pas tre
avec une nourriture ordinaire; et il fallait le croire, car il tait
connaisseur. Nos oprations se faisaient  son rveil et  son coucher. Les
dtails taient  peu prs les mmes que ceux que je vous ai dits: il
commenait toujours par sucer trs longtemps ma bouche, qu'il fallait toujours
lui prsenter dans l'tat naturel et sans jamais tre lave; il ne m'tait
permis de la rincer qu'aprs. D'ailleurs il ne dchargeait pas  chaque fois.
Notre arrangement n'exigeait aucune fidlit de sa part: d'Aucourt m'avait
chez lui comme le plat de rsistance, comme la pice de boeuf, mais il n'en
allait pas moins tous les matins se divertir ailleurs. Deux jours aprs mon
arrive, ses camarades de dbauche vinrent souper chez lui, et comme chacun
des trois offrait dans le got que nous analysons un genre de passion
diffrent quoique gal dans le fond, vos trouverez bon, messieurs, que, devant
faire nombre dans notre recueil, j'appuie un peu sur les fantaisies auxquelles
ils se livraient. Les convives arrivrent. Le premier tait un vieux
conseiller au Parlement, d'environ soixante ans, qui s'appelait d'Erville; il
avait pour matresse une femme de quarante ans, fort belle, et n'ayant d'autre
dfaut qu'un peu trop d'embonpoint; on la nommait Mme du Cange. Le second
tait un militaire retir, de quarante-cinq  cinquante ans, qui s'appelait
Desprs; sa matresse tait une trs jolie personne de vingt-six ans, blonde,
et le plus joli corps qu'on puisse voir; elle se nommait Marianne. Le
troisime tait un vieil abb de soixante ans, qu'on nommait du Coudrais et
dont la matresse tait un jeune garon de seize ans, beau comme le jour et
qu'il faisait passer pour son neveu. On servit dans les entresols dont
j'occupais une partie. Le repas fut aussi gai que dlicat, et je remarquai que
la demoiselle et le jeune garon taient  peu prs au mme rgime que moi. Il
tait impossible d'tre plus libertin que ne l'tait d'Erville; ses veux, ses
propos, ses gestes, tout annonait la dbauche, tout peignait le libertinage.
Desprs avait l'air plus de sens froid, mais la luxure n'en tait pas moins
l'me de sa vie. Pour l'abb, c'tait le plus fier athe qu'on pt voir: les
blasphmes volaient sur les lvres presque  chaque parole. Quant aux
demoiselles, elles imitaient leurs amants, elles taient babillardes et
nanmoins d'un ton assez agrables. Pour le jeune homme, il me parut aussi sot
qu'il tait joli, et la du Cange, qui en paraissait un peu frue, avait beau
lui lancer de temps  autre de tendres regards,  peine avait-il l'air de s'en
douter. Toutes les biensances se perdirent au dessert et les propos devinrent
aussi sales que les actions. D'Erville flicita d'Aucourt de sa nouvelle
acquisition et lui demanda si j'avais un beau cul, et si je chiais bien.
"Parbleu! lui dit mon financier, il ne tiendra qu' toi de le savoir; tu sais
qu'entre nous tous les biens sont communs et que nous nous prtons aussi
volontiers nos matresses que nos bourses. -Ah parbleu! dit d'Erville,
j'accepte." Et me prenant aussitt par la main, il me proposa de passer dans
un cabinet. Comme j'hsitais, la du Cange me dit effrontment: "Allez, allez,
mademoiselle, nous ne faisons pas de faons ici; j'aurai soin de votre amant
pendant ce temps-l." Et d'Aucourt, dont je consultai les yeux, m'ayant fait
un signe d'approbation, je suivis le vieux conseiller. C'est lui, messieurs,
qui va vous offrir, ainsi que les deux suivants, les deux pisodes du got que
nous traitons et qui doivent composer la meilleure partie de ma narration de
cette soire.
     "Ds que je fus enferme avec d'Erville, trs chauff des fumes de
Bacchus, il me baisa sur la bouche avec les plus grands transports et me lana
trois ou quatre hoquets de vin d'A qui pensrent me faire rejeter par la
bouche ce qu'il me parut bientt avoir grande envie de voir sortir d'ailleurs.
Il me troussa, examina mon derrire avec toute la lubricit d'un libertin
consomm, puis me dit qu'il ne s'tonnait pas du choix de d'Aucourt, car
j'avais un des plus beaux culs de Paris. Il me pria de dbuter par quelques
pets, et quand il en reut une demi-douzaine, il se remit  me baiser la
bouche, en me maniant et en ouvrant fortement les fesses. "L'envie vient-elle?
me dit-il. -Elle est toute venue, lui dis-je. -Eh bien, bel enfant, me dit-il,
chiez dans cette assiette. -Et il en avait,  cet effet; apport une de
porcelaine blanche, qu'il tint pendant que je poussais et qu'il examinait
scrupuleusement l'tron sortir de mon derrire, spectacle dlicieux qui
l'enivrait, disait-il, de plaisir. Ds que j'eus fait, il reprit l'assiette,
respira dlicieusement le mets voluptueux qu'elle contenait, mania, baisa,
flaira l'tron, puis, me disant qu'il n'en pouvait plus et que la lubricit
l'enivrait  la vue d'un tron plus dlicieux qu'aucun de ceux qu'il et
jamais vus de sa vie, il me pria de lui sucer le vit. Quoique cette opration
n'et rien de trop agrable, la crainte de fcher d'Aucourt en manquant  son
ami me fit tout accepter. Il se plaa dans un fauteuil, l'assiette appuye sur
une table voisine sur laquelle il se coucha  mi-corps, le nez sur la merde;
il tendit ses jambes, je me plaai sur un sige plus bas, prs de lui, et
ayant tir de sa braguette un soupon de vit trs mollasse au lieu d'un membre
rel, je me vis, malgr ma rpugnance,  suoter cette belle relique, esprant
qu'elle prendrait au moins un peu de consistance dans ma bouche: je me
trompais. Ds que je l'eus recueillie, le libertin commena son opration; il
dvora plutt qu'il ne mangea le joli petit oeuf tout frais que je venais de
lui faire: ce fut l'affaire de trois minutes, pendant lesquelles ses
extensions. ses mouvements, ses contorsions, m'annoncrent une volupt des
plus ardentes et des plus expressives. Mais il eut beau faire, rien ne dressa,
et le petit vilain outil, aprs avoir pleur de dpit dans ma bouche, se
retira plus honteux que jamais et laissa son matre dans cet abattement, dans
cet abandon, dans cet puisement, suite funeste des volupts. -Nous rentrmes.
"Ah! je renie Dieu, dit le conseiller; je n'ai jamais vu chier comme cela."
     "Il n'y avait que l'abb et son neveu quand nous revnmes, et comme ils
opraient, je puis vous le dtailler tout de suite. On avait beau changer ses
matresses dans la socit, du Coudrais toujours content n'en prenait jamais
d'autre et ne cdait jamais la sienne. Il lui aurait t impossible,
m'apprit-on, de s'amuser avec une femme; c'tait la seule diffrence qu'il y
et entre d'Aucourt et lui. Il s'y prenait d'ailleurs de mme pour la
crmonie, et quand nous parmes, le jeune homme tait appuy sur un lit,
prsentant le cul  son cher oncle qui,  genoux devant, recevait
amoureusement dans sa bouche et avalait  mesure, et tout en branlant lui-mme
un fort petit vit que nous vmes pendre entre ses cuisses. L'abb dchargea
malgr notre prsence en jurant que cet enfant-l chiait tous les jours de
mieux en mieux.
     "Marianne et d'Aucourt, qui s'amusaient ensemble, parurent bientt, et
furent suivis de Desprs et du Cange, qui n'avaient, disaient-ils, que pelot
en m'attendant. -Parce que, dit Desprs, elle et moi sommes de vieilles
connaissances, plutt que vous, ma belle reine, que je vois pour la premire
fois, n'inspirez le plus ardent dsir de m'amuser tout  fait avec vous.
-Mais, monsieur, lui dis-je, monsieur le conseiller a tout pris; je n'ai plus
rien  vous offrir. -Eh bien, me dit-il en riant, je ne vous demande rien,
c'est moi qui fournirai tout; je n'ai besoin que de vos doigts. Curieuse de
voir ce que signifiait cette nigme, je le suis, et ds que nous sommes
enferms, il me demande mon cul  baiser seulement pour une minute. Je le lui
offre, et aprs deux ou trois suons sur le trou, il dboutonne sa culotte et
me prie de lui rendre ce qu'il vient de me prter. L'attitude o il s'tait
mis me donnait quelques soupons; il tait  cheval sur une chaise, se
soutenant au dos et ayant sous lui un vase  recevoir. Moyen en quoi, le
voyant prt  faire lui-mme l'opration, je lui demandai quelle ncessit il
y avait  ce que je baisasse le cul. "La plus grande, mon coeur, me
rpondit-il, car mon cul, le plus capricieux de tous les culs, ne chie jamais
que quand on le baise." J'obis, mais sans me hasarder, et lui s'en
apercevant: "Plus prs, morbleu! plus prs, mademoiselle, me dit-il
imprieusement. Avez-vous donc peur d'un peu de merde? Enfin, par
condescendance, je portai mes lvres jusqu'aux environs du trou; mais  peine
les a-t-il senties qu'il dbonde, et l'irruption fut si violente qu'une de mes
joues s'en trouva toute bariole. Il n'eut besoin que d'un seul jet pour
combler le plat; de ma vie, je n'avais vu un tel tron: il remplissait  lui
tout seul un trs profond saladier. Notre homme s'en empare, se couche avec
sur le bord du lit, me prsente son cul tout merdeux et m'ordonne de le lui
branler fortement pendant qu'il va faire subitement repasser dans ses
entrailles ce qu'il vient de dgorger. Quelque sale que ft ce derrire, il
fallut obir. Sans doute sa matresse le fait, me dis-je; il ne faut pas tre
plus difficile qu'elle. J'enfonce trois doigts dans l'orifice bourbeux qui se
prsente; notre homme est aux nues, il se plonge dans ses propres excrments,
il y barbote, il s'en nourrit, une de ses mains soutient le plat, l'autre
secoue un vit qui s'annonce trs majestueusement entre ses cuisses. Cependant
je redouble mes soins, ils russissent; je m'aperois au resserrement de son
anus que les muscles recteurs sont prs  lancer la semence; je ne me trouble
point, le plat se vide et mon bonhomme dcharge. De retour au salon, je
retrouvai mon inconstant d'Aucourt avec la belle Marianne. Le fripon les avait
passes toutes les deux. Il ne lui restait que le page, dont je crois qu'il se
serait fort bien arrang aussi, si le jaloux abb et consenti  le cder.
Quand tout le monde fut runi, on parla de se mettre tous nus et de faire tous
les uns devant les autres quelques extravagances. Je fus bien aise du projet,
parce qu'il allait me mettre  mme de voir le corps de Marianne que j'avais
fort envie d'examiner. Il tait dlicieux, ferme, blanc, soutenu, et son cul,
que je maniai deux ou trois fois en plaisantant, me parut un vritable
chef-d'oeuvre. "A quoi vous sert une aussi jolie fille, dis-je  Desprs, pour
le plaisir que vous me paraissez chrir? -Ah! me dit-il, vous ne connaissez
pas tous nos mystres." Il me fut impossible d'en apprendre davantage et
quoique j'aie vcu plus d'un an avec eux, ni l'un ni l'autre n'ont voulu me
rien claircir, et j'ai toujours ignor le reste de leurs intelligences
secrtes qui, de quelque sorte qu'elles puissent tre, n'empchent pas que le
got que son amant satisfit avec moi ne soit une passion complte et digne 
tous gards d'avoir une place dans ce recueil. Ce qui pouvait en tre
d'ailleurs ne pouvait qu'tre pisodique, et a t ou sera certainement
racont dans nos soires. Aprs quelques libertinages assez indcents,
quelques pets, encore quelques petits restes d'trons, beaucoup de propos et
de grandes impits de la part de l'abb, qui paraissait mette  en dire une
de ses plus parfaites volupts, on se rhabilla et chacun fut se coucher. Le
lendemain matin, je parus comme  mon ordinaire au lever de d'Aucourt, sans
que nous nous reprochassions ni l'un ni l'autre nos petites infidlits de la
veille. Il me dit qu'aprs moi, il ne connaissait pas de fille qui chit mieux
que Marianne. Je lui fis quelques questions sur ce qu'elle faisait avec un
amant qui se suffisait  lui-mme, mais il me dit que c'tait un secret que ni
l'un ni l'autre n'avait jamais voulu rvler. Et nous reprmes, mon amant et
moi, notre petit train ordinaire. Je n'tais pas tellement consigne chez
d'Aucourt qu'il ne me ft permis de sortir quelquefois. Il s'en rapportait,
disait-il, pleinement  mon honntet; je devais voir le danger o je
l'exposerais en drangeant ma sant, et il me laissait matresse de tout. Je
lui gardai donc foi et hommage pour ce qui regardait cette sant  laquelle il
prenait gostement tant d'intrt, mais sur tout le reste je me crus permis
de faire  peu prs tout ce qui me procurerait de l'argent. Et en consquence,
vivement sollicite par la Fournier d'aller faire des parties chez elle, je me
livrai  toutes celles o elle m'assura un honnte profit. Ce n'tait plus une
fille de sa maison: c'tait une demoiselle entretenue par un fermier gnral
et qui, pour lui faire plaisir, voulait bien venir passer une heure chez
elle... Jugez comme a se payait. Ce fut dans le cours de ces infidlits
passagres que je rencontrai le nouveau sectateur de merde dont je vais vous
rendre compte. 

    "Un moment, dit l'vque; je n'ai pas voulu vous interrompre que vous ne
fussiez en un endroit de repos, mais puisque vous y voil, claircissez-nous,
je vous prie, de deux ou trois objets essentiels de cette dernire partie.
Quand vous clbrtes les orgies aprs les tte--tte, l'abb, qui n'avait
jusque-l caress que son bardache, lui fit-il infidlit et vous mania-t-il,
et les autres en firent-ils  leur femme pour caresser le jeune homme?
-Monseigneur, dit Duclos, jamais l'abb ne quitta son jeune garon;  peine
jeta-t-il mme des regards sur nous, quoique nous fussions nues et  ses
cts. Mais il s'amusa des culs de d'Aucourt, de Desprs et de d'Erville; il
les baisa, il les gamahucha; d'Aucourt et d'Erville lui chirent dans la
bouche, et il avala plus de moiti de chacun de ces deux trons. Mais pour les
femmes, il ne les toucha pas. Il n'en fut pas de mme des trois autres amis,
relativement  son jeune bardache; ils le baisrent, lui lchrent le trou du
cul, et Desprs s'enferma avec lui pour je ne sais quelle opration. -Bon, dit
l'vque, vous voyez bien que vous n'aviez pas tout dit, et que ceci, que vous
ne nous contiez pas, forme une passion de plus, puisqu'elle offre l'image du
got d'un homme qui se fait chier dans la bouche par d'autres hommes, quoique
fort gs. -Cela est vrai, monseigneur, dit Duclos; vous me faites encore
mieux sentir mon tort, mais je n'en suis pas fche, puisque au moyen de cela
voici ma soire finie, et qu'elle n'tait dj que trop longue. Une certaine
cloche que nous allons entendre m'aurait convaincue que je n'aurais pas eu le
temps de terminer la soire par l'histoire que j'allais entamer, et, sous
votre bon plaisir, nous la remettrons  demain. Effectivement, la cloche
sonna, et comme personne n'avait dcharg de la soire et que tous les vits
taient pourtant trs en l'air, on fut souper en se promettant bien de se
ddommager aux orgies. Mais le duc ne put jamais aller si loin, et ayant
ordonn  Sophie de venir lui prsenter les fesses, il fit chier cette belle
fille et avala l'tron pour son dessert. Durcet, l'vque et Curval tous
galement occups, firent faire la mme opration, l'un  Hyacinthe, le second
 Cladon et le troisime  Adonis. Ce dernier, n'ayant point pu satisfaire,
fut inscrit sur le fatal livre de punition, et Curval, en jurant comme un
sclrat, se vengea sur le cul de Thrse, qui lui lcha  brle-pourpoint
l'tron le plus complet qu'il ft possible de voir. Les orgies furent
libertines, et Durcet, renonant aux trons de la jeunesse, dit qu'il ne
voulait pour sa soire que ceux de ses trois vieux amis. On le contenta, et le
petit libertin dchargea comme un talon en dvorant la merde de Curval. La
nuit vint mettre un peu de calme  tant d'intemprance et rendre  nos
libertins et des dsirs et des forces.
 

                                    (XVII)
                                        
                               Treizime journe

     Le prsident, qui couchait cette nuit-l avec sa fille Adlade s'en
tant amus jusqu' l'instant de son premier sommeil, l'avait relgue sur un
matelas, par terre, prs de son lit, pour donner sa place  Fanchon qu'il
voulait toujours avoir prs de lui quand la lubricit le rveillait, ce qui
lui arrivait presque toutes les nuits. Vers les trois heures, il se rveillait
en sursaut, jurait et blasphmait comme un sclrat. Il lui prenait alors une
espce de fureur lubrique, qui, quelquefois, devenait dangereuse. Voil
pourquoi il aimait  avoir cette vieille Fanchon prs de lui alors, parce
qu'elle avait au mieux trouv l'art de le calmer, soit en s'offrant elle-mme,
soit en lui prsentant tout de suite quelqu'un des objets qui couchaient dans
sa chambre. Cette nuit-l, le prsident, qui se rappela tout de suite quelques
infamies faites  sa fille en s'endormant, la redemanda tout de suite pour les
recommencer, mais elle n'y tait pas. Qu'on juge du trouble et de la rumeur
qu'excite aussitt un tel vnement. Curval se lve en fureur, demande sa
fille; on allume des bougies, on cherche, on fouille, rien ne parat. Le
premier mouvement fut de passer dans l'appartement des filles; on visite tous
les lits, et l'intressante Adlade se trouve enfin, assise en dshabill,
auprs de celui de Sophie. Ces deux charmantes filles, qu'unissaient un
caractre de tendresse gal, une pit, des sentiments de vertu, de candeur et
d'amnit absolument les mmes, s'taient prises de la plus belle tendresse
l'une pour l'autre et elles se consolaient mutuellement du sort affreux qui
les accablait. On ne s'en tait pas dout jusqu'alors, mais les suites firent
dcouvrir que ce n'tait pas la premire fois que cela arrivait, et l'on sut
que la plus ge entretenait l'autre dans les meilleurs sentiments et
l'engageait surtout  ne pas s'loigner de la religion et de ses devoirs
envers un Dieu qui les consolerait un jour de tous leurs maux. Je laisse au
lecteur  juger de la fureur et des emportements de Curval lorsqu'il dcouvrit
l la belle missionnaire. Il la saisit par les cheveux et, l'accablant
d'injures, il la trana dans sa chambre o il l'attacha  la colonne du lit,
et la laissa l jusqu'au lendemain matin rflchir  son incartade. Chacun des
amis tant accourus  cette scne, on imagine aisment avec quel empressement
Curval fit inscrire les deux dlinquantes sur le livre de punitions. Le duc
tait d'avis d'une correction subite, et celle qu'il proposait n'tait pas
douce; mais l'vque lui ayant fait quelque objection trs raisonnable sur ce
qu'il voulait faire, Durcet se contenta de les inscrire. Il n'y avait pas
moyen de s'en prendre aux vieilles. Messieurs les avaient ce soir-l toutes
fait coucher dans leur chambre. Ceci claira donc sur ce dfaut
d'administration, et on s'arrangea  l'avenir pour qu'il restt toujours
assidment au moins une vieille chez les filles et une chez les garons. On
fut se recoucher, et Curval, que la colre n'avait rendu que plus cruellement
impudique, fit  sa fille des choses que nous ne pouvons pas encore dire, mais
qui, en prcipitant sa dcharge, le firent au moins rendormir tranquille. Le
lendemain, toutes les poules taient si effrayes qu'on ne trouva	aucune
dlinquante, et seulement chez les garons le petit Narcisse  qui Curval
avait dfendu, depuis la veille. de se torcher le cul, voulant l'avoir merdeux
au caf que cet enfant devait servir ce jour-l, et qui malheureusement ayant
oubli l'ordre, s'tait nettoy l'anus avec le plus grand soin. Il eut beau
dire que sa faute tait rparable, puisqu'il avait envie de chier, on lui dit
de la garder et qu'il n'en serait pas moins inscrit sur le fatal livre:
crmonie que le redoutable Durcet vint faire  l'instant sous ses veux, en
lui faisant sentir toute l'normit de sa faute et qu'il ne faudrait peut-tre
que cela pour faire manquer la dcharge de monsieur le prsident. Constance,
qu'on ne gnait plus sur cela  cause de son tat, la Desgranges et Brise-cul
furent les seuls qui eurent des permissions de chapelle, et tout le reste eut
ordre de se rserver pour le soir. L'vnement de la nuit fit la conversation
du dner; on railla le prsident de laisser ainsi sauter les oiseaux de sa
cage; le vin de Champagne lui rendit sa gaiet, et on passa au caf. Narcisse
et Cladon, Zelmire et Sophie, le servirent. Cette dernire tait bien
honteuse; on lui demanda combien de fois cela tait arriv, elle rpondit que
ce n'tait que la seconde et que Mme de Durcet lui donnait de si bons conseils
qu'il tait en vrit bien injuste de les punir toutes les deux pour cela. Le
prsident l'assura que ce qu'elle appelait de bons conseils en taient de trs
mauvais dans sa situation et que la dvotion qu'elle lui mettait dans la tte
ne servirait qu' la faire punir tous les jours; qu'elle ne devait avoir, o
elle se trouvait, d'autres matres et d'autres dieux que ses trois confrres
et lui, et d'autre religion que de les servir et de leur obir aveuglment
dans tout. Et, tout en sermonnant, il la fit mettre  genoux entre ses jambes
et lui ordonna de lui sucer le vit, ce que la pauvre petite malheureuse
excuta tout en tremblant. Le duc, toujours partisan des fouteries en cuisses,
au dfaut de mieux, enfilait Zelmire de cette manire, en se faisant chier
dans la main par elle et gobant  mesure qu'il recevait, et tout cela pendant
que Durcet faisait dcharger Cladon dans sa bouche, et que l'vque faisait
chier Narcisse. On se livra  quelques minutes de mridienne, et s'tant
arrang au salon d'histoire, Duclos reprit ainsi le fil de son histoire:
 
    "Le galant octognaire que me destinait la Fournier tait, messieurs, un
matre des comptes, petit, replet et d'une fort dsagrable figure. Il tablit
un vase entre nous deux, nous nous postmes dos  dos, nous chimes  la fois,
il s'empare du vase, de ses doigts mle les deux trons, et les avale tous
deux, pendant que je le fais dcharger dans ma bouche. A peine regarda-t-il
mon derrire. Il ne le baisa point, mais son extase n'en fut pas moins trs
vive; il trpigna, jura tout en gobant et en dchargeant, et se retira en me
donnant quatre louis pour cette bizarre crmonie.
     "Cependant mon financier prenait chaque jour en moi plus de confiance et
plus d'amiti, et cette confiance, dont je ne tardai pas d'abuser, devint
bientt la cause de notre ternelle sparation. Un jour qu'il m'avait laisse
seule dans son cabinet, je remarquai qu'il remplissait sa bourse, pour sortir,
dans un tiroir fort large et entirement rempli d'or. Oh! quelle capture, me
dis-je en moi-mme. Et ayant ds cet instant conu l'ide de m'emparer de
cette somme, j'observai avec le plus grand soin tout ce qui pouvait me
l'approprier. D'Aucourt ne fermait point ce tiroir, mais il emportait la clef
du cabinet, et ayant vu que cette porte et cette serrure taient trs lgres,
j'imaginai qu'il me faudrait bien peu d'efforts pour faire sauter l'une et
l'autre avec facilit. Ce projet adopt, je ne m'occupai plus que de saisir
avec empressement le premier jour o d'Aucourt s'absenterait pour tout le
jour, comme cela lui arrivait deux fois de la semaine, jour de bacchanale
particulire, o il se rendait avec Desprs et l'abb pour des choses que Mme
Desgranges vous dira peut-tre, mais qui ne sont pas de mon ministre. Ce
favorable instant se prsenta bientt. Les valets, aussi libertins que leur
matre, ne manquaient jamais d'aller  leurs parties ce jour-l, de faon que
je me trouvai presque seule  la maison. Pleine d'impatience d'excuter mon
projet, je me rends tout de suite  la porte du cabinet, d'un coup de poing je
la jette en dedans, je vole au tiroir, j'y trouve la cl: je le savais. J'en
tire tout ce que j'y trouve; il n'y avait pas moins de trois mille louis. Je
remplis mes poches, je fouille les autres tiroirs; un crin fort riche s'offre
 moi, je m'en empare; mais que trouvai-je dans les autres tiroirs de ce
fameux secrtaire!... Heureux d'Aucourt! Quel bonheur pour toi que ton
imprudence ne ft dcouverte que par moi! Il y avait de quoi le faire rouer,
messieurs, c'est tout ce que je peux vous dire. Indpendamment des billets
clairs et expressifs que Desprs et l'abb lui adressaient sur leurs
bacchanales secrtes, il y avait tous les meubles qui pouvaient servir  ces
infamies... Mais je m'arrte; les bornes que vous m'avez prescrites
m'empchent de vous en dire davantage, et la Desgranges vous expliquera tout
cela. Pour moi, mon vol fait, je dcampai en frmissant intrieurement de tous
les dangers que j'avais peut-tre courus  frquenter de tels sclrats. Je
passai  Londres, et comme mon sjour en cette ville o je vcus six mois sur
le plus grand ton ne vous offrirait, messieurs, aucun des dtails qui vous
intressent seuls, vous permettrez que je coule lgrement sur cette partie
des vnements de ma vie. Je n'avais conserv de commerce  Paris qu'avec la
Fournier, et comme elle m'instruisit de tout le tapage que faisait le
financier pour ce malheureux vol, je rsolus  la fin de le faire taire, en
lui crivant schement que celle qui avait trouv l'argent avait aussi trouv
autre chose, et que, s'il se dcidait  continuer ses poursuites, j'y
consentais, mais que, chez le mme juge o je dposerais ce qu'il y avait dans
les petits tiroirs, je le citerais pour dposer ce qui tait dans les grands.
Notre homme se tut, et comme, six mois aprs, leur dbauche  tous trois vint
 clater et qu'ils passrent eux-mmes en pays tranger, n'ayant plus rien 
redouter, je revins  Paris, et, faut-il vous avouer mon inconduite,
Messieurs? j'y revins aussi pauvre que j'en tais partie, et si tellement que
je fus oblige de me remettre chez la Fournier. Comme je n'avais que
vingt-trois ans, les aventures ne me manqurent pas. Je vais laisser celles
qui ne sont pas de notre ressort et reprendre, sous votre bon plaisir,
messieurs, les seules auxquelles je sais que vous prenez maintenant quelque
intrt.
     "Huit jours aprs mon retour, on plaa dans l'appartement destin aux
plaisirs un tonneau entier de merde. Mon adonis arrive; c'est un saint
ecclsiastique, mais si tellement blas sur ces plaisirs-l qu'il n'tait plus
susceptible de s'mouvoir que par l'excs que je vais peindre. Il entre;
j'tais nue. Il regarde un moment mes fesses, puis, aprs les avoir touches
assez brutalement, il me dit de le dshabiller et aider  entrer dans le
tonneau. Je le mets nu, je le soutiens, le vieux pourceau se place dans son
lment, par un trou prpar il en fait au bout d'un instant sortir son vit
presque bandant et m'ordonne de le branler malgr les salets et les horreurs
dont il est couvert. J'excute, il plonge la tte dans le tonneau, il barbote,
il avale, il hurle, il dcharge, et va se jeter de l dans une baignoire o je
le laisse entre les mains de deux servantes de la maison qui le nettoyrent un
quart d'heure.
     "Un autre parut peu aprs. Il y avait huit jours que j'avais chi et
piss dans un vase soigneusement conserv; ce terme tait ncessaire pour que
l'tron ft au point o le dsirait notre libertin. C'tait un homme d'environ
trente-cinq ans et que je souponnai dans la finance. Il me demande en entrant
o est le pot; je le lui prsente, il le respire: "Est-il bien certain, me
dit-il, qu'il y a huit jours que c'est fait? -Je puis vous en rpondre, lui
dis-je, monsieur, et vous voyez comme il est dj presque moisi. -Oh! c'est ce
qu'il me faut, me dit-il; il ne peut jamais l'tre trop pour moi. Faites-moi
voir, je vous en prie, continua-t-il, le beau cul qui a chi cela." Je le lui
prsente. "Allons, dit-il, placez-le bien en face, et de manire  ce que je
puisse l'avoir pour perspective en dvorant son ouvrage." Nous nous
arrangeons, il gote, il s'extasie, il se renfonce dans son opration et
dvore en une minute ce mets delicieux en ne s'interrompant que pour observer
mes fesses, mais sans aucune autre espce d'pisode, car il ne sortit pas mme
son vit de sa culotte.
     "Un mois aprs, le libertin qui se prsenta ne voulut avoir affaire qu'
la Fournier elle-mme. Et quel objet choisissait-il, grand Dieu! Elle avait
alors soixante-huit ans faits; un rsiple lui mangeait toute la peau, et
huit dents pourries dont sa bouche tait dcore lui communiquaient une odeur
si ftide qu'il devenait comme impossible de lui parler de prs. Mais
c'taient ces dfauts mmes qui enchantaient l'amant auquel elle allait avoir
affaire. Curieuse d'une telle scne, je vole au trou: l'adonis tait un vieux
mdecin, mais pourtant plus jeune qu'elle. Ds qu'il la tient, il la baise sur
la bouche un quart d'heure, puis, lui faisant prsenter un vieux fessier rid
qui ressemblait au pis d'une vieille vache, il le baise et le suce avec
avidit. On apporte une seringue et trois demi-bouteilles de liqueur; le
sectateur d'Esculape darde, au moyen de la seringue, l'anodine boisson dans
les entrailles de son Iris, elle reoit, elle garde; cependant le mdecin ne
cesse de la baiser, de la lcher sur toutes les parties de son corps.
     "Ah! mon ami, dit  la fin la vieille maman, je n'en puis plus, je n'en
puis plus! Prpare-toi mon ami, il faut que je rende. L'colier de Salerne
s'agenouille, tire de sa culotte un chiffon noir et rid qu'il branle avec
emphase; la Fournier lui cale son gros vilain fessier sur la bouche, elle
pousse, le mdecin boit, quelque tron sans doute se mle au liquide, tout
passe, le libertin dcharge et tombe ivre mort  la renverse. C'tait ainsi
que ce dbauch satisfaisait  la fois deux passions: son ivrognerie et sa
lubricit." 

    "Un moment, dit Durcet; ces excs-l me font toujours bander. Desgranges,
continue-t-il, je te suppose un cul tout semblable  celui que Duclos vient de
peindre: viens me l'appliquer sur la face. La vieille maquerelle obit.
"Lche, lche! lui dit Durcet, dont la voix paraissait touffe sous ce
duplicata de fesses pouvantables. Lche, bougresse! si ce n'est pas du
liquide ce sera du solide, et j'avalerai toujours." Et l'opration se termine
pendant que l'vque en fait autant avec Antinos, Curval avec Fanchon et le
duc avec Louison. Mais nos quatre athltes, ferrs  glace sur tous ces excs,
s'y livrrent avec leur flegme accoutum, et les quatre trons furent gobs
sans qu'il y et de part ni d'autre une seule goutte de foutre de rpandue.
"Allons, achve,  prsent, Duclos, dit le duc; si nous ne sommes pas plus
tranquilles, au moins sommes-nous moins impatients et plus en tat de
t'entendre. -Hlas! messieurs, dit notre hrone, celle qui me reste  vous
conter ce soir est, je crois, beaucoup trop simple pour l'tat o je vous
vois. N'importe, c'est son tour; il faut qu'elle tienne sa place:"
 
    "Le hros de l'aventure tait un vieux brigadier des armes du roi. Il
fallait le mettre tout nu, ensuite l'emmailloter comme un enfant; en cet tat,
je devais chier devant lui dans un plat et lui faire manger mon tron avec le
bout de mes doigts en guise de bouillie. Tout s'excute, notre libertin avale
tout en dcharge dans ses langes en contrefaisant les cris d'un enfant." 

    "Ayons donc recours aux enfants, dit le duc, puisque tu nous laisses sur
une histoire d'enfants. Fanny, continue le duc, venez me chier dans la bouche,
et souvenez-vous de sucer mon vit en oprant, car encore faut-il dcharger.
-Soit fait ainsi qu'il est requis, dit l'vque. Approchez-vous donc, Rosette;
vous avez entendu ce qu'on ordonne  Fanny; faites-en autant. -Que ce mme
ordre vous serve, dit Durcet  Hb, qui approche galement. -Il faut donc se
mettre  la mode, dit Curval. Augustine, imitez vos compagnes et faites, mon
enfant, faites couler  la fois et mon foutre dans votre gosier et votre merde
dans ma bouche." Tout s'excuta, et pour cette fois tout partit; on entendit
de toute part des pets merdeux et des dcharges, et la lubricit satisfaite,
on fut contenter l'apptit. Mais aux orgies on raffina et l'on fit coucher
tous les enfants. Ces heures dlicieuses ne furent employes qu'avec les
quatre fouteurs d'lite, les quatre servantes et les quatre historiennes. On
s'y enivra compltement et l'on y fit des horreurs d'une salet si complte
que je ne pourrais les peindre sans faire tort aux tableaux moins libertins
qu'il me reste encore  offrir aux lecteurs. Curval et Durcet furent emports
sans connaissance, mais le duc et l'vque, tout aussi de sens froid que s'ils
n'eussent rien fait, n'en furent pas moins se livrer le reste de la nuit 
leurs volupts ordinaires.
 

                                    (XVIII)
                                        
                              Quatorzime journe

     On s'aperut ce jour-l que le temps venait favoriser encore les projets
infmes de nos libertins et les soustraire mieux que leur prcaution mme aux
yeux de l'univers entier. Il tait tomb une quantit effroyable de neige qui,
remplissant le vallon d'alentour, semblait interdire la retraite de nos quatre
sclrats aux approches mme des btes; car, pour des humains, il n'en pouvait
plus exister un seul qui pt oser arriver jusqu' eux. On n'imagine pas comme
la volupt est servie par ces srets-l et ce que l'on entreprend quand on
peut se dire: "Je suis seul ici, j'y suis au bout du monde, soustrait  tous
les yeux et sans qu'il puisse devenir possible  aucune crature d'arriver 
moi; plus de freins, plus de barrires." De ce moment-l, les dsirs
s'lancent avec une imptuosit qui ne connat plus de bornes, et l'impunit
qui les favorise en accrot bien dlicieusement toute l'ivresse. On n'a plus
l que Dieu et la conscience: or, de quelle force peut tre le premier frein
aux yeux d'un athe de coeur et de rflexion? Et quel empire peut avoir la
conscience sur celui qui s'est si bien accoutum  vaincre ses remords qu'ils
deviennent pour lui presque des jouissances? Malheureux troupeau, livr  la
dent meurtrire de tels sclrats, que vous eussiez frmi si l'exprience qui
vous manquait vous et permis l'usage de ces rflexions! Ce jour tait celui
de la fte de la seconde semaine; on ne s'occupa qu' la clbrer. Le mariage
qui devait se faire tait celui de Narcisse et d'Hb, mais ce qu'il y avait
de cruel, c'est que les deux poux taient tous deux dans le cas d'tre
corrigs le mme soir. Ainsi, du sein des plaisirs de l'hymen, il fallait
passer aux amertumes de l'cole; quel chagrin! Le petit Narcisse, qui avait de
l'esprit, le remarqua, et on n'en procda pas moins aux crmonies ordinaires.
L'vque officia, on conjoignit les deux poux et on leur permit de se faire,
l'un devant l'autre et aux yeux de tout le monde, tout ce qu'ils voudraient.
Mais qui le croirait? L'ordre tait dj trop tendu, et le petit bonhomme,
qui s'instruisait fort bien, trs enchant de la tournure de sa petite femme
et ne pouvant pas venir  bout de lui mettre, allait pourtant la dpuceler
avec ses doigts si on l'et laiss faire. On s'y opposa  temps, et le duc,
s'en emparant, la foutit en cuisses sur-le-champ, pendant que l'vque en
faisait autant  l'poux. On dna, ils furent admis au festin, et comme on les
fit prodigieusement manger, tous deux, en sortant de table, satisfirent en
chiant, l'un Durcet, l'autre Curval, qui gobrent dlicieusement ces petites
digestions enfantines. Le caf fut servi par Augustine, Fanny, Cladon et
Zphire. Le duc ordonna  Augustine de branler Zphire et  celui-ci de lui
chier dans la bouche en mme temps qu'il dchargerait. L'opration russit 
merveille, et si bien que l'vque voulut en faire faire autant  Cladon:
Fanny le branla, et le petit bonhomme eut ordre de chier dans la bouche de
monseigneur en mme temps qu'il sentirait son foutre couler. Mais il n'y eut
pas de ce ct un succs aussi brillant que de l'autre; l'enfant ne put jamais
chier en mme temps qu'il dchargeait, et comme ceci n'tait qu'une preuve et
que les rglements n'ordonnaient rien sur cela, on ne lui infligea aucune
punition. Durcet fit chier Augustine, et l'vque, qui bandait ferme, se fit
sucer par Fanny pendant qu'elle lui chiait dans la bouche; il dchargea et,
comme sa crise avait t violente, il brutalisa un peu Fanny et ne put
malheureusement point la faire punir, quelque envie qu'il paraissait bien
qu'il en et. Il n'y avait rien de si taquin que l'vque. Sitt qu'il avait
dcharg, il aurait volontiers voulu voir au diable l'objet de sa jouissance;
on le savait, et il n'y avait rien que les jeunes filles, les pouses et les
jeunes garons craignissent autant que de lui faire perdre du foutre. Aprs la
mridienne, on passa au salon o chacun ayant pris place, Duclos reprit ainsi
le fil de sa narration:
 
    "J'allais quelquefois faire des parties en ville, et comme elles taient
communment plus lucratives, la Fournier tchait de se procurer de celles-l
le plus qu'elle pouvait. Elle m'envoya un jour chez un vieux chevalier de
Malte, qui m'ouvrit une espce d'armoire toute remplie de cases ayant chacune
un vase de porcelaine dans lequel tait un tron. Ce vieux dbauch tait
arrang avec une de ses soeurs qui tait abbesse d'un des plus considrables
couvents de Paris. Cette bonne fille,  sa sollicitation, lui envoyait tous
les matins des caisses pleines des trons de ses plus jolies pensionnaires. Il
rangeait tout cela par ordre, et quand j'arrivai il m'ordonna de prendre un
tel numro qu'il m'indiqua et qui tait le plus ancien. Je le lui prsentai.
"Ah! dit-il, c'est celui d'une fille de seize ans belle comme le jour.
Branle-moi pendant que je vais la manger." Toute la crmonie consistait  le
secouer et  lui prsenter les fesses pendant qu'il dvorait, puis  mettre
sur le mme plat mon tron  la place de celui qu'il venait de gober. Il me
regardait faire, me torchait le cul avec sa langue et dchargeait en me suant
l'anus. Ensuite, les tiroirs se refermaient, j'tais paye, et notre homme, 
qui je rendais cette visite d'assez bon matin, se rendormait comme si de rien
n'tait.
     "Un autre, selon moi plus extraordinaire (c'tait un vieux moine), entre,
demande huit ou dix trons des premiers venus, filles ou garons, a lui est
gal. Il les mle, les ptrit, mord au milieu et dcharge en en dvorant au
moins la moiti pendant que je le suce.
     "Un troisime, et c'est celui de tous qui sans doute m'a donn le plus de
dgot dans ma vie. Il m'ordonne d'ouvrir bien la bouche. J'tais nue, couche
 terre sur un matelas, et lui  califourchon sur moi; il me dpose son cas
dans le gosier, et le vilain revient le manger dans ma bouche en m'arrosant
les ttons de foutre." 

    "Ah, ah! il est plaisant, celui-l, dit Curval; parbleu, j'ai prcisment
envie de chier, il faut que je l'essaie. Qui prendrai-je, monsieur le duc?
-Qui? reprit Blangis; ma foi, je vous conseille Julie, ma fille; elle est l,
sous votre main, vous aimez sa bouche, servez-vous-en. -Merci du conseil, dit
Julie en rechignant; que vous ai-je fait pour dire de telles choses contre
moi? -Et! puisque cela la fche, dit le duc, et que c'est une assez bonne
fille, prenez mademoiselle Sophie; c'est frais, c'est joli, a n'a que
quatorze ans. -Allons soit; va pour Sophie, dit Curval dont le vit turbulent
commenait  gesticuler." Fanchon approche la victime; le coeur le cette
pauvre petite misrable se soulve d'avance. Curval en rit, il approche son
gros vilain et sale fessier de ce petit visage charmant et nous donne l'ide
d'un crapaud qui va fltrir une rose. On le branle, la bombe part. Sophie n'en
perd pas une miette, et le crapuleux vient repomper ce qu'il a rendu et avale
tout en quatre bouches, pendant qu'on le secoue sur le ventre de la pauvre
petite infortune qui, l'opration faite, vomit tripes et boyaux, au nez de
Durcet qui vint le recevoir avec emphase et qui se branla en s'en faisant
couvrir. "Allons, Duclos, continue, dit Curval, et rjouis-toi de l'effet de
tes discours; tu vois comme ils oprent." Alors Duclos se reprit dans ces
termes, tout enchante au fond de l'me de russir aussi bien dans ses rcits:
 
    "L'homme que je vis aprs celui dont l'exemple vient de vous sduire, dit
Duclos, voulait absolument que la femme qui lui fut prsente et une
indigestion. En consquence, la Fournier, qui ne m'avait prvenue de rien, me
fit avaler  dner une certaine drogue qui ramollit ma digestion et la rendit
fluide, comme si ma selle ft devenue la suite d'une mdecine. Notre homme
arrive, et aprs quelques baisers prliminaires  l'objet de son culte, dont
je ne pouvais souffrir le retardement  cause des coliques dont je commenais
 tre tourmente, il me laisse libre d'oprer. L'injection part, je tenais
son vit, il se pme, il avale tout, m'en redemande encore; je lui fournis une
seconde borde, bientt suivie d'une troisime, et l'anchois libertin laisse
enfin dans mes doigts des preuves non quivoques de la sensation qu'il a reue.
     "Le lendemain, j'expdiai un personnage dont la manie baroque aura
peut-tre quelques sectateurs parmi vous, messieurs. On le plaa d'abord dans
la chambre  ct de celle o nous avions coutume d'oprer et dans laquelle
tait ce trou si commode aux observations. Il s'y arrange seul. Un autre
acteur m'attendait dans la chambre voisine: c'tait un cocher de fiacre qu'on
avait envoy prendre au hasard et qu'on avait prvenu de tout. Comme je
l'tais galement, nos personnages furent bien remplis. Il s'agissait de faire
chier le phaton positivement en face du trou, afin que le libertin cach ne
perdt rien de l'opration. Je reois l'tron dans un plat, j'aide bien  ce
qu'il soit dpos tout entier, j'carte les fesses, je presse l'anus, rien
n'est oubli par moi de tout ce qui peut faire chier commodment. Ds que mon
homme a fait, je lui saisis le vit et le fais dcharger sur sa merde, et tout
cela toujours bien en perspective de notre observateur. Enfin, le paquet prt
je vole  l'autre chambre. "Tenez, gobez vite monsieur, m'criai-je, il est
tout chaud!" Il ne se le fait pas rpter; il saisit le plat, m'offre son vit
que je branle, et le coquin avale tout ce que je lui prsente, pendant que son
foutre exhale sous les mouvements lastiques de ma main diligente."
 
    "Et quel ge avait le cocher? dit Curval. -Trente ans  peu prs, dit
Duclos. -Oh! ce n'est rien que cela, rpondit Curval. Durcet vous dira quand
vous voudrez que nous avons connu un homme qui faisait la mme chose, et
positivement avec les mmes circonstances, mais avec un homme de soixante 
soixante-dix ans qu'il fallait prendre dans tout ce que la lie du peuple a de
plus crapuleux. -Mais il n'est joli que comme cela, dit Durcet dont le petit
engin commenait  lever le nez depuis l'aspersion de Sophie; je parie, quand
on voudra, le faire avec le doyen des invalides. -Vous bandez, Durcet, dit le
duc, je vous connais: quand vous commencez  devenir sale, c'est que votre
petit foutre bouillonne. Tenez! Je ne suis pas le doyen des invalides, mais
pour satisfaire votre intemprance je vous offre ce que j'ai dans les
entrailles et je crois que cela sera copieux. -Oh, ventredieu! dit Durcet,
c'est une bonne fortune que cela, mon cher duc. Le duc acteur se rapprochant,
Durcet s'agenouille au bas des fesses qui vont le combler d'aise; le duc
pousse, le financier avale, et le libertin, que cet excs de crapule
transporte, dcharge en jurant qu'il n'eut jamais tant de plaisir. "Duclos,
dit le duc, viens me rendre ce que j'ai fait  Durcet. -Monseigneur, rpondit
notre historienne, vous savez que je l'ai fait, ce matin, et que vous l'avez
mme aval. -Ah! c'est vrai, c'est vrai, dit le duc. Eh bien! Martaine, il
faut donc que j'aie recours  toi, car je ne veux pas d'un cul d'enfant: je
sens que mon foutre veut partir, et pourtant qu'il ne se rendra qu'avec peine,
moyen en quoi je veux du singulier." Mais Martaine tait dans le cas de
Duclos; Curval l'avait fait chier le matin. "Comment, double dieu! dit le duc,
je ne trouverai donc pas un tron ce soir?" Et alors Thrse s'avana et vint
offrir le cul le plus sale, le plus large et le plus puant qu'il ft possible
de voir. "Ah! passe pour cela, dit le duc en se postant, et si dans le
dsordre o je suis cet infme cul-l ne fait pas son effet, je ne sais plus 
quoi il faudra que j'aie recours!" Thrse pousse, le duc reoit; l'encens
tait aussi affreux que le temple dont il exhalait, mais quand on bande comme
bandait le duc, ce n'est jamais de l'excs de la salet qu'on se plaint. Ivre
de volupt, le sclrat avale tout et fait sauter au nez de Duclos qui le
branle les preuves les plus incontestables de sa mle vigueur. On se mit 
table, les orgies furent consacres aux pnitences. Il y avait cette
semaine-l sept dlinquants: Zelmire, Colombe, Hb, Adonis, Adlade, Sophie
et Narcisse. La tendre Adlade ne fut pas mnage. Zelmire et Sophie
rapportrent aussi quelques marques des traitements qu'elles avaient prouvs,
et sans plus de dtails, puisque les circonstances ne nous le permettent pas
encore, chacun fut se coucher et prendre dans les bras de Morphe les forces
ncessaires  resacrifier de nouveau  Vnus.
 

                                     (XIX)
                                        
                               Quinzime journe

     Rarement un lendemain de correction offrait des coupables. Il n'y en eut
aucun ce jour-l, mais toujours strict sur les permissions de chier le matin,
on n'accorda cette faveur qu' Hercule, Michette, Sophie et la Desgranges, et
Curval pensa dcharger en voyant oprer cette dernire. On fit peu de choses
au caf, on se contenta d'y manier des fesses et d'y sucer quelques trous de
culs, et, l'heure sonnant, on fut promptement s'installer au cabinet
d'histoire o Duclos reprit en ces termes:
 
    "Il venait d'arriver chez la Fournier une jeune fille d'environ douze 
treize ans, toujours fruit des sductions de cet homme singulier dont je vous
ai parl. Mais je doute que depuis bien longtemps il et rien dbauch d'aussi
mignon, d'aussi frais et d'aussi joli. Elle tait blonde, grande pour son ge,
faite  peindre, la physionomie tendre et voluptueuse, les plus beaux yeux
qu'on pt voir, et dans toute sa charmante personne un ensemble doux et
intressant qui achevait de la rendre enchanteresse. Mais  quel avilissement
tant d'appas allaient-ils tre livrs et quel dbut honteux ne leur
prparait-on pas! C'tait la fille d'une marchande lingre du Palais, trs 
son aise et qui trs srement tait destine  un sort plus heureux que celui
de faire la putain. Mais plus par ses perfides sductions notre homme en
question faisait perdre le bonheur  ses victimes et mieux il jouissait. La
petite Lucile tait destine  satisfaire ds son arrive les caprices sales
et dgotants d'un homme qui, ne se contentant pas d'avoir le got le plus
crapuleux, voulait encore l'exercer sur une pucelle. Il arrive: c'tait un
vieux notaire cousu d'or et qui avait, avec sa richesse, toute la brutalit
que donnent l'avarice et la luxure dans une vieille me quand elles y sont
runies. On lui fait voir l'enfant; quelque jolie qu'elle ft, son premier
mouvement est celui du ddain; il bougonne, il jure entre ses dents qu'il
n'est plus possible  prsent de trouver une jolie fille  Paris; il demande
enfin si elle est bien certainement pucelle, on l'assure que oui, on lui offre
de le lui faire voir: "Moi, voir un con, madame Fournier, moi, voir un con?
Vous n'y pensez pas, je crois; m'en avez-vous vu beaucoup considrer depuis
que je viens chez vous? Je m'en sers, il est vrai, mais d'une manire, je
crois, qui ne prouve pas mon grand attachement pour eux. -Eh bien! monsieur,
dit la Fournier, en ce cas, rapportez-vous-en  nous, je vous proteste qu'elle
est vierge comme l'enfant qui vient de natre." On monte, et comme vous
l'imaginez bien, curieuse d'un tel tte--tte, je vais m'tablir  mon trou.
La pauvre petite Lucile tait d'une honte qui ne saurait se peindre qu'avec
les expressions superlatives qu'il faudrait employer pour peindre l'impudence,
la brutalit et la mauvaise humeur de son sexagnaire amant. "Eh bien!
qu'est-ce que vous faites l, toute droite, comme une bte? lui dit-il d'un
ton brusque. Faut-il que je vous dise de vous trousser? Ne devrais je pas dj
avoir vu votre cul depuis deux heures?... Eh bien! allons donc! -Mais,
monsieur, que faut-il faire? -Eh, sacredi! est-ce que a se demande?... Que
faut-il faire? Il faut vous trousser et me montrer les fesses." Lucile obit
en tremblant et dcouvre un petit cul blanc et mignon comme le serait celui de
Vnus mme. "Hum... la belle mdaille, dit le brutal... Approchez-vous..."
Puis, lui empoignant durement les deux fesses en les cartant: "Est-il bien
sr qu'on ne vous a jamais rien fait par l? -Oh! monsieur, jamais personne ne
m a touche. -Allons! ptez. -Mais, monsieur, je ne peux pas. -Eh bien!
efforcez-vous." Elle obit, un lger vent s'chappe et vient retentir dans la
bouche empoisonne du vieux libertin qui s'en dlecte en murmurant. "Avez-vous
envi de chier? continue le libertin. -Non, monsieur. -Oh bien! J'en ai envie
moi, et une copieuse, afin que vous le sachiez. Ainsi prparez-vous  la
satisfaire... quittez ces jupes." Elles disparaissent. "Posez-vous sur ce
sofa, les cuisses trs leves et la tte fort basse." Lucile se place, le
vieux notaire l'arrange et la pose de manire  ce que ses jambes trs
spares laissent son joli petit con dans le plus grand cartement possible,
et si bien plac  la hauteur du fessier de notre homme qu'il peut s'en servir
comme d'un pot de chambre. Telle tait sa cleste intention, et pour rendre le
vase plus commode, il commence par l'carter de ses deux mains autant qu'il a
de force. Il se place, il pousse, un tron vient se poser dans le sanctuaire
o l'Amour mme n'et pas ddaign d'avoir un temple. Il se retourne et, de
ses doigts, enfonce autant qu'il peut dans le vagin entrouvert le sale
excrment qu'il vient de dposer. Il se replace, en pousse un second, puis un
troisime, et toujours  chaque la mme crmonie d'introduction. Enfin au
dernier, il la fait avec tant de brutalit que la petite jeta un cri et perdit
peut-tre par cette dgotante opration la fleur prcieuse dont la nature ne
l'avait orne que pour en faire part  l'hymen. Tel tait l'instant de
jouissance de notre libertin. Avoir rempli le jeune et joli petit con de
merde, l'y fouler et l'y refouler, tel tait son dlice suprme. Il sort
toujours en agissant une manire de vit de sa brayette; tout mou qu'il est, il
le secoue et parvient, en s'occupant de son dgotant ouvrage,  jeter  terre
quelques gouttes d'un sperme rare et fltri et dont il devrait bien regretter
la perte quand elle n'est due qu' de telles infamies. Son affaire finie il
dcampe; Lucile se lave, et tout est dit.
     "On m'en dcocha un quelque temps aprs dont la manie me parut plus
dgotante. C'tait un vieux conseiller de grand-chambre. Il fallait non
seulement le regarder chier, mais l'aider, faciliter de mes doigts le
dgorgement de la matire en pressant, ouvrant, comprimant  propos l'anus, et
l'opration faite, lui nettoyer de ma langue avec le plus grand soin toute la
partie qui venait d'tre souille." 

    "Ah, parbleu! voil en effet une corve bien fatigante, dit l'vque:
est-ce que ces quatre dames que vous voyez ici, et qui sont pourtant nos
pouses, nos filles ou nos nices, n'ont pas ce dpartement-l tous les jours?
Et  quoi diable servirait, je vous prie, la langue d'une femme, si ce n'tait
 torcher des culs. Pour moi, je ne lui connais que cet usage-l. Constance,
poursuit l'vque  cette belle pouse du duc qui tait pour lors sur son
sofa, prouvez un peu  la Duclos votre habilet dans cette partie; tenez,
voil mon cul trs sale, il n'a pas t torch depuis ce matin, je vous le
gardais... Allons, dployez vos talents." Et la malheureuse, trop accoutume 
ces horreurs, les excute en femme consomme. Que ne produisent pas, grand
Dieu, la crainte et l'esclavage!
      
    "Oh, parbleu! dit Curval en prsentant son vilain trou bourbeux  la
charmante Aline, tu ne seras pas le seul  donner ici l'exemple. Allons!
petite putain, dit-il  cette belle et vertueuse fille, surpassez votre
compagne." Et on excute. "Allons, continue, Duclos, dit l'vque, nous
voulions seulement te faire voir que ton homme n'exigeait rien de trop
singulier et qu'une langue de femme n'est bonne qu'a torcher un cul."
L'aimable Duclos se mit  rire et continua ce qu'on va lire:
 
    "Vous me permettrez, messieurs, dit-elle, d'interrompre un instant le
rcit des passions pour vous faire part d'un vnement qui n'y a aucun
rapport. Il me regarde seule, mais comme vous m'avez ordonn de suivre les
vnements intressants de mon histoire mme quand ils ne tiendraient pas au
rcit des gots, j'ai cru que celui-ci tait de nature  ne devoir pas rester
dans le silence. Il y avait trs longtemps que j'tais chez Mme Fournier,
devenue la plus ancienne de son srail et celle en qui elle avait le plus
confiance. C'tait moi qui le plus souvent qui arrangeais les parties et qui
en recevais les fonds. Cette femme m'avait tenu lieu de mre, elle m'avait
secourue dans diffrents besoins, n'avait crit fidlement en Angleterre,
m'avait amicalement ouvert sa maison au retour, quand mon drangement m'y fit
dsirer un nouvel asile. Vingt fois elle m'avait prt de l'argent et souvent
sans en exiger la reddition. L'instant vint de lui prouver ma reconnaissance
et de rpondre  son extrme confiance en moi, et vous allez juger, messieurs,
comme mon me s'ouvrait  la vertu et l'accs facile qu'elle y avait. La
Fournier tombe malade et son premier soin est de me faire appeler. "Duclos,
mon enfant, je t'aime, me dit-elle, tu le sais et je vais te le prouver par
l'extrme confiance que je vais avoir en toi dans ce moment-ci. Je te crois,
malgr ta mauvaise tte, incapable de tromper une amie; me voil fort malade,
je suis vieille et ne sais, par consquent, ce que ceci deviendra. J'ai des
parents qui vont tomber sur ma succession; je veux au moins leur frustrer cent
mille francs que j'ai en or dans ce petit coffre. Tiens, mon enfant, dit-elle,
les voil, je te les remets en exigeant de toi que tu en fasses la disposition
que je te vais prescrire. -Oh, ma chre mre, lui dis-je en lui tendant les
bras, ces prcautions me dsolent; elles seront srement inutiles, mais si
malheureusement elles devenaient ncessaires, je vous fais serment de mon
exactitude  remplir vos intentions. -Je le crois, mon enfant, me dit-elle; et
voil pourquoi j'ai jet les yeux sur toi. Ce petit coffre contient donc cent
mille francs en or; j'ai quelques scrupules, ma chre amie, quelques remords
de la vie que j'ai mene, de la quantit de filles que j'ai jetes dans le
crime et que j'ai arraches  Dieu. Je veux donc employer deux moyens pour me
rendre la divinit moins svre: celui de l'aumne et celui de la prire. Les
deux premires portions de cette somme, que tu composeras de quinze mille
francs chacune, seront l'une pour tre remis aux capucins de la rue
Saint-Honor, afin que ces bons pres disent  perptuit une messe pour le
salut de mon me; l'autre part, de mme somme, tu la remettras, ds que
j'aurai ferm les yeux, au cur de la paroisse, afin qu'il la distribue en
aumnes parmi les pauvres du quartier. C'est une excellente chose que
l'aumne, mon enfant; rien ne rpare comme elle, aux yeux de Dieu, les pchs
que nous avons commis sur la terre. Les pauvres sont ses enfants et il chrit
tous ceux qui les soulagent; on ne lui plat jamais autant que par les
aumnes. C'est la vritable faon de gagner le ciel, mon enfant. A l'gard de
la troisime part, tu la formeras de soixante mille livres, que tu remettras,
tout de suite aprs ma mort, au nomm Petignon, garon cordonnier, rue du
Bouloir. Ce malheureux est mon fils, il ne s'en doute pas, c'est un btard
adultrin; je veux donner  ce malheureux orphelin, en mourant, des marques de
ma tendresse. A l'gard des dix mille autres livres restantes, ma chre
Duclos, je te prie de les garder comme une faible marque de mon attachement
pour toi et pour te ddommager des soins que va te donner l'emploi du reste.
Puisse cette faible somme t'aider  prendre un parti et  quitter l'indigne
mtier que nous faisons, dans lequel il n'y a point de salut, ni d'espoir de
le jamais faire." Intrieurement enchante de tenir une si bonne somme et trs
dcide, de peur de m'embrouiller dans les partages, de ne faire qu'un seul
lot pour moi seule, je me jetai artificieusement en larmes dans les bras de la
vieille matrone, lui renouvelant mes serments de fidlit, et ne m'occupai
plus que des moyens d'empcher qu'un cruel retour de sant n'allt faire
changer sa rsolution. Ce moyen se prsenta ds le lendemain: le mdecin
ordonna un mtique, et comme c'tait moi qui la soignais, ce fut  moi qu'il
remit le paquet, me faisant observer qu'il y avait deux prises, de prendre
bien garde de les sparer, parce que je la ferais crever si je lui donnais
tout  la fois; et de n'administrer la seconde dose que dans le cas o la
premire ne ferait pas assez d'effet. Je promis bien  l'Esculape d'avoir tous
les gards possibles, et ds qu'il eut le dos tourn, bannissant de mon coeur
tous ces futiles sentiments de reconnaissance qui auraient arrt une me
faible, cartant tout repentir et toute faiblesse, et ne considrant que mon
or, que le doux charme de le possder et le chatouillement dlicieux qu'on
prouve toujours chaque fois qu'on projette une mauvaise action, pronostic
certain du plaisir qu'elle donnera, ne me livrant qu' tout cela, dis-je, je
campai sur-le-champ les deux prises dans un verre d'eau et prsentai le
breuvage  ma douce amie, qui, avalant avec scurit, y trouva bientt la mort
que j'avais tch de lui procurer. Je ne puis vous peindre ce que je sentis
quand je vis russir mon ouvrage. Chacun des vomissements par lesquels
s'exhalait sa vie produisait une sensation vraiment dlicieuse sur toute mon
organisation: je l'coutais, je la regardais, j'tais exactement dans
l'ivresse. Elle me tendait les bras, elle m'adressait un dernier adieu, et je
jouissais, et je formais dj mille projets avec cet or que j'allais possder.
Ce ne fut pas long; la Fournier creva ds le mme soir et je me vis matresse
du magot."
 
    "Duclos, dit le duc, soit vraie: te branlas-tu? La sensation fine et
voluptueuse du crime atteignit-elle l'organe de la volupt? -Oui, monseigneur,
je vous l'avoue; et j'en dchargeai cinq fois de suite ds le mme soir. -Il
est donc vrai, dit le duc en s'criant, il est donc vrai que le crime a par
lui-mme un tel attrait, qu'indpendamment de toute volupt, il peut suffire 
enflammer toutes les passions et  jeter dans le mme dlire que les actes
mmes de lubricit! Eh bien?... -Eh bien, monsieur le duc, je fis enterrer
honorablement la patronne, hritai du btard Petignon, me gardai bien de faire
dire des messes et encore plus de distribuer des aumnes, espce d'action que
j'ai toujours eue en vritable horreur, quelque bien qu'en ait pu dire la
Fournier. Je maintiens qu'il faut qu'il y ait des malheureux dans le monde,
que la nature le veut, qu'elle l'exige, et que c'est aller contre ses lois en
prtendant remettre l'quilibre, si elle a voulu du dsordre. -Comment donc,
Duclos, dit Durcet, mais tu as des principes! Je suis bien aise de t'en voir
sur cela; tout soulagement fait  l'infortune est un crime rel contre l'ordre
de la nature. L'ingalit qu'elle a mise dans nos individus prouve que cette
discordance lui plat, puisqu'elle l'a tablie et qu'elle la veut dans les
fortunes comme dans les corps. Et comme il est permis au faible de la rparer
par le vol, il est galement permis au fort de la rtablir par le refus de ses
secours. L'univers ne subsisterait pas un instant si la ressemblance tait
exacte dans tous les tres; c'est de cette dissemblance que nat l'ordre qui
conserve et qui conduit tout. Il faut donc bien se garder de le troubler.
D'ailleurs, en croyant faire un bien  cette malheureuse classe d'hommes, je
fais beaucoup de mal  une autre, car l'infortune est la ppinire o le riche
va chercher les objets de sa luxure ou de sa cruaut; je le prive de cette
branche de plaisir en empchant par mes secours cette classe de se livrer 
lui. Je n'ai donc, par mes aumnes, oblig que faiblement une partie de la
race humaine, et prodigieusement nui  l'autre. Je regarde donc l'aumne non
seulement comme une chose mauvaise en elle-mme, mais je la considre encore
comme un crime rel envers la nature qui, en nous indiquant les diffrences,
n'a nullement prtendu que nous les troublions. Ainsi, bien loin d'aider le
pauvre, de consoler la veuve et de soulager l'orphelin, si j'agis d'aprs les
vritables intentions de la nature, non seulement, je les laisserai dans
l'tat o la nature les a mis, mais j'aiderai mme  ses vues en leur
prolongeant cet tat et en m'opposant vivement  ce qu'ils en changent, et je
croirai sur cela tous les moyens permis. -quoi, dit le duc, mme de les voler
ou de les ruiner? -Assurment, dit le financier; mme d'en augmenter le
nombre, puisque leur classe sert  une autre, et qu'en les multipliant, si je
fais un peu de peine  l'une, je ferai beaucoup de bien  l'autre. -Voil un
systme bien dur, mes amis, dit Curval. Il est pourtant, dit-on, si doux de
faire du bien aux malheureux! -Abus! reprit Durcet, cette jouissance-l ne
tient pas contre l'autre. La premire est chimrique, l'autre est relle; la
premire tient aux prjugs, l'autre est fonde sur la raison; l'une, par
l'organe de l'orgueil, la plus fausse de toutes nos sensations, peut
chatouiller un instant le coeur, l'autre est une vritable jouissance de
l'esprit et qui enflamme toutes les passions par cela mme qu'elle contrarie
les opinions communes. En un mot je bande  l'une, dit Durcet, et je sens trs
peu de chose  l'autre. -Mais faut-il toujours tout rapporter  ses sens? dit
l'vque. -Tout, mon ami, dit Durcet; ce sont eux seuls qui doivent nous
guider dans toutes les actions de la vie, parce que ce sont eux seuls dont
l'organe est vraiment imprieux. -Mais mille et mille crimes peuvent natre de
ce systme, dit l'vque. -Eh, que m'importe le crime, rpondit Durcet, pourvu
que je me dlecte. Le crime est un mode de la nature, une manire dont elle
meut l'homme. Pourquoi ne voulez-vous pas que je me laisse mouvoir aussi bien
par elle en ce sens-l que par celui de la vertu? Elle a besoin de l'un et de
l'autre, et je la sers aussi bien dans l'un que dans l'autre. Mais nous voici
dans une discussion qui nous mnerait trop loin. L'heure du souper va venir,
et Duclos est bien loin d'avoir fini sa tche. Poursuivez, charmante fille,
poursuivez, et croyez que vous venez de nous avouer l une action et des
systmes qui vous mritent  jamais notre estime ainsi que celle de tous les
philosophes." 

    "Ma premire ide, ds que ma bonne patronne fut enterre, fut de prendre
moi-mme sa maison et de la maintenir sur le mme pied qu'elle. Je fis part de
ce projet  mes compagnes, qui toutes, et Eugnie surtout, qui tait toujours
ma bien-aime, me promirent de me regarder comme leur maman. Je n'tais point
trop jeune pour prtendre  ce titre: j'avais prs de trente ans et toute la
raison qu'il fallait pour diriger le couvent. Ainsi, messieurs, ce n'est plus
sur le pied de fille du monde que je vais finir le rcit de mes aventures,
c'est sur celui d'abbesse, assez jeune et assez jolie pour faire souvent ma
pratique moi-mme, comme cela m'arriva souvent et comme j'aurai soin de vous
le faire remarquer chaque fois que cela sera. Toutes les pratiques de la
Fournier me restrent, et j'eus le secret d'en attirer encore de nouvelles,
tant par la propret de mes appartements que par l'excessive soumission de mes
filles  tous les caprices des libertins et par le choix heureux de mes sujets.
     "Le premier chaland qui m'arriva fut un vieux trsorier de France, ancien
ami de la Fournier. Je le donnai  la jeune Lucile dont il parut fort
enthousiasm. Sa manie d'habitude, aussi sale que dsagrable pour la fille,
consistait  chier sur le visage mme de sa dulcine,  lui barbouiller toute
la face avec son tron et puis de la baiser, de la sucer en cet tat. Lucile,
par amiti pour moi, se laissa faire tout ce que voulut le vieux satyre, et il
lui dchargea sur le ventre en baisant et rebaisant son dgotant ouvrage.
     "Peu aprs, il en vint un autre qu'Eugnie passa. Il se faisait apporter
un tonneau plein de merde, il y plongeait la fille nue et la lchait sur
toutes les parties du corps en avalant, jusqu' ce qu'il l'et rendue aussi
propre qu'il l'avait prise. Celui-l tait un fameux avocat, homme riche et
trs connu et qui, ne possdant pour la jouissance des femmes que les plus
minces qualits, y remdiait par ce genre de libertinage qu'il avait aim
toute sa vie.
     "Le marquis de ..., vieille pratique de la Fournier, vint, peu aprs sa
mort, m'assurer de sa bienveillance. Il m'assura qu'il continuerait de venir
chez moi, et pour m'en convaincre, ds le mme soir il vit Eugnie. La passion
de ce vieux libertin consistait  baiser d'abord prodigieusement la bouche de
la fille. Il avalait le plus qu'il pouvait de sa salive, ensuite il lui
baisait les fesses un quart d'heure, faisait pter, et enfin demandait la
grosse affaire. Ds qu'on avait fini, il gardait l'tron dans sa bouche et,
faisant pencher la fille sur lui, qui l'embrassait d'une main et le branlait
de l'autre, pendant qu'il gotait le plaisir de cette masturbation en
chatouillant le trou merdeux, il fallait que la demoiselle vnt manger l'tron
qu'elle venait de lui dposer dans la bouche. Quoiqu'il payt ce got-l fort
cher, il trouvait fort peu de filles qui voulussent s'y prter. Voil pourquoi
le marquis vint me faire sa cour; il tait aussi jaloux de conserver ma
pratique que je pouvais l'tre d'avoir la sienne." 

    En cet instant, le duc chauff dit que, le souper dt-il sonner, il
voulait, avant que de se mettre  table, excuter cette fantaisie-l. Et voici
comme il s'y prit: il fit approcher Sophie, reut son tron dans la bouche,
puis obligea Zlamir  venir manger l'tron de Sophie. Cette manie et pu
devenir une jouissance pour tout autre que pour un enfant tel que Zlamir; pas
assez form pour en sentir tout le dlicieux, il n'y vit que du dgot et
voulut faire quelques faons. Mais le duc le menaant de toute sa colre s'il
balanait une seule minute, il excuta. L'ide fut trouve si plaisante que
chacun l'imita du plus au moins, car Durcet prtendit qu'il fallait partager
les faveurs et qu'il n'tait pas juste que les petits garons mangeassent la
merde des filles pendant que les filles n'auraient rien pour elles, et, en
consquence, il se fit chier dans la bouche par Zphire et ordonna  Augustine
de venir manger la marmelade, ce que cette belle et intressante fille fit en
vomissant jusqu'au sang. Curval imita ce bouleversement et reut l'tron de
son cher Adonis, que Michette vint manger non sans imiter la rpugnance
d'Augustine. Pour l'vque, il imita son frre, et fit chier la dlicate
Zelmire en obligeant Cladon  venir avaler la confiture. Il y eut des dtails
de rpugnance trs intressants pour des libertins aux yeux desquels les
tourments 	qu'ils infligent sont des jouissances. L'vque et le duc
dchargrent, les deux autres, ou ne le purent, ou ne le voulurent, et on
passa au souper. On y loua tonnamment l'action de la Duclos. "Elle a eu
l'esprit de sentir, dit le duc, qui la protgeait tonnamment, que la
reconnaissance tait une chimre et que ses liens ne devaient jamais ni
arrter ni suspendre mme les effets du crime, parce que l'objet qui nous a
servi n'a nul droit  notre coeur; il n'a travaill que pour lui, sa seule
prsence est une humiliation pour une me forte, et il faut le har ou s'en
dfaire. -Cela est si vrai, dit Durcet, que vous ne verrez jamais un homme
d'esprit chercher  s'attirer de la reconnaissance. Bien sr de se faire des
ennemis, il n'y travaillera jamais. -Ce n'est pas  vous faire plaisir que
travaille celui qui vous sert, interrompit l'vque: c'est  se mettre
au-dessus de vous par ses bienfaits. Or, je demande ce que mrite un tel
projet. En nous servant il ne dit pas: je vous sers, parce que je veux vous
faire du bien; il dit seulement: je vous oblige pour vous rabaisser et pour me
mettre au-dessus de vous. Ces rflexions, dit Durcet, prouvent donc l'abus des
services qu'on rend et combien la pratique du bien est absurde. Mais, vous
dit-on, c'est pour soi-mme: soit, pour ceux dont la faiblesse de l'me peut
se prter  ces petites jouissances-l, mais ceux qu'elles rpugnent comme
nous seraient, ma foi, bien dupes de se les procurer." Ce systme ayant
chauff les ttes, on but beaucoup et on fut clbrer les orgies, pour
lesquelles nos inconstants libertins imaginrent de faire coucher les enfants
et de passer une partie de la nuit  boire, rien qu'avec les quatre vieilles
et les quatre historiennes et de s'exhaler l,  qui mieux mieux, en infamies
et en atrocits. Comme, parmi ces douze intressantes personnes, il n'y en
avait pas une qui n'et mrit la corde et la roue plusieurs fois, je laisse
au lecteur  penser et  imaginer ce qu'il y fut dit. Des propos on passa aux
actions, le duc s'chauffa, et je ne sais ni pourquoi ni comment, mais on
prtendit que Thrse porta quelque temps ses marques. Quoi qu'il en soit,
laissons nos acteurs passer de ces bacchanales au chaste lit de leur pouse
qu'on leur avait prpar  chacun pour ce soir-l et voyons ce qui se passa le
lendemain.
 

                                     (XX)
                                        
                               Seizime journe

     Tous nos hros se levrent frais comme s'ils fussent arrivs de confesse,
except le duc qui commenait un peu  s'puiser. On en accusa Duclos: il est
certain que cette fille avait entirement saisi l'art de lui procurer des
volupts et qu'il avoua ne dcharger lubriquement qu'avec elle. Tant il est
vrai que, pour ces choses-l, tout tient absolument au caprice et que l'ge,
la beaut, la vertu, que tout cela n'y fait rien, qu'il n'est question que
d'un certain tact bien plus souvent saisi par des beauts dans leur automne
que par celles sans exprience que le printemps couronne encore de tous ses
dons. Il y avait aussi une autre crature dans la socit qui commenait  se
rendre trs aimable et  y devenir trs intressante: c'tait Julie. Elle
annonait dj de l'imagination, de la dbauche et du libertinage. Assez
politique pour sentir qu'elle avait besoin de protection, assez fausse pour
caresser ceux-mmes dont peut-tre elle ne se souciait gure au fond, elle se
faisait amie de la Duclos pour tcher de rester toujours un peu en faveur
auprs de son pre dont elle connaissait le crdit dans la socit. Toutes les
fois que c'tait son tour de coucher avec le duc, elle se runissait si bien 
la Duclos, elle employait tant d'adresse et tant de complaisance que le duc
tait toujours sr d'obtenir des dcharges dlicieuses toutes les fois que ces
deux cratures-l s'employaient  les lui procurer. Nanmoins il se blasait
prodigieusement sur sa fille, et peut-tre sans le secours de la Duclos, qui
la soutenait de tout son crdit, n'aurait-elle jamais pu russir dans ses
vues. Son mari, Curval, en tait  peu prs au mme point et quoique, par le
moyen de sa bouche et de ses baisers impurs, elle obtnt encore de lui
quelques dcharges, le dgot n'tait cependant pas loign: on et dit qu'il
naissait sous le feu mme de ses impudiques baisers. Durcet l'estimait assez
peu, et elle ne l'avait pas fait dcharger deux fois depuis qu'on tait
runis. Il ne lui restait donc gure plus que l'vque, qui aimait beaucoup
son jargon libertin et qui lui mouvait le plus beau cul du monde. Il est
certain qu'elle l'avait fourni comme celui de Vnus mme. Elle se cantonna
donc de ce ct, car elle voulait absolument plaire, et  quelque prix que ce
ft; comme elle sentait l'extrme besoin d'une protection, elle en voulait
une. Il ne parut  la chapelle ce jour-l qu'Hb, Constance et la Martaine,
et l'on n'avait trouv personne en faute le matin. Aprs que les trois sujets
eurent dpos leur cas, Durcet eut envie d'en faire autant. Le duc, qui
tournaillait ds le matin autour de son derrire, saisit ce moment pour se
satisfaire, et ils s'enfermrent  la chapelle avec la seule Constance que
l'on garda pour ce service. Le duc se satisfit, et le petit financier lui chia
compltement dans la bouche. Ces messieurs ne s'en tinrent pas l, et
Constance dit  l'vque qu'ils avaient fait tous deux ensemble des infamies
une demi-heure de suite. Je l'ai dit, ils taient amis ds l'enfance et
n'avaient cess depuis lors de se rappeler leur plaisir d'colier. A l'gard
de Constance, elle servit  peu de chose dans ce tte--tte; elle torcha des
culs, sua et branla quelques vits tout au plus. On passa au salon o, aprs
un peu de conversation entre les quatre amis, on vint leur annoncer le dner.
Il fut splendide et libertin comme  l'ordinaire, et, aprs quelques
attouchements et baisers libertins, plusieurs propos scandaleux qui
l'assaisonnrent, on passa au salon dans lequel on trouva Zphire et
Hyacinthe, Michette et Colombe, pour servir le caf. Le duc foutit Michette en
cuisses, et Curval Hyacinthe; Durcet fit chier Colombe et l'vque le mit en
bouche  Zphire. Curval, se ressouvenant d'une des passions racontes la
veille par Duclos, voulut chier dans le con de Colombe; la vieille Thrse,
qui tait du caf, la plaa, et Curval agit. Mais comme il faisait des selles
prodigieuses et proportionnes  l'immense quantit de vivres dont il se
gonflait tous les jours, presque tout culbuta par terre et ce fut pour ainsi
dire que superficiellement qu'il emmerdifia ce joli petit con vierge, qu'il ne
semblait pas que la nature et destin sans doute  d'aussi sales plaisirs.
L'vque, dlicieusement branl par Zphire, perdit son foutre
philosophiquement, en joignant au plaisir qu'il sentait celui du dlicieux
tableau dont on le rendait spectateur. Il tait furieux; il gronda Zphire, il
gronda Curval, il s'en prit  tout le monde. On lui fit avaler un grand verre
d'lixir pour rparer ses forces. Michette et Colombe le couchrent sur un
sofa pour sa mridienne, et ne le quittrent pas. Il se rveilla assez bien
rtabli, et pour lui rendre encore mieux ses forces, Colombe le sua un
instant: son engin remontra le nez, et l'on passa au salon d'histoire. Il
avait ce jour-l Julie sur son canap; comme il l'aimait assez, cette vue lui
rendit un peu de bonne humeur. Le duc avait Aline, Durcet Constance, et le
prsident sa fille. Tout tant prt, la belle Duclos s'installa sur son trne
et commena ainsi:
 
    "Il est bien faux de dire que l'argent acquis par un crime ne porte pas
bonheur. Nul systme aussi faux, j'en rponds. Tout prosprait dans ma maison;
jamais la Fournier n'y avait vu tant de pratiques. Ce fut alors qu'il me passa
par la tte une ide, un peu cruelle, je l'avoue, mais qui pourtant, j'ose
m'en flatter, messieurs, ne vous dplaira pas  un certain point. Il me sembla
que quand on n'avait pas fait  quelqu'un le bien que l'on devait lui faire,
il y avait une certaine volupt mchante  lui faire du mal, et ma perfide
imagination m'inspira cette taquinerie libertine contre ce mme Petignon, fils
de ma bienfaitrice et auquel j'avais t charge de compter une fortune bien
attrayante assurment pour ce malheureux, et que je commenais dj 
disperser en folies. Voici ce qui en fit natre l'occasion. Ce malheureux
garon cordonnier, mari avec une pauvre fille de son tat, avait pour unique
fruit de cet hymen infortun une jeune fille d'environ douze ans, et que l'on
m'avait dpeinte comme runissant aux traits de l'enfance tous les attributs
de la plus tendre beaut. Cette enfant qu'on levait pauvrement, mais
cependant avec tout le soin que pouvait permettre l'indigence des parents,
dont elle faisait les dlices, me parut une excellente capture  faire.
Petignon ne venait jamais au logis; il ignorait les droits qu'il y avait. Mais
sitt que la Fournier m'en eut parl, mon premier soin fut de me faire
informer de lui et de tous ses entours, et ce fut ainsi que j'appris qu'il
possdait un trsor chez lui. Dans le mme temps, le marquis de Mesanges,
libertin fameux et de profession dont la Desgranges sans doute aura plus d'une
fois occasion de vous entretenir, vint s'adresser  moi pour lui faire avoir
une pucelle qui n'et pas treize ans, et cela  quelque prix que ce ft. Je ne
sais ce qu'il en voulait faire, car il ne passait pas pour un trs rigoureux
homme sur cet article, mais il y mettait pour clause, aprs que son pucelage
aurait t constat par des experts, de l'acheter de mes mains une somme
prescrite, et que, de ce moment-l, il n'aurait plus affaire  qui que ce ft,
attendu, disait-il, que l'enfant serait dpays et ne reviendrait peut-tre
jamais en France. Comme le marquis tat une de mes pratiques, et que vous
l'allez voir bientt lui-mme sur la scne, je mis tout en oeuvre pour le
satisfaire, et la petite fille de Petignon me parut positivement ce qu'il lui
fallait. Mais comment la dpayser? L'enfant ne sortait jamais, on
l'instruisait dans la maison mme, c'tait retenu avec une sagesse, une
circonspection qui ne me laissaient aucun espoir. Il ne m'tait pas possible
d'employer pour lors ce fameux dbaucheur de filles dont j'ai parl: il tait
pour lors  la campagne, et le marquis me pressait. Je ne trouvai donc qu'un
moyen, et ce moyen servait on ne peut mieux la petite mchancet secrte qui
me portait  faire ce crime, car il l'aggravait. Je rsolus de susciter des
affaires au mari et  la femme, de tcher de les faire enfermer tous deux, et
la petite fille se trouvant par ce moyen, ou moins gne ou chez des amis, il
me serait ais de l'attirer dans mon pige. Je leur lanai donc un procureur
de mes amis, homme  toute main et dont j'tais sre pour de tels coups
d'adresse. Il s'informe, dterre des cranciers, les excite, les soutient,
bref en huit jours le mari et la femme sont en prison. De ce moment tout me
devint ais; une marcheuse adroite accosta bientt la petite fille abandonne
chez de pauvres voisins; elle vint chez moi. Tout rpondait  son extrieur:
c'tait la peau la plus douce et la plus blanche, les petits appas les plus
ronds, les mieux forms... Il tait difficile en un mot de trouver un plus
joli enfant. Comme elle me revenait  prs de vingt louis, tous frais faits,
et que le marquis voulait la payer une somme prescrite, au-del du payement de
laquelle il ne prtendait ni en entendre parler ni avoir affaire  personne,
je la lui laissai pour cent louis, et comme il devenait essentiel pour moi que
l'on n'et jamais vent de mes dmarches, je me contentai de gagner soixante
louis sur cette affaire, et fis passer encore vingt  mon procureur pour
embrouiller les choses, de manire  ce que le pre et la mre de cette jeune
enfant ne pussent de longtemps savoir des nouvelles de leur fille. Ils en
surent; sa fuite tait impossible  cacher. Les voisins coupables de
ngligence s'excusrent comme ils purent, et quant au cher cordonnier et  son
pouse, mon procureur fit si bien qu'ils ne purent jamais remdier  cet
accident, car ils moururent tous deux en prison au bout de prs de onze ans de
capture. Je gagnais doublement  ce petit malheur, puisqu'en mme temps qu'il
m'assurait la possession certaine de l'enfant que j'avais vendu, il m'assurait
aussi celle de soixante mille francs qui m'avaient t compts pour lui. Quant
 la petite fille, le marquis m'avait dit vrai: jamais je n'en entendis
parler, et ce sera vraisemblablement Mme Desgranges qui vous finira son
histoire. Il est temps de vous ramener  la mienne et aux vnements
journaliers qui peuvent vous offrir les dtails voluptueux dont nous avons
entam la liste." 

    "Oh, parbleu! dit Curval, j'aime ta prudence  la folie. Il y a l une
sclratesse rflchie, un ordre qui me plat on ne saurait davantage; et la
taquinerie d'ailleurs, d'avoir t donner le dernier coup  une victime que tu
n'avais encore qu'accidentellement corche, me parat un raffinement
d'infamie qui peut se placer  ct de nos chefs-d'oeuvre. -Moi, j'aurais
peut-tre fait pis, dit Durcet, car enfin ces gens-l pouvaient obtenir leur
dlivrance: il y a tant de sots dans le monde qui ne songent qu' soulager ces
gens-l: pendant tout le temps de leur vie c'tait des inquitudes pour toi.
-Monsieur, reprit la Duclos, quand on n'a pas dans le monde le crdit que vous
y avez et que, pour ses coquineries, il faut employer des gens en sous-ordre,
la circonspection devient souvent ncessaire, et l'on n'ose pas alors tout ce
que l'on voudrait bien faire. -C'est juste, c'est juste, dit le duc; elle ne
pouvait en faire davantage." Et cette aimable crature reprit ainsi la suite
de sa narration.
 
    "Il est affreux, messieurs, dit cette belle fille, d'avoir encore  vous
entretenir de turpitudes semblables  celles dont je vous parle depuis
plusieurs jours. Mais vous avez exig que je runisse tout ce qui pouvait y
avoir trait et je ne laisse rien sous le voile. Encore trois exemples de ces
salets atroces, et nous passerons  d'autres fantaisies.
     "Le premier que je vous citerai est celui d'un vieux directeur des
domaines, g d'environ soixante-six ans. Il faisait mettre la femme toute
nue, et aprs lui avoir caress un instant les fesses avec plus de brutalit
que de dlicatesse, il 1'obligeait  chier devant lui,  terre, au milieu de
la chambre. Quand il avait joui de la perspective, il venait.  son tour
dposer son cas  la mme place, puis, les runissant avec ses mains tous
deux, il obligeait la fille  venir  quatre pattes manger la galimafre,
toujours en prsentant bien le derrire, qu'elle devait avoir eu l'attention
de laisser trs merdeux. Il se manualisait pendant la crmonie et dchargeait
quand tout tait mang. Peu de filles, comme vous le croyez bien, messieurs,
consentaient  se soumettre  de telles cochonneries, et cependant il les lui
fallait jeunes et fraches... Je les trouvais parce que tout se trouve 
Paris, mais je les lui faisais payer.
     "Le second exemple des trois qui me restent  vous citer en ce genre
exigeait de mme une furieuse docilit de la part de la fille; mais comme le
libertin la voulait extrmement jeune, je trouvais plus facilement des enfants
pour se prter  ces choses-l que des filles faites. Je donnai  celui que je
vais vous citer une petite bouquetire de treize  quatorze ans, fort jolie.
Il arrive, fait quitter  la fille seulement ce qui la couvre de la ceinture
en bas; lui maniait un instant le derrire, la faisait pter, puis se donnait
lui-mme quatre ou cinq lavements qu'il obligeait la petite fille  recevoir
dans sa bouche et  avaler  mesure que le flot tombait dans sa gorge. Pendant
ce temps-l, comme il tait  cheval sur sa poitrine, d'une main il branlait
un assez gros vit et de l'autre il lui ptrissait la motte, et il la lui
fallait, en raison de cela, toujours sans le plus lger poil. Celui dont je
vous parle voulut encore recommencer aprs six, parce que sa dcharge n'tait
pas faite. La petite fille, qui vomissait  mesure, lui demanda grce, mais il
lui rit au nez et n'en fut pas moins son train, et ce ne fut qu' la sixime
que je vis son foutre couler.
     "Un vieux banquier vient enfin nous fournir le dernier exemple de ces
salets prises au principal, car je vous avertis que, comme accessoire, nous
les reverrons encore souvent. Il lui fallait une femme belle, mais de quarante
 quarante-cinq ans et dont la gorge ft extrmement flasque. Ds qu'il fut
avec elle, il la fit mettre nue seulement de la ceinture en haut, et ayant
mani brutalement ses ttons: "Les beaux pis de vache! s'cria-t-il. A quoi
des tripes comme cela peuvent-elles tre bonnes, si ce n'est  torcher mon
cul?" Ensuite, il les pressait, les tortillait l'un avec l'autre, les
tiraillait, les broyait, crachait dessus, et mettait quelquefois son pied
crott dessus, toujours en disant que c'tait une chose bien infme qu'une
gorge et qu'il ne concevait pas  quoi la nature avait destin ces peaux-l et
pourquoi elle en avait gt et dshonor le corps de la femme. Aprs tous ces
propos saugrenus, il se mit nu comme la main. Mais, Dieu! quel corps! Comment
vous le peindre, messieurs? Ce n'tait qu'un ulcre, dgouttant sans cesse de
pus depuis les pieds jusqu' la tte et dont l'odeur infecte se faisait mme
sentir de la chambre voisine o j'tais. Telle tait pourtant la belle relique
qu'il fallait sucer."
 
    "Sucer?" dit le duc. 

    "Oui, messieurs, dit Duclos, sucer depuis les pieds jusqu' la tte sans
laisser une seue place large comme un louis d'or o la langue n'et pass. La
fille que je lui avais donne eu beau tre prvenue, ds qu'elle vit ce
cadavre ambulant, elle recula d horreur. "Comment donc, garce, dit-il, je
crois que je te dgote? Il faut pourtant que tu me suces, que ta langue lche
absolument toutes les parties de non corps. Ah! ne fais pas tant la dgote!
D'autres que toi l'ont bien fait; allons, allons; point de faons." 
    "On a bien raison de dire que l'argent fait tout faire; la malheureuse que
je lui avais donne tait dans la plus extrme misre, il y avait deux louis 
gagner: elle fit tout ce qu'on voulut, et le vieux podagre, enchant de sentir
une langue sur son corps hideux et adoucir l'cret dont il tait dvor, se
branlait voluptueusement pendant l'opration. Quand elle fut faite, et, comme
vous le croyez bien, ce ne fut pas sans de terribles dgots de la part de
cette infortune, quand elle fut faite, dis-je, il la fit tendre  terre sur
le dos, se mit  cheval sur elle, lui chia sur les ttons, et les pressant
aprs, l'un aprs l'autre, il s'en torcha le derrire. Mais de dcharge, je
n'en vis point, et je sus, quelque temps aprs, qu'il lui fallait plusieurs
semblables oprations pour en dterminer une; et comme c'tait un homme qui ne
revenait gure deux fois dans le mme endroit, je ne le revis plus et j'en fus
en vrit fort aise."
 
    "Ma foi, dit le duc, je trouve la clture de l'opration de cet homme-l
trs raisonnable, et je n'ai jamais compris que des ttons pussent rellement
servir  autre chose qu' torcher des culs. -Il est certain, dit Curval, qui
maniait assez brutalement ceux de la tendre et dlicate Aline, il est certain,
en vrit, que c'est une chose bien infme que des ttons. Je n'en vois jamais
que a ne me mette en fureur; j'prouve en voyant cela, un certain dgot, une
certaine rpugnance... Je ne connais que le con qui m'en fasse prouver une
plus vive." Et en mme temps, il se jeta dans son cabinet, en entranant par
le sein Aline, et se faisant suivre de Sophie et de Zelmire, les deux filles
de son srail, et de Fanchon. On ne sait trop ce qu'il y fit, mais on entendit
un grand cri de femme, et, peu aprs, les hurlements de sa dcharge. Il
rentra; Aline pleurait et tenait un mouchoir sur son sein, et comme tous ces
vnements-l ne faisaient jamais sensation, ou tout au plus celle du rire,
Duclos reprit incontinent le fil de son histoire:
 
    "J'expdiai moi-mme, dit-elle, quelques jours aprs, un vieux moine dont
la manie, plus fatigante pour la main, n'tait cependant pas aussi rpugnante
au coeur. Il me livra un gros vilain fessier dont les peaux taient comme du
parchemin: il fallait lui ptrir le cul, le lui manier, le lui serrer de
toutes mes forces, mais, quand j'en fus au trou, rien ne paraissait assez
violent pour lui; il fallait saisir les peaux de cette partie, les frotter,
les pincer, les agiter fortement entre mes doigts, et ce n'tait qu' la
vigueur de l'opration qu'il rpandait son foutre. Du reste, il se branlait
lui-mme pendant l'opration, et ne me troussa seulement pas. Mais il fallait
que cet homme-l et une fire habitude de cette manipulation, car son
derrire, d'ailleurs mollasse et pendant, tait pourtant revtu d'une peau
aussi paisse que du cuir. Le lendemain, sur les loges sans doute qu'il fit 
son couvent de ma manire d'agir, il m'amena un de ses confrres, sur le cul
duquel il fallait appuyer des claques de toutes mes forces avec ma main; mais
celui-ci, plus libertin et plus examinateur, visitait soigneusement, avant,
les fesses de la femme; et mon cul fut bais, langot  dix ou douze reprises
de suite, dont les intervalles taient remplis par des claques sur le sien.
Quand sa peau fut devenue carlate, son vit dressa, et je puis certifier que
c'tait un des plus beaux engins que j'eusse encore manis; alors, il me le
remit entre les mains, en m'ordonnant de le branler pendant que je
continuerais de claquer de l'autre."
 
    "Ou je me trompe, dit l'vque, ou nous voici  l'article des fustigations
passives. -Oui, monseigneur, dit la Duclos, et comme ma tche d'aujourd'hui
est remplie, vous trouverez bon que je remette  demain le commencement des
gots de cette nature dont nous aurons plusieurs soires de suite  nous
occuper." Comme il restait encore prs d'une demi-heure avant l'instant du
souper, Durcet dit que, pour se donner de l'apptit, il voulait prendre
quelques lavements; on se douta du fait, et toutes les femmes frmirent, mais
l'arrt tait port, il n'y avait plus  en revenir. Thrse qui le servait ce
jour-l, assura qu'elle les donnait  merveille; de l'assertion elle passa 
la preuve, et, ds que le petit financier eut les entrailles charges, il
signifia  Rosette d'avoir  venir tendre le bec. Il y eut un peu de
reguignements, un peu de difficults, mais il fallut obir, et la pauvre
petite en avala deux, quitte  les rendre aprs, ce qui, comme on l'imagine
bien, ne fut pas long. Heureusement que le souper vint, car il allait sans
doute recommencer. Mais cette nouvelle ayant chang la disposition de tous les
esprits, on fut s'occuper d'autres plaisirs. Aux orgies, on poussa quelques
selles sur des ttons et on fit beaucoup chier de culs; le duc mangea devant
tout le monde l'tron de la Duclos, pendant que cette belle fille le suait et
que les mains du paillard s'garaient un peu partout; son foutre partit avec
abondance, et Curval l'ayant imit avec la Champville, on parla enfin de
s'aller coucher.
 

                                     (XXI)
                                        
                             Dix-septime journe

     La terrible antipathie du prsident pour Constance clatait tous les
jours. Il avait pass la nuit avec elle par un arrangement particulier avec
Durcet  qui elle revenait, et il en fit le lendemain les plaintes les plus
amres. "Puisque  cause de son tat, dit-il, on ne veut pas la soumettre aux
corrections ordinaires, de peur qu'elle n'accouche avant l'instant o nous
nous disposons  recevoir ce fruit-l, au moins, sacredieu, disait-il,
faudrait-il trouver un moyen de punir cette putain quand elle fait des
sottises." Mais que l'on voie un peu ce que c'est que le maudit esprit des
libertins. Lorsqu'on analyse ce tort prodigieux,  lecteur, devine ce que
c'tait: il s'agissait de s'tre malheureusement tourne par-devant lorsqu'on
lui demandait le derrire, et ces torts-l ne se pardonnaient pas. Mais ce
qu'il y a de pis encore, c'est qu'elle niait le fait; elle prtendait, avec
assez de fondement que c'tait une calomnie du prsident,	qui ne cherchait
qu' la perdre, et qu'elle ne couchait jamais avec lui sans qu'il n'inventt
de pareils mensonges. Mais comme les lois taient formelles sur cela, et que
jamais les femmes n'taient crues, il fut question de savoir comment on
punirait  l'avenir cette femme sans risque de gter son fruit. On dcida qu'
chaque dlit elle serait oblige  manger un tron, et, en consquence, Curval
exigea qu'elle comment sur-le-champ. On approuva. On tait pour lors au
djeuner dans l'appartement des filles; elle eut ordre de s'y rendre, le
prsident chia au milieu de la chambre, et il lui fut enjoint d'aller  quatre
pattes dvorer ce que ce cruel homme venait de faire. Elle se jeta  genoux,
elle demanda pardon, rien n'attendrit; et la nature avait mis du bronze au
lieu de coeur, dans ces ventres-l. Rien de plus plaisant que toutes les
simagres que la pauvre petite femme fit avant d'obir, et Dieu sait comme on
s'en amusait. Enfin il fallut prendre son parti; le coeur bondit  la moiti
de l'ouvrage, il n'en fallut pas moins l'achever, et tout y passa. Chacun de
nos sclrats, excit par cette scne, se faisait, en la voyant, branler par
une petite fille, et Curval, singulirement excit de l'opration et
qu'Augustine branlait  merveille, se sentant prt  dbonder, appela
Constance qui finissait  peine son triste djeuner: "Viens, putain, lui
dit-il, quand on a gob le poisson, il y faut mettre de la sauce; elle est
blanche, vient la recevoir. " Il fallut encore en passer par l, et Curval,
qui tout en oprant faisait chier Augustine, lche l'cluse dans la bouche de
cette malheureuse pouse du duc, en avalant la petit merde frache et dlicate
de l'intressante Augustine. Les visites se firent; Durcet trouva de la merde
dans le pot de chambre de Sophie. La jeune personne s'excusa en disant qu'elle
s'tait trouve incommode. "Non, dit Durcet en maniant l'tron, ce n'est pas
vrai: une selle d'indigestion est en foire, et ceci est un tron trs sain."
Et prenant aussitt son funeste cahier, il inscrivit dessus le nom de cette
charmante crature, qui fut cacher ses larmes et dplorer sa situation. Tout
le reste tait en rgle, mais dans la chambre des garons, Zlamir, qui avait
chi la veille aux orgies et  qui l'on avait faire dire de ne pas se torcher
le cul, se l'tait nettoy sans permission. Tout cela tait des crimes
capitaux: Zlamir fit inscrit. Durcet, malgr cela, lui baisa le cul et s'en
fit sucer un instant; puis l'on passa  la chapelle, o l'on vit chier deux
fouteurs subalternes, Aline, Fanny, Thrse et la Champville. Le duc reut
dans sa bouche l'tron de Fanny et le mangea, l'vque celui de Champville, et
le prsident celui d'Aline, qu'il envoya, malgr sa dcharge,  ct de celui
d'Augustine. La scne de Constance avait chauff les ttes, car il y avait
longtemps qu'on ne s'tait permis de telles incartades le matin. On parla
morale au dner. Le duc dit qu'il ne concevait pas comment les lois, en
France, svissaient contre le libertinage, puisque le libertinage, en occupant
les citoyens, les distrayait des cabales et des rvolutions; l'vque dit que
les lois ne svissaient pas positivement contre le libertinage mais contre ses
excs. Alors on les analysa, et le duc prouva qu'il n'y en avait aucun de
dangereux, aucun qui pt tre suspect au gouvernement, et qu'il y avait,
d'aprs cela, non pas seulement de la cruaut, mais mme de l'absurdit, 
vouloir fronder contre de telles minuties. Des propos on vint aux effets. Le
duc,  moiti ivre, s'abandonna dans les bras de Zphire, et sua une heure la
bouche de ce bel enfant, pendant qu'Hercule, profitant de la situation,
enfonait au duc son norme engin dans l'anus. Blangis se laissa faire, et
sans autre action, sans autre mouvement que de baiser, il changea de sexe sans
s'en apercevoir. Ses compagnons se livrrent de leur ct  d'autres infamies,
et l'on fut prendre le caf. Comme on venait de faire beaucoup de sottises, il
fut assez tranquille et ce fut peut-tre le seul de tout le voyage o il n'y
eut pas du foutre de rpandu. Duclos, dj sur son estrade, attendait la
compagnie, et lorsqu'elle fut place, elle s'nona de la manire suivante:
 
    "Je venais de faire une perte dans ma maison qui m'tait sensible de
toutes les manires: Eugnie, que j'aimais passionnment, et qui m'tait
singulirement utile  cause de ses extraordinaires complaisances pour tout ce
qui pouvait me rapporter de l'argent, Eugnie, dis-je, venait de m'tre
enleve de la plus singulire faon. Un domestique, ayant pay la somme
convenue, tait venu la chercher, disait-il, pour un souper  la campagne,
dont elle rapporterait peut-tre sept ou huit louis. Je n'tais pas  la
maison lorsque cela tait arriv, car je ne l'aurais jamais laisse ainsi
sortir avec un inconnu; mais on ne s'adressa qu' elle, et elle accepta... De
mes jours je ne l'ai revue."
 
    "Ni ne la reverrez, dit Desgranges; la partie qu'on lui proposait tait la
dernire de sa vie, et ce sera  moi  dnouer cette partie-l du roman de
cette belle fille. -Ah! grand Dieu! dit Duclos, une si belle fille,  vingt
ans, la figure la plus fine et la plus agrable! -Et ajoutez, dit Desgranges,
le plus beau corps de Paris: tous ces attraits-l lui devinrent funestes. Mais
poursuivez, et n'empitons pas sur les circonstances." 

    "Ce fut Lucile, dit la Duclos, qui la remplaa et dans mon coeur et dans
mon lit, mais non pas dans les emplois de la maison; car il s'en fallait bien
qu'elle et et sa soumission et sa complaisance. Quoi qu'il en soit, ce fut
entre ses mains que je confiai peu aprs le prieur des Bndictins, qui venait
de temps en temps me faire visite, et qui communment s'amusait avec Eugnie.
Aprs que ce bon pre avait branl le con avec sa langue, et qu'il avait bien
suc la bouche, il fallait le fouetter lgrement avec des verges, seulement
sur le vit et les couilles, et il dchargeait sans bander, du seul frottement,
de la seule application des verges sur ces parties-l. Son plus grand plaisir,
alors, consistait  voir la fille faire sauter en l'air avec le bout des
verges les gouttes de foutre qui sortaient de son vit.
     "Le lendemain, j'en expdiai moi-mme un, auquel il fallait appliquer
cent coups de verges bien compts sur le derrire; prcdemment il baisait le
derrire, et, pendant qu'on le fessait, il se branlait lui-mme.
     "Un troisime voulut encore de moi quelque temps aprs; mais il y mettait
en tous les points plus de crmonie: j'tais avertie de huit jours 
l'avance, et il fallait que j'eusse pass tout ce temps-l sans me laver en
aucune partie de mon corps, et principalement ni le con, ni le cul, ni la
bouche; que, du moment de l'avertissement, j'eusse mis tremper dans un pot
plein d'urine et de merde au moins trois poignes de verges. Il arriva enfin;
c'tait un vieux receveur des gabelles, homme fort  son aise, veuf sans
enfants, et qui faisait trs souvent de pareilles parties. La premire chose
dont il s'informa est de savoir si j'avais t exacte sur l'abstinence des
ablutions qu'il m'avait prescrite; je l'assurai que oui, et, pour s'en
convaincre, il commena par m'appliquer un baiser sur les lvres qui le
satisfit sans doute, car nous montmes, et je savais que si,  ce baiser qu'il
me faisait, moi tant  jeun, il avait reconnu que j'eusse us de quelque
toilette, il n'aurait pas voulu consommer la partie. Nous montons donc; il
regarde les verges dans le pot o je les avais places, puis, m'ordonnant de
me dshabiller, il vient avec attention flairer toutes les parties de mon
corps o il m'avait le plus expressment dfendu de me laver. Comme j'avais
t trs exacte, il y trouva sans doute le fumet qu'il y dsirait, car je le
vis s'chauffer dans son harnais et s'crier: "Ah! foutre! c'est bien cela,
c'est bien cela que je veux! Alors je lui maniai le derrire  mon tour;
c'tait exactement un cuir bouilli, tant pour la couleur que pour la duret de
la peau. Aprs avoir un instant caress, mani, entrouvert ce fessier
raboteux, je m'empare des verges, et, sans les essuyer, je commence par lui en
cingler dix coups de toutes mes forces; mais non seulement il ne fit aucun
mouvement, mais mme mes coups ne parurent seulement pas effleurer cette
inentamable citadelle. Aprs cette premire reprise, je lui enfonai trois
doigts dans l'anus et je me mis  l'y secouer de toute ma force; mais notre
homme tait galement insensible partout: il ne frtilla seulement pas. Ces
deux premires crmonies faites, ce fut lui qui agit: je m'appuyai le ventre
sur le lit, il s'agenouilla, carta mes fesses, et promena sa langue
alternativement dans les deux trous, lesquels, sans doute, d'aprs ses ordres
ne devaient pas tre trs odorifrants. Aprs qu'il a bien suc, je refouette
et je socratise, lui se ragenouille et me lche, et ainsi de suite au moins
pendant quinze reprises. Enfin, instruite de mon rle et me rglant sur l'tat
de son vit que j observais sans le toucher, avec le plus grand soin,  l'une
de ses genouillades je lui lche mon tron sur le nez. Il se renverse, me dit
que je suis une insolente, et dcharge en se branlant lui-mme et en jetant
des cris que l'on eut entendus de la rue, sans la prcaution que j'avais prise
pour empcher qu'ils ne pussent percer. Mais l'tron tomba  terre; il ne fit
que le voir et le sentir, ne le reut point dans sa bouche et n'y toucha
point. Il avait reu au moins deux cents coups de fouet, et, je puis le dire,
sans qu'il y part, sans que son derrire racorni par une longue habitude en
et seulement la plus lgre marque."
 
    "Oh! parbleu, dit le duc voil un cul, prsident, qui peut faire paroli au
tien. -Il est bien certain, dit Curval en balbutiant, parce qu'Aline le
branlait, il est bien certain que l'homme dont on parle a positivement et mes
fesses et mes gots, car j'approuve infiniment l'absence du bidet, mais je la
voudrais plus longue: je voudrais qu'on n'et pas touch d'eau au moins de
trois mois. -Prsident, tu bandes, lui dit le duc. -Croyez-vous? dit Curval.
Ma foi, tenez, demandez-le  Aline, elle vous dira ce qui en est, car, pour
moi, je suis si accoutum  cet tat-l que je ne m'aperois jamais ni quand
il cesse, ni quand il commence. Tout ce que je puis vous certifier, c'est que,
dans le moment o je vous parle, je voudrais une putain trs impure; je
voudrais qu'elle dboucht pour moi de la lunette des commodits, que son cul
sentt bien la merde, et que son con sentt la mare. Hol, Thrse! toi dont
la salet remonte au dluge, toi qui, depuis le baptme, n'as pas torch ton
cul, et dont l'infme con empeste  trois lieues  la ronde, viens apporter
tout cela sur mon nez, je t'en prie, et joins-y mme un tron si tu veux."
Thrse approche; de ses appas sales, dgotants et fltris, elle frotte le
nez du prsident, elle y pose de plus l'tron dsir; Aline branle, le
libertin dcharge; et Duclos reprend ainsi la suite de sa narration:
 
    "Un vieux garon, qui recevait tous les jours une fille nouvelle pour
l'opration que je vais dire, me fit prier par une de mes amies d'aller le
voir, et on m'instruisit en mme temps du crmonial en usage chez ce paillard
d'habitude. J'arrive, il m'examine avec ce coup d'oeil flegmatique que donne
l'habitude du libertinage, coup d'oeil sr et qui, dans une minute, apprcie
l'objet qu'on lui offre. "On m'a dit que vous aviez un beau cul, mc dit-il, et
comme j'ai, depuis prs de soixante ans, un faible dcid pour de belles
fesses, j'ai voulu voir si vous souteniez votre rputation... Troussez." Ce
mot nergique tait un ordre suffisant; non seulement j'offre la mdaille,
mais je l'approche le plus que je peux du nez de ce libertin de profession.
D'abord je me tiens droite; peu  peu je me penche et lui montre l'objet de
son culte sous toutes les formes qui peuvent lui plaire le plus. A chaque
mouvement, je sentais les mains du paillard qui se promenaient sur la surface
et qui perfectionnaient la situation, soit en la consolidant, soit en la
faisant prendre un peu mieux  sa guise. "Le trou est bien large, me dit-il,
il faut que vous vous soyez furieusement prostitue sodomitement dans votre
vie. -Hlas, monsieur, lui dis-je, nous vivons dans un sicle o les hommes
sont si capricieux que, pour leur plaire, il faut bien un peu se prter 
tout." Alors je sentis sa bouche se coller hermtiquement au trou de mes
fesses, et sa langue essayer de pntrer dans l'orifice. Je saisis l'instant
avec adresse, ainsi que cela m'tait recommand, et lui fais glisser sur sa
langue le vent le mieux nourri et le plus moelleux. Le procd ne lui dplat
nullement, mais il ne s'en meut pas davantage; enfin, au bout d'une
demi-douzaine, il se lve, me conduit dans la ruelle de son lit, et m'y fait
voir un seau de faence dans lequel trempaient quatre poignes de verges;
au-dessus du seau pendaient plusieurs martinets attachs  des clous 
crochets dors. "Armez-vous, me dit le paillard, de l'une et l'autre de ces
armes; voil mon cul: il est, comme vous le voyez sec, maigre et trs endurci;
touchez." Et comme je venais d'obir: "Vous le voyez, continuait-il, c'est un
vieux cuir endurci aux coups et qui ne s'chauffe plus qu'aux excs les plus
incroyables. Je vais me tenir dans cette attitude, dit-il, en s'tendant sur
les pieds de son lit, couch sur le ventre et les jambes  terre; servez-vous
tour  tour de ces deux instruments, tantt les verges et tantt le martinet.
a sera long, mais vous aurez une marque sre de l'approche du dnouement: ds
que vous verrez qu'il arrivera  ce cul quelque chose d'extraordinaire,
tenez-vous prte  imiter ce que vous lui verrez faire; nous changerons de
place, je m'agenouillerai devant vos belles fesses, vous ferez ce que vous
m'aurez vu faire, et je dchargerai. Mais surtout ne vous impatientez pas,
parce que je vous prviens encore une fois qu'il y en a pour trs longtemps."
Je commence, je change de meuble comme il me l'a recommand. Mais quel flegme,
grand Dieu! j'tais en nage; pour frapper plus  mon aise, il m'avait fait
mettre le bras nu jusqu'au col. Il y avait plus de trois quarts d'heure que
j'y allais  tour de bras, tantt avec les verges, tantt avec le martinet, et
je n'en voyais pas ma besogne plus avance. Notre paillard, immobile, ne
remuait pas plus que s'il et t mort; on et dit qu'il savourait en silence
les mouvements internes de volupt qu'il recevait de cette opration, mais
aucun vestige extrieur, nulle apparence qu'elle influt seulement sur sa
peau. Enfin, deux heures sonnrent et j'tais depuis onze  l'ouvrage; tout 
coup, je le vois soulever tes reins, il carte les fesses; j'y passe et
repasse mes verges dans de certains intervalles, tout en continuant de
fouetter; un tron part, je fouette, mes coups vont faire voler la merde au
plancher. "Allons, courage, lui dis-je, nous voil au port." Alors notre homme
se relve en fureur; son vit dur et mutin tait coll contre son ventre.
"Imitez-moi, me dit-il, imitez-moi, il ne me faut plus que de la merde pour
vous donner du foutre." Je me courbe promptement  sa place, il s'agenouille
comme il l'avait dit, et je lui ponds dans la bouche un oeuf qu' ce dessein
je gardais depuis prs de trois jours. En le recevant, son foutre part, et il
se jette en arrire en hurlant de plaisir, mais sans avaler et sans mme
garder plus d'une seconde l'tron que je venais de lui dposer. Au reste,
except vous, messieurs, qui sans doute tes des modles en ce genre, j'ai peu
vu d'hommes avoir des crispations plus aigus; il s'vanouit presque en
rpandant son foutre. La sance me valut deux louis.
     "Mais  peine rentre  la maison, je trouvai Lucile aux prises avec un
autre vieillard qui, sans lui avoir fait aucun attouchement prliminaire, se
faisait simplement fustiger depuis le haut des reins jusqu'au bas des jambes
avec des verges trempes dans le vinaigre, et, les coups dirigs tant que la
force de son bras y pouvait suffire, celui-ci terminait l'opration en se
faisant sucer. La fille se mettait  genoux devant lui ds qu'il en donnait le
signal, et faisant flotter ses vieilles couilles uses sur ses ttons, elle
prenait l'engin mollasse dans sa bouche o le pcheur amend ne tardait pas 
pleurer ses fautes."
 
    Et Duclos ayant termin l ce qu'elle avait  dire dans sa soire, comme
l'heure du souper n'tait pas encore venue, on fit quelques polissonneries en
l'attendant. "Tu dois tre rendu, prsident, dit le duc  Curval; voil deux
dcharges que je te vois faire aujourd'hui, et tu n'es gure accoutum 
perdre dans un jour une telle quantit de foutre. -Gageons pour une troisime,
dit Curval qui patinait les fesses de la Duclos. -Oh! tout ce que tu voudras,
dit le duc. -Mais j'y mets une clause, dit Curval, c'est que tout me sera
permis. -Oh! non, reprit le duc, tu sais bien qu'il y a des choses que nous
nous sommes promis de ne pas faire avant les poques o elles nous seront
contes. Nous faire foutre tait du nombre: avant d'y procder nous devions
attendre qu'on nous citt dans l'ordre reu quelque exemple de cette passion;
et cependant, sur vos reprsentations  tous, messieurs, nous avons pass
par-l-dessus. Il est beaucoup de jouissances particulires que nous aurions
d nous interdire galement jusqu'au temps de leur narration, et que nous
tolrons pourvu qu'elles se passent ou dans nos chambres ou dans nos cabinets.
Tu viens de t'y livrer tout  l'heure avec Aline: est-ce pour rien qu'elle a
jet un cri perant, et qu'elle a maintenant son mouchoir sur sa gorge? Eh
bien! choisis donc, ou dans ces jouissances mystrieuses, ou dans celles que
nous nous permettons publiquement, et que ta troisime vienne d'une de ces
seules espces de choses, et je parie cent louis que tu ne la fais pas." Alors
le prsident demanda s'il pourrait passer au boudoir du fond, avec tels sujets
que bon lui semblerait; on le lui accorda, avec le seule clause que Duclos
serait prsente et qu'on ne s'en rapporterait qu' elle sur la certitude de
cette dcharge. "Allons, dit le prsident, j'accepte." Et, pour dbuter, il se
fit donner d'abord, devant tout le monde, cinq cents coups de fouet par la
Duclos; cela fait, il emmena avec lui sa chre et fale amie Constance,  qui
l'on le pria pourtant de ne rien faire qui puisse faire tort  sa grossesse;
il y joignit sa fille Adlade, Augustine, Zelmire, Cladon, Zphire, Thrse,
Fanchon, la Champville, la Desgranges, et la Duclos avec trois fouteurs. "Oh!
foutre, dit le duc, nous n'tions pas convenus que tu te servirais de tant de
sujets." Mais l'vque et Durcet, prenant le parti du prsident, assurrent
qu'il n'avait pas t question du nombre. Le prsident avec sa troupe fut donc
s'enfermer, et au bout d'une demi-heure que l'vque, Durcet et Curval, avec
ce qui leur restait de sujets, ne passrent pas  prier Dieu, au bout d'une
demi-heure, dis-je, Constance et Zelmire rentrrent en pleurant, et le
rsident les suivit bientt avec le reste de sa troupe, soutenu par la Duclos
qui rendit tmoignage de sa vigueur et certifia qu'en bonne justice il
mritait une couronne de myrte. Le lecteur trouvera bon que nous ne lui
rvlions pas ce que le prsident avait fait: les circonstances ne nous le
permettent oint encore; mais il avait gagn la gageure et c'tait l
l'essentiel. "Voil cent louis, dit-il en les recevant, qui me serviront 
payer une amende  laquelle je crains d'tre bientt condamn." Voil encore
une chose que nous prions le lecteur de nous permettre de ne lui expliquer
qu' l'vnement, mais qu'il y voie seulement comme ce sclrat prvoyait ses
fautes d'avance et comme il prenait son parti sur la punition qu'elles
devaient lui mriter, sans se mettre le moins du monde en peine ou de les
prvenir ou de les viter. Comme il ne se passa absolument que des choses
ordinaires, depuis cet instant-l jusqu' celui o les narrations du lendemain
commencrent, nous allons tout de suite y transporter le lecteur.
 

                                    (XXII)
                                        
                             Dix-huitime journe

     Duclos, belle, pare, et toujours plus brillante que jamais, commena
ainsi les rcits de sa dix-huitime soire:
 
    "Je venais de faire l'acquisition d'une grosse et grande crature nomme
Justine; elle avait vingt-cinq ans, cinq pieds six de haut, membre comme une
servante de cabaret, d'ailleurs de beaux traits, une belle peau, et le plus
beau corps du monde. Comme ma maison abondait en ces sortes de vieux paillards
qui ne retrouvent quelque notion de plaisir que dans les supplices qu'on leur
fait prouver, je crus qu'une telle pensionnaire ne pouvait que m'tre d'un
grand secours. Ds le lendemain de son arrive, pour faire l'preuve de ses
talents fustigateurs que l'on m'avait prodigieusement vants, je la mis aux
prises avec un vieux commissaire de quartier, qu'il fallait fustiger  tour de
bras depuis le bas de la poitrine jusqu'aux genoux et depuis le milieu du dos
jusqu'au gras des jambes, et cela jusqu' ce que le sang distillt de partout.
L'opration faite, le libertin troussait tout simplement la donzelle et lui
plantait son paquet sur les fesses. Justine se comporta en vritable hrone
de Cythre, et notre paillard vint m'avouer que je possdais l un trsor, et
que, de ses jours, il n'avait t fustig comme par cette coquine-l.
     "Pour lui faire voir le cas que je faisais d'elle, je l'assemblai, peu de
jours aprs,  un vieux invalide de Cythre qui se faisait donner plus de
mille coups de fouet sur toutes les parties du corps indistinctement, et
lorsqu'il tait tout sanglant, il fallait que la fille pisst dans sa main 
elle, et le frottt de son urine sur toutes les parties les plus molestes de
son corps. Cette lotion faite, on recommenait la besogne; alors il
dchargeait, la fille recueillait avec soin dans sa main le foutre qu'il
rendait, et elle le frictionnait une seconde fois avec ce nouveau baume.
     "Succs gaux de la part de ma nouvelle emplette, et chaque jour plus
ample louange; mais il n'tait plus possible de l'employer avec le champion
qui se prsentait cette fois-ci. Cet homme singulier ne voulait du fminin que
l'habit, mais, dans le fait, il fallait que ce ft un homme, et, pour
m'expliquer mieux, c'tait par un homme habill en femme que le paillard
voulait tre fess. Et de quelle arme encore se servait-on! N'imaginez pas que
ce fussent des verges: c'tait un faisceau de houssines d'osier, dont il
fallait barbarement lui dchirer les fesses. Dans le fait, cette affaire-ci
sentant un peu la sodomie, je ne devais pas trop m'en mler; cependant, comme
c'tait une ancienne pratique de la Fournier, un homme vritablement attach
de tout temps  notre maison, et qui, par sa place, pouvait nous rendre
quelque service, je ne fis pas la difficile, et ayant fait joliment dguiser
un jeune garon de dix-huit ans qui faisait quelquefois nos commissions et qui
tait d'une trs jolie figure, je le lui prsentai arm du faisceau d'osier.
Rien de plus plaisant que la crmonie (vous imaginez bien que je voulus la
voir). Il commena par bien regarder sa prtendue pucelle, et l'ayant sans
doute trouve trs  son gr, il dbuta par cinq ou six baisers sur la bouche
qui sentaient le fagot d'une lieue loin; cela fait, il montra ses fesses, et
ayant dans le propos toujours l'air de prendre le jeune homme pour une fille,
il lui dit de les lui manier et de les ptrir un peu durement; le petit garon
que j'avais bien instruit fit tout ce qu'on lui demandait. "Allons, dit le
paillard, fouettez-moi, et surtout ne m'pargnez pas." Le jeune garon
s'empare du paquet de gaules, laisser tomber alors d'un bras vigoureux
cinquante coups tout de suite sur les fesses qui lui sont offertes; le
libertin, dj vigoureusement marqu des cinglons forms par ces houssines, se
jette sur sa masculine fouetteuse, il la trousse, une main vrifie son sexe,
l'autre saisit avidement les deux fesses. D'abord, il ne sait quel temple il
encenser le premier: le cul le dtermine  la fin, il y colle sa bouche avec
ardeur. Oh! quelle diffrence de culte rendu par la nature  celui qu'on dit
qui l'outrage! Juste Dieu, si cet outrage tait rel, l'hommage aurait-il tant
d'ardeur? Jamais cul de femme n'a t bais comme le fut celui de ce jeune
garon; trois ou quatre fois la langue du paillard disparut en entier dans
l'anus. Se replaant enfin: "O cher enfant! s'cria-t-il, continue ton
opration." On reflagelle; mais comme il tait plus anim, il soutient cette
seconde attaque avec bien plus de force. On le met en sang; pour le coup son
vit dresse, et il le fait empoigner avec empressement au jeune objet de ses
transports. Pendant que celui-ci le lui manie, l'autre veut lui rendre un
pareil service; il trousse encore, mais c'est au vit qu'il en veut cette fois:
il le touche, il le branle, il le secoue, et l'introduit bientt dans sa
bouche. Aprs ces caresses prliminaires, il se reprsente une troisime fois
aux coups. Cette dernire scne le mit tout  fait en fureur; il jette son
Adonis sur le lit, s'tend sur lui, presse  la fois et son vit et le sien,
colle sa bouche sur les lvres de ce beau garon, et, tant parvenu 
l'chauffer par ses caresses, il lui procure le divin plaisir au mme moment
qu'il le gote lui-mme; tous deux dchargent  la fois. Notre libertin,
enchant de la scne, tcha de lever mes scrupules, et me fit promettre de lui
procurer souvent le mme plaisir, soit avec celui-l, soit avec d'autres. Je
voulus travailler  sa conversion, je l'assurai que j'avais des filles
charmantes qui le fouetteraient tout aussi bien: il ne voulut seulement pas
les regarder."
 
    "Je le crois, dit l'vque. Quand on a dcidment le got des hommes, on
ne change point; la distance est si extrme qu'on n'est pas tent de
l'preuve. -Monseigneur, dit le prsident, vous entamez l une thse qui
mriterait une dissertation de deux heures. -Et qui finirait toujours 
l'avantage de mon assertion, dit l'vque, parce qu'il est sans rplique qu'un
garon vaut mieux qu'une fille. -Sans contredit, reprit Curval, mais on
pourrait pourtant vous dire qu'il y a quelques objections  ce systme et que,
pour les plaisirs d'une certaine sorte, tels que ceux, par exemple, dont nous
parleront Martaine et Desgranges, une fille vaut mieux qu'un garon. -Je le
nie, dit l'vque; et mme pour ceux que vous voulez dire, le garon vaut
mieux que la fille. Considrez-le du ct du mal, qui est presque toujours le
vritable attrait du plaisir, le crime vous paratra plus grand avec un tre
absolument de votre espce qu'avec un qui n'en est pas, et, de ce moment-l,
la volupt est double. -Oui, dit Curval, mais ce despotisme, cet empire, ce
dlice, qui nat de l'abus qu'on fait de sa force sur le faible... -Il s'y
trouve tout de mme, rpondit l'vque. Si la victime est bien  vous, cet
empire que, dans ces cas-l, vous croyez mieux tabli avec une femme qu'avec
un homme, ne vint que du prjug, ne vint que de l'usage qui soumit plus
ordinairement ce sexe-l  vos caprices que l'autre. Mais renoncez pour un
instant  ces prjugs d'opinion, et que l'autre soit parfaitement dans vos
chanes: avec la mme autorit, vous retrouvez l'ide d'un crime plus grand,
et ncessairement votre lubricit doit doubler. -Moi, je pense comme l'vque,
dit Durcet, et une fois qu'il est certain que l'empire est bien tabli, je
crois l'abus de la force plus delicieux  exercer avec son semblable qu'avec
une femme. -Messieurs, dit le duc, je voudrais bien que vous remettiez vos
discussions pour l'heure des reps, et que ces heures-ci, qui sont destines 
couter les narrations, vous ne les employassiez pas  des sophismes. -Il a
dit raison, dit Curval. Allons, Duclos, reprenez." Et l'aimable directrice des
plaisirs de Cythre se renoua dans les termes suivants:
 
    "Un vieux greffier du parlement, dit-elle, vient me rendre visite un
matin, et comme il tait accoutum, du temps de la Fournier,  n'avoir affaire
qu' moi, il ne voulut pas changer sa mthode. Il s'agissait, en le branlant,
de le souffleter par gradation, c'est--dire doucement d'abord, puis un peu
plus fort  mesure que son vit prenait de la consistance, et enfin  tour de
bras lorsqu'il dchargeait. J'avais si bien saisi la manie de ce personnage,
qu'au vingtime soufflet je faisais partir son foutre." 

    "Au vingtime! dit l'vque, corbleu! il ne m'en faudrait pas tant pour me
faire dbander tout d'un coup. -Tu le vois, mon ami, dit le duc, chacun a sa
manie; nous ne devons jamais ni blmer, ni nous tonner de celle de personne.
Allons, Duclos, encore une et termine." 

    "Celle dont il me reste  vous parler pour ce soir, dit Duclos, me fut
apprise par une de mes amies; elle vivait depuis deux ans avec un homme qui ne
bandait jamais qu'aprs qu'on lui avait appliqu vingt nasardes sur le nez,
tir les oreilles jusqu'au sang, mordu les fesses, le vit et les couilles.
Excit par les dures titillations de ces prliminaires, il bandait comme un
talon, et dchargeait en jurant comme un diable, presque toujours sur le
visage de celle dont il venait de recevoir un si singulier traitement." 

    De tout ce qui venait d'tre dit, messieurs n'ayant chauff leur cervelle
que de ce qui tenait aux fustigations masculines, on n'imita ce soir-l que
cette fantaisie. Le duc s'en fit donner jusqu'au sang par Hercule, Durcet par
Bande-au-ciel, l'vque par Antinos et Curval par Brise-cul; l'vque, qui
n'avait rien fait de la journe, dchargea, dit-on, aux orgies, en mangeant
l'tron de Zlamir qu'il se faisait garder depuis deux jours. Et l'on fut se
coucher.
 

                                    (XXIII)
                                        
                             Dix-neuvime journe

     Ds le matin, d'aprs quelques observations faites sur la merde des
sujets destins aux lubricits, on dcida qu'il fallait essayer une chose dont
Duclos avait parl dans ses narrations: je veux dire le retranchement du pain
et de la soupe  toutes les tables, except  celle de messieurs. Ces deux
objets furent soustraits; on y redoubla, au contraire, la volaille et le
gibier. On ne fut pas huit jours  s'apercevoir d'une diffrence essentielle
dans les excrments: ils taient plus moelleux, plus fondants, d'une
dlicatesse infiniment plus grande, et l'on trouva que le conseil de d'Aucourt
 Duclos tait celui d'un libertin vritablement consomm dans ces
matires-l. On prtendit qu'il en rsulterait peut-tre un peu d'altration
dans les haleines. "Eh! qu'importe! dit sur cela Curval,  qui le duc faisait
l'objection; il est trs mal vu de dire qu'il faille, pour donner des
plaisirs, que la bouche d'une femme ou d'un jeune garon soit absolument
saine. Mettons  part toute manie, je vous accorderai tant que vous voudrez
que celui qui veut une bouche puante n'agit que par dpravation, mais
accordez-moi de votre ct qu'une bouche qui n'a pas la moindre odeur ne donne
aucune sorte de plaisir  baiser: il faut toujours qu'il y ait un certain sel,
un certain piquant  tous ces plaisirs-l, et ce piquant ne se trouve que dans
un peu de salet. Telle propre que soit la bouche, l'amant qui la suce fait
assurment une salet, et il ne se doute pas que c'est cette salet-l mme
qui lui plat. Donnez un degr de force de plus au mouvement, et vous voudrez
que cette bouche ait quelque chose d'impur: qu'elle de sente pas la pourriture
ou le cadavre,  la bonne heure, mais qu'elle n'ait qu'une odeur de lait ou
d'enfant, voil ce que j'affirme ne devoir pas tre. Ainsi le rgime que nous
ferons suivre aura, tout au plus, l'inconvnient d'altrer un peu sans
corrompre, et c'est tout ce qu'il faut." Les visites du matin ne rendirent
rien: on s'observait. Personne ne demanda de permission pour la garde-robe du
matin, et l'on se mit  table. Adlade, au service, ayant t sollicite par
Durcet  pter dans un verre de vin de Champagne, et ne l'ayant pu faire, fut
 l'instant inscrite sur le fatal livre par ce mari barbare qui, depuis le
commencement de la semaine, ne cherchait qu'une occasion de la trouver en
faute. On passa au caf; il tait servi par Cupidon, Giton, Michette et
Sophie. Le duc foutit Sophie en cuisses en la faisant chier dans sa main et en
s'en barbouillant le visage, l'vque en fit autant  Giton, et Curval 
Michette; pour Durcet il le mit en bouche  Cupidon, en venant de le faire
chier. On ne dchargea point, et la mridienne faite on fut couter la Duclos.
 
    "Un homme que nous n'avions pas encore vu, dit cette aimable fille, vint
nous proposer une crmonie assez singulire: il s'agissait de l'attacher sur
le troisime chelon d'un chelle double;  ce troisime chelon on attachait
ses pieds, son corps o il portait, et ses mains leves l'taient au plus
haut de l'chelle. Il tait nu en cette situation; il fallait le flageller 
tour de bras, et avec le manche des verges quand les pointes taient uses. Il
tait nu, il n'tait nullement ncessaire de le toucher, il ne se touchait pas
non plus lui-mme; mais, au bout d'une certaine dose, son instrument
monstrueux prenait l'essor, on le voyait ballotter entre les chelons comme le
battant d'une cloche et peu aprs, avec imptuosit, lancer son foutre au
milieu de la chambre. On le dtachait, il payait, et tout tait dit.
     "Il nous envoya le lendemain un de ses amis auquel il fallait picoter le
vit et les couilles, les fesses et les cuisses, avec une aiguille d'or; il ne
dchargeait que quand il tait en sang. Ce fut moi-mme qui l'expdiai, et
comme il me disait toujours d'aller plus fort, ce fut en lui enfonant presque
jusqu' la tte l'aiguille dans le gland, que je vis jaillir son foutre dans
ma main. En le lchant, il se jeta sur ma bouche qu'il sua prodigieusement,
et tout fut dit.
     "Un troisime, toujours de la connaissance des deux premiers, m'ordonna
de le flageller avec des chardons sur toutes les parties du corps
indistinctement. Je le mis en sang; il se regarda dans une glace, et ce ne fut
qu'en se voyant en cet tat qu'il lcha son foutre, sans rien toucher, sans
rien manier, sans rien exiger de moi.
     "Ces excs-l me divertissaient fort, et j'avais une volupt secrte 
les servir; aussi, tous ceux qui s'y livraient taient-ils enchants de moi.
Ce fut environ vers le temps de ces trois scnes-l qu'un seigneur danois,
m'ayant t adress pour des parties de plaisir diffrentes et qui ne sont pas
de mon ressort, eut l'imprudence de venir chez moi avec dix mille francs de
diamants, autant de bijoux, et cinq cents louis d'argent comptant. La capture
tait trop bonne pour la laisser chapper: entre Lucile et moi, le gentilhomme
fut vol jusqu' son dernier sol. Il voulut faire des plaintes, mais comme je
soudoyais fortement la police, et que dans ce temps-l, avec de l'or, on en
faisait ce qu'on voulait, le gentilhomme eut ordre de se taire et ses effets
m'appartinrent,  quelques bijoux prs qu'il me fallut cder aux exempts pour
jouir tranquillement du reste. Il ne m'tait jamais arriv de faire un vol
sans qu'un bonheur ne m'arrivt le lendemain: cette bonne fortune-ci fut une
nouvelle pratique, mais une de ces pratiques journalires qu'on peut regarder
comme la pice de boeuf d'une maison.
     "Celle-ci tait un vieux courtisan qui, las des hommages qu'il recevait
dans le palais des rois, aimait  venir changer de rle chez des putains. Ce
fut par moi qu'il voulut dbuter; il fallait que je lui fisse sa leon, et 
chaque faute qu'il y faisait, il tait condamn  se mettre  genoux et 
recevoir, tantt sur les mains, tantt sur le derrire, de vigoureux coups
d'une frule de cuir, telle que celle dont les rgents font usage en classe.
C'tait  moi de m'apercevoir quand il tait bien en feu; je m'emparais alors
de son vit et je le secouais adroitement, toujours en le grondant, en
l'appelant petit libertin, petit mauvais sujet, et autres invectives
enfantines qui le faisaient voluptueusement dcharger. Cinq fois de la
semaine, pareille crmonie devait s'excuter chez moi, mais toujours avec une
fille nouvelle et bien instruite, et je recevais pour cela vingt-cinq louis
par mois. Je connaissais tant de femmes dans Paris qu'il me fut ais de lui
promettre ce qu'il demandait et de le lui tenir; j'ai eu dix ans dans ma
pension ce charmant colier, qui s'avisa vers cette poque d'aller prendre
d'autres leons en enfer.
     "Cependant je prenais des annes, et quoique ma figure ft d'espce  se
conserver, je commenais  m'apercevoir que ce n'tait plus gure que par
caprice que les hommes voulaient avoir affaire  moi. J'avais cependant encore
d'assez jolies pratiques, quoique ge de trente-six ans, et le reste des
aventures o j'ai eu part s'est pass pour moi depuis cet ge jusqu' celui de
quarante.
     "Quoique ge, dis je, de trente-six ans, le libertin dont je vais vous
conter la manie qui va clore cette soire-ci ne voulut avoir affaire qu' moi.
C'tait un abb, g d'environ soixante ans (car je ne recevais jamais que des
gens d'un certain ge, et toute femme qui voudra faire sa fortune dans notre
mtier m'imitera sur cela, sans doute). Le saint homme arrive, et ds que nous
sommes ensemble, il me demande  voir mes fesses. "Voil le plus beau cul du
monde, me dit-il; mais malheureusement ce n'est pas lui qui va me fournir la
pitance que je vais dvorer. Tenez, me dit-il; en me mettant ses fesses entre
les mains: voil celui qui va me la fournir... Faites-moi chier, je vous en
prie." Je m'empare d'un vase de porcelaine que je place sur mes genoux, l'abb
se place  hauteur, je presse son anus, je l'entrouvre, et lui donne en un mot
toutes les diffrentes agitations que j'imagine devoir hter son vacuation.
Elle a lieu; un norme tron remplit le plat, je l'offre au libertin, il se
saisit, se jette dessus, dvore, et dcharge au bout d'un quart d'heure de la
plus violente fustigation administre par moi sur ces mmes fesses qui
viennent de lui pondre un si bel oeuf. Tout tait aval; il avait si bien
compass sa besogne, que son jaculation n'avait lieu qu' la dernire
bouche. Tout le temps que je l'avais fouett, je n'avais cess de l'exciter
par des propos analogues: "Allons donc, petit coquin, lui disais-je, petit
malpropre! Pouvez-vous manger de la merde comme cela? Ah! je vous apprendrai,
petit drle,  vous livrer  de pareilles infamies!" Et c'tait par ces
procds et ces propos que le libertin arrivait au comble du plaisir." 

    Ici, Curval, avant le souper, voulut donner  la socit le spectacle en
ralit dont Duclos ne venait de donner que la peinture. Il appela Fanchon,
elle le fit chier, et le libertin dvora, pendant que cette vieille sorcire
l'trillait  tour de bras. Cette lubricit ayant chauff les ttes, on
voulut de la merde de tous les cts, et alors Curval, qui n'avait point
dcharg, mla  son tron celui de Thrse qu'il fit chier sur-le-champ.
L'vque, accoutum  se servir des jouissances de son frre, en fit autant
avec la Duclos, le duc avec Marie, et Durcet avec Louison. Il tait atroce,
inou, je le rpte, de se servir de vieilles gouines comme celles-l, quand
on avait  ses ordres d'aussi jolis objets: mais, on le sait, la satit nat
au sein de l'abondance, et c'est au milieu des volupts que l'on se dlecte
par des supplices. Ces salets faites sans qu'il en et cot qu'une dcharge,
et ce fut l'vque qui la fit, on fut se mettre  table. En train de faire des
salets, on ne voulut aux orgies que les quatre vieilles et les quatre
historiennes, et on renvoya tout le reste. On en dit tant, on en fit tant, que
pour le coup tout le monde partit, et nos libertins ne furent se coucher que
dans les bras de l'puisement et de l'ivresse.
 

                                    (XXIV)
                                        
                               Vingtime journe

     Il tait arriv quelque chose de trs plaisant le soir prcdent: le duc,
absolument ivre, au lieu de gagner sa chambre, avait t se mettre dans le lit
de la jeune Sophie, et quelque chose que pt lui dire cette enfant, qui savait
bien que ce qu'il faisait tait contre les rgles, il n'en dmordit pas,
soutint toujours qu'il tait dans son lit avec Aline, qui devait tre sa femme
de nuit. Mais comme il pouvait prendre avec Aline de certaines privauts qui
lui taient encore interdites avec Sophie, quand il voulut mettre celle-ci en
posture pour s'amuser  sa guise, et que la pauvre enfant,  qui on n'avait
encore rien fait de pareil, sentit l'norme tte du vit du duc frapper  la
porte troite de son jeune derrire et vouloir l'enfoncer, la pauvre petite se
mit  faire des cris affreux et  se sauver toute nue au milieu de la chambre.
Le duc la suit, en jurant comme un diable aprs elle, la prenant toujours pour
Aline: "Bougresse, lui disait-il, est-ce donc la premire fois?" Et croyant
l'attraper dans sa fuite, il tombe sur le lit de Zelmire qu'il prend pour le
sien, et embrasse cette jeune fille, croyant qu'Aline s'est mise  la raison.
Mme procd avec celle-ci qu'avec l'autre, parce que, dcidment, le duc
voulait en venir  ses fins; mais ds que Zelmire s'aperoit du projet, elle
imite sa compagne, qui s'tait sauve la premire, voyant bien qu'il n'y avait
d'autres moyens de mettre ordre  ce quiproquo que d'aller chercher et de la
lumire, et quelqu'un de sens froid qui pt venir mettre ordre  tout, en
consquence elle tait alle trouver Duclos. Mais celle-ci, qui s'tait
saoule comme une bte aux orgies, tait tendue sans presque de connaissance
dans le milieu du lit du duc, et ne put lui donner aucune raison. Dsespre,
et ne sachant  qui avoir recours dans une telle circonstance, et entendant
toutes ses camarades appeler au secours, elle osa entrer chez Durcet qui
couchait avec Constance, sa fille, et lui dit ce qui arrivait. Constance, 
tout vnement, osa se lever, malgr les efforts que Durcet, ivre, faisait
pour la retenir, en lui disant qu'il voulait dcharger. Elle prit une bougie
et vint dans la chambre des filles: elle les trouva toutes en chemise au
milieu de leur chambre, et le duc les poursuivant les unes aprs les autres et
croyant toujours n'avoir affaire qu' la mme, qu'il prenait pour Aline et
qu'il disait tre sorcire cette nuit-l. Enfin Constance lui montra son
erreur, et le priant de permettre qu'elle le conduist dans sa chambre o il
trouverait Aline trs soumise  tout ce qu'il voudrait en exiger, le duc qui,
trs ivre et de trs bonne foi, n'avait rellement point d'autre dessein que
d'enculer Aline, se lassa conduire; cette belle fille le reut, et on se
coucha; Constance se retira, et tout rentra dans le calme chez les jeunes
filles. On rit beaucoup, tout le lendemain, de cette aventure nocturne, et le
duc prtendit que si malheureusement, dans un tel cas, il et fait sauter un
pucelage, il n'aurait pas t dans le cas de l'amende parce qu'il tat saoul:
on l'assura qu'il se trompait, et qu'il l'aurait trs bien paye. On djeuna
chez les sultanes  l'ordinaire et toutes avourent qu'elles avaient eu une
furieuse peur. On n'en trouva cependant aucune en faute, malgr la rvolution;
tout tait de mme ordre chez les garons et le dner, non plus que le caf,
n'ayant rien offert d'extraordinaire, on passa au salon d'histoire, o Duclos,
bien remise de ses excs de la veille, amusa l'assemble, ce soir-l, des cinq
rcits suivants:
 
    "Ce fut encore moi, dit-elle, messieurs, qui servis  la partie que je
vais vous conter. C'tait un mdecin; son premier soin fut de visiter mes
fesses et comme il les trouva superbes, il fut plus d'une heure  ne faire
autre chose que les baiser. Enfin, il m'avoua ses petites faiblesses: il
s'agissait de chier; je le savais, et m'tais arrange en consquence. Je
remplis un vase de porcelaine blanche qui me servait  ces sortes
d'expditions; ds qu'il est matre de mon tron, il se jette dessus et le
dvore;  peine est-il  l'oeuvre que je m'arme d'un nerf de boeuf (tel tait
l'instrument dont il fallait lui caresser le derrire), je le menace, je
frappe, le gronde des infamies auxquelles il se livre, et sans m'couter, le
libertin, tout en avalant, dcharge, et se sauve avec la rapidit de l'clair
en jetant un louis sur la table.
     "J'en remis un autre, peu aprs, entre les mains de Lucile qui n'eut pas
peu de peine  le faire dcharger. Il fallait d'abord qu'il ft sr que
l'tron qu'on allait lui prsenter tait d'une vieille pauvresse, et pour s'en
convaincre, la vieille tait oblige d'oprer devant lui. Je lui en donnai une
de soixante-dix ans, pleine d'ulcres et d'rsiple, et qui, depuis quinze
ans, n'avait plus une dent aux gencives: "C'est bon, c'est excellent, dit-il,
voil comment il me les faut." Puis, s'enfermant avec Lucile et l'tron, il
fallut que cette fille, aussi adroite que complaisante, l'excitt  manger
cette merde infme. Il la sentait, il la regardait, il la touchait, mais il
avait bien de la peine  se dcider  autre chose. Alors Lucile, employant les
grands moyens, met la pelle au feu, et la retirant toute rouge, elle lui
annonce qu'elle va lui brler les fesses pour le dterminer  ce qu'elle exige
de lui, s'il ne s'y dcide pas sur-le-champ. Notre homme frmit, il s'essaye
encore: mme dgot. Alors Lucile, ne le mnageant plus, rabaisse ses
culottes, et s'exposant un vilain cul tout fltri, tout excori de semblables
oprations, elle lui grsille lgrement les fesses. Le paillard jure, Lucie
redouble, elle finit par le brler trs serr sur le milieu du derrire; la
douleur le dtermine enfin, il mord une bouche; on le rexcite par de
nouvelles brlures, et tout y passe  la fin. Tel fut l'instant de sa
dcharge, et j'en ai peu vu de plus violentes; il jeta les hauts cris, il se
roula par terre; je le crus frntique ou attaqu d'pilepsie. Enchant de nos
bonnes manires, le libertin me promit sa pratique, mais aux conditions que je
lui donnerais et la mme fille, et toujours de nouvelles vieilles. "P1us elles
sont dgotantes, me dit-il, et mieux je vous paierai. Vous n'imaginez pas,
ajouta-t-il, jusqu'o je porte la dpravation sur cela; je n'ose presque en
convenir moi-mme.
     "Un de ses amis, qu'il m'envoya le lendemain, la portait cependant, selon
moi, bien plus loin que lui, car, avec la seule diffrence qu'au lieu de lui
grsiller les fesses, il fallait les lui frapper fortement avec des pincettes
rouges, avec cette seule diffrence, dis-je, il lui fallait l'tron du plus
vieux, du plus sale et du plus dgotant de tous les crocheteurs. Un vieux
valet de quatre-vingts ans, que nous avions dans la maison depuis un temps
immense, lui plut tonnamment pour cette opration; et il en goba
dlicieusement l'tron tout chaud, pendant que Justine le rossait avec des
pinces qu'on pouvait  peine toucher tant elles taient brlantes. Et encore
fallait-il lui pincer avec de gros morceaux de chair et les lui rtir presque.
     "Un autre se faisait piquer les fesses, le ventre, les couilles et le vit
avec une grosse alne de savetier, et cela avec  peu prs les mmes
crmonies, c'est--dire jusqu' ce qu'il et mang un tron que je lui
prsentais dans un pot de chambre sans qu'il voult savoir de qui il tait.
     "On n'imagine pas, messieurs, o les hommes portent le dlire dans le feu
de leur imagination. N'en ai-je pas vu un qui, toujours dans les mmes
principes, exigeait que je le rossasse  grands coups de canne sur les fesses,
jusqu' ce qu'il et mang l'tron qu'il faisait tirer devant lui du fond mme
de la fosse des lieux. Et sa perfide dcharge ne coulait dans ma bouche, 
cette expdition, que lorsqu'il avait dvor cette fange impure." 

    "Tout se conoit, dit Curval en maniant les fesses de Desgranges; je suis
persuad qu'on peut aller encore plus loin que tout cela. -Plus loin? dit le
duc, qui pelotait un peu ferme le derrire nu d'Adlade, sa femme du jour. Et
que diable veux-tu que l'on fasse? -Pis, dit Curval, pis! et je trouve qu'on
n'en fait jamais assez sur toutes ces choses-l. -Je pense bien comme lui, dit
Durcet, qu'enculait Antinos, et je sens que ma tte raffinerait encore toutes
ces cochonneries. -Je parie que je sais ce que Durcet veut dire, dit l'vque,
qui n'oprait point encore. -Et quoi diable est-ce donc? dit le duc. Alors
l'vque se leva, parla bas  Durcet, qui dit que c'tait cela, et l'vque
fut le rendre  Curval qui dit: "Eh! vraiment oui", et au duc qui s'cria:
"Ah! foutre, je n'aurais jamais trouv celle-l." Comme ces messieurs ne
s'expliqurent pas davantage, il nous a t impossible de savoir ce qu'ils ont
voulu dire. Et, le sussions-nous, je crois que nous ferions bien par pudeur de
le tenir toujours sous le voile, car il y a tout plein de choses qu'il ne faut
qu'indiquer; une prudente circonspection l'exige; on peut rencontrer des
oreilles chastes, et je suis infiniment persuad que le lecteur nous sait dj
gr de toute celle que nous employons avec lui; plus il ira en avant, plus
nous serons sur cet objet digne de ses plus sincres louanges, c'est de quoi
nous pouvons presque dj l'assurer. Enfin, quoi qu'on en puisse dire, chacun
a son me  sauver: et de quelle punition, et dans ce monde et dans l'autre,
n'est pas digne celui qui, sans aucune modration, se plairait, par exemple, 
divulguer tous les caprices, tous les dgots, toutes les horreurs secrtes
auxquels les hommes sont sujets dans le feu de leur imagination. Ce serait
rvler des secrets qui doivent tre enfouis pour le bonheur de l'humanit; ce
serait entreprendre la corruption gnrale des moeurs, et prcipiter ses
frres en Jsus-Christ dans tous les carts o pourraient porter de tels
tableaux; et Dieu qui voit le fond de nos coeurs, ce Dieu puissant qui a fait
le ciel et la terre, et qui doit nous juger un jour, sait si nous aurions
envie d'avoir  nous entendre reprocher par Lui de tels crimes!
     On acheva quelques horreurs qui taient commences. Curval, par exemple,
fit chier Desgranges; les autres, ou la mme chose avec diffrents sujets, ou
d'autres qui ne valaient pas mieux, et l'on passa au souper. Aux orgies,
Duclos, ayant entendu ces messieurs disserter sur le nouveau rgime plus haut,
et dont l'objet tait de rendre la merde plus abondante et plus dlicate, leur
dit que, pour des amateurs comme eux, elle tait tonne de leur voir ignorer
le vritable secret d'avoir des trons trs abondants et trs dlicats.
Interroge sur la faon dont on devait s'y prendre, elle dit que le seul moyen
tait de donner sur-le-champ une lgre indigestion au sujet, non pas en lui
faisant manger des choses contraires ou malsaines, mais en l'obligeant 
manger prcipitamment hors des heures de ses repas. L'exprience fut faite ds
le mme soir: on fut rveiller Fanny, dont on ne s'tait pas souci ce soir-l
et qui s'tait couche aprs son souper, on l'obligea de manger sur-le-champ
quatre trs gros biscuits, et le lendemain matin elle fournit un des plus gros
et des plus beaux trons que l'on se ft encore procur. On adopta donc ce
systme, avec la clause cependant de ne point donner de pain, que Duclos
approuva et qui ne pouvait qu'amliorer les fruits que produirait l'autre
secret. Il n'y eut pas de jour o l'on ne donnt ainsi de demi-indigestions 
ces jeunes filles et  ces jolis petits garons, et ce que l'on en obtint ne
s'imagine pas. Je le dis en passant, afin que si quelque amateur veuille user
de ce secret, il soit fermement persuad qu'il n'en est pas de meilleur. Le
reste de la soire n'ayant rien produit d'extraordinaire, on fut se coucher
afin de se prparer le lendemain aux noces brillantes de Colombe et de
Zlamir, qui devaient former la clbration de la fte de la troisime
semaine. 


                                     (XXV)
                                        
                            Vingt et unime journe

     On s'occupa ds le matin de cette crmonie, suivant l'usage accoutum,
mais, je ne sais si c'tait fait exprs ou non, mais la jeune pouse se trouva
coupable ds le matin: Durcet assura qu'il avait trouv de la merde dans son
pot de chambre. Elle s'en dfendit, elle dit que, pour la faire punir, c'tait
la vieille qui tait venue faire cela, et qu'on leur faisait souvent de ces
tromperies-l quand on avait envie de les punir: elle eut beau dire, elle ne
fut pas coute, et comme son petit mari tait dj sur la liste, on s'amusa
beaucoup du plaisir de les corriger tous deux. Cependant les jeunes poux
furent conduits en pompe, aprs la messe, au grand salon de compagnie o la
crmonie devait se complter avant l'heure du repas. Ils taient tous deux du
mme ge, et l'on livra la jeune fille nue  son mari, en permettant 
celui-ci d'en faire tout ce qu'il voudrait. Rien ne parle comme l'exemple; il
tait impossible d'en recevoir de plus mauvais et de plus contagieux. Le jeune
homme saute donc comme un trait sur sa petite femme, et comme il bandait fort
dur, quoiqu'il ne dcharget point encore, il l'aurait invitablement enfile;
mais quelque lgre qu'et t la brche, messieurs mettaient toute leur
gloire  ce que rien n'altrt ces tendres fleurs qu'ils voulaient cueillir
seuls. Moyen en quoi l'vque, arrtant l'enthousiasme du jeune homme, profita
lui-mme de l'rection et se fit mettre dans le cul l'engin trs joli et dj
trs form dont Zlamir allait enfiler sa jeune moiti. Quelle diffrence pour
ce jeune homme! et quelle distance entre le cul fort large du vieil vque et
le jeune con troit d'une petite vierge de treize ans! Mais on avait affaire 
des gens avec lesquels il n'y avait pas  raisonner. Curval s'empara de
Colombe et la foutit en cuisses par-devant, en lui lchant les yeux, la
bouche, les narines et la totalit du visage. Sans doute, on lui rendit
pendant ce temps-l quelques services, car il dchargea, et Curval n'tait pas
homme  perdre son foutre pour des niaiseries semblables. On dna; les deux
poux furent admis au caf comme ils l'avaient t au repas, et ce caf fut
servi ce jour-l par l'lite des sujets, je veux dire par Augustine, Zelmire,
Adonis et Zphire. Curval, qui voulait rebander, voulut de la merde
absolument, et Augustine lui lcha le plus bel tron qu'on pt faire. Le duc
se fit sucer par Zelmire, Durcet par Colombe et l'vque par Adonis. Ce
dernier chia dans la bouche de Durcet, quand il eut expdi l'vque. Mais
point de foutre; il devenait rare: on ne s'tait point mnag dans les
commencements, et comme l'on sentait l'extrme besoin que l'on en aurait vers
la fin, on se mnageait. On passa au salon d'histoire, o la belle Duclos,
invite  montrer son derrire avant que commencer, aprs l'avoir
libertinement expos aux yeux de l'assemble, reprit ainsi le fil de son
discours:
 
    "Encore un trait de mon caractre, messieurs, dit cette belle fille, aprs
lequel, vous l'ayant assez fait connatre, vous voudrez bien juger ce que je
vous cacherai sur ce que je vous aurai dit, et me dispenser de vous entretenir
davantage de moi. La mre de Lucile venait de tomber dans une misre
effroyable, et c'tait par le plus grand hasard du monde que cette charmante
fille, qui n'avait point eu de ses nouvelles depuis qu'elle s'tait sauve de
chez elle, apprit sa malheureuse dtresse. Une de nos marcheuses, aux aguets
d'une jeune fille qu'une de mes pratiques me demandait dans le mme got de
celle que m'avait demande le marquis de Mesanges, c'est--dire acheter pour
n'en jamais entendre parler, une de nos marcheuses, dis-je, vint me rapporter,
comme j'tais au lit avec Lucile, qu'elle avait trouv une petite fille de
quinze ans, trs srement pucelle, extrmement jolie, et ressemblant,
disait-elle, comme deux gouttes d'eau  mademoiselle Lucile, mais qu'elle
tait dans un tel tat de misre, qu'il faudrait la garder quelques jours pour
l'empter avant de la vendre. Et alors elle fit description de la vieille
femme avec qui elle l'avait trouve, et de l'tat d'indigence effroyable dans
laquelle tait cette mre. A ces traits, au dtail de l'ge et de la figure, 
tout ce qui concernait l'enfant, Lucile eut un pressentiment secret que ce
pouvait bien tre l sa mre et sa soeur: elle savait qu'elle avait laiss
celle-ci en bas ge avec sa mre, lors de sa fugue, et elle me demanda
permission d'aller vrifier ses doutes. Mon infernal esprit me suggra ici une
petite horreur dont l'effet embrasa si promptement mon physique que, faisant
aussitt sortir notre marcheuse, et ne pouvant calmer l'embrasement de mes
sens, je commenai par prier Lucile de me branler. Ensuite, m'arrtant au
milieu de l'opration: "Que veux-tu aller faire chez cette vieille femme, lu
dis-je, et quel est ton dessein? -Eh! mais, dit Lucile, qui n'avait pas encore
mon coeur, il s'en fallait... la soulager, si je puis, et principalement si
c'est ma mre. -Imbcile, lui dis-je en la repoussant, va, va sacrifier seule
 tes indignes prjugs populaires, et perds, en n'osant les braver, la plus
belle occasion d'irriter tes sens par une horreur qui te fera dcharger dix
ans!" Lucile tonne me regarda, et je vis bien alors qu'il fallait lui
expliquer une philosophie qu'elle tait loin d'entendre. Je le fis, je lui fis
comprendre combien sont vils les liens qui nous enchanent aux auteurs de nos
jours; je lui dmontrai qu'une mre, pour nous avoir port dans son sein, au
lieu de mriter de nous quelque reconnaissance, ne mritait que de la haine,
puisque, pour son seul plaisir, et au risque de nous exposer  tous les
malheurs qui pouvaient nous atteindre dans le monde, elle nous avait cependant
mis au jour dans la seule intention de satisfaire sa brutale lubricit.
J'ajoutai  cela tout ce qu'on pouvait dire pour tayer ce systme que le bon
sens dicte, et que le coeur conseille quand il n'est pas absorb par les
prjugs de l'enfance. "Et que t'importe, ajoutai-je, que cette crature-l
soit heureuse ou infortune? Eprouves-tu quelque chose de sa situation? Ecarte
ces vils liens dont je viens de te dmontrer l'absurdit, et isolant alors
entirement cette crature, la sparant tout  fait de toi, tu verras que non
seulement son infortune doit t'tre indiffrente, mais qu'il peut mme devenir
trs voluptueux de la redoubler. Car enfin tu lui dois de la haine, cela est
dmontr, et tu te venges; tu fais ce que les sots appellent une mauvaise
action, et tu sais l'empire que le crime eut toujours sur les sens. Voici donc
deux motifs de plaisir dans les outrages que je veux que tu lui fasses: et les
dlices de la vengeance, et ceux qu'on gote toujours  faire le mal." Soit
que je misse avec Lucile plus d'loquence que je n'en emploie ici pour vous
rendre le fait, soit que son esprit, dj trs libertin et trs corrompu,
avertt sur-le-champ son coeur de la volupt de mes principes, mais elle les
gota, et je vis ses belles joues se colorer de cette flamme libertine qui ne
manque jamais de paratre chaque fois qu'on brise un frein. "Eh bien! me
dit-elle, que faut-il faire? -Nous en amuser, lui dis-je, et en tirer de
l'argent. Quant au plaisir, il est sr, si tu adoptes mes principes; quant 
l'argent, il l'est de mme, puisque je peux faire servir, et ta vieille mre,
et ta soeur,  deux diffrentes parties qui nous deviendront trs lucratives."
Lucile accepte, je la branle pour l'exciter encore mieux au crime, et nous ne
nous occupons plus que des arrangements. Occupons-nous d'abord de vous
dtailler le premier plan, puisqu'il fait nombre dans la classe des gots que
j'ai  vous conter, quoique je le drange un peu de sa place pour suivre
l'ordre des vnements, et quand vous serez instruits de cette premire
branche de mes projets, je vous clairerai sur la seconde.
     "Il y avait un homme, dans le monde, fort riche, fort en crdit et d'un
drglement d'esprit qui passe tout ce qu'on peut dire. Comme je ne le
connaissais que sous le titre de comte, vous trouverez bon, quelque instruite
que je puisse tre de son nom, que je ne vous le dsigne que par ce seul
titre. Le comte tait dans toute la force des passions, g au plus de
trente-cinq ans, sans foi, sans loi, sans dieu, sans religion, et dou
surtout, comme vous, messieurs, d'une invincible horreur pour ce qu'on appelle
le sentiment de la charit; il disait qu'il tait plus fort que lui de le
comprendre, et qu'il n'admettait pas qu'on pt imaginer d'outrager la nature
au point de dranger l'ordre qu'elle avait mis dans les diffrentes classes de
ses individus, en en levant un par des secours  la place de l'autre, et en
employant ces secours absurdes et rvoltants des sommes bien plus agrablement
employes  ses plaisirs. Pntr de ces sentiments, il ne s'en tenait pas l;
non seulement il trouvait une jouissance relle dans le refus du secours, mais
il amliorait mme cette jouissance par des outrages  l'infortune. Une de ses
volupts, par exemple, tait de se faire chercher avec soin de ces asiles
tnbreux, o l'indigence affame mange comme elle peut un pain arros de ses
larmes et d  ses travaux. Il bandait  aller non seulement jouir de
l'amertume de tels pleurs mais mme... mais mme  en redoubler la source et
arracher, s'il le pouvait, ce malheureux soutien des jours de ces infortuns.
Et ce got, ce n'tait pas une fantaisie, c'tait une fureur, il n'avait pas,
disait-il, de dlices plus vives, et rien ne pouvait irriter, enflammer son
me, comme cet excs-l. Ce n'tait point, m'assurait-il un jour, le fruit de
la dpravation: il avait ds l'enfance cette extraordinaire manie, et son
coeur, perptuellement endurci aux accents plaintifs du malheur, n'avait
jamais conu de sentiments plus doux. Comme il est essentiel que vous
connaissiez le sujet, il faut que vous sachiez d'abord que le mme homme avait
trois passions diffrentes: celle que je vais vous conter, une que vous
expliquera la Martaine, en vous le rappelant par son titre, et une plus atroce
encore que la Desgranges vous rservera sans doute pour la fin de ses rcits,
comme une des plus fortes qu'elle ait sans doute  vous raconter. Mais
commenons par ce qui me regarde. Aussitt que j'eus prvenu le comte de
l'asile infortun que je lui avais dcouvert, et des attenances qu'il avait,
il fut transport de joie. Mais comme des affaires de la plus grande
importance pour sa fortune et son avancement, qu'il ngligeait d'autant moins
qu'il y voyait une sorte d'tai  ses carts, comme, dis-je, ses affaires
allaient l'occuper prs de quinze jours, et qu'il ne voulait pas manquer la
petite fille, il aima mieux perdre quelque chose au plaisir qu'il se
promettait  cette premire scne, et s'assurer la seconde. En consquence, il
m'ordonna de faire  l'instant enlever l'enfant  tel prix que ce ft, et de
la faire remettre  l'adresse qu'il m'indiqua. Et pour ne pas vous tenir plus
longtemps en suspens, messieurs, cette adresse tait celle de la Desgranges,
qui le fournissait dans ces troisimes parties secrtes. Ensuite, nous prmes
jour. Jusque-l, nous fmes trouver la mre de Lucile, tant pour prparer la
reconnaissance avec sa fille que pour aviser au moyen d'enlever sa soeur.
Lucile, bien instruite, ne reconnut sa mre que pour l'insulter, lui dire
qu'elle tait cause de ce qu'elle s'tait jete dans le libertinage, et mille
autres propos semblables qui dchiraient le coeur de cette pauvre femme et
troublaient tout le plaisir qu'elle avait a retrouver sa fille. Je crus, dans
ce dbut, trouver nos textes, et je reprsentai  la mre qu'ayant retir sa
fille ane du libertinage, je m'offrais d'en retirer la seconde. Mais le
moyen ne russit pas; la malheureuse pleura et dit que pour rien au monde on
ne lui arracherait le seul secours qu'il lui restait dans sa seconde fille;
qu'elle tait vieille, infirme, qu'elle recevait des soins de cet enfant, et
que l'en priver serait lui arracher la vie. Ici, je l'avoue  ma honte,
messieurs, mais je sentis un petit mouvement au fond de mon coeur qui me fit
connatre que ma volupt allait crotre du raffinement d'horreur que j'allais,
dans ce cas, mettre  mon crime, et ayant prvenu la vieille que, dans peu de
jours, sa fille viendrait lui rendre une seconde visite avec un homme en
crdit qui pourrait lui rendre de grands services, nous nous retirmes, et je
ne m'occupai que d'employer mes cordes ordinaires pour me rendre matresse de
cette jeune fille. Je l'avais bien examine, elle en valait la peine: quinze
ans, une jolie taille, une trs belle peau et de trs jolis traits. Trois
jours aprs, elle arriva, et aprs l'avoir examine sur toutes les parties de
son corps et n'y avoir rien trouv que de charmant, que de trs potel et de
trs frais, malgr la mauvaise nourriture o elle tait condamne depuis si
longtemps, je la fis passer  Mme Desgranges, avec qui j'avais cette fois
commerce pour la premire fois de ma vie. Notre homme revint enfin de ses
affaires; Lucile le conduisit chez sa mre, et c'est ici o commence la scne
que j'ai  vous peindre. On trouva la vieille mre au lit, sans feu, quoique
au milieu d'un hiver trs froid, ayant prs de son lit un vase de bois dans
lequel tait un peu de lait o le comte pissa ds en entrant. Pour empcher
toute espce de train et tre bien matre du rduit, le comte avait mis deux
grands coquins  ses gages dans l'escalier, qui devaient fortement s'opposer 
toute monte ou descente hors de propos. "Vieille bougresse, lui dit le comte,
nous venons ici avec ta fille que voil, et qui, par ma foi, est une trs
jolie putain; nous venons, vieille sorcire, pour soulager tes maux, mais il
faut nous les peindre. Allons, dit-il en s'asseyant et commenant  palper les
fesses de Lucile, allons dtaille-nous tes souffrances. -Hlas! dit la bonne
femme, vous venez avec cette coquine plutt pour les insulter que pour les
soulager. -Coquine! dit le comte, tu oses insulter ta fille? Allons, dit-il en
se levant et arrachant la vieille de son grabat, hors du lit tout  l'heure,
et demande-lui excuse  genoux de l'insulte que tu viens de lui faire." Il n'y
avait pas moyen de rsister. "Et vous, Lucile, troussez-vous, faites baiser
vos fesses  votre mre, que je m'assure bien qu'elle va les baiser, et que la
rconciliation se rtablisse." L'insolente Lucile frotte son cul sur le vieux
visage de sa pauvre mre, en l'accablant de sottises. Le comte permit  la
vieille de se recoucher, et il rentama la conversation: "Je vous dis, encore
un coup, continua-t-il, que si vous me contez toutes vos dolances, je les
soulagerai." Les malheureux croient tout ce qu'on leur dit, ils aiment  se
plaindre; la vieille dit tout ce qu'elle souffrait, et se plaignit surtout
amrement du vol qu'on lui avait fait de sa fille, accusant vivement Lucile de
savoir o elle tait, puisque la dame avec laquelle elle tait venue la voir,
il y avait peu de temps, lui avait propos d'en prendre soin, et elle
calculait de l, avec assez de raison, que c'tait cette dame qui l'avait
enleve. Cependant, le comte, en face du cul de Lucile, dont il avait fait
quitter les jupes, baisant de temps  autre ce beau cul et se branlant
lui-mme, coutait, interrogeait, demandait des dtails, et rglait toutes les
titillations de sa perfide volupt sur les rponses qu'on lui faisait. Mais
quand la vieille dit que l'absence de sa fille, qui par son travail lui
procurait de quoi vivre, allait la conduire insensiblement au tombeau,
puisqu'elle manquait de tout et n'avait vcu depuis quatre jours que de ce peu
de lait qu'on venait de lui gter: "Eh bien! garce, dit-il en dirigeant son
foutre sur la vieille et en continuant de serrer fortement les fesses de
Lucile, eh bien! putain, tu crveras, le malheur ne sera pas grand." Et en
achevant de lcher son sperme: "Je n'y aurai, si cela arrive, qu'un seul et
unique regret, c'est de ne pas moi-mme en hter l'instant." Mais tout n'tait
pas dit, le comte n'tait pas un homme  s'apaiser pour une dcharge. Lucile,
qui avait son rle, s'occupa, ds qu'il eut fait,  empcher que la vieille ne
vt ses manoeuvres, et le comte, furetant partout, s'empara d'un gobelet
d'argent, unique reste du petit bien-tre qu'avait eu autrefois cette
malheureuse, et le mit dans sa poche. Ce redoublement d'outrage l'ayant fait
rebander, il tira la vieille du lit, la mit nue, et ordonna  Lucile de le
branler sur le corps fltri de cette vieille matrone. Il fallut bien encore se
laisser faire, et le sclrat darda son foutre sur cette vieille chair, en
redoublant ses injures et en disant  cette pauvre malheureuse qu'elle pouvait
se tenir pour dit qu'il n'en resterait pas l, et qu'elle aurait bientt et de
ses nouvelles et de celles de sa petite fille qu'il voulait bien lui apprendre
tre entre ses mains. Il procda  cette dernire dcharge avec des transports
de lubricit vivement allums par ce que sa perfide imagination lui faisait
dj concevoir d'horreurs sur toute cette malheureuse famille, et il sortit.
Mais pour n'avoir plus  revenir  cette affaire, coutez, Messieurs, jusqu'
quel point je comblai la mesure de ma sclratesse. Le comte, voyant qu'il
pouvait avoir confiance en moi, m'instruisit de la seconde scne qu'il
prparait  cette vieille et  sa petite fille; il me dit qu'il fallait que je
la lui fisse enlever sur-le-champ, et que, de plus, comme il voulait runir
toute la famille, je lui cdasse aussi Lucile dont le beau corps l'avait
vivement mu, et dont il ne me cachait pas qu'il projetait la perte, ainsi que
des deux autres. J'aimais Lucile, mais j'aimais encore mieux l'argent; il me
donnait un prix fou de ces trois cratures, je consentis  tout. Quatre jours
aprs, Lucile, sa petite soeur et la veille mre furent runies: ce sera  Mme
Desgranges  vous conter comment. Pour quant  moi, je reprends le fil de mes
rcits interrompu par cette anecdote, qui n'aurait d vous tre raconte qu'
la fin de mes rcits, comme une de mes plus fortes."
 
    "Un moment, dit Durcet; je n'entends pas ces choses-l de sens froid;
elles ont un empire sur moi qui se peindrait difficilement. Je retiens mon
foutre depuis le milieu du rcit, trouvez bon que je le perde." Et se jetant
dans son cabinet avec Michette, Zlamir, Cupidon, Fanny, Thrse et Adlade,
on l'entendit hurler au bout de quelques minutes, et Adlade rentra en
pleurant et disant qu'elle tait bien malheureuse que l'on allt encore
chauffer la tte de son mari  des rcits comme ceux-l, et que c'tait 
celle qui les contait  tre victime elle-mme. Pendant ce temps-l, le duc et
l'vque n'avaient pas perdu leur temps, mais la manire dont ils avaient
opr tant encore du nombre de celles que les circonstances nous obligent de
voiler, nous prions nos lecteurs de trouver bon que nous tirions le rideau et
que nous passions tout de suite aux quatre rcits qu'il restait  faire 
Duclos pour terminer sa vingt et unime soire.
 
    "Huit jours aprs le dpart de Lucile, j'expdiai un paillard dou d'une
assez plaisante manie. Prvenue de plusieurs jours  l'avance, j'avais laiss
dans ma chaise perce accumuler un grand nombre d'trons, et j'avais pri
quelqu'une de mes demoiselles d'y en ajouter encore. Notre homme arrive,
dguis en Savoyard; c'tait le matin, il balaye ma chambre, s'empare du pot
de la chaise perce, monte aux lieux pour le vider (article qui, par
parenthse, l'occupa fort longtemps); il revient, me fait voir avec quel soin
il l'a nettoy et me demande son payement. Mas prvenue du crmonial, je
tombe sur lui le manche  balai  la main. "Ton payement, sclrat? lui
dis-je, tiens, le voil ton payement!" Et je lui en assne au moins une
douzaine de coups. Il veut fuir, je le suis, et le libertin dont c'tait l
l'instant dcharge tout le long de l'escalier en criant  tue-tte qu'on
l'estropie, qu'on le tue, et qu'il est chez une coquine, et non pas chez une
honnte femme, comme il le croyait.
     "Un autre voulait que je lui insinuasse dans le canal de l'urtre un
petit bton nou qu'il portait  ce dessein dans un tui; il fallait secouer
vivement le petit bton qu'on introduisait de trois pouces, et de l'autre main
lui branler le vit  tte dcalotte;  l'instant de sa dcharge, on retirait
le bton, on se troussait par-devant et il dchargeait sur la motte.
     "Un abb, que je vis six mois aprs, voulait que je lui laissasse
dgoutter de la cire de bougie brlante sur le vit et les couilles; il
dchargeait de cette seule sensation et sans qu'on ft oblig de le toucher;
mais il ne bandait jamais, et pour que son foutre partt, il fallait que tout
ft enduit de cire et qu'on n'y reconnt plus figure humaine.
     "Un ami de ce dernier se faisait cribler le cul d'pingles d'or, et quand
son derrire, ainsi garni, ressemblait  une casserole bien plus qu' un
fessier, il s'asseyait pour mieux sentir les piqres; on lui prsentait les
fesses trs cartes, il se branlait lui-mme et dchargeait sur le trou du
cul."
 
    "Durcet, dit le duc, j'aimerais assez  voir ton beau cul grassouillet
tout couvert comme cela d'pingles d'or: je suis persuad qu'il serait on ne
saurait plus intressant. -Monsieur le duc, dit le financier, vous savez qu'il
y a quarante ans que je me fais gloire et honneur de vous imiter; ayez la
bont de me donner l'exemple et je vous rponds de le suivre. - Je renie Dieu,
dit Curval, qu'on n'avait pas encore entendu, comme l'histoire de Lucile m'a
fait bander! Je me tenais coi, mais je n'en pensais pas moins: tenez, dit-il,
en faisant voir son vit coll contre son ventre, voyez si je vous mens. J'ai
une furieuse impatience de savoir le dnouement de l'histoire de ces trois
bougresses-l; je me flatte qu'un mme tombeau doit les runir. -Doucement,
doucement, dit le duc, n'empitons pas sur les vnements. Parce que vous
bandez, monsieur le prsident, vous voudriez qu'on vous parlt tout de suite
de roue et de potence; vous ressemblez beaucoup aux gens de votre robe, dont
on prtend que le vit dresse toujours, chaque fois qu'ils condamnent  mort.
-Laissons l l'tat et la robe, dit Curval; le fait est que je suis enchant
des procds de Duclos, que je la trouve une fille charmante, et que son
histoire du comte m'a mis dans un tat affreux, dans un tat o je crois que
j'irais bien volontiers sur le grand chemin arrter et voler un coche. -Il
faut mettre ordre  cela, prsident, dit l'vque, autrement nous ne serions
pas ici en sret, et le moins que tu puisses faire serait de nous condamner
tous  tre pendus. -Non, pas vous, mais je ne vous cache pas que je
condamnerais de bon coeur ces demoiselles, et principalement Mme la duchesse,
que voil l couche comme un veau sur mon canap, et qui, parce qu'elle a un
peu de foutre modifi dans la matrice, s'imagine qu'on ne peut plus la
toucher. -Oh! dit Constance, ce n'est assurment pas avec vous que je
compterais sur mon tat pour m'attirer un tel respect; on sait trop  quel
point vous dtestez les femmes grosses. -Oh! prodigieusement, dit Curval,
c'est la vrit." Et il allait, dans son transport, commettre, je crois,
quelque sacrilge sur ce beau ventre, lorsque Duclos s'en empara. "Venez,
venez, dit-elle, monsieur le prsident, puisque c'est moi qui ait fait le mal,
je veux le rparer. Et ils passrent ensemble dans le boudoir du fond, suivis
d'Augustine, d'Hb, de Cupidon et de Thrse. On ne fut pas longtemps sans
entendre brailler le prsident, et malgr tous les soins de Duclos, la petite
Hb revint tout en pleurs; il y avait mme quelque chose de plus que des
larmes, mais nous n'osons pas encore dire ce que c'tait; les circonstances ne
nous le permettent pas. Un peu de patience, ami lecteur, et bientt nous ne te
cacherons plus rien. Curval, rentr et grumelant encore entre ses dents,
disant que toutes ces lois-l faisaient qu'on ne pouvait pas dcharger  son
aise, etc., on fut se mettre  table. Aprs le souper, on s'enferma pour les
corrections; elles taient, ce soir-l, peu nombreuses: il n'y avait en faute
que Sophie, Colombe, Adlade et Zlamir. Durcet, dont la tte, ds le
commencement de la soire, s'tait fortement chauffe contre Adlade, ne la
mnagea pas; Sophie, de qui l'on avait surpris des larmes pendant le rcit de
l'histoire du comte, fut punie pour son ancien dlit et pour celui-l; et le
petit mnage du jour, Zlamir et Colombe, fut, dit-on, trait par le duc et
Curval avec un svrit qui tenait un peu de la barbarie. 
    Le duc et Curval, singulirement en train, dirent qu'ils ne voulaient pas
se coucher, et ayant fait apporter des liqueurs, ils passrent la nuit  boire
avec les quatre historiennes et Julie, dont le libertinage s'augmentant tous
les jours, la faisait passer pour une crature fort aimable et qui mritait
d'tre mise au rang des objets pour lesquels on avait des gards. Tous les
sept furent trouvs, le lendemain, ivres morts par Durcet qui vint les
visiter; on trouva la fille nue entre le pre et le mari, et dans une attitude
qui ne prouvait ni la vertu, ni mme la dcence dans le libertinage. Il
paraissait enfin, pour ne pas tenir le lecteur en suspens, qu'ils en avaient
joui tous les deux  la fois. Duclos, qui vraisemblablement avait servi de
second, tait jonche, morte ivre auprs d'eux, et le reste tait l'un sur
l'autre, dans un autre coin, vis--vis le grand feu qu'on avait eu soin
d'entretenir toute la nuit.
 

                                    (XXVI)
                                        
                            Vingt-deuxime journe

     Il rsulta de ces bacchanales nocturnes que l'on fit trs peu de choses
ce jour-l; on oublia la moiti des crmonies, on dna en l'air, et ce ne fut
gure qu'au caf que l'on commena  se reconnatre. Il tait servi par
Rosette et Sophie, Zlamir et Giton. Curval, pour se remettre, fit chier
Giton, et le duc avala l'tron de Rosette; l'vque se fit sucer par Sophie et
Durcet par Zlamir; mais personne ne dchargea. On passa au salon; la belle
Duclos, trs malade des excs de la veille, ne s'y offrit qu'en battant
l'oeil, et ses rcits furent si courts, elle y mla si peu d'pisodes, que
nous avons pris le parti de la suppler et d'extraire au lecteur ce qu'elle
dit aux amis. Suivant l'usage, elle raconta cinq passions.
 
    La premire fut celle d'un homme qui se faisait branler le cul avec un
godemich d'tain que l'on remplissait d'eau chaude, et qu'on lui seringuait
dans le fondement  l'instant de son jaculation,  laquelle il procdait de
lui-mme et sans qu'on le toucht.
     Le second avait la mme manie, mais on y procdait avec un bien plus
grand nombre d'instruments; on dbutait par un trs petit, et augmentant peu 
peu, et de ligne en ligne, on arrivait jusqu' un dernier dont la taille tait
norme, et il ne dchargeait qu' celui-l.
     Il fallait beaucoup plus de mystre au troisime. Il s'en faisait
d'entre de jeu mettre un norme dans le cul; ensuite on le retirait; il
chiait, mangeait ce qu'il venait de rendre, et alors on le fouettait. Cela
fait, on remettait l'instrument dans son derrire et on le retirait encore. A
cette fois, c'tait la putain qui chiait et le fouettait, pendant qu'il
mangeait ce qu'elle venait de faire. On renfoncait pour la troisime fois
l'instrument: pour cette fois, il lchait son foutre sans qu'on le toucht et
en achevant de manger l'tron de la fille.
     Duclos parla, dans le quatrime rcit, d'un homme qui se faisait lier
toutes les articulations avec des ficelles. Pour rendre sa dcharge plus
dlicieuse, on lui serrait mme le col, et, en cet tat, il lchait son foutre
en face du cul de la putain.
     Et, dans son cinquime, d'un autre qui se faisait fortement lier le gland
avec une corde;  l'autre bout de la chambre, une fille nue passait entre ses
cuisses le bout de la corde et le tirait devant elle en prsentant les fesses
au patient; il dchargeait ainsi.
 
    L'historienne, vritablement excde aprs sa tche remplie, demanda
permission de se retirer; elle lui fut accorde. On polissonna quelques
instants, aprs quoi on fut se mettre  table, mais tout se sentait encore du
dsordre de nos deux acteurs principaux. On fut galement aussi sage aux
orgies qu'il tait possible que de tels libertins le fussent, et tout le monde
fut au lit assez tranquille. 


                                    (XXVII)
                                        
                            Vingt-troisime journe

     "Peut-on brailler, peut-on hurler comme tu le fais en dchargeant! dit le
duc  Curval, en le revoyant le vingt-trois au matin. A qui diable en avais-tu
pour crier de la sorte? Je n'ai jamais vu des dcharges de cette violence-l.
-Ah! parbleu, dit Curval, c'est bien  toi qu'on entend d'une lieue 
m'adresser un pareil reproche! Ces cris-l, mon ami, viennent de l'extrme
sensibilit de l'organisation: les objets de nos passions donnent une
commotion si vive au fluide lectrique qui coule dans nos nerfs, le choc reu
par les esprits animaux qui composent ce fluide est d'un tel degr de
violence, que toute la machine en est branle, et qu'on n'est pas plus le
matre de retenir ses cris  ces secousses terribles du plaisir qu'on ne le
pourrait aux motions puissantes de la douleur. -Voil qui est fort bien
dfini. Mais quel tait le dlicat objet qui mettait ainsi tes esprits animaux
en vibration? -Je suais violemment le vit, la bouche et le trou du cul
d'Adonis, mon compagnon de couche, dsespr de ne pouvoir encore lui en faire
davantage, et cela pendant qu'Antinos, aid de votre chre fille Julie,
travaillait, chacun dans son genre,  faire vacuer cette liqueur dont
l'coulement a occasionn ces cris qui ont frapp vos oreilles. -De faon
qu'aujourd'hui, continua le duc, vous voil sur les dents. -Point du tout, dit
Curval; si vous daignez me suivre et me faire l'honneur de m'examiner, vous
verrez que je me conduirai, pour le moins, aussi bien que vous." On en tait 
ces propos, quand Durcet vint dire que le djeuner tait servi. On passa 
l'appartement des filles, o l'on vit ces huit charmantes petites sultanes
nues prsenter des tasses et du caf  l'eau. Alors le duc demanda  Durcet,
le directeur du mois, pourquoi ce caf  l'eau le matin. "Il sera au lait
quand vous voudrez, dit le financier. En dsirez-vous? -Oui, dit le duc.
-Augustine, dit Durcet, servez du lait  monsieur le duc. Alors la jeune fille
prpare vint placer son joli petit cul sur la tasse, et rpandit par son
anus, dans la tasse du duc, trois ou quatre cuilleres d'un lait trs clair et
nullement souill. On rit beaucoup de la plaisanterie, et chacun demanda du
lait. Tous les culs taient prpars comme celui d'Augustine: c'tait une
surprise agrable que le directeur des plaisirs du mois voulait donner  ses
amis. Fanny vint en rpandre dans la tasse de l'vque, Zelmire dans celle de
Curval et Michette dans celle du financier; on reprit une seconde tasse, et
les quatre autres sultanes vinrent faire, dans ces nouvelles tasses, la mme
crmonie que leurs compagnes avaient faite dans les anciennes. On trouva la
plaisanterie fort bonne; elle chauffa la tte de l'vque qui voulut autre
chose que du lait, et la belle Sophie vint le satisfaire. Quoique toutes
eussent envie de chier, on leur avait trs recommand de se retenir dans
l'exercice du lait, et de ne donner cette premire fois absolument que du
lait. On passa chez les garons: Curval fit chier Zlamir et le duc Giton. Les
garde-robes de la chapelle ne fournirent que deux fouteurs subalternes,
Constance et Rosette; c'tait une de celles sur lesquelles on avait essay la
veille l'histoire des indigestions, elle avait eu une peine affreuse  se
retenir au caf et elle lcha, pour lors, l'tron le plus superbe qu'il ft
possible de voir. On flicita Duclos de son secret, et on en usa tous les
jours, depuis, avec le plus grand succs. La plaisanterie du djeuner anima la
conversation du dner et fit imaginer, dans le mme genre, des choses dont
nous aurons peut-tre occasion de parler dans la suite. On passa au caf,
servi par quatre jeunes sujets du mme ge: Zelmire, Augustine, Zphire et
Adonis, tous quatre de quinze ans. Le duc foutit Augustine en cuisses en lui
chatouillant l'anus, Curval en fit autant  Zelmire, le duc  Zphire, et le
financier foutit Adonis en bouche. Augustine dit qu'elle s'attendait qu'on la
ferait chier  cette poque, et qu'elle n'en pouvait plus: c'tait encore une
de celles sur lesquelles on avait prouv les indigestions de la veille.
Curval,  l'instant, lui tendit le bec, et la charmante petite fille y dposa
un tron monstrueux que le prsident goba en trois bouches, non sans perdre
entre les mains de Fanchon, qui le secouait, une rivire abondante de foutre.
"Eh bien! dit-il au duc, vous voyez que les excs de la nuit ne portent aucun
prjudice au plaisir du jour, et vous voil en arrire, monsieur le duc! -Je
n'y serai pas longtemps," dit celui-ci  qui Zelmire, tout aussi presse,
rendait le mme service qu'Augustine venait de rendre  Curval. Et dans le
mme instant le duc se renverse, jette des cris, avale de la merde, et
dcharge comme un furieux. "En voil assez, dit l'vque; que deux de nous
conservent au moins leurs forces pour les rcits." Durcet qui n'avait pas,
comme ces deux messieurs, du foutre au commandement, y consentit de tout son
coeur, et, aprs un instant de mridienne, on fut s'tablir au salon, o
l'intressante Duclos reprit dans les termes suivants le fil de sa brillante
et lascive histoire: 

    "Comment est-il, messieurs, dit cette belle fille, qu'il y ait des gens
dans le monde  qui le libertinage ait tellement engourdi le coeur, tellement
abruti tous les sentiments d'honneur et de dlicatesse, que l'on les voie se
plaire et s'amuser uniquement de ce qui les dgrade et les avilit? On dirait
que leur jouissance ne se trouve qu'au sein de l'opprobre, qu'elle ne peut
exister pour eux que dans ce qui les rapproche du dshonneur et de l'infamie.
Dans ce que je vais vous raconter, messieurs, dans les diffrents exemples que
je vais vous donner  preuve de mon assertion, ne m'allguez pas la sensation
physique; je sais qu'elle s'y trouve, mais soyez bien parfaitement srs
qu'elle n'existe en quelque sorte que par l'tai puissant que lui donne la
sensation physique sans y joindre tout ce qu'ils retirent de la morale, vous
ne russiriez pas  les mouvoir.
     "Il venait trs souvent chez moi un homme dont j'ignorais le nom et la
qualit, mais que je savais pourtant bien tre certainement un homme de
condition. L'espce de femme avec qui je le mariais lui tait parfaitement
gale: belle ou laide, vieille ou jeune, tout lui tait indiffrent; il ne
s'agissait que de bien jouer son rle, et voici ce dont il s'agissait. Il
venait ordinairement le matin, il entrait comme par mgarde dans une chambre
o se trouvait une fille sur un lit, trousse jusqu'au milieu du ventre et
dans l'attitude d'une femme qui se branle. Ds qu'on le voyait entrer, la
femme, comme surprise, se jetait aussitt au bas du lit. "Que viens-tu faire
ici, sclrat, lui disait-elle; qui t'a donn, coquin, la permission de me
troubler?" Il demandait excuse, on ne l'coutait pas, et tout en l'accablant
d'un nouveau dluge d'invectives les plus dures et les plus piquantes, elle
tombait sur lui  grands coups de pied dans le cul, et il lui devenait
d'autant plus difficile de manquer son coup que le patient, loin d'viter, ne
manquait jamais de se tourner et de prsenter le derrire, quoi qu'il et
l'air d'viter et de vouloir fuir. On redoublait, il demandait grce; les
coups et les sottises taient toutes les rponses qu'il recevait; et ds qu'il
se sentait suffisamment excit, il sortait promptement son vit d'une culotte
que, jusqu' cet instant, il avait avec soin tenue trs boutonne, et, se
donnant lgrement trois ou quatre coups de poignet, il dchargeait en se
sauvant, pendant que l'on continuait et les invectives et les coups.
     "Un second, ou plus dur, ou plus accoutum  cette sorte d'exercice, ne
voulait procder qu'avec un portefaix ou un crocheteur qui comptait son
argent. Le libertin entrait furtivement, le malotru criait au voleur; de ce
moment, comme sur l'autre, les coups et les sottises se distribuaient, mais
avec cette diffrence, que celui-ci, tenant toujours sa culotte baisse,
voulait recevoir en plein sur le milieu des fesses  nu les coups que l'on lui
appliquait, et qu'il fallait que l'assaillant et un gros soulier ferr plein
de boue. Au moment de sa dcharge, celui-ci ne s'esquivait pas; plant, ses
culottes bien basses, au milieu de la chambre, en se secouant de toute sa
force, il bravait les coups de son ennemi, et,  ce dernier instant, le
dfiait de lui faire demander quartier, l'insultant  son tour et jurant qu'il
mourait de plaisir. Plus l'homme que je donnais  celui-ci tait vil, plus il
tait de la lie du peuple, plus son soulier tait grossier et sale, et plus je
le comblais de volupt; je devais mettre  ces raffinements-l les mmes soins
qu'il faudrait employer avec un autre homme pour farder et embellir une femme.
     "Un troisime voulait se trouver dans ce qu'on appelle, dans une maison,
le srail,  l'instant o deux hommes, pays et aposts exprs, y lveraient
une dispute. On s'en prenait  lui, il demandait grce, il se jetait a genoux,
on ne l'coutait pas; et l'un des deux champions tombant aussitt sur lui
l'accablait de coups de canne jusqu' l'entre d'une chambre prpare et dans
laquelle il se sauvait; l une fille le recevait, le consolait, le caressait
comme on ferait  un enfant qui vient se plaindre, elle troussait ses jupes,
lui montrait le derrire, et le libertin dchargeait dessus.
     "Un quatrime exigeait les mmes prliminaires, mais, ds que les coups
de canne commenaient  pleuvoir sur son dos, il se branlait devant tout le
monde. Alors on suspendait un instant la dernire opration, quoique les coups
de canne et les invectives coulassent toujours, puis, ds qu'on le voyait
s'animer, et que son foutre tait prt  partir, on ouvrait une fentre, on le
saisissait par le milieu du corps et on le jetait de l'autre ct sur un
fumier prpar exprs, ce qui ne lui faisait faire une chute tout au plus que
de six pieds. Tel tait l'instant de sa dcharge; son moral tait excit par
les apprts qui prcdaient, et son physique ne le devenait que par l'lan de
la chute, et ce n'tait jamais que sur le fumier que son foutre coulait. On ne
le revoyait plus; une petite porte dont il avait la cl se trouvant en bas, il
disparaissait sur-le: champ.
     "Un homme, pay pour cela et mis en tapageur, entrait brusquement dans la
chambre o l'homme qui nous fournit le cinquime exemple se trouvait enferm
avec une fille, dont il baisait le derrire en attendant l'excution. Le
tapageur, s'en prenant au mich, lui demandait insolemment, en enfonant la
porte, de quel droit il prenait ainsi sa matresse, puis mettant l'pe  la
main, il lui disait de se dfendre. Le mich, tout confus, se jetait  genoux,
demandait pardon, baisait la terre, baisait les pieds de son ennemi, et lui
jurait qu'il pouvait reprendre sa matresse et qu'il avait pas envie de se
battre pour une femme. Le tapageur, rendu plus insolent par les souplesses de
son adversaire, devenait bien plus imprieux: il traitait son ennemi de
poltron, de plat, de jean-foutre, et le menaait de lui couper le visage avec
la lame de son pe. Et plus l'un devenait mchant, plus l'autre aussitt
s'humiliait. Enfin, au bout quelques instants de dbat, l'assaillant offrait
une composition  son ennemi: "Je vois bien que tu es un plat, lui disait-il;
je te fais grce, mais  condition que tu baiseras mon cul. -Oh! monsieur,
tout ce que vous voudrez, disait l'autre, enchant. Je vous le baiserais
merdeux mme, si vous voulez, pourvu que vous ne me fassiez aucun mal." Le
tapageur, rengainant, exposait  l'instant son derrire; le mich trop heureux
se jetait dessus avec enthousiasme, et pendant que le jeune homme lui lchait
une demi-douzaine de pets au nez, le vieux paillard, au comble de sa joie,
lchait du foutre en mourant de plaisir."
 
    "Tous ces excs-l se conoivent, dit Durcet en bgayant (parce que le
petit libertin bandait au rcit de ces turpitudes). Rien de si simple que
d'aimer l'avilissement et de trouver des jouissances dans le mpris. Celui qui
aime avec ardeur les choses qui dshonorent trouve du plaisir  l'tre et doit
bander quand on lui dit qu'il l'est. La turpitude est une jouissance trs
connue de certaines mes; on aime  entendre dire ce qu'on aime  mriter, et
il est impossible de savoir o peut aller sur cela l'homme qui ne rougit plus
de rien. C'est ici l'histoire de certains malades qui se plaisent dans leur
cacochysme. -Tout cela est l'affaire du cynisme, dit Curval en maniant les
fesses de Fanchon: qui ne sait pas que la punition mme produit des
enthousiasmes? Et n'a-t-on pas vu des gens bander,  l'instant o l'on les
dshonorait publiquement. Tout le monde sait l'histoire du marquis de ... qui,
ds qu'on lui eut appris la sentence qui le brlait en effigie, sortit son vit
de sa culotte et s'cria: "Foutredieu! me voil au point o je me voulais, me
voil couvert d'opprobre et d'infamie; laissez-moi, laissez-moi, il faut que
j'en dcharge!" Et il le fit au mme instant. -Ce sont des faits, dit  cela
le duc, mais expliquez-m'en la cause. -Elle est dans notre coeur, reprit
Curval. Une fois que l'homme s'est dgrad, qu'il s'est avili par des excs,
il a fait prendre  son me une espce de tournure vicieuse dont rien ne peut
plus la sortir. Dans tout autre cas, la honte servirait de contrepoids aux
vices o son esprit lui conseillerait de se livrer, mais ici cela ne se peut
plus: c'est le premier sentiment qu'il a teint, c'est le premier qu'il a
banni loin de lui; et de l'tat o l'on est, en ne rougissant plus,  celui
d'aimer tout ce qui fait rougir, il n'y a exactement qu'un pas. Tout ce qui
affectait dsagrablement, trouvant une me diffremment prpare, se
mtamorphose alors en plaisir, et, de ce moment-l, tout ce qui rappelle le
nouvel tat que l'on adopte ne peut plus tre que voluptueux. -Mais quel
chemin il faut avoir fait dans le vice pour en tre l! dit l'vque. -J'en
conviens, dit Curval, mais cette route se fait imperceptiblement, on ne la
suit que sur des fleurs; un excs amne l'autre; l'imagination, toujours
insatiable, nous amne bientt au dernier terme, et comme elle n'a parcouru sa
carrire qu'en endurcissant le coeur, ds qu'elle a touch le but, ce coeur,
qui contenait jadis quelques vertus, n'en reconnat plus une seule. Accoutum
 des choses plus vives, il secoue promptement les premires impressions
molles et sans douceur qui l'avaient enivr jusque lors, et comme il sent bien
que l'infamie et le dshonneur vont tre la suite de ses nouveaux mouvements,
pour n'avoir pas  les redouter, il commence par se familiariser avec eux. Il
ne les a pas plus tt caresss qu'il les aime, parce qu'ils tiennent  la
nature de ses nouvelles conqutes, et il ne change plus. -Voil donc ce qui
rend la correction si difficile, dit l'vque. -Dites impossible, mon ami. Et
comment les punitions infliges  celui que vous voulez corriger
russiraient-elles  le convertir, puisque  cela prs de quelques privations,
l'tat d'avilissement qui caractrise celui o vous le placez en le punissant
lui plat, l'amuse, le dlecte, et qu'il jouit au-dedans de lui-mme d'avoir
t assez loin pour mriter d'tre ainsi trait? -Oh! quelle nigme que
l'homme! dit le duc. -Oui, mon ami, dit Curval. Et voil ce qui a fait dire 
un homme de beaucoup d'esprit qu'il valait mieux le foutre que de le
comprendre." Et le souper venant interrompre nos interlocuteurs, on fut se
mettre  table sans avoir rien fait de la soire. Mais Curval, au dessert,
bandant comme un diable, dclara qu'il voulait faire sauter un pucelage,
dt-il en payer vingt amendes, et s'emparant aussitt de Zelmire qui lui tait
destine, il allait l'entraner dans le boudoir, lorsque les trois amis, se
jetant au-devant de lui, le supplirent de se soumettre  ce que lui-mme
avait prescrit, et que puisque eux, qui avaient pour le moins autant envie
d'enfreindre ces lois, s'y soumettaient cependant, il devait les imiter au
moins par complaisance. Et comme on avait sur-le-champ envoy Julie qu'il
aimait, elle s'empara de lui avec la Champville et Brise-cul, et ils passrent
tous trois dans le salon, o les autres amis, les rejoignant bientt pour
commencer les orgies, les trouvrent aux prises, et Curval lchant enfin son
foutre, au milieu des plus lubriques postures et des pisodes les plus
libertins. Durcet, aux orgies, se fit donner deux ou trois cents coups de pied
au cul par les vieilles; l'vque, le duc et Curval par les fouteurs, et
personne, avant d'aller se coucher, ne fut exempt de perdre plus ou moins de
foutre, suivant la facult qu'il en avait reue de la nature. Comme on
craignait quelque nouveau retour de la fantaisie dflorante que Curval venait
d'annoncer, on fit coucher avec soin les vieilles dans la chambre des filles
et des garons. Mais ce soin ne fut pas ncessaire; et Julie, qui s'en empara
toute la nuit, le rendit le lendemain  la socit aussi souple qu'un gant.
 

                                   (XXVIII)
                                        
                            Vingt-quatrime journe

     C'est une vritable maladie de l'me que la dvotion; on a beau faire, on
ne s'en corrige point. Plus facile  s'imprgner dans l'me des malheureux,
parce qu'elle les console, parce qu'elle leur offre des chimres pour les
consoler de leurs maux, il est bien plus difficile encore de l'extirper dans
ces mes-l que dans d'autres. C'tait l'histoire d'Adlade: plus le tableau
de la dbauche et du libertinage se dveloppait  ses yeux, plus elle se
rejetait dans les bras de ce Dieu consolateur qu'elle esprait avoir un jour
pour librateur des maux o elle ne voyait que trop qu'allait l'entraner sa
malheureuse situation. Personne ne sentait mieux son tat qu'elle; son esprit
lui prsageait au mieux tout ce qui devait suivre le funeste commencement dont
elle tait dj victime, quoique lgrement; elle comprenait  merveille qu'
mesure que les rcits deviendraient plus forts, les procds des hommes,
envers ses compagnes et elle, deviendraient aussi plus froces. Tout cela,
quelque chose qu'on pt lui dire, lui faisait tant qu'elle pouvait rechercher
avec avidit la socit de sa chre Sophie. Elle n'osait plus y aller la nuit;
on s'en tait trop aperu, et on s'opposait trop bien  ce que pareille
incartade pt arriver dsormais, mais sitt qu'elle avait un instant, elle y
volait; et cette mme matine-ci dont nous crivons le journal, s'tant leve
de trs bonne heure d'auprs de l'vque avec qui elle avait couch, elle
tait venue dans la chambre des jeunes filles causer avec sa chre Sophie.
Durcet qui,  cause des fonctions de son mois, se levait aussi plus matin que
les autres, l'y trouva, et lui dclara qu'il ne pouvait pas s'empcher d'en
rendre compte, et que la socit en dciderait comme il lu plairait. Adlade
pleura, c'tait l toutes ses armes, et se laissa faire; la seule grce
qu'elle osa demander  son mari fut de tcher de ne point faire punir Sophie,
qui ne pouvait pas tre coupable puisque c'tait elle qui tait venue la
trouver, et non Sophie qui ft venue dans sa chambre. Durcet dit qu'il dirait
le fait comme il tait et qu'il n'en dguiserait rien: rien ne s'attendrit
moins qu'un correcteur qui a le plus grand intrt  la correction. C'tait
ici le cas; il n'y avait rien de si joli  punir que Sophie: par quel motif
Durcet l'aurait-il pargne? On s'assembla, et le financier rendit compte.
C'tait une rcidive; le prsident se ressouvint que, quand il tait au
palais, ses ingnieux confrres prtendaient que comme une rcidive prouvait
que la nature agissait dans un homme plus fortement que l'ducation et que les
principes, que, par consquent, en rcidivant, il attestait pour ainsi dire
qu'il n'tait pas matre de lui-mme, il fallait le punir doublement; il
voulut raisonner aussi consquemment, avec autant d'esprit, que ses anciens
condisciples, et dclara qu'en consquence il fallait les punir, elle et sa
compagne, dans toute la rigueur des ordonnances. Mais comme ces ordonnances
portaient peine de mort pour un tel cas, et qu'on avait envie de s'amuser
encore quelque temps de ces dames avant d'en venir l, on se contenta de les
faire venir, de les faire mettre  genoux, et de leur lire l'article de
l'ordonnance, en leur faisant sentir tout ce qu'elles venaient de risquer en
s'exposant  un tel dlit. Cela fait, on leur inflige une pnitence triple de
celle qu'elles avaient endure samedi dernier, on leur fit jurer que a
n'arriverait plus, on leur protesta que, si a arrivait encore, on userait de
toute rigueur envers elles; et on les inscrivit sur le livre fatal. La visite
de Durcet y fit placer encore trois noms de plus: deux chez les filles et un
chez les garons. C'tait le rsultat de la nouvelle exprience des petites
indigestions; elles russissaient fort bien, mais il en arrivait que ces
pauvres enfants, ne pouvant plus se retenir, se mettaient  tout instant dans
le cas d'tre punis. C'tait l'histoire de Fanny, d'Hb chez les sultanes, et
d'Hyacinthe chez les garons: ce qu'on trouva dans leur pot tait norme, et
Durcet s'en amusa longtemps. On n'avait jamais tant demand de permissions du
matin, et tout le monde jurait aprs Duclos de ce qu'elle avait indiqu un tel
secret. Malgr la multitude de permissions demands, on n'en accorda qu'
Constance, Hercule, deux fouteurs subalternes, Augustine, Zphire et la
Desgranges. On s'en amusa un instant, et l'on se mit  table. "Tu vois, dit
Durcet  Curval, le tort que tu as eu de laisser instruire ta fille de la
religion; on ne peut plus maintenant la faire renoncer  ces imbcillits-l:
je te l'avais bien dit, dans le temps. -Ma foi, dit Curval, je croyais que de
les connatre serait pour elle une raison de plus de les dtester, et qu'avec
l'ge elle se convaincrait de l'imbcillit de ces infmes doctrines. -Ce que
tu dis l est bon dans les ttes raisonnables, dit l'vque; mais il ne faut
pas s'en flatter avec un enfant. -Nous serons obligs d'en venir  des partis
violents, dit le duc, qui savait bien qu'Adlade l'coutait. -On y viendra,
dit Durcet. Je lui rponds d'avance que si elle n'a que moi pour avocat, elle
sera mal dfendue. -Oh! je le crois, monsieur, dit Adlade en pleurant; vos
sentiments pour moi sont assez connus. -Des sentiments? dit Durcet. Je
commence, ma belle pouse, par vous prvenir que je n'en ai jamais eu pour
aucune femme, et moins assurment pour vous qui tes la mienne que pour toute
autre. J'ai la religion en haine ainsi que tous ceux qui la pratiquent, et, de
l'indiffrence que j'prouve pour vous, je vous prviens que je passerai bien
promptement  la plus violente aversion, si vous continuez  rvrer d'infmes
et d'excrables chimres qui firent de tout temps l'objet de mon mpris. Il
faut avoir perdu l'esprit pour admettre un Dieu, et tre devenu tout  fait
imbcile pour l'adorer. Je vous dclare, en un mot, devant votre pre et ces
messieurs, qu'il n'y aura point d'extrmit o je ne me porte vis--vis de
vous, si je vous reprends encore  pareille faute. Il fallait vous faire
religieuse si vous vouliez adorer votre jean-foutre de Dieu; vous l'auriez
pri l tout  votre aise. -Ah! reprit Adlade en gmissant, religieuse,
grand Dieu! religieuse, plt au ciel que je le fusse!" Et Durcet, qui se
trouvait alors vis--vis d'elle, impatient de la rponse, lui lana de ct
une assiette d'argent au visage, qui l'aurait tue si elle l'et atteinte  la
tte, car le choc en fut si violent qu'elle se plia contre la muraille. "Vous
tes une insolente crature, dit Curval  sa fille, qui, pour viter
l'assiette, s'tait jete entre son pre et Antinos; vous mriteriez que je
vous donnasse cent coups de pied dans le ventre." Et la rejetant loin de lui
avec un coup de poing: "Allez faire  genoux des excuses  votre mari, lui
dit-il, o nous allons vous faire subir tout  l'heure la plus cruelle des
punitions." Elle fut se jeter en larmes aux pieds de Durcet, mais celui-ci,
qui avait vivement band en jetant l'assiette, et qui disait que pour mille
louis il n'aurait pas voulu manquer son coup, dit qu'il fallait qu'il y et
sur-le-champ une correction gnrale et exemplaire, sans faire tort  celle du
samedi; qu'il demandait que, pour cette fois, sans consquence, on congdit
les enfants du caf, et que cette expdition se fit  l'heure ou l'on avait
coutume de s'amuser en venant de prendre le caf. Tout le monde y consentit;
Adlade et les deux seules vieilles, Louison et Fanchon, les plus mchantes
des quatre et les plus craintes des femmes, passrent au salon du caf, o les
circonstances nous obligent de tirer le rideau sur ce qui se passa. Ce qu'il y
a de certain, c'est que nos quatre hros dchargrent, et qu'on permit 
Adlade de s'aller coucher. C'est au lecteur  faire sa combinaison, et 
trouver agrable, s'il lui plat, que nous le transportions tout de suite aux
narrations de Duclos. Chacun s'tant plac auprs des pouses, except le duc
qui, ce soir-l, devait avoir Adlade et qui la fit remplacer par Augustine,
chacun donc s'tant arrang, Duclos reprit ainsi le fil de son histoire:
 
    "Un jour, dit cette belle fille, que je soutenais  une de mes compagnes
en maquerellage que j'avais srement vu, en fait de flagellations passives,
tout ce qu'il tait possible de voir de plus fort, puisque j'avais fouett et
vu fouetter des hommes avec des pines et des nerfs de boeuf: "Oh, parbleu! me
dit-elle, pour te convaincre qu'il s'en faut bien que tu aies vu ce qu'il y a
de plus fort en ce genre, je veux t'envoyer demain une de mes pratiques. Et
m'ayant fait avertir, le matin, de l'heure de la visite et du crmonial 
observer avec ce vieux fermier des postes, qui se nommait, je m'en souviens,
M. de Grancourt, je prparai tout ce qu'il fallait, et j'attendis notre homme;
c'tait  moi qu'il devait avoir affaire, la chose tait ainsi arrange. Il
arrive, et aprs nous tre enferms: "Monsieur, lui dis-je, je suis dsespre
de la nouvelle que j'ai  vous apprendre, mais vous voil prisonnier, et vous
ne pouvez plus sortir d'ici. Je suis dsespre que le Parlement ait jet les
yeux sur moi pour excuter votre arrt, mais il l'a voulu ainsi, et j'ai son
ordre dans ma poche. La personne qui vous a envoy chez moi vous a tendu un
pige, car elle savait bien de quoi il tait question, et certainement elle
aurait pu vous viter cette scne. Au reste, vous savez votre affaire; on ne
se livre pas impunment aux crimes noirs et affreux que vous avez commis, et
je vous trouve fort heureux d'en tre quitte  si bon march." Notre homme
avait cout ma harangue avec la plus grande attention, et, ds qu'elle fut
finie, il se jeta en pleurant  mes genoux, en me suppliant de le mnager. "Je
sais bien, dit-il, que je me suis grandement oubli. J'ai puissamment offens
Dieu et la Justice; mais puisque c'est vous, ma bonne dame, qui tes charge
de ma correction, je vous demande avec instance de me mnager. -Monsieur, lui
dis-je, je ferai mon devoir. Que savez-vous si je ne suis pas moi-mme
examine, et si je suis matresse de me livrer  la compassion que vous
m'inspirez? Dshabillez-vous et soyez docile, c'est tout ce que je puis vous
dire." Grancourt obit, et, dans une minute, il fut nu comme la main. Mais,
grand Dieu! quel corps offrait-il  ma vue! Je ne puis vous le comparer qu'
un taffetas chin. Il n'y avait pas une place de ce corps tout marqu qui ne
portt l'preuve d'une dchirure. Cependant j'avais mis au feu une discipline
de fer, arme de pointes aigus, qui m'avait t envoye le matin avec
l'instruction. Cette arme meurtrire se trouva rouge  peu prs au mme
instant o Grancourt se trouva nu. Je m'en empare, et commenant  le
flageller avec, doucement d'abord, puis un peu plus fort, et puis  tour de
bras, et cela indistinctement depuis la nuque du col jusqu'au talon, en un
instant je mets mon homme en sang. "Vous tes un sclrat, lui disais-je en
frappant, un gueux qui avez commis toutes sortes de crimes. Rien n'est sacr
pour vous, et dernirement encore, on dit que vous avez empoisonn votre mre.
-Cela est vrai, madame, cela est vrai, disait-il en se branlant, je suis un
monstre, je suis un criminel; il n'y a pas d'infamie et que je n'aie faite et
que je ne sois prt  faire encore. Allez, vos coups sont inutiles; je ne me
corrigerai jamais, j'ai trop de volupt dans le crime; vous me tueriez que je
le commettrais encore. Le crime est mon lment, il est ma vie, j'y ai vcu et
j'y veux mourir. Et vous sentez combien, m'animant lui-mme par ces propos, je
redoublais et mes invectives et mes coups. Un "foutre!" lui chappe pourtant:
c'tait le signal;  ce mot, je redouble de vigueur et tche de le frapper sur
les endroits les plus sensibles. Il cabriole, il saute, il m'chappe, et va se
jeter, en dchargeant, dans une cuve d'eau tide prpare tout exprs pour le
purifier de cette sanglante crmonie. Oh! pour le coup, je cdai  ma
compagne l'honneur d'en avoir vu plus que moi sur cet article, et je crois que
nous pouvions bien nous dire, alors, les deux seules de Paris qui en eussions
vu autant, car notre Grancourt ne variait jamais, et il y avait plus de vingt
ans qu'il allait tous les trois jours chez cette femme pour pareille
expdition.
     "Peu aprs, cette mme amie m'adressa chez un autre libertin dont la
fantaisie, je le crois, vous paratra pour le moins aussi singulire. La scne
se passait  sa petite maison, au Roule. On m'introduit dans une chambre assez
sombre, o je vois un homme au lit et, dans le milieu de la chambre, une
bire. Vous voyez, me dit notre libertin, un homme au lit de la mort, et qui
n'a pas voulu fermer les yeux sans rendre encore une fois hommage  l'objet de
son culte. J'adore les culs, et je veux mourir en en baisant un. Ds que
j'aurai ferm les yeux, vous me placerez vous-mme dans cette bire aprs
m'avoir enseveli, et vous m'y clouerez. Il entre dans mes intentions de mourir
ainsi dans le sein du plaisir, et d'tre servi dans ce dernier moment par
l'objet mme de ma lubricit. Allons, continue-t-il d'une voix faible et
entrecoupe, dpchez-vous, car je suis au dernier moment." J'approche, je me
tourne, je lui fais voir mes fesses. "Ah! le beau cul! dit-il, que je suis
bien aise d'emporter au tombeau l'ide d'un si joli derrire!" Et il le
maniait, et il l'entrouvrait, et il le baisait, comme l'homme du monde qui se
porte le mieux.
     "Ah! dit-il au bout d'un instant, en quittant sa besogne et se retournant
de l'autre ct, je savais bien que je ne jouirais pas longtemps de ce
plaisir! J'expire, souvenez-vous de ce que je vous ai recommand." Et, en
disant cela, il pousse un grand soupir, se roidit, et joue si bien son rle
que le diable m' emporte si je ne le crus mort. Je ne perds pas la tte:
curieuse de voir la fin d'une si plaisante crmonie, je l'ensevelis. Il ne
bougeait plus, et soit qu'il et un secret pour paratre ainsi, soit que mon
imagination ft frappe, mais il tait raide et froid comme une barre de fer;
son vit seul donnait quelques signes d'existence, car il tait dur et coll
contre son ventre et des gouttes de foutre semblaient s'en exhaler malgr lui.
Sitt qu'il est empaquet dans un drap, je l'emporte, et ce n'tait pas l le
plus ais, car la manire dont il se raidissait le rendait aussi lourd qu'un
boeuf. J'en viens pourtant  bout, et je l'tends dans sa bire; ds qu'il y
est, je me mets  rciter l'office des morts et je le cloue enfin. Tel tait
l'instant de la crise:  peine a-t-il entendu les coups de marteau, qu'il
s'crie comme un furieux: "Ah! sacr nom d'un Dieu, je dcharge! Sauve-toi
putain, sauve-toi, car si je t'attrape tu es morte!" La peur me prend, je me
lance sur l'escalier, o je rencontre un valet de chambre adroit et au fait
des manies de son matre, qui me donne deux louis, et qui entre prcipitamment
dans la chambre du patient pour le dlivrer de l'tat o je l'avais mis."
 
    "Voil un plaisant got, dit Durcet. Eh bien! Curval, le conois-tu,
celui-l? -A merveille, dit Curval, ce personnage-l est un homme qui veut se
familiariser avec l'ide de la mort, et qui n'a pas vu de meilleur moyen pour
cela que de la lier avec une ide libertine. Il est parfaitement sr que cet
homme-l mourra en maniant des culs. -Ce qu'il y a de certain, dit Champville,
c'est que c'est un fier impie; je le connais, et j'aurai occasion de vous
faire voir comme il en use avec les plus saints mystres de la religion. -a
doit tre, dit le duc; c'est un homme qui se moque de tout et qui veut
s'accoutumer  penser et  agir de mme  ses derniers instants. -Pour moi
ajouta l'vque, je trouve quelque chose de trs piquant  cette passion, et
je ne vous cache pas que j'en bande. Continue, Duclos, continue, car je sens
que je ferais quelque sottise et je n'en veux plus faire aujourd'hui."
 
    "Eh bien, dit cette belle fille, en voici un moins compliqu: il s'agit
d'un homme qui m'a suivie plus de cinq ans de suite pour l'unique plaisir de
se faire coudre le trou du cul. Il s'tendait  plat ventre sur un lit, je
m'asseyais entre ses jambes, et l, arme d'une aiguille et d'une demi-aune de
gros fil cir, je lui cousais exactement l'anus tout autour; et la peau de
cette partie tait chez cet homme tellement dure et tellement faite au coup
d'aiguille, que mon opration n'en faisait pas sortir une goutte de sang. Il
se branlait lui-mme pendant ce temps-l, et dchargeait comme un diable au
dernier coup d'aiguille. Son ivresse dissipe, je dfaisais promptement mon
ouvrage et tout tait dit.
     "Un autre se faisait frotter avec de l'esprit-de-vin sur tous les
endroits de son corps o la nature avait plac des poils, puis j'allumais
cette liqueur spiritueuse, qui consumait  l'instant tous les poils. Il
dchargeait en se voyant en feu pendant que je lui faisais voir mon ventre, ma
motte, et le reste, car celui-l avait le mauvais got de ne regarder jamais
que des devants." 

    "Mais qui de vous, messieurs, a connu Mirecourt, aujourd'hui prsident de
grand-chambre et dans ce temps-l conseiller clerc? -Moi, rpondit Curval. -Eh
bien! monsieur, dit Duclos, savez-vous quelle tait et quelle est encore,  ce
que je crois, sa passion. -Non et comme il passe, ou veut passer, pour un
dvot, je serai fort aise de le savoir. -Eh bien, reprit Duclos, il veut qu'on
le prenne pour un ne.. -Ah! morbleu, dit le duc  Curval, mon ami c'est un
got d'tat que ceci! Je parierais qu'alors cet homme-l croit qu'il va
juger... -Eh bien, ensuite dit le duc. -Ensuite, monseigneur, il faut le mener
par le licol, le promener ainsi une heure dans la chambre; il braie, on le
monte, et ds qu'on est dessus, on le fouette sur tout le corps avec une
houssine comme pour presser sa marche; il la redouble, et comme il se branle
pendant ce temps-l, ds qu'il dcharge, il jette les hauts cris, fait une
ruade, et jette la fille les quatre fers en l'air. -Oh! pour celle-l, dit le
duc, elle est plus divertissante que lubrique. Et dis-moi, je te prie, Duclos,
cet homme-l t'a-t-il dit s'il avait quelque camarade du mme got? -Oui, dit
l'aimable Duclos en entrant avec esprit dans la plaisanterie, et descendant de
son estrade parce que sa tche tait remplie, oui, monseigneur; il me dit
qu'il en avait beaucoup, mais qu'ils ne voulaient pas tous se laisser monter."
La sance tant finie, on voulut faire quelque sottise avant souper; le duc
serrait Augustine de fort prs. "Je ne m'tonne pas, disait-il, en la branlant
sur le clitoris et en lui faisant empoigner son vit, je ne m'tonne pas qu'il
prenne quelquefois  Curval des tentations de rompre le pacte et de faire
sauter un pucelage, car je sens que dans ce moment-ci, par exemple,
j'enverrais de bon coeur au diable celui d'Augustine. -Lequel? dit Curval. -Ma
foi, tous deux, dit le duc; mais il faut tre sage: en attendant ainsi nos
plaisirs, nous les rendrons bien plus dlicieux. Allons petite fille,
continua-t-il, faites-moi voir vos fesses, a fera changer peut-tre la nature
de mes ides... Sacredieu! le beau cul qu'a cette petite putain-l! Curval,
que me conseilles-tu d'en faire? -Une vinaigrette, dit Curval. -Plt  Dieu!
dit le duc. Mais patience... tu verras que tout viendra avec le temps. -Mon
trs cher frre, dit le prlat d'une voix coupe, vous tenez des propos qui
sentent le foutre. -Eh! vraiment, c'est que j'ai grande envie d'en perdre.
-Eh! qui vous en empche? dit l'vque. -Oh! tout plein de choses, reprit le
duc. D'abord il n'y a pas de merde, et j'en voudrais; et puis je ne sais: j'ai
envie de tout plein de choses. -Et de quoi? dit Durcet,  qui Antinos chiait
dans la bouche. -De quoi? dit le duc. D'une petite infamie  laquelle il faut
que je me livre." Et passant au boudoir du fond avec Augustine, Zlamir,
Cupidon, Duclos, Desgranges et Hercule, on entendit au bout d'une minute des
cris et des jurements qui prouvaient que le duc venait enfin de calmer et sa
tte et ses couilles. On ne sait pas trop ce qu'il avait fait  Augustine,
mais malgr son amour pour elle, on la vit revenir en pleurant et un de ses
doigts entortill. Nous sommes dsols de ne pouvoir pas encore expliquer tout
cela, mais il est certain que ces messieurs, sous-main et avant que cela ne
ft bien exactement permis, se livraient  des choses qu'on ne leur avait pas
encore racontes, et en cela ils manquaient formellement aux conventions
qu'ils avaient tablies; mais quand une socit entire commet les mmes
fautes, elle se les pardonne assez communment. Le duc rentra, et vit avec
plaisir que Durcet et l'vque n'avaient pas perdu leur temps, et que Curval,
entre les bras de Brise-cul, faisait dlicieusement tout ce qu'on peut faire
avec tout ce qu'il avait pu rassembler prs de lui d'objets voluptueux. On
servit. Les orgies  l'ordinaire; et l'on fut se coucher. Tout clope
qu'tait Adlade, le duc, qui devait l'avoir cette nuit-l, la voulut, et
comme il tait revenu des orgies un peu ivre  son ordinaire, on dit qu'il ne
la mnagea pas. Enfin la nuit se passa comme toutes les prcdentes,
c'est--dire dans le sein du dlire et de la dbauche; et la blonde Aurore
tant venue, comme disent les potes, ouvrir les portes du palais d'Apollon,
ce dieu, assez libertin lui-mme, ne monta sur son char azur que pour venir
clairer de nouvelles luxures.
 

                                    (XXIX)
                                        
                            Vingt-cinquime journe

     Une nouvelle intrigue se formait pourtant  la sourdine dans les murs
impntrables du chteau de Silling, mais elle n'tait pas d'une consquence
aussi dangereuse que celle d'Adlade et de Sophie. Cette nouvelle association
se tramait entre Aline et Zelmire; la conformit du caractre de ces deux
jeunes filles avait aid beaucoup  les lier: toutes deux douces et sensibles,
deux ans et demi de diffrence au plus dans leur ge, bien de l'enfance, bien
de la bonhomie dans leur caractre, en un mot presque toutes deux les mmes
vertus et presque toutes deux les mmes vices, car Zelmire, douce et tendre,
tait nonchalante et paresseuse comme Aline. En un mot elles se convenaient si
bien que, le matin du vingt-cinq, on les trouva dans le mme lit, et voici
comme cela eut lieu. Zelmire, tant destine  Curval, couchait, comme on
sait, dans sa chambre; cette mme nuit; Aline tait femme de lit de Curval;
mais Curval, revenu ivre mort des orgies, ne voulut coucher qu'avec
Bande-au-ciel, et moyennant cela, les deux petites colombes, abandonnes et
runies par ce hasard, se camprent, de crainte du froid, toutes les deux dans
le mme lit, et l on prtendit que leur petit doigt s'tait gratt ailleurs
qu'au coude. Curval, en ouvrant les yeux le matin, et voyant ces deux oiseaux
dans le mme nid, leur demanda ce qu'elles faisaient l, et, leur ordonnant de
venir  l'instant toutes deux dans son lit, il les flaira au-dessous du
clitoris, et reconnut clairement qu'elles taient encore toutes deux pleines
de foutre. Le cas tait grave: on voulait bien que ces demoiselles fussent des
victimes d'impudicit, mais on exigeait qu'entre elles il y et de la dcence
(car que n'exige pas le libertinage dans ses perptuelles inconsquences!), et
si l'on voulait bien quelquefois leur permettre d'tre impures entre elles, il
fallait que ce ft, et par ordre de ces messieurs, et sous leurs yeux. Moyen
en quoi le cas fut port au conseil, et les deux dlinquantes, qui ne purent
ou n'osrent dsavouer, eurent l'ordre de montrer comment elles s'y prenaient,
et de faire voir devant tout le monde quel tait leur petit talent
particulier. Elles le firent en rougissant beaucoup, en pleurant, et en
demandant pardon de ce qu'elles avaient fait. Mais il tait trop doux d'avoir
ce joli petit couple  punir le samedi d'ensuite pour qu'on imagint de leur
faire grce, et elles furent subitement inscrites sur le fatal livre de
Durcet, qui, par parenthse, se remplissait trs agrablement cette semaine.
Cette expdition faite, on acheva le djeuner, et Durcet fit ses visites. Les
fatales indigestions valurent encore une dlinquante: c'tait la petite
Michette; elle n'en pouvait plus, disait-elle, on l'avait trop fait manger la
veille, et mille autres petites excuses enfantines qui ne l'empchrent pas
d'tre inscrite. Curval, qui bandait beaucoup, saisit le pot de chambre et
dvora tout ce qui tait dedans. Et jetant ensuite sur elle des yeux
courroucs: "Oh! oui, parbleu, petite coquine, lui dit-il. Oh! oui, parbleu,
vous serez corrige, et de ma main encore. Il n'est pas permis de chier comme
cela; vous n'aviez qu' nous avertir, au moins; vous savez bien qu'il n'y a
pas d'heure o nous ne soyons prts  recevoir de la merde." Et il lui maniait
fortement les fesses en lui adressant la leon. Les garons se trouvrent
intacts; on n'accorda nulle permission pour la chapelle, et l'on se mit 
table. On raisonna beaucoup pendant le dner sur l'action d'Aline: on la
croyait une sainte nitouche, et tout  coup voil des preuves de son
temprament. "Eh! bien, dit Durcet  l'vque, mon ami, faut-il s'en rapporter
 l'air des filles, maintenant?" On convint unanimement qu'il n'y avait rien
de si trompeur, et que, comme elles taient toutes fausses, elles ne se
servaient jamais de leur esprit qu' l'tre avec plus d'adresse. Ces propos
firent tomber la conversation sur les femmes, et l'vque, qui les abhorrait,
se livra  toute la haine qu'elles lui inspiraient; il les ravala  l'tat des
plus vils animaux, et prouva leur existence si parfaitement inutile dans le
monde, qu'on pourrait les extirper toutes de dessus la terre sans nuire en
rien aux vues de la nature qui, ayant bien trouv autrefois le moyen de crer
sans elles, le trouverait encore quand il n'existerait que des hommes. On
passa au caf; il tait prsent par Augustine, Michette, Hyacinthe et
Narcisse. L'vque, dont un des plus grands plaisirs simples tait de sucer le
vit des petits garons, s'amusait depuis quelques minutes  ce jeu avec
Hyacinthe, lorsque tout  coup il s'cria en retirant sa bouche pleine: "Ah!
sacredieu, mes amis, voil un pucelage! Voil la premire fois que ce petit
drle-l dcharge, j'en suis sr." Et, de fait, personne n'avait encore vu
Hyacinthe en venir l; on le croyait mme trop jeune pour y parvenir encore;
mais il avait quatorze ans faits, c'tait l'ge o la nature a coutume de nous
combler de ses faveurs, et rien n'tait plus rel que la victoire que l'vque
s'imaginait avoir remporte. On voulut cependant constater le fait, et chacun
voulant tre tmoin de l'aventure, on s'assit en demi-cercle autour du jeune
homme. Augustine, la plus clbre branleuse du srail, eut ordre de manualiser
l'enfant en face de l'assemble, et le jeune homme eut permission de la manier
et de la caresser en telle partie du corps qu'il le dsirait: nul spectacle
plus voluptueux que celui de voir une jeune fille de quinze ans, belle comme
le jour, se prter aux caresses d'un jeune garon de quatorze et l'exciter 
la dcharge par la plus dlicieuse pollution! Hyacinthe, peut-tre aid de la
nature, mais plus certainement encore des exemples qu'il avait sous ses yeux,
ne toucha, ne mania, ne baisa que les jolies petites fesses de sa branleuse,
et, au bout d'un instant, ses belles joues se colorrent, il poussa deux ou
trois soupirs, et son joli petit vit lana  trois pieds de lui cinq ou six
jets d'un petit foutre doux et blanc comme de la crme, qui vint tomber sur la
cuisse de Durcet, plac le plus prs de lui, et qui se faisait branler par
Narcisse en regardant l'opration. Le fait bien constat, on caressa et baisa
l'enfant de toute part; chacun voulut recueillir une petite portion de ce
jeune sperme, et comme il parut qu' son ge et pour un dbut, six dcharges
n'taient pas trop, aux deux qu'ils venaient de faire nos libertins lui en
firent joindre chacun une, qu'il leur rpandit dans la bouche. Le duc, s'tant
chauff de ce spectacle, s'empara d'Augustine et la branla sur le clitoris
avec la langue jusqu' ce qu'elle et dcharg deux ou trois fois, ce que la
petite friponne, pleine de feu et de temprament, fit bientt. Pendant que le
duc polluait ainsi Augustine, il n'y avait rien de si plaisant que de voir
Durcet, venant recueillir les symptmes du plaisir qu'il ne procurait point,
baiser mille fois sur la bouche cette belle enfant, et avaler, pour ainsi
dire, la volupt qu'un autre faisait circuler dans ses sens. Il tait tard, on
fut oblig de soustraire la mridienne et de passer au salon d'histoire, o
Duclos attendait depuis longtemps. Ds que tout le monde fut arrang, elle
poursuivit le rcit de ses aventures dans les termes suivants:
 
    "J'ai dj eu l'honneur de vous le dire, messieurs, il est trs difficile
de comprendre tous les supplices que l'homme invente contre lui-mme pour
retrouver, dans leur avilissement ou dans leurs douleurs, ces tincelles de
plaisir que l'ge ou la satit lui ont fait perdre. Croiriez-vous qu'une de
ces espces de gens, homme de soixante ans, et singulirement blas sur tous
les plaisirs de la lubricit, ne les rveillait plus dans ses sens qu'en se
faisant brler avec une bougie sur toutes les parties de son corps et
principalement sur celles que la nature destine  ces plaisirs-l? On la lui
teignait fortement sur les fesses, le vit, les couilles, et surtout sur le
trou du cul; il baisait un derrire pendant ce temps-l, et quand on lui avait
vivement renouvel quinze ou vingt fois cette douloureuse opration, il
dchargeait en suant l'anus que sa brleuse lui prsentait.
     "J'en vis un autre, peu aprs, qui m'obligeait  me servir d'une trille
de cheval, et de le panser avec, sur tout le cors, prcisment comme on aurait
fait de l'animal que je viens de nommer. Ds que son corps tait tout en sang,
je le frottais avec de l'esprit-de-vin, et cette seconde douleur le faisait
abondamment dcharger sur ma gorge: tel tait le champ de bataille qu'il
voulait arroser de son foutre. Je me mettais  genoux devant lui, je pressais
son vit dans mes ttons, et il y rpandait tout  l'aise l'cre superflu de
ses couilles.
     "Un troisime se faisait arracher brin  brin tout le poil des fesses. Il
se branlait pendant l'opration sur un tron tout chaud que je venais de lui
faire. Puis,  l'instant o un foutre de convention m'apprenait l'approche de
la crise, il fallait, pour la dterminer, que je lui dardasse dans chaque
fesse un coup de ciseaux qui le ft saigner. Il avait le cul ouvert de ces
plaies, et  peine pus-je trouver un endroit intact pour y faire mes deux
blessures;  cet instant, son nez se plongeait dans la merde, il s'en
barbouillait tout le visage, et des flots de sperme couronnaient son extase.
     "Un quatrime me mettait le vit dans la bouche et m'ordonnait de le lui
mordre de toutes mes forces. Pendant ce temps-l, je lui dchirais les deux
fesses avec un peigne de fer  dents trs aigus, puis, au moment o je
sentais son engin prt  foutre, ce que m'annonait une trs lgre et trs
faible rection, alors, dis-je, je lui cartais prodigieusement les deux
fesses, et j'approchais le trou de son cul de la flamme d'une bougie place 
terre  ce dessein. Ce n'tait qu' la sensation de la brlure de cette bougie
 son anus que se dcidait l'mission: je redoublais alors mes morsures, et ma
bouche se trouvait bientt pleine." 

    "Un instant, dit l'vque. Je n'entendrai point parler aujourd'hui de
dcharge faite dans une bouche, sans que cela me rappelle la bonne fortune que
je viens d'avoir, et ne dispose mes esprits  des plaisirs de mme sorte." En
disant cela, il attire  lui Bande-au-ciel, qui tait de poste auprs de lui
ce soir-l, et se met  lui sucer le vit avec toute la lubricit d'un vrai
bougre. Le foutre part, il l'avale, et renouvelle bientt la mme opration
sur Zphire. Il bandait, et rarement les femmes se trouvaient bien auprs de
lui quand il tait dans cette crise. Malheureusement, c'tait Aline, sa nice.
"Que fais-tu l, garce, lui dit-il, quand ce sont des hommes que je veux?
Aline veut s'esquiver, il la saisit par ses cheveux, et l'entranant dans son
cabinet avec Zelmire et Hb, les deux filles de son srail: "Vous allez voir,
vous allez voir, dit-il  ses amis, comme je vais apprendre  ces gueuses-l 
me faire trouver des cons sous ma main quand ce sont des vits que je veux!"
Fanchon suivit les trois pucelles par son ordre, et au bout d'un instant on
entendit vivement crier Aline, et les hurlements de la dcharge de monseigneur
se joindre aux accents douloureux de sa chre nice. Tout rentra... Aline
pleurait, serrait et tortillait le derrire. "Viens me faire voir cela! lui
dit le duc. J'aime  la folie  voir les vestiges de la brutalit de monsieur
mon frre." Aline montra je ne sais quoi, car il m'a toujours t impossible
de dcouvrir ce qui se passait dans ces infernaux cabinets, mais le duc
s'cria: "Ah! foutre, c'est dlicieux! Je crois que je m'en vais en faire
autant." Mais Curval lui ayant fait observer qu'il tait tard et qu'il avait
un projet d'amusement  lui communiquer aux orgies, qui demandait et toute sa
tte, et tout son foutre, on pria Duclos de faire le cinquime rcit par
lequel sa soire devait se clore, et elle reprit dans ces termes:
 
    "Du nombre de ces gens extraordinaires, dit cette belle fille, dont la
manie consiste  se faire avilir et dgrader, tait un certain prsident de la
chambre des Comptes que l'on appelait Foucolet. Il est impossible d'imaginer 
quel point celui-l poussait cette manie; il fallait lui donner un chantillon
de tous les supplices. Je le pendais, mais la corde rompait  temps, et il
tombait sur des matelas; l'instant aprs, je l'tendais sur une croix de
Saint-Andr et faisais semblant de lui briser les membres avec une barre de
carton; je le marquais sur l'paule avec un fer presque chaud, et qui laissait
une lgre empreinte; je le fouettais sur le dos, prcisment comme fait
l'excuteur des hautes oeuvres, et il fallait entremler tout cela
d'invectives atroces, de reproches amers de diffrents crimes, desquels,
pendant chacune de ces oprations il demandait en chemise, un cierge en main,
bien humblement pardon  Dieu et  la Justice. Enfin, la sance se terminait
sur mon derrire, o le libertin venait perdre son foutre quand sa tte tait
au dernier degr d'embrasement." 

    "Eh! bien, me laisses-tu dcharger en paix,  prsent que Duclos a fini?
dit le duc  Curval. -Non, non, dit le prsident; garde ton foutre: je te dis
que j'en ai besoin pour les orgies. -Oh! je suis ton valet, dit le duc; me
prends-tu donc pour un homme us, et t'imagines-tu qu'un peu de foutre que je
vais perdre tout  l'heure m'empchera de cder et de correspondre  toutes
les infamies qui te passeront par la tte dans quatre heures d'ici? N'aie pas
peur, je serai toujours prt; mais il a plu  monsieur mon frre de me donner
l un petit exemple d'atrocit, que je serais bien fch de ne pas excuter
avec Adlade, ta chre et aimable fille." Et la poussant aussitt dans le
cabinet avec Thrse, Colombe et Fanny, les femmes de son quadrille, il y fit
vraisemblablement ce que l'vque avait fait  sa nice, et dchargea avec les
mmes pisodes, car on entendit comme tout  l'heure un cri terrible de la
jeune victime et le hurlement du paillard. Curval voulut dcider qui des deux
frres s'tait le mieux conduit; il fit approcher les deux femmes, et ayant
examin les deux derrires  l'aise, il dcida que le duc n'avait imit qu'en
surpassant. On fut se mettre  table, et, ayant au moyen de quelque drogue,
farci de vents les entrailles de tous les sujets, hommes et femmes, on joua
aprs souper  pte-en-gueule. Les amis taient tous quatre couchs sur le
dos, sur des canaps, la tte releve, et l'on venait tour  tour leur pter
dans la bouche; Duclos tait charge de compter et de marquer, et comme il y
avait trente-six pteurs ou pteuses contre seulement quatre avaleurs, il y en
eut qui reurent jusqu' cent cinquante pets. C'tait pour cette lubrique
crmonie que Curval voulait que le duc se rservt, mais cela tait
parfaitement inutile; il tait trop ami du libertinage pour qu'un excs
nouveau ne lui fit pas toujours le plus grand effet, dans quelque situation
qu'on vnt le lui proposer, et il n'en dchargea pas moins une seconde fois
compltement aux vents moelleux de la Fanchon. Pour Curval, ce furent les pets
d'Antinos qui lui cotrent du foutre, tandis que Durcet perdit le sien,
excit par ceux de Martaine, et l'vque excit par ceux de Desgranges. Mais
les jeunes beauts n'obtinrent rien, tant il est vrai qu'il faut que tout se
suive et qu'il faut que ce soit toujours les gens crapuleux qui excutent les
choses infmes.
 

                                     (XXX)
                                        
                             Vingt-sixime journe

     Comme rien n'tait plus dlicieux que les punitions, que rien ne
prparait autant de plaisirs, et de ces sortes de plaisirs qu'on s'tait
promis de ne goter que l, jusqu' ce que les rcits permissent, en les
dveloppant, de s'y livrer avec plus d'tendue, on imagina tout pour tcher de
faire tomber les sujets dans des fautes qui procurassent la volupt de les
punir. Pour cet effet, les amis s'tant assembls extraordinairement ce
matin-l pour raisonner sur cette affaire, on ajouta diffrents articles aux
rglements, dont l'infraction devait ncessairement occasionner des punitions.
D'abord, on dfendit expressment aux pouses, aux jeunes garons et aux
filles, de pter ailleurs que dans la bouche des amis; ds que cette envie
leur prenait, il fallait sur-le-champ en aller trouver un et lui administrer
ce qu'on retenait; une forte peine afflictive fut inflige aux dlinquants. On
dfendit, de mme, absolument l'usage des bidets et des torchements de cul: il
fut ordonn  tous les sujets, gnralement et sans aucune exception, de ne se
jamais laver et de ne jamais sur toute chose torcher son cul en revenant de
chier; que lorsque leur cul serait trouv propre, il faudrait que le sujet
prouvt que c'tait un des amis qui le lui avait nettoy, et qu'il le citt.
Moyennant quoi, l'ami interrog ayant la facilit de nier le fait quand il le
voudrait, se procurait  la fois deux plaisirs: celui de torcher un cul avec
sa langue, et celui de faire punir le sujet qui venait de lui donner ce
plaisir... On en verra des exemples. Ensuite on introduisit une crmonie
nouvelle: ds le matin, au caf, ds qu'on entrait dans la chambre des filles,
et de mme quand, aprs cela, on passait dans celle des garons, chacun de ces
sujets devait, l'un aprs l'autre, aller aborder chacun des amis, et lui dire
 haute et intelligible voix: "Je me fous de Dieu! Voulez-vous mon cul? Il y a
de la merde." Et ceux ou celles qui ne prononceraient pas, et le blasphme, et
la proposition  haute voix, seraient sur-le-champ inscrits sur le fatal
livre. On imagine aisment combien la dvote Adlade et sa jeune lve Sophie
eurent de la peine  prononcer de telles infamies, et c'est ce qui
divertissait infiniment. Tout cela rgl, on admit les dlations; ce moyen
barbare de multiplier les vexations, admis chez tous les tyrans, fut embrass
avec chaleur. Il fut dcid que tout sujet qui porterait une plainte contre un
autre gagnerait la suppression de la moiti de sa punition  la premire faute
qu'il commettrait; ce qui n'engageait  rien du tout, parce que le sujet qui
venait en accuser un autre ignorait toujours o devait aller la punition dont
on lui promettait de gagner moiti; moyen en quoi il tait trs ais de lui
donner tout ce qu'on voulait donner, et de lui persuader encore qu'il avait
gagn. On dcida et l'on publia que la dlation serait crue sans preuve,
ensuite qu'il suffirait d'tre accus n'importe par qui pour tre  l'instant
inscrit. On augmenta, de plus, l'autorit des vieilles, et sur leur moindre
plainte, vraie ou non, le sujet tait condamn sur-le-champ. On tablit, en un
mot, sur le petit peuple toute la vexation, toute l'injustice qu'on pt
imaginer, srs de retirer des sommes d'autant plus fortes de plaisirs que la
tyrannie aurait t le mieux exerce. Cela fait, on visita les garde-robes.
Colombe se trouva coupable; elle s'excusa sur ce qu'on lui avait fait manger
la veille entre ses repas et qu'elle n'avait pu y rsister, qu'elle tait bien
malheureuse, que c'tait la quatrime semaine de suite qu'elle tait punie. Le
fait tait vrai, et il ne fallait en accuser que son cul, qui tait le plus
frais, le mieux tourn et le plus mignon qu'on pt voir. Elle objecta qu'elle
ne s'tait pas torche, et que a devait au moins lui valoir quelque chose.
Durcet examina, et lui ayant effectivement trouv un trs gros et trs large
placard de merde, on l'assura qu'elle ne serait pas traite avec autant de
rigueur. Curval qui bandait s'en empara, et lui ayant compltement torch
l'anus, il se fit apporter l'tron, qu'il mangea en se faisant branler par
elle, et entremlant le repas de force baisers sur la bouche et d'injonctions
positives d'avaler  son tour ce qu'il lui rapportait de son propre ouvrage.
On visita Augustine et Sophie, auxquelles il avait t recommand, aprs leurs
selles pousses de la veille, de rester dans l'tat le plus impur. Sophie
tait dans la rgle, quoiqu'elle et couch chez l'vque, ainsi que sa place
l'exigeait; mais Augustine tait de la lus grande propret. Sre de sa
rponse, elle s'avana firement, et dit qu'on savait bien qu'elle avait
couch, suivant sa coutume, chez M. le duc, et qu'avant de s'endormir il
l'avait fait venir dans son lit, o il lui avait suc le trou du cul pendant
qu'elle lui branlait le vit avec le bouche. Le duc interrog dit qu'il ne se
souvenait point de cela (quoique cela ft trs vrai), qu'il s'tait endormi le
vit dans le cul de la Duclos, qu'on pouvait approfondir le fait. On mit  cela
tout le srieux et toute la gravit possible; on envoya chercher Duclos qui,
voyant bien ce dont il s'agissait, certifia tout ce qu'avait avanc le duc, et
soutint qu'Augustine n'avait t appele qu'un instant au lit de monseigneur,
qui lui avait chi dans la bouche pour y revenir manger son tron. Augustine
voulut soutenir sa thse, et disputa contre la Duclos, mais on lui imposa
silence, et elle fut inscrite, quoique parfaitement innocente. On passa chez
les garons, o Cupidon fut trouv en faute: il avait fait, dans son pot de
chambre, le plus bel tron qu'on pt voir. Le duc s'en empara et le dvora,
pendant que le jeune homme lui suait le vit. On refusa toutes les permissions
de chapelle, et on passa au salon  manger. La belle Constance, qu'on
dispensait quelquefois d'y servir a cause de son tat, se trouvant bien ce
jour-l, parut nue, et son ventre, qui commenait un peu  enfler, chauffa
beaucoup la tte de Curval, et comme on vit qu'il commenait  manier un peu
durement les fesses et le sein de cette pauvre crature, pour laquelle on
s'apercevait chaque jour que son horreur allait en doublant, sur ses instances
et d'aprs l'envie qu'on avait de conserver son fruit au moins jusqu' une
certaine poque, on lui permit de ne plus paratre ce jour-l qu'aux
narrations, dont elle n'tait jamais exempte. Curval se remit  dire des
horreurs sur les pondeuses d'enfants, et protesta que s'il tait le matre il
tablirait la loi de l'le de Formose, o les femmes enceintes avant trente
ans sont piles dans un mortier avec leur fruit, et que, quand on ferait
suivre cette loi-l en France, il y aurait encore deux fois plus de population
qu'il n'en faudrait. On passa au caf; il tait prsent par Sophie, Fanny,
Zlamir et Adonis, mais servi d'une trs singulire faon: ce fut avec leur
bouche qu'ils le firent avaler. Sophie servit le duc, Fanny Curval, Zlamir
l'vque, et Adonis Durcet. Ils prenaient les gorges dans leur bouche, se la
rinaient avec, et la rendaient ainsi dans le gosier de celui qu'ils
servaient. Curval, qui tait sorti de table trs chauff, rebanda de nouveau
 cette crmonie, et quand elle fut acheve, il s'empara de Fanny et lui
dchargea dans la bouche, en lui ordonnant d'avaler, sous les peines les plus
graves, ce que fit ce malheureux enfant sans mme oser sourciller. Le duc et
ses deux autres amis firent pter ou chier, et, la mridienne faite, on vint
couter Duclos, qui reprit ainsi la suite de ses rcits:
 
    "Je vais couler rapidement, dit cette aimable fille, sur les deux
dernires aventures qui me restent  vous conter de ces hommes singuliers qui
ne trouvent leur volupt que dans la douleur qu'on leur fait prouver, et puis
nous changerons de matire si vous le trouvez bon. Le premier, pendant que je
le branlais, nu et debout, voulait que par un trou fait au plafond, on nous
jett tout le temps que devait durer la sance, des flots d'eau presque
bouillante sur le corps. J'eus beau lui reprsenter que, n'ayant pas la mme
passion que lui, j'allais pourtant comme lui m'en trouver la victime, il
m'assura que je n'en ressentirais aucun mal, et que ces douches-l taient
suprieures pour la sant. Je le crus, et me laissai faire; et comme c'tait
chez lui, je ne fus pas matresse du degr de chaleur de l'eau: elle tait
presque bouillante. On n'imagine pas le plaisir qu'il prouva en la recevant.
Pour moi, tout en l'oprant le plus promptement que je pus, je criais, je vous
l'avoue, comme un matou que l'on chaude: ma peau en pela, et je me promis
bien de ne jamais retourner chez cet homme."
 
    "Ah! parbleu, dit le duc, il me prend envie d'chauder comme cela la belle
Aline. -Monseigneur, lui rpondit humblement celle-ci, je ne suis pas un
cochon." Et la franchise nave de sa rponse enfantine ayant fait rire tout le
monde, on demanda  Duclos quel tait le second et dernier exemple qu'elle
avait  citer du mme genre.
 
    "Il n'tait pas tout  fait si pnible pour moi, dit Duclos: il ne
s'agissait que de se cuirasser la main d'un bon gant, puis de prendre avec
cette main du gravier brlant dans une pole, sur un rchaud, et, la main
ainsi remplie, il fallait frotter mon homme avec ce gravier presque en feu,
depuis la nuque du col jusqu'aux talons. Son corps tait si singulirement
endurci  cet exercice qu'il semblait que ce ft du cuir. Quand on en tait au
vit, il allait le prendre et le branler au milieu d'une poigne de ce sable
brlant; il bandait fort vite; alors, de l'autre main, je plaais sous ses
couilles la pelle toute rouge et prpare  dessein. Ce frottement d'une part,
cette chaleur dvorante dont ses testicules taient dvors, peut-tre un peu
d'attouchements sur mes deux fesses, que je devais toujours tenir trs
prsentes pendant l'opration, tout cela le faisait partir, et il
dchargeait, ayant bien soin de faire couler son sperme sur la pelle rouge et
de le considrer brler avec dlices." 

    "Curval, dit le duc, ceci est un homme qui ne me parat pas aimer la
population plus que toi. -Cela m'en a l'air, dit Curval; je ne te cache pas
que j'aime l'ide de vouloir brler son foutre. Oh! je vois bien toutes celles
qu'elle te donne, dit le duc; et ft-il mme clos tu le brlerais avec le
mme plaisir, n'est-ce-pas? -Ma foi, je le crains fort, dit Curval, en faisant
je ne sais quoi  Adlade qui lui fit jeter un grand cri. -Et  qui en as-tu,
putain, dit Curval  sa fille,  piailler de la sorte?... Ne vois-tu pas que
le duc me parle de brler, de vexer, de morigner du foutre clos; et
qu'es-tu, je t'en prie, sinon un peu de foutre clos au sortir de mes
couilles? Allons, poursuivez, Duclos ajouta Curval, car je sens que les pleurs
de cette garce-l me feraient dcharger, et je ne veux pas."
      
    "Nous voici, dit cette hrone,  des dtails qui, portant avec eux des
caractres de singularit plus piquants, vous plairont peut-tre davantage.
Vous savez que l'usage,  Paris, est d'exposer les morts aux portes des
maisons. Il y avait un homme dans le monde qui me payait douze francs par
chacun de ces appareils lugubres o je pouvais le conduire dans ma soire.
Toute sa volupt consistait  s'en approcher avec moi le plus prs possible,
au bord mme du cercueil, si nous pouvions, et l, je devais le branler en
sorte que son foutre jacult sur le cercueil. Nous en allions courir comme
cela trois ou quatre dans la soire, suivant le nombre que j'en avais
dcouvert, et nous faisions la mme opration  tous, sans qu'il me toucht
autre chose que le derrire pendant que je le branlais. C'tait un homme
d'environ trente ans, et j'ai eu sa pratique plus de dix ans, pendant lesquels
je suis sre de l'avoir fait dcharger sur plus de deux mille cercueils." 

    "Mais disait-il quelque chose pendant son opration? dit le duc.
Adressait-il quelque parole  vous ou au mort? -Il invectivait le mort, dit
Duclos; il lui disait: "Tiens, coquin! tiens, bougre! tiens, sclrat! emporte
mon foutre avec toi dans les enfers!" -Voil une singulire manie, dit Curval.
-Mon ami, dit le duc, sois sr que cet homme-l tait un des ntres et qu'il
n'en restait srement pas l. -Vous avez raison, monseigneur, dit la Martaine,
et j'aurai l'occasion de vous reprsenter encore une fois cet acteur-l sur la
scne." Duclos, alors profitant du silence, reprit ainsi:
 
    "Un autre, poussant beaucoup plus loin une fantaisie  peu prs semblable,
voulait que j'eusse des espions en campagne pour l'avertir, chaque fois que
l'on enterrait, dans quelque cimetire, une jeune fille morte sans maladie
dangereuse (c'tait la chose qu'il me recommandait le plus). Ds que je lui
avait trouv son affaire, et il me payait toujours la dcouverte trs cher,
nous partions le soir, nous nous introduisions dans le cimetire comme nous
pouvions, et allant tout de suite au trou indiqu par l'espion, et dont la
terre tait le plus frachement remue, nous travaillions promptement tous
deux  carter avec nos mains tout ce qui couvrait le cadavre; et ds qu'il
pouvait le toucher, je le branlais dessus pendant qu'il le maniait partout, et
surtout sur les fesses, s'il le pouvait. Quelquefois il rebandait une seconde
fois, mais alors il chiait et me faisait chier sur le cadavre, et dchargeait
par-dessus, en palpant toujours toutes les parties du corps qu'il pouvait
saisir."
 
    "Oh! pour celle-l, je la conois, dit Curval, et s'il faut ici vous faire
ma confession, c'est que je l'ai faite quelquefois dans ma vie. Il est vrai
que j'y ajoutais quelques pisodes qu'il n'est pas encore temps de vous dire.
Quoi qu'il en soit, elle me fait bander; cartez vos cuisses, Adlade..." Et
je ne sais ce qui se passa, mais le canap plia sous le faix, on entendit une
dcharge trs constate, et je crois que tout simplement et trs
vertueusement, M. le prsident venait de faire un inceste. "Prsident, dit le
duc, je parie que tu as cru qu'elle tait morte -Oui, en vrit, dit Curval,
car je n'aurais pas dcharg sans cela." Et Duclos, voyant qu'on ne disait
plus mot, termina ainsi sa soire:
 
    "Pour ne pas vous laisser, messieurs, dans des ides aussi lugubres, je
vais clore ma soire par le rcit de la passion du duc de Bonnefort. Ce jeune
seigneur, que j'ai amus cinq ou six fois, et qui pour la mme opration,
voyait souvent une de mes amies, exige qu'une femme, arme d'un godemich, se
branle nue devant lui, et par-devant et par-derrire, trois heures de suite
sans discontinuer. Une pendule est l qui vous rgle, et si l'on quitte
l'ouvrage avant la rvolution juste de la troisime heure, on n'est point
paye. Il est en face de vous, il vous observe, vous tourne et retourne de
tous les cts, vous exhorte  vous vanouir de plaisir, et si, transporte
par les effets de l'opration, vous veniez rellement  perdre connaissance
dans le plaisir, il est bien certain que vous hteriez le sien. Sinon, 
l'instant prcis o l'horloge frappe la troisime heure, il vous approche et
vous dcharge sur le nez."
 
    "Par ma foi, dit l'vque, je ne vois pas, Duclos, pourquoi tu n'as pas
prfr de nous laisser sur les ides prcdentes que sur celle-l. Elles
avaient quelque chose de piquant et qui nous irritait puissamment, au lieu
qu'une passion  l'eau rose, comme celle par laquelle tu finis ta soire, ne
nous laisse rien dans la tte. -Elle a bien raison, dit Julie, qui tait avec
Durcet; pour mon compte, je l'en remercie, et on nous laissera toutes coucher
plus tranquilles, quand on n'aura pas dans la tte de ces vilaines ides que
Mme Duclos avait entames tout  l'heure. -Ah! cela pourrait peut-tre bien
vous tromper, belle Julie! dit Durcet, car, moi, je ne me souviens jamais que
de l'ancien quand le nouveau m'ennuie, et pour vous le prouver, ayez la bont
de me suivre." Et Durcet se jeta dans son cabinet avec Sophie et Michette,
pour dcharger je ne sais trop comment, mais d'une manire pourtant qui ne
plut pas  Sophie, car elle poussa un cri terrible et revint rouge comme une
crte de coq. "Oh! pour celle-l, lui dit le duc, tu n'avais pas envie de la
prendre pour morte, car tu viens de lui faire donner un furieux signe de vie!
-Elle a cri de peur, dit Durcet; demande-lui ce que je lui ai fait, et
ordonne-lui de vous le dire tout bas." Sophie s'approcha du duc pour le lui
dire. "Ah! dit celui-ci tout haut, il n'y avait l ni de quoi tant crier, ni
de quoi faire une dcharge." Et comme le souper sonna, on interrompit tous
propos et tous plaisirs, pour aller jouir de ceux de la table. Les orgies se
clbrrent avec assez de tranquillit, et on fut se coucher vertueusement,
sans qu'il y et mme aucune apparence d'ivresse, ce qui tait extrmement
rare.
 

                                    (XXXI)
                                        
                            Vingt-septime journe

     Ds le matin, les dlations autorises ds la veille commencrent, et les
sultanes, ayant vu qu'il ne manquait que Rosette pour qu'elles fussent toutes
les huit en correction, ne manqurent pas de l'aller accuser. On assura
qu'elle avait pt toute la nuit, et comme c'tait affaire de taquinerie de la
part des jeunes filles, elle eut tout le srail contre elle, et elle fut
inscrite sur-le-champ. Tout le reste se passa  merveille, et except Sophie
et Zelmire, qui balbutirent un peu, les amis furent dcidment abords avec
le nouveau compliment: "Foutredieu! voulez-vous de mon cul? Il y a de la
merde." Et il y en avait bien exactement partout, car, de peur de tentation de
lavage, les vieilles avaient t tout vase, toute serviette et toute eau. Le
rgime de la viande sans pain commenant  chauffer toutes ces petites
bouches qui ne se lavaient pas, on s'aperut de ce jour-l qu'il y avait dj
une grande diffrence dans les haleines: "Ah! parbleu, dit Curval en langotant
Augustine, a signifie quelque chose au moins,  prsent! On bande, en baisant
cela!" Tout le monde convint unanimement que cela valait infiniment mieux.
Comme il n'y eut rien de nouveau jusqu'au caf, nous allons tout de suite y
transporter le lecteur. Il tait servi par Sophie, Zelmire, Giton et Narcisse.
Le duc dit qu'il tait parfaitement sr que Sophie devait dcharger, et qu'il
fallait en faire absolument l'exprience. Il dit  Durcet de l'observer, et la
couchant sur un canap, il la pollua  la fois sur les bords du vagin, au
clitoris, et au trou du cul d'abord avec les doigts, ensuite avec la langue.
La nature triompha: au bout d'un quart d'heure, cette belle fille se troubla,
elle devint rouge, elle soupira; Durcet fit observer tous ces mouvements 
Curval et  l'vque, qui ne pouvait pas croire qu'elle dcharget encore, et,
pour le duc, il fut plus  mme qu'eux tous de s'en convaincre, puisque ce
jeune petit con s'imbiba de partout, et que la petite friponne lui mouilla
toutes les lvres de foutre. Le duc ne put rsister  la lubricit de son
exprience; il se leva, et se courbant sur la jeune fille, il lui dchargea
sur la motte entrouverte, en introduisant avec ses doigts, le plus qu'il put,
son sperme dans l'intrieur du con. Curval, la tte chauffe du spectacle, la
saisit et lui demanda autre chose que du foutre; elle tendit son joli petit
cul, le prsident y colla sa bouche, et le lecteur intelligent devine aisment
ce qu'il en reut. Pendant ce temps-l, Zelmire amusait l'vque: elle le
suait et lui branlait le fondement. Et tout cela pendant que Curval se
faisait branler par Narcisse, dont il baisait ardemment le derrire. Il n'y
eut pourtant que le duc qui perdit son foutre: Duclos avait annonc pour ce
soir-l de plus jolis rcits que les prcdents, et l'on voulut se rserver
pour les entendre. L'heure tant venue, on passa, et voici comment s'exprima
cette intressante fille:
 
    "Un homme dont je n'ai jamais connu, messieurs, dit-elle, ni les entours,
ni l'existence, et que je ne pourrai, d'aprs cela, vous peindre que trs
imparfaitement, me fait prier par un billet de me rendre chez lui,  neuf
heures du soir, rue Blanche-du-Rempart. Il m'avertissait par son billet de
n'avoir aucune dfiance, et que, quoiqu'il ne se ft pas connatre  moi, je
n'aurais aucun sujet de me plaindre de lui. Deux louis accompagnaient la
lettre, et malgr ma prudence ordinaire, qui certainement aurait d s'opposer
 cette dmarche ds que je ne connaissais pas celui qui me la faisait faire,
je hasardai tout cependant, me fiant tout  fait  je ne sais quel
pressentiment qui semblait m'avertir tout bas que je n'avais rien  craindre.
J'arrive, un valet m'ayant avertie de me dshabiller entirement et qu'il ne
pourrait m'introduire qu'en cet tat dans l'appartement de son matre,
j'excute l'ordre, et ds qu'il me voit dans l'tat dsir, il me prend par la
main, et m'ayant fait traverser deux ou trois appartements, il frappe enfin 
une porte. Elle s'ouvre, j'entre, le valet se retire, et la porte se referme,
mais entre un four et l'endroit o je fus introduite, relativement au jour, il
n'y avait pas la moindre diffrence; et le jour ni l'air n'entraient dans
cette pice absolument d'aucun ct. A peine suis-je entre qu'un homme nu
vient  moi et me saisit sans prononcer un seul mot; je ne perds pas la tte,
persuade que tout cela tenait  un peu de foutre qu'il s'agissait de faire
rpandre pour tre dbarrasse de tout ce nocturne crmonial; je porte
sur-le-champ ma main au bas de son ventre,  dessein de faire bien vite perdre
au monstre un venin qui le rendait si mchant. Je trouve un vit trs gros,
fort dur et extrmement mutin, mais dans l'instant on carte mes doigts, on a
l'air de ne vouloir ni que je touche, ni que je vrifie, et on m'assoit sur un
tabouret. L'inconnu se campe auprs de moi, et saisissant mes ttons l'un
aprs l'autre, il les serre et les comprime avec une telle violence que je lui
dis brusquement: "Vous me faites mal!" Alors on cesse, on me relve, on me
couche  plat ventre sur un sofa lev, et s'asseyant entre mes jambes
par-derrire, on se met  faire  mes fesses ce qu'on venait de faire  mes
ttons: on les palpe et les comprime avec une violence sans gale, on les
carte, on les resserre, on les ptrit, on les baise en les mordillant, on
suce le trou de mon cul, et comme ces compressions ritres avaient moins de
danger de ce ct-l que de l'autre, je ne m'opposai  rien, et j'en tais, en
me laissant faire,  deviner quel pouvait tre le but de ce mystre pour des
choses qui me paraissaient aussi simples, lorsque tout  coup j'entends mon
homme pousser des cris pouvantables: "Sauve-toi, foutue putain! sauve-toi, me
dit-il, sauve-toi, garce! Je dcharge et je ne rponds pas de ta vie." Vous
croyez bien que mon premier mouvement fut de gagner au pied; une faible lueur
s offre  moi: c'tait celle du jour, introduit par la porte par laquelle
j'tais entre; je m'y jette, je trouve le valet qui m'avait reue, je me
prcipite dans ses bras, il me rend mes habits, me donne deux louis, et je
dcampe, trs contente de m'en trouver quitte  si bon march."
 
    "Vous aviez lieu de vous fliciter, dit Martaine, car ce n'tait l qu'un
diminutif de sa passion ordinaire. Je vous ferai voir le mme homme,
messieurs, continua cette maman, sous un aspect plus dangereux. -Pas aussi
funeste que celui sous lequel je le prsenterai  ces messieurs, dit
Desgranges, et je me joins  Mme Martaine pour vous assurer que vous ftes
bien heureuse d'en tre quitte pour cela, car le mme homme avait d'autres
passions bien plus singulires. -Attendons donc pour en raisonner que nous
sachions toute son histoire, dit le duc, et presse-toi, Duclos, de nous en
dire une autre, pour nous ter de la cervelle une espce d'individu qui ne
manquerait pas de l'chauffer."
 
    "Celui que je vis ensuite, messieurs, poursuivit Duclos, voulait une femme
qui et une trs belle gorge, et comme c'est une de mes beauts, aprs la lui
avoir fait observer, il me prfra  toutes mes filles. Mais quel usage, et de
ma gorge et de ma figure, l'insigne libertin prtendait-il donc faire? Il
m'tend sur un sofa, toute nue, se campe  cheval sur ma poitrine, place son
vit entre mes deux ttons, m'ordonne de le serrer de mon mieux, et au bout
d'une courte carrire, le vilain homme les inonde de foutre en me lanant de
suite plus de vingt crachats trs pais au visage."
 
    "Eh bien, dit en rognonnant Adlade au duc qui venait de lui cracher au
nez, je ne vois pas quelle ncessit il y a d'imiter cette infamie-l!
Finirez-vous? continuait-elle en s'essuyant, au duc qui ne dchargeait point.
-Quand bon me semblera, ma belle enfant, lui dit le duc; souvenez-vous une
fois dans la vie que vous n'tes l que pour obir et vous laisser faire.
Allons poursuis, Duclos, car je ferais peut-tre pis, et comme j'adore cette
belle enfant-l, dit-il en persiflant, je ne veux pas l'outrager tout a fait." 

    "Je ne sais, messieurs, dit Duclos en reprenant le fil de ses rcits, si
vous avez entendu parler de la passion du commandeur de Saint-Elme. Il avait
une maison de jeu o tous ceux qui venaient risquer leur argent taient
rudement trills; mais ce qu'il y a de fort extraordinaire, c'est que le
commandeur bandait  les escroquer: chaque coupe-gorge qu'il leur faisait, il
dchargeait dans sa culotte, et une femme que j'ai fort connue, et qu'il avait
entretenue longtemps, m'a dit que quelquefois la chose l'chauffait au point
qu'il tait oblig d'aller chercher avec elle quelques rafrachissements 
l'ardeur dont il tait dvor. Il ne s'en tenait pas l: toute espce de vol
avait pour lui le mme attrait, et nul meuble n'tait en sret avec lui:
tait-il  votre table, il y volait des couverts; dans votre cabinet, vos
bijoux; prs de votre poche, votre bourse ou votre mouchoir. Tout tait bon
pourvu qu'il pt le prendre, et tout le faisait bander, et mme dcharger, ds
qu'il l'avait pris.
     "Mais il tait certainement en cela moins extraordinaire que le prsident
au Parlement avec lequel j'eus affaire trs peu de temps aprs mon arrive
chez la Fournier, et dont je conservais encore la pratique, car son cas tant
assez chatouilleux, il ne voulait avoir affaire qu'avec moi. Le prsident
avait un petit appartement lou toute l'anne sur la place de Grve; une
vieille servante l'occupait seule comme concierge, et la seule consigne de
cette femme tait, et d'approprier cet appartement et de faire avertir le
prsident ds qu'on voyait sur la place quelque prparatif d'excution.
Aussitt le prsident me faisait dire de me tenir prte, il venait me prendre
dguis et en fiacre, et nous nous rendions  son petit appartement. La
croise de cette chambre tait dispose de manire qu'elle dominait exactement
et de trs prs sur l'chafaud; nous nous placions l le prsident et moi au
travers d'une jalousie, sur l'une des traverses de laquelle il appuyait une
excellente lorgnette, et, en attendant que le patient part, le suppt de
Thmis s'amusait sur un lit  me baiser les fesses, pisode qui, par
parenthse, lui plaisait extraordinairement. Enfin, le brouhaha nous annonant
l'arrive de la victime, l'homme de robe reprenait sa place  la fentre et
m'y faisait prendre la mienne  ct de lui, avec injonction de lui manier et
branler lgrement le vit, en proportionnant mes secousses  l'excution qu'il
allait observer, en telle sorte que le sperme ne s'chappe qu'au moment o le
patient rendrait son me  Dieu. Tout s'arrangeait, le criminel montait sur
l'chafaud, le prsident contemplait; plus le patient approchait de la mort,
plus le vit du sclrat devenait furieux dans mes mains. Les coups se
portaient enfin: c'tait l'instant de sa dcharge: "Ah! sacredieu, disait-il
alors, double foutu Dieu! Comme je voudrais tre son bourreau moi-mme, et
comme j'aurais frapp mieux que cela!" Au reste, les impressions de ses
plaisirs se mesuraient sur le genre de supplice: un pendu ne produisait sur
lui qu'une sensation fort simple, un homme rompu le mettait dans le dlire,
mais il tait ou brl ou cartel, il s'vanouissait de plaisir. Homme ou
femme, a lui tait gal: "Il n'y aurait, disait-il, qu'une femme grosse qui
me ferait un peu plus d'effet, et malheureusement a ne se peut pas. -Mais,
monsieur, lui disais-je un jour, par votre charge vous cooprez  la mort de
cette infortune victime. -Assurment, me rpondit-il, et c'est ce qui m'en
amuse davantage: depuis trente ans que je juge, je n'ai jamais donn ma voix
autrement qu' mort. -Et croyez-vous, lui dis je, que vous n'ayez pas un peu 
vous reprocher la mort de ces gens-l comme un meurtre -Bon! me dit-il,
faut-il y regarder de si prs? -Mais, lui dis-je, c'est pourtant ce que dans
le monde on appellerait une horreur. -Oh! me dit-il, il faut savoir prendre
son parti sur l'horreur de tout ce qui fait bander, et cela par une raison
bien simple: c'est que cette chose, telle affreuse que vous vouliez la
supposer, n'est plus horrible pour vous ds qu'elle vous fait dcharger; elle
ne l'est donc plus qu'aux yeux des autres; mais qui m'assure que l'opinion des
autres, presque toujours fausse sur tous les objets, ne l'est pas galement
sur celui-ci? Il n'y a, poursuivit-il, rien de foncirement bien et rien de
foncirement mal; tout n'est que relatif  nos moeurs,  nos opinions et  nos
prjugs. Ce point tabli, il est extrmement possible qu'une chose
parfaitement indiffrente en elle-mme soit pourtant indigne  vos yeux et
trs dlicieuse aux miens, et ds qu'elle me plat, d'aprs la difficult de
lui assigner une place juste, ds qu'elle m'amuse, ne serais-je pas un fou de
m'en priver seulement parce que vous la blmez? Va, va, ma chre Duclos, la
vie d'un homme est une chose si peu importante que l'on peut s'en jouer tant
que cela plat, comme l'on le ferait de celle d'un chat ou de celle d'un
chien; c'est au plus faible  se dfendre; il a,  fort peu de chose prs, les
mmes armes que nous. Et puisque tu es si scrupuleuse, ajoutait mon homme, que
dirais-tu donc de la fantaisie d'un de mes amis?" Et vous trouverez bon,
messieurs, que ce got qu'il me raconta fasse et termine le cinquime rcit de
ma soire.
     "Le prsident me dit que cet ami ne voulait avoir affaire qu' des femmes
qui vont tre excutes. Plus le moment o l'on peut les lui livrer est voisin
de celui o elles vont prir, et plus il les paye; mais il faut toujours que
ce soit aprs que leur sentence leur a t signifie. A porte par sa place
d'avoir de ces sortes de bonnes fortunes-l, il n'en manque jamais une, et je
lui ai vu payer jusqu' cent louis des tte--tte de cette espce. Cependant
il n'en jouit pas, il n'exige d'elles que de montrer leurs fesses et de chier;
il prtend que rien n'gale le got de la merde d'une femme  qui on vient de
faire une pareille rvolution. Il n'y a rien qu'il n'imagin pour se procurer
ces tte--tte, et encore, comme vous croyez bien, veut-il qu'on ne le
connaisse pas. Quelquefois il passe pour le confesseur, quelquefois pour un
ami de leur famille, et toujours l'espoir de leur tre utile si elles sont
complaisantes taie ses propositions.	"Et quand il a fini, quand il s'est
satisfait, par o t'imagines-tu qu'il finit son opration, ma chre Duclos? me
disait le prsident... Par la mme chose que moi, ma chre amie: il rserve
son foutre pour le dnouement, et le lche en les voyant dlicieusement
expirer. -Ah! c'est bien sclrat! lui dis-je. -Sclrat? interrompit-il...
Verbiage que cela, mon enfant! rien n'est sclrat de ce qui fait bander, et
le seul crime dans le monde est de se refuser quelque chose sur cela."
 
    "Aussi ne se refusait-il rien, dit la Martaine, et Mme Desgranges et moi
aurons, je me flatte, occasion d'entretenir la compagnie de quelques anecdotes
lubriques et criminelles du mme personnage. -Ah! tant mieux, dit Curval, car
voil un homme que j'aime dj beaucoup. Voil comme il faut penser sur les
plaisirs, et sa philosophie me plat infiniment. Il est incroyable  quel
point l'homme, dj resserr dans tous ses amusements, dans toutes ses
facults, cherche  restreindre encore les bornes de son existence par ses
indignes prjugs. On n'imagine point, par exemple, o celui qui rige le
meurtre en crime a limit toutes ses dlices; il s'est priv de cent plaisirs,
plus dlicieux les uns que les autres, en osant adopter la chimre odieuse de
ce prjug-l. Et que diable peut faire  la nature un, dix, vingt, cinq cents
hommes de plus ou de moins dans le monde? Les conqurants, les hros, les
tyrans s'imposent-ils cette loi absurde de ne pas oser faire aux autres ce que
nous ne voulons pas qui nous soit fait? En vrit, mes amis, je ne vous le
cache pas, mais je frmis quand j'entends des sots oser me dire que c'est l
la loi de la nature, etc. Juste ciel! avide de meurtres et de crimes, c'est 
les faire commettre et  les inspirer que la nature met sa loi, et la seule
qu'elle imprime au fond de nos coeurs est de nous satisfaire n'importe aux
dpens de qui. Mais patience, j'aurai peut-tre bientt une meilleure occasion
de vous entretenir amplement sur ces matires; je les ai tudies  fond, et
j'espre, en vous les communiquant, vous convaincre comme je le suis que la
seule faon de servir la nature est de suivre aveuglment ses dsirs, de
quelque espce qu'ils puissent tre, parce que, pour le maintien de ses lois,
le vice lui tant aussi ncessaire que la vertu, elle sait nous conseiller
tour  tour ce qui devient pour l'instant ncessaire  ses vues. Oui, mes
amis, je vous entretiendrai un autre jour de tout cela, mais, pour l'instant,
il faut que je perde du foutre, car ce diable d'homme aux excutions de la
Grve m'a tout  fait gonfl les couilles." Et passant au boudoir du fond avec
Desgranges, Fanchon, ses deux bonnes amies, parce qu'elles taient aussi
sclrates que lui, ils se firent suivre tous trois d'Aline, de Sophie,
d'Hb, d'Antinos et de Zphire. Je ne sais trop ce que le libertin imagina
au milieu de ces sept personnes, mais cela fut long; on l'entendit beaucoup
crier: "Allez donc, tournez donc! mais ce n'est pas ce que je vous demande!",
et autres propos d'humeur, entremls de jurements auxquels on le savait fort
sujet dans ces scnes de dbauche; et les femmes reparurent enfin, trs
rouges, trs cheveles et ayant l'air d'avoir t furieusement pelotes de
tous les sens. Pendant ce temps-l, le duc et ses deux amis n'avaient pas
perdu leur temps, mais l'vque tait le seul qui et dcharg, et d'une
manire si extraordinaire qu'il ne nous est pas encore permis de la dire. On
fut se mettre  table, o Curval philosopha encore un peu, car les passions
chez lui n'influaient en rien sur les systmes; ferme dans ses principes, il
tait aussi impie, aussi athe, aussi criminel en venant de perdre du foutre
que dans le feu du temprament, et voil comme tous les gens sages devraient
tre. Jamais le foutre ne doit ni dicter, ni diriger les principes; c'est aux
principes  rgler la manire de le perdre. Et qu'on bande ou non, la
philosophie, indpendante des passions, doit toujours tre la mme.
L'amusement des orgies consista  une vrification dont on ne s'tait pas
encore avis, et qui nanmoins tait intressante: on voulut dcider qui chez
les filles et qui chez les garons avait le plus beau cul. En consquence, on
fit d'abord placer les huit garons sur une file, droits, mais un tant soit
peu courbs cependant: telle est la vraie manire de bien examiner un cul et
de le juger. L'examen fut trs long et trs svre; on combattit ses opinions,
on en changea, on visita quinze fois de suite, et la pomme fut gnralement
accorde  Zphire: on convint unanimement qu'il tait physiquement impossible
de rien trouver de plus parfait et de mieux coup. On passa aux filles; elles
prirent les mmes postures; la dcision fut d'abord trs longue: il tait
presque impossible de dcider entre Augustine, Zelmire et Sophie. Augustine,
plus grande, mieux faite que les deux autres, l'et incontestablement emport
peut-tre chez les peintres; mais les libertins veulent plus de grce que
d'exactitude, plus d'embonpoint que de rgularit. Elle eut contre elle un peu
trop de maigreur et de dlicatesse; les deux autres offraient une carnation si
frache, si potele, des fesses si blanches et si rondes, une chute de reins
si voluptueusement coupe qu'elles l'emportrent sur Augustine. Mais comment
dcider entre les deux qui restaient? Dix fois les opinions se trouvrent
gales. Enfin Zelmire l'emporta; on assembla ces deux charmants enfants, on
les baisa, mania, branla toute la soire, on ordonna  Zelmire de branler
Zphire, qui, dchargeant  merveille, donna le plus grand plaisir  observer
dans le plaisir;  son tour il branla la jeune fille, qui se pma dans ses
bras; et toutes ces scnes d'une lubricit indicible firent perdre du foutre
au duc et  son frre, mais n'murent que faiblement Curval et Durcet, qui
convinrent qu'il leur fallait des scnes moins couleur de rose pour mouvoir
leur vieille me use, et que toutes ces drleries-l n'taient bonnes que
pour des jeunes gens. Enfin on fut se coucher, et Curval, au sein de quelques
nouvelles infamies, fut se ddommager des tendres pastourelles dont on venait
de le rendre tmoin.
 

                                    (XXXII)
                                        
                            Vingt-huitime journe

     C'tait le jour d'un mariage, et le tour de Cupidon et de Rosette  tre
unis par les noeuds de l'hymen, et, par une singularit encore fatale tous,
deux se trouvaient dans le cas d'tre corrigs le soir. Comme personne ne se
trouva en faute ce matin-l, on employa toute cette partie du jour  la
crmonie des noces, et ds qu'elle fut faite, on les runit au salon pour
voir ce qu'ils feraient ensemble. Comme les mystres de Vnus se clbraient
souvent aux yeux de ces enfants, quoique aucun n'y eut encore servi, ils
avaient une thorie suffisante  leur faire excuter sur ces objets  peu prs
ce qu'il y avait  faire. Cupidon, qui bandait fort roide, plaa donc sa
petite cheville entre les cuisses de Rosette, qui se laissait faire avec toute
la candeur de l'innocence la plus entire; le jeune garon s'y prenait si bien
qu'il allait vraisemblablement russir, quand l'vque, le saisissant entre
ses bras, se fit mettre  lui-mme ce que l'enfant aurait, je crois, bien
mieux aim mettre  sa petite femme. Tout en perforant le large cul de
l'vque, il la regardait avec des yeux qui prouvaient ses regrets, mais elle
fut elle-mme bientt occupe, et le duc la foutit en cuisses. Curval vint
manier lubriquement le cul du petit fouteur de l'vque, et comme ce joli
petit cul se trouva, suivant l'ordre, dans l'tat dsir, il le lcha et
bandailla. Pour Durcet, il en faisait autant  l petite fille que le duc
tenait par-devant. Cependant personne ne dchargea, et l'on fut se mettre 
table; les deux jeunes poux, qui y avaient t admis, furent servir le caf
avec Augustine et Zlamir. Et la voluptueuse Augustine, toute confuse de
n'avoir pas remport, la veille, le prix de beaut, avait comme en boudant
laiss rgner dans sa coiffure un dsordre qui la rendait mille fois plus
intressante. Curval s'en mut, et lui examinant les fesses: "Je ne conois
pas, dit-il, comment cette petite friponne n'a pas gagn la palme hier, car le
diable m'emporte s'il existe au monde un plus beau cul que celui-l!" En mme
temps, il l'entrouvrit, et demanda  Augustine si elle tait prte  le
satisfaire. "Oh oui, dit-elle, et compltement, car je n'en puis plus de
besoin." Curval la couche sur un sofa, et s'agenouillant devant le beau
derrire, en un instant il en a dvor l'tron. "Sacr nom d'un Dieu, dit-il
en se tournant vers ses amis et leur montrant son vit coll contre son ventre,
me voil dans un tat o j'entreprendrais furieusement de choses. -Et quoi?
lui dit le duc, qui aimait  lui faire dire des horreurs quand il tait dans
cet tat-l. -Quoi? rpondit Curval: telle infamie que l'on voudra me
proposer, dt-elle dmembrer la nature et disloquer l'univers. -Viens, viens,
dit Durcet qui le voyait lancer des regards furieux sur Augustine, viens,
allons couter Duclos, il en est temps; car je suis persuad que si on te
lchait la bride sur le col  prsent, voil une pauvre poulette qui passerait
un mauvais quart d'heure. -Oh! oui, dit Curval en feu, un trs mauvais: c'est
de quoi je puis fermement rpondre. -Curval, dit le duc, qui bandait aussi
furieusement. en venant de faire chier Rosette, que l'on nous abandonne 
prsent le srail, et dans deux heures d'ici nous en rendrons bon compte." 
    L'vque et Durcet, plus calmes pour ce moment-ci, les prirent chacun par
un bras, et ce fut dans cet tat, c'est--dire la culotte basse et le vit en
l'air, que ces libertins se prsentrent devant l'assemble dj runie au
salon d'histoire, et prte  couter les nouveaux rcits de Duclos qui, ayant
prvu,  l'tat de ces deux messieurs, qu'elle serait bientt interrompue,
commena toujours dans ces termes:
 
    "Un seigneur de la cour, homme d'environ trente-cinq ans, venait de me
faire demander, dit Duclos, une des plus jolies filles qu'il me pt possible
de trouver. Il ne m'avait point prvenu de sa manie, et, pour le satisfaire,
je lui donnai une jeune ouvrire en modes qui n'avait jamais fait de parties,
et qui tait sans contredit une des plus belles cratures qu'il ft possible
de trouver. Je les mets aux prises, et, curieuse d'observer ce qui va se
passer, je vais bien vite me camper  mon trou. "O diable Mme Duclos,
dbuta-t-il par dire, a-t-elle t chercher une vilaine garce comme vous? Dans
la boue sans doute!... Vous tiez  raccrocher quelques soldats aux gardes
quand on est venu vous chercher." Et la jeune personne, honteuse, et qui
n'tait prvenue de rien, ne savait quelle contenance tenir. "Allons!
dshabillez-vous donc, continua le courtisan... Que vous tes gauche!... Je
n'ai de mes jours vu une putain et plus laide et plus bte... Eh bien! allons
donc, finirons-nous aujourd'hui?... Ah! voil donc ce corps que l'on avait
tant vant? Quels ttons... On les prendrait pour les pis d'une vieille
vache!" Et il les maniait brutalement. "Et ce ventre! comme il est rid!...
Vous avez donc fait vingt enfants? -Pas un seul, monsieur, je vous assure.
-Oh! oui, pas un seul: voil comme elles parlent toutes, ces garces-l;  les
entendre, elles sont toujours pucelles... Allons, tournez-vous! L'infme
cul... quelles fesses flasques et dgotantes... C'est  force de coups de
pieds au cul, sans doute, qu'on vous a arrang le derrire ainsi!" Et vous
observerez, s'il vous plat, messieurs, que c'tait le plus beau derrire
qu'il ft possible de voir. Cependant, la jeune fille commenait  se
troubler; je distinguais presque les palpitations de son petit coeur, et je
voyais ses beaux yeux se couvrir d'un nuage. Et plus elle paraissait se
troubler, plus le maudit fripon la mortifiait. Il me serait impossible de vous
dire toutes les sottises qu'il lui adressa; on n'oserait pas en dire de plus
piquantes  la plus vile et  la plus infme des cratures. Enfin le coeur
bondit et les larmes partirent: c'tait pour cet instant que le libertin, qui
se polluait de toutes ses forces, avait rserv le bouquet de ses litanies. Il
est impossible de vous rendre toutes les horreurs qu'il lui adressa sur sa
peau, sur sa taille, sur ses traits, sur l'odeur infecte qu'il prtendait
qu'elle exhalait, sur sa tenue, sur son esprit: en un mot, il chercha tout, il
inventa tout pour dsesprer son orgueil, et dchargea sur elle, en vomissant
des atrocits qu'un portefaix n'oserait prononcer. Il rsulta de cette scne
quelque chose de fort plaisant: c'est qu'elle valut un sermon  cette jeune
fille; elle jura qu'elle ne s'exposerait de sa vie  pareille aventure, et
j'appris, huit jours aprs, qu'elle tait dans un couvent pour le reste de ses
jours. Je le dis au jeune homme, qui s'en amusa prodigieusement, et qui me
demanda dans la suite quelque nouvelle conversion  faire.
     "Un autre, poursuivit Duclos, m'ordonnait de lui chercher des filles
extrmement sensibles, et qui fussent dans l'attente d'une nouvelle dont la
mauvaise tournure pt leur causer une rvolution de chagrin des plus fortes.
Ce genre me donnait  trouver beaucoup de peine, parce qu'il tai difficile
d'en imposer l. Notre homme tait connaisseur, depuis le temps qu'il jouait
au mme jeu, et d'un coup d'oeil il voyait si le coup qu'il portait frappait
juste. Je ne le trompais donc point, et donnais toujours des jeunes filles
positivement dans la disposition d'esprit qu'il dsirait. Un jour, je lui en
voir une qui attendait de Dijon des nouvelles d'un jeune homme qu'elle
idoltrait et que l'on nommait Valcourt. Je les mets aux prises. "D'o
tes-vous, mademoiselle lui demande honntement notre libertin. -De Dijon,
monsieur. -De Dijon? Ah! morbleu, voil une lettre que j'en reois  l'instant
o l'on vient de m'apprendre une nouvelle qui me dsole. -Et qu'est-ce que
c'est? demande avec intrt la jeune fille; comme je connais toute la ville,
cette nouvelle pourra peut-tre m'intresser. -Oh! non, reprend notre homme,
elle n'intresse que moi; c'est la nouvelle de la mort d'un jeune homme auquel
je prenais le plus vif intrt. Il venait d'pouser une fille que mon frre,
qui est  Dijon, lui avait procure, une fille dont il tait trs pris, et le
lendemain des noces il est mort subitement. -Son nom, monsieur, s'il vous
plat -Il se nommait Valcourt; il tait de Paris,  telle rue,  telle
maison... Oh! vous ne connaissez srement pas cela." Et dans l'instant la
jeune fille tombe  la renverse et s'vanouit. "Ah! foutre, dit alors notre
libertin transport, en dboutonnant sa culotte et se branlant sur elle, ah!
sacredieu, voil o je la voulais! Allons des fesses, des fesses! il ne me
faut que des fesses pour dcharger." Et, la retournant et la troussant, tout
immobile qu'elle est, il lui lche sept ou huit jets de foutre sur le
derrire, et se sauve, sans s'inquiter ni des suites de ce qu'il a dit, ni de
ce que la malheureuse deviendra." 

    "Et en creva-t-elle? dit Curval que l'on foutait  tour de reins. -Non,
dit Duclos, mais elle en fit une maladie qui lui a dur plus de dix semaines.
-Oh! la bonne chose, dit le duc. Mais moi, poursuivit ce sclrat, je voudrais
que notre homme et choisi le temps de ses rgles pour lui apprendre cela.
-Oui, dit Curval; dites mieux, monsieur le duc: vous bandez, je vous vois
d'ici, et vous voudriez tout simplement qu'elle en ft morte sur la place. -Eh
bien,  la bonne heure! dit le duc. Puisque vous le voulez comme cela, j'y
consens; moi, je ne suis pas trs scrupuleux sur la mort d'une fille. -Durcet,
dit l'vque, si tu n'envoies pas dcharger ces deux coquins-l, il y aura du
tapage ce soir. -Ah! parbleu, dit Curval  l'vque, vous craignez bien votre
troupeau! Deux ou trois de plus ou de moins qu'est-ce que a ferait? Allons,
monsieur le duc, allons dans le boudoir, et allons-y ensemble, et en
compagnie, car je vois bien que ces messieurs ne veulent pas ce soir qu'on les
scandalise." Aussitt dit aussitt fait; et nos deux libertins se font suivre
de Zelmire, d'Augustine, de Sophie, de Colombe, de Cupidon, de Narcisse, de
Zlamir et d'Adonis, escorts de Brise-cul, de Bande-au-ciel, de Thrse, de
Fanchon, de Constance et de Julie. Au bout d'un instant, on entendit deux ou
trois cris de femmes, et les hurlements de nos deux sclrats qui dgorgeaient
leur foutre ensemble. Augustine revint, ayant son mouchoir sur son nez, dont
elle saignait, et Adlade un mouchoir sur le sein. Pour Julie, toujours assez
libertine et assez adroite pour se tirer de tout danger, elle riait comme une
folle, et disait que sans elle ils n'auraient jamais dcharg. La troupe
revint; Zlamir et Adonis avaient encore les fesses pleines de foutre; et
ayant assur leurs amis qu'ils s'taient conduits avec toute la dcence et la
pudeur possible, afin qu'on n'et nul reproche  leur faire, et que
maintenant, parfaitement calmes, ils taient en tat d'couter, on ordonna 
Duclos de continuer et elle le fit en ces termes:
 
    "Je suis fche, dit cette belle fille, que M. de Curval se soit tant
press de soulager ses besoins, car j'avais deux histoires de femmes grosses 
lui conter qui lui auraient peut-tre fait quelque plaisir. Je connais son
got pour ces sortes de femmes, et je suis sre que s'il avait encore quelque
vellit, ces deux contes-l le divertiraient. -Conte, conte toujours, dit
Curval; ne sais-tu pas bien que le foutre n'a jamais rien fait sur mes
sentiments, et que l'instant o je suis le plus amoureux du mal est toujours
celui o je viens d'en faire?"
 
    "Eh bien, dit Duclos, j'ai vu un homme dont la manie tait de voir
accoucher une femme. Il se branlait en la voyant dans les douleurs, et
dchargeait sur la tte de l'enfant ds qu'il pouvait l'apercevoir.
     "Un second campait une femme grosse de sept mois sur un pidestal isol,
 plus de quinze pieds de hauteur. Elle tait oblige de s'y tenir droite et
sans perdre la tte, car si malheureusement elle lui et tourn, elle et son
fruit taient  jamais crass. Le libertin dont je vous parle, trs peu
touch de la situation de cette malheureuse, qu'il payait pour cela, l'y
retenait jusqu' ce qu'il et dcharg, et il se branlait devant elle en
s'criant: "Ah! la belle statue, le bel ornement, la belle impratrice!"
 
    "Tu aurais secou la colonne, toi, n'est-ce pas, Curval? dit le duc. -Oh!
point du tout, vous vous trompez; je connais trop le respect qu'on doit  la
nature et  ses ouvrages. Le plus intressant de tous n'est-il pas la
propagation de notre espce? N'est-ce pas une espce de miracle que nous
devons sans cesse adorer, et qui doit nous donner pour celles qui le font le
plus tendre intrt? Pour moi, je ne vois jamais une femme grosse sans tre
attendri: imaginez-vous donc ce que c'est qu'une femme qui, comme un four,
fait clore un peu de morve au fond de son vagin! Il y a-t-il rien de si beau,
rien de si tendre que cela? Constance, venez je vous en prie, venez que je
baise en vous l'autel o s'opre  prsent un si profond mystre." Et comme
elle se trouvait positivement dans sa niche, il n'eut pas loin  aller
chercher le temple qu'il voulait desservir. Mais il y a lieu de croire que ce
ne fut pas absolument comme l'entendait Constance, qui pourtant ne s'y fiait
qu' demi, car on lui entendit sur-le-champ jeter un cri qui ne ressemblait
nullement  la suite d'un culte ou d'un hommage. Et Duclos, voyant que le
silence avait succd, termina ses rcits par le conte suivant:
 
    "J'ai connu, dit cette belle fille, un homme dont la passion consistait 
entendre les enfants pousser de grands cris. Il lui fallait une mre qui et
un enfant de trois ou quatre ans au plus; il exigeait que cette mre battt
rudement cet enfant devant lui, et quand la petite crature, irrite par ce
traitement, commenait  pousser de grands cris, il fallait que la mre
s'empart du vit du paillard et le branlt fortement vis--vis de l'enfant, au
nez duquel il dchargeait, ds qu'il le voyait bien en pleurs."
 
    "Je gage, dit l'vque  Curval, que cet homme-l n'aimait pas la
propagation plus que toi. -Je le croirai, dit Curval. Ce devait tre
d'ailleurs suivant le principe d'une dame de beaucoup d'esprit,  ce qu'on
dit, ce devait tre, dis-je, un grand sclrat, car tout homme, suivant elle,
qui n'aime ni les btes, ni les enfants, ni les femmes grosses, est un monstre
 rouer. Voil mon procs tout fait au tribunal de cette vieille commre, dit
Curval, car je n'aime assurment aucune de ces trois choses." Et, comme il
tait tard et que l'interruption avait pris une forte portion de la soire, on
fut se mettre  table. On agita au souper les questions suivantes, savoir: 
quoi servait la sensibilit dans l'homme, et si elle tait utile  son bonheur
ou non. Curval prouva qu'elle n'tait que dangereuse, et que c'tait le
premier sentiment qu'il fallait mousser dans les enfants, en les accoutumant
de bonne heure aux spectacles les plus froces. Et chacun ayant agit
diffremment la question, on en revint  l'avis de Curval. Aprs souper, le
duc et lui diront qu'il fallait envoyer coucher les femmes et les petits
garons et faire les orgies tout en hommes. Tout le monde consentit  ce
projet, on s'enferma avec les huit fouteurs, et on passa presque toute la nuit
 se faire foutre et  boire des liqueurs. On fut se mettre au lit  deux
heures,  la pointe du jour, et le lendemain ramena, et les vnements et les
rcits que le lecteur trouvera, s'il prend la peine de lire ce qui suit.
 

                                   (XXXIII)
                                        
                            Vingt-neuvime journe

     Il y a un proverbe (et c'est une fort bonne chose que les proverbes), il
y en a un, dis-je, qui prtend que l'apptit vient en mangeant. Ce proverbe,
tout grossier qu'il est, a pourtant un sens trs tendu: il veut dire qu'
force de faire des horreurs, on en dsire de nouvelles, et que plus on en fait
plus on en dsire. C'tait l'histoire de nos insatiables libertins. Par une
duret impardonnable, par un dtestable raffinement de dbauche, ils avaient
condamn, comme on l'a dit, leurs malheureuses pouses  leur rendre, au
sortir de la garde-robe, les soins les plus vils et les plus malpropres; ils
ne s'en tinrent point l, et de ce mme jour on proclama une nouvelle loi qui
parut tre l'ouvrage du libertinage sodomite de la veille, une nouvelle loi,
dis-je, qui statuait qu'elles serviraient,  compter du 1er de dcembre, tout
 fait de vase  leurs besoins, et que ces besoins, en un mot, gros et petits,
ne se feraient jamais que dans leur bouche; que chaque fois que messieurs
voudraient satisfaire  leurs besoins, ils seraient suivis de quatre sultanes
pour leur rendre, le besoin fait, le service que leur rendaient jadis les
pouses, et qu'elles ne pouvaient plus leur rendre  prsent, puisqu'elles
allaient servir  quelque chose de plus rave; que les quatre sultanes
officiantes seraient Colombe pour Curval, Hb pour le duc, Rosette pour
l'vque et Michette pour Durcet; et que la moindre faute  l'une ou  l'autre
de ces oprations, soit  celle qui regarderait les pouses, soit  celle qui
regarderait les quatre jeunes filles, serait punie avec une prodigieuse
rigueur. Les pauvres femmes n'eurent pas plus tt pris ce nouvel ordre
qu'elles pleurrent et se dsolrent, et malheureusement sans attendrir. On
prescrivit seulement que chaque femme servirait son mari, et Aline l'vque,
et que, pour cette seule opration, il ne serait pas permis de les changer.
Deux vieilles,  tour de rle, furent charges de s'y trouver de mme, pour le
mme service, et l'heure en fut invariablement fixe le soir, au sortir des
orgies. Il fut conclu que l'on y procderait toujours en commun; que, pendant
qu'on oprerait, les quatre sultanes, en attendant le service qu'elles
devaient rendre, prsenteraient leurs fesses, et que les vieilles iraient d'un
anus  l'autre pour le presser, l'ouvrir et l'exciter enfin  l'opration. Ce
rglement promulgu, on procda, ce matin-l, aux corrections que l'on n'avait
point faites la veille, attendu le dsir qui avait pris de faire des orgies
d'hommes. L'opration se fit dans l'appartement des sultanes; elles furent
expdies toutes les huit, et, aprs elles, Adlade, Aline et Cupidon, qui se
trouvaient aussi tous trois sur la fatale liste. La crmonie, avec les
dtails et tout le protocole d'usage en pareil cas, dura prs de quatre
heures, au bout desquelles on descendit au dner, la tte trs embrase, et
surtout celle de Curval qui, chrissant prodigieusement ces oprations, n'y
procdait jamais sans la plus certaine rection. Pour le duc, il y avait
dcharg, ainsi que Durcet. Ce dernier, qui commenait  prendre une humeur de
libertinage trs taquine contre sa chre femme Adlade, ne la corrigea pas
sans de violentes secousses de plaisir qui lui cotrent du foutre. Aprs
dner, on passa au caf; on aurait bien voulu y offrir des culs frais, en
donnant en hommes Zphire et Giton et bien d'autres, si l'on l'et voulu: on
le pouvait, mais en sultanes c'tait impossible. Ce furent donc tout
simplement, suivant l'ordre du tableau, Colombe et Michette qui le servirent.
Curval, examinant le cul de Colombe dont la bigarrure, en partie son ouvrage,
lui faisait natre de trs singuliers dsirs, lui mit le vit entre les cuisses
par-derrire, en maniant beaucoup les fesses; quelquefois, son engin, revenant
sur ses pas, heurtait comme sans le vouloir le trou mignon qu'il aurait bien
voulu perforer. Il le regardait, il l'observait. "Sacredieu! dit-il  ses
amis, je donne deux cents louis tout  l'heure  la socit si l'on veut me
laisser foutre ce cul-l..." Cependant, il se contint, et ne dchargea mme
pas. L'vque fit dcharger Zphire dans sa bouche, et perdit son foutre en
avalant celui de ce dlicieux enfant; pour Durcet, il se fit donner des coups
de pied au cul par Giton, le fit chier, et resta vierge. On passa au salon
d'histoire, o chaque pre, par un arrangement qui se rencontrait assez
souvent, ayant ce soir-l sa fille sur son canap, on couta, culottes basses,
les cinq rcits de notre chre historienne.
 
    "Il semblait que depuis la manire exacte dont j'avais acquitt les legs
pieux de la Fournier, le bonheur afflut sur ma maison, dit cette belle fille:
je n'avais jamais eu tant de riches connaissances. Le prieur des bndictins,
l'une de mes meilleures pratiques, vint me dire un jour qu'ayant entendu
parler d'une fantaisie assez singulire, et que l'ayant mme vu excuter  un
de ses amis qui en tait entich, il voulait l'excuter  son tour, et il me
demanda en consquence une fille qui et beaucoup de poils. Je lui donnai une
grande crature de vingt-huit ans qui avait des touffes d'une aune, et sous
les aisselles et sur la motte. "C'est ce qu'il me faut", me dit-il. Et comme
il tait extrmement li avec moi et que nous nous tions trs souvent amuss
ensemble, il ne se cacha point  mes yeux. Il fit mettre la fille nue,  demi
couche sur un sofa, les deux bras levs; et lui, arm d'une paire de ciseaux
trs effils, il se mit  tondre jusqu'au cuir les deux aisselles de cette
crature. Des aisselles, il passa  la motte; il la tondit de mme, mais avec
une si grande exactitude, que ni  l'un ni  l'autre des endroits qu'il avait
oprs il ne semblait pas qu'il y eut jamais eu le plus lger vestige de poil.
Son affaire finie, il baisa les parties qu'il venait de tondre, et rpandit
son foutre sur cette motte tondue en s'extasiant sur son ouvrage.
     "Un autre exigeait sans doute une crmonie bien plus bizarre: c'tait le
duc de Florville. J'eus ordre de conduire chez lui une des plus belles femmes
que je pourrais trouver. Un valet de chambre nous reut, et nous entrmes 
l'htel par une porte dtourne. "Arrangeons cette belle crature, me dit le
valet, comme il convient qu'elle le soit pour que M. le duc puisse s'en
amuser... Suivez-moi. Par des dtours et des corridors aussi sombres
qu'immenses, nous parvenons enfin  un appartement lugubre, seulement clair
de six cierges, placs  terre autour d'un matelas de satin noir; toute la
chambre tait tendue de deuil, et nous fmes effrayes en entrant.
Rassurez-vous, nous dit notre guide, il ne vous arrivera pas le moindre mal;
mais prtez-vous  tout, dit-il  la jeune fille, et excutez bien surtout ce
que je vais vous prescrire." Il fit mettre la fille toute nue, dfit sa
coiffure, et laissa pendre ses cheveux, qu'elle avait superbes. Ensuite, il
l'tendit sur le matelas, au milieu des cierges, lui enjoignit de contrefaire
la morte, et surtout de prendre sur elle, pendant toute la scne, de ne bouger
ni de ne respirer que le moins qu'elle pourrait. "Car, si malheureusement mon
matre, qui va se figurer que vous tes rellement morte, s'aperoit de la
feinte, il sortira furieux, et vous ne serez srement pas paye." Ds qu'il
eut plac la demoiselle sur le matelas, dans l'attitude d'un cadavre, il fit
prendre  sa bouche et  ses yeux les impressions de la douleur, laissa
flotter les cheveux sur le sein nu, plaa prs d'elle un poignard, et lui
barbouilla, du ct du coeur, une plaie large comme la main avec du sang de
poulet. "Surtout n'ayez aucune crainte, dit-il encore  la jeune fille, vous
n'avez rien  dire, rien  faire: il ne s'agit que d'tre immobile et de ne
prendre votre haleine que dans les moments o vous le verrez moins prs de
vous. Retirons-nous, maintenant, me dit le valet. Venez, madame; afin que vous
ne soyez pas inquite de votre demoiselle, je vais vous placer dans un endroit
d'o vous pourrez entendre et observer toute la scne." Nous sortons, laissant
la fille d'abord trs mue, mais nanmoins un peu plus rassure par les propos
du valet de chambre. Il me mene dans un cabinet voisin de l'appartement o le
mystre allait se clbrer, et, au travers d'une cloison mal jointe, sur
laquelle la tenture noire tait applique, je pus tout entendre. Observer me
devenait encore plus ais, car cette tenture n'tait que de crpe: je
distinguais tous les objets au travers, comme si j'eusse t dans
l'appartement mme. Le valet tira le cordon d'une sonnette; c'tait le signal,
et, quelques minutes aprs, nous vmes entrer un grand homme sec et maigre,
d'environ soixante ans. Il tait entirement nu sous une robe de chambre
flottante de taffetas des Indes. Il s'arrta ds en entrant; il est bon de
vous dire ici que nos observations taient une surprise, car le duc, qui se
croyait absolument seul, tait trs loign de croire qu'on le regardt. "Ah!
le beau cadavre! s'cria-t-il aussitt... la belle morte!... Oh! mon Dieu!
dit-il en voyant le sang et le poignard, a vient d'tre assassin dans
l'instant... Ah! sacredieu, comme celui qui a fait ce coup-l doit bander!" Et
se branlant: "Comme j'aurais voulu lui voir donner le coup!" Et lui maniant le
ventre: "Etait-elle grosse?... Non, malheureusement." Et continuant de manier:
"Les belles chairs! elles sont encore chaudes... le beau sein!" Et alors il se
courba sur elle, et lui baisa la bouche avec une fureur incroyable: "Elle bave
encore, dit-il... que j'aime cette salive!" Et, une seconde fois, il lui
renfona sa langue jusque dans le gosier. Il tait impossible de mieux jouer
son rle que ne le faisait cette fille; elle ne bougea pas plus qu'une souche,
et tant que le duc l'approcha, elle ne souffla nullement. Enfin il la saisit,
et la retournant sur le ventre: "Il faut que j'observe ce beau cul", dit-il.
Et ds qu'il l'eut vu: "Ah! sacredieu, les belles fesses!" Et alors il les
baisa, les entrouvrit, et nous le vmes distinctement placer sa langue au trou
mignon. "Voil, sur ma parole, s'cria-t-il tout enthousiasm, un des plus
superbes cadavres que j'aie vus de ma vie! Ah! combien est heureux celui qui a
priv cette belle fille du jour, et que de plaisir il a d avoir!" Cette ide
le fit dcharger; il tait couch prs d'elle, la serrait, ses cuisses colles
contre les fesses, et lui dchargea sur le trou du cul avec des marques de
plaisir incroyables, et criant comme un diable en perdant son sperme: "Ah!
foutre, foutre! comme je voudrais l'avoir tue!" Telle fut la fin de
l'opration. Le libertin se releva et disparut. Il tait temps que nous
vinssions relever notre moribonde: elle n'en pouvait plus; la contrainte,
l'effroi, tout avait absorb ses sens, et elle tait prte  jouer d'aprs
nature le personnage qu'elle venait de si bien contrefaire. Nous partmes avec
quatre louis que nous remit le valet, qui, comme vous imaginez bien, nous
volait au moins la moiti." 

    "Vive Dieu! s'cria Curval, voil une passion! Il y a du sel, du piquant,
au moins, l-dedans. -Je bande comme un ne, dit le duc; je parie que ce
personnage-l ne s'en tint pas l. -Soyez-en sr, monsieur le duc, dit
Martaine, il y veut quelquefois plus de ralit. C'est de quoi Mme Desgranges
et moi aurons l'occasion de vous convaincre. -Et que diable fais-tu en
attendant? dit Curval au duc. -Laisse-moi, laisse-moi! dit le duc, je fous ma
fille, et je la crois morte. -Ah! sclrat, dit Curval, voil donc deux crimes
dans ta tte. -Ah! foutre! dit le duc, je voudrais bien qu'ils fussent plus
rels! Et son sperme impur s'chappa dans le vagin de Julie. "Allons,
poursuis, Duclos, dit-il aussitt qu'il eut fait, poursuis, ma chre amie, et
ne laisse pas dcharger le prsident, car je l'entends incester sa fille: le
petit drle se met de mauvaises ides dans la tte; ses parents me l'ont
confi, je dois avoir l'oeil sur sa conduite, et je ne veux pas qu'il se
pervertisse. -Ah! il n'est plus temps, dit Curval, il n'est plus temps, je
dcharge! Ah! double Dieu, la belle morte!" Et le sclrat, en enconnant
Adlade, se figurait comme le duc qu'il foutait sa fille assassine:
incroyable garement de l'esprit du libertin, qui ne peut rien entendre, rien
voir, qu'il ne veuille  l'instant l'imiter! "Duclos, continue, dit l'vque,
car l'exemple de ces coquins-l me sduirait, et dans l'tat o je suis je
ferais peut-tre pis qu'eux." 

    "Quelque temps aprs cette aventure, je fus seule chez un autre libertin,
dit Duclos, dont la manie, peut-tre plus humiliante, n'tait pourtant pas
aussi sombre. Il me reoit dans un salon dont le parquet tait orn d'un trs
beau tapis, me fait mettre nue, puis, me faisant placer  quatre pattes:
"Voyons, dit-il, en parlant de deux grands danois qu'il avait  ses cts,
voyons qui, de mes chiens ou de toi, sera le plus leste; va chercher!" Et en
mme temps, il jette de gros marrons rtis  terre, et me parlant comme  une
bte: "Apporte, apporte!" me dit-il. Je cours  quatre pattes aprs le marron,
dans le dessein d'entrer dans l'esprit de sa fantaisie et de le lui rapporter,
mais les deux chiens, s'lanant aprs moi, m'ont bientt devance; ils
saisissent le marron et le rapportent au matre. "Vous tes une franche
maladroite, me dit alors le patron, avez-vous peur que mes chiens ne vous
mangent? N'en craignez rien, ils ne vous feront aucun mal, mais,
intrieurement, ils se moqueront de vous s'ils vous voient moins habile
qu'eux. Allons, votre revanche... apporte!" Nouveau marron lanc, et nouvelle
victoire remporte par les chiens sur moi. Enfin le jeu dura deux heures,
pendant lesquelles je ne fus assez adroite pour saisir le marron qu'une fois,
et le rapporter  la bouche  celui qui l'avait lanc. Mais que je triomphasse
ou non, jamais ces animaux, dresss  ce jeu, ne me faisaient aucun mal; ils
semblaient, au contraire, se jouer et s'amuser avec moi comme si j'eusse t
de leur espce. "Allons, dit le patron, voil assez travaill; il faut
manger." Il sonna, un valet de confiance entra. "Apporte  manger  mes
btes", dit-il. Et en mme temps, le valet apporta une auge de bois d'bne,
qu'il posa  terre, et qui tait remplie d'une espce de hachis de viande trs
dlicat. "Allons, me dit-il, dne avec mes chiens, et tche qu'ils ne soient
pas aussi lestes au repas qu'ils l'ont t  la course." Il n'y eut pas un mot
 rpondre, il fallut obir, et, toujours  quatre pattes, je mis la tte dans
l'auge, et comme le tout tait trs propre et trs bon, je me mis  pturer
avec les chiens qui, trs poliment, me laissrent ma part, sans me chercher la
moindre dispute. Tel tait l'instant de la crise de notre libertin:
l'humiliation, l'abaissement dans lequel il rduisait une femme chauffait
incroyablement ses esprits. "La bougresse! dit-il alors, en se branlant, la
garce, comme elle mange avec mes chiens! Voil comme il faudrait traiter
toutes les femmes, et si on le faisait, elles ne seraient pas si
impertinentes; animaux domestiques comme ces chiens, quelle raison avons-nous
de les traiter autrement qu'eux? Ah! garce, ah! putain! s'cria-t-il alors en
s'avanant et me lchant son foutre sur le derrire; ah! bougresse, je t'ai
donc fait manger avec mes chiens!" Ce fut tout; notre homme disparut, je me
rhabillai promptement, et trouvai deux louis sur mon mantelet, somme usite,
et dont le paillard, sans doute, avait coutume de payer ses plaisirs.
 
    "Ici, messieurs, continua Duclos, je suis oblige de revenir sur mes pas,
et de vous raconter, pour finir la soire, deux aventures qui me sont arrives
dans ma jeunesse. Comme elles sont un peu fortes, elles auraient t dplaces
dans le cours des faibles vnements par lesquels vous m'aviez ordonn de
commencer; j'ai donc t oblige de les dplacer et de vous les garder pour le
dnouement. Je n'avais pour lors que seize ans, et j'tais encore chez la
Gurin; on m'avait place dans le cabinet infrieur de l'appartement d'un
homme d'une trs grande distinction, en me disant simplement d'attendre,
d'tre tranquille, et de bien obir au seigneur qui viendrait s'amuser avec
moi. Mais on s'tait bien gard de m'en dire davantage; je n'aurais pas eu
autant de peur si j'avais t prvenue, et notre libertin certainement pas
autant de plaisir. Il y avait environ une heure que j'tais dans ce cabinet,
lorsqu'on l'ouvre  la fin. C'tait le matre mme. "Que fais-tu l, coquine,
me dit-il avec l'air de la surprise,  l'heure qu'il est, dans mon
appartement? Ah! putain, s'cria-t-il en me saisissant par le col jusqu' me
faire perdre la respiration, ah! gueuse, tu viens pour me voler!" A l'instant,
il appelle  lui; un valet affid parat: "La Fleur, lui dit le matre tout en
colre, voil une voleuse que j'ai trouve cache; dshabille-la toute nue, et
prpare-toi  excuter, aprs, l'ordre que je te donnerai." La Fleur obit; en
un instant je suis dpouille, et on jette mes vtements dehors  mesure que
je les quitte. "Allons, dit le libertin  son valet, va chercher un sac, 
prsent, couds-moi cette garce dedans, et va la jeter  la rivire!" Le valet
sort pour aller chercher le sac;. Je vous laisse  penser si je profitai de
cet intervalle pour me jeter aux pieds du patron, et pour le supplier de me
faire grce, l'assurant que c'est Mme Gurin, sa maquerelle ordinaire, qui m'a
place elle-mme l, mais que je ne suis point une voleuse... Mais le
paillard, sans rien couter, me saisit les deux fesses, et les ptrissant avec
brutalit: "Ah! foutre, dit-il, je vais donc faire manger ce beau cul-l aux
poissons!" Ce fut le seul acte de lubricit qu'il part se permettre, et
encore n'exposa-t-il rien  ma vue qui pt me faire croire que le libertinage
entrait pour quelque chose dans la scne. Le valet rentre, apporte un sac;
quelque instance que je puisse faire, on me campe dedans, on m'y coud, et La
Fleur me charge sur ses paules. Alors j'entendis les effets de la rvolution
de la crise chez notre libertin, et vraisemblablement il avait commenc  se
branler ds qu'on m'avait mis dans le sac. Au mme instant o La Fleur me
chargea, le foutre du sclrat partit. "Dans la rivire... dans la rivire...
entends-tu, La Fleur, disait-il en bgayant de plaisir; oui, dans la rivire,
et tu mettras une pierre dans le sac pour que la putain soit plus tt noye."
Tout fut dit; nous sortmes, nous passmes dans une chambre voisine, ou La
Fleur, ayant dcousu le sac, me rendit mes habits, me donna deux louis,
quelques preuves non quivoques d'une manire de se conduire dans le plaisir
trs diffremment que son matre, et je revins chez la Gurin que je grondai
fort de ne m'avoir point prvenue, et qui, pour se raccommoder avec moi, me
fit faire, deux jours aprs, la partie suivante o elle m'avertit encore moins.
     "Il s'agissait  peu prs, comme dans celle que je viens de vous
raconter, de se trouver dans le cabinet de l'appartement d'un fermier gnral,
mais j'y tais, cette fois-l, avec le valet mme qui tait venu me chercher
chez la Gurin de la part de son matre. En attendant l'arrive du patron, le
valet s'amusait  me faire voir plusieurs bijoux qui taient dans u bureau de
ce cabinet. "Parbleu, me dit l'honnte mercure, quand vous en prendriez
quelqu'un, il n'y aurait pas grand mal; le vieux crsus est assez riche: je
parie qu'il ne sait seulement pas la quantit ni l'espce des bijoux qu'il
tient dans ce bureau. Croyez-moi, ne vous gnez pas, et n'ayez pas peur que ce
soit moi qui vous trahisse." Hlas! je n'tais que trop dispose  suivre ce
perfide conseil: vous connaissez mes penchants, je vous les ai dits. Je mis
donc la main, sans me le faire dire davantage, sur une petite bote d'or de
sept ou huit louis, n'osant m'emparer d'un objet de plus grande valeur.
C'tait tout ce que dsirait le coquin de valet, et pour ne plus revenir sur
cela, j'appris depuis que, si j'avais refus de prendre, il aurait, sans que
je m'en aperusse, gliss un de ces effets dans ma poche. Le matre arrive, il
me reoit trs bien, le valet sort, et nous restons ensemble. Celui-ci ne
faisait pas comme l'autre, il s'amusait trs rellement: il me baisa beaucoup
le derrire, se fit fouetter, se fit pter dans a bouche, mit son vit dans la
mienne, et se gorgea, en un mot, de lubricits de tous genres et toutes
espces, except celle de devant; mais il eut beau faire, il ne dchargea
point. L'instant n'tait pas venu, tout ce qu'il venait de faire n'tait pour
lui que des pisodes; vous en allez voir le dnouement. "Ah! parbleu, me
dit-il, je ne songe pas qu'un domestique attend dans mon antichambre un petit
bijou que je viens de promettre d'envoyer  l'instant  son matre. Permettez
que je m'acquitte de ma parole, et ds que j'aurai fini, nous nous remettrons
en besogne." Coupable du petit dlit que je venais de commettre 
l'instigation de ce maudit valet, je vous laisse  penser comme ce propos me
fit frmir. Un moment je voulus le retenir; ensuite je fis rflexion qu'il
valait mieux faire bonne contenance et risquer le paquet. Il ouvre le bureau,
il cherche, il fouille, et ne trouvant point ce dont il a besoin, il lance sur
moi des regards furieux. "Coquine! me dit-il enfin, vous seule et un valet
dont je suis sr tes entrs ici depuis tantt; mon effet manque, il ne peut
donc tre pris que par vous. -Oh! monsieur, lui dis-je en tremblant, soyez
certain que je suis incapable... -Allons, sacredieu! dit-il en colre (or vous
remarquerez que sa culotte tait toujours dboutonne et son vit coll contre
son ventre: cela seul aurait d m'clairer et m'empcher d'tre si inquite,
mais je ne voyais, je n'apercevais plus rien), allons, bougresse, il faut que
mon effet se trouve." Il m'ordonne de me mettre nue. Vingt fois je me jette 
ses pieds pour le prier de m'pargner l'humiliation d'une telle recherche:
rien ne l'meut, rien ne l'attendrit, il arrache lui-mme mes vtements avec
colre, et ds que je suis nue, il fouille mes poches, et, comme vous croyez,
il n'est pas longtemps  trouver la bote. "Ah! sclrate, me dit-il, me voil
donc convaincu. Bougresse! tu viens chez les gens pour les voler." Et appelant
aussitt son homme de confiance: "Allez, lui dit-il tout en feu, allez me
chercher  l'instant le commissaire! -Oh! monsieur, m'criai-je, ayez piti de
ma jeunesse, j'ai t sduite, je ne l'ai pas fait de moi-mme, on m'y a
engage.. -Eh bien! dit le paillard, vous direz toutes ces raisons-l 
l'homme de justice, mais je veux tre veng." Le valet sort; il se jette sur
un fauteuil, toujours bandant et toujours dans une grande agitation, et
m'adressant mille invectives. "Cette gueuse, cette sclrate! disait-il, moi
qui voulais la rcompenser comme il faut, venir ainsi chez moi pour me
voler!... Ah! parbleu, nous allons voir." En mme temps on frappe, et je vois
entrer un homme en robe. "Monsieur le commissaire, dit le patron, voil une
coquine que je vous remets, et je vous la remets nue, dans l'tat o je l'ai
fait mettre pour la fouiller; voil la fille d'un ct, ses vtements de
l'autre, et, de plus, l'effet drob; et surtout faites-la pendre, monsieur le
commissaire." Ce fut alors qu'il se rejeta sur son fauteuil en dchargeant.
"Oui, faites-la pendre, sacredieu! Que je la voie pendre, sacredieu, monsieur
le commissaire! que je la voie pendre, c'est tout ce que j'exige de vous." Le
prtendu commissaire m'emmne avec l'effet et mes hardes, il me fait passer
dans une chambre voisine, dfait sa robe, et me laisse voir le mme valet qui
m'avait reue et engage au vol, que le trouble dans lequel j'tais m'avait
empche de reconnatre. "Eh bien! me dit-il, avez-vous eu bien peur? -Hlas,
lui dis-je, je n'en puis plus. -C'est fini, me dit-il et voil pour vous
ddommager." Et, en mme temps, il me remet de la part de son matre l'effet
mme que j'avais vol, me rend mes habits, me fait boire un verre de liqueur,
et me ramne chez Mme Gurin."
 
    "Cette manie-l est plaisante, dit l'vque; on peut en tirer le plus
grand parti pour d'autres choses, et en mettant moins de dlicatesse, car je
vous dirai que je suis peu partisan de la dlicatesse en libertinage. En y en
mettant moins, dis-je, on peut apprendre de ce rcit la manire sre
d'empcher une putain de se plaindre, quelle que soit l'iniquit des procds
qu'on veuille employer avec elle. Il n'y a qu' lui tendre ainsi des panneaux,
l'y faire tomber, et ds qu'une fois on est certain de l'avoir rendue
coupable, on peut  son tour faire tout ce qu'on veut; il n'y a plus 
craindre qu'elle ose se plaindre, elle aura trop peur ou d'tre prvenue ou
d'tre rcrimine. -Il est certain, dit Curval, qu' la place du financier je
m'en serais permis davantage, et vous auriez bien pu, ma charmante Duclos, ne
pas vous en tirer  si bon compte." Les rcits ayant t longs, cette
soire-ci, l'heure du souper vint sans qu'on et le temps de paillarder un peu
avant. On fut donc se mettre  table, bien rsolus de se ddommager aprs le
repas. Ce fut alors que tout le monde tant rassembl, on dtermina de
constater enfin les jeunes filles et les jeunes garons que l'on pouvait
mettre au rang des hommes et des femmes. Il fut question, pour dcider la
chose, de branler tous ceux de l'un et l'autre sexe sur lesquels on avait
quelque soupon. En femmes on tait sr d'Augustine, de Fanny et de Zelmire:
ces trois charmantes petites cratures, ges de quatorze et quinze ans,
dchargeaient toutes trois aux plus lgers attouchements; Hb et Michette,
n'ayant encore que douze ans, n'taient mme pas dans le cas d'tre essayes.
Il ne s'agissait donc, chez les sultanes, que d'prouver Sophie, Colombe et
Rosette, ges, la premire de quatorze ans et les deux autres de treize. Chez
les garons on savait que Zphire, Adonis et Cladon lchaient du foutre comme
des hommes faits; Giton et Narcisse taient trop jeunes pour tre essays. Il
ne s'agissait donc que de Zlamir, Cupidon et Hyacinthe. Les amis firent
cercle autour d'une pile d'amples carreaux que l'on arrangea  terre;
Champville et Duclos furent nommes pour les pollutions; l'une, en sa qualit
de tribade, devait branler les trois jeunes filles, et l'autre, comme
matresse en l'art de branler des vits, devait polluer les garons. Elles
passrent dans la ceinture forme par les fauteuils des amis, et qu'on avait
remplie de carreaux, et on leur livra Sophie, Colombe, Rosette, Zlamir,
Cupidon et Hyacinthe, et chaque ami, pour s'exciter pendant le spectacle, prit
un enfant entre ses cuisses. Le duc prit Augustine, Curval Zelmire, Durcet
Zphire et l'vque Adonis. La crmonie commena par les garons, et Duclos,
la gorge et les fesses dcouvertes, le bras nu jusqu'au coude, mit tout son
art  polluer l'un aprs l'autre chacun de ces dlicieux ganymdes. Il tait
impossible d'y mettre plus de volupt; elle agitait sa main avec une
lgret... ses mouvements taient d'une dlicatesse et d'une violence... elle
offrait  ces jeunes garons sa bouche, son sein ou ses fesses avec tant
d'art, qu'il tait bien certain que ceux qui ne dchargeraient pas n'en
avaient pas encore le pouvoir. Zlamir et Cupidon bandrent, mais on eut beau
faire, rien ne sortit. Pour Hyacinthe, la rvolution se fit sur-le-champ, au
sixime coup de poignet: le foutre sauta sur son sein, et l'enfant se pma en
lui maniant le derrire; observation qui fut d'autant plus remarque que, de
toute l'opration, il n'avait pas imagin de lui toucher le devant. On passa
aux filles. Champville, presque nue, trs bien coiffe et lgamment ajuste
du reste, ne paraissait pas plus de trente ans, quoiqu'elle en et cinquante.
La lubricit de cette opration de laquelle, comme tribade fieffe, elle
comptait retirer le plus grand plaisir, animait de grands yeux noirs qu'elle
avait toujours eus fort beaux. Elle mit pour le moins autant d'art dans sa
partie que Duclos en avait mis dans la sienne: elle pollua  la fois le
clitoris, l'entre du vagin et le trou du cul; mais la nature ne dveloppa
rien chez Colombe et Rosette; il n'y eut pas mme la plus lgre apparence de
plaisir. Il n'en fut pas ainsi de la belle Sophie: au dixime coup de doigts,
elle se pma sur le sein de Champville; de petits soupirs entrecoups, ses
belles joues qui s'animrent du plus tendre incarnat, ses lvres qui
s'entrouvrirent et se mouillrent, tout prouva le dlire dont venait de la
combler la nature, et elle fut dclare femme. Le duc, qui bandait
extraordinairement, ordonna  Champville de la branler une seconde fois, et, 
l'instant de sa dcharge le sclrat vint mler son foutre impur  celui de la
jeune vierge. Pour Curval, son affaire s'tait faite entre les cuisses de
Zelmire; et les deux autres, avec les jeunes garons qu'ils tenaient entre
leurs cuisses. On fut se coucher, et le lendemain matin n'ayant fourni aucun
vnement qui puisse mriter place en ce recueil, non plus que le dner ni le
caf, on passa tout de suite au salon, o Duclos magnifiquement vtue, parut
sur sa tribune pour y terminer, par les cinq rcits suivants, la partie des
cent cinquante narrations qui lui avait t confie pour les trente jours du
mois de novembre.
 

                                    (XXXIV)
                                        
                               Trentime journe

     "Je ne sais, messieurs, dit cette belle fille, si vous avez entendu
parler de la fantaisie, aussi singulire que dangereuse, du comte de Lernos,
mais quelque liaison que j'ai eue avec lui m'ayant mise dans le cas de
connatre  fond ses manoeuvres, et les ayant trouves trs extraordinaires,
j'ai cru qu'elles devaient faire nombre dans les volupts que vous m'avez
ordonn de vous dtailler. La passion du comte de Lernos est de mettre  mal
le plus de jeunes filles et de femmes maries qu'il peut, et indpendamment
des livres qu'il met en usage pour les sduire, il n'y a sorte de moyens qu'il
n'invente pour les livrer  des hommes; ou il favorise leurs penchants en les
unissant  l'objet de leurs voeux, ou il leur trouve des amants si elles n'en
ont pas. Il a une maison exprs, o toutes les parties qu'il arrange se
retrouvent; il les unit, leur assure de la tranquillit et du repos, et va
jouir, dans un cabinet secret, du plaisir de les voir aux prises. Mais il est
inou  quel point il multiplie ces dsordres, et tout ce qu'il met en oeuvre
pour former ces petits mariages: il a des entours dans presque tous les
couvents de Paris, chez une grande quantit de femmes maries, et il s'y prend
si bien, qu'il n'y a pas un seul jour o il n'ait chez lui trois ou quatre
rendez-vous. Jamais il ne manque  surprendre leurs volupts sans qu'on puisse
s'en douter, mais une fois plac au trou de son observatoire, comme il y est
toujours seul, personne ne sait ni comment il procde  sa dcharge, ni de
quelle nature elle est: on sait seulement le fait, le voil, et j'ai cru qu'il
tait digne de vous tre racont.
     "La fantaisie du vieux prsident Desportes vous amusera peut-tre
davantage. Prvenue de l'tiquette qui s'observait chez ce paillard,
d'habitude, j'arrive chez lui vers les dix heures du matin, et, parfaitement
nue, je vais lui prsenter mes fesses  baiser dans un fauteuil o il tait
gravement assis, et du premier abord je lui pte au nez. Mon prsident,
irrit, se lve, saisit une poigne de verges qu'il avait auprs de lui, et se
met  courir aprs moi, dont le premier soin est de me sauver. "Impertinente!
me dit-il, toujours en me poursuivant; je t'apprendrai  venir faire chez moi
des infamies de cette espce!" Lui de poursuivre, et moi toujours de me
sauver. Je gagne enfin une ruelle, je m'y tapis comme dans une retraite
imprenable, mais j'y suis bientt atteinte; les menaces du prsident
redoublent en se voyant matre de moi; il brandit ses verges, il me menace de
m'en frapper; je me rencogne, je m'accroupis, je ne me fais pas plus grosse
qu'une souris: cet air de frayeur et d'avilissement dtermine  la fin son
foutre, et le gaillard le darde sur mon sein en hurlant de plaisir."
 
    "Quoi! sans te donner un seul coup de verges? dit le duc. -Sans les
baisser mme sur moi, rpondit Duclos. -Voil un homme bien patient, dit
Curval; mes amis, convenez que nous de le sommes pas tout  fait autant, quand
nous avons en main l'instrument dont parle la Duclos. -Un peu de patience,
messieurs, dit Champville, je vous en ferai bientt voir du mme genre, et qui
ne seront pas aussi patients que le prsident dont vous parle ici Mme Duclos."
Et celle-ci, voyant que le silence que l'on observait lui laissait la facilit
de reprendre son rcit, y procda de la manire suivante:
 
    "Peu de temps aprs cette aventure, je fus chez le marquis de
Saint-Giraud, dont la fantaisie tait de placer une femme nue dans une
escarpolette, et d la faire enlever ainsi  une trs grande hauteur. A chaque
secousse, on lui passe devant le nez; il vous attend, et il faut,  ce
moment-l, ou faire un pet, ou recevoir une claque sur le cul. Je le satisfis
de mon mieux; j'eus quelques claques, mais je lui fis force pets. Et le
paillard, ayant enfin dcharg au bout d'une heure de cette ennuyeuse et
fatigante crmonie, l'escarpolette s'arrta, et j'eus mon audience de cong.
     "Environ trois ans aprs que je fus matresse de la maison de la
Fournier, il vint un homme chez moi me faire une singulire proposition: il
s'agissait de trouver des libertins qui s'amusassent avec sa femme et sa
fille, aux seules conditions de le cacher dans un coin pour voir tout ce qu'on
leur ferait. Il me les livrerait, disait-il, et non seulement l'argent que je
gagnerais avec elles serait pour moi, mais il me donnerait encore deux louis
par partie que je leur ferais faire. Il ne s'agissait plus que d'une chose:
c'est qu'il ne voulait, pour sa femme, que des hommes d'un certain got, et
pour sa fille des hommes d'une autre espce de fantaisie: pour sa femme, il
fallait des hommes qui lui chiassent sur les ttons, et pour sa fille, il en
fallait qui, en la troussant, exposassent bien son derrire en face du trou o
il observerait, afin qu'il pt le contempler  son aise, et qui ensuite lui
dchargeassent dans la bouche; pour toute autre passion que ces deux-l, il ne
livrait point sa marchandise. Aprs avoir fait promettre  cet homme qu'il
rpondait de tout vnement au cas que sa femme et sa fille vinssent  se
plaindre d'tre venues chez moi, j'acceptai tout ce qu'il voulut, et lui
promis que les personnes qu'il m'amnerait seraient fournies ainsi qu'il
l'entendait. Ds le lendemain, il m'amena sa marchandise: l'pouse tait une
femme de trente-six ans, peu jolie, mais grande et bien faite, un grand air de
douceur et de modestie; la demoiselle avait quinze ans, elle tait blonde, un
peu grasse, et de la physionomie du monde la plus tendre et la plus agrable.
"En vrit, monsieur, dit l'pouse, vous nous faites faire l des choses...
-J'en suis mortifi, dit le paillard, mais il faut que cela soit ainsi;
croyez-moi, prenez votre parti, car je n'en dmordrai pas. Et si vous rsistez
en la moindre chose aux propositions et aux actions auxquelles nous allons
vous soumettre, vous, madame, et vous, mademoiselle, je vous mne ds demain
dans le fond d'une terre, toutes les deux, dont vous ne reviendrez de vos
jours. Alors l'pouse jeta quelques larmes, et comme l'homme auquel je la
destinais attendait, je la priai de passer dans l'appartement qui lui tait
destin, pendant que sa fille resterait trs en sret dans une autre chambre
avec mes filles, jusqu' ce que son tour vnt. A ce moment cruel, il y eut
encore quelques pleurs, et je vis bien que c'tait la premire fois que ce
mari brutal exigeait pareille chose de sa femme; et malheureusement le dbut
tait dur, car, indpendamment du got baroque du personnage  qui je la
livrais, c'tait un vieux libertin tort imprieux et fort brusque, et qui ne
la traiterait pas trs honntement. "Allons, point de pleurs, lui dit le mari
en entrant. Songez que je vous observe, et que si vous ne satisfaites pas
amplement l'honnte homme auquel on vous livre, j'entrerai moi-mme pour vous
y contraindre." Elle entre, et nous passons, le mari et moi, dans la chambre
d'o l'on pouvait tout voir. On n'imagine pas  quel point ce vieux sclrat
s'chauffa l'imagination en contemplant sa malheureuse pouse victime de la
brutalit d'un inconnu. Il se dlectait  chaque chose qu'on exigeait d'elle;
la modestie, la candeur de cette pauvre femme, humilie sous les atroces
procds du libertin qui s'en amusait, lui composait un spectacle dlicieux.
Mais quand il la vit brutalement pose  terre, et le vieux magot  qui je
l'avais livre lui chier sur la gorge, et quand il vit les pleurs, les dgots
de sa femme, aux propositions et  l'excution de cette infamie, il n'y tint
pas, et la main dont je branlais fut  l'instant couverte de foutre. Enfin,
cette premire scne cessa, et si elle lui avait donn du plaisir, ce fut
autre chose quand il put jouir de la seconde. Ce n'tait pas sans de grandes
difficults et surtout sans de grandes menaces, que nous tions parvenus 
faire passer la jeune fille, tmoin des larmes de sa mre et ignorant ce qu'on
lui avait fait. La pauvre petite faisait toutes sortes de difficults; enfin
nous la dcidmes. L'homme  qui je la livrais tait parfaitement instruit de
tout ce qu'il y avait  faire; c'tait une de mes pratiques ordinaires que je
gratifiais de cette bonne fortune, et qui, par reconnaissance, consentait 
tout ce que j'en exigeais. "Oh! le beau cul! s'cria le pre libertin, ds que
le mich de sa fille nous l'exposa entirement  nu. Oh! sacredieu, les belles
fesses! -Eh! quoi, lui dis-je, est-ce donc la premire fois que vous les voyez
-Oui, vraiment, me dit-il, il m'a fallu cet expdient pour jouir de ce
spectacle; mais si c'est la premire fois que je vois ce beau fessier, je
proteste bien que ce ne sera pas la dernire." Je le branlais vivement, il
s'extasiait; mais quand il vit l'indignit qu'on exigeait de cette jeune
vierge, quand il vit les mains d'un libertin consomm se promener sur ce beau
corps qui n'avait jamais souffert pareil attouchement, quand il vit qu'on la
faisait mettre  genoux, qu'on la forait d'ouvrir la bouche, qu'on
introduisait un gros vit dedans et qu'on y dchargeait, il se rejeta en
arrire, en jurant comme un possd, en jurant que de ses jours il n'avait
got tant de plaisir, et en laissant entre mes doigts des preuves certaines
de ce plaisir. Tout fut dit, les pauvres femmes se retirrent en pleurant
beaucoup, et le mari, trop enthousiasm d'une telle scne, trouva sans doute
le moyen de les dcider  lui redonner souvent le spectacle d'une telle scne,
car je les ai reues chez moi plus de six ans, et j'ai fait, d'aprs l'ordre
que je recevais du mari, passer ces deux malheureuses cratures par toutes les
diffrentes passions dont je viens de vous faire les rcits,  peut-tre dix
ou douze prs, qu'il n'tait pas possible qu'elles satisfassent parce qu'elles
ne se passaient pas chez moi." 

    "Voil bien des faons, pour prostituer une femme et une fille! dit
Curval. Comme si ces garces-l taient faites pour autre chose! Ne sont-elles
pas nes pour nos plaisirs, et, de ce moment-l, ne doivent-elles pas les
satisfaire n'importe comment? J'ai eu beaucoup de femmes, dit le prsident,
trois ou quatre filles, dont il ne me reste plus, Dieu merci, que milli
Adlade, que M. le duc fout  prsent,  ce que je crois, mais si aucune de
ces cratures et refus les prostitutions o je les ai rgulirement
soumises, que je sois damn tout vivant, ou condamn, ce qui est pis,  ne
foutre que des cons toute ma vie, si je ne leur eusse brl la cervelle.
-Prsident, vous bandez, dit le duc; vos foutus propos vous dclent toujours.
-Bander? Non, dit le prsident; mais je suis au moment de faire chier milli
Sophie, et j'espre que sa merde dlicieuse produira peut-tre quelque chose.
-Oh! ma foi, plus que je ne pensais, dit Curval, aprs avoir gob l'tron;
voil, sur le Dieu dont je me fous, mon vit qui prend consistance! Qui de
vous, messieurs, veut passer avec moi dans le boudoir? -Moi, dit Durcet en
entranant Aline qu'il patinait depuis une heure. Et nos deux libertins s'y
tant fait suivre d'Augustine, de Fanny, de Colombe et d'Hb, de Zlamir,
d'Adonis, d'Hyacinthe et de Cupidon, joignant  cela Julie et deux vieilles,
la Martaine et la Champville, Antinos et Hercule, ils reparurent triomphants
au bout d'une demi-heure, et ayant chacun perdu leur foutre dans les plus doux
excs de la crapule et du libertinage. "Allons, dit Curval  Duclos,
donne-nous ton dnouement, ma chre amie. Et s'il peut me faire rebander, tu
pourras te flatter d'un miracle, car il y a, ma foi, plus d'un an que je
n'avais perdu tant de foutre  la fois. Il est vrai que... -Bon, dit l'vque;
si nous l'coutons, ce sera bien pis que la passion que doit nous conter
Duclos. Ainsi, comme il ne faut pas aller du fort au faible, trouve bon que
nous te fassions taire et que nous coutions notre historienne." Aussitt
cette belle fille termina ses rcits par la passion suivante:
 
    "Il est enfin temps, messieurs, dit-elle, de vous raconter la passion du
marquis de Mesanges, auquel vous vous souvenez que j'avais vendu la fille du
malheureux cordonnier qui prissait en prison avec sa pauvre femme, pendant
que je jouissais du legs que lui laissait sa mre. Comme c'est Lucile qui le
satisfit, ce sera, si vous voulez bien, dans sa bouche que j'en vais placer le
rcit. "J'arrive chez le marquis, me dit cette charmante crature, vers les
dix heures du matin. Ds que je suis entre, toutes les portes se ferment.
"Que viens-tu faire ici, sclrate? me dit le marquis tout en feu. Qui t'a
permis de me venir interrompre? Et comme vous ne m'aviez prvenue de rien,
vous imaginez facilement  quel point cette rception m'effraya. Allons,
mets-toi nue! poursuivit le marquis. Puisque je te tiens, garce, tu ne
sortiras plus de chez moi... tu vas prir; te voil  ton dernier moment.
Alors, je fondis en larmes, je me jetai aux pieds du marquis, mais il n'y eut
aucun moyen de le flchir. Et comme je ne me pressais pas assez de me
dshabiller, il dchira lui-mme mes vtements en les arrachant de force de
dessus mon corps. Mais ce qui acheva de m'effrayer, ce fut de les voir jeter
au feu  mesure qu'il les enlevait. "Tout ceci devient inutile, disait-il en
jetant pice  pice tout ce qu'il emportait dans un vaste foyer. Tu n'as plus
besoin de robe, de mantelet, d'ajustement: ce n'est plus qu'une bire qu'il te
faut." En un instant je fus tout  fait nue. Alors le marquis, qui ne m'avait
jamais vue, contempla un instant mon derrire, il le mania en jurant,
l'entrouvrit, le resserra, mais ne le baisa point. "Allons, putain, dit-il,
c'en est fait! tu vas suivre tes habits, et je vais t'attacher sur ces
chenets; oui, foutre! oui, sacrebleu! te brler vive, garce, avoir le plaisir
de respirer l'odeur qui s'exhalera de ta chair brle!" Et disant cela, il
tombe pm dans son fauteuil, et dcharge en dardant son foutre sur mes
vtements qui brlent encore. Il sonne, on entre, un valet m'emmne, et je
retrouve, dans une chambre voisine, de quoi me vtir compltement, en parures
deux fois plus belles que celles qu'il avait consumes." 

    "Tel est le rcit que me fit Lucile; reste  savoir maintenant si c'est 
cela ou  pis qu'il fit servir la jeune pucelle que je lui vendis. -A bien
pis, dit la Desgranges, et vous avez bien fait de faire un peu connatre ce
marquis, car aurai occasion d'en parler  ces messieurs. -Puissiez-vous,
madame, dit Duclos  la Desgranges, et vous, mes chres compagnes,
ajouta-t-elle en adressant la parole  ses eux autres camarades, le faire avec
plus de sel, d'esprit et d'agrment que moi. C'est votre tour, le mien est
fini, et je n'ai plus qu' prier ces messieurs de vouloir bien excuser l'ennui
que je leur ai peut-tre caus par la monotonie presque invitable en de
semblables rcits qui, tous fondus dans un mme cadre, ne peuvent gure
ressortir que par eux-mmes."
      
    Aprs ces paroles, la belle Duclos salua respectueusement la compagnie, et
descendit de la tribune pour venir auprs du canap de ces messieurs, o elle
fut gnralement applaudie et caresse. On servit le souper, auquel elle fut
invite, faveur qui n'avait encore t faite  aucune femme. Elle fut aussi
aimable dans la conversation qu'elle avait t amusante dans le rcit de son
histoire, et, pour rcompense du plaisir qu'elle avait procur  l'assemble,
elle fut cre directrice gnrale des deux srails, avec promesse, donne 
part par les quatre amis, qu' quelque extrmit qu'on pt se porter contre
les femmes dans le cours lu voyage, elle serait toujours mnage, et trs
certainement ramene chez elle  Paris, o la socit la ddommagerait
amplement du temps qu'elle lui avait fait perdre, et des peines qu'elle
s'tait donnes pour lui procurer des plaisirs. Curval, le duc et elle se
saolrent tous trois si compltement au souper, qu'ils furent presque hors
d'tat de pouvoir passer aux orgies. Ils laissrent Durcet et l'vque les
faire  leur guise, et furent les faire  part, dans le boudoir du fond, avec
Champville, Antinos, Brise-cul, Thrse et Louison, o l'on peut assurer
qu'il se fit et dit pour le moins autan d'horreurs et d'infamies que les deux
autres amis en purent inventer de leur ct. A deux heures du matin tout fut
se coucher, et c'est ainsi que se termina le mois de novembre et la premire
partie de cette lubrique et intressante narration, de laquelle nous ne ferons
pas attendre la seconde au public, si nous voyons qu'il accueille bien la
premire.
 

                                       
                                       
  
                            Fautes que j'ai faites.

     J'ai trop dvoil les histoires de garde-robe au commencement; il ne faut
les dvelopper qu'aprs les rcits qui en parlent.
     Trop parl de la sodomie active et passive; voilez-la, jusqu' ce que les
rcits en parlent.
     J'ai eu tort de rendre Duclos sensible  la mort de sa soeur; a ne
rpond pas au reste de son caractre; changez cela.
     Si j ai dit qu'Aline tait pucelle en arrivant au chteau, j'ai eu tort:
elle ne l'est pas; et ne doit pas l'tre: l'vque l'a dpucele de partout.
     Et n'ayant pas pu me relire, cela doit srement fourmiller d'autres
fautes.
     Quand je remettrai au net, qu'un de mes premiers soins soit d'avoir
toujours prs de moi un cahier de notes, o il faudra que je place exactement
chaque vnement et chaque portrait  mesure que je l'cris, car, sans cela,
je m' embrouillerai horriblement  cause de la multitude des personnages.
     Partez, pour la seconde partie, du principe qu'Augustine et Zphire
couchent dj dans la chambre du duc ds la premire partie, comme Adonis et
Zelmire dans celle de Curval, Hyacinthe et Fanny dans celle de Durcet, Cladon
et Sophie dans celle de l'vque, quoique tout cela ne soit pas encore
dpucel.
   



                                    (XXXV)
                                        
                                DEUXIEME PARTIE

     Les cent cinquante passions de seconde classe, ou doubles, composant
trente et une journes de dcembre, remplies par la narration de la
Champville, auxquelles on a joint le journal exact des vnements scandaleux
du chteau ce mois-l...
 

                                    (Plan)

     Le premier de dcembre. La Champville prend les rcits, et conte les cent
cinquante histoires suivantes. (Les chiffres prcdent les rcits.)
 
    1. Ne veut dpuceler que de trois ans jusqu' sept, mais en con. C'est lui
qui dpucelle la Champville  l'ge de cinq ans.
     2. Il fait attacher une fille de neuf ans en boule et la dpucelle en
levrette.
     3. Il veut violer une fille de douze  treize ans, et ne la dpucelle que
le pistolet sur la gorge.
     4. Il veut branler un homme sur le con de la pucelle; le foutre lui sert
de pommade; il enconne, aprs, la pucelle tenue par l'homme.
     5. Il veut dpuceler trois filles de suite, une au berceau, une  cinq
ans, l'autre  sept.
 
    Le deux. 6. Il ne veut dpuceler que de neuf ans  treize. Son vit est
norme; il faut que quatre femmes lui tiennent la pucelle. C'est le mme de
Martaine, qui n'encule qu' trois ans, le mme de l'enfer.
     7. Il fait dpuceler  dix ou douze ans, devant lui, par son valet, et ne
les touche pendant l'opration que sur le cul; il manie tantt celui de la
pucelle, tantt celui du valet; il dcharge sur le cul du valet.
     8. Il veut dpuceler une fille qui doit tre marie le lendemain.
     9. Il veut que le mariage se fasse, et dpuceler l'pouse entre la messe
et l'heure du coucher.
     10. Il veut que son valet, homme trs adroit, aille pouser partout des
filles, qu'il les lui amne. Le matre les fout, il les trafique aprs  des
maquerelles.
 
    Le trois. 11. Il ne veut dpuceler que les deux soeurs.
     12. Il pouse la fille, la dpucelle, mais il l'a trompe, et ds que
l'affaire est faite, il la plante l.
     13. Il ne fout la pucelle que l'instant d'aprs o un homme vient de la
dflorer devant lui; il veut qu'elle ait le con tout barbouill de sperme.
     14. Il dpucelle avec un godemich, et dcharge sur l'ouverture qu'il
vient de faire, sans s'introduire.
     15. Il ne veut que des pucelles de condition et les paye au poids de
l'or. Ce sera le duc qui avouera en avoir depuis trente ans, dpucel plus de
quinze cents.
 
    Le quatre. 16. Il force un frre  foutre sa soeur devant lui, et il la
fout aprs; il les fait chier tous les deux avant.
     17. Il force un pre  foutre sa fille, aprs que lui l'a dpucele.
     18. Il mne sa fille  neuf ans au bordel, et l'y dpucelle, tenue par la
maquerelle. Il a eu douze filles, et il les a ainsi dpuceles toutes.
     19. Il ne veut dpuceler que de trente  quarante ans.
     20. Il ne veut dpuceler que des religieuses, et dpense un argent
immense pour en avoir; il en a.
 
    Cela est le quatre au soir, et, ce mme soir, aux orgies, le duc dpucelle
Fanny, tenue par les quatre vieilles et servi par la Duclos. Il la fout deux
coups de suite; elle s'vanouit; il la fout le second coup sans connaissance.
 
    Le cinq, en consquence de ces narrations, pour clbrer la fte de la
cinquime semaine, on marie ce jour-l Hyacinthe et Fanny, et le mariage se
consomme devant tout le monde.
     21. Il veut que la mre tienne sa fille; il fout d'abord la mre et
dpucelle ensuite l'enfant tenue par la mre. C'est le mme, du vingt fvrier,
de Desgranges.
     22. Il n'aime que l'adultre; il faut lui trouver des femmes sages et
publiquement dans leur mnage; il les dgote de leurs maris.
     23. Il veut que le mari lui prostitue lui-mme sa femme et la lui tienne
quand il fout. (Les amis imiteront cela sur-le-champ.)
     24. Il place une femme marie sur un lit l'enconne, pendant que la fille
de cette femme, en perspective au-dessus, lui fait baiser son con; l'instant
d'aprs, il enconne la fille en baisant le trou du cul de la mre. Quand il a
bais le con de la fille, il la fait pisser; quand il baise le cul de la mre,
il la fait chier.
     25. Il a quatre filles lgitimes et maries; il veut les foutre toutes
les quatre; il leur fait des enfants  toutes quatre, afin d'avoir le plaisir
de dpuceler un jour les enfants qu'il a faits  sa fille et que le mari croit
 lui.
 
    Le duc raconte sur cela, mais a ne fait point nombre, parce que, ne
pouvant tre renouvel, a ne fait point passion, il raconte, dis-je, qu'il a
connu un homme qui a foutu trois enfants qu'il avait de sa mre, desquelles il
y avait une fille qu'il avait fait pouser  son fils, de faon qu'en foutant
celle-l, il foutait sa soeur, sa fille et sa belle-fille, et qu'il
contraignait son fils  foutre sa soeur et sa belle-mre. Curval en conte une
autre d'un frre et d'une soeur qui firent projet de se livrer mutuellement
leurs enfants. La soeur avait un garon et une fille, et le frre de mme; ils
se mlrent de faon que tantt ils foutaient avec leurs neveux, tantt avec
leurs enfants, et tantt les cousins germains ou les frres et soeurs se
foutaient, pendant que les pres et mres, c'est--dire le frre et la soeur,
se foutaient galement. Le soir, Fanny est livre en con  l'assemble, mais
comme l'vque et M. Durcet ne foutent pas en con, elle n'est foutue que par
Curval et le duc. De ce moment, elle porte un petit ruban en charpe, et aprs
la perte de ses deux pucelages, elle en portera un rose trs large.
 
    Le six. 26. Il se fait branler, pendant qu'on branle une femme sur le
clitoris, et veut dcharger en mme temps que la fille, mais il dcharge sur
les fesses de l'homme qui branle la femme.
     27. Il baise le trou d'un cul pendant qu'une seconde fille lui branle le
cul et une troisime le vit; elles changent, afin que chacune fasse baiser le
trou de son cul, que chacune branle le vit, et chacune le cul. Il faut pter.
     28. Il lche un con pendant qu'il fout une seconde en bouche, et qu'une
troisime lui lche le cul, et il change de mme que ci-dessus. Il faut que
les cons dchargent, et il avale le foutre.
     29. Il suce un cul merdeux, fait branler son cul merdeux avec la langue,
et se branle sur un cul merdeux, puis les trois filles changent.
     30. Il fait branler deux filles devant lui, et fout alternativement les
branleuses en levrette pendant qu'elles continuent de se saphotiser.
 
    On dcouvre ce jour-l que Zphire et Cupidon se branlent, mais ils ne se
sont pas encore enculs; ils sont punis. Fanny est trs enconne aux orgies.
 
    Le sept. 31. Il veut qu'une grande fille en mette  mal une petite,
qu'elle la branle, qu'elle lui donne de mauvais conseils, et qu'elle finisse
par la lui tenir pendant qu'il la fout, vierge ou non.
     32. Il veut quatre femmes; il en fout deux en con et deux en bouche, en
observant de ne mettre le vit dans la bouche de l'une qu'au sortir du con de
l'autre. Pendant tout ce temps-l, une cinquime le suit en lui branlant le
cul avec un godemich.
     33. Il veut douze filles, six jeunes et six vieilles, et, si cela se
peut, six mres et six filles. Il leur gamahuche le con, le cul et la bouche;
quand il en est au con, il veut de l'urine; quand il en est  la bouche, il
veut de la salive; et quand il en est au cul, il veut des pets.
     34. Il emploie huit femmes  le branler, toutes diffremment postes. Il
faudra peindre cela.
     35. Veut voir trois hommes et trois filles se foutre dans diffrentes
postures.
 
    Le huit. 36. Il forme douze groupes de deux filles chaque, mais elles sont
agences de faon qu'elles ne montrent que leurs culs; tout le reste du corps
est cach. Il se branle en voyant toutes ces fesses.
     37. Il fait branler six couples  la fois, dans une salle de glaces.
Chaque couple est compos de deux filles se branlant dans des attitudes
lubriques et varies. Il est au milieu du salon, regarde et les couples et
leur rptition dans ses glaces, et dcharge au milieu de cela, branl par une
vieille. Il a bais les fesses de ces couples.
     38. Il fait saouler et battre quatre raccrocheuses devant lui, et veut
que quand elles sont ainsi bien saoules, elles lui vomissent dans la bouche;
il les prend les plus vieilles et les plus laides possible.
     39. Il fait chier une fille dans sa bouche, sans le manger, et, pendant
ce temps-l, une seconde fille lui suce le vit et lui branle le cul; il chie
en dchargeant dans la main de celle qui le socratise; elles changent.
     40. Il fait chier un homme dans sa bouche, et le mange, pendant qu'un
petit garon le branle, puis l'homme le branle et il fait chier le petit
garon.
 
    Ce soir-l, aux orgies, Curval dpucelle Michette, toujours dans la mme
coutume, tenue par les quatre vieilles et servi par Duclos. On ne le rptera
plus.
 
    Le neuf. 41. Il fout une fille en bouche en venant de lui chier dans la
bouche; une seconde est au-dessus de celle-l, ayant la tte de celle-ci entre
ses cuisses, et, sur le visage de cette seconde, une troisime pousse sa
selle, et lui, en foutant ainsi son tron dans la bouche de cette premire, va
manger la merde donne par la troisime sur le visage de la seconde, et puis
elles changent, de manire  ce que chacune remplisse successivement les trois
rles.
     42. Il passe trente femmes dans sa journe, et les fait toutes chier dans
sa bouche; il mange l'tron de trois ou quatre des plus jolies. Il renouvelle
cette partie l cinq fois de la semaine, ce qui fait qu'il voit sept mille
huit cents filles par an. Quand Champville le voit, il a soixante et dix ans,
et il y a cinquante ans qu'il fait ce mtier.
     43. Il en voit douze tous les matins, et avale les douze trons; il les
voit toutes ensemble.
     44. Il se met dans un bain o trente femmes viennent remplir la baignoire
en pissant et en chiant; il dcharge en recevant, et nageant dans tout cela.
     45. Il chie devant quatre femmes, exige qu'elles le regardent et l'aident
 faire son tron; ensuite, il veut qu'elles se le partagent et le mangent,
puis elles en font chacune un; il les mle et les avale tous quatre, mais il
faut que ce soit des vieilles d'au moins soixante ans.
 
    Ce soir-l, Michette est livre en con  l'assemble; de ce moment, elle
porte la petite charpe.
 
    Le dix. 46. Il fait chier une fille et une autre B; puis il force B 
manger l'tron de A et A de manger l'tron de B; ensuite elles chient toutes
deux, et il mange leurs deux trons.
     47. Il veut une mre et trois filles, et il mange la merde des filles sur
le cul de la mre, et la merde de la mre sur le cul d'une de ses filles.
     48. Il oblige une fille  chier dans la bouche de sa mre, et  se
torcher le cul avec les ttons de sa mre; ensuite, il va manger l'tron dans
la bouche de cette mre, et fait, aprs, chier la mre dans la bouche de sa
fille, o il va, de mme, manger l'tron. (Il vaut mieux mettre un fils et sa
mre pour varier avec la prcdente.)
     49. Il veut qu'un pre mange l'tron de son fils, et lui, mange l'tron
du pre.
     50. Il veut que le frre chie dans le con de sa soeur, et il mange
l'tron, puis il faut que la soeur vienne chier dans la bouche du frre, et il
mange l'tron.
 
    Le onze. 51. Elle prvient qu'elle va parler d'impits, et parle d'un
homme qui veut que la putain en le branlant profre des blasphmes
pouvantables; il en dit  son tour d'effroyables. Son amusement, pendant ce
temps-l, consiste  baiser le cul; il ne fait que cela.
     52. Il veut que la fille vienne le branler le soir, dans une glise, dans
le temps surtout o le Saint-Sacrement est expos. Il se place le plus prs
qu'il peut de l'autel, et manie le cul pendant ce temps-l
     53. Il va  confesse uniquement pour faire bander son confesseur; il lui
dit des infamies, et se branle dans le confessionnal tout en parlant.
     54. Il veut que la fille aille  confesse; il attend au moment o elle en
sort pour la foutre en bouche.
     55. Il fout une putain pendant une messe dite dans une chapelle  lui, et
dcharge  l'lvation. 

    Ce soir-l le duc dpucelle Sophie en con, et blasphme beaucoup.
 
    Le douze. 56. Il gagne un confesseur, qui lui cde sa place pour confesser
de jeunes pensionnaires; il surprend ainsi leur confession, et leur donne, en
les confessant, tous les plus mauvais conseils qu'il peut.
     57. Il veut que sa fille aille  confesse  un moine qu'il a gagn, et on
le place de faon qu'il peut tout entendre; mais le moine exige que sa
pnitente ait les jupes releves pendant la confession, et le cul est post de
manire que le pre peut le voir: ainsi il entend la confession de sa fille et
il voit son cul tout  la fois.
     58. Fait clbrer la messe  des putains toutes nues; et il se branle en
voyant cela sur les fesses d'une autre fille.
     59. Il fait aller sa femme  confesse  un moine gagn, qui sduit sa
femme et la fout devant le mari qui est cach. Si la femme refuse, il sort et
va aider le confesseur.
 
    Ce jour-l, on a clbr la fte de la sixime semaine par le mariage de
Cladon et de Sophie, qui se consomme, et le soir, Sophie est livre en con,
et elle porte l'charpe. C'est un vnement qui fait que l'on ne conte que
quatre passions.
 
    Le treize. 60. Fout des putains sur l'autel, au moment o l'on va dire la
messe; elles ont le cul nu sur la pierre sacre.
     61. Il fait mettre une fille nue  cheval sur un grand crucifix; il la
fout en con, en levrette, dans cette attitude, et de faon  ce que la tte du
Christ branle le clitoris de la putain.
     62. Il pte et fait pter dans le calice; il y pisse et y fait pisser; il
y chie et y fait chier, et finit par y dcharger.
     63. Il ait chier un jeune garon sur la patre, et il le mange pendant
que l'enfant le suce.
     64. Il fait chier deux filles sur un crucifix; il y chie aprs elles; et
on le branle sur les trois trons qui couvrent la face de l'idole.
 
    Le quatorze. 65. Il brise des crucifix, des images de Vierge et du Pre
ternel, chie sur les dbris et brle le tout. Le mme homme a la manie de
mener une putain au sermon, et de se faire branler pendant la parole de Dieu.
     66. Il va communier, et revient se faire chier dans la bouche par quatre
putains.
     67. Il la fait aller communier et la fout en bouche au retour.
     68. Il interrompt le prtre dans une messe dite chez lui, il
l'interrompt, dis-je, pour se branler dans son calice, oblige la fille  y
faire dcharger le prtre, et force celui-ci  avaler le tout.
     70. Il l'interrompt, quand l'hostie est consacre, et force le prtre 
foutre la putain avec son hostie.
 
    On dcouvre ce jour-l qu'Augustine et Zelmire se branlent ensemble; elles
sont toutes deux rigoureusement punies.
 
    Le quinze. 71. Il fait pter la fille sur l'hostie, y pte lui-mme, et
avale aprs l'hostie en foutant la putain.
     72. Le mme homme qui se fait clouer dans une bire, et dont a parl
Duclos, force la putain  chier sur l'hostie; il y chie aussi, et jette le
tout dans les lieux.
     73. Branle avec le clitoris de la putain, la fait dcharger dessus, puis
il l'enfonce et fout avec, en dchargeant  son tour dessus.
     74. Il la perce  coups de couteau et s'en fait enfoncer les morceaux
dans le cul.
     75. Il se fait branler sur l'hostie, y dcharge, et fait ensuite, de sens
froid et quand le foutre a coul, manger le tout  un chien.
     
     Le mme soir, l'vque consacre une hostie, et Curval dpucelle Hb
avec; il la lui enfonce dans le con et dcharge dessus. On en consacre
plusieurs autres, et les sultanes dj dpuceles sont toutes foutues avec des
hosties.
 
    Le seize. Champville annonce que la profanation, qui tout  l'heure
formait la chose principale dans ses rcits, ne sera plus qu'accessoire, et ce
qu'on appelle au bordel les petites crmonies en passions doubles va faire
l'objet principal. Elle prie qu'on se souvienne que tout ce qui sera li 
cela ne sera qu'accessoire, mais que la diffrence qu'il y aura pourtant entre
ses rcits et ceux de Duclos sur ce mme objet c'est que Duclos n'a jamais
parl que d'un homme avec une femme, et qu'elle, elle mlera toujours
plusieurs femmes avec l'homme.
     76. Il se fait fouetter pendant la messe par une fille, il en fout une
seconde en bouche, et il dcharge  l'lvation.
     77. Il se fait fouetter lgrement sur le cul par deux femmes avec un
martinet; elles donnent dix coups chacune et lui branlent le trou du cul entre
chaque reprise.
     78. Il se fait fouetter par quatre filles diffrentes, pendant qu'on lui
pte dans la bouche. Elles changent, afin que toutes, chacune  leur tour,
fouettent et ptent.
     79. Il se fait fouetter par sa femme en foutant sa fille, et ensuite par
sa fille en foutant sa femme. C'est le mme dont Duclos a parl, et qui
prostitue sa fille et sa femme au bordel.
     80. Il se fait fouetter par deux filles  la fois: l'une frappe
par-devant et l'autre par-derrire, et quand il est bien en train, il en fout
une, pendant que l'autre fouette, puis la seconde pendant que la premire
fouette.
 
    Le mme soir, on livre Hb pour le con, et elle porte le petit cordon, ne
pouvant avoir le grand que quand elle aura perdu ses deux pucelages.
 
    Le dix-sept. 81. Il se fait fouetter en baisant le cul d'un garon,
pendant qu'il fout une fille en bouche; ensuite il fout le garon en bouche,
en baisant le cul de la fille et recevant toujours le fouet par une autre
fille; puis il se fait fouetter par le garon, fout en bouche la putain qui le
fouettait, et se fait fouetter par celle dont il baisait le cul.
     82. Il se fait fouetter par une vieille femme, fout un vieux homme en
bouche, et se fait chier dans la bouche par la fille de cet homme et de cette
femme, puis change, afin que chacun remplisse les trois rles.
     83. Il se fait fouetter, en se branlant et dchargeant sur un crucifix
appuy sur les fesses d'une fille.
     84. Il se fait fouetter, en foutant en levrette une putain avec l'hostie.
     85. Il passe tout un bordel en revue; il reoit le fouet de toutes les
putains, en baisant le trou du cul de la maquerelle qui lui pte et lui chie
dans la bouche.
 
    Le dix-huit. 86. Il se fait fouetter par des cochers de fiacre et des
garons marchaux, les passant deux  deux et faisant toujours pter dans sa
bouche celui qui ne fouette pas; il en passe dix ou seize dans sa matine.
     87. Il se fait tenir par trois filles; la quatrime l'trille  quatre
pattes, tant monte sur lui; toutes les quatre changent et lui montent sur le
corps tour  tour.
     88. Il arrive au milieu de six filles, nu; il demande pardon, il se jette
 genoux. Chaque fille ordonne une pnitence, et il a cent coups de fouet par
chaque pnitence refuse; c'est la fille refuse qui le fouette. Or ces
pnitences sont toutes fort sales: l'une voudra lui chier dans la bouche,
l'autre lui faire lcher ses crachats  terre; celle-ci se fait lcher le con
avec ses rgles, cette autre l'entre-deux des doigts des pieds, celle-l sa
morve, etc.
     89. Quinze filles passent, trois par trois; une fouette, une le suce,
l'autre chie, puis celle qui a chi fouette, celle qui a suc chie, et celle
qui a fouett suce. Il les passe ainsi toutes quinze; il ne voit rien, il
n'entend rien, il est dans l'ivresse. C'est une maquerelle qui dirige tout. Il
recommence cette partie six fois de la semaine. (Celle-l est charmante 
faire, et je vous la recommande. Il faut que a aille fort vite; chaque fille
doit donner vingt-cinq coups de fouet, et c'est dans l'intervalle de ces
vingt-cinq coups que la premire suce et que la troisime chie. S'il veut que
chaque fille donne cinquante coups, il en aura reu sept cent cinquante, ce
qui n'est pas trop.)
     90. Vingt-cinq putains lui mollissent le cul,  force de le claquer et de
le manier; on ne le laisse que quand son derrire est tout  fait insensible.
 
    Le soir on fouette le duc, pendant qu'il dpucelle Zelmire en con.
 
    Le dix-neuf. 91. Il se fait faire son procs par six filles; chacune a son
rle. On le condamne  tre pendu. On le pend effectivement, mais la corde
casse: c'est l'instant de sa dcharge. (Liez celle-l avec une de celles de
Duclos qui lui ressemble.)
     92. Il fait mettre six vieilles en demi-cercle; trois jeunes filles
l'trillent devant ce demi-cercle de dugnes qui, toutes, lui crachent au
visage.
     93. Une fille lui branle le trou du cul avec le manche des verges, une
seconde le fouette sur les cuisses et le vit, par-devant: c'est ainsi qu'il
dcharge sur les ttons de la fouetteuse de devant.
     94. Deux femmes le rossent  coups de nerfs de boeuf, pendant qu'une
troisime,  genoux devant lui, le fait dcharger sur ses ttons.
 
    Elle n'en dit que quatre, ce soir-l,  cause du mariage de Zelmire et
d'Adonis qui clbre la septime semaine, et qui se consomme, attendu que
Zelmire est dpucele en con de la veille.
 
    Le vingt. 95. Il se bat avec six femmes dont il fait semblant de vouloir
viter le fouet; il veut leur arracher les verges des mains, mais celles-ci
sont plus fortes, et elles le fustigent malgr lui; il est nu.
     96. Il passe par les verges, entre deux rangs de douze filles chacun; il
est fouett sur tout le corps, et il dcharge aprs neuf tours.
     97. Il se fait fouetter sur la plante des pieds, sur le vit, les cuisses,
pendant qu'tendu sur un canap, trois femmes montent  cheval sur lui et lui
chient dans la bouche.
     98. Trois filles le fouettent alternativement, l'une  coups de martinet,
l'autre  coups de nerf de boeuf, la troisime  coups de verges; une
quatrime,  genoux devant lui, et dont le laquas du paillard branle le trou
du cul, lui suce le vit, et lui, branle le vit du laquais, qu'il fait
dcharger sur les fesses de sa suceuse.
     99. Il est entre six filles; l'une le pique, l'autre le pince, la
troisime le brle, la quatrime le mord, la cinquime l'gratigne et la
sixime le fouette: tout cela indistinctement, partout; il dcharge au milieu
de tout cela.
 
    Ce soir-l, Zelmire, dpucele de la veille, est livre en con 
l'assemble, c'est--dire toujours uniquement  Curval et au duc, puisqu'ils
sont les deux seuls du quadrille qui foutent en con. Ds que Curval a foutu
Zelmire, sa haine pour Constance et pour Adlade redouble; il veut que
Constance serve Zelmire.
 
    Le vingt et un. 100. Il se fait branler par son laquais, pendant que la
fille est sur un pidestal, nue; il ne faut ni qu'elle bouge, ni qu'elle perde
l'quilibre, de tout le temps qu'on le branle.
     101. Il se fait branler par la maquerelle, en lui maniant les fesses,
pendant que la fille tient dans ses doigts un bout de bougie trs court, qu'il
ne faut pas qu'elle lche que le paillard n'ait dcharg; et il a bien soin de
ne le faire que quand elle se brle.
     102. Il fait coucher six filles  plat ventre sur sa table  manger,
chacune un bout de bougie dans le cul pendant qu'il soupe.
     103. Il fait tenir une fille  genoux sur des cailloux aigus, pendant
qu'il soupe, et si elle bouge de tout le repas, elle n'est pas paye.
Au-dessus d'elle sont deux bougies renverses, et dont la cire lui coule toute
chaude sur le dos et les ttons. Au moindre mouvement qu'elle fait, elle est
renvoye sans tre paye.
     104. Il la contraint d'tre dans une cage de fer trs  l'troit, pendant
quatre jours; elle ne peut ni s'asseoir, ni se coucher; il lui donne  manger
au travers des barreaux: (C'est celui dont Desgranges parlera au ballet des
dindons.)
 
    Ce mme soir, Curval dpucelle Colombe en con.
 
    Le vingt-deux. 105. Il fait danser une fille nue dans une couverture, avec
un chat qui la pince, la mord et l'gratigne en retombant; il faut qu'elle
saute, quelque chose qui en arrive, jusqu' la dcharge de l'homme.
     106. Il frotte une femme avec une certaine drogue qui cause des
dmangeaisons si violentes que cette femme se met en sang elle-mme; il la
regarde faire en se branlant.
     107. Il arrte les rgles d'une femme par une boisson, et risque de lui
donner ainsi de fortes maladies.
     108. Il lui donne une mdecine de cheval qui lui cause des tranches
horribles; il la regarde chier et souffrir tout le jour.
     109. Il frotte une fille de miel, puis l'attache nue contre une colonne,
et lche sur elle un essaim de grosses mouches.
 
    Ce mme soir, Colombe est livre pour le con.
 
    Le vingt-trois. 110. Il place la fille sur un pivot qui tourne avec une
prodigieuse rapidit; elle est lie nue et tourne jusqu' dcharge.
     111. Il pend une fille la tte en bas, jusqu' dcharge.
     112. Lui fait avaler une forte dose d'mtique, persuade qu'elle est
empoisonne, et se branle en la voyant vomir.
     113. Il ptrit la gorge jusqu' ce qu'elle soit toute bleue.
     114. Il ptrit le cul neuf jours de suite, pendant trois heures chaque
jour.
 
    Le vingt-quatre. 115. Il fait monter une fille sur une chelle jusqu'
vingt pieds de haut. L, un chelon casse, et la fille tombe, mais c'est sur
des matelas prpars. Il vient lui dcharger sur le corps au moment de sa
chute, et quelquefois il la fout  ce moment-l.
     116. Il donne des soufflets  tour de bras, et dcharge en les donnant;
il est dans un fauteuil et la fille est  genoux devant lui.
     117. Lui donne des frules sur les mains.
     118. De fortes claques sur les fesses, jusqu' ce que le derrire soit
tout en feu.
     119. 1l la gonfle avec un soufflet de forge par le trou du cul.
     120. Il lui donne un lavement d'eau presque bouillante, il s'amuse de ses
contorsions et lui dcharge sur le cul.
 
    Ce soir-l, Aline reoit des claques sur le cul des quatre amis, jusqu'
ce que son cul soit comme de l'carlate; une vieille la tient sur ses paules.
On en donne aussi quelques-unes  Augustine.
 
    Le vingt-cinq. 121. Il cherche des dvotes, et les fouette avec des
crucifix et des chapelets, puis les pose, en statue de vierge, sur un autel,
dans une posture gnante et dont elles ne peuvent bouger. Il faut qu'elle soit
l tout le temps d'une fort longue messe,  l'lvation de laquelle elle doit
lcher son tron sur l'hostie.
     122. La fait courir nue, dans une nuit glace d'hiver, au milieu d'un
jardin, et il y a des cordes tendues d'intervalles en intervalles, pour la
faire tomber.
     123. Il la jette, comme par mgarde, ds qu'elle est nue, dans une cuve
d'eau presque bouillante, et l'empche de sortir, jusqu' ce qu'il lui ait
dcharge sur le corps.
     124. Il la fait tenir nue sur une colonne, au milieu d'un jardin, au
coeur de l'hiver, jusqu' ce qu'elle ait dit cinq pater et cinq ave, ou
jusqu' ce qu'il ait perdu son foutre, qu'une autre fille excite en face de ce
spectacle.
     125. Il fait coller de glu la lunette d'une garde-robe prpare, il l'y
envoie chier; ds qu'elle est assise, son cul se prend; pendant ce temps-l,
de l'autre ct, on pose un rchaud de feu sous son derrire; elle fuit, et
s'corche en laissant toute la peau prise au cercle.
 
    Ce soir-l, on fait faire des profanations  Adlade et  Sophie, les
deux dvotes, et le duc dpucelle Augustine, dont il est amoureux depuis
longtemps; il lui dcharge trois fois de suite dans le con. Et ds le mme
soir, il propose de la faire courir nue dans les cours, par le froid affreux
qu'il fait. Il le propose vivement; on ne veut pas, parce qu'elle est trs
jolie et qu'on veut la conserver, que d'ailleurs elle n'est pas encore
dpucele par-derrire. Il offre deux cents louis  la socit pour la faire
descendre au caveau ds le mme soir: on refuse. Il veut au moins qu'elle ait
le cul claqu; elle reoit vingt-cinq claques de chaque ami. Mais le duc donne
les siennes  tour de bras et dcharge une quatrime fois en les donnant. Il
couche avec elle, et l'enconne encore trois coups pendant la nuit.
 
    Le vingt-six. 126. Il fait saouler la fille; elle se couche; ds qu'elle
dort, on enlve son lit. Elle se penche pour prendre son pot de chambre, vers
le milieu de la nuit. Ne le trouvant pas, elle tombe parce que le lit est en
l'air et la culbute ds qu'elle se penche. Elle tombe sur des matelas
prpars; l'homme l'attend l, et la fout ds qu'elle tombe.
     127. Il la fait courir nue dans un jardin, en la poursuivant avec un
fouet de poste dont elle est seulement menace. Il faut qu'elle coure jusqu'
ce qu'elle tombe de lassitude: c'est l'instant o il se jette sur elle et o
il la fout.
     128. Il fouette la fille, par reprise de dix coups, jusqu' cent, avec un
martinet de soie noire; il baise beaucoup les fesses  chaque reprise.
     129. 1l fouette avec des verges trempes dans de l'esprit-de-vin, et ne
dcharge sur les fesses de la fille que lorsqu'il les voit en sang.
 
    Champville ne conte que quatre passions ce jour-l, parce que c'est la
fte de la huitime semaine. On la clbre par le mariage de Zphire et
d'Augustine, qui tous deux appartiennent au duc et qui couchent dans sa
chambre; mais avant la clbration, le duc veut que Curval fouette le garon,
pendant qu'il fouettera la fille. Cela a lieu; ils reoivent chacun cent coups
de fouet, mais le duc, plus anim que jamais contre Augustine, parce qu'elle
l'a beaucoup fait dcharger, la fouette jusqu'au sang. (Il faudra, ce soir-l,
expliquer ce que c'est que les pnitences, comment on y procde, et quel
nombre de coups de fouet on y reoit. Vous pourrez faire un tableau des fautes
avec  ct le nombre de coups.)
 
    Le vingt-sept. 130. Il ne veut fouetter que des petites filles de cinq 
sept ans, et toujours cherche un prtexte, afin d'avoir mieux l'air de punir.
     131. Une femme vient  confesse  lui; il est prtre; elle dit tous ses
pchs, et, pour pnitence, il lui donne cinq cents coups de fouet.
     132, Il passe quatre femmes, et leur donne six cents coups de fouet 
chacune.
     133. Il fait faire la mme crmonie devant lui par deux valets qui se
relaient; on passe vingt femmes  six cents coups chacune; elles ne sont point
attaches; il se branle en voyant oprer.
     134. Il ne fouette que des petits garons de quatorze  seize ans, et il
les fait dcharger dans sa bouche, aprs. Il leur en donne cent coups chacun;
il en voit toujours deux  la fois.
 
    Ce soir-l, Augustine est livre pour le con. Curval l'enconne deux fois
de suite, et veut, comme le duc, la fouetter aprs. Tous deux s'acharnent
contre cette fille charmante; ils proposent quatre cents louis  la socit
pour en tre matres tous deux ds ce mme soir: on leur refuse.
 
    Le vingt-huit. 135. Il fait entrer une fille nue dans un appartement;
alors deux hommes lui tombent sur le corps et la fouettent chacun sur une
fesse jusqu'au sang; elle est lie. Quand c'est fini, il branle les hommes sur
le derrire en sang de la putain, et s'y branle lui-mme.
     136. Elle est attache pieds et mains au mur. Devant elle, galement
attache au mur, est une plaque d'acier tranchante qu'on relve contre son
ventre. Si elle veut chapper le coup, il faut qu'elle se jette en avant:
alors elle se coupe; si elle veut chapper la machine, il faut qu'elle se
jette sur les coups.
     137. Il fouette une fille neuf jours de suite,  cent coups le premier
jour, toujours en doublant jusqu'au neuvime inclus.
     138. Il fait mettre la putain  quatre pattes, monte  cheval sur elle,
le visage tourn vers ses fesses et la serrant fortement entre ses cuisses.
L, il l'trille sur les fesses et sur le con  l'envers, et comme pour cette
opration il se sert d'un martinet, il lui est facile de diriger ses coups
dans l'intrieur du vagin, et c'est ce qu'il fait.
     139. Il veut une femme grosse; il la fait courber en arrire sur un
cylindre qui lui soutient le dos. Sa tte, au-del du cylindre va poser en
arrire sur une chaise et est fixe l, les cheveux pars; ses jambes se
trouvent dans le plus grand cartement possible, et son gros ventre
extraordinairement tendu; l, le con bille de toute sa force. C'est l et sur
le ventre qu'il dirige ses coups, et quand il a vu le sang, il passe de
l'autre ct du cylindre et vient dcharger sur le visage.
 
     N.B. -Mes brouillons marquent les adoptions seulement aprs la
dfloration, et, en consquence, disent que le duc adopte ici Augustine.
Vrifiez si cela n'est pas faux, et si l'adoption des quatre sultanes n'est
pas faite ds les commencements, et ds ce moment s'il n'est pas dit qu'elles
couchent dans la chambre de ceux qui les ont adoptes.
      
    Le duc, ce soir-l, rpudie Constance, qui tombe dans le plus grand
discrdit; cependant on la mnage,  cause de sa grossesse sur laquelle on a
des projets. Augustine passe pour femme du duc, et ne fait plus que les
fonctions d'pouse au sofa et aux garde-robes. Constance n'a plus rang
qu'aprs les vieilles.
 
    Le vingt-neuf. 140. Il ne veut que des filles de quinze ans, et il les
fouette jusqu'au sang avec des houx et des orties; il est trs difficile sur
le choix des culs.
     141. Ne fouette qu'avec un nerf de boeuf, jusqu' ce que les fesses
soient toutes meurtries; il voit quatre femmes de suite.
     142. Il ne fouette qu'avec des martinets  pointe de fer, et ne dcharge
que quand le sang dcoule de partout.
     143. Le mme homme, dont Desgranges parlera le vingt fvrier, veut des
femmes grosses; il les frappe avec un fouet de poste, dont il enlve de gros
morceaux de chair sur les fesses, et lche de temps en temps quelques cinglons
sur le ventre.
 
    On fouette Rosette ce soir-l, et Curval la dpucelle en con. On dcouvre
ce jour-l l'intrigue d'Hercule et de Julie: elle s'tait fait foutre. Quand
on l'en gronde, elle rpond libertinement; on la fouette extraordinairement;
puis, comme elle est aime, ainsi qu'Hercule qui s'est toujours bien conduit,
on leur pardonne et on s'en amuse.
 
    Le trente. 144. Il place une bougie  une certaine hauteur; la fille a, au
doigt du milieu de sa main droite, un bout de pain de bougie attach, lequel
est fort court, et la brlera si elle ne se dpche. Il faut qu'avec ce bout
de pain de bougie elle allume la bougie leve, mais, comme elle est place
haute, il faut qu'elle cabriole pour l'atteindre, et le paillard, arm d'un
fouet de lanires de cuir, la frappe  tour de bras pour la faire sauter plus
haut, ou allumer plus vite. Si elle russit, tout est dit: sinon, elle est
fouette  tour de bras.
     145. Il fouette alternativement sa femme et sa fille, et les prostitue au
bordel pour y tre fouettes sous ses yeux, mais ce n'est pas le mme dont il
a dj t question.
     146. Il fouette avec des verges, depuis la nuque du col jusqu'au gras des
jambes; la fille est lie, il lui met en sang tout le train de derrire.
     147. Ne fouette que sur les ttons; il veut qu'elle les ait trs gros, et
paye double quand les femmes sont grosses.
 
    Ce soir-l, Rosette est livre pour le con; quand Curval et le duc l'ont
eu bien foutue, ils la fouettent, eux et leurs amis, sur le con. Elle est 
quatre pattes, et on dirige les coups dans l'intrieur avec un martinet.
 
    Le trente et un. 148. Il ne fouette que sur le visage, avec des verges; il
lui faut des figures charmantes. C'est celui dont Desgranges parlera le sept
de fvrier.
     149. Il fouette indiffremment avec des verges toutes les parties du
corps; rien n'est pargn, visage, con et sein compris.
     150. Donne deux cents coups de nerf de boeuf, sur tout le train de
derrire,  des jeunes garons de seize  vingt ans.
     151. Il est dans une chambre; quatre filles l'chauffent et le fouettent.
Quand il est bien en feu, il se jette sur la cinquime fille, nue dans une
chambre vis--vis, et l'assaillit indiffremment sur tout le corps  grands
coups de nerf de boeuf, jusqu' ce qu'il dcharge; mais pour que cela soit
plus tt fait et que la patiente souffre moins, on ne le lche que quand il
est trop prs de sa dcharge. (Vrifiez pourquoi il y en a une de trop.)
      
     	Champville est applaudie, on lui fait les mmes honneurs qu' Duclos,
et, ce soir-l, elles soupent toutes deux avec les amis. Ce soir-l, aux
orgies, Adlade, Aline, Augustine et Zelmire sont condamnes  tre fouettes
avec des verges sur tout le corps, except le sein, mais comme on veut encore
en jouir au moins deux mois, elles sont trs mnages.
 

                                    (XXXVI)
                                        
                               TROISIEME PARTIE

     Les cent cinquante passions de troisime classe, ou criminelles,
composant trente et une journes de janvier, remplies par la narration de la
Martaine, auxquelles on a joint le journal exact des vnements scandaleux du
chteau pendant ce mois-l.
 

                                    (Plan)

     Le premier de janvier. 1. Il n'aime qu' se faire enculer, et on ne sait
o lui chercher des vits assez gros. Mais elle n'appuie pas, dit-elle, sur
cette passion, comme un got trop simple et trop connu de ses auditeurs.
     2. Il ne veut dpuceler que des petites filles de trois  sept ans, en
cul. C'est l'homme qui a eu son pucelage de cette manire: elle avait quatre
ans. Elle en est malade, sa mre implore le secours de cet homme; quelle fut
sa duret. Cet homme est le mme dont Duclos parle le 29 novembre la dernire;
c'est le mme du 2 dcembre de Champville, et le mme de l'enfer. Il a un vit
monstrueux. C'est un homme normment riche. Il dpucelle deux petites filles
par jour; une en con le matin, comme l'a dit Champville le 2 dcembre, et une
en cul le soir, et le tout indpendamment de ses autres passions. Quatre
femmes tenaient Martaine quand il l'encula. Sa dcharge est de six minutes et
il beugle en y procdant. Manire adroite et simple dont il fait sauter ce
pucelage de cul, quoiqu'elle n'ait que quatre ans.
     3. Sa mre vend le pucelage du petit frre de Martaine  un autre homme
qui n'encule que des garons, et qui les veut  sept ans juste.
     4. Elle a treize ans et son frre quinze; ils vont chez un homme qui
contraint le frre  foutre sa soeur, et qui fout alternativement en cul
tantt le garon, tantt la fille, pendant qu'ils sont aux prises ensemble.
 
    La Martaine vante son cul; on lui dit de le faire voir; elle le montre de
dessus la tribune. L'homme dont elle vient de parler est le mme que celui du
21 novembre de Duclos, le comte, et du 27 fvrier de Desgranges. 

    5. Il se fait foutre en enculant le frre et la soeur; c'est le mme homme
dont parlera Desgranges le 24 de fvrier.
 
    Ce mme soir, le duc dpucelle Hb en cul, qui n'a que douze ans. Il y a
des peines infinies; elle est tenue par les quatre vieilles, et il est servi
par Duclos et Champville; et comme il y a une fte le lendemain, pour ne rien
dranger, Hb, ds le mme soir, est livre en cul, et tous les quatre amis
en jouissent. On l'emporte sans connaissance; elle a t encule sept coups.
 
     Que Martaine ne dise point qu'elle est barre; c'est faux.
 
    Le deux. 6. Il se fait pter dans la bouche par quatre filles, en en
enculant une cinquime, puis il change. Toutes ptent, et toutes sont
encules; il ne dcharge que dans le cinquime cul.
     7. Il s'amuse avec trois jeunes garons; il encule et se fait chier, en
les changeant tous trois, et il branle celui qui est dans l'inaction. 
    8. Il fout la soeur en cul, en se faisant chier dans la bouche par le
frre, puis il les change, et dans l'une et l'autre jouissance on l'encule.
     9. Il n'encule que des filles de quinze ans, mais aprs les avoir au
pralable fouettes  tour de bras.
     10. Il moleste et pince les fesses et le trou du cul une heure, puis il
encule pendant qu'on le fouette  tour de bras.
 
    On clbre ce jour-l la fte de la neuvime semaine. Hercule pouse Hb
et la fout en con. Curval et le duc enculent tour  tour et le mari et la
femme, alternativement.
 
    Le trois. 11. Il n'encule que pendant la messe, et dcharge  l'lvation.
     12. Il n'encule qu'en foulant un crucifix aux pieds et en le faisant
fouler  la fille.
     13. L'homme qui s'est amus avec Eugnie dans la onzime journe de
Duclos fait chier, torche le cul merdeux, a un vit norme, et encule une
hostie au bout de son engin.
     14. Encule un garon avec l'hostie, se fait enculer avec l'hostie. Sur la
nuque du col du garon qu'il encule est une autre hostie, sur laquelle chie un
troisime garon. Il dcharge ainsi sans changer mais en profrant
d'pouvantables blasphmes.
     15. Il encule le prtre tout en disant sa messe, et quand celui-ci a
consacr, le fouteur se retire un moment; le prtre se fourre l'hostie dans le
cul, et on le rencule par l-dessus.
 
    Le soir, Curval dpucelle en cul, avec une hostie, le jeune et charmant
Zlamir. Et Antinos fout le prsident avec une autre hostie; en foutant, le
prsident en enfonce avec sa langue une troisime dans le trou du cul de
Fanchon.
 
    Le quatre. 16. Il n'aime  enculer que de trs vieilles femmes pendant
qu'on le fouette.
     17. N'encule que de vieux hommes pendant qu'on le fout.
     18. A une intrigue rgle avec son fils.
     19. Veut n'enculer que des monstres, ou des ngres, ou des gens
contrefaits.
     20. Pour runir l'inceste, l'adultre, la sodomie et le sacrilge, il
encule sa fille marie avec une hostie.
 
    Ce soir-l, on livre Zlamir en cul aux quatre amis.
 
    Le cinq. 21. Il se fait foutre et fouetter alternativement par deux
hommes, pendant qu'il encule un jeune garon et qu'un vieux lui fait dans sa
bouche un tron qu'il mange.
     22. Deux hommes le foutent alternativement, l'un en bouche, l'autre en
cul; il faut que a dure trois heures, montre sur table. Il avale le foutre de
celui qui le fout en bouche.
     23. Il se fait foutre par dix hommes,  tant par coup; il soutient
jusqu' quatre-vingts coups dans sa journe sans dcharger.
     24. Il prostitue, pour tre foutues en cul, sa femme, sa fille et sa
soeur, et les regarde faire.
     25. Il emploie huit hommes autour de lui: un dans la bouche, un dans le
cul, un sous l'aine droite, un sous la gauche; il en branle un de chaque main;
le septime est entre ses cuisses, et le huitime se branle sur son visage.
 
    Ce soir-l le duc dpucelle Michette en cul et lui fait des douleurs
affreuses.
 
    Le six. 26. Il fait enculer un vieux homme devant lui; on retire plusieurs
fois le vit du cul du vieillard, on le met dans la bouche de l'examinateur qui
le suce; puis il suce le vieux, le gamahuche, l'encule pendant que celui qui
vient de foutre le vieux l'encule  son tour et est fouett par la gouvernante
du paillard.
     27. Il serre violemment le col d'une jeune fille de quinze ans en
l'enculant, afin de lui rtrcir l'anus; on le fouette avec un nerf de boeuf
pendant ce temps-l.
     28. Il se fait mettre dans le cul de grosses boules de mercure combines
avec le vif argent. Ces boules remontent et redescendent, et pendant le
chatouillement excessif qu'elles occasionnent, il suce des vits, avale le
foutre, fait chier des culs de filles, avale la merde. Il est deux heures dans
cette extase.
     29. Il veut que le pre l'encule, pendant qu'il sodomise le fils et la
fille de cette homme.
 
    Le soir, Michette est livre en cul. Durcet prend la Martaine pour coucher
dans sa chambre,  l'exemple du duc qui a Duclos et de Curval qui a Fanchon;
cette fille prend sur lui le mme empire lubrique que Duclos sur le duc.
 
    Le sept. 30. Il fout un dindon dont la tte est passe entre les cuisses
d'une fille couche sur le ventre, de faon qu'il a l'air d'enculer la fille.
On l'encule pendant ce temps-l, et  l'instant de sa dcharge, la fille coupe
le cou du dindon.
     31. Il fout une chvre en levrette, pendant qu'on le fouette. Il fait un
enfant  cette chvre, qu'il encule  son tour, quoique ce soit un monstre.
     32. Il encule des boucs.
     33. Veut voir une femme dcharger, branle par un chien; et il tue le
chien d'un coup de pistolet sur le ventre de la femme sans blesser la femme.
     34. Il encule un cygne, en lui mettant une hostie dans le cul, et il
trangle lui-mme l'animal en dchargeant.
 
    Ce mme soir, l'vque encule Cupidon pour la premire fois.
 
    Le huit. 35. Il se fait placer dans un panier prpar, qui n'a d'ouverture
qu' un endroit, o il place le trou de son cul frott de foutre de jument,
dont le panier reprsente le corps, couvert d'une peau de cet animal. Un
cheval entier, dress  cela, l'encule et pendant ce temps-l, dans son panier
il fout une belle chienne blanche.
     36. Il fout une vache, la fait engendrer, et fout le monstre.
     37. Dans un panier galement arrang, il fait placer une femme qui reoit
le membre d'un taureau; il s'amuse du spectacle.
     38. Il a un serpent apprivois qui s'introduit dans son anus et le
sodomise, pendant qu'il encule un chat dans un panier, qui, pris de partout,
ne peut lui faire aucun mal.
     39. Il fout une nesse, en se faisant enculer par un ne dans des
machines prpares qu'on dtaillera.
 
    Le soir, Cupidon est livr en cul.
 
    Le neuf. 40. Il fout une chvre en narines, qui, pendant ce temps-l, lui
lche les couilles avec la langue; pendant ce temps-l, on l'trille et on lui
lche le cul alternativement.
     41. Il encule un mouton, pendant qu'un chien lui lche le trou du cul.
     42. Il encule un chien, dont on coupe la tte pendant qu'il dcharge.
     43. Il oblige une putain de branler un ne devant lui, et on le fout
pendant ce spectacle.
     44. Il fout un singe en cul; l'animal est enferm dans un panier; on le
tourmente pendant ce temps-l, afin de redoubler les resserrements de son anus.
 
    On clbre ce soir-l la fte de la dixime semaine par le mariage de
Brise-cul et de Michette qui se consomme et qui fait grand mal a Michette.
 
    Le dix. Elle annonce qu'elle va changer de passion, et que le fouet, qui
tait le principal, plus haut, dans le rcit de Champville, n'est plus ici
qu'accessoire.
     45. Il fait chercher des filles coupables de quelques dlits. Il vient
les effrayer, leur dire qu'elles vont tre arrtes, mais qu'il se charge de
tout si elles veulent recevoir une violente fustigation; et dans la crainte o
elles sont, elles se laissent fouetter jusqu'au sang.
     46. Fait chercher une femme qui ait de beaux cheveux, sous le seul
prtexte de les examiner; mais il les lui coupe en tratre, et dcharge en la
voyant s'plorer de ce malheur, dont il rit beaucoup.
     47. Avec tout plein de crmonies, elle entre dans une chambre obscure.
Elle ne voit personne, mais elle entend une conversation qui la regarde, que
vous dtaillerez, et qui est capable de la faire mourir d'effroi. A la fin,
elle reoit un dluge de soufflets et de coups de poing, sans savoir d'o a
lui vient; elle entend les cris d'une dcharge, et on la dlivre.
     48. Elle entre dans une espce de spulcre sous terre, qui n'est clair
que par des lampes; elle en voit toute l'horreur. Ds qu'elle a pu observer un
moment, tout s'teint, un bruit horrible de cris et de chanes se fait
entendre; elle s'vanouit. Sinon, jusqu' ce qu'elle le soit, on redouble la
cause de l'effroi par quelques nouveaux pisodes. Ds qu'elle a perdu
connaissance, un homme tombe sur elle et l'encule; ensuite il la laisse, et ce
sont des valets qui viennent la secourir. Il lui faut des filles trs jeunes
et trs novices.
     49. Elle entre clans un endroit semblable, mais que vous diffrencierez
un peu dans le dtail. On l'enferme nue dans une bire, on l'y cloue, et
l'homme dcharge au bruit des clous.
 
    Ce soir-l, on avait fait exprs absenter Zelmire des rcits. On la
descend dans le caveau dont il a t question et qu'on a prpar comme ceux
qui viennent d'tre dpeints. Les quatre amis s'y trouvent nus et tous arms;
elle s'vanouit, et pendant ce temps-l Curval la dpucelle en cul. Le
prsident a conu pour cette fille les mmes sentiments d'un amour ml de
rage lubrique que le duc a pour Augustine.
 
    Le onze. 50. Le mme homme, le duc de Florville, dont Duclos a parl, la
seconde du 29 novembre, le mme aussi que la cinquime du 26 fvrier, de
Desgranges, veut qu'on place sur un lit de satin noir un beau cadavre de fille
venant d'tre assassine; il le manie dans tous les sens et l'encule.
     51. Un autre en veut deux, celui d'une fille et celui d'un garon, et il
encule le cadavre du jeune garon en baisant les fesses de la fille et en
enfonant sa langue dans l'anus.
     52. Il reoit la fille dans un cabinet rempli de cadavres en cire, trs
bien imits; ils sont tous percs de diffrentes manires. Il dit  la fille
de choisir, et qu'il va la tuer comme celui de ces cadavres dont les blessures
lui plaisent le mieux.
     53. Il la lie  un cadavre rel, bouche  bouche, et la fouette dans
cette attitude jusqu'au sang sur tout le train de derrire.
 
    Ce soir-l, Zelmire est livre en cul, mais, avant, on lui a fait son
procs, et on lui a dit qu'elle sera tue dans la nuit. Elle le croit, et au
lieu de cela, quand elle a t bien encule, on se contente de lui donner cent
coups de fouet chacun, et Curval l'emmne coucher avec lui, o il l'encule
encore.
 
    Le douze. 54. Il veut une fille qui ait ses rgles. Elle arrive prs de
lui, mais il est plac prs d'une espce de rservoir d'eau glace de plus de
douze pieds carrs sur huit de profondeur; c'est masqu, de faon que la fille
ne le voie pas. Ds qu'elle est prs de l'homme, il la pousse dedans, et
l'instant de sa chute est celui de la dcharge de l'homme; on la retire
aussitt, mais, comme elle a ses rgles, elle n'en fait pas moins trs souvent
une violente maladie.
     55. Il la descend nue dans un puits trs profond et la menace de le
combler de pierres; il jette quelques mottes de terre pour l'effrayer, et
dcharge dans le puits sur la tte de la putain.
     56. Il fait entrer chez lui une femme grosse, et l'effraie en menaces et
en propos; il la fouette, renouvelle ses mauvais traitements pour la faire
avorter, ou chez lui; ou ds qu'elle est de retour chez elle. Si elle accouche
chez lui, il la paye double.
     57. Il l'enferme dans un cachot noir, au milieu de chats, de rats et de
souris; il persuade qu'elle est l pour sa vie, et il va chaque jour se
branler  sa porte en la persiflant.
     58. Il lui enfonce des gerbes d'artifice dans le cul, dont les flammches
lui grsillent les fesses en y retombant.
 
    Ce soir-l Curval fait reconnatre Zelmire pour sa femme, et l'pouse
publiquement. L'vque les marie; il rpudie Julie, qui tombe dans le plus
grand discrdit, mais que son libertinage soutient cependant et que l'vque
protge un peu, jusqu' ce qu'il se dclarera tout  fait pour elle, comme on
le verra.
     On s'aperoit mieux que jamais, ce soir-l de la haine taquine de Durcet
pour Adlade; il la tourmente, il la vexe, elle se dsole; et le prsident,
son pre, ne la soutient point.
 
    Le treize. 59. Il attache une fille sur une croix de Saint-Andr suspendue
en l'air, et l'y fouette  tour de bras sur tout le train de derrire. Aprs
cela, il la dtache et la jette par une fentre, mais elle tombe sur des
matelas prpars; il dcharge en l'entendant tomber. Dtaillez la scne qu'il
lui fait pour lgitimer cela.
     60. Il lui fait avaler une drogue qui lui fait voir une chambre remplie
d'objets horribles. Elle voit un tang dont l'eau la gagne, elle monte sur une
chaise pour viter l'eau. On lui dit qu'elle n'a point d'autre parti  prendre
que de se jeter  la nage; elle s'y jette, mais elle tombe  plat sur un
carreau, et se fait souvent beaucoup de mal. C'est l'instant de la dcharge de
notre libertin, dont le plaisir, avant, a t de beaucoup baiser le derrire.
     61. Il la tient suspendue par une poulie en haut d'une tour; il est 
porte de la corde place  une fentre au-dessus; il se branle, donne des
secousses  la corde, et menace de la couper en dchargeant. On le fouette
pendant cela, et, avant, il a fait chier la putain.
     62. Elle est tenue par quatre petites cordes minces aux quatre membres.
Ainsi suspendue dans la plus cruelle attitude, on ouvre une trappe sous elle
qui lui dcouvre un brasier ardent: si les cordes cassent elle y tombe. On les
branle, et le paillard en coupe une en dchargeant. Quelquefois, il la met
dans la mme attitude, lui met un poids sur les reins et relve beaucoup les
quatre cordes, de manire qu'elle se crve, pour ainsi dire, l'estomac et se
brise les reins. Elle reste ainsi jusqu' dcharge.
     63. Il la lie sur un tabouret;  un pied au-dessus de sa tte est un
poignard trs affil, suspendu  un cheveu; si le cheveu casse, le poignard,
trs aigu, lui entre dans le crne. L'homme se branle en face, et jouit des
contorsions que la crainte arrache  sa victime. Au bout d'une heure, il la
dlivre, et lui ensanglante les fesses avec la pointe de ce mme poignard,
pour lui faire voir qu'il piquait bien; il dcharge sur le cul ensanglant.
 
    Ce soir-l, l'vque dpucelle Colombe en cul et la fouette jusqu'au sang
aprs sa dcharge parce qu'il ne peut souffrir qu'une fille le fasse dcharger.
 
    Le quatorze. 64. Il encule une jeune novice qui ne sait rien, et, en
dchargeant, il lui lche deux coups de pistolet aux oreilles dont elle a les
cheveux brls.
     65. Il la fait asseoir dans un fauteuil  ressorts; de son poids elle
fait partir tous les ressorts qui rpondent  des cerceaux de fer dont elle se
trouve attache; d'autres ressorts prsentent en partant vingt poignards sur
son corps. L'homme se branle en lui disant que, donnant au fauteuil le moindre
mouvement, elle va tre perce, et fait, en dchargeant, jaillir son foutre
sur elle.
     66. Elle tombe, par le moyen d'une bascule, dans un cabinet tendu de noir
et meubl d'un prie-Dieu, d'un cercueil et de ttes de morts. Elle y voit six
spectres arms de massues, d'pes, de pistolets, de sabres, de poignards et
de lances, et chacun prt  la percer dans un endroit diffrent. Elle
chancelle, la peur la prend; l'homme entre, la saisit l et la fouette sur
tout le corps  tour de bras, puis dcharge en l'enculant. S elle est vanouie
quand il entre, ce qui arrive souvent, il la fait revenir  coup de verges.
     67. Elle entre dans la chambre d'une tour; elle y voit, au milieu, un
grand brasier; sur une table, du poison et un poignard. On lui donne  choisir
les trois genres de mort. Communment elle choisit le poison: c'est un opium
prpar, qui la fait tomber dans un assoupissement profond, pendant lequel le
libertin l'encule. C'est le mme homme dont a parl Duclos le 27 et dont
Desgranges parlera le 6 de fvrier.
     68. Le mme homme dont Desgranges parlera le 16 de fvrier fait toutes
les crmonies pour couper la tte de la fille; lorsque le coup va tomber, un
cordon retire prcipitamment le corps de la fille, le coup porte sur le
billot, et le sabre y enfonce de trois pouces. Si la corde ne retire pas la
fille  temps, elle est morte. Il dcharge en lchant son coup. Mais, avant,
il l'a encule, le cou sur le billot.
 
    Le soir, Colombe est livre pour le cul; on la menace et on fait mine de
lui couper le cou.
 
    Le quinze. 69. Il pend la putain tout  fait; elle a ses pieds appuys sur
un tabouret, une corde tient au tabouret; il est en face, post sur un
fauteuil, o il se fait branler par la fille de cette femme-l. En
dchargeant, il tire la corde; la fille, n'tant plus soutenue, reste
accroche; il sort, des valets viennent, dtachent la fille, et au moyen d'une
saigne, elle en revient, mais ce secours se donne  son insu. Il va coucher
avec la fille, et la sodomise toute la nuit en lui disant qu'il a pendu sa
mre; il ne veut pas savoir qu'elle en est revenue. (Dites que Desgranges en
parlera.)
 
    70. Il tire la fille par les oreilles, et la promne ainsi, nue, au milieu
de la chambre; il dcharge alors.
     71. Il pince la fille extraordinairement sur tout le corps, except sur
le sein; il la rend toute noire. 
    72. Il la pince sur la gorge, la lui moleste et la lui ptrit, jusqu' ce
qu'elle soit entirement meurtrie.
     73. Il lui trace des chiffres et des lettres avec la pointe d'une
aiguille sur les ttons, mais l'aiguille est envenime, la gorge enfle, et
elle souffre beaucoup.
     74. Lui enfonce mille ou deux mille camions dans les ttons, et dcharge
quand elle en a le sein couvert.
 
    On surprend ce jour-l Julie, toujours plus libertine que jamais, se
branlant avec la Champville. L'vque la protge encore plus depuis lors, et
l'admet dans sa chambre, comme le duc a Duclos, Durcet Martaine, et Curval
Fanchon. Elle avoue que depuis sa rpudiation, comme elle avait t condamne
 aller coucher ans l'table des btes, 1a Champville l'avait retire dans sa
chambre et couchait avec elle.
 
    Le seize. 75. Il enfonce de grosses pingles, gnralement sur tout le
corps de la fille, ttons compris; il dcharge quand elle en est couverte.
(Dites que Desgranges en parlera; c'est celle qu'elle explique, la quatrime
du 27 fvrier.)
 
    76. Il la gonfle de boisson, puis il lui coud le con et le cul; il la
laisse ainsi jusqu' ce qu'il la voie vanouie de besoin d'uriner ou de chier
sans en pouvoir venir  bout, ou que la chute et le poids des besoins viennent
 rompre les fils.
 
    77. Ils sont quatre dans une chambre et se pelotent la fille  coups de
pied et  coups de poing, jusqu' ce qu'elle tombe. Tous quatre se branlent
mutuellement et dchargent quand elle est  bas.
     78. On lui te et lui rend l'air  volont dans une machine pneumatique.
 
    Pour fter la onzime semaine, on clbre, ce jour-l, le mariage de
Colombe et d'Antinos qui se consomme. Le duc, qui fout prodigieusement
Augustine en con, a pris, cette nuit-l, une rage lubrique contre elle: il l'a
fait tenir par la Duclos, et lui a donn trois cents coups de fouet, depuis le
milieu du dos jusqu'au gras des jambes, et a ensuite encul la Duclos en
baisant le cul fouett d'Augustine. Ensuite, il fait des folies pour
Augustine, veut qu'elle dne auprs de lui, ne mange que de sa bouche, et
mille autres inconsquences libertines qui peignent le caractre de ces
paillards-l.
 
    Le dix-sept. 79. Il lie la fille sur une table,  plat ventre, et lui
mange une omelette bouillante sur ses fesses, dont il pique fortement les
morceaux avec une fourchette trs aigu.
     80. Il lui fixe la tte sur un rchaud de braise jusqu' ce qu'elle
s'vanouisse, et il l'encule en cet tat.
     81. Il lui grsille lgrement et peu  peu la peau du sein et des fesses
avec des allumettes soufres.
     82. Il lui teint, une grande quantit de fois de suite, des bougies dans
le con, dans le cul, et sur les ttons.
     83. Il lui brle, avec une allumette, les poils des paupires, ce qui
l'empche de prendre aucun repos la nuit, ni de pouvoir fermer les yeux pour
dormir.
 
    Ce soir-l, le duc dpucelle Giton, qui s'en trouve mal, parce que le duc
est norme, qu'il fout trs brutalement et que Giton n'a que douze ans.
 
    Le dix-huit. 84. Il l'oblige, le pistolet sur la gorge, de mcher et
d'avaler un charbon ardent, et puis il lui seringue de l'eau-forte dans le con.
     85. Il lui fait danser les olivettes toute nue,  l'entour de quatre
piliers prpars; mais le seul sentier qu'elle puisse suivre nu-pieds, autour
de ces piliers, est garni de ferrailles aigus et de pointes de clous et de
morceaux de verre, et il y a un homme plac  chaque pilier, une poigne de
verges  la main, qui la cingle ou par-devant ou par-derrire, suivant la
partie qu'elle prsente, chaque fois qu'elle passe prs de cet homme. Elle est
oblige de courir ainsi un certain nombre de tours, suivant qu'elle est plus
ou moins jeune et jolie, les plus belles tant toujours les plus vexes.
     86. Il lui donne de violents coups de poing dans le nez, jusqu' ce
qu'elle saigne, et il continue encore, malgr qu'elle soit en sang; il
dcharge et mle son foutre au sang qu'elle perd.
     87. Il la pince sur les chairs, et principalement sur les fesses, la
motte et les ttons, avec des tenailles de fer trs chaudes. (Dites que
Desgranges en parlera.)
 
    88. Il lui place sur son corps nu diffrents petits tas de poudre  canon,
surtout dans les endroits les plus sensibles et il y met le feu.
 
    Le soir, on livre Giton pour le cul, et il est fustig aprs la crmonie
par Curval, le duc et l'vque qui l'ont foutu.
 
    Le dix-neuf. 89. Il lui enfonce dans le con un cylindre de poudre,  cru,
et qui n'est point revtu de carton; il y met le feu et dcharge en voyant la
flamme. Prcdemment il a bais le cul.
     90. Il l'imbibe, depuis les pieds jusqu' la tte, exclusivement avec de
l'esprit-de-vin; il y met le feu, et s'amuse jusqu' sa dcharge  voir ainsi
cette pauvre fille tout en feu. Il renouvelle deux ou trois fois l'opration.
     91. Il lui donne un lavement d'huile bouillante dans le cul.
     92. Il lui enfonce un fer brlant dans l'anus, et autant dans le con,
aprs l'avoir bien fouette avant.
     93. Il veut fouler  ses pieds une femme grosse, jusqu' ce qu'elle
avorte. Prcdemment il la fouette.
 
    Ce mme soir, Curval dpucelle Sophie en cul, mais elle est, avant,
fouette jusqu'au sang de cent coups par chacun des amis. Ds que Curval lui a
dcharg dans le cul, Il offre cinq cents louis  la socit pour la descendre
le soir mme dans le caveau et s'en amuser  sa guise; on le lui refuse. Il la
rencule, et en sortant de son cul  cette seconde dcharge, il lui donne un
coup de pied au derrire, qui va la jeter sur des matelas  quinze pieds de
l. Ds le mme soir, il va se venger sur Zelmire, qu'il fouette  tour de
bras.
 
    Le vingt. 94. Il a l'air de caresser la fille qui le branle, elle est sans
dfiance; mais  l'instant de sa dcharge, il lui saisit la tte et la cogne
fortement contre un mur. Le coup est si imprvu et si violent qu'elle en tombe
ordinairement vanouie.
     95. Ils sont quatre libertins runis; ils jugent une fille et la
condamnent en rgle: sa sentence  cent coups de bton, appliqus vingt-cinq
par vingt-cinq par chacun des amis et distribus l'un depuis le dos jusqu'au
bas des reins, le second depuis la chute des reins jusqu'au gras des jambes,
le troisime depuis le cou jusqu'au nombril, sein compris, et le quatrime
depuis le bas-ventre jusqu'aux pieds.
     96. Il lui fait une piqre d'pingle dans chaque oeil, sur chaque bout de
tton et sur le clitoris.
     97. Il lui dgoutte de la cire d'Espagne sur les fesses, dans le con et
sur la gorge.
     98. Il la saigne du bras, et n'arrte le sang que quand elle s'vanouit.
 
    Curval propose de saigner Constance  cause de sa grossesse: on le fait
jusqu' l'vanouissement; c'est Durcet qui la saigne. Ce soir-l, on livre
Sophie pour le cul, et le duc propose de la saigner, que a ne peut pas lui
faire du mal, au contraire, et de faire du boudin de son sang pour le
djeuner. On le fait, c'est Curval qui la saigne; Duclos le branle pendant ce
temps-l, et il ne veut faire sa piqre qu'au moment o son foutre chappe; il
la fait large, mais il ne la manque pas. Malgr tout cela, Sophie a plu 
l'vque, qui l'adopte pour femme et rpudie Aline, qui tombe dans le plus
grand discrdit.
 
    Le vingt et un. 99. Il la saigne des deux bras, et veut qu'elle soit
debout quand le sang coule; de temps  autre, il arrte le sang pour la
fouetter; ensuite il rouvre les plaies, et le tout jusqu' l'vanouissement.
Il ne dcharge que quand elle tombe; avant, il fait chier.
     100. Il la saigne des quatre membres et  la jugulaire, et se branle en
voyant couler ses cinq fontaines de sang.
     101. Il la scarifie lgrement sur les chairs, et surtout les fesses,
mais point les ttons.
     102. Il la scarifie fortement, et surtout sur le sein prs du bout, et
prs du trou du cul quand il en est aux fesses; ensuite il cautrise les
plaies avec un fer rouge.
     103. On l'attache  quatre pattes comme une bte froce; il est recouvert
d'une peau de tigre. En cet tat on l'excite, on l'irrite, on le fouette, on
le bat, on lui branle le cul. Vis--vis de lui est une jeune fille trs
grasse, nue, et fixe par les pieds au parquet, et par le cou au plafond, de
manire qu'elle ne peut bouger. Ds que le paillard est bien en feu, on le
lche, il se jette comme une bte froce sur la fille, et la mord sur toutes
les chairs, et principalement sur le clitoris et le bout des ttons, qu'il
emporte ordinairement avec ses dents. Il hurle et crie comme une bte, et
dcharge en hurlant. Il faut que la fille chie; il va manger son tron  terre.
 
    Ce mme soir, l'vque dpucelle Narcisse; il est livr le mme soir, pour
ne pas dranger la fte du 2. Le duc, avant de l'enculer, le fait chier dans
sa bouche et y rendre le foutre de ses prdcesseurs. Aprs l'avoir encul, il
lui donne le fouet.
 
    Le vingt-deux. 104. Il arrache des dents et gratigne les gencives avec
des aiguilles. Quelquefois il les brle.
     105. Il lui casse un doigt de la main, quelquefois plusieurs.
     106. Il lui en aplatit vigoureusement un des pieds avec un coup de
marteau.
     107. Il lui dmet un poignet.
     108. Il lui donne un coup de marteau sur les dents de devant, en
dchargeant. Son plaisir, avant, est de beaucoup sucer la bouche.
 
    Le duc, ce soir-l, dpucelle Rosette en cul, et  l'instant o le vit
entre dans le cul, Curval arrache une dent  la petite fille, pour qu'elle
prouve  la fois deux terribles douleurs. Le mme soir, elle est livre pour
ne pas dranger la fte du lendemain. Quand Curval lui a dcharg dans le cul
(et il n'a pass que le dernier), quand il a fait, dis-je, il jette la petite
fille  la renverse par un soufflet a tour de bras.
 
    Le vingt-trois,  cause de la fte on n'en compte que quatre.
     109. Il lui dmet un pied.
     110. Il lui casse un bras en l'enculant.
     111. Il lui casse un os des jambes, d'un coup de barre de fer, et
l'encule aprs.
     112. Il la lie sur une chelle double, les membres attachs en sens
bizarre. Une corde tient  l'chelle; on tire la corde, l'chelle tombe. Elle
se brise tantt un membre, tantt un autre.
 
    Ce jour-l, on a fait le mariage de Bande-au-ciel et de Rosette pour
clbrer la douzime semaine. Ce soir-l, on saigne Rosette quand elle a t
foutue et Aline qu'on fait foutre  Hercule; toutes deux sont saignes de
manire  ce que leur sang jaillisse sur les cuisses et les vits de nos
libertins, qui se branlent  ce spectacle, et dchargent quand toutes deux
s'vanouissent.
 
    Le vingt-quatre. 113. Il lui coupe une oreille. (Ayez attention de
spcifier partout ce que tous ces gens-l font avant.)
 
    114. Il lui fend les lvres et les narines.
     115. Il lui perce la langue avec un fer chaud, aprs la lui avoir suce
et mordue.
     116. Il lui arrache plusieurs ongles des doigts, des mains ou des pieds.
     117. Il lui coupe le petit bout d'un doigt.
 
    Et l'historienne interroge ayant dit qu'une telle mutilation panse
sur-le-champ n'entrane aucune suite fcheuse, Durcet ds le mme soir coupe
le bout du petit doigt  Adlade, contre laquelle sa taquinerie lubrique
clate toujours de plus en plus. Il en dcharge avec des transports inous. Ce
mme soir, Curval dpucelle Augustine en cul, quoique femme du duc. Supplice
qu'elle prouve. Rage de Curval contre elle, aprs; il fait cabale avec le duc
pour la descendre au caveau ds le mme soir, et ils disent  Durcet que, si
on veut le leur permettre, ils permettront  lui, Durcet, d'expdier Adlade
tout de suite aussi; mais l'vque harangue et obtient qu'ils attendent
encore, pour l'intrt mme de leur plaisir. Curval et le duc se contentent
donc de fouetter vigoureusement Augustine, chacun dans les bras de l'autre.
 
    Le vingt-cinq. 118. Il distille quinze ou vingt gouttes de plomb fondu
tout bouillant dans la bouche, et brle les gencives avec de l'eau-forte.
     119. Il coupe un bout de la langue, aprs s'tre fait torcher le cul
merdeux avec cette mme langue, puis l'encule quand sa mutilation est faite.
     120. Il a une machine de fer ronde qui entre dans les chairs et qui
coupe, laquelle, quand elle est retire, enlve un morceau rond de chair aussi
profond que l'on a laiss descendre la machine, qui creuse toujours si on ne
la retient pas.
     121. Il fait eunuque un garon de dix  quinze ans.
     122. Il serre et enlve avec des tenailles le bout des seins et les coupe
avec des ciseaux.
 
    Ce mme soir, Augustine est livre pour le cul. Curval, en l'enculant,
avait voulu baiser la gorge de Constance, et en dchargeant, il lui a enlev
le bout avec ses dents; mais comme on la panse tout de suite, on assure que a
ne fera rien a son fruit. Curval dit  ses confrres, qui plaisantent de sa
rage contre cette crature, qu'il n'est pas le matre des sentiments de rage
qu'elle lui inspire. Lorsque  son tour le duc encule Augustine, celle qu'il a
contre cette belle fille s'exhale on ne saurait plus vivement: si on n'y avait
pas eu l'oeil, il l'aurait blesse ou au sein, ou en lui serrant le cou de
toute sa force, en dchargeant. Il demande encore  l'assemble d'en tre le
matre, mais on lui objecte qu'il faut attendre les narrations de Desgranges.
Son frre le prie de prendre patience jusqu' ce qu'il lui donne lui-mme
l'exemple sur Aline; que ce qu'il veut faire avant drangerait toute
l'conomie des arrangements. Cependant, comme il n'en peut plus, qu'il lui
faut absolument un supplice contre cette belle fille, on lui permet de lui
faire une lgre blessure au bras: il la fait dans les chairs de l'avant-bras
gauche, en suce le sang, dcharge, et on panse cette blessure, de manire  ce
que, le quatrime jour, il n'y parat plus.
 
    Le vingt-six. 123. Il casse une bouteille lgre de verre blanc sur le
visage de la fille, attache et hors de dfense; il a beaucoup suc la bouche
et la langue, avant.
     124. Il lui attache les deux jambes, il lui lie une main derrire le dos,
lui donne dans l'autre main un petit bton pour se dfendre, puis il l'attaque
 grands coups d'pe, lui fait plusieurs blessures dans les chairs, et va
dcharger sur les plaies.
     125. Il l'tend sur une croix de Saint-Andr, fait la crmonie de la
rompre, offense trois membres sans luxation, et brise dcidment ou un bras ou
une jambe.
     126. Il la fait mettre de profil, et lche un coup de pistolet charg 
plomb qui lui effleure les deux seins; il vise  emporter un des petits bouts. 
    127. Il la place en levrette  vingt pas de lui, et tire  balle un coup
de fusil dans les fesses.
 
    Ce mme soir, l'vque dpucelle Fanny en cul.
 
    Le vingt-sept. 128. Le mme homme dont Desgranges parlera le 24 fvrier
fait avorter une femme grosse  force de coups de fouet sur le ventre; il veut
la voir pondre devant lui.
     129. Il fait eunuque tout ras un jeune garon de seize  dix-sept ans. Il
l'encule avant et le fouette.
     130. Veut une pucelle; il lui coupe le clitoris avec un rasoir, puis la
dflore avec un cylindre de fer chaud qu'il enfonce  coups de marteau.
     131. Fait avorter  huit mois, au moyen d'un breuvage qui fait pondre 
l'instant  la femme son enfant mort. D'autre fois, il dtermine un
accouchement par le trou du cul, mais l'enfant sort sans vie et la mre risque
la vie.
     132. Il coupe un bras.
 
    Ce soir-l, Fanny est livre en cul. Durcet la sauve d'un supplice que
l'on lui prparait; il la prend pour femme, se fait marier par l'vque, et
rpudie Adlade,  qui l'on fait le supplice destin  Fanny, qui consistait
 avoir un doigt cass. Le duc l'encule pendant que Durcet casse le doigt.
 
    Le vingt-huit. 133. Il coupe les deux poignets et cautrise avec un fer
chaud.
     134. Il coupe la langue ds la racine et cautrise avec un fer chaud.
     135. Il coupe une jambe, et plus souvent la fait couper pendant qu'il
encule.
     136. Il arrache toutes les dents, et met en place un clou rouge qu'il
enfonce avec un marteau; il fait cela en venant de foutre la femme en bouche.
     137. Il enlve un oeil.
 
    Ce soir-l, on fouette Julie  tour de bras, et on la pique sur tous les
doigts avec une aiguille. Cette opration se fait pendant que l'vque
l'encule, quoiqu'il l'aime assez.
 
    Le vingt-neuf. 138. Il teint et absorbe les deux yeux en laissant tomber
de la cire d'Espagne dedans.
     139. Il lui coupe un tton tout ras, et cautrise avec un fer chaud. La
Desgranges dira l que c'est cet homme-l qui lui a coup le tton qui lui
manque, et qu'elle est sre qu'il le mange sur le gril.
     140. Il coupe les deux fesses, aprs l'avoir encule et fouette. On dit
aussi qu'il les mange.
     141. Il coupe ras les deux oreilles.
     142. Coupe toutes les extrmits, les vingt doigts, le clitoris, le bout
des seins, de la langue.
 
    Ce soir-l, Aline, aprs avoir t vigoureusement fouette par les quatre
amis et encule par l'vque pour la dernire fois, est condamne  avoir un
doigt de chaque membre coup par chaque ami.
 
    Le trente. 143. Il lui enlve plusieurs morceaux de chair de dessus tout
le corps, les fait rtir, et l'oblige de les manger avec lui. C'est le mme
homme du 8 et du 17 fvrier de Desgranges. 
    144. Il coupe les quatre membres d'un jeune garon, encule le tronc, le
nourrit bien, et le laisse vivre ainsi; or, comme les membres ne sont pas
coups trop prs du tronc, il vit longtemps. Il l'encule plus d'un an ainsi.
     145. Il attache la fille fortement par une main, et la laisse ainsi sans
la nourrir;  ct d'elle est un large couteau, et devant elle un excellent
repas: si elle veut se nourrir, il faut qu'elle coupe sa main, sinon elle
meurt ainsi. Prcdemment, il a foutu en cul. Il l'observe par une fentre.
     146. Il attache la fille et la mre; pour que l'une des deux vive et
fasse vivre l'autre, il faut qu'elle se coupe la main. Il s'amuse  voir le
dbat, et laquelle des deux se sacrifiera pour l'autre.
 
    Elle ne conte que quatre histoires, afin de clbrer, ce soir-l, la fte
de la treizime semaine, dans laquelle le duc pouse, comme lui tant fille,
Hercule en qualit de mari, et comme lui tant homme, Zphire en qualit de
femme. Le jeune bardache, qui, comme on sait, a le plus beau cul des huit
garons, est prsent vtu en fille et est ainsi joli comme l'Amour. La
crmonie est consacre par l'vque et se passe devant tout le monde. Ce
jeune garon n'est dpucel que ce jour-l; le duc y prend grand plaisir, et y
a beaucoup de peine; il le met en sang. Hercule le fout toujours pendant
l'opration.
 
    Le trente et un. 147. Il lui crve les deux yeux, et la laisse enferme
dans une chambre, en lui disant qu'elle a devant elle de quoi manger, qu'elle
n'a qu' l'aller chercher. Mais, pour cela, il faut qu'elle passe sur une
plaque de fer qu'elle ne voit pas et qu'on tient toujours rouge. Il s'amuse
par une fentre  voir comment elle va faire: si elle se brlera, ou si elle
aimera mieux mourir de faim. Prcdemment, elle a t trs fouette.
     148. Il lui donne le supplice de la corde, qui consiste  avoir les
membres lis  des cordes et  tre, par ces cordes, enlev trs haut; il vous
laisse retomber de toute la hauteur  plomb: chaque chute disloque et brise
tous les membres, parce qu'elle se fait en l'air et qu'on n'est soutenu que
par les cordes.
     149. Il lui fait de profondes blessures dans les chairs, au milieu
desquelles il distille de la poix bouillante et du plomb fondu.
     150. Il l'attache nue et sans secours, au moment o elle vient
d'accoucher; il attache son enfant vis--vis d'elle, qui crie, et qu'elle ne
peut secourir. Il faut qu'elle le voie ainsi mourir. En suite de cela il
fouette  tour de bras la mre sur le con, en dirigeant ses coups dans le
vagin. C'est lui qui ordinairement est le pre de l'enfant.
     151. Il la gonfle d'eau; ensuite il lui coud le con et le cul, ainsi que
la bouche, et la laisse ainsi jusqu' ce que l'eau crve les conduits, ou
qu'elle y prisse. (Vrifiez pourquoi une de trop, et s'il y en a une 
supprimer que ce soit cette dernire que je crois dj faite.)
      
     	Ce mme soir, Zphire est livr pour le cul, et Adlade est condamne 
une rude fustigation aprs laquelle on la brlera avec un fer chaud, tout
auprs de l'intrieur du vagin, sous les aisselles, et un peu grsille sous
chaque tton. Elle endure tout cela en hrone et en invoquant Dieu, ce qui
irrite davantage ses bourreaux.
 

                                   (XXXVII)
                                        
                               QUATRIEME PARTIE

     Les cent cinquante passions meurtrires, ou de quatrime classe,
composant vingt-huit journes de fvrier, remplies par les narrations de la
Desgranges, auxquelles on a joint le journal exact des vnements scandaleux
du chteau pendant ce mois-l.
 

                                    (Plan)

 
                                       
                                       
  Etablissez d'abord que tout change de face, ce mois-l; que les quatre
pouses sont rpudies, que cependant Julie a trouv grce prs de l'vque
qui l'a prise chez lui en qualit de servante, mais qu'Aline, Adlade et
Constance sont sans feu ni lieu, except pourtant cette dernire qu'on a
permis  Duclos de relguer chez elle parce qu'on veut mnager son fruit. Mais
pour Adlade et Aline, elles couchent  l'table des btes destines  la
nourriture. Ce sont les sultanes Augustine, Zelmire, Fanny et Sophie, qui
remplacent les pouses dans toutes leurs fonctions, savoir: aux garde-robes,
au service du dner, aux canaps, et dans le lit de messieurs, la nuit. De
faon qu' cette poque voici comme sont les chambres de messieurs pendant les
nuits. Indpendamment de chacun un fouteur  tour de rle, ils ont: le duc
Augustine, Zphire et Duclos dans son lit avec le fouteur; il couche au milieu
des quatre, et Marie sur le canap; Curval couche de mme entre Adonis,
Zelmire, un fouteur et Fanchon; personne d'ailleurs; Durcet couche entre
Hyacinthe, Fanny, un fouteur et la Martaine (Vrifiez), et, sur le canap,
Louison; l'vque couche entre Cladon, Sophie, un fouteur et Julie, et, sur
le canap, Thrse. Ce qui fait voir que les petits mnages de Zphire et
d'Augustine, d'Adonis et Zelmire, d'Hyacinthe et Fanny, de Cladon et Sophie,
qui ont t tous maris ensemble, appartiennent au mme matre. Il n'y a plus
que quatre jeunes filles au srail des filles, et quatre au srail des
garons. Champville couche dans celui des filles et Desgranges dans celui des
garons, Aline  l'table, comme on l'a dit, et Constance dans la chambre de
Duclos, seule, puisque Duclos couche avec le duc toutes les nuits. Le dner
est toujours servi par les quatre sultanes reprsentant les quatre pouses, et
le souper par les quatre sultanes qui restent; un quadrille sert toujours le
caf; mais les quadrilles des rcits, vis--vis chaque niche de glace, ne sont
plus composs que d'un garon et d'une fille. A chaque rcit, Aline et
Adlade sont attaches aux piliers du salon d'histoire dont on a parl; elles
y sont lies, les fesses en face des canaps, et prs d'elles, une petite
table garnie de verges, de faon qu'elles sont toujours prtes  recevoir le
fouet. Constance a permission d'tre assise au rang des historiennes. Chaque
vieille se tient  son couple, et Julie, nue, erre d'un canap  l'autre, pour
prendre les ordres et les excuter sur-le-champ. Du reste, toujours de mme,
un fouteur par canap. C'est en cet tat que Desgranges commence ses rcits.
Dans un rglement particulier, les amis ont statu que, dans le cours de ce
mois, Aline, Adlade, Augustine et Zelmire seraient livres  la brutalit de
leurs passions, et qu'ils pourraient au jour prescrit, ou les immoler seuls,
ou inviter au sacrifice celui qu'ils voudraient de leurs amis, sans que les
autres s'en fchassent; qu' l'gard de Constance, elle servirait  la
clbration de la dernire semaine, ainsi que cela sera expliqu en temps et
lieu. Quand le duc et Curval, qui par cet arrangement redeviendront veufs,
voudront, pour finir le mois, reprendre une pouse pour les fonctions, ils le
pourront, en prenant dans les quatre sultanes restantes. Mais les piliers
resteront dgarnis ds que les deux femmes qui les garnissaient n'y seront
plus. Desgranges commence, et aprs avoir prvenu qu'il ne va plus s'agir que
de meurtres, elle dit qu'elle aura soin, ainsi que l'on lui a recommand,
d'entrer dans les plus minutieux dtails, et surtout de prvenir des gots
ordinaires que ces meurtriers de dbauche faisaient prcder dans leurs
passions, afin qu'on puisse juger les rapports et les enchanures et voir quel
est le genre de libertinage simple qui, rectifi par des ttes sans moeurs et
sans principes, peut conduire au meurtre, et  quel genre de meurtre. Ensuite
elle commence.
   


    Le premier de fvrier. 1. Il aimait  s'amuser avec une pauvresse qui
n'et pas mang de trois jours; et sa seconde passion est de laisser mourir
une femme de faim au fond d'un cachot, sans lui donner le moindre secours; il
l'observe et se branle en l'examinant, mais il ne dcharge que le jour qu'elle
prit.
     2. Il l'y entretient longtemps, en diminuant chaque jour un peu de sa
portion; il fait chier avant, et mange l'tron dans un plat.
     3. Il aimait  sucer la bouche,  avaler la salive, et, pour seconde, il
mure la femme dans un cachot, avec des vivres seulement pour quinze jours; le
trentime jour, il y entre et se branle sur le cadavre.
     4. Il faisait pisser et, pour seconde, il la fait mourir  petit feu en
l'empchant de boire et lui donnant beaucoup  manger.
     5. Il fouettait, et fait mourir la femme en l'empchant de dormir.
 
    Ce mme soir, Michette est pendue par les pieds, aprs avoir beaucoup
mang, jusqu' ce qu'elle ait tout vomi sur Curval, qui se branle dessous et
avale.
 
    Le deux. 6. Il faisait chier dans sa bouche et mangeait  mesure; sa
seconde est de ne nourrir qu'avec de la mie de pain et de vin. Elle en crve
au bout d'un mois.
     7. Il aimait  foutre le con; il lui donne,  la femme, une maladie
vnrienne par injection, mais d'une si mauvaise espce qu'elle en crve au
bout de trs peu de temps.
     8. Il faisait vomir dans sa bouche, et, pour seconde, il lui donne, par
le moyen d'une boisson, une fivre maligne dont elle crve fort vite.
     9. Il faisait chier, et, pour seconde, il donne un lavement d'ingrdients
empoisonns dans une eau bouillante ou de l'eau-forte.
     10. Un fameux fustigateur place une femme sur un pivot sur lequel elle
tourne sans cesse jusqu' la mort.
 
    Le soir, on donne un lavement d'eau bouillante  Rosette, au moment o le
duc vient de l'enculer.
 
    Le trois. 11. Il aimait  donner des soufflets, et, pour seconde, il
tourne le cou sens devant derrire, de manire qu'elle a le visage du ct des
fesses.
     12. Il aimait la bestialit, et, pour seconde, il aime  faire dpuceler
une fille devant lui par un talon qui la tue.
     13. Il aimait  foutre en cul, et, pour seconde, il l'enterre  mi-corps,
et la nourrit ainsi jusqu' ce que la moiti du corps soit pourrie.
     14. Il aimait  branler le clitoris, et il fait branler par un de ses
gens une fille sur le clitoris jusqu' la mort.
     15. Un fustigateur, en perfectionnant sa passion, fouette jusqu' la mort
la femme sur toutes les parties du corps.
 
    Ce soir-l, le duc veut qu'Augustine soit branle sur le clitoris, qu'elle
a trs chatouilleux, par la Duclos et la Champville, qui se relaient et qui la
branlent jusqu' l'vanouissement.
 
    Le quatre. 16. Il aimait  serrer le cou, et, pour seconde, il attache la
fille par le cou. Devant elle est un grand repas, mais pour y atteindre, il
faut qu'elle s'trangle elle-mme ou qu'elle meure de faim.
     17. Le mme homme qui a tu la soeur de Duclos, et dont le got est de
patiner longtemps les chairs, ptrit la gorge et les fesses d'une si furieuse
force qu'il fait mourir par ce supplice.
     18. L'homme dont Martaine a parl le 20 janvier, et qui aimait  saigner
les femmes, les tue  force de saignes renouveles.
     19. Celui dont la passion tait de faire courir une femme nue jusqu' ce
qu'elle tombe, et dont on a parl, a, pour seconde, de l'enfermer dans une
tuve brlante, o elle meurt comme touffe.
     20. Celui dont Duclos a parl, qui aimait  se faire emmailloter et  qui
la fille donnait sa merde au lieu de bouillie, serre une femme si troitement
dans des langes qu'il la fait mourir ainsi.
 
    Ce soir-l, un peu avant de passer au salon d'histoire, on a trouv Curval
enculant une des servantes de la cuisine. Il paye l'amende; la fille a ordre
de se trouver aux orgies o le duc et l'vque l'enculent  leur tour, et elle
reoit deux cents coups de fouet de la main de chacun. C'est une grosse
Savoyarde de vingt-cinq ans, assez frache, et qui a un beau cul.
 
    Le cinq. 21. Il aime en premire passion la bestialit, et, pour seconde,
il coud la fille dans une peau d'ne toute frache, la tte en dehors, il la
nourrit, et on la laisse l-dedans jusqu' ce que la peau de l'animal
l'touffe en se rtrcissant.
     22. Celui dont Martaine a parl le 15 janvier, et qui aimait  pendre en
jouant, pend la fille par les pieds et la laisse l jusqu' ce que le sang
l'ait touffe.
     23. Celui du 27 novembre, de Duclos, qui aimait  faire saouler la
putain, fait mourir la femme en la gonflant d'eau avec un entonnoir.
     24. Il aimait  molester les ttons, et perfectionne cela en enchssant
les deux ttons de la femme dans deux espces de pots de fer; ensuite, on
place la crature, ses deux ttons ainsi cuirasss, sur deux rchauds, et on
la laisse crever dans ces douleurs-l.
     25. Il aimait  voir nager une femme, et, pour seconde, il la jette dans
l'eau, et la retire mi-noye; il la pend ensuite par les pieds pour faire
dgorger l'eau. Ds qu'elle est revenue  elle on la rejette, et ainsi
plusieurs fois, jusqu' ce qu'elle crve.
 
    Ce jour-l,  la mme heure que la veille, on trouve le duc enculant une
autre servante; il paye l'amende; la servante est mande aux orgies, o tout
le monde en jouit, Durcet en bouche, le reste en cul, et mme en con, car elle
est pucelle, et elle est condamne  deux cents coups de fouet par chacun.
C'est une fille de dix-huit ans, grande et bien faite, un peu rousse, et un
trs beau cul. Ce mme soir, Curval dit qu'il est essentiel de saigner encore
Constance pour sa grossesse; le duc l'encule et Curval la saigne, pendant
qu'Augustine le branle sur les fesses de Zelmire et qu'on le fout. Il pique en
dchargeant, et ne la manque pas.
 
    Le six. 26. Sa premire passion tait de jeter une femme dans un brasier
avec un coup de pied au cul, mais dont elle sortait assez tt pour ne souffrir
que fort peu. Il perfectionne en obligeant la fille  se tenir droite devant
deux feux, dont l'un la grille par-devant et l'autre par-derrire; on la
laisse l jusqu' ce que ses graisses soient fondues.
 
    Desgranges prvient qu'elle va parler de meurtres qui entranent une mort
prompte et dont on ne souffre presque pas.
 
    27. Il aimait  gner la respiration avec ses mains, soit en serrant le
col, soit en pesant longtemps sa main sur la bouche, et il perfectionne cela
en touffant entre quatre matelas.
     28. Celui dont Martaine a parl et qui donnait  choisir de trois morts
(voyez le 14 janvier), brle la cervelle d'un coup de pistolet sans laisser de
choix; il encule, et en dchargeant il lche le coup.
     29. Celui dont Champville a parl le 22 dcembre, qui faisait sauter dans
la couverture avec un chat, la prcipite du haut d'une tour sur des cailloux,
et dcharge en entendant sa chute.
     30. Celui qui aimait  serrer le cou en enculant, et dont Martaine a
parl le 6 janvier, encule la fille, un cordon de soie noire pass autour de
son cou, et dcharge en l'tranglant. (Qu'elle dise que cette volupt est une
des plus raffines qu'un libertin puisse se procurer.)
      
     	On clbre, ce jour-l, la fte de la quatorzime semaine et Curval
pouse, lui comme femme, Brise-cul en qualit de mari, et lui comme homme,
Adonis, en qualit de femme. Cet enfant n'est dpucel que ce jour-l, devant
tout le monde, pendant que Brise-cul fout Curval. On se saoule au souper; et
on fouette Zelmire et Augustine sur les reins, les fesses, les cuisses, le
ventre, la motte et les cuisses par-devant; ensuite Curval fait foutre
Zelmire, sa nouvelle pouse, par Adonis, et les encule tour  tour tous deux.
 
    Le sept. 31. Il aimait primitivement  foutre une femme assoupie, et il
perfectionne en faisant mourir par une forte dose d'opium; il l'enconne
pendant le sommeil de mort.
     32. Le mme homme dont elle vient de parler, et qui jette plusieurs fois
dans l'eau, a encore pour passion de noyer une femme avec une pierre au cou.
     33. Il aimait  donner des soufflets, et, pour seconde, il lui coule du
plomb fondu dans l'oreille pendant qu'elle dort.
     34. Il aimait  fouetter sur le visage. Champville en a parl le 30
dcembre. (Vrifiez.) Il tue tout de suite la fille d'un vigoureux coup de
marteau sur la tempe.
     35. Il aimait  voir brler jusqu'au bout une bougie dans l'anus de la
femme: il l'attache au bout d'un conducteur, et la fait craser par le
tonnerre. 
    36. Un fustigateur. Il la braque en posture  la levrette, au bout d'une
pice de canon; le boulet l'emporte par le cul.
 
    Ce jour-l, on a trouv l'vque enculant la troisime servante. Il paye
l'amende; la fille est mande aux orgies, le duc et Curval l'enculent et
l'enconnent, car elle est vierge; puis on lui donne huit cents coups de fouet:
deux cents chacun. C'est une Suissesse de dix-neuf ans, trs blanche, fort
grasse, et un trs beau cul. Les cuisinires se plaignent, et disent que le
service ne pourra plus aller si on tracasse les servantes, et on les laisse l
jusqu'au mois de mars. Ce mme soir on coupe un doigt  Rosette, et on
cautrise avec le feu. Elle est entre Curval et le duc pendant l'opration;
l'un fout en cul, l'autre en con. Le mme soir, Adonis est livr pour le cul,
de manire que le duc a foutu ce soir-l une servante et Rosette en con, mme
servante en cul, Rosette aussi en cul (ils ont chang) et Adonis. Il est rendu.
     
     Le huit. 37. Il aimait  fouetter sur tout le corps avec un nerf de
boeuf, et c'est le mme dont Martaine parle, qui roua en effleurant trois
membres et n'en cassant qu'un. Il aime  rouer tout  fait la femme, mais il
l'touffe sur la croix mme.
     38. Celui dont Martaine a parl, qui fait semblant de couper le cou de la
fille et qu'on retire par une corde, le coupe trs effectivement en
dchargeant. Il se branle.
     39. Celui du 30 janvier, de la Martaine, qui aimait faire des
scarifications, fait passer par les oubliettes.
     40. Il aimait  fouetter des femmes grosses sur le ventre, et
perfectionne en laissant tomber sur le ventre d'une femme grosse un poids
norme qui l'crase sur-le-champ, elle et son fruit.
     41. Il aimait  voir nu le col d'une fille,  le serrer, le molester un
peu: il enfonce une pingle vers la nuque du col dans un certain endroit, dont
elle meurt sur-le-champ.
     42. Il aimait  brler doucement, avec une bougie, sur diffrentes
parties du corps. Il perfectionne en jetant dans une fournaise ardente, qui
est si violente qu'elle est  l'instant consume.
     Durcet, qui bande beaucoup, et qui a t, pendant les rcits, fouetter
deux fois Adlade au pilier, propose de la mettre en travers dans le feu, et
quand elle a eu tout le temps de frmir de la proposition, qu'il ne s'en faut
de rien que l'on accepte, par accommodement on lui brle le petit bout des
seins: Durcet, son mari, l'un, Curval son pre l'autre; tous deux dchargent 
cette opration.
 
    Le neuf. 43. 11 aimait  faire des piqres d'pingles, et, pour seconde,
dcharge en donnant trois coups de poignard dans le coeur.
     44. Il aimait  faire brler de l'artifice dans le con: il attache une
jeune fille mince et bien faite, pour baguette,  une grosse fuse volante;
elle est enleve et retombe avec la fuse.
     45. Le mme remplit une femme de poudre dans toutes ses ouvertures, il y
met le feu, et tous les membres partent et s'cartent  la fois.
     46. Il aimait  faire prendre, par surprise, de l'mtique dans ce que
mangeait la fille: il lui fait pour seconde, respirer une poudre dans du tabac
ou dans un bouquet, qui la jette morte  la renverse sur-le-champ.
     47. Il aimait  fouetter sur le sein et sur le col: il perfectionne en
jetant  bas d'un coup de barre vigoureusement appliqu sur le gosier.
     48. Le mme dont a parl Duclos le 27 novembre et Martaine le 14 janvier.
(Vrifiez.) Elle vient chier devant le paillard, il la gronde, il la poursuit
 grands coups de fouet de poste dans une galerie. Une porte qui donne sur un
petit escalier s'ouvre, elle y croit trouver sa sret, elle s'y jette, mais
une marche manque et la prcipite dans une baignoire d'eau bouillante qui se
referme aussitt sur elle et o elle meurt brle, noye, et touffe. Ses
gots sont de faire chier et de fouetter la femme pendant qu'elle chie.
 
    Ce soir-l  la fin de ce rcit, Curval a fait chier Zelmire le matin, le
duc lui demande de la merde. Elle ne peut; on la condamne sur-le-champ  avoir
le cul piqu avec une aiguille d'or jusqu' ce que la peau soit tout inonde
de sang, et comme c'est le duc qui est ls par ce refus, c'est lui qui opre.
Curval demande de la merde  Zphire: il dit que le duc l'a fait chier le
matin. Le duc le nie; on appelle la Duclos  tmoigner, qui le nie, quoique
cela soit vrai. En consquence, Curval a le droit de punir Zphire quoique
amant du duc, comme celui-ci vient de punir Zelmire, quoique femme de Curval.
Zphire est fouett jusqu'au sang par Curval et reoit six croquignoles sur le
haut du nez; il en saigne, ce qui fait beaucoup rire le duc.
 
    Le dix. Desgranges dit qu'elle va parler de meurtres, de trahison, o la
manire est le principal et l'effet, c'est--dire le meurtre, n'est
qu'accessoire. Et, en consquence, elle dit qu'elle va placer les poisons
d'abord.
 
    49. Un homme, dont le got tait de foutre en cul, et jamais autrement,
empoisonne toutes ses femmes; il est  sa vingt-deuxime. Il ne les foutait
jamais qu'en cul et ne les avait jamais dpuceles.
     50. Un bougre invite des amis  un festin, et en empoisonne une partie,
chaque fois qu'il donne  manger.
     51. Celui du 26 novembre, de Duclos, et du 10 janvier, de Martaine,
lequel est bougre, fait semblant de soulager des pauvres; il leur donne des
vivres, mais ils sont empoisonns.
     52. Le bougre a l'usage d'une drogue qui, seme  terre, jette morts  la
renverse ceux qui marchent dessus, et il s'en sert trs souvent.
     53. Un bougre a l'usage d'une autre poudre qui vous fait mourir dans des
tourments inconcevables; ils durent quinze jours, et aucun mdecin n'y peut
rien connatre. Son plus grand plaisir est de vous aller voir quand vous tes
dans cet tat.
     54. Un bougre, avec les hommes et avec les femmes, a l'usage d'une autre
poudre, dont l'effet est de vous ter l'usage des sens et de vous rendre comme
si vous tiez mort. On vous croit tel, on vous enterre, et vous mourez
dsespr dans votre bire, o vous n'tes pas plus tt, que la connaissance
vous revient. Il tche de se trouver au-dessus de l'endroit o vous tes
enterr, pour voir s'il n'entendra pas quelques cris; s'il en entend, il
s'vanouit de plaisir. Il a fait mourir ainsi une partie de sa famille.
 
    On fait prendre  Julie, ce soir-l, en badinant, une poudre qui lui donne
des tranches affreuses; on lui dit qu'elle est empoisonne, elle le croit,
elle se dsole. Pendant le spectacle de ses convulsions, le duc s'est fait
branler en face d'elle par Augustine. Elle a le malheur de recouvrir le gland
avec le prpuce, ce qui est une des choses qui dplat le plus au duc; il
allait dcharger, a l'en empche. Il dit qu'il veut couper un doigt  cette
bougresse-l, et le coupe  la main dont elle l'a manqu, pendant que sa fille
Julie, qui se croit empoisonne, vient le faire dcharger. Julie est gurie le
mme soir. 

    Le onze. 55. Un bougre allait souvent chez des connaissances ou des amis,
et ne manquait jamais d'empoisonner ce que cet ami avait de plus cher en
cratures humaines. Il se servait d'une poudre qui faisait crever au bout de
deux jours dans d'horribles douleurs.
     56. Un homme dont le got tait de molester la gorge, perfectionnait en
empoisonnant des enfants sur le sein mme des nourrices.
     57. Il aimait  se faire rendre des lavements de lait dans la bouche, et,
pour seconde, il en donnait d'empoisonns qui faisaient mourir dans
d'horribles coliques d'entrailles.
     58. Un bougre, dont elle aura occasion de reparler le 13 et le 26, aimait
 mettre le feu dans des maisons de pauvres, et s'y prenait toujours de faon
 ce qu'il y et beaucoup de monde de brl, et surtout des enfants.
     59. Un autre bougre aimait  faire mourir des femmes en couches, en
venant les voir ayant sur lui une poudre dont l'odeur les jette dans des
spasmes et des convulsions dont la mort est la suite.
     60. Celui dont Duclos parle dans sa vingt-huitime soire veut voir
accoucher une femme; il tue l'enfant au sortir du ventre de la mre et  ses
yeux, et cela en faisant semblant de le caresser. 

    Ce soir-l, Aline est d'abord fouette jusqu'au sang de cent coups par
chaque ami, ensuite on lui demande de la merde; elle l'a donne le matin 
Curval, qui le nie. En consquence, on la brle aux deux seins, dans chaque
creux de main; on lui laisse dgoutter de la cire d'Espagne sur les cuisses et
sur le ventre, on lui en remplit le creux du nombril, on lui brle le poil du
con avec de l'esprit-de-vin. Le duc cherche querelle  Zelmire et Curval lui
coupe deux doigts, un  chaque main. Augustine est fouette sur la motte et
sur le cul.
 
    Le douze. Les amis s'assemblent le matin, et dcident que, les quatre
vieilles leur devenant inutiles et pouvant tre facilement remplaces dans
leurs fonctions par les quatre historiennes, on doit s'en amuser et les
martyriser l'une aprs l'autre,  commencer ds le mme soir. On propose aux
historiennes de tenir place; elles acceptent, sous la condition qu'elles ne
seront point sacrifies. On le leur promet.
     61. Les trois amis, d'Aucourt, l'abb et Desprs, dont Duclos a parl le
12 novembre, s'amusent encore ensemble pour cette passion-ci: ils veulent une
femme grosse de huit  neuf mois, ils lui ouvrent le ventre, en arrachent
l'enfant, le brlent aux yeux de la mre, lui remettent en place dans
l'estomac un paquet de soufre combin avec le mercure et le vif-argent qu'ils
allument, puis ils recousent le ventre et la laissent ainsi mourir devant eux
dans des douleurs inoues, en se faisant branler par cette fille qu'ils ont
avec eux. (Vrifiez le nom.)
 
    62. Il aimait  prendre des pucelages, et perfectionne en faisant une
grande quantit d'enfants  plusieurs femmes; puis, ds qu'ils ont cinq ou six
ans, il les dpucelle, soit fille ou garon, et les jette dans un four ardent
sitt qu'ils les a foutus, au moment mme de sa dcharge.
     63. Le mme homme dont Duclos a parl le 27 novembre, Martaine le 15
janvier, et elle-mme le 5 fvrier, dont le got tait de pendre en
plaisantant, de voir pendre, etc., ce mme, dis-je, cache de ses effets dans
les coffres de ses domestiques et dit qu'ils l'ont vol. Il tche de les faire
pendre, et s'il russit, il va jouir du spectacle; sinon, il les enferme dans
une chambre et les fait mourir en les tranglant. Il dcharge pendant
l'opration.
     64. Un grand amateur de merde, celui dont Duclos a parl le 14 novembre,
a chez lui un sige de commodits prpar; il engage  se mettre dessus la
personne qu'il veut faire prir, et ds qu'elle y est assise, le sige
s'enfonce et prcipite la personne dans une fosse de merde trs profonde o il
la laisse mourir.
     65. Un homme dont Martaine a parl et qui s'amusait  voir tomber une
fille de dessus l'chelle perfectionne ainsi sa passion (Mais vrifiez
lequel). Il fait placer la fille sur un petit trteau, en face d'une mare
profonde, au-del de laquelle est un mur qui lui offre une retraite d'autant
plus assure qu'il y a une chelle applique contre ce mur. Mais il faut se
jeter dans la mare, et elle en est d'autant plus presse que derrire le
trteau sur lequel elle est place, est un feu lent qui la gagne peu  peu. Si
le feu l'attrape, elle va tre consume, et, comme elle ne sait pas nager, si,
pour viter le feu, elle se jette  l'eau, elle est noye. Gagne par le feu,
elle prend pourtant le parti de se jeter  l'eau et d'aller chercher l'chelle
qu'elle voit au mur. Souvent elle se noie: alors tout est dit. Est-elle assez
heureuse pour gagner l'chelle, elle y grimpe, mais un chelon, prpar vers
le haut, se brise sous ses pieds quand elle l'atteint et la prcipite dans un
trou recouvert de terre qu'elle n'avait pas vu, et qui, flchissant sous son
poids, la jette dans un brasier ardent o elle prit. Le libertin,  porte du
spectacle, se branle en l'observant.
     66. Le mme dont Duclos a parl le 29 novembre, le mme qui a dpucel la
Martaine en cul  cinq ans, et le mme aussi dont elle annonce qu'elle
reparlera dans la passion par laquelle elle clora ses rcits (celle de
l'enfer), ce mme, dis-je, encule une fille de seize  dix-huit ans, la plus
jolie qu'on lui peut trouver. Un peu avant sa dcharge, il lche un ressort,
qui fait tomber, sur le col nu et bien dgarni de la fille, une machine
d'acier  dents, et qui scie peu  peu et en dtail le col de la fille,
pendant qu'il fait sa dcharge, laquelle est toujours trs longue.
 
    On dcouvre, ce soir-l, l'intrigue d'un des fouteurs subalternes et
d'Augustine. Il ne l'avait pas encore foutue, mais pour y parvenir, il lui
proposait une vasion et la lui montrait comme trs facile. Augustine avoue
qu'elle tait au moment de lui accorder ce qu'il demandait d'elle, pour se
sauver d'un endroit o elle croit sa vie en danger. C'est Fanchon qui dcouvre
tout et qui en rend compte. Les quatre amis se jettent  l'improviste sur le
fouteur, le lient, le garrottent et le descendent au caveau, o le duc
l'encule de force, sans pommade, pendant que Curval lui coupe le col et que
les deux autres le brlent avec un fer rouge sur toutes les chairs. Cette
scne s'est passe en sortant du dner au lieu du caf; on va au salon
d'histoire, comme  l'ordinaire, et,  souper, on se demande entre soi si, en
raison de la dcouverte de la conjuration, on ne fera point grce  Fanchon
qui, en consquence de la dcision du matin, devait tre vexe le mme soir.
L'vque s'oppose  ce qu'on l'pargne, et dit qu'il serait indigne  eux de
cder au sentiment de la reconnaissance, et qu'on le verra toujours du parti
des choses qui peuvent rapporter une volupt de plus a la socit, comme
contraire  celles qui peuvent la priver d'un plaisir. En consquence, aprs
avoir puni Augustine de s'tre prte  la conjuration, d'abord en la faisant
assister  l'excution de son amant, ensuite en l'enculant et en lui faisant
croire qu'on va lui couper aussi la tte, et dfinitivement en lui arrachant
deux dents, opration que fait le duc pendant que Curval encule cette belle
fille, l'avoir enfin bien fouette, aprs tout cela, dis-je, on fait paratre
Fanchon, on la fait chier, chaque ami lui donne cent coups de fouet, et le duc
lui coupe le tton gauche tout ras de la chair. Elle se rcrie beaucoup sur
l'injustice du procd. "S'il tait juste, dit le duc, il ne nous ferait pas
bander!" Ensuite, on la panse, afin qu'elle puisse servir  d'autres
supplices. On s'aperoit qu'il y avait un petit commencement d'meute gnrale
parmi les fouteurs subalternes, que cet vnement du sacrifice d'un d'entre
eux calme tout  fait. Les trois autres vieilles sont, ainsi que Fanchon,
dchues de tout emploi, et remplaces par les historiennes et Julie. Elles
frmissent, mais quel moyen d'viter leur sort?
 
     	Le treize. 67. Un homme qui aimait beaucoup le cul attire une fille,
qu'il dit aimer, dans une partie sur l'eau; la barque est prpare, elle se
fend, et la fille se noie. Quelquefois, le mme s'y prend diffremment: il a
un balcon prpar dans une chambre fort haute, la fille s'y appuie, le balcon
cde, et elle se tue. 
    68. Un homme, qui aimait  fouetter et  enculer aprs, perfectionne en
attirant une fille dans une chambre prpare. Une trappe s'enfonce, elle tombe
dans un caveau o est le paillard; il lui plonge un poignard dans les ttons,
dans le con et dans le trou du cul, au moment de sa chute; ensuite il la
jette, morte ou non, dans un autre caveau, sur l'entre duquel une pierre se
ferme, et elle tombe sur un tas d'autres cadavres qui l'on prcde, o elle
expire enrage, si elle n'est pas morte. Et il a bien soin de ne donner ses
coups de poignard que faiblement, afin de ne la pas tuer et qu'elle ne meure
que dans le dernier caveau. Il encule, fouette et dcharge toujours avant.
C'est de sens froid qu'il procde  celle-ci.
     69. Un bougre fait monter la fille sur un cheval indompt qui la trane
et la tue dans des prcipices.
     70. Celui dont Martaine a parl le 18 janvier, et dont la premire
passion est de brler avec des amorces de poudre, perfectionne en faisant
mettre la fille dans un lit prpar. Ds qu'elle y est couche, le lit
s'enfonce dans un brasier ardent, mais dont elle peut sortir. Il est l, et 
mesure qu'elle veut sortir, il la repousse  grands coups de broche dans le
ventre.
     71. Celui dont elle a parl le 11, et qui aimait  incendier des maisons
de pauvres, tche d'en attirer chez lui, homme ou femme, sous prtexte de
charit; il les encule, homme ou femme, puis leur casse les reins, et les
laisse mourir de faim dans un cachot, ainsi disloqus.
     72. Celui qui aimait  jeter une femme par la fentre sur un fumier, et
dont Martaine a parl, excute ce qu'on va voir, pour seconde passion. Il
laisse coucher la fille dans une chambre qu'elle connat et dont elle sait que
la fentre est fort basse; on lui donne de l'opium; ds qu'elle est bien
endormie, on la transporte dans une chambre toute pareille  la sienne, mais
dont la fentre est trs haute et donne sur des pierres aigus. Ensuite, on
entre prcipitamment dans sa chambre en lui faisant une trs grande frayeur;
on lui dit qu'on va la tuer. Elle, qui sait que sa fentre est basse, l'ouvre
et s'y jette fort vite, mais elle tombe sur les pierres aigus, de plus de
trente pieds de haut, et elle se tue elle-mme et sans qu'on la touche.
 
    Ce soir-l, l'vque, pouse lui comme femme, Antinos en la qualit de
mari, et lui comme homme, Cladon en qualit de fille, et cet enfant n'est
encul pour la premire fois que ce jour-l. Cette crmonie clbre la fte
de la quinzime semaine. Le prlat veut que pour achever de la clbrer on
vexe fortement Aline, contre laquelle sa rage libertine clate sourdement. On
la pend et la dpend tort vite, et tout le monde dcharge en la voyant
accroche. Une saigne, que Durcet lui fait, la tire d'affaire, et il n'y
parat pas le lendemain, mais cela l'a grandie d'un pouce. Elle raconte ce
qu'elle a prouv durant ce supplice. L'vque, pour qui tout est en fte ce
jour-l, coupe un tton tout ras sur le sein de la vieille Louison: alors les
deux autres voient bien quel va tre leur sort.
 
    Le quatorze. 73. Un homme, dont le got simple tait de fouetter une
fille, perfectionne, en enlevant tous les jours gros comme un pois de chair
sur le corps de la fille; mais on ne la panse point, et elle prit ainsi 
petit feu.
     
     Desgranges avertit qu'elle va parler de meurtres trs douloureux, et que
c'est l'extrme cruaut qui fera le principal; alors on lui recommande plus
que jamais les dtails.
 
    74. Celui qui aimait  saigner te tous les jours une demi-once de sang
jusqu' la mort. Celui-l est fort applaudi.
     75. Celui qui aimait piquer le cul avec des pingles donne chaque jour un
lger coup de poignard. On arrte le sang, mais on ne panse pas, et elle meurt
ainsi lentement.
     75 bis. Un fustigateur scie tous les membres doucement et l'un aprs
l'autre.
     76. Le marquis de Mesanges, dont Duclos a parl relativement  la fille
du cordonnier Petignon qu'il a achete  Duclos, et dont la premire passion
tait de se faire fouetter quatre heures sans dcharger, a pour seconde de
placer une petite fille dans la main d'un colosse, qui suspend cet enfant par
la tte sur un grand brasier qui ne le brle que trs doucement; il faut que
les filles soient vierges.
     77. Sa premire passion est de brler peu  peu les chairs du sein et des
fesses avec une allumette, et sa seconde de larder sur tout le corps une fille
avec des mches soufres qu'il allume l'une aprs l'autre, et il la regarde
mourir ainsi.
     "Il n' y a point de mort plus douloureuse, dit le duc, qui avoue s'tre
livr  cette infamie, et en avoir vigoureusement dcharg; on dit que la
femme vit six ou huit heures." Le soir, Cladon est livr pour le cul; le duc
et Curval s'en donnent avec lui. Curval veut qu'on saigne Constance pour sa
grossesse, et il la saigne lui-mme en dchargeant dans le cul de Cladon;
puis il coupe un tton  Thrse en enculant Zelmire, et le duc encule Thrse
pendant qu'on l'opre.
 
    Le quinze. 78. Il aimait sucer la bouche et  avaler de la salive, et il
perfectionne en faisant avaler tous les ours, pendant neuf jours, une petite
dose de plomb fondu, avec un entonnoir; elle crve le neuvime.
     79. Il aimait  tordre un doigt, et, pour seconde, il casse tous les
membres, arrache la langue, crve les yeux, et laisse vivre ainsi, en
diminuant tous les jours la nourriture.
     80. Un sacrilge, le second dont a parl Martaine le 3 janvier, attache
un beau garon, avec des cordes, sur une croix trs leve, et le laisse l
manger aux corbeaux.
     81. Un qui sentait les aisselles et les foutait, et dont a parl Duclos,
pend une femme par les aisselles, lie de partout, et va la piquer tous les
jours en quelque partie du corps, pour que le sang attire les mouches; il la
laisse ainsi mourir peu  peu.
     82. Un homme, passionn pour le cul, rectifie en enterrant la fille dans
un caveau o elle a de quoi vivre trois jours; il la blesse avant pour rendre
sa mort plus douloureuse. Il les veut vierges, et leur baise le cul pendant
huit jours avant de les livrer  ce supplice.
     83. Il aimait  foutre des bouches et des culs fort jeunes: il
perfectionne en arrachant le coeur d'une fille toute vivante; il y fait un
trou, fout ce trou tout chaud, remet le coeur  sa place avec son foutre
dedans; on recoud la plaie, et on laisse la fille finir son sort sans secours;
ce qui n'est pas long dans ce cas-l.
 
    Ce soir-l, Curval, toujours anim contre la belle Constance, dit qu'on
peut bien accoucher avec un membre cass, et, en consquence, on casse le bras
droit de cette infortune. Durcet, le mme soir, coupe un tton  Marie, qu'on
a fouette et fait chier auparavant.
 
    Le seize. 84. Un fustigateur perfectionne en dgarnissant doucement les
os; il en pompe la moelle et il y verse du plomb fondu en place.
 
    Ici, le duc s'crie qu'il ne veut foutre en cul de sa vie, si ce n'est pas
l le supplice qu'il destine  Augustine. Cette pauvre fille, qu'il enculait
pendant ce temps-l, jette des cris et verse un torrent de larmes. Et comme,
par cette scne, elle lui fait manquer sa dcharge, il lui donne, en se
branlant et dchargeant seul, une douzaine de soufflets qui font retentir la
salle.
 
    85. Un bourreau hache, sur une machine prpare, la fille en petits
morceaux; c'est un supplice chinois.
     86. Il aimait les pucelages de filles, et sa seconde est d'enfourcher une
pucelle par le con avec un pieu pointu; elle est l comme  cheval, on le lui
enfonce, un boulet de canon  chaque pied, et on la laisse ainsi mourir 
petit feu.
     87. Un fustigateur ple la fille trois fois; il enduit la quatrime peau
d'un caustique dvorant qui la fait mourir dans des douleurs horribles.
     88. Un homme, dont la premire passion tait de couper un doigt, a, pour
seconde, de saisir un morceau de chair avec des tenailles rouges; il coupe
avec des ciseaux ce morceau de chair, puis il brle la plaie. Il est quatre ou
cinq jours  dcharner ainsi, peu  peu, tout le corps, et elle meurt dans les
douleurs de cette cruelle opration.
 
    Ce soir-l, on punit Sophie et Cladon, qui ont t trouvs s'amusant
ensemble. Tous deux sont fouetts sur tout le corps par l'vque,  qui ils
appartiennent. On coupe deux doigts  Sophie et autant  Cladon, qui gurit
tout de suite. Ils n'en servent pas moins, aprs, aux plaisirs de l'vque. On
remet Fanchon sur la scne, et, aprs l'avoir fouette avec un nerf de boeuf,
on la brle  la plante des pieds,  chaque cuisse par-devant et par-derrire,
au front, dans chaque main, et on lui arrache ce qui lui reste de dents. Le
duc a presque toujours le vit dans son cul pendant qu'on opre. (Dites qu'on a
prescrit pour loi de ne point gter les fesses que le jour mme du dernier
supplice.)
      
     	Le dix-sept. 89. Celui du 30 janvier, de Martaine, et qu'elle a cont le
5 fvrier, coupe les ttons et les fesses d'une jeune fille, les mange, et met
sur les plaies des empltres qui brlent les chairs avec une telle violence
qu'elle en meurt. Il la force  manger aussi de sa propre chair qu'il vient de
couper et qu'il a fait griller.
     90. Un bougre fait bouillir une petite fille dans une marmite.
     91. Un bougre la fait rtir toute vive  la broche en venant de l'enculer.
     92. Un homme, dont la premire passion tait de faire enculer des garons
et des filles devant lui par de trs gros vits, empale par le cul, et laisse
mourir ainsi, en observant les contorsions de la fille.
     93. Un bougre attache une femme sur une roue, et, sans lui avoir fait
aucun mal avant, la laisse mourir de sa belle mort.
 
    Ce soir-l, l'vque trs en feu veut qu'Aline soit tourmente; sa rage
contre elle est au dernier priode. Elle parat nue, il la fait chier et
l'encule, puis, sans dcharger, sortant plein de fureur de ce beau cul, il lui
donne un lavement d'eau bouillante qu'on oblige de rendre ainsi tout bouillant
sur le nez de Thrse. Ensuite on coupe  Aline tous les doigts des mains et
des pieds qui lui restent, on lui casse les deux bras, on les lui brle avant
avec un fer rouge. Alors on la fouette et on la soufflette, puis l'vque tout
en feu lui coupe un tton et dcharge. On passe de l  Thrse, on lui brle
l'intrieur du con, les narines, la langue, les pieds et les mains, et on lui
donne six cents coups de nerf de boeuf; on lui arrache ce qui lui reste des
dents et on lui brle le gosier par-dedans la bouche. Augustine, tmoin, se
met  pleurer; le duc la fouette sur le ventre et sur le con, jusqu'au sang.
 
    Le dix-huit. 94. Il avait pour premire passion de scarifier les chairs,
et pour seconde, il fait carteler  quatre jeunes arbres.
     95. Un fustigateur suspend  une machine qui plonge la fille dans un
grand feu et l'en retire aussitt, et cela dure jusqu' ce qu'elle soit ainsi
toute brle.
     96. Il aimait  lui teindre des bougies sur les chairs. Il l'enveloppe
de soufre et la fait servir de flambeau, en observant que la fume ne puisse
l'touffer.
     97. Un bougre arrache les entrailles d'un jeune garon et d'une jeune
fille, met les entrailles du jeune garon dans le corps de la fille et celles
de la fille dans le corps du garon, puis il recoud les plaies, les lie dos 
dos, ayant un pilier qui les contient, et plac entre eux deux, et il les
regarde mourir ainsi.
     98. Un homme, qui aimait  brler lgrement, rectifie en faisant rtir
sur un gril, en tournant et retournant.
 
    Ce soir-l, on expose Michette  la fureur des libertins. Elle est d'abord
fouette par tous quatre, puis chacun lui arrache une dent; on lui coupe
quatre doigts (chacun en coupe un); on lui brle les cuisses par-devant et
par-derrire,  quatre endroits; le duc lui ptrit un tton, jusqu' ce qu'il
soit tout meurtri, pendant qu'il encule Giton. Ensuite Louison parat. On la
fait chier, on lui donne huit cents coups de nerf de boeuf, on lui arrache
toutes les dents, on la brle sur la langue, au trou du cul, dans le con, au
tton qui lui reste et  six endroits des cuisses. Ds que tout le monde est
couch, l'vque va chercher son frre. Ils emmnent avec eux Desgranges et
Duclos; tous quatre descendent Aline au caveau; l'vque l'encule, le duc
aussi, on lui dclare sa mort, et on la lui donne dans des tourments excessifs
et qui durent jusqu'au jour. En remontant, ils se louent de ces deux
historiennes et conseillent aux deux autres de les employer toujours dans les
supplices.
 
    Le dix-neuf. 99. Un bougre: il place la femme sur un pieu  tte de
diamant place sur le croupion, ses quatre membres assujettis en l'air par des
ficelles seulement; les effets de cette douleur sont de faire rire et le
supplice est affreux.
     100. Un homme, qui aimait  couper un peu de chair sur le cul,
perfectionne en faisant scier la fille trs doucement entre deux planches.
     101. Un bougre avec les deux sexes fait venir le frre et la soeur. Il
dit au frre qu'il va le faire mourir dans un supplice affreux dont il lui
fait voir les apprts, que cependant il lui sauvera la vie s'il veut d'abord
foutre sa soeur et l'trangler ensuite devant lui. Le jeune homme accepte, et
pendant qu'il fout sa soeur, le libertin encule tantt le garon, tantt la
fille. Puis le frre, de peur de la mort qu'on lui prsente, trangle sa
soeur, et au moment o il est aprs l'expdition, une trappe prpare s'ouvre,
et tous deux, aux yeux du paillard, tombent dans un brasier ardent.
     102. Un bougre exige qu'un pre foute sa fille devant lui. Il encule
ensuite la fille tenue par le pre; ensuite il dit au pre qu'il faut
absolument que sa fille prisse, mais qu'il a le choix ou de la tuer lui-mme
en l'tranglant, ce qui ne la fera point souffrir, ou, s'il ne veut pas tuer
sa fille, que lui alors va la tuer, mais que ce sera, et devant les yeux du
pre et dans des supplices pouvantables. Le pre aime mieux tuer sa fille
avec un cordon serr autour du col que de la voir souffrir des tourments
affreux, mais quand il va s'y rparer, on le lie, on le garrotte et on corche
sa fille devant lui, que l'on roule ensuite sur des pines de fer brlantes,
puis on la jette dans un brasier, et le pre est trangl pour lui apprendre,
dit le libertin,  consentir  vouloir trangler lui-mme sa fille. On le
jette, aprs, dans le mme brasier de sa fille.
     103. Un grand amateur de culs et de fouet runit la mre et la fille. Il
dit  la fille qu'il va tuer sa mre, si elle ne consent pas  avoir les deux
mains coupes: la petite y consent; on les coupe. Alors il spare ces deux
tres-la, on lie la fille par le col  une corde, les pieds sur un tabouret;
au tabouret est une autre corde dont le bout passe dans la chambre o l'on
tient la mre. On dit  la mre de tirer cette corde: elle la tire sans savoir
ce qu'elle fait; on la mne sur-le-champ contempler son ouvrage, et, dans le
moment du dsespoir, on lui abat par-derrire la tte d'un coup de sabre.
 
    Ce mme soir, Durcet, jaloux du plaisir qu'ont eu, la nuit passe, les
deux frres, veut qu'on vexe Adlade, dont il assure que ce sera bientt le
tour. En consquence, Curval son pre et Durcet son mari lui pincent les
cuisses avec des tenailles brlantes, pendant que le duc l'encule sans
pommade. On lui perce le bout de la langue, on lui coupe les deux bouts des
oreilles, on lui arrache quatre dents, ensuite ou la fouette  tour de bras.
Ce mme soir, l'vque saigne Sophie devant Adlade, sa chre amie, jusqu'
l'vanouissement; il l'encule en la saignant, et reste tout le temps dans son
cul. On coupe deux doigts  Narcisse, pendant que Curval l'encule; puis on
fait paratre Marie, on lui enfonce un fer brlant dans le cul et dans le con,
on la brle avec un fer chaud  six endroits des cuisses, sur le clitoris, sur
la langue, sur le tton qui lui reste, et on lui arrache ce qui lui reste de
dents.
 
    Le vingt fvrier. 104. Celui du 5 dcembre, de Champville, dont le got
tait de se faire prostituer le fils par la mre, pour l'enculer, rectifie en
runissant la mre et le fils. Il dit  la mre qu'il va la tuer, mais qu'il
lui fera grce si elle tue son fils. Si elle ne le tue pas, on gorge l'enfant
devant elle, et si elle le tue, on la lie sur le corps de son fils, et on la
laisse ainsi prir  petit feu sur le cadavre.
     105. Un grand incestueux runit les deux soeurs aprs les avoir encules;
il les lie sur une machine chacune un poignard  la main; la machine part, les
filles se rencontrent, et elles se tuent ainsi mutuellement.
     106. Un autre incestueux veut une mre et quatre enfants; il les enferme
dans un endroit d'o il puisse les observer; il ne leur donne aucune
nourriture, afin de voir les effets de la faim sur cette femme et lequel de
ses enfants elle mangera le premier.
     107. Celui du 29 dcembre, de Champville, qui aimait  fouetter des
femmes grosses, veut la mre et la fille toutes deux grosses; il les lie
chacune sur une plaque de fer, l'une au-dessus de l'autre; un ressort part,
les deux plaques se rejoignent troitement, et avec une telle violence, que
les deux femmes sont rduites en poudre, elles et leurs fruits.
     108. Un homme trs bougre s'amuse de la faon suivante. Il runit l'amant
et la matresse: "Il n'y a qu'un seul tre dans le monde, dit-il  l'amant,
qui s'oppose  votre bonheur; je vais le remettre entre vos mains." Il le mne
dans une chambre obscure o une personne dort dans un lit. Vivement excit, le
jeune homme va percer cette personne. Ds qu'il a fait, on lui fait voir que
c'est sa matresse qu'il a tue; de dsespoir, il se tue lui-mme. S'il ne le
fait pas, le paillard le tue  coups de fusil, n'osant pas entrer dans la
chambre o est ce jeune homme furieux et arm. Avant, il a foutu le jeune
garon et la jeune fille, dans l'espoir de les servir et de les runir, et
c'est aprs en avoir joui qu'il fait ce coup-l.
 
    Ce soir-1, pour clbrer la seizime semaine, Durcet pouse, lui comme
femme, Bande-au-ciel en qualit de mari, et lui comme homme, Hyacinthe en
qualit de femme; mais, pour les noces, il veut tourmenter Fanny, son pouse
fminine. En consquence, on la brle sur les bras et sur les cuisses  six
endroits, on lui arrache deux dents, on la fouette, on oblige Hyacinthe qui
l'aime et qui est son mari par les arrangements voluptueux dont on a parl
ci-devant, on l'oblige, dis-je,  chier dans la bouche de Fanny, et celle-ci 
le manger. Le duc arrache une dent  Augustine et la fout en bouche tout de
suite aprs. Fanchon reparat; on la saigne, et pendant que le sang coule du
bras, on le lui casse; ensuite on lui enlve les ongles des pieds et on lui
coupe des doigts des mains.
 
    Le vingt et un. 109. Elle annonce que les suivants sont des bougres qui ne
veulent que des meurtres masculins. Il enfonce un canon de fusil, charg 
grosse mitraille, dans le cul du garon qu'il vient de foutre, et lui lche le
coup en dchargeant.
     110. Il oblige le jeune garon  voir mutiler sa matresse devant ses
yeux, et il lui en fait manger la chair, et principalement les fesses, les
ttons et le coeur. Il faut ou qu'il mange ces mets, ou qu'il meure de faim.
Ds qu'il a mang, si c'est l le parti qu'il prend, il lui fait plusieurs
blessures sur le corps, et le laisse mourir ainsi en perdant son sang, et s'il
ne mange pas, il meurt de faim.
     111. Il lui arrache les couilles et les lui fait manger sans le lui dire,
puis remplace ces testicules par des boules de mercure, de vif-argent et de
soufre, qui lui causent des douleurs si violentes qu'il en meurt. Pendant ces
douleurs, il l'encule, et les lui augmente en le brlant partout avec des
mches de soufre, en l'gratignant et en brlant sur les blessures.
     112. Il le cloue par le trou du cul sur un pieu trs troit, et le laisse
finir ainsi.
     113. Il encule, et pendant qu'il sodomise, il enlve le crne, te la
cervelle, et la remplace par du plomb fondu. 

    Ce soir-l Hyacinthe est livr pour le cul, et vigoureusement fustig
avant l'opration. Narcisse est prsent; on lui coupe les deux couilles. On
fait venir Adlade; on lui passe une pelle rouge sur les cuisses par-devant,
on lui brle le clitoris, on lui perce la langue, on la fouette sur la gorge,
on lu coupe les deux boutons du sein, on lui casse les deux bras, on lui coupe
ce qui lui reste de doigts, on lui arrache les poils du con, six dents et une
poigne de cheveux. Tout le monde dcharge, except le duc, qui, bandant comme
un furieux, demande  excuter seul Thrse. On lui accorde; il lui enlve
tous les ongles avec un canif et lui brle les doigts  sa bougie,  mesure,
puis il lui casse un bras, et ne dchargeant point encore, il enconne
Augustine et lui arrache une dent en lui lchant son foutre dans le con.
 
    Le vingt-deux. 114. Il rompt un jeune garon, puis l'attache sur la roue
o il le laisse expirer; il y est tourn de manire  montrer les fesses de
prs, et le sclrat qui le tourmente fait mettre sa table sous la roue, et va
dner l tous les jours, jusqu' ce que le patient soit expir.
     115. Il ple un jeune garon, le frotte de miel, et le laisse ainsi
dvorer aux mouches.
     116. Il lui coupe le vit, les mamelles, et le place sur un pieu o il est
clou par un pied, se soutenant  un autre pieu o il est clou par la main;
il le laisse ainsi mourir de sa belle mort.
     117. Le mme homme, qui avait fait dner Duclos avec ses chiens, fait
dvorer un jeune garon par un lion devant lui, en lui donnant une lgre
gaule pour se dfendre, ce qui n'anime que davantage la bte contre lui. Il
dcharge quand tout est dvor.
     118. Il livre un jeune garon  un cheval entier dress  cela, qui
l'encule et le tue. L'enfant est recouvert d'une peau de jument, et a le trou
du cul frott de foutre de jument.
 
    Le mme soir, Giton est livr  des supplices: le duc, Curval, Hercule et
Brise-cul le foutent sans pommade; on le fouette  tour de bras, on lui
arrache quatre dents, on lui coupe quatre doigts (toujours par quatre, parce
que chacun officie), et Durcet lui crase une couille entre ses doigts.
Augustine est fouette par tous quatre  tour de bras; son beau cul est mis en
sang; le duc l'encule pendant que Curval lui coupe un doigt, puis Curval
l'encule pendant que le duc la brle sur les cuisses, avec un fer rouge,  six
endroits; il lui coupe encore un doigt de la main,  l'instant de la dcharge
de Curval; et, malgr tout cela, elle n'en va pas moins coucher encore avec le
duc. On casse un bras  Marie, on lui arrache les ongles des doigts et on les
lui brle. Cette mme nuit, Durcet et Curval descendent Adlade au caveau,
aids de Desgranges et de Duclos. Curval l'encule pour la dernire fois, puis
ils la font prir dans des supplices affreux que vous dtaillerez.
 
    Le vingt-trois. 119. Il place un jeune garon dans une machine qui le tire
en le disloquant, tantt en haut, tantt en bas; il est bris en dtail, on
l'te et le remet ainsi plusieurs jours de suite jusqu' la mort.
     120. Il fait polluer et extnuer un jeune garon par une jolie fille; il
s'puise, on ne le nourrit point, et il meurt dans des convulsions terribles.
     121. Il lui fait dans le mme jour l'opration de la pierre, du trpan,
de la fistule  l'oeil, de celle  l'anus. On a bien soin de les manquer
toutes, puis on l'abandonne ainsi sans secours jusqu' la mort.
     122. Aprs avoir coup tout ras le vit et les couilles, il forme un con
au jeune homme avec une machine de fer rouge qui fait le trou et qui cautrise
tout de suite; il le fout dans cette ouverture et l'trangle de ses mains en
dchargeant.
     123. Il l'trille avec une trille de cheval; quand il l'a mis en sang de
cette manire, il le frotte d'esprit-de-vin qu'il allume, puis trille encore,
et refrotte d'esprit-de-vin qu'il enflamme, et toujours ainsi jusqu' la mort.
 
    Ce mme soir, on prsente Narcisse aux vexations; on lui brle les cuisses
et le vit, on lui crase les deux couilles. On reprend Augustine,  la
sollicitation du duc qui est acharn sur elle; on lui brle 1es cuisses et les
aisselles, on lui enfonce un fer chaud dans le con. Elle s'vanouit; le duc
n'en devient que plus furieux; il lui coupe un tton, boit son sang, lui casse
les deux bras et lui arrache le poil du con, toutes les dents, et lui coupe
tous les doigts des mains qu'il cautrise avec le feu. Il couche encore avec
elle, et,  ce qu'assure la Duclos, il la fout en con et en cul toute la nuit,
en lui annonant qu'il l'achvera le lendemain. Louison parat; on lui casse
un bras, on la brle  la langue, au clitoris, on lui arrache tous les ongles
et on lui brle le bout des doigts ensanglants. Curval la sodomise en cet
tat, et, dans sa rage, foule et ptrit de toute sa force un tton de Zelmire
en dchargeant. Non content de cet excs, il la reprend et la fouette  tour
de bras.
 
    Le vingt-quatre. 124. Le mme que le quatrime du 1er janvier de Martaine
veut enculer le pre au milieu de ses deux enfants, et, en dchargeant d'une
main, il poignarde un de ces enfants, de l'autre il trangle le second.
     125. Un homme, dont la passion tait de fouetter des femmes grosses sur
le ventre, a pour seconde d'en assembler six au terme de huit mois. Il les lie
toutes, dos  dos, prsentant le ventre; il fend l'estomac de la premire, il
perce celui de la seconde  coups de couteau, donne cent coups de pied dans
celui de la troisime, cent coups de bton sur celui de la quatrime, brle
celui de la cinquime et rpe celui de la sixime, et puis il assomme  coups
de massue sur le ventre celle que son supplice n'a pas encore fait mourir.
 
    Curval interrompt par quelque scne furieuse, cette passion l'chauffant
beaucoup.
 
    126. Le sducteur dont a parl Duclos assemble deux femmes. Il exhorte
l'une, pour sauver sa vie  renier Dieu et la religion, mais elle a t
souffle et on lui a dit de n'en rien faire, parce que si elle le faisait elle
serait tue, et qu'en ne le faisant pas elle n'avait rien  craindre. Elle
rsiste, il lui brle la cervelle: "En voil une  Dieu! Il fait venir la
seconde qui, frappe de cet exemple et de ce qu'on lui a dit en dessous
qu'elle n'avait d'autre faon de sauver ses jours que de renier, fait tout ce
qu'on lui propose. Il lui brle la cervelle: "En voil une autre au diable!"
Le sclrat recommence ce petit jeu-l toutes les semaines.
     127. Un trs grand bougre aime  donner des bals, mais c'est un plafond
prpar, qui fond ds qu'il est charg, et presque tout le monde prit. S'il
demeurait toujours dans la mme ville, il serait dcouvert, mais il change de
ville trs souvent; il n'est dcouvert que la cinquantime fois.
     128. Le mme de Martaine, du 27 janvier, dont le got est de faire
avorter, met trois femmes grosses dans trois postures cruelles, de manire 
former trois plaisants groupes. Il les regarde accoucher en cette situation;
ensuite il leur lie leurs enfants au col, jusqu' ce que l'enfant soit mort,
ou qu'elles l'aient mang, car il les laisse dans cette posture sans les
nourrir.
     128 bis. Le mme avait encore une autre passion: il faisait accoucher
deux femmes devant lui, leur bandait les yeux, mlait les enfants, que lui
seul connaissait  une marque, puis leur ordonnait d'aller les reconnatre. Si
elles ne se trompaient pas, il les laissait vivre; si elles se trompaient, il
les pourfendait  coups de sabre sur le corps de l'enfant qu'elles prenaient
pour le leur.
 
    Ce mme soir, on prsente Narcisse aux orgies; on achve de lui couper
tous les doigts des mains. Pendant que l'vque l'encule et que Durcet opre,
on lui enfonce une aiguille brlante dans le canal de l'urtre. On fait venir
Giton, on se le pelote et on joue  la balle avec, et on lui casse une jambe
pendant que le duc l'encule sans dcharger. Arrive Zelmire: on lui brle le
clitoris, la langue, les gencives, on lui arrache quatre dents, on la brle en
six endroits des cuisses par-devant et par-derrire, on lui coupe les deux
bouts des ttons, tous les doigts des mains, et Curval l'encule en cet tat
sans dcharger. On amne Fanchon  qui on crve un oeil. -Pendant la nuit, le
duc et Curval, escorts de Desgranges et de Duclos, descendent Augustine au
caveau. Elle avait le cul trs conserv, on la fouette, puis chacun l'encule
sans dcharger; ensuite le duc lui fait cinquante-huit blessures sur les
fesses, dans chacune desquelles il coule de l'huile bouillante. Il lui enfonce
un fer chaud dans le con et dans le cul, et la fout sur les blessures avec un
condom de peau de chien de mer qui redchirait les brlures. Cela fait, on lui
dcouvre les os et on les lui scie en diffrents endroits. Puis l'on dcouvre
ses nerfs en quatre endroits formant la croix, on attache  un tourniquet
chaque bout de ces nerfs, et on tourne, ce qui lui allonge ces parties
dlicates et la fait souffrir des douleurs inoues. On lui donne du relche
pour la mieux faire souffrir, puis on reprend l'opration, et,  cette fois,
on lui gratigne les nerfs avec un canif,  mesure qu'on les allonge. Cela
fait, on lui fait un trou au gosier, par lequel on ramne et fait passer sa
langue; on lui brle  petit feu le tton qui lui reste, puis on lui enfonce
dans le con une main arme d'un scalpel avec lequel on brise la cloison qui
spare l'anus du vagin; on quitte le scalpel, on renfonce la main, on va
chercher dans ses entrailles et la force  chier par le con; ensuite, par la
mme ouverture, on va lui fendre le sac de l'estomac. Puis l'on revient au
visage: on lui coupe les oreilles, on lui brle l'intrieur du nez, on lui
teint les yeux en laissant distiller de la cire d'Espagne brlante dedans, on
lui cerne le crne, on la pend par les cheveux en lui attachant des pierres
aux pieds, pour qu'elle tombe et que le crne s'arrache. Quand elle tomba de
cette chute, elle respirait encore, et le duc la foutit en con dans cet tat;
il dchargea et n'en sortit que plus furieux. On l'ouvrit, on lui brla les
entrailles dans le ventre mme, et on passa une main arme d'un scalpel qui
fut lui piquer le coeur en dedans,  diffrentes places. Ce fut l qu'elle
rendit l'me. Ainsi prit  quinze ans et huit mois une des plus clestes
cratures qu'ait forme la nature, etc. Son loge.
 
    Le vingt-cinq. (Ds ce matin-l, le duc prend Colombe pour femme, et elle
en remplit les fonctions.)
 
    129. Un grand amateur de culs encule la matresse aux yeux de l'amant et
l'amant aux yeux de la matresse, puis il cloue l'amant sur le corps de la
matresse, et les laisse ainsi mourir l'un sur l'autre et bouche  bouche.
 
    Ce sera le supplice de Cladon et de Sophie qui s'aiment, et on interrompt
pour obliger Cladon  distiller lui-mme de la cire d'Espagne sur les cuisses
de Sophie; il s'vanouit; l'vque le fout en cet tat.
 
    130. Le mme qui s'amusait  jeter une fille dans l'eau et  la retirer a,
pour seconde, de jeter sept ou huit filles dans un tang et de les voir se
dbattre: il leur fait prsenter une barre rouge, elles s'y prennent, mais il
les repousse, et pour qu'elles prissent plus srement, il leur a coup 
chacune un membre en les jetant.
     131. Il avait pour premier got de faire vomir: il perfectionne en usant
d'un secret au moyen duquel il rpand la peste dans une province entire; il
est inou ce qu'il a dj fait prir de monde. Il empoisonnait aussi les
fontaines et les rivires.
     132. Un homme qui aimait le fouet fait mettre trois femmes grosses dans
une cage de fer avec chacune un enfant. 0n chauffe en dessous la cage; 
mesure que la plaque s'chauffe, elles cabriolent, prennent leurs enfants dans
leurs bras, et finissent par tomber et mourir ainsi. (On y a renvoy de
quelque part plus haut, voyez o.)
      	133. Il aimait  piquer avec une alne, et il perfectionne en enfermant
une femme grosse dans un tonneau rempli de pointes, puis il fait rouler le
tonneau fortement dans un jardin.
 
    Constance a eu autant de chagrin  ces rcits de supplices de femmes
grosses que Curval en a eu de plaisir. Elle ne voit que trop son sort. Comme
il approche, on croit pouvoir commencer  la vexer: on lui brle les cuisses
en six endroits, on lui laisse tomber de la cire d'Espagne sur le nombril, et
on lui pique les ttons avec des pingles. Giton parat; on lui enfonce une
aiguille brlante dans la verge, de part en part, on lui pique les couilles,
on lui arrache quatre dents. Puis arrive Zelmire dont la mort approche. On lui
enfonce un fer rouge dans le con, on lui fait six blessures sur le sein et
douze sur les cuisses, on lui pique fort avant le nombril, elle reoit vingt
soufflets de chaque ami, on lui arrache quatre dents, on la pique dans un
oeil, on la fouette, et on l'encule. En la sodomisant, Curval, son poux, lui
annonce sa mort pour le lendemain; elle s'en flicite, en disant que ce sera
la fin de ses maux. Rosette parat; on lui arrache quatre dents, on la marque
d'un fer chaud sur les deux omoplates, on la coupe sur les deux cuisses et au
gras des jambes; puis on l'encule en lui ptrissant les ttons. Thrse
parat, on lui crve un oeil et on lui donne cent coups de nerf de boeuf sur
le dos.
 
    Le vingt-six. 134. Un bougre se place au bas d'une tour, dans un endroit
garni de pointes de fer. On prcipite vers lui, du haut de la tour, plusieurs
enfants des deux sexes qu'il a enculs avant: il se plat  les voir se
transpercer et  tre clabouss de leur sang.
     135. Le mme dont elle a parl les 11 et 13 fvrier, et dont le got est
d'incendier, a aussi pour passion d'enfermer six femmes grosses dans un
endroit o elles sont lies sur des matires combustibles; il y met le feu, et
si elles veulent se sauver, il les attend avec une broche de fer, les bourre
et les rejette dans le feu. Cependant,  demi rties, le plafond s'enfonce; et
elles tombent dans une grande cuve d'huile bouillante prpare en dessous, o
elles achvent de prir.
     136. Le mme de la Duclos qui dteste si bien les pauvres, et qui a
achet la mre de Lucile, sa soeur et elle, qui a t aussi cit par
Desgranges (Vrifiez-le), a pour autre passion de runir une pauvre famille
sur une mine et de l'y voir sauter.
     137. Un incestueux, grand amateur de sodomie, pour runir ce crime  ceux
de l'inceste, du meurtre, du viol et du sacrilge, et de l'adultre, se fait
enculer par son fils avec une hostie dans le cul, viole sa fille marie et tue
sa nice.
     138. Un grand partisan de culs trangle une mre en l'enculant; quand
elle est morte, il la retourne et la fout en con. En dchargeant, il tue la
fille sur le sein de la mre  coups de couteau dans le sein, puis il fout la
fille en cul quoique morte; puis, trs assur qu'elles ne sont pas encore
mortes et qu'elles souffriront, il jette les cadavres au feu, et dcharge en
les voyant brler. C'est le mme dont a parl Duclos le 29 novembre; qui
aimait  voir une fille sur un lit de satin noir; c'est aussi le mme que
Martaine conte le premier du 11 janvier.
 
    Narcisse est prsent aux supplices; on lui coupe un poignet. On en fait
autant  Giton. On brle Michette dans l'intrieur du con; autant  Rosette;
et toutes deux sont brles sur le ventre et sur les ttons. Mais Curval, qui
n'est pas matre de lui malgr les conventions, coupe un tton entier 
Rosette en enculant Michette. Ensuite vient Thrse,  qui on donne deux cents
coups de nerf de boeuf sur le corps et  qui on crve un oeil. -Cette nuit-l,
Curval vient chercher le duc, et escort de Desgranges et de Duclos, ils font
descendre Zelmire au caveau, o les supplices les plus raffins sont mis en
usage pour la faire prir. Ils sont tous bien plus forts encore que ceux
d'Augustine, et on les trouve encore  l'opration de lendemain matin, 
l'heure du djeuner. Cette belle fille meurt  quinze ans et deux mois:
c'tait elle qui avait le plus beau cul du srail des filles. Et ds le
lendemain, Curval, qui n'a plus de femme, prend Hb.
 
    Le vingt-sept. On remet au lendemain  clbrer la fte de la dix-septime
et dernire semaine, afin que cette fte accompagne la clture des rcits; et
Desgranges conte les passions suivantes:
     139. Un homme dont Martaine a parl le 12 janvier, et qui brlait de
l'artifice dans le cul, a pour seconde passion de lier deux femmes grosses
ensemble, en forme de boule, et de les faire partir dans un pierrier.
     140. Un dont le got tait de scarifier oblige deux femmes grosses  se
battre dans une chambre (on les observe sans risque),  se battre, dis-je, 
coups de poignard. Elles sont nues; il les menace d'un fusil braqu sur elles,
si elles n'y vont pas de bon coeur. Si elles se tuent, c'est ce qu'il veut;
sinon, il se prcipite dans la chambre o elles sont, l'pe  la main, et
quand il en a tu une, il ventre l'autre et lui brle les entrailles avec des
eaux fortes, ou des morceaux de fer ardent.
     141. Un homme, qui aimait  fouetter des femmes grosses sur le ventre,
rectifie en attachant la fille grosse sur une roue, et dessous est fixe dans
un fauteuil, sans en pouvoir bouger, la mre de cette fille, la bouche ouverte
en l'air et oblige de recevoir dans sa bouche toutes les ordures qui
dcoulent du cadavre, et l'enfant si elle en accouche.
     142. Celui dont Martaine a parl le 16 janvier, et qui aimait  piquer le
cul, attache une fille sur une machine toute garnie de pointes de fer; il la
fout l-dessus, de manire qu' chaque secousse qu'il donne, il la cloue;
ensuite, il la retourne et la fout en cul pour qu'elle se pique galement de
l'autre ct, et il lui pousse le dos pour qu'elle s'enferre les ttons. Quand
il a fait, il pose dessus elle une seconde planche galement garnie, puis,
avec des vis, les deux planches se resserrent. Elle meurt ainsi, crase et
pique de partout. Ce resserrement se fait peu  peu; on lui donne tout le
temps de mourir dans les douleurs.
     143. Un fustigateur pose une femme grosse sur une table; il la cloue sur
cette table en enfonant d'abord un clou brlant dans chaque oeil, un dans la
bouche, un dans chaque tton; puis il lui brle le clitoris et le bout des
ttons avec une bougie, et, lentement, il lui scie les genoux  moiti, lui
casse les os des jambes, et finit par lui enfoncer un clou rouge et norme
dans le nombril, qui achve son enfant et elle. Il la veut prte d'accoucher.
 
    Ce soir-l, on fouette Julie et Duclos, mais par amusement, puisqu'elles
sont toutes deux du nombre des conserves. Malgr cela on brle Julie en deux
endroits des cuisses, et on l'pile. Constance, qui doit prir le lendemain,
parat, mais elle ignore encore sa destine. On lui brle les deux bouts des
seins, on lui distille de la cire d'Espagne sur le ventre, on lui arrache
quatre dents et on la pique avec une aiguille dans le blanc des yeux.
Narcisse, qui doit tre aussi immol le lendemain, parat; on lui arrache un
oeil et quatre dents. Giton, Michette et Rosette, qui doivent aussi
accompagner Constance au tombeau, ont chacun un oeil arrach et quatre dents;
Rosette a les deux bouts des ttons coups, et six morceaux de chair coups,
tant sur les bras que sur les cuisses; on lui coupe tous les doigts des mains,
et on lui enfonce un fer rouge dans le con et dans le cul, Curval et le duc
dchargeant chacun deux fois. Arrive Louison,  qui on donne cent coups de
nerf de boeuf, et  qui on arrache un oeil, que l'on oblige d'avaler; et elle
le fait.
 
    Le vingt-huit. 144. Un bougre fait chercher deux bonnes amies, il les lie
l'une  l'autre bouche  bouche, en face d'elles est un excellent repas, mais
elles ne peuvent l'atteindre, il les regarde se dvorer toutes deux quand la
faim vient  les presser.
     145. Un homme, qui aimait  fouetter des femmes grosses, en enferme six
de cette espce dans un rond form par des cercles de fer: cela forme une cage
dans laquelle elles sont toutes face  face en dedans. Peu  peu, les cercles
se compriment et se resserrent, et elles sont, ainsi, aplaties et touffes
toutes six avec leurs fruits; mais, avant, il leur a coup  toutes une fesse
et un tton qu'il leur ajuste en palatine.
     146. Un homme, qui aimait aussi  fouetter des femmes grosses, en lie
deux, chacune  une perche qui, par le moyen d'une machine, les jette et les
pelote l'une contre l'autre. A force de se choquer, elles se tuent ainsi
mutuellement, et il dcharge. Il tche d'avoir la mre et la fille, ou les
deux soeurs.
     147. Le comte dont Duclos a parl, et dont Desgranges a aussi parl le
26, celui qui acheta Lucile, sa mre et la petite soeur de Lucile, dont
Martaine a aussi parl le quatrime du 1er janvier, a pour dernire passion
d'accrocher trois femmes au-dessus de trois trous: l'une est pendue par la
langue, et le trou qu'elle a sous elle est un puits trs profond; la seconde
est pendue par les ttons, et le trou qu'elle a sous elle est un brasier; la
troisime a le crne cern et est accroche par les cheveux, et le trou
qu'elle a sous elle est garni de pointes de fer. Quand le poids du corps de
ces femmes les entrane, que les cheveux s'arrachent avec la peau du crne,
que les ttons se dchirent et que la langue se coupe, elles ne sortent d'un
supplice que pour passer dans l'autre. Quand il peut, il met l trois femmes
grosses, ou sinon une 	famille, et c'est  cela qu'il a fait servir Lucile, sa
soeur et sa mre.
     148. La dernire. (Vrifiez pourquoi ces deux manquent, tout y tait sur
les brouillons.) Le grand seigneur qui se livre  la dernire passion que nous
dsignerons sous le nom de l'enfer a t cit quatre fois: c'est le dernier du
29 novembre de Duclos, c'est celui de Champville qui ne dpucelle qu' neuf
ans, celui de Martaine qui dpucelle en cul  trois ans, et celui dont
Desgranges a elle-mme parl un peu plus haut (Vrifiez o). C'est un homme de
quarante ans, d'une taille norme, et membr comme un mulet; son vit a prs de
neuf pouces de tour sur un pied de long. Il est trs riche, trs grand
seigneur, trs dur et trs cruel. Pour cette passion-ci, il a une maison 
l'extrmit de Paris, extrmement isole. L'appartement o se passe sa volupt
est un grand salon fort simple, mais rembourr et matelass de partout; une
grande croise est la seule ouverture qu'on voie  cette chambre; elle donne
sur un vaste souterrain  vingt pieds au-dessous du sol du salon ou il se
tient, et, sous la croise, sont des matelas qui reoivent les filles  mesure
qu'il les jette dans ce caveau,  la description duquel nous reviendrons tout
 l'heure. Il lui faut quinze filles pour cette partie, et toutes entre quinze
et dix-sept ans, ni au-dessus ni au-dessous. Six maquerelles sont employes
dans Paris, et douze dans les provinces,  lui chercher tout ce qu'il est
possible de trouver de plus charmant dans cet ge, et on les runit en
ppinire,  mesure qu'on les trouve, dans un couvent de campagne dont il est
le matre; et de l se tirent les quinze sujets pour sa passion qui s'excute
rgulirement tous les quinze jours. Il examine lui-mme, la veille, les
sujets; le moindre dfaut les fait rformer: il veut qu'elles soient
absolument des modles de beaut. Elles arrivent, conduites par une
maquerelle, et demeurent dans une chambre voisine de son salon de volupt. On
les lui fait voir d'abord dans cette premire pice, toutes les quinze nues;
il les touche, il les manie, il les examine, les suce sur la bouche, et les
fait toutes chier l'une aprs 1'autre dans sa bouche, mais il n'avale pas.
Cette premire opration faite avec un srieux effrayant, il les marque toutes
sur l'paule avec un fer rouge au numro de l'ordre dans lequel il veut qu'on
les lui fasse passer. Cela fait, il passe seul dans son salon, et reste un
instant seul, sans qu'on sache  quoi il emploie ce moment de solitude.
Ensuite, il frappe; on lui jette la fille numrote 1, mais jette, exactement:
la maquerelle la lui lance, et il la reoit dans ses bras; elle est nue. Il
ferme sa porte, prend des verges, et commence  fouetter sur le cul; cela
fait, il la sodomise de son vit norme, et n'a jamais besoin d'aide. Il ne
dcharge point. Il retire son vit bandant, reprend les verges et fouette la
fille sur le dos, les cuisses, par-devant et par-derrire, puis il la recouche
et la dpucelle par-devant; ensuite, il reprend les verges et la fouette 
tour de bras sur la gorge, puis il lui saisit les deux seins et les lui ptrit
tant qu'il a de force. Cela fait, il fait six blessures, avec une alne, dans
les chairs, dont une sur chaque tton meurtri. Ensuite, il ouvre la croise
qui donne sur le souterrain, place la fille droite lui tournant le cul, et
presque au milieu du salon en face de la croise; de l, il lui donne un coup
de pied dans le cul, si violent qu'il la fait passer par la croise, o elle
va tomber sur les matelas. Mais avant de les prcipiter ainsi, il leur passe
un ruban au col, et ce ruban qui signifie un supplice est analogue  celui
auquel il s'imagine qu'elles seront le plus propres, ou qui deviendra le plus
voluptueux  infliger, et il est inou comme il a le tact et la connaissance
de cela. Toutes les filles passent ainsi, l'une prs l'autre, et toutes
subissent absolument la mme crmonie, de faon qu'il a trente pucelages dans
sa journe, et tout cela sans rpandre une goutte de foutre. Le caveau o les
filles tombent est garni de quinze diffrents assortiments de supplices
effroyables, et un bourreau, sous le masque et l'emblme d'un dmon, prside 
chaque supplice, vtu de la couleur affecte  ce supplice. Le ruban que la
fille a au col rpond  une des couleurs affectes  ces supplices et ds
qu'elle tombe, le bourreau de cette couleur s'empare d'elle et la mne au
supplice o il prside; mais on ne commence  les y appliquer toutes qu' la
chute de la quinzime fille. Ds que celle-ci est tombe, notre homme, dans un
tat furieux, qui a pris trente pucelages sans dcharger, descend presque nu
et le vit coll contre son ventre dans cet infernal repaire. Alors tout est en
train et tous les tourments agissent, et agissent  la fois.
     Le premier supplice est une roue sur laquelle est la fille, et qui tourne
sans cesse en effleurant un cercle garni de lames de rasoir o la malheureuse
s'gratigne et se coupe en tous les sens  chaque tour; mais comme elle n'est
qu'effleure, elle tourne au moins deux heures avant que de mourir.
     Le 2. La fille est couche  deux pouces d'une plaque rouge qui fond
lentement.
     3. Elle est fixe par le croupion sur une pice de fer brlant, et chacun
de ses membres contourn dans une dislocation pouvantable.
     4. Les quatre membres attachs  quatre ressorts qui s'loignent peu 
peu et les tiraillent lentement, jusqu' cc qu'enfin ils se dtachent et que
le tronc tombe dans un brasier.
     5. Une cloche de fer rouge lui sert de bonnet sans appuyer, de manire
que sa cervelle fond lentement et que sa tte grille en dtail.
     6. Elle est dans une cuve d'huile bouillante enchane.
     7. Expose droite  une machine qui lui lance six fois par minute un
trait piquant dans le corps, et toujours  une place nouvelle; la machine ne
s'arrte que quand elle en est couverte.
     8. Les pieds dans une fournaise, et une masse de plomb sur sa tte
l'abaisse peu  peu,  mesure qu'elle se brle.
     9. Son bourreau la pique  tout instant avec un fer rouge; elle est lie
devant lui; il blesse ainsi peu  peu tout le corps en dtail.
     10. Elle est enchane  un pilier sous un globe de verre et vingt
serpents affams la dvorent en dtail toute vive.
     11. Elle est pendue par une main avec deux boulets de canon aux pieds; si
elle tombe, c'est dans une fournaise.
     12. Elle est empale par la bouche, les pieds en l'air; un dluge de
flammches ardentes lui tombe  tout instant sur le corps.
     13. Les nerfs retirs du corps et lis  des cordons qui les allongent;
et, pendant ce temps-l, on les larde avec des pointes de fer brlantes.
     14. Tour  tour tenaille et fouette sur le con et le cul avec des
martinets de fer  molettes d'acier rouges, et, de temps en temps, gratigne
avec des ongles de fer ardents.
     15. Elle est empoisonne d'une drogue qui lui brle et dchire les
entrailles, qui lui donne des convulsions pouvantables, lui fait pousser des
hurlements affreux, et ne doit la faire mourir que la dernire; ce supplice
est un des plus terribles.
     Le sclrat se promne dans son caveau aussitt qu'il est descendu; il
examine un quart d'heure chaque supplice, en blasphmant comme un damn et en
accablant la patiente d'invectives. Quand  la fin il n'en peut plus, et que
son foutre, captiv si longtemps, est prt  s'chapper, il se jette dans un
fauteuil d'o il peut observer tous les supplices. Deux des dmons
l'approchent, montrent leur cul et le branlent, et il perd son foutre en
jetant des hurlements qui couvrent totalement ceux des quinze patientes. Cela
fait, il sort; on donne le coup de grce  celles qui ne sont pas encore
mortes, on enterre leurs corps, et tout est dit pour la quinzaine.
 
    Ici Desgranges termine ses rcits; elle est complimente, fte, etc. Il y
a eu, ds le matin de ce jour-l, des prparatifs terribles pour la fte qu'on
mdite. Curval, qui dteste Constance, a t la foutre en con ds le matin et
lui a annonc son arrt en la foutant. Le caf a t prsent par les cinq
victimes, savoir: Constance, Narcisse, Giton, Michette et Rosette. On y a fait
des horreurs; au rcit qu'on vient de lire, ce qu'on a pu arranger de
quadrilles y a t nu. Et ds que la Desgranges a eu fini, on a fait paratre
d'abord Fanny, on lui a coup les doigts qui lui restent aux mains et aux
pieds, et elle a t encule sans pommade par Curval, le duc et les quatre
premiers fouteurs. Sophie est arrive; on a oblig Cladon, son amant,  lui
brler l'intrieur du con, on lui a coup tous les doigts des mains et on l'a
saigne des quatre membres, on lui a dchir l'oreille droite et arrach
l'oeil gauche. Cladon a t contraint d'aider  tout et d'agir souvent
lui-mme, et,  la moindre grimace, il tait fouett avec des martinets 
pointes de fer. Ensuite, on a soup; le repas a t voluptueux, et l'on n'y a
bu que du champagne mousseux et des liqueurs. Le supplice s'est fait  l'heure
des orgies. On est venu au dessert avertir messieurs que tout tait prt; ils
ont descendu, et ont trouv le caveau trs orn et trs bien dispos.
Constance tait couche sur une espce de mausole, et les quatre enfants en
ornaient les quatre coins. Comme les culs taient trs frais, on a eu encore
beaucoup de plaisir  les molester. Enfin on a commenc le supplice: Curval a
ouvert lui-mme le ventre de Constance en enculant Giton, et il en a arrach
le fruit, dj trs form et dsign au sexe masculin; puis on a continu les
supplices sur ces cinq victimes, qui tous ont t aussi cruels que varis.
     Le 1er mars, voyant que les neiges ne sont pas encore fondues, on se
dcide  expdier en dtail tout ce qui reste. Les amis font de nouveaux
mnages dans leurs chambres, et dcident de donner un ruban vert  tout ce qui
doit tre ramen en France, sous condition de prter la main aux supplices du
reste. On ne dit rien aux six femmes de la cuisine, mais on dcide 
supplicier les trois servantes qui en valent bien la peine, et  sauver les
trois cuisinires  cause de leurs talents. En consquence, on fait la liste,
et l'on voit qu' cette poque il y a dj de sacrifis:
      

    En pouses: Aline, Adlade et Constance	3 
    En filles du srail: Augustine, Michette, Rosette et Zelmire	4
     En bardaches: Giton et Narcisse	2	En fouteurs: un des subalternes	1
 
    Total:	10
 
    Les nouveaux mnages s'arrangent donc. Le duc prend avec lui ou sous sa
protection: Hercule, la Duclos et une cuisinire	4
     Curval prend: Brise-cul, Champville et une cuisinire	4
     Durcet prend: Bande-au-ciel, Martaine et une cuisinire	4
     Et l'vque: Antinos, la Desgranges et Julie	4
 
    Total:	16
 
    Et on dcide que dans l'instant, et par le ministre des quatre amis, des
quatre fouteurs et des quatre historiennes (ne voulant point employer les
cuisinires), on se saisira de tout ce qui reste, le plus tratreusement que
faire se pourra, except les trois servantes qu'on ne saisira que les derniers
jours, et que l'on formera, des appartements du haut, quatre prisons; que l'on
mettra les trois fouteurs subalternes dans la plus forte, et enchans; dans
la seconde, Fanny, Colombe, Sophie et Hb; dans la troisime, Cladon,
Zlamir, Cupidon, Zphire, Adonis et Hyacinthe; et dans la quatrime, les
quatre vieilles; et que, comme on va expdier un sujet tous les jours, quand
on voudra arrter les trois servantes, on les mettra dans celle des prisons
qui se trouvera vide. Cela fait, on donne  chaque historienne le district
d'une prison. Et messieurs vont s'amuser, quand il leur plat, avec ces
victimes, ou dans leur prison, ou ils les font venir dans les salles ou dans
leur chambre; le tout suivant leur gr. En consquence, on expdie donc, comme
il vient d'tre dit, un sujet chaque jour dans l'ordre suivant:
 
    Le 1er mars, Fanchon. Le 2, Louison. Le 3, Thrse. Le 4, Marie. Le 5,
Fanny. Le 6 et le 7, Sophie et Cladon ensemble, comme amants, et ils
prissent, comme il a t dit, clous l'un sur l'autre. Le 8, un des fouteurs
subalternes. Le 9, Hb. Le 10, un des fouteurs subalternes. Le 11, Colombe.
Le 12, le dernier des fouteurs subalternes. Le 13, Zlamir. Le 14, Cupidon. Le
15, Zphire. Le 16, Adonis. Le 17, Hyacinthe. Le 18, au matin, on se saisit
des trois servantes, que l'on enferme dans la prison des vieilles, et on les
expdie le 18, le 19 et le 20.
     Total:	20
 
    Cette rcapitulation fait voir l'emploi de tous les sujets, puisqu'il y en
avait en tout quarante-six, savoir:
 
    Matres	4
     Vieilles	4
     A la cuisine	6
     Historiennes	4
     Fouteurs	8
     Jeunes garons	8
     Epouses	4
     Jeunes filles	8
 
    Total:	46
 
    Que, sur cela, il y en a eu trente d'immols et seize qui s'en retournent
 Paris. 

     
                               Compte du total:
                                          

    Massacrs avant le 1er mars dans les premires orgies	10
     Depuis le 1er mars	20
     E ils s'en retournent	16 	personnes
 
    Total:	46
 

                                       
                                       
  A l'gard et des supplices des vingt derniers sujets et de la vie qu'on mne
jusqu'au dpart, vous le dtaillerez  votre aise. Vous direz d'abord que les
douze restants mangeaient tous ensemble, et les supplices  votre choix.
 

                                     Notes

 Ne vous cartez en rien de ce plan: tout y est combin plusieurs fois et avec
la plus grande exactitude.
 
Dtaillez le dpart. Et dans le total, mlez surtout de la morale aux soupers.
 
Quand vos mettrez au net, ayez un cahier o vous placerez les noms de tous les
personnages principaux et de tous ceux qui jouent un grand rle, tels que ceux
qui ont plusieurs passions et dont vous reparlerez plusieurs fois, comme celui
de l'enfer; laissez une grande marge auprs de leur nom, et remplissez cette
marge de tout ce que vous rencontrerez, en copiant, d analogue  eux. Cette
note est trs essentielle, et c'est la seule faon dont vous puissiez voir
clair  votre ouvrage et viter les redites.
 
Adoucissez beaucoup la premire partie: tout s'y dveloppe trop; elle ne
saurait tre trop faible et trop gaze. Ne faites surtout jamais rien faire
aux quatre amis qui n'ait t racont, et vous n'avez pas eu ce soin-l.
 
A la premire partie, dites que l'homme qui fout en bouche la petite fille
prostitue par son pre est celui qui fout avec un vit sale et dont elle a
dj parl.
 
N'oubliez pas de placer dans dcembre la scne des petites filles servant au
souper, venant seringuer des liqueurs dans les verres des amis avec leurs
culs: vous l'avez annonc, et n'en avez point parl dans le plan.
 

                           Supplices en supplment.

 Au moyen d'un tuyau, on lui introduit une souris dans le con; le tuyau se
retire, on coud le con, et l'animal, ne pouvant sortir, lui dvore les
entrailles.
 
On lui fait avaler un serpent qui va de mme la dvorer.
 
En gnral, peignez Curval et le duc sclrats fougueux et imptueux. C'est
comme cela que vous les avez pris dans la premire partie et dans le plan; et
peignez l'vque un sclrat froid, raisonn et endurci. Pour Durcet, il doit
tre taquin, faux, tratre et perfide. Faites-leur faire, d'aprs cela, tout
ce qui devient analogue  ces caractres-l.
 
Rcapitulez avec soin les noms et qualits de tous les personnages que vos
historiennes dsignent, pour viter les redites.
 
Que, dans le cahier de vos personnages, le plan du chteau, appartement par
appartement, y ait une feuille, et dans le blanc que vous laisserez  ct,
placez les sortes de choses que vous faites faire dans telle ou telle pice.
   


         Toute cette grande bande a t commence le 22 octobre 1785 
                        et finie en trente-sept jours.
 

 Ceci provient du site gratuit des HISTOIRES TABOUES cr en 1999 par Pedinc.

http://www.asstr.org/~histoires/  ou  http://go.to/histoires

Vous y trouverez la plus grande collection d'histoires en franais sur le sujet.

N'oubliez jamais que cela doit rester des fantasmes ...
Forcer un enfant au sexe dans la vie relle mrite la prison !

-------------------------------------------------------------------------------
Cette oeuvre reste la proprit de son auteur.
Sauf si stipul autrement, vous pouvez la republier sur un autre site gratuit
 condition de ne rien modifier et de laisser les notices de dbut et de fin.
-------------------------------------------------------------------------------
