LA CORROMPUE (par Dominique Saint-Marc) (nc)

title: LA CORROMPUE
part: Complete
author: Dominique Saint-Marc
keywords: nc
language: Francais
age: 12 ans
published: 15/11/2002
       
DSM-2  

Histoire envoye  notre site des 'Histoires Taboues' le 12 octobre 2002.
( http://www.asstr.org/~histoires/ ou http://go.to/histoires )


Orphan finds happiness in convent where sex-crazed
nuns seek ecstasy by strange means.

 
Histoire envoye  notre site des 'Histoires Taboues' le 12 octobre 2002.
( http://www.asstr.org/~histoires/ ou http://go.to/histoires )
 
 

	Ce roman est un drame sadomasochiste dont le 
thtre est un couvent.
	Le protagoniste en est le vice.
	Le second personnage, la femme.
	C'est que le monachisme fminin, tant rpandu 
sur certaines faces du monde, est un des tats de 
l'humain le plus fallacieusement tentateur.
	Il y a dans le couvent une apparence du sublime 
qui fascine; il est dans le clotre une ralit hideuse 
qui terrifie.
	D'un ct, admirable, l'irradiation thre de 
l'me qui s'arrache  la glbe pour se fondre dans 
l'immanence divine; de l'autre, tragique, le lent 
suicide par la torture et la destruction du corps.
	Entre les deux, souvent, et l'Histoire le prouve, 
la corruption. Pas simplement ces drglements 
licencieux ou ces accs hystriques ports  la 
connaissance du populaire crdule sous le masque de 
la possession diabolique, mais plus pernicieux parce 
que tus, ces dvoiements sournois qui s'enflent et 
deviennent perversions.
	Il y a jusqu' la terminologie qui isole le couvent 
du reste de la terre et parfois mme de son Eglise. Il 
n'est que d'en juger concernant la flagellation: la 
pratique du fouet est juge dgradante au del de la 
muraille claustrale; l'administration de la discipline 
est recommande comme salvatrice en de. Et les 
Confrries de Flagellants, dont le roi Henri III se fit le 
fondateur d'une d'entre elles, quoique d'inspiration 
religieuse, furent condamnes par les papes.
	On peut croire que les hritiers du trne de 
Saint Pierre savent en de certaines occasions carter 
leurs oeillres. Il n'en demeure pas moins que ce qui 
est rput conduire ici  la dchance est regard 
comme moyen de rdemption, et quand le profane 
crie: Dpravation! le sacr lui rpond en clamant: 
Macration!
	A quoi rvent les moniales  la peau excorie par 
le cilice, aux chairs dchires par la lanire, aux 
mamelles crases par la pince, aux genoux corchs 
par la rgle de fer, qui se succdent devant le crucifix 
en leur Adoration Perptuelle?
	A Dieu ou  Satan?
	Qui pourrait affirmer que leur esprit est plein de 
la vision des traits macis du divin supplici, et non 
pas assailli par cette image obscne de ce que recle le 
linge pudiquement drap par le sculpteur ou le 
peintre?
	Aprs tout, ne sont-elles pas ses pouses?
	Un concept pouvant amener jusqu' la 
comparaison hardie du couvent avec le srail, des 
nonnes avec les odalisques, du Christ avec le sultan.
	Mais ce n'est pas la nouveaut!
	Ha! ce poignant regret de n'tre venues que trop 
tard, de n'avoir pu tre de celles qui, au pied de la 
croix, ont peut-tre reu une goutte de la preuve que 
le divin masochiste, enfin dnud, flagell, exhib, 
clou aux regards du monde, se tendait une dernire 
fois dans la jouissance paroxystique de son enveloppe 
de chair!
	Et la nuit sur sa claie, l'adoratrice saignante, au 
corps martyris par la discipline, rve en son dlire 
une chambre nuptiale, toute inonde de la lumire 
tincelante du funbre blouissement du trpas, o 
l'attend pour l'treindre le Seigneur nu descendu de 
sa croix, et dont elle ne parvient  voir, dans l'clat 
coruscant dont s'enflamme le prodigieux visage, qu'il 
est celui du dmon.
	Quel espoir sans cime! Quelle erreur sans fond!
	Et ce dont elle gmit dans une transe qu'elle 
crot extase mystique n'est que le spasme nerveux 
nou par la souffrance: un orgasme aberrant issu de 
la douleur, dont le pnultime lui annoncera, que la 
prochaine de ses nuits, son poux resplendissant 
couronn d'pines de cristal, percs de clous d'or, 
ensanglant de gouttes de rubis et pleurant des larmes 
de diamants, l'emportera en son royaume lors d'un 
ultime raidissement.
	Plus tard, confondant dans leur habituel 
aveuglement l'innocence et le calcul, l'abngation et la 
convoitise, le sacrifice et l'gosme, le martyre et le 
supplice, la souffrance et la jouissance, la puret et la 
perversion, il se pourrait que les hommes fissent de 
celle-l une sainte.


LIVRE PREMIER
L'ORPHELINE PERVERTIE 

L'tat d'innocence contient en germe tout le pch 
futur 
Alexandre ARNOUX. 

 SANTA TERESA DEL JUDIO 

	Orlanda de Cuendaes venait tout juste d'avoir 
douze ans lorsque son pre, au retour d'un voyage 
fait en Colombie, s'crasa et disparut corps et biens  
bord de son aroplane personnel, qu'il pilotait lui-
mme, dans le coeur des inextricables profondeurs de 
la fort amazonienne.
	Depuis toujours prive de l'amour attentionn, 
de la tendresse d'une mre qu'elle n'avait pas connue 
- la pauvre femme tant morte en lui donnant le jour - 
le destin funeste frappait cruellement une fois encore 
la fillette en lui ravissant l'tre qu'elle chrissait le 
plus au monde, ce papa auquel elle vouait une 
vritable adoration.
	Cette disparition prmature, soudaine, brutale 
et davantage injuste encore, abandonnait la riche 
petite hritire  la tutelle lointaine d'un oncle 
maternel, lequel rsidait en Espagne. Bien que 
n'ayant jamais vu ce seul parent qui lui restt, dont 
son dfunt pre ne lui avait parl qu'en de rares 
occasions, l'orpheline ne se sentait aucune prvention 
contre celui-ci. Elle regrettait surtout d'avoir  
quitter les lieux de sa naissance et, pour de 
nombreuses annes, de devoir aller vivre dans une 
nation qui, pour tre la patrie originelle de ses 
anctres, ne lui en tait pas moins une terre 
parfaitement trangre. Toutefois, elle esprait bien 
recevoir un accueil chaleureux, rconfortant, 
comprhensif, parmi ceux de la famille de sa mre.
	Orlanda se plut donc  rver, pendant des 
heures et des heures d'une interminable songerie, la 
demeure plusieurs fois sculaire dans laquelle on lui 
avait dit que sa mre tait ne; elle imagina, fillette 
qu'elle tait, le bonheur des jeux partags avec Ins et 
Ramona, dont elle savait qu'elles taient ses cousines; 
elle chafauda mille projets, elle conut mille 
espoirs...
	Hlas!
	Elle ignorait que les enfants qu'elle s'attendait  
trouver taient dj des jeunes filles ou presque, et 
d'une ducation toute diffrente de la sienne. D'autres 
ncessits, au demeurant plus imprieuses, allaient de 
plus opposer un obstacle tout  fait insurmontable  
la somme de ses esprances, lesquelles, si elles 
s'taient concrtises, eussent apport un peu de 
douceur et de consolation au chagrin de son coeur 
endeuill.
	Mais Orlanda de Cuendaes tait une petite fille 
de noble sang. Elle tait issue d'un milieu de rigides 
traditions dont les rgles, relches parmi 
l'aristocratie terrienne installe en Amrique du Sud, 
demeuraient fort vivaces sur le sol de l'ancienne mre 
patrie.
	Ce qu'et, peut-tre, concd le pre dans sa 
estancia de la Pampa Sche argentine, l'oncle ne le 
pouvait - ni ne le voulait - tolrer en Castille.
	Au reste, ce dernier n'tait pas  proprement 
dire un mauvais homme, pas davantage une brute 
dpourvue de coeur... encore qu'il n'en et gure et 
qu'il le rservt  peu prs exclusivement  sa 
progniture. En revanche, il tait pntr, et trs 
profondment, des valeurs inhrentes  sa caste, 
mprisant en secret les liberts que s'accordaient les 
migrs fixs au Nouveau Monde depuis plusieurs 
gnrations, et dont son beau-frre, lequel avait 
connu, aim et pous sa jeune soeur durant un 
sjour fait dans la Pninsule Ibrique, avait t 
l'archtype des descendants. Ce n'tait pas sans 
quelque opposition qu'il avait accept ce mariage. 
Selon les conceptions d'un aristocrate tel que lui, des 
plus intransigeants, les hidalgos d'Amrique n'taient 
devenus, au fond, que de trs vagues cousins 
dcadents, sinon des ingrats pour s'tre un jour 
rvolts et rendus indpendants. Aussi, estima-t-il que 
la fille de sa pauvre soeur devait acqurir, sans plus 
tarder, l'ducation qui lui faisait dfaut et que 
rclamaient instamment son rang social aussi bien 
que la grandeur de sa fortune; cette dernire, 
extrmement consquente, mais non moins aisment 
ralisable au moment opportun, faisait d'elle un beau 
parti. Il se promit donc, quand l'enfant en aurait 
l'ge, de la marier selon ses voeux et de faire ainsi 
qu'elle demeurt sur la terre de ses aeux plutt que 
retourner vivre dans ces lointaines contres, qu'il 
avait de la peine  concevoir autrement que peuples 
de sauvages  demi nus, coiffs de plumes, peut-tre...
	Don Inigo de Villuercas vint donc en Argentine 
afin de prendre sa nice en charge, de s'accommoder 
avec les hommes de loi de son dfunt et peu aim 
beau-frre dont, sans vouloir l'avouer, il jalousait 
l'immense richesse, et de mettre en place toutes les 
mesures ncessaires pour la minutieuse gestion du 
patrimoine d'Orlanda. Cela fait, et bien fait, pensa-t-
il, l'esprit en repos et la conscience tranquille, anim 
des meilleures intentions, mais press de quitter un 
continent qui ne l'intressait gure, il ramena bien 
vite avec lui sa jeune pupille en Espagne, tout  fait 
rsolu  lui faire rattraper vivement le temps perdu 
et, si possible,  gommer de sa mmoire certains 
souvenirs acquis en sa prime enfance.
	La fillette dracine n'eut que le temps de faire 
brivement la connaissance de sa tante par alliance, 
femme hautaine, rigide et sans chaleur, et surtout 
d'tre terriblement due de ne pas trouver en ses 
cousines - celles-ci ayant respectivement dix-sept et 
dix-huit ans - les rieuses petites complices qu'elle 
avait imagin d'initier au maniement du lasso ou au 
lancer du couteau, et, presque tout de suite, de se voir 
conduire par son oncle dans l'une des maisons 
conventuelles d'ducation parmi les plus svres, mais 
galement les plus rputes,  en croire certains, de 
Nouvelle Castille. 
	Sa revche pouse lui ayant fait comprendre 
qu'elle rpugnait  ce que Orlanda frquentt elle 
aussi le Real Colegio dans lequel Ins et Ramona 
taient inscrites, et davantage encore  l'hberger en 
leur demeure madrilne, ce qui impliquait que 
l'orpheline ft place en rgime d'internat, Don Inigo 
avait finalement fait choix de cet tablissement sur le 
conseil prtendument clair de l'un de ses bons amis, 
lequel lui avait vant avec la plus grande insistance 
les qualits de celui-ci, encore que sans rien prciser, 
cependant,  propos des conditions vritables dans 
lesquelles s'y effectuaient le sjour et la formation des 
pensionnaires.
	Mais le digne oncle pensait que l'essentiel ft 
qu'une jeune fille se trouvt rigoureusement tenue, 
suffisamment instruite, certes, mais pas trop, qu'elle 
se montrt applique  la broderie,  la musique et 
plus encore  toutes les bonnes manires, qu'elle 
apprt en somme  se bien conduire tout en se 
conservant, aprs ses noces, dvoue, fidle, soumise 
et obissante aux volonts de son poux.
	Aristocrate de vieille souche lui aussi, gnral en 
vue auprs des proches collaborateurs et courtisans 
de Sa Majest Alphonse XIII, oppos  tout 
libralisme, dans le sillage de cet autre gnral qui, 
dj, se prparait  succder au rgime parlementaire 
instable et  imposer l dictature militaire, l'ami de 
don Inigo de Villuercas tait galement un adepte 
convaincu, voire trs fervent, de l'ducation des 
femmes par la cravache, instrument qui convenait  
celles-ci, se plaisait-il  dire, aussi bien qu'aux 
chevaux! Des cravaches, il faisait une collection; il se 
vantait d'en avoir plus de deux cents. On murmurait 
qu'il ne se privait pas, en maintes occasions et entre 
autres gteries de mme nature, de faire goter les 
correctifs effets du cuir lisse ou tress  sa bonne 
pouse, laquelle, forte de la fesse, passait pour ne l'en 
aimer que davantage...
	Toutefois - avait-il au moins cela pour lui - 
l'illustre militaire cravacheur ne se bornait pas 
seulement  tre un donneur d'avis. Il avait lui-mme 
plac sa propre fille dans l'institution qu'il 
recommandait si chaleureusement, au sein de 
laquelle, d'ailleurs, sa femme avait accompli toutes ses 
humanits. Il estimait, sans que cela souffrt 
discussion, et fort des confidences de son pouse, 
qu'elle tait la meilleure de tout le pays, sinon 
l'unique  mriter d'tre mentionne.
	L'oncle d'Orlanda, qui jugeait que la faon 
d'tre de sa nice montrait de graves lacunes et 
considrait que celle-ci n'tait,  son ge, tout juste  
peine plus qu'une demi-sauvageonne qu'il fallait faire 
se "re-civiliser" de toute urgence et  toute force, 
ignorait-il vraiment la vrit des choses quand il avait 
pris sa dcision? C'tait possible, mais bien peu 
probable...
	Santa Teresa Del Judio tait une maison de 
femmes comme il s'en trouvait tant, et depuis 
toujours ou presque en ce pays gouvern par des 
Rois-Trs-Catholiques, dans l'Histoire duquel 
l'ardeur de la foi, comme le zle religieux le plus 
excessif, avait interminablement fait se tutoyer 
l'horrible et le monstrueux.
	C'tait une sorte de spulcre clos de murailles 
grises, plus de trois fois sculaires, pareilles aux 
parois d'un chteau fort dont elles avaient l'aspect et 
la hauteur inabordables, hors d'chelle ainsi que l'on 
disait dans les temps anciens, enseveli au coeur d'une 
dpression de la petite Sierra de la Alcudia, au sud-
ouest de Puertollano, non loin du Judio dont le 
sommet dominait le site, au coeur d'une des rgions 
les plus arides et dshrites de l'Espagne. L, o 
nulle route ne menait, o l'on ne parvenait que par un 
mauvais chemin qui n'tait parfois qu'un fort 
mchant sentier de chvres,  plus de vingt-cinq 
kilomtres de tout village, dans un paysage lunaire, 
torride en t, glacial en hiver, des femmes, dont la 
plupart ne se vtaient que d'une robe de bure 
grossire et mal coupe, serre  la taille par une 
simple corde de chanvre, qui allaient les pieds nus 
constamment et vivaient en une clture complte, 
accomplissaient leur long et lent suicide dans le sein 
de Dieu.
	La chose n'tait pas vraie pour toutes, mais elle 
tait toutefois telle pour le plus grand nombre d'entre 
elles... celles qui, du moins, n'avaient aucun rapport 
avec les pensionnaires.
	Ces femmes, dont certaines n'taient plus  
proprement parler des tres de ce monde, 
n'appartenaient nullement non plus  cet ordre des 
Carmlites Dchausses auxquelles le nom de leur 
maison pouvait inciter  faire rfrence. Leur 
fondatrice leur ayant donn le nom de Hermanas del 
Dolor del Cristo, on les appelaient les Dolorosas. 
Indpendantes de volont comme de fait, leur ordre 
n'tant pas de droit pontifical, ne se reconnaissant 
d'obissance qu'envers leur Mre prieure - qui 
dsignait, en gnral parmi ses Discrtes, celle qui 
devrait lui succder aprs sa mort - elles allaient bien 
au del encore de toute la rigueur primitive qu'avait 
voulu rtablir Teresa de Avila dans les stipulations de 
sa rformation du Carmel.
	Pour le reste, soucieuses de pourvoir de la sorte 
 leur recrutement futur en incitant les vocations 
parmi de jeunes esprits mallables, comme de 
s'attirer les revenus indispensables  l'entretien du 
couvent et  la perptuation de leur communaut, 
laquelle avait essaim plusieurs fois, et notamment en 
direction des conqutes espagnoles d'Amrique du 
Sud o, le plus souvent, elles avaient tabli des 
couvents-pnitenciers  l'usage des femmes, les 
servantes rputes exclusives du Christ accueillaient 
en leur sjour retir, et depuis deux sicles, les filles 
de la noblesse, pour l'essentiel, mais quelques autres 
aussi de la bourgeoisie toffe, confies  leurs 
austres prceptes par des familles fortunes, de la 
plus grande pit, respectueuses sans nuance des 
traditions et des principes de caste, nullement 
opposes aux svrits d'une ducation des plus 
draconiennes qui, par ailleurs, avait l'avantage de les 
librer en mme temps des soucis que leur pouvaient 
procurer leurs enfants, et pour de longues annes.
	Les vacances scolaires taient choses 
parfaitement inconnues  Santa Teresa Del Judio, et 
les visites interdites, bien que l'on pt y entrer  l'ge 
de six ans et n'en ressortir qu'aprs son vingtime 
anniversaire!
	Froces avec elles-mmes, et au del de toute 
raison quand beaucoup d'entre elles se suppliciaient 
de verges et de fouets, de cordes, de cilices et d'pines 
acres, mais aussi de chanes, de crocs et de pinces,  
moins que ce ne ft de clous et de fers chauds, les 
Hermanas del Dolor del Cristo proclamaient 
hautement que le salut de l'me ne se pouvait obtenir 
autrement que par la pnitence la plus dure et une 
macration permanente de la chair en laquelle 
rsidait le pch, spcialement en la femme, sige 
naturel de toutes les convoitises et si permable aux 
menes du Malin. Aussi, sectaires, intransigeantes, 
obstinment attaches  l'emploi rgulier de pratiques 
relevant d'autres ges, les Dolorosas n'en taient que 
plus barbares  l'gard de leurs lves, dont la 
jeunesse, la fracheur, la beaut mme, les induisaient 
constamment  la tentation.
	Vivre son enfer sur Terre afin de jouir d'une 
plus intense flicit dans le Royaume des Cieux: voil 
la grande ide  rpandre et dfendre!
	Et, pour en convaincre leurs pensionnaires, 
davantage encore exalter la vocation de leurs novices: 
les moyens les plus coercitifs.
	Cela donnait, en apparence, de bons rsultats... 
si l'on voulait en juger, du moins, par le nombre des 
nonnes et celui des lves.
	En dpit d'une rigoureuse slection, qui 
s'exerait par le rang social et plus encore la fortune, 
on refusait du monde  l'institution de Santa Teresa 
Del Judio!
	N'y avait-il point la un grand mystre?
	Compares  ces cerbres de la foi, les rectrices 
des collges anglais les plus svres, dans lesquels 
rgnait encore souverainement le systme ducatif 
par les verges qui avait fait depuis longtemps leur 
renomme, taient des modles de douceur et de 
tolrance.
	Malgr cela, n'tait-il pas remarquable que, 
depuis tant et tant de gnrations, les filles vinssent  
succder si frquemment aux mres sur les bancs 
cirs du pensionnat?
	De trs vieilles religieuses, percluses de 
rhumatismes, confites en souffrances, svissaient 
parfois sur des enfants dont elles avaient cramoisi de 
claques non seulement le sant des mres, mais aussi 
celui des grand-mres et, mme, des arrire-grand-
mres...
	Singulire constance, qui faisait que d'anciennes 
lves ayant eu  souffrir des annes durant le rgime 
impos par les Dolorosas, devenues pouses et mres, 
ne rvassent que de faire subir le mme sort  leurs 
chres prognitures, tout en permettant ainsi  la 
communaut de conserver l'effectif de ses 
pensionnaires au plus haut niveau, comme de ne 
jamais manquer non plus de postulantes attires par 
les rigueurs tout  fait extrmes du noviciat!
	Certes, cela rsolvait, dans bien des cas, le 
dlicat problme pos par les filles difficiles  
marier...
	Il existait galement une sorte d'amicale des 
anciennes lves et disciples laques des soeurs. Les 
femmes qui en taient membres actifs, peu 
nombreuses nanmoins, revenaient rgulirement au 
couvent, par petits groupes et deux ou trois fois l'an, 
pour y faire retraite durant toute une semaine, mais 
parfois davantage, et se replonger avidement dans les 
"dlices" de leur adolescence. Il en tait aussi, que le 
dcs d'un poux rendaient veuves, et libres, qui 
n'hsitaient pas  solliciter le voile, mme en tant que 
simples converses.
	Cette association tait comme une espce d'Opus 
Dei du couvent.
	L'isolement de l'tablissement aidant, le 
dsintrt affect par l'Eglise, la bienveillance d'un 
gouvernement trs attach  tout ce qui avait trait  
la religion, prisant l'ordre et prnant l'obissance  
l'autorit en place, sinon par tous pleinement 
reconnue, la muette complicit des parents 
rsolument sourds aux plaintes fort attnues que 
leurs enfants parvenaient, rarement,  faire entendre 
hors les murs  l'occasion d'une chiche 
correspondance trimestrielle, quand celle-ci n'tait 
pas impitoyablement et radicalement censure par la 
destruction pure et simple, faisaient que les 
couventines se voyaient  tout instant proies de la 
discipline excessive et inhumainement exerce par les 
religieuses.
	Teresa de Avila avait dit et crit, trois sicles et 
demi plus tt: "Ma douleur tait si grande qu'elle me 
faisait gmir et si douce que je prie Dieu, dans sa 
bont, de la faire prouver  quiconque pourrait 
croire que je mens."
	On ne parlait point encore de masochisme en ces 
temps reculs...
	Ni mme de sadisme.
	Mais avait-on eu besoin d'attendre que le divin 
marquis et le chevalier eussent vcu et crit pour 
perptrer l'horrible comme subir le pire aux fins de 
jouir de volupts sexuelles exacerbes?
	Les tyrans et les martyrs taient l pour prouver 
que non.
	Les Dolorosas de Santa Teresa Del Judio ne se 
privaient pas, elles, de se substituer  la dite "Bont" 
divine pour attester de la sincrit de la sainte!
	Chtiments corporels, humiliations, brimades, 
mortifications  tous propos et de toutes espces, 
qu'en d'autres lieux on et jugs infmes, sinon 
criminels, mais dont les moniales escomptaient le 
redressement des caractres difficiles et rpugnant 
pour la plupart  se gagner le ciel au prix du martyre, 
s'abattaient plus que gnreusement sur les 
infortunes jeunes filles passant  tort ou  raison 
pour tre les plus rebelles.
	Cette inclmente autorit parvenait 
gnralement  rduire, tout du moins en apparence, 
l'arrogance de la majeure partie des hritires issues 
de grandes familles, lesquelles se montraient 
volontiers, c'tait vrai, imbues de leur essence 
aristocratique ou position sociale.
	C'tait l, sans aucun doute, le meilleur des 
rsultats qui fussent obtenus.
	Pour quelques-unes des filles semblablement 
traites durant souvent quatorze annes, un jour 
venait o elles se sentaient "appeles", prtes  faire 
le sacrifice de la jeunesse, de la beaut parfois, de la 
libert toujours, de l'amour d'un homme, de la vie 
elle-mme enfin. Celles-l, n'aspirant plus qu' 
devenir alors les mules de Sainte Thrse de Jsus, 
sollicitaient humblement d'tre admises au noviciat, 
faveur que refusait plus que rarement le Chapitre, et 
entraient en probation.
	Quelques autres, encore que peu nombreuses 
toutefois, se rebellaient contre l'usage quotidien et 
immodr du chtiment et de la vexation, et, rebutes 
de manire dfinitive, se dressaient  jamais contre 
toute forme d'autorit religieuse ou civile. Il arrivait 
que certaines de celles-ci, bien plus tard, chouassent 
au pnitencier et y connussent, outre les travaux 
forcs, d'autres maux plus rigoureux que ceux dont 
elle s'taient rvoltes en leurs jeunes annes.
	Mais la grande majorit, sur laquelle ces 
mthodes avaient les pires consquences, se dviait de 
faon irrvocable en finissant par aimer, peu  peu et 
parfois jusqu'au dlire, ce qu'elle et d normalement 
dtester.
	La cruaut des sanctions n'empchait nullement 
nanmoins que se rpandt la dpravation sexuelle 
parmi les couventines, aussi bien que dans le creuset 
de n'importe quelle autre espce d'internat. Tt 
inities par ces menes  tous les vices qui se peuvent 
perptrer entre femmes, mme les plus jeunes se 
dvoyaient bientt et recherchaient, dans les treintes 
saphiques, un baume aux incessants tourments qui les 
frappaient et les accablaient, seul exutoire ou presque 
que permet,  condition de demeurer clandestin, le 
rgime virtuellement carcral qui leur tait 
collectivement impos... quand elles ne trouvaient pas, 
dans la douleur elle-mme, une perverse mais relle 
jouissance des sens, dont il arrivait qu'elles devinssent 
les esclaves.
	Mais que faisaient donc certaines nonnes, avec 
certaines lves et certaines novices, dans certains 
locaux souterrains situs derrire certaine porte 
paisse et soigneusement close, o toutes les anciennes 
disciples, venant en retraite, se retiraient pour y 
passer toutes les nuits de leur sjour?
	N'y avait-il point l un grand mystre? 
	Le couvent!!!
	Au regard de la fillette, habitue des vastes 
territoires de son environnement natal, o les 
proprits de son pre s'tendaient  perte de vue 
autour des btiments de l'estancia blanche, frache et 
fleurie, l'tablissement religieux, celui-l tout 
spcialement, apparut comme une affreuse prison, 
une gele sinistre o l'on voulait la tenir enferme 
afin de s'en dbarrasser, et derrire les hauts murs 
infranchissables de laquelle ne parvenait plus aucune 
des lointaines rumeurs d'un monde qui l'oubliait.
	Orlanda pleura, tout d'abord.
	Puis elle comprit qu'elle allait devoir vivre l 
durant bien des annes, d'interminables jours avant 
que ne se rouvrissent pour elle les portes de la prison 
monacale... et que ne se refermassent sur elle les bras 
de l'poux que, sans nul doute, son oncle devait lui 
chercher dj.
	Alors, remplaant le chagrin, la colre l'emplit 
tout entire.
	Sa morgue naturelle, particulirement 
prononce pour une enfant de son ge, sa rpugnance 
inne  se soumettre  une autre volont que celle de 
son gr, l'habitude de la libert que, trs tt, son pre 
lui avait donne, l'opposrent rapidement  ses 
austres ducatrices. Elle passa vite pour une forte 
tte, une nature dont l'orgueil et l'agressivit devaient 
tre dompts exemplairement, cote que cote.
	Ds les premiers mois de sa relgation, Orlanda 
eut  connatre de tous les degrs successifs des peines 
mineures en vigueur au pensionnat, qui jouxtait le 
clotre d'o ne sortaient jamais les plus jeunes des 
religieuses ni aucune des novices, auxquelles tout 
contact avec les lves tait formellement interdit par 
la Prieure, sauf quand l'une des "Grandes", coupable 
d'une faute gravissime, tait mene l afin d'y tre 
chtie avec svrit... et  l'abri de l'ventuel 
tmoignage visuel et auditif de ses camarades.
	Ce furent d'abord les prires-pnitences 
adresses au Seigneur ou  la Vierge,  genoux sur 
l'arte vive d'une rglette de bois, puis de fer... 
Vinrent aprs cela les coups de badine sur le bout des 
doigts, sur les mollets et sur le gras des cuisses... Puis 
il y eut les fesses, plus ou moins rigoureuses selon le 
nombre de claques et la robustesse de la main les 
administrant, mais rendues infiniment plus 
humiliantes ds lors qu'elles eurent pour prambule 
le dculottage public... Ensuite, ce fut le prolongement 
de cette sanction par la mise au piquet, la jupe haut 
trousse et pingle dans le dos, culotte maintenue 
baisse aux chevilles et les mains leves derrire la 
nuque, aux regards, bien sr, de toutes les filles de la 
classe ricanant et se consolant ainsi,  contempler 
l'opprobre frappant une compagne, de leurs propres 
avanies et misres... Enfin, et dans des conditions 
similaires, se succdrent la rgle plate du tableau, le 
petit martinet, les verges de saule...
	Au contraire de la plupart de ses camarades  
cet ge, que la seule menace de la punition suffisait le 
plus souvent  faire se confondre en excuses 
hypocrites et promesses d'amendement, Orlanda 
demeura tout  fait et rsolument hermtique aux 
admonestations, insensible aux pnalits, rsistante  
la douleur, et ne s'en rvolta que davantage.
	Les annes passant, bon gr mal gr, et alors 
qu'elle se butait et s'endurcissait  la manire du 
Pharaon de la Bible, la nice de don Inigo de 
Villuercas ajouta  son refus obstin des rgles de 
l'institution,  ses traits innombrables d'insolence,  
toutes ses fautes volontaires ou considres telles, les 
dlits autrement plus graves de provocation verbale 
et de rbellion ouverte ou presque.
	Inform de l'inconduite persistante de sa pupille, 
son parent et tuteur, ne se proccupant d'elle que lors 
du versement semestriel de la pension considrable 
qu'exigeaient les Dolorosas, accorda par crit, de 
manire non quivoque, une bonne fois pour toutes... 
et pour avoir enfin la paix, licence  ces dernires 
d'user de tous les moyens propres  corriger les 
travers comme assouplir le caractre de la rebelle. 
L'important, prcisa-t-il sans ambage, tant qu'il 
n'entendt plus parler d'elle jusqu'au moment de la 
retirer du couvent afin de la marier, et qu'alors elle 
ft conforme  ce que l'on tait en droit d'attendre 
d'une jeune fille de sa condition.
	La cause tait entendue...
	Entendue et juge! 
	Devant l'innanit de leurs admonitions, comme 
l'inefficacit de tous les chelons de corves 
salissantes et pnibles, de besognes ingrates et 
infectes, de brimades dgradantes et abjectes - telles 
que l'taient celles consistant  procder au nettoyage 
des latrines  genoux,  l'aide drisoire et unique 
d'une petite brosse en racines de chiendent, et, plus 
tard, le lavage de toutes les serviettes hyginiques 
ensanglantes par les menstrues des filles de la classe, 
les Dolorosas dcidrent finalement, fortes de la lettre 
reue de don Inigo, d'administrer  Orlanda de 
Cuendaes les chtiments majeurs, ceux que, 
prcisment, pour elles mineurs, toutes les novices se 
voyaient octroyer, et de manire constante, afin de 
gagner la rmission de leurs pchs.
	Ces chtiments, au sein de l'institution, n'taient 
appliqus qu'aux plus rtives des grandes 
pensionnaires. Ces dernires, toujours ges d'au 
moins seize ans, et que l'on n'avait pu amener  
rsipiscence par la graduation des sanctions 
ordinaires, se voyaient de moins en moins nombreuses 
aprs quelques expriences, mortifiantes  combien! 
des dits chtiments.
	Mais certaines d'entre elles y rsistaient encore, 
cependant.
	Et, bien que le fait pt paratre des plus 
singuliers, c'tait parmi celles-ci que se rvlaient un 
beau jour les plus ardentes vocations... 
	Cette sorte de rpression, aggrave, comportait 
elle-mme trois degrs: la Svre Pnitence, la 
Rigoureuse Expiation et, enfin, la Grande 
Mortification. Mais, dans un cas ou un autre, elle 
s'effectuait toujours dans les locaux du clotre et non 
plus dans ceux de l'institution, la o l'paisseur des 
murs et des votes, de la terre et du roc, ne laissait 
filtrer aucune clameur, celle-ci ft-elle la plus 
stridente.
	C'tait dans ces amnagements souterrains, non 
moins tendus que les btiments de surface, que les 
nonnes et les jeunes novices, qu'elles fussent avides de 
souffrances rdemptrices ou simplement indociles  la 
rgle, subissaient d'effrayants et interminables 
tourments des mains de rudes et impitoyables 
converses aux ordres directs de la Prieure et de ses 
Discrtes.
	La Svre Pnitence, elle, s'accomplissait dans 
une espce de petite chapelle o, face  un immense 
Christ clou  la croix, se trouvait une manire de 
large chelle basculante, faite de deux montants 
solides et pourvus d'entretoises triangulaires, de bois 
grossier et rugueux, qui, fixe au pivot d'un fort bti, 
pouvait tre maintenue soit horizontale, soit presque 
dresse  la verticale. Sur cette claie, nue, assujettie  
plat ventre et cartele aux quatre coins par des liens 
de cuir, la pcheresse endurait les affres brlants de 
la flagellation - celle-ci lui tant applique  l'aide 
d'un martinet vritable - tout en rcitant  haute voix 
Pater et Ave en nombre variable.
	C'tait, toutefois, un chtiment qui se pouvait 
lui-mme graduer et, autant par la quantit des coups 
que par leur vigueur, devenir tout  fait intolrable.
	La Rigoureuse Expiation tait dja destine  
donner une ide des supplices infernaux promis aux 
damnes. Les couventines qui se l'taient fait imposer 
une fois en conservaient le plus affreux des souvenirs 
et, hors le petit contingent des irrductibles, se 
gardaient peureusement de la mriter de nouveau. 
Elle se subissait, bien videmment, dans le mme tat 
de nudit totale que la Svre Pnitence, mais au fond 
d'un noir cachot qui ne s'clairait qu'au moment de 
l'octroi de la discipline, soir et matin, aprs quoi 
taient permises la satisfaction des besoins naturels, 
une toilette sommaire  l'aide d'un unique seau d'eau 
froide, puis la prise frugale de nourriture,  mme le 
sol,  genoux, sans le moindre couvert.
	Elle commenait toujours le soir et ne durait 
jamais moins de trois nuits et trois jours.
	La Grande Mortification, que ne subissaient que 
les pensionnaires incorrigibles, et toujours ges de 
plus de dix-huit ans, tait une aggravation trs 
sensible, dans la svrit et le temps d'octroi, de la 
prcdente.
	Peine encore relativement clmente aux yeux des 
moniales, qui en acceptaient de bien plus terribles, 
c'tait cependant la pire qui pt tre inflige  une 
couventine. D'abord, la coupable tait continment 
ou presque lie  une grande croix de Saint Andr 
plante verticalement, de dos ou de face selon le 
moment, dont la surface entire tait hrisse de crin 
- alors qu'elle l'tait, en d'autres lieux, de pointes 
acres pour les religieuses que l'on attachait le plus 
souvent la tte en bas afin de les pouvoir plus 
commodment chtier en leurs parties honteuses, la 
o s'abritait le dmon. La malheureuse rebelle, elle, 
tait dtache toutes les six heures, mais pour tre 
aussitt lie  l'aide d'une corde pendant en 
permanence  une poulie accroche  la vote du 
cachot, puis cingle du fouet avant que d'tre 
crucifie de nouveau. On ne lui donnait  manger et  
boire, comme on ne lui permettait de se soulager de 
ses ncessits, que toutes les trois flagellations. Si, et 
pour son malheur, elle venait  s'oublier dans cet 
intervalle, elle se voyait condamner  une journe et 
une nuit supplmentaires d'un chtiment dont la 
dure ne pouvait, de toutes manires, tre infrieure  
une pleine semaine.
	Il arrivait qu' cet ordinaire ft ajout 
l'agrment d'une bonne et copieuse friction aux orties 
- que les soeurs laies cultivaient non sans amour 
autour du petit bassin d'eau claire, dont la fontaine 
chantonnante donnait au jardinet du clotre la 
fallacieuse apparence d'un lieu de paix et de 
tranquillit - voire de quelques pinces ou aiguilles, 
poses ou plantes aux divers endroits rputs pour 
tre les plus sensibles du corps fminin.
	Le procd tait barbare, sinon tout  fait 
abject, mais les saintes et les saints martyrs de la foi 
n'avaient-ils pas endur de plus grandes preuves 
encore, bien qu'innocents de tout crime, pour la plus 
grande gloire de Dieu?
	Seulement, Orlanda de Cuendaes n'aspirait 
nullement au martyre!
	Elle n'aurait voulu qu'tre aime, tout juste un 
peu aime... 


LE FEU SOUS LA CENDRE 

	Orlanda de Cuendaes avait pris ses seize ans 
trois semaines auparavant; mais un anniversaire 
n'tait pas un vnement donnant lieu  des 
rjouissances particulires  Santa Teresa Del Judio. 
	Ce genre de clbration n'tait-il pas, de fait, la 
survivance de coutumes paennes? 
	Ce matin-l, elle s'attarda sous la douche, bien 
aprs que la plupart de ses compagnes eussent quitt 
les locaux de toilette, prouvant en elle un 
merveilleux bien-tre. L'eau la frappait de millions de 
gouttes; elle ruisselait, dgoulinait sur son corps, 
presque brlante. 
	Elle laissa longuement couler sur elle le liquide 
bienfaisant avant que de se munir de la savonnette et 
d'en parcourir chaque partie de sa peau. L et l, ses 
paules et son buste, ses seins ronds et fermes, dja 
d'une belle gnrosit et dardant leurs mamelons 
bulbeux brun-rose; l et l, ses hanches et son ventre, 
son pubis saillant, maintenant envahi par 
d'abondantes et longues mches couleur de flammes 
qui cernaient son intimit; l et l, ses cuisses et ses 
fesses, pleines, satines... Et encore son sexe, toujours, 
lequel devenait chaque jour, chaque nuit davantage, 
le sige de dsirs imprieux.
	Elle ferma les yeux. 
	Sa main descendit entre ses cuisses, puis elle 
remonta, s'attarda un instant sur sa toison paisse, 
serra la savonnette et, cartant de cette forme ses 
lvres pulpeuses, fit aller et venir lentement l'objet de 
haut en bas. 
	La petite masse oblongue emplissait sa main, 
mais elle comblait aussi sa conque vaginale, excitant 
de plus en plus son clitoris, le lubrifiant et le 
sollicitant, faisant crotre dans son tre entier le feu 
du dsir.
	Dans l'clat du spasme, qui la ttanisa soudain, 
elle referma les jambes, emprisonnant d'une mme 
treinte sa main et la savonnette, et resta pantelante 
sous l'eau chutant en cascade au-dessus d'elle, dont le 
bruit avait touff sa plainte voluptueuse.
	Elle se reprit, coupa le dbit de la douche, se 
scha avec la plus grande nergie, comme pour 
effacer le souvenir de cette extase qui venait de la 
transporter mais la mettait  prsent mal  l'aise, la 
faisait se sentir coupable d'une faute imprcise, d'une 
faute qui n'en tait peut-tre pas une, et, enveloppe 
d'une ample serviette de bain, s'apprta  sortir de la 
cabine.
	Ce fut alors que, brusquement, la porte de celle-
ci s'ouvrit et que parut,  ses yeux bahis, l'une de ses 
camarades, la brune et caressante Joana de Parales 
qui,  raison, passait pour l'une des "chasseresses" les 
plus entreprenantes de la classe. 
	La mince Navarraise plaisait depuis longtemps  
Orlanda, mais n'tant pas de celles qui mendiaient les 
faveurs, amoureuses ou autres, la belle Argentine se 
gardait firement de trahir son inclination. 
	Aucune des deux filles ne pronona une parole. 
Elles n'eurent l'une pour l'autre qu'un long, qu'un 
ardent regard. 
	Avant cette muette treinte de leurs yeux elles 
n'avaient t que des camarades; aprs elles furent 
des amantes. 
	D'un coup, Orlanda de Cuendaes se sentit plus 
oppresse qu'elle ne l'avait jamais t de sa vie. 
	Joana s'avana, fit le premier pas, sourit, tendit 
les bras, et se montra dans l'instant d'une dlicatesse 
tout  fait exquise. Avec une grande douceur, une 
infinie tendresse, elle embrassa la nophyte qui, 
timidement d'abord, rpondit  son baiser.
	Mais, bientt, l'ardente jeunesse des deux filles 
les poussa  des manifestations autrement 
passionnes. 
	Il semblait que Joana de Parales voult 
s'attacher celle qu'elle venait de choisir de faon 
durable, sinon vraiment dfinitive, faire que leur 
entente ft  la fois affective autant que charnelle.
	La Navarraise dnoua la serviette qu'Orlanda 
avait attache au-dessus de sa poitrine, passa ses 
doigts minces sur les seins gonfls, irrita de ses ongles 
la pointe des mamelons saillants et, durant que sa 
main continuait  solliciter les globes dja somptueux 
du buste soulev  prsent par un souffle haletant, 
son autre main descendit avec lenteur vers le bas-
ventre au pubis dur et renfl, qui se tendit 
instinctivement, pour le frotter avec persistance. Elle 
enfona doucement deux doigts dans la fente 
brlante, puis imprima  son bras un mouvement de 
va-et-vient de plus en plus rapide jusqu' ce que, 
brusquement, durant qu'Orlanda rlait et gmissait 
en se consentant, elle capturt le clitoris rig et le 
serrt fortement, relcht sa pression et l'accentut 
de nouveau, agitant sa nouvelle biche d'un premier 
spasme voluptueux, laquelle hoqueta en voulant, 
pniblement, touffer son cri.
	Alors Joana libra le sexe qu'elle venait de 
conqurir sans coup frir, se recula un peu et, comme 
fascine par l'extase qui irradiait le visage d'Orlanda 
secoue de violents frissonnements, elle se mit elle-
mme  vibrer de tout son tre, intensment. Elle 
dboutonna htivement son chemisier, dgrafa sa 
jupe, retira ses chaussettes et ses chaussures, puis se 
cambra, se caressa voluptueusement des deux mains 
la taille et les reins, sans rprimer la moue d'un 
plaisir tout de sensualit gourmande, dtacha dans 
son dos son soutien-gorge, se dnuda les seins et, d'un 
souple mouvement des hanches, se dbarrassa 
finalement de la peu lgante et trs enveloppante 
culotte de coton blanc que, uniformment, portaient 
toutes les pensionnaires, quel que ft leur ge.
	Elle tait mince, svelte. Son corps n'tait pas 
celui d'une biche, aux courbes pleines et sensuelles, 
mais bien plutt celui d'une gazelle, souple et 
nerveuse, avec de trs longues jambes aux mollets 
discrets, au fuseau de la cuisse peu accentu. Partout, 
sa chair tait d'une grande fermet, sa peau tendue 
sur ce que l'on sentait tre des muscles. Son ventre 
tait trs plat, ses hanches rondes sans doute, mais 
hautes et non vritablement panouies, semblables  
celles d'un phbe, dont elle avait galement les 
fesses, petites et pommes. Sa taille, encore que 
flexible, n'tait pas d'une finesse remarquable et, si la 
ligne de son dos et de ses flancs tait sans nul 
reproche, ses paules manquaient d'un rien de 
rondeur. En revanche, et pour sa silhouette, elle 
pouvait s'enorgueillir de fort jolis seins, menus certes, 
mais d'une extrme arrogance, mouls en cnes longs 
et couronns de mamelons roses dardant des pointes 
encore plus claires et d'une rare insolence. Mais ce 
qui surprenait en elle, ce qui attirait aussi, ce qui 
ravissait mme, c'tait bien son visage, d'une puret 
de traits exquise, toute empreinte de douceur, 
qu'clairaient deux tendres yeux  la couleur noisette, 
qu'affinaient de plus un nez fragile, des joues ples et 
des pommettes  peine dessines, des lvres ourles 
avec dlicatesse, tout cela sur un cou de cygne  la 
peau diaphane, encadr de cheveux longs, lisses, 
brillants, noirs comme du jais.
	Elle chassait, certes! Mais elle ne conqurait pas 
de vive force en s'imposant  sa proie par l'autorit 
de ses initiatives; elle charmait, elle fascinait, elle 
envotait... C'tait une Diane dont l'arc dcochait des 
flches empruntes  Cupidon.
	Auprs d'elle, beaut gracile toujours en bouton, 
en cette priode de l'indcision o la fille adolescente 
demeure encore parfois vaguement garon, Orlanda, 
hanches amples et croupe gnreuse, ventre 
subtilement bomb et pubis abondamment touffu, 
cuisses pleines et gorge puissante, bien que sa cadette 
d'une anne, semblait dja tout  fait femme.
	Joana s'avana de nouveau vers l'Argentine qui 
l'avait regarde se dvtir sans bouger et, malgr la 
grandeur de celle-ci, qui se laissa mollement guider, 
elle la dsquilibra et la fit s'affaisser dans le bac de la 
douche, se coucha sur elle et lui treignit les seins.
	- Je t'aime, murmura-t-elle alors en l'pousant 
de son corps, et je te veux  moi autant que je me 
veux  toi.
	Bien trop mue, la gorge serre, Orlanda ne put 
rpondre. Elle gmit cependant sous les doigts qui lui 
prtrissaient la poitrine, puis elle rla quand la 
bouche, courant de son cou  ses paules, de celles-ci 
 ses seins, lui happa tour  tour les mamelons. 
	Descendant jusqu'au ventre, progressant encore, 
Joana enfouit son visage dans le bosquet pais et 
soyeux, dont les mches luisantes, encore humides, 
s'cartrent d'elles-mmes pour dcouvrir la valle 
secrte et profonde, rose et dlicate, dans laquelle des 
lvres et de la langue elle s'enfona sans aucune 
hsitation.
	Orlanda ressentit comme une tornade brlante 
qui submergea en un instant son sexe bant. Elle eut 
le dsir irrpressible de participer  son plaisir, 
d'accrotre encore la sensation voluptueuse en ce 
caressant elle-mme, et posa un doigt sur son clitoris 
fortement rig pour le masser continment en un 
frottement lent, circulaire. Elle sut d'instinct que 
Joana approuvait son geste et ne s'en blessait 
nullement.
	Puis la tendre Navarraise passa une main sous la 
croupe de la belle Sud-Amricaine, creusa le sillon 
pour trouver le minuscule orifice, s'y fixer et le 
solliciter obstinment.
	Gmissante, Orlanda, partage entre le dsir et 
les retenues de la pudeur, crispa les fesses pour un 
refus incertain.
	Alors, aiguillonne par la convoitise, avec bien 
plus de force qu'on ne lui en et suppose, Joana 
retourna sa partenaire sur le ventre et, lui ouvrant les 
fesses, elle pointa une langue dure et brusquement 
volontaire qui, sans perdre de temps, s'activa avec 
une soudaine fureur.
	Orlanda, confusment heureuse de se sentir 
prise en charge, passive, cambra spontanment les 
reins pour offrir le magnifique rebondissement de son 
derrire, passa une main sous son ventre et poursuivit 
de deux doigts l'activit que son changement de 
position lui avait fait interrompre. En elle, l'excitation 
monta rapidement vers le paroxysme.
	La jouissance l'emporta de nouveau, dferlante.
	Sa gorge mit des plaintes rauques en 
permanence, durant tout le temps que la caresse 
pntrante fit se prolonger son spasme.
	- Rhaaarhaaah!... Rhooorhoooh!... Rhaah! 
Joana!... Chrie!... Rhooh! ta bouche!... Ta bouche!... 
Comme c'est bon!... Rhaaaah!... Rhah! tu me fais... 
avoir... honte!... Rhaaah!... C'est bon!... Oh! c'est 
tellement bon!... Oh! ta langue dans mon petit... 
trou!... Rhaarhaah!... Encore!... Oh! encore!... 
Enfonce!... Oui! Oui! Ouiiiiii!... Enfonce! Enfonce!...
	Ravie de l'entendre rclamer ce dont elle brlait 
de la combler, la Navarraise releva la tte, le regard 
plein d'clats et la lvre humide, se redressa et respira 
profondment. Sous ses yeux, Orlanda tendait sa 
croupe, l'offrait, les reins et les hanches agits de 
holde. La dlicate prparation qu'elle venait de lui 
octroyer rendait plus ais le passage du seuil troit 
qu'elle souponnait encore inviol. De l'index et du 
majeur joints en sifflet, elle flcha les fesses de 
l'Argentine qui d'un coup se raidit, hoqueta, jeta un 
bref glapissement de douleur, mais ne se droba pas.
	Avec la sensation d'une brlure soudaine et vive, 
mais dlectable, que la caresse persistance qu'elle 
accordait  son clitoris rendait encore bien plus 
affolante, Orlanda de Cuendaes se remit incontinent  
jouir, et de faon furieuse, en se mordant le poing qui 
lui restait de libre afin de ne pas ameuter l'ensemble 
du pensionnat par ses cris.
	Le sang de la Sud-Amricaine tait ardent. Port 
 bullition, il n'tait pas ais  refroidir. De la 
savonnette, de la bouche de Joana, puis des doigts de 
celle-ci, elle venait de jouir perdument. Mais, une 
fois sa chair emplie de lave, ses trois spasmes ne 
pouvaient l'assouvir.
	Pousse par l'exigence imprieuse de ses sens, 
elle prit  son tour l'initiative.
	Les deux filles, intimement enlaces, roulrent 
dans le bac de la douche.
	L'une contre l'autre, elles soupirrent, gmirent, 
se pressrent avec violence, se caressant toutes deux 
avec fivre, dcouvrant ensemble la totalit de leurs 
corps.
	Orlanda apprenait vite, trs vite, tonnamment 
doue. Elle descendit bientt jusqu'au ventre dur de 
Joana, sur son pubis tapiss d'une mousse noire et 
brillante comme de la houille, lequel palpita aussitt 
des caresses que, possde d'une hardiesse 
grandissante, quoique toute neuve, elle lui donna de la 
langue. Les cuisses longues de la Navarraise 
s'ouvrirent, comme d'elles-mmes, offrant aux 
regards de son amie le dlicieux prsent de sa fleur 
intime aux ptales de chair molle et luisante 
d'humidit, non pas pais mais larges et, dfrips, se 
dployant comme des ailes de papillon, colors de 
rose tendre.
	Orlanda se pencha, spara avec douceur les 
lvres de la fente qui exhala une odeur grisante, puis 
y posa la bouche.
	- Ah! que je t'aime, toi!... Que je t'aime! rla 
Joana d'une voix de plus en plus altre par le plaisir. 
Et puis j'avais tellement, tellement envie de toi! 
Chaque soir je m'excitais  te regarder te dshabiller, 
puis n'accordais des caresses  d'autres qu'en 
imaginant serrer ton corps contre le mien. Enfin tu es 
 moi et je suis  toi! Mme si l'on nous spare ici, 
jamais je ne t'oublierai... Je ne penserai qu' toi! Je 
refuserai de me marier! Je n'existerai que pour toi, 
n'attendant que ce jour o je pourrai te rejoindre, la-
bas, en Argentine, afin que nous y vivions ensemble, 
toujours!...
	Un instant auparavant tout de douceur, son 
visage d'un coup se transforma en un masque 
volupteux empreint d'indicible violence, ses yeux 
s'allumrent de lueurs d'garement dans lesquelles 
scintillrent des clats durs comme ceux du diamant.
	Sous l'effet de la passion, Joana se trahissait. 
Feu couvant sous la cendre, elle rvlait en partie sa 
nature secrte et authentique, les irrpressibles 
pulsions perverses de son tre. Et, comme la chatte 
langoureuse qu'elle pouvait tre, sous la patte de 
velours, elle faisait pointer, tigresse en puissance, ses 
griffes acres.
	- Et nous sduirons d'autres filles, reprit-elle sur 
un dbit hach, des filles splendides... dont nous 
ferons des amantes... des servantes, et puis aussi des 
esclaves... Nous aurons une Cour de favorites que 
nous ferons ployer  nos dsirs... que nous ferons 
souffrir et qui nous caresseront... que nous 
dominerons et qui nous puiseront de toutes les sortes 
de volupts... Et puis des mles aussi... si tu en as 
envie...  condition que nous les tenions asservis  nos 
caprices. Je suis fille unique... je serai trs riche... 
comme toi... Et de tout cet argent nous ferons un 
palais d'amour... de douleur... de dlices...
	En s'exaltant, elle s'cartelait autant que la 
largeur de la cabine de la douche le lui permettait, 
pressait avec fureur son bas-ventre contre les lvres 
chaudes d'Orlanda, dont la langue pointue 
tourbillonnait sur son clitoris, lapait le suc de sa 
chair, l'affolait et l'amenait au plaisir paroxystique.
	Elle se prit les seins, se tordit elle-mme les 
mamelons, de plus en plus durement, et cria. 
	-Aaah!... Ah! comme je voudrais avoir mal,  
prsent! recommena-t-elle  dlirer, comme 
j'aimerais aussi te faire souffrir!... Oooh! tre ainsi 
nues et attaches l'une  l'autre... ventre contre 
ventre et seins contre seins... nos bouches unies et 
nous mordant les lvres jusqu'au sang... brlantes des 
fouets dont nos amantes habilles de cuir cingleraient 
nos corps lis treints en plein soleil... devant des 
hommes nus et enchains rendus fous de dsir... sans 
aucun rpit secoues par la joui...
	Joana s'interrompit soudain, rendue muette par 
l'apparition de la haute stature vtue et voile de noir, 
qui se dressait dans l'encadrement de la porte ouverte 
 la vole... et dont l'expression des traits ne 
promettait assurment tien de bon. 


LES EMOIS CLANDESTINS 

	Le regard de Mre Gracia subjuguait Orlanda.
	- Placez-vous la,  genoux, dvergonde, sur 
cette rgle d'acier!
	Le ton tait sec, certes, mais il recelait comme 
une raucit qui le rendait troublant. Depuis toujours 
son timbre plaisait  la jeune fille en mme temps 
qu'il la mettait mal  l'aise, et d'autant plus  prsent 
qu'il semblait  celle-ci y reconnatre certaines 
inflexions assez semblables  celles que venait d'avoir, 
un moment plus tt, dans le dchanement de la fivre 
charnelle, la voix de Joana dbitant des mots au sens 
ahurissant, dont elle demeurait encore secrtement 
bouleverse.
	Voil moins d'un quart d'heure, dans les 
sanitaires, la voix de Mre Gracia avait tonn pour 
ordonner  Joana d'avoir  se rendre aussitt que 
vtue auprs de Mre Cruz, l'une des Discrtes de la 
Prieure, afin d'tre conduite par elle  Soeur 
Lorenza, laquelle la chtierait ainsi qu'elle mritait, 
puis tonn encore pour lui commander,  elle-mme, 
d'aller s'habiller sans retard et de venir dans ce 
bureau o, dja, elle avait t amene trop souvent 
afin d'y tre tance.
	Longuement, et alors que les genoux d'Orlanda 
se meurtrissaient sur l'arte blessante de seconde en 
seconde plus douloureusement, la svre Coadjutrice 
morigna, rprimanda, sermonna. Quand aprs 
plusieurs minutes elle en eut termin, elle fit signe  la 
coupable d'approcher. Celle-ci eut un mouvement 
pour se lever, mais un mot bref la fit s'immobiliser.
	- Non!
	Comme l'Argentine la regardait sans paratre 
comprendre, elle prcisa sa pense.
	- Restez  genoux, Mademoiselle la dbauche!... 
Restez  genoux et venez de la sorte jusqu' moi, que 
je vous corrige un peu!... Vous avez de la chance que 
Mademoiselle de Parales soit bien connue pour ses 
constantes tentatives de perversion, qu'elle soit 
galement un peu plus ge que vous ne l'tes, sinon, 
je vous aurais galement fait goter aux lanires du 
martinet de Soeur Lorenza! 
	Orlanda obtempra et avana lentement au-
devant de la Dolorosa noire, qualifie de la sorte par 
les lves parce que,  l'exemple de la Prieure et de 
toutes les mres, elle portait une robe de lainage 
relativement fin, un voile, des bas et des chaussures 
noires, n'ayant de blancs et de communs avec les 
autres moniales que son fronteau et sa guimpe. Il tait 
manifeste que les Dolorosas noires formaient comme 
une sorte d'aristocratie dans le couvent dont elles 
dtenaient, d'ailleurs, tous les postes importants de 
dcision ou de responsabilit. Les autres nonnes, les 
Dolorosas grises, qui leur montraient respect et 
soumission, taient elles vtues d'une robe de bure 
grossire gris sale, n'avaient ni bas ni chaussures, et 
seuls leur voile et la corde serrant leur taille taient 
noirs. Les laies et les converses, habilles de bure 
brune et coiffes d'un voile plus court de mme 
couleur, allaient galement pieds nus. Enfin, les 
novices, elles aussi prives de chaussures et de bas, 
taient vtues et coiffes de blanc, ainsi que les 
postulantes qui, toutefois, ayant la taille serre d'une 
corde brune et non blanche, ne portaient ni fronteau 
ni guimpe ni voile, mais un bonnet sous lequel elles 
dissimulaient leur chevelure.
	A la diffrence encore des Dolorosas noires, 
arborant sous la guimpe un crucifix de mtal blanc 
pendu  un ruban de velours noir, d'environ douze 
centimtres de haut, celui de la Prieure tant de 
vermeil, les autres religieuses n'avaient sur la poitrine 
qu'une simple croix de buis suspendue  un cordonnet 
de couleur grise, brune ou blanche.
	Ce qu'ignorait les pensionnaires, c'tait qu'hors 
de leur vue,  l'intrieur du clotre, et plus 
particulirement dans les installations souterraines, 
beaucoup de Dolorosas grises et de novices, en tat de 
pnitence, n'avaient pour se couvrir, et outre leur 
voile sur leur fronteau et leur guimpe, qu'un long 
scapulaire de cilice maintenu  la taille par une corde, 
plomb lourdement dans ses bas afin qu'il adhrt au 
corps tant par-devant que par-derrire et irritt 
constamment la peau sur laquelle il frottait, et que 
certaines, mme, vivaient totalement nues, charges 
de fers pesants quasi en permanence.
	Orlanda avanait avec grandes prcautions. 
Malgr cela, elle ne s'en corchait pas moins 
cruellement les jambes sur la rgle roulant sous elle 
impitoyablement.
	Quand elle fut parvenue enfin auprs de la 
Coadjutrice, celle-ci la saisit par la taille et la ploya 
sous son bras. D'un geste sec, elle lui releva la jupe et 
puis tira sur la culotte, la lui descendant sans avoir  
s'y reprendre jusqu'au creux des genoux. Tout 
aussitt, elle lui appliqua sur le derrire une claque 
formidable, qui sonna haut et clair dans la pice, puis 
une autre et d'autres, sans pause ni rpit.
	Orlanda n'avait plus t fesse de la sorte depuis 
six ou sept mois. Elle ne se souvenait pas non plus de 
l'avoir jamais t avec une telle et si rude vigueur. 
Son coeur se mit  battre la chamade, au mme 
rythme que ses fesses, alors que sur ces dernires se 
dchanait un incendie. La douleur lui serra la gorge 
et, pour ne pas crier, elle tenta d'avaler sa salive... 
Vainement. Elle avait la bouche aussi sche que la 
main de Mre Gracia qui, sans trahir la moindre 
lassitude, et pour la premire fois qu'elle la punissait 
elle-mme, continuait  la frapper avec une 
implacable rgularit et, lui semblait-il, une force 
croissante.
	- Voil des contorsions bien insolentes, vilaine 
dvergonde! Je vous vois, mme dans la punition, 
d'une rare impudeur! gronda la religieuse non sans 
redoubler de svrit, ponctuant presque chacune de 
ses paroles d'une claque retentissante. 
	La passion de fesser emportait la Dolorosa; elle 
frappait de plus en plus durement. Sous l'avalanche 
des coups, la jeune victime ruait et se dbattait, 
flchissait sur ses jambes, tordait ses reins, crispait et 
relchait sa croupe qui, de ce fait, ne s'en offrait que 
mieux.
	Orlanda avait envie de se plaindre, de crier, de 
supplier afin que de, peut-tre, faire s'interrompre la 
correction. Mais son vif orgueil, fort difficile  
dompter, l'en empchait.
	- Voyez-moi donc cette indcente! continua 
Mre Gracia, voyez un peu comme elle gigote du 
derrire  la manire des filles de mauvaise vie!... Ah! 
elle connat bien dja tous les frtillements lubriques! 
Ha! tenez, ma fille!... Tenez et tenez! pour vous 
apprendre  vous bien conduire  en juger par les 
mouvements de votre postrieur, vous devez avoir 
l'esprit fort dprav et l'me proche de la noirceur!... 
Ha! tenez, tenez, petite dbauche! Je ne sais plus, en 
vrit, qui de vous ou de Joana est la plus coupable!... 
Vile fille! iescndala!
	Et, sur ce dernier mot, faisant cesser la la fesse, 
elle prit un petit martinet qui se trouvait pos  
proximit, sur la table, pourvu de neuf ou dix lacets.
	Pour n'tre point lanires vritables, les 
cordonnets de cuir n'en taient pas moins pnibles  
supporter lorsque, lancs  la vole, tous ensemble 
cinglaient la peau dj congestionne fortement par 
les claques.
	Orlanda serra les fesses, comme ses poings, 
d'impuissance. Elle se raidit pour vaincre l'incendie 
qui lui embrasait le derrire avec une intensit 
accrue, mais en vain. La chaleur des coups la fit 
transpirer; elle se sentit bientt mouille jusqu'au 
coeur de son entre-cuisses.
	Elle avait reu dja bien des fesses, endur des 
punitions aux lacets du petit martinet, support bien 
des coups de badine, au long des quatre annes 
passes. Mais aucune de ces corrections ne l'avait 
mise en un semblable et si trange tat, lequel se 
situait, comme indcis,  mi-chemin entre la douleur 
authentique et une espce de plaisir  souffrir, tout  
la fois pre et insolite.
	La tte lui tournait.
	Elle ne savait plus l'endroit o elle se trouvait, si 
l'on tait le jour ou la nuit.
	Les mots entendus de Joana encombraient son 
cerveau, se heurtaient aux ondes de souffrance, 
faisaient natre derrire ses paupires closes des 
visions oppressantes qu'embuaient ses larmes.
	Il lui venait l'aberrante pulsion de demander  
la religieuse de la battre encore, encore plus fort...
	Pronona-t-elle les mots?
	D'un coup, brutalement, la Coadjutrice la laissa 
tomber sur le soi et, sans plus s'intresser  elle, 
quitta la pice en fermant la porte  clef. 
	En pleurs, Orlanda de Cuendaes resta un 
moment sans raction, toute agite de sanglots. Puis 
elle remonta sa culotte avec prcautions sur sa croupe 
enflamme.
	Mais, sous sa jupe retombe, la brlure de la 
correction ne s'apaisa gure et continua  la dvorer 
de feu. Graduellement cependant la douleur perdit de 
son acuit, commena  dcraitre,  s'estomper, alors 
qu'une bouffe de chaleur la remplaait et montait 
lentement, suivait son entre-jambes, s'talait sur son 
ventre, gagnait ses reins, gravissait son chine, 
emprisonnait bientt ses seins et y tourbillonnait au 
point d'en faire se durcir et dresser les pointes dans 
son soutien-gorge. Elle se frotta la poitrine par-dessus 
ses vtements et, tout soudain, la surprenant, la 
bourrasque la secoua avec violence en refluant vers 
son sexe qu'elle sentit se liqufier en jouissant de 
nouveau, pour la quatrime fois depuis qu'elle tait 
entre dans la cabine de douche.
	Un vertige la saisit, dont elle crut qu 'il allait lui 
faire perdre connaissance.
	Non seulement c'tait la premire fois qu'elle 
vibrait de la volupt la plus intense par le fait d'une 
autre fille, mais, et surtout, qu'elle prouvait un 
orgasme, et d'une telle violence, immdiatement aprs 
avoir t battue, sans quasiment se toucher.
	Elle n'eut pas le temps de s'tonner ni de 
s'merveiller, moins encore de s'interroger 
davantage.
	Brusquement il lui sembla percevoir de nouveau 
le bruit familier des claques sonnant sur les fesses 
d'une croupe bien tendue, la voix rauque pleine de 
reproches qu'elle connaissait bien, puis des 
gmissements.
	Reprenant pleinement possession de ses sens, 
elle s'approcha de la seconde issue que comportait le 
bureau o la Coadjutrice l'avait enferme  clef, cette 
ouverture tant place dans l'un des murs 
perpendiculaires  celui sur lequel tait perce la 
porte donnant sur le corridor.
	Le coeur battant, elle se pencha afin de pouvoir 
coller un oeil au trou de la serrure. Ce qu'elle vit 
alors, dans la pice voisine, une simple cellule, lui 
interrompit un instant le souffle.
	Mre Gracia tenait sous son bras, ainsi qu'elle 
l'avait fait avec elle-mme voil un instant, la 
religieuse qui avait la responsabilit et la surveillance 
des sanitaires dans lesquels, profitant de l'absence de 
celle-ci, Joana avait eu licence de la rejoindre, de la 
sduire et de l'aimer merveilleusement.
	La joue de Soeur Cristo s'appuyait sur la hanche 
de la Coadjutrice et ses mains, aux veines gonfles 
par la force qu'elle mettait  s'agripper, enserraient 
l'une des cuisses de la fesseuse. Elle pleurait, parfois 
en silence, parfois en profrant de lgers cris, parfois 
en gmissant et priant sourdement. Les coins de sa 
bouche taient affaisss, ses narines palpitaient et ses 
joues taient d'une teinte cramoisie. Son doux visage 
accusait  chaque gifle la souffrance qu'elle en 
ressentait.
	Mre Gracia paraissait trs en colre et, sans 
rpit, sa main s'abattait, faisant retentir les claques 
avec un bruit clair sur les deux fesses de la nonne 
plore, qu'elle grondait tout en la corrigeant, 
laquelle suppliait sa grce, mais en vain.
	- Comment, ma Soeur, pourriez-vous esprer 
une aussi lgre sanction quand votre faute est 
inqualifiable? fulmina la Coadjutrice. Ne vous 
rendez-vous pas compte de la gravit de votre 
ngligence?... Sans votre manquement, jamais ces 
deux jeunes filles, peut-tre, n'eussent pu accomplir 
l'acte obscne durant la perptration duquel, par un 
heureux hasard, je les ai surprises! 
	- Pero, mi Madre... Mais je ne croyais pas que... 
Je ne pouvais me douter que... Ah! Aaah!... Je... 
Aaaaah! piedad, mi Madre, piedad!... Oh! je vous en 
supplie, piti!... Oh! Oh! Ooooh! Seigneur!... Oh! mon 
doux Jsus, comme j'ai... honte! se lamenta Soeur 
Cristo.
	- Je vous fesserai jusqu' ce que la force manque 
 mon bras!
	- Aaah!... Ah! Rvrende Mre, que votre main 
est donc svre!
	- Moins svre, croyez-le, que le fouet que je 
vous donnerai tout  l'heure, je vous le promets, aprs 
que ma main vous aura convenablement prpare  
mieux en apprcier les effets!... Moins svre encore 
que les lanires de Soeur Lorenza,  qui j'ai bien 
envie de vous adresser en vous envoyant dans les 
souterrains pour y faire pnitence durant une 
semaine!
	A cette menace, les traits de Soeur Cristo 
parurent se dcomposer de frayeur.
	- Non! Non!... Oh non, ma Mre, pas cela!... Pas 
cela, ma Mre, je vous en conjure! implora-t-elle. 
Punissez-moi vous-mme aussi longuement et 
svrement que vous l'estimez ncessaire, mais 
pargnez-moi la souffrance des mains de Soeur 
Lorenza, je vous en supplie!... Je serai douce, 
obissante, soumise, aimante!... Je ferai tout ce que 
vous voudrez exiger de moi!
	- Nous verrons, nous verrons, bougonna la 
Coadjutrice.
	De longues minutes encore, infatigable, 
implacable, sa main continua  se lever et s'abattre 
avec violence sur les fesses de la Dolorosa grise 
soubresautante, lesquelles fesses Orlanda ne pouvait 
voir, mais dont elle devinait sans peine la couleur 
rougeoyante.
	De nouveau une ardeur trange circulait dans 
les veines de la jeune fille. C'tait le besoin de plaisir 
qui renaissait et lui envahissait tout le corps, l'incitait 
 frotter ses cuisses l'une contre l'autre,  cambrer les 
reins,  se toucher la poitrine, le ventre, qui 
s'exacerbait jusqu' lui faire mal.
	La nuque raidie, la gorge sche, le bas-ventre en 
bullition, l'oeil hagard coll au trou de la serrure, 
elle regardait et coutait avidement ce qui se passait 
dans l'autre pice.
	Mre Gracia donna une dernire claque  la 
croupe de Soeur Cristo, y mettant visiblement toute 
sa force, puis elle lcha cette dernire et la fit se 
redresser pour la pousser ensuite vers une espce de 
haut prie-Dieu, dont la particularit tait que 
l'endroit o l'on posait les genoux tait recouvert d'un 
tapis constitu de fil de fer barbel tress.
	- Demeurez  genoux, ma fille, et priez!... 
Mditez sur votre lourde ngligence!... Vous n'en avez 
pas fini encore!... Recueillez-vous et prparez-vous  
recevoir les "Verges d'Ardeur" que je vais de ce pas 
couper pour vous!... Aprs cela, je vous garnirai les 
mamelles et les parties honteuses d'pines, lesquelles 
vous porterez durant deux jours et deux nuits, puis je 
vous donnerai le fouet!
	- Ah! mi Madre, pardonnez-moi, pardonnez-moi, 
pour l'amour de Notre Seigneur! implora  nouveau 
Soeur Cristo.
	- Je vous ai pardonn, Hermana mia, croyez-le, 
mais je ne vous ferai pas pour autant grce de la 
pnitence que vous avez mrite. Vous savez bien que 
je vous aime, allez!... Je vous pargnerai un sjour 
dans les cachots ou dans la Chambre de Misricorde 
qui vous font prouver tant de terreur, mais il vous 
faut tre punie et vous le serez!
	Soeur Cristo se tut, rsigne.
	Alors la Coadjutrice sortit du champ de vision 
d'Orlanda, et celle-ci entendit la porte claquer de 
l'autre ct. 
	Installe sur le haut prie-Dieu qui lui corchait 
cruellement les genoux, le front appuy sur ses mains 
jointes poses au sommet du meuble, le buste inclin, 
les paules secoues de sanglots, Soeur Cristo s'offrait 
de dos aux regards d'Orlanda qui, fascine, 
contemplait son derrire dvoil par sa robe releve 
et maintenue sous ses omoplates par des pingles, 
lequel fessier se contractait douloureusement de loin 
en loin, tout entier enflamm.
	Curieusement, et alors qu'une telle pense ne lui 
tait jamais venue  l'esprit, l'adolescente se posa la 
question de savoir si ce postrieur de femme, 
impudiquement tal de la sorte, tait de quelque 
beaut. Rien, dans l'apparence, hors un 
dveloppement un peu plus consquent, ne paraissait 
distinguer celui de la moniale du sien ou de celui de 
n'importe laquelle des filles qu'elle avait l'occasion de 
voir quasi journellement corriger. C'tait l deux 
joues fermes et bien rebondies, spares par une raie 
trs profonde d'o, toutefois, s'chappait une 
profusion de longs poils bruns.
	Elle n'aurait pas imagin qu'une femme pt 
avoir en cet endroit tant de fourrure. Elle-mme, dont 
le bas-ventre et l'entre-cuisses taient dja bien 
touffus, n'en avait pas jusque-l.
	Alors, pourquoi se sentait-elle  ce point 
trouble de la vision qui lui donnait des ides? 
Pourquoi se dsir soudain qu'elle avait de prendre  
pleines mains cette chair ferme et veloute, dont la 
couleur carlate l'attirait, ponctue ici et la de 
marques longues et plus sombres...
	Des vestiges d'anciennes corrections?
	Elle ne ressentait en elle aucune piti pour la 
Dolorosa grise en punition. Pourtant c'tait l'une de 
ses ducatrices qu'elle aimait le mieux, voire mme la 
seule dont elle acceptt une forme d'autorit. Peut- 
tre parce qu'encore assez jeune, elle l'avait de tout 
temps trouve trs jolie sous son voile, lgante dans 
le rude vtement anglique qui ne parvenait pas  
enlaidir vraiment les attraits de sa silhouette.
	Il tait exceptionnel que les religieuses charges 
de l'ducation des pensionnaires eussent moins de 
quarante ans.
	En vrit, et regardant avidement Soeur Cristo, 
Orlanda prouvait l'impatience du retour de Mre 
Gracia et la poursuite du chtiment.
	Quel dmon pervers lui faisait concevoir un tel 
espoir?
	Nanmoins, elle devinait que, n'et t la nature 
de l'instrument, la perspective de voir reprendre la 
punition de la nonne l'et infiniment moins trouble. 
Ce n'tait pas la seule correction qui l'mouvait, mais 
bien la flagellation.
	Enfin, il y eut un bruit de serrure. La porte de la 
cellule voisine se rouvrit, puis se referma. La haute 
stature de la Coadjutrice reparut dans le champ 
visuel d'Orlanda. Dans la main droite, celle-ci tenait 
fermement les "Verges d'Ardeur"; dans la gauche, 
plusieurs cordelettes hrisses de piquants, qu'elle 
dposa sur la table.
	Les cris de Soeur Cristo recommencrent tout 
aussitt  emplir la pice. 
	Retentissant longuement, ils s'espacrent peu  
peu, remplacs par une singulire et prenante 
mlope accompagne de sifflements rageurs.
	Quel spectacle!
	Orlanda tait certaine de ne l'oublier jamais, 
tant il mettait de tumulte dans son tre. Ses nerfs 
taient maintenant  vif, elle suait et haletait, 
comprimant d'une main les violents battements de 
son coeur qui s'emballait et, de l'autre, glisse sous sa 
jupe, dans sa culotte, elle caressait sa chair la plus 
intime, tout  la fois brlante et mouille.
	Le postrieur panoui de Soeur Cristo 
bondissait  chaque coup. Il se trmoussait follement 
en tous sens, frtillait lubriquement. Sur ses parties 
les plus rebondies, celles qui tremblaient et dansaient 
sans nul rpit sous l'application des verges de saule, 
qui perdaient par deux ou trois la totalit de leurs 
feuilles, la couleur rubiconde gagnait de plus en plus 
en intensit, brillait dans la clart que dispensait 
l'unique ampoule lectrique.
	Toujours plus vivement excite, Orlanda se 
demanda alors si Mre Gracia avait prouv du 
plaisir quand, un moment plus tt, elle l'avait fesse 
puis cingle avec le martinet de lacets.
	En cet instant, tout  la correction de Soeur 
Cristo, la svre Coadjutrice tait ple. Les lvres 
serres, le nez pinc, le front pliss par l'effort, elle 
avait un regard singulirement tincelant. Son souffle 
gonflait sa poitrine par -coups, et son bras qu'elle 
levait de toute sa hauteur retombait en cadence, sans 
trahir aucune faiblesse, tel celui du bcheron 
heurtant un ft sculaire de sa hache, en ahanant.
	- Ah! malheureuse pcheresse!... Prenez celle-
ci!... Et celle-l!... Et encore cette autre!... Sentez-vous 
bien le feu que je mets  votre vilaine chair coupable! 
Montrerez-vous, aprs cela, tant de ngligence en 
l'exercice de vos responsabilits? S'il vous arrivait 
jamais de renouveler une pareille faute, je vous 
enverrais rejoindre, et pour trs longtemps, sinon 
dfinitivement, les rangs des Penitenciarias, nos 
soeurs voues au martyre!
	Les Penitenciarias... C'tait bien la toute 
premire fois qu'Orlanda entendait mentionner leur 
existence. Elle ignorait encore qu'il ft dans le 
couvent une telle catgorie de religieuses.
	La nonne chtie sursautait sous les coups qui la 
meurtrissaient davantage. Mais, entre ses cris, ses 
sanglots, ses hoquets et ses rauques supplications, elle 
poussait galement d'tranges soupirs, des sortes de 
gmissements et de plaintes qui semblaient n'tre pas 
que de douleur.
	- Aaah!... Ooooooh! Pardon, ma Mre!... 
Perdon!... Perdon!... Gracia!... Gracia, mi Madre, 
Gracia! Gracia! suppliait-elle.
	Cependant, se dchirant les genoux sur le fil de 
fer barbel, elle conservait les mains jointes sur le 
prie-Dieu, quoique se les tordant.
	- Plutt qu'implorer grce et pardon, ma fille, 
vous devriez davantage me remercier de vous chtier 
pour l'amour du Seigneur!... Vous devriez, de vous-
mme, rclamer le fouet que je vous ai promis, que je 
vais aprs cela vous faire sentir Allons! je veux vous 
entendre dire cela!... En seguida!
	- Mer... ci!... Merci, ma... Mre, merci de me 
cor... riger comme je l'ai bien... mrit! Aaaarh!... 
Aaah! Dieu, que je souffre!... Ah! Aaaaah!... 
Merciiiiii!... Merci de me donner les verges!... Arh! 
Ah! mon pauvre derrire... par lequel j'expie mes 
vanits! Ooh! Ooooh! Merci, ma Mre de me prpa... 
rer de... de la sorte ...  recevoir le... le fouet que... 
que... je vous demande de m'administrer!
	Mre Gracia, entendant cela, s'arrta aussitt de 
manier les verges.
	- Quittez ce prie-Dieu, ma fille, retirez votre 
habit et venez l, prs de cette table, vous asseoir sur 
ce tabouret! ordonna-t-elle alors.
	Habit tait un terme consacr. De fait, Soeur 
Cristo, outre ses voiles, ne portait rien d'autre sur elle 
que sa robe en grossier tissu de couleur grise.
	Quand elle l'eut te, ainsi que son voile noir, ne 
conservant sur elle que son fronteau et sa guimpe qui 
lui couvraient la tte, le cou et les paules, qu'elle fut 
quasiment nue enfin, Orlanda constata que ses formes 
taient encore plus apptissantes qu'elle ne l'avait 
cru. Debout, la religieuse montrait un corps svelte, 
mais par gnreusement de tous les appas de la 
fminit. Ses jambes taient minces, mais ses cuisses 
pleines; sa taille fine, mais ses hanches panouies; son 
buste lanc, mais ses seins aucunement menus, 
fermes et haut plants, avec des mamelons trs 
sombres et agressivement dards. Ecorchs, ses 
genoux saignaient, mais ce qui attirait l'oeil, c'tait 
cette toison intime surprenante qui, brune et luisante, 
envahissait les plis de l'aine et mme le sommet 
intrieur des cuisses, s'tendait largement au del du 
pubis et jusqu'au nombril.
	Quand elle eut pris place en grimaant sur le 
tabouret et, obissant  un nouvel ordre de la 
Coadjutrice, lev les bras, dcouvrant des aisselles 
non moins abondamment fournies en pilosit que son 
ventre et son entre-fesses, Mre Gracia prit une des 
cordelettes poses sur la table, lesquelles taient 
toutes tresses de ronces aux pines acres, puis en 
ceignit son buste de biais en lui serrant cruellement le 
sein gauche et la faisant gmir. L'opration 
renouvele pour le sein droit, puis une troisime 
cordelette assujettie par le travers et pressant 
exactement sur les mamelons, la Dolorosa noire fit se 
relever la nonne geignante, lui entoura la taille d'un 
mme lien et, finalement, lui en passa un dernier 
entre les jambes, qu'elle attacha par-devant et par-
derrire au prcdent, de telle faon qu'il s'incrusta 
affreusement dans la vulve et le sillon fessier.
	- Ce que vous pouvez tre velue, tout de mme! 
observa-t-elle, sans doute pas pour la premire fois. 
Allons! commanda-t-elle ensuite d'un ton beaucoup 
plus rude, prosternez-vous  prsent, la, devant moi, 
 mes pieds!... Anda! Anda!... Pronto!
	Puis elle prit en main un nouvel objet de 
chtiment.
	C'tait un fouet fabriqu d'un manche de bois 
d'environ cinquante centimtres de longueur, avec 
une lanire tresse du double.
	En dpit des larmes qui ruisselaient sur ses 
joues, lesquelles elle avait  peu prs aussi carlates 
que son derrire, des grimaces que, par instants, il lui 
tait impossible de rprimer, le visage de Soeur Cristo 
tait empreint d'une espce de douceur lumineuse. 
Elle jeta un regard trouble, brillant de pleurs, sur le 
fouet dont Mre Gracia venait de se munir. Sa langue 
sortit, pointue, d'entre ses lvres arrondies pour les 
humecter... ou pour une simulation de ce baiser qui se 
donnait au bouton si dlicatement sensible, cach au 
secret du corps de la femme, et qu'elle-mme avait 
prsentement soumis  la torture des pines.
	Dans une illumination soudaine, et durant que la 
religieuse punie se prosternait ainsi qu'il venait de lui 
tre ordonn, Orlanda eut la rvlation de la vrit: 
Soeur Cristo tait amoureuse, non pas de la 
Coadjutrice, mais bien passionne de ce fouet que 
tenait cette dernire qui, avec une feinte dsinvolture, 
en faisait claquer dans l'air la lanire de cuir.
	Mre Gracia se plaa  bonne distance de la 
nonne agenouille et nue qui, les bras allongs -sur le 
sol, de part et d'autre de sa tte capuchonne de 
blanc, touchant les dalles du front et tenant la croupe 
haut leve, s'offrait docilement  la poursuite du 
chtiment, puis elle leva le bras.
	Le premier coup fit hurler la Dolorosa grise, 
puis le second, et le troisime, et tous les autres...
	Soeur Cristo se mit en mouvement, en se 
dhanchant d'un ct et de l'autre, se dandinant, 
creusant les reins ou les arrondissant, levant les fesses 
ou les effaant, imprimant  son bassin un fort roulis, 
se jetant peu  peu dans une succession de contorsions 
frntiques.
	Entre ses clameurs, Orlanda put bientt 
l'entendre profrer de trs tranges propos.
	- Aaaaaahhh!... Ah! mon doux Jsus!... Ah! 
Seigneur! Ah! mon poux bien-aim!... 
Aaaahhhaaaahhh!... J'offre  ton auguste puissance 
mes cris... d'amour!... Aaaaarrrh!... Entends-moi! 
Fais que les pines... et le fouet viennent... me 
secourir!... Aaaahaaahiiiihhh! Fais que le fouet me... 
donne la force de... de t'aimer davantage!... Aaaah!... 
Ah! que je hais donc... ses pines qui... pntrent mes 
chairs!... Ah! Ah! mon Dieu... l'horrible lanire! 
Aaaaarrrh!... Non! Non, Seigneur!... Non!... Je les... 
aime!... J'adore le... fouet! Aaaarrrhaaah!... Je le veux 
encore mieux sentir me brler les... les fesses!... 
Aaaaarrrh! Ah! mon doux Jsus! Ah! sois ce fouet 
qui... me lacre! Sois ce cuir qui me dchire toute... 
vive!... Ah! Seigneur, que... que je... t'aime! Oh! que... 
je t'aime! Aaaaaiiiiihhh! 
	Orlanda, n'y pouvant plus tenir, baissa sa 
culotte  ses genoux et posa un doigt sur le bouton de 
chair dja vivement rig et durci de son sexe. Elle le 
massa avec application et passion, l'amenant  une 
rection paroxystique. Sous ses attouchements, elle 
sentit sa vulve s'ouvrir, se dilater, s'panouir  la 
faon d'une fleur offrant tous ses ptales aux caresses 
du soleil. Ses narines palpitrent, sa poitrine se 
souleva de plus en plus vite, de plus en plus 
amplement. Elle enfona lentement deux doigts au 
creux de sa chair intime et gluante, leur imprima un 
mouvement de va-et-vient rapide et nerveux. Presque 
aussitt, elle vibra, se crispa, se cabra, se dtendit, 
jouissant une fois encore de tout son tre.
	Le fouet, mani  grands coups rguliers, 
continuait de cingler les fesses et les cuisses de Soeur 
Cristo. Le sang commena  suinter, puis  perler, en 
d'infimes gouttelettes tout d'abord, ensuite en gouttes, 
lesquelles se mirent  glisser,  se rejoindre,  s'unir, 
pour donner naissance  de minces filets rubiconds.
	- Aaaaaarrrrh!... Ah! fouet qui me dchire!... 
Fouet infiniment d... lectable!... Fouet qui me prend 
toute!... Ltigo  quien quiero!... quien querio! cria la 
religieuse.
	Et puis, abandonnant la posture, tressautant et 
soubresautant sous les morsures du cuir qui, sans 
relche claquait sur ses chairs avives, elle s'abattit 
sur les dalles et s'y tordit comme un ver dont elle 
avait la nudit.
	La terrible lanire tresse s'inscruta ici et la 
dans l'piderme de la Dolorosa qui, maintenant, se 
roulait par terre et se convulsait en hurlant, 
hoquetant, sanglotant et profrant toujours des 
paroles quasi insenses, offrait sa croupe, son ventre, 
ses seins serrs d'pines, bientt zbrs de poupre et 
sourdant le sang eux aussi.
	- Aaaaarrrh!... Ooooohhh!... Aaah!... 
Bendecida!... Bendecida... la esposa del... Seor!... 
Aaaahhhhrrr aaaahhh!... Aaah! Jsus... Ah! mon 
Jsus... Viens! Traverse tout mon corps! Aaaaarrh!... 
Perce-moi de tes... flches ardentes! Aaarrrhaaah!... 
Entre en... en moi!... Jsus! Jsus, entre en moi!... 
Aaaahhh! Ouiiiii!... Ouiiiiii!... Ah! je te sens!... Je te 
sens... venir!... Aaaarrrh!... Brle-moi... de toutes tes 
langues de feu! Arrrrh!... C'est pour mieux te... 
recevoir que je m'offre  toi... toute... toute nue serre 
de ces pines dont les... mchants t'ont couronn! 
Oh! Jesu-Cristo! Jesu-Cristo! Ecce homo!... Ecce 
homo! Ecce Dominus! Felix culpa!
	A chaque cingle qui la flambait elle se pmait 
davantage.
	Souvent, ajustant bien son coup, la Coadjutrice 
envoyait le cuir tress et rugueux entre les cuisses que 
la religieuse, jete en transe, lui ouvrait. Aussitt, 
celle-ci poussait un hurlement strident alors que la 
lanire frappait, soit  ct des ronces qui lui 
ravageaient l'entre- jambes, soit par-dessus, faisant 
pntrer plus profondment les dards aciculaires 
dans ses chairs les plus tendrement dlicates, puis elle 
se rejetait sur le ventre pour tendre de nouveau au 
fouet ses fesses  peu prs entirement ensanglantes.
	Au paroxysme de sa souffrance voluptueuse, 
Soeur Cristo cessa de se dbattre. Elle se raidit 
brusquement de la tte aux pieds, se cambra  
l'extrme, offrit ses fesses ouvertes, et hurla  pleins 
poumons quand la mche du fouet s'incrusta dans sa 
vulve.
	- Aaaaaaahhhaaaaahhhiiiiihhh!... J... sus!... J... 
... sus!
	Puis elle s'affaissa de tout son long, sa tte roula 
sur le ct et elle ne bougea plus. De la bave brillait 
aux commissures de sa bouche et ses yeux s'taient 
rvulss.
	Orlanda comprit qu'elle venait de perdre 
conscience... mais non sans avoir t traverse, au 
pralable, elle le comprit aussi, par une onde de 
jouissance  l'intensit insoutenable.
	Elle n'eut pas le loisir de voir la suite, ni non 
plus le temps de corriger le nglig de sa tenue.
	Derrire elle, la porte du corridor se rouvrit 
avant qu'elle ne pt bouger. Quand elle se retourna 
enfin, vivement, elle eut devant elle la mine svre, 
toute de rprobation, de Mre Monte Calvario, la 
directrice des tudes, mais galement la Dolorosa 
noire passant pour la plus hae, peut-tre, de toutes 
les pensionnaires. 


LA SEVERE PENITENCE 

	Mre Redencin, Prieure de Santa Teresa Del 
Judio, enveloppa la jeune rcalcitrante d'un regard 
volontairement dpourvu d'amnit. Parce qu'elle 
savait l'ge de la pensionnaire, qu'elle tait rsolue  
se montrer plus rigoureuse encore envers cette 
dernire, et sans retarder davantage, parce que rien 
ne semblait pouvoir abattre cet orgueil 
incommensurable, il tait plus que ncessaire de 
franchir aux dpens de la rebelle la frontire sparant 
le pensionnat du clotre.
	La Prieure n'avait pas t, ainsi que la 
Coadjutrice et, bien sr, la directrice des tudes, sans 
prter une soucieuse attention au prcoce 
dveloppement de la jeune aristocrate argentine dont 
la silhouette, ds la quatorzime anne, et  la 
diffrence de la plupart des filles de son ge, s'tait 
dja dote des attraits d'une femme vritable... et non 
des moins apptissantes. Mais cette fois, elle eut une 
conscience plus aigu des changements rcemment 
intervenus encore en Orlanda de Cuendaes et se 
rendit compte, non sans s'mouvoir secrtement de la 
sensualit radieuse dgage par ce corps  la beaut 
agressive, que les surnoms donns  celle-ci par 
quelques-unes de ses camarades, sans aucun doute 
jalouses, taient assurment loin d'tre dpourvus de 
fondement.
	Plus rapidement et mieux qu'aucune autre, 
Orlanda tait devenue une grande et superbe fille 
dont les appas ne s'accommodaient plus gure du 
strict uniforme de la pension. En public,  l'extrieur 
du couvent, elle et t indubitablement ridicule ainsi 
vtue. La poitrine, qui gonflait son chemisier blanc, 
montrait une ampleur dpassant de beaucoup dja la 
moyenne, mme pour une femme que l'ge et fait 
s'panouir pleinement et rendue capiteuse. Il en allait 
semblablement des hanches et du postrieur que l'on 
devinait sans peine  l'troit dans la jupe droite bleu 
marine, courte et plisse, qui s'arrtait bien au-dessus 
des genoux quand elle et d les couvrir.
	Mais Orlanda avait beaucoup et vite grandi ces 
derniers temps; elle dpassait pratiquement d'un 
demi-front les filles les plus lances de la grande 
classe, lesquelles avaient presque toutes atteint leur 
vingt-ans! 

	Aprs l'avoir longuement scrute, dissimulant le 
trouble qu'elle prouvait, cherchant en vain dans les 
beaux yeux pers et, sous la masse boucle de la 
crinire d'or flamboyant, dans l'altire puret des 
traits, la manifestation du plus infime repentir, Mre 
Redencin pronona la sentence d'une voix 
volontairement tranchante, mais non sans prcder 
celle-ci, comme il se devait, de vives remontrances.
	- Vous tes la plus dtestable des cratures que 
l'institution ait eu jamais  recevoir! commena-t-elle 
en donnant immdiatement le ton  sa svre 
mercuriale. Voil tantt quatre ans que vous avez t 
confie  nous, Orlanda de Cuendaes, et que nous 
tentons, sans grands rsultats, je le reconnais, de vous 
rendre meilleure. Mais il semble bien,  vous voir, que 
nos efforts pour vous arracher au pch et vous faire 
vous amender n'aient servi de rien. Pourtant, vous 
n'tes plus une petite fille gare dans l'erreur par le 
chagrin du deuil de feu votre pre, pas plus que par 
les inconsquences propres  l'enfance. Aujourd'hui, 
vous voil une jeune fille, peut-tre pourrais-je mme 
dire presque une femme, consciemment rebelle aux 
prceptes de la religion, tout entire possde par 
l'orgueil et la vanit, indiscipline autant que 
vindicative, impolie non moins qu'impertinente, 
pernicieuse galement, avec la complicit de nos plus 
mauvaises lves, telle cette Joana de Parales, indocile 
sous ses faux airs, hypocrite rfractaire  nos 
exhortations, dont vous recherchez les faveurs et 
partagez les gots pour la dbauche. Plus qu'aucune 
de celles-l encore, cependant, vous tes acharne 
dans la transgression constante de toutes les rgles de 
notre sainte maison, laquelle vous a recueillie alors 
que votre proche famille se dsintressait de votre 
infortune, et vous nous contraignez malgr cela  user 
 votre encontre de la plus rigoureuse svrit...
	"Il ne se passe pas de mois que je n'entende 
parler en mal de vous ni que ne me soit envoye une 
plainte vous concernant! Toutefois, je vous rappelle 
que vous tes ici pour de longues annes encore... sans 
doute pour un temps gal  celui que vous venez d'y 
vivre. Nous ne sommes pas de celles que les difficults 
rebutent, bien au contraire, et vous devriez le savoir, 
parce que vous tes intelligente, Orlanda de 
Cuendaes, trs intelligente mme. Par plus 
d'intransigeance, il se peut que nous parvenions  
vous amener, en dpit de vous,  contrition et que, 
votre chair soumise aux souffrances salutaires, nous 
puissions russir  vous gurir finalement de vos 
travers et dplorables instincts, afin que votre me 
immortelle soit sauve de la damnation ternelle qui 
la menace...
	"Je crois avoir bien trop longtemps fait preuve 
de mansutude  votre gard, Mademoiselle 
l'impertinente! Mais en qualifiant Mre Monte 
Calvario de vieille peau refoule lorsque celle-ci vous 
 surprise  pier ce qui se passait dans la cellule 
voisine du bureau o Mre Gracia venait de vous 
corriger, et qui ne vous concernait point, et en l'tat 
de licence o vous vous tiez mise, Satan sait 
pourquoi! vous avez pass les bornes! Aussi, puisque 
vous en avez atteint l'ge, et que la manire dont sont 
punies nos soeurs fautives vous intresse tant, j'ai 
dcid de vous faire administrer le premier des 
chtiments majeurs, souhaitant qu'il vous soit 
bnfique et vous puisse garder, pour l'avenir, de la 
hardiesse qui vous inciterait  nous dfier davantage. 
Nous en avons dompt d'autres et de bien plus 
rebelles que vous, qui nous ont remercies ensuite, et 
dont certaines sont dsormais de nos soeurs et de nos 
novices, voire de nos protectrices hors ces murs!
	"Vous allez donc apprendre ce qu'est la vraie 
pnitence durant que vous recevrez le martinet aux 
lanires de cuir et rciterez trois Pater et autant 
d'Ave. Je vous invite au repentir sincre, Orlanda de 
Cuendaes, et plus encore  la mditation. Songez aux 
consquences que pourraient engendrer votre 
attitude ainsi que votre refus persistant d'obissance 
et de soumission. Allez! ma fille, il vous faut implorer 
le pardon de Dieu, et, par la douleur de l'expiation, le 
mriter!
	Orlanda ne rpliqua rien. Elle n'avait rien  dire 
et n'aurait, de toutes faons, pas eu la libert de 
s'exprimer. On n'tait pas conduite auprs de la 
Prieure pour s'expliquer d'une faute, mais 
simplement pour s'entendre par elle sanctionner.
	Elle aurait seulement d remercier; elle s'en 
abstint.
	Mre Cruz et Mre Pasin, les deux Discrtes 
qui l'avaient escortes jusque devant Mre 
Redencin, firent sortir la jeune Argentine du bureau 
et l'entranrent immdiatement en direction du 
clotre, par des corridors et des galeries o cette 
dernire ne s'tait jamais aventure, et, de l, dans la 
crypte o attendait, dja prvenue, une autre 
Dolorosa qu'elle ne connaissait pas.
	L'apparence de la nonne vtue de brun voquait 
bien plus la stature d'un authentique bcheron plutt 
que celle d'une humble servante toute dvoue  
l'adoration du Seigneur.
	Cependant, et bien qu'elle ne l'et jamais vue 
jusqu' ce jour, Orlanda n'ignorait pas son nom, 
moins encore ses redoutables fonctions, dont la brune 
Joana venait de goter une fois de plus, et juste avant 
elle, les cuisants effets... 
	Soeur Lorenza tait une grande, forte et rude 
paysanne d'Estramadure au visage ingrat, massif et 
rbarbatif, virilis par des moustaches dont 
s'ombraient ses lvres un peu lippues, des grosses 
narines envahies de poils sombres et un menton de 
lutteur de foire. De la brute parfaite, elle avait 
galement les bras, solidement muscls par les 
travaux d'une jeunesse laborieuse vcue dans les 
champs, et surtout les mains, larges, paisses comme 
des battoirs, durcies de cals qu'elle entretenait  tenir 
le manche des fouets durant des heures, ces 
instruments qu'elle aimait et maniait pareillement de 
l'une et de l'autre, dont il lui arrivait mme, dans le 
souci constant d'une plus grande efficacit -  savoir: 
infliger le plus de souffrances possible, le plus 
longtemps possible et avec le moins de dommages 
corporels possible - de fabriquer des spcimens de sa 
faon.
	Dja femme quand elle avait t admise  Santa 
Tera Del Judio, il y avait de cela une quinzaine 
d'annes environ,  peu prs illettre et sans dot, 
fuyant un proche et lourd pass, et, peut-tre aussi  
cause de lui, un ventuel emprisonnement, elle avait 
tout aussitt convenu  la Prieure prcdente qui, 
plutt que d'en faire une tourire ou la servante des 
autres religieuses, lui avait donn matire  employer 
sa force quasi herculenne, autant qu' assouvir ses 
bas instincts, lesquels elle avait navement et 
compltement confesss. 

	Adolescente, elle rossait vaches, chevaux, nes, 
chiens... tant pour le plaisir de battre que celui de les 
entendre hurler, tordait le cou  une volaille avec une 
dlectable lenteur. Quelques annes plus tard, fille de 
ferme chez un nouveau patron, elle tait devenue la 
matresse de cet homme non moins brutal et bestial 
qu'elle ne l'tait elle - mme, par lequel elle s'tait 
laiss trousser et dpuceler. C'tait celui-l aussi, qui 
lui avait appris  tenir un fouet, un fouet de 
charretier dont il lui avait fait cingler sa femme, 
attache toute nue dans la grange, deux ou trois fois 
la semaine. Ensemble, ils avaient tourment de mille 
manires leur malheureuse victime durant plus de 
deux ans, l'obligeant  assister  leurs bats, exigeant 
d'elle les plus infmes pratiques avec les animaux, la 
maintenant dans un esclavage virtuel, la contraignant 
le plus souvent  la nudit totale, afin de la pouvoir 
mieux fouetter  tous instants, et lui faisant accomplir 
les plus durs et plus vils travaux. Mais le fermier tait 
mort brusquement, d'un arrt cardiaque... dans ses 
bras et pendant qu'il la besognait  grands coups. 
Sans attendre les funrailles, redoutant non sans 
raisons les reprsailles, qu'avec l'aide de sa parentle 
enfin informe la veuve n'allait pas manquer 
d'exercer sur elle afin de se venger, elle s'tait enfuie 
en toute hte. Sans argent, sans plus aucun parent, 
sans ami, ne sachant o aller, son errance l'avait 
finalement mene,  l'ge de vingt-cinq ans, devant les 
hauts murs de Santa Teresa Del Judio.
	Soeur Lorenza avait tt fait de s'imposer aux 
trois autres converses qui, avant elle, et dsormais 
avec elle, se relayaient afin de mener  bien l'exercice 
de leur ministre rdempteur, ces dernires ne lui 
cdant d'ailleurs en rien ou presque pour ce qui tait 
de la puissance et de la laideur. A toutes quatre elles 
constituaient, en quelque sorte et sous le nom de 
Redentoras, le bras sculier de leur communaut. 
L'imagination, la mchancet, la cruaut, dont elles 
taient capables et faisaient preuve quotidiennement, 
enchantaient les nonnes aux moeurs les plus 
perverties, qui se soumettaient volontairement ou 
non, mais toujours avec exaltation, aux svices les 
plus odieux qu'elles s'ingniaient  inventer pour 
elles, puis  leur administrer.
	Mais derrire la porte toujours hermtiquement 
close, que seule la Prieure pouvait ouvrir et qu'elle 
passait en se faisant accompagner de l'une de ses 
Discrtes ou de ses rares lues, ces dernires ne 
ressortant d'ailleurs pas ncessairement avec elle, que 
l'on ne voyait plus quelques fois durant des jours, 
voire des semaines, qui montraient ensuite le plus 
grand mutisme  propos de cette absence, des quatre 
Redentoras, il n'y avait que Soeur Lorenza qui ft 
rgulirement admise, en particulier lors de la venue 
de deux ou trois de ces anciennes lves venant la 
accomplir leur retraite. Il tait arriv cependant que 
des parcelles d'indiscrtion - que leurs responsables 
avaient t forces de dmentir comme autant de 
fabulations, puis avaient eu tout le loisir de regretter 
en mditant dans certaines geles profondes sur la 
valeur de la chose secrte - donnassent  penser qu'en 
cette partie rserve des souterrains du couvent la 
Prieure cdt, avec ses compagnes,  des tentations 
fort... laques, faiblesses dont elle se voulait toutefois 
faire punir par Soeur Lorenza, parfois mme tout en 
les satisfaisant.
	Quelques nonnes, ayant elles-mmes t appeles 
de l'autre ct de la porte secrte, savaient  quoi s'en 
tenir et se taisaient; certaines se perdaient en 
soupons et conjectures; mais la plupart de toutes les 
autres ne se faisaient aucune interrogation, tenant 
pour absolu le sacro-saint principe que leur Prieure 
n'avait de comptes  rendre qu' Dieu. 
	Soeur Lorenza vit venir Orlanda avec un regard 
plus dur que le roc.
	- Ote tous tes vtements et couche-toi la-dessus! 
ordonna-t-elle d'un ton rude.
	Elle tutoyait d'autorit toutes les pensionnaires, 
qu'elle appelait aussi, quoique plus secrtement: Las 
pequeas mierdadoras. 
	Sa voix tait grave et caverneuse, semblable  
celle d'un homme de forte corpulence. Elle couta en 
hochant la tte ce que lui murmura Mre Cruz, puis 
voyant que la jeune fille ne paraissait pas devoir obir 
 son injonction, elle ritra l'ordre avec plus de 
scheresse.
	Encore que rellement impressionne et 
vaguement apeure cette fois, se sentant comme une 
toute petite fille en face de la converse gante qui 
dardait sur elle ses yeux jaunes et mchants, Orlanda 
n'obtempra pas davantage. Plus fort que sa crainte, 
l'orgueil l'en empchait. Alors, sur un geste de la 
virago, les Discrtes se saisirent d'elle et, en dpit de 
ses efforts pour tenter instinctivement d'chapper  
l'invitable, la dpouillrent en une ou deux minutes 
de ses habits et sous-vtements.
	- Regardez-moi cette prtentieuse! ricana Soeur 
Lorenza, alors que les Discrtes, quelque peu 
essoufles, maintenaient entre elles la jeune fille toute 
nue et frmissante de honte. Est-ce parce que tu te 
sens tant de mamelle et de fesse  ton ge, que tu te 
montres tellement arrogante? Allons, il n'y  
vraiment pas l de quoi faire la fire! Si tu tais de 
nos novices, il ne me faudrait pas une heure pour te 
faire prouver bien du regret d'tre ainsi afflige 
d'autant de rondeurs immodestes. Crois-moi, je 
saurais vite t'apprendre, en les traitant  ma manire, 
 ne plus faire le vain talage de tes appas 
dmoniaques aux regards de ta complice dbauche! 
M'est avis que les fesses vont lui cuire un bon moment 
 cette Joana! Quant  toi, vile crature ptrie 
d'orgueil, et puisque Mre Monte Calvario est une 
vieille peau, ainsi que tu n'as pas craint de l'appeler, 
nous allons voir si la jeune peau de ton derrire 
apprcie le genre de caresses que je m'en vais lui 
donner!
	Aussitt, malgr de nouvelles ruades nerveuses 
et dsespres, qu'elle dcocha rageusement aux 
Dolorosas noires de ses pieds nus, Orlanda se 
retrouva couche  plat ventre sur les traverses 
triangulaires, celles-ci tant disposes de telles sorte 
qu'elles offrissent toutes l'une de leurs artes vives 
tourne vers le haut, et fut rapidement assujettie par 
des liens de cuir qui, nergiquement serrs, 
meurtrirent ses poignets et ses chevilles en la retenant 
les jambes et les bras carts largement.
	Entrave de cette manire, il n'tait rien de ses 
parties les plus intimes qu'elle ne ft force d'exhiber. 
	La grosse main de la Redentora, en se posant 
entre ses cuisses aussi outrageusement ouvertes, la fit 
tressaillir, puis davantage encore quand deux doigts 
obscnes s'immiscrent entre les lvres douces de son 
sexe, remontrent au long du sillon profond de sa 
croupe, revinrent se poser et peser perfidement sur 
l'ouverture contracte de son plus troit et plus 
honteux orifice... par lequel, pourtant, de la langue et 
des doigts, son amante lui avait donn du plaisir. Elle 
crispa les fesses involontairement.
	- Voyez-vous bien cette vicieuse, Reverendas 
Madres, qui convoite les caresses les plus viles? 
gronda Soeur Lorenza en tirant soudain quelques uns 
des poils de l'abondante toison fauve de la jeune fille 
impuissante.
	Orlanda pleura, des larmes brlantes 
d'humiliation, de dpit et de fureur,  se savoir 
pareillement expose et traite aux regards amuss 
des Discrtes et de la converse, lesquelles en avaient 
vu cependant, et pour les deux premires au moins, 
subi bien d'autres.
	- Allons! sale petite morveuse, fais ton acte de 
contrition! je veux t'entendre prier avec ferveur, 
ricana Soeur Lorenza en allouant aussitt une claque 
vigoureuse et sonore au postrieur rebondi 
d'Orlanda, puis une seconde, une troisime, et une 
autre, une autre encore...
	La fesse du dbut de matine, suivie des 
cingles des lacets de cuir, avait dja vivement 
sensibilis le sant de la pnitente, lequel en 
conservait encore de multiples traces. Chacune des 
gifles corrosives la firent se cabrer dans ses liens et 
glapir, puis gmir en se meurtrissant durement le 
devant du corps sur les artes tranchantes des 
entretoises.
	Sans autre avertissement, l'atteinte cuisante des 
solides lanires, qui lui sabrrent les lombes de faon 
infiniment plus prouvante que celles du petit 
martinet dont avait us la Coadjutrice, firent bondir 
Orlanda et lui arrachrent un cri trangl. Puis, et 
alors qu'elle s'arc-boutait sur ses mains et ses pieds, 
afin de ne pas retomber trop brutalement sur les 
traverses tailles en biseau, une nouvelle cingle, en 
plein milieu de son postrieur celle-l, lui fit jeter un 
cri aigu et la rejeta rudement au contact meurtrissant 
des artes.
	La Redentora appliqua de la sorte, et assez 
lentement d'abord, deux bonnes douzaines de coups, 
dont l'Argentine tressauta douloureusement et 
trembla de tout son tre en poussant cri sur cri, puis 
elle interrompit un instant la correction pour donner 
un avertissement.
	- Peut-tre n'as-tu pas trs bien compris?... Je te 
rappelle que la dure de la punition ne se mesure pas 
au nombre de cingles du martinet, mais au temps 
qu'il te faudra pour rciter les prires qui t'ont t 
imposes en pnitence. Alors tu peux bien t'obstiner  
refuser de prier autant que tu veux et t'en crois 
capable, ma petite! Ton chtiment n'en sera que plus 
long et tes douleurs plus grandes. Moi, cela m'est gal, 
je dispose de tout mon temps! Pourtant, ton petit 
joufflu doit dja te cuire srieusement, si j'en juge par 
sa couleur. Sois persuade, nanmoins, que tu finiras 
par cder. Mme les caractres opinitres, les 
volonts les plus farouches, les natures les mieux 
endurcies en arrivent  s'incliner quand les lanires 
les assouplissent assez longuement. Je ne pense pas 
que la peau de ton derrire soit suffisamment 
rsistante, encore, pour que tu puisses esprer 
rivaliser longtemps avec le cuir de vache!
	Soeur Lorenza avait de l'exprience plus qu' 
revendre et ne se trompait pas, bien sr.
	Les fesses d'Orlanda palpitaient dja d'une vive 
brlure qui gagnait peu  peu son entre-jambes. Elle 
comprit qu'elle n'avait aucun choix, qu'elle n'tait pas 
de force et que la punition s'aggraverait d'autant que 
se prolongerait son enttement  ne pas vouloir 
entreprendre la litanie des Pater et des Ave de sa 
pnitence ordonne par la Prieure, jusqu'au dernier 
amen desquels les lanires rvoltantes viendraient 
claquer avec scheresse sur son sant pour le lui 
enflammer davantage.
	- Pater noster... qui es in coelis... commena-t-elle 
 rciter d'un ton sourd.
	De longues minutes durant, en hachant les 
phrases latines de cris de plus en plus stridents, de 
sanglots rauques, de hoquets convulsifs, elle tressauta 
sur la claie grinante dont les dosses lui talrent les 
genoux, les cuisses, le ventre et les seins. Elle se tordit 
follement dans ses entraves et, tour  tour cabre, 
arc-boute ou crase sur les planches  claire-voie de 
l'chelle suppliciante, soubresauts  chaque nouvelle 
et cuisante dflagration des lanires du martinet qui, 
mani  la vole, et encore qu'avec une relative 
modration compare  la force que pouvait y mettre 
la fouetteuse, lui incendia sans piti la croupe et 
l'arrire des cuisses.
	Soeur Lorenza savait parfaitement qu'elle ne 
pouvait punir de faon identique une pensionnaire et 
une religieuse, surtout pour une premire fois. 
Cependant, pour celles des couventines qui lui 
retombaient entre les mains trop souvent, telle Joana 
de Parales, elle montrait alors une rigueur croissante 
et, seule avec les infortunes en ces occasions o il lui 
fallait corriger longuement, elle ne se privait point 
alors de leur imposer certaines intimes pratiques qui 
l'apaisaient un peu de la trs vive excitation qu'elle 
prouvait  chtier les juvniles attraits de ses 
victimes, obtenant le silence de ces dernires par de 
terribles menaces. 
	Orlanda vibra et pleura encore plusieurs 
minutes aprs l'ultime coup de martinet.
	Enfin les nonnes la dtachrent. 
	Reniflante comme une gamine, les paupires 
rougies et les yeux noys de pleurs, les joues 
cramoisies par la souffrance et l'humiliation, la 
poitrine souleve du reste de ses sanglots, le 
postrieur comme s'il et t tout entier baign de 
feu, elle eut la permission de se rhabiller. 
	- Anda, mala hierba! gronda la Redentora 
durant que la jeune fille achevait de remonter sa 
culotte sur ses fesses brlantes, j'ai de bonnes raisons 
pour penser que nous nous reverrons bientt. Tu es 
de celles qui finissent toujours par chouer au 
cachot... Le jour o la chose arrivera, et peut-tre 
mme bien avant cela, je saurai t'apprendre 
l'obissance, le respect et l'humilit, aussi bute que 
tu puisses l'tre!
	Orlanda se garda prudemment de rpliquer et 
continua de se vtir en silence, conservant les yeux 
baisss. 
	Mais bien que sa Svre Pnitence ft acheve, 
ses preuves n'en taient pas pour autant termines. 
	Le passage d'une fille dans la crypte des 
souterrains du clotre constituait en toutes 
circonstances un vnement, et davantage quand 
l'intresse y allait pour la premire fois. 
	Il y eut d'abord les ricanements moqueurs de la 
classe lorsque, de retour parmi les autres, les fesses 
irrites par le contact de sa culotte de coton  fines 
ctes, Orlanda ne put s'interdire de grimacer et gmir 
sourdement en s'asseyant sur son banc. 
	Et puis, quand ces demoiselles se retrouvrent 
ensemble dans leur dortoir, et juste avant que ne 
survnt la Dolorosa brune charge de la surveillance, 
toutes ou presque voulurent voir le rsultat de la 
Svre Pnitence inflige  la nouvelle victime de la 
nonne fouetteuse, examen pralable  l'octroi de la 
Consolacin, dont cette fois Joana serait dispense - 
ou prive, selon comme l'intresse voulait considrer 
la chose - puisqu'elle en avait bnfici dja en de 
nombreuses occasions.
	Comme l'Argentine s'tait toujours tenue  
l'cart de cette pratique qui n'tait rien d'autre  ses 
yeux qu'une brimade supplmentaire, encore que 
certaines s'y soumissent avec un manifeste plaisir, elle 
esprait un peu y chapper. Mais alors qu'elle se 
dshabillait, les plus hardies, les meneuses, exigrent 
d'elle qu'elle montrt ses fesses  la collectivit.
	En soutien-gorge et petite culotte, et se 
prparant  enfiler sa chemise de nuit avant que de 
retirer pudiquement ceux-ci par-dessous afin qu'on 
ne la vt pas entirement nue, Orlanda refusa 
catgoriquement de se prter  l'exhibition rclame.
	Mal lui en prit.
	Elle avait beau, par la taille, dpasser en force la 
plupart de ses compagnes, celles-ci s'y mirent en 
nombre...
	En un tournemain et beaucoup de cris, Orlanda 
se vit saisir et tout aussitt renverser sur son lit, 
retourner sur le ventre, solidement tenir par une 
grappe de mains griffues, puis dculotter. Une 
nouvelle fois il y eut les plus salaces commentaires sur 
la rondeur de son fessier, mais on s'esclaffa surtout de 
la qualit du gauffrage violac, sur fond soutenu de 
pourpre, qui le colorait encore intensment. Tous les 
muscles bands  se rompre, elle fit de prodigieux 
efforts pour essayer de se librer, en vain; grondante, 
grinante, emplie de rage, souleve d'humiliation, elle 
ne put y parvenir. Les filles s'taient groupes  trois 
ou quatre pour lui matriser fermement chacun des 
membres. Quoi qu'elle tentt, rien ne put l'empcher 
de subir les outrages tant verbaux que digitaux que 
ses camarades se rjouirent de lui imposer afin, 
malgr elle, de la consoler longuement, sans aucun 
gard pour sa pudeur, et avec de grands clats de 
rire, jusqu' ce que ses gmissements et ses plaintes 
irrpressibles, les mouvements incontrlables et 
saccadants de son bassin, le ruissellement de sa chair 
intime venant inonder les doigts frtillants qui ne lui 
faisaient pas la moindre grce, confirmassent de 
faon certaine le spasme voluptueux qui la ttanisa.
	Seulement alors on la laissa.
	Chacune des filles retourna  son lit, et il lui fut 
permis de se glisser sous ses draps, l'esprit et la chair 
violemment bouleverss par toutes ces bouches qui lui 
avaient embrass et suc les seins, ces dents qui lui 
avaient mordill les mamelons, ces mains qui avaient 
couru sur son corps, ces doigts qui s'taient fixs 
obstinment entre ses cuisses, entre ses fesses, et qui 
l'avaient mene  la jouissance... contre son gr.
	Toute frissonnante encore de tant d'motions 
vcues en une seule journe, elle ne put trouver le 
sommeil. Aussi, quand Joana, qui n'avait point pris 
part  la Consolacin, vint un peu plus tard la 
rejoindre dans son lit, comme le faisaient nombre 
d'autres pour une amante chrie, elle ne chercha 
aucunement  la repousser.
	Dja, ici et la dans le dortoir, s'entendaient des 
gmissements et des soupirs, des petits rles touffs, 
des froissements de draps, tout cela couvert, fort 
heureusement, par les ronflements sonores de la soeur 
converse reposant un peu  l'cart derrire les demi-
cloisons de son box.
	Joana et Orlanda s'enlacrent, tressaillant  
l'unisson du plus intime contact de leurs nudits 
semblablement stigmatise par les cuirs de Soeur 
Lorenza et, bouche contre bouche, langues mles, 
jambes noues, clitoris se frottant sur la cuisse de 
l'autre, s'pousrent avidement...


LIVRE DEUXIEME 
LA COUVENTINE REBELLE 

Les galres font le galrien. 
Victor HUGO. 

LES EFFETS PARADOXAUX 

	Orlanda de Cuendaes tait sans aucun doute 
l'un des esprits les plus rebelles qui se trouvt parmi 
toutes les pensionnaires, mais elle n'tait assurment 
pas, et de loin, la plus vicieuse. 
	A cette poque encore, tout du moins!
	Elle vcut cette premire Svre Pnitence, et ses 
suites, telle une vritable torture, tant morale que 
physique, que ne parvinrent pas, ou pas 
compltement,  effacer les amoureuses attentions de 
son amante. La chose lui apparut comme tant sans 
commune mesure avec les punitions qu'elle avait eu  
endurer jusque-l.
	Cependant, la correction exemplaire alloue par 
Soeur Lorenza n'eut pour tout rsultat visible que 
celui de faire se rvolter davantage encore la jeune 
fille contre ses ducatrices, et de rduire au minimum 
ses relations avec le plus grand nombre des 
pensionnaires de sa classe.
	Mais, et  l'exemple de Soeur Cristo, dont 
aucune lve ne fut en mesure de souponner ce que 
les ronces infligeaient  celle-ci d'odieux tourments 
sous sa robe, ce que ne trahit pas le comportement 
d'Orlanda, ce que ne sut pas mme Joana, ce furent 
les prmices d'une trange et sournoise sensation ne 
entre ses cuisses, directement issue de sa nudit 
intgrale et contrainte, de l'intime et douloureux 
contact de son corps avec les traverses suppliciantes 
de la claie et, bien plus encore, de la vive 
inflammation de son derrire, qui, la nuit mme de 
son chtiment, et prolonge des attouchements 
obscnes et insistants que les filles s'taient diverties 
de lui infliger, des caresses bouleversantes de son 
amante, accrut considrablement le plaisir qui la 
ttanisa nombre de fois.
	Deux mois et demi plus tard, environ, pendant 
lesquels elle tait parvenue  esquiver toute sanction, 
Orlanda retrouva de nouveau Soeur Lorenza, sa claie 
et son martinet de cuir, ainsi que la Retendora l'avait 
avec justesse pronostiqu.
	Mmes causes! Mmes consquences! Mmes 
effets! 

	Le temps s'coulant, les passages dans la crypte 
s'ajoutant les uns aux autres, sans vritable rgularit 
mais jamais moins d'une fois par trimestre,  force de 
rsistance farouche aux impacts des bandes de cuir 
qui lui corrodaient la peau des fesses et celle des 
cuisses, enflammaient et congestionnaient ses chairs, 
son tre secret en vint peu  peu  concevoir une sorte 
de dsir pervers pour la correction administre de 
faon immuable, dont seules s'aggravaient,  chaque 
occasion, la dure et la rigueur des coups, ainsi que 
pour les humiliations que lui imposait ensuite la 
converse qui, en dpit de ses allures hommasses, ou  
cause d'elles, exigeait immanquablement de la bouche 
des jeunes pnitentes les plus obscnes caresses, 
qu'elle-mme ne rpugnait nullement  leur rendre 
avec gourmandise.
	La premire fois que Soeur Lorenza avait 
retrouss sa robe, sous laquelle elle tait nue, puis 
empoign Orlanda par les cheveux afin de lui plaquer 
son bas-ventre couvert de poils drus, noirs et friss, 
sur le visage, celle-ci avait refus, avec dgot, de se 
soumettre au caprice dprav de la Retendora.
	- Petite prtentieuse! avait grond la converse, 
tu prfres rserver l'usage de ta bouche dlicate  la 
Parales, n'est-ce-pas?... Etait-elle fendue autrement 
que moi et toi?... Le jus qui coule de son ventre est-il 
sucr comme le miel?... Je te promets de t'en faire 
savourer d'autres, et de plus cres!
	Dpite, furieuse, la nonne avait poursuivi la 
correction jusqu' ce que la jeune fille cdt et que, la 
souffrance devenue plus violemment intense que la 
rpulsion, celle-ci consentet finalement  l'assouvir.
	Le sexe de Soeur Lorenza exhalait une odeur 
lourde, l'expression de son plaisir tait tout  la fois 
abondante et fortement pice; Orlanda n'en fut pas 
moins grise. Au point que, allant au del des 
exigences de la Retendora, elle fit tant et si bien que 
cette dernire vibra bientt d'un second orgasme et 
que, sa colre oublie, elle lui octroya ensuite la mme 
et voluptueuse libralit, non sans toutefois lui tordre 
le bout des seins  la faire hurler.
	La fois d'aprs, la converse avait d'abord 
octroy la jouissance  la jeune fille,  titre 
d'encouragement. Puis, l'ayant fait longuement se 
convulser, hurler, hoqueter et sangloter, jusqu' ce 
qu'elle ft venue au terme des huit Pater et huit Ave 
de sa pnitence, elle avait exig d'elle qu'elle jout de 
la langue afin de la faire se pmer en la sollicitant  
l'endroit le plus rpugnant de sa personne.
	Ds lors, il n'avait plus t, pour Orlanda de 
Cuendaes, une seule descente  la crypte qui ne 
comment par des attouchements pervers, des 
pincements et des torsions de mamelons; qui ne se 
poursuivt par l'octroi du martinet de faon toujours 
plus longue et svre; qui ne se prolonget de la 
volupt que lui consentait la converse; qui ne 
s'achevt enfin par les dlices de bouche et de langue 
que cette dernire exigeait de goter avant que de la 
dtacher de la claie et de la laisser aller.
	Orlanda vcut alors dans deux mondes, celui du 
pensionnat et celui de la crypte, y menant deux 
existences tout d'abord parallles, puis de plus en plus 
complmentaires, qui finirent par se mler et se 
confondre.
	Il y eut longtemps en elle,  l'extrieur de la 
crypte, le refus obstin d'admettre la ralit des 
extases dpraves dont elle jouissait dans l'ivresse o 
la plongeaient l'humiliation et la souffrance. Ensuite, 
insidieuse, et servant pour l'essentiel de point de 
dpart au plaisir que lui prodiguait Joana, cette 
attirance contraire  la nature se confirma en elle 
durant que s'achevait l'veil de sa sensualit de 
femme. Mieux encore que de ses propres mains ou des 
caresses de son amante, elle apprit du martinet une 
volupt qu'elle n'et jamais souponne avant que de 
l'avoir pleinement prouve. Enfin, cette aberrante 
sympathie pour la honte et la douleur issue du heurt 
brlant des cuirs claquant sur sa peau pour 
l'enflammer, en se prcisant et se dveloppant mois 
aprs mois, devint en elle jouissance paroxystique un 
certain jour de sa dix-huitime anne.
	Soeur Lorenza l'avait lie sur le bti, comme le 
plus souvent en position horizontale, mais en plus,  
l'occasion du temps pascal, elle lui avait plac sous la 
poitrine une espce de tapis pais fait de crin tress, 
non sans que, au pralable, elle lui et tourment 
copieusement les mamelons, arguant comme  
l'ordinaire du fallacieux prtexte que, ses seins ne 
cessant de grossir, son buste devenait de plus en plus 
indcent et qu'elle devait tre chtie d'autant 
d'immodestie.
	Mais de cette souffrance-l aussi, Orlanda avait 
appris  jouir!
	Elle bondissait sous les assnements virulents 
des cuirs mordant ses fesses trpidantes, elle souffrait 
de l'irritation croissante de sa forte poitrine qu'elle 
frottait bien malgr elle sur le crin, elle se talait plus 
que jamais en heurtant durement les artes des 
traverses dans ses convulsions quand, bgayant les 
prires devenues interminables  force de constantes 
augmentations, entre ses cris vhments et ses 
sanglots incoercibles, cela lui vint presque tout d'un 
coup: un plaisir sourd, vigoureux et puissant, qui se 
dploya dans toutes les fibres profondes de son tre, 
qui crut rapidement sous la succession des cingles 
brlantes, puis qui se concentra pour s'imposer 
finalement  sa conscience en mme temps qu'il se 
dployait dans sa chair, en une ralit incontestable. 
	C'tait comme si le brasier allum sur son 
derrire s'tait peu  peu teint, mais pour renatre 
soudain, avec une infinie violence, entre son 
fondement et sa vulve, puis rayonner de flches 
ardentes, de plus en plus vives et nombreuses, de plus 
en plus corrosives. 
	Le spasme la cabra brutalement pour la faire 
s'poumoner en un cri formidable en mme temps 
que le martinet s'abattait avec scheresse sur sa 
croupe, et la laisser aussitt pantelante, extasie tout 
autant que sidre par l'intensit du phnomne 
voluptueux authentiquement engendr par la 
douleur, molle et presque inerte sous les coups de 
lanires que continuait  lui distribuer la converse. 
	A compter de cette date, pour elle mmorable, 
Orlanda ne manqua plus aucune occasion de se faire 
chtier pour s'enchanter,  chaque fois plus 
intensment, de la honte d'tre nue et entrave sur la 
claie, touche par Soeur Lorenza de faon perverse, 
puis battue par elle du martinet qui, non sans tout 
d'abord la rvolter et lui arracher de vives clameurs, 
la raidissait enfin en lui procurant tout autre chose 
que les seuls effets correctifs d'une souffrance que les 
Dolorosas rputaient salutaire. 
	Aprs cela, les vicieuses exigences de la 
Redentora n'taient que de peu de consquence. 
	Orlanda vcut mme, de ce fait, sans trop de 
chagrin, encore qu'en versant beaucoup de larmes, le 
dpart de Joana de Parales, que ses parents vinrent 
chercher quelques jours avant qu'elle n'et vingt ans. 
En dpit des promesses ritres que la brune et 
troublante Navarraise avait faites  son amante, les 
siens ne l'avaient pas moins promise en mariage, et, 
de bon ou mauvais gr, il tait plus que probable 
qu'elle verrait ses noces clbres alors mme que 
l'Argentine demeurerait encore  Santa Teresa Del 
Judio pour de longs mois.
	Croyant pour certain qu'elles ne se reverraient 
assurment jamais, Orlanda s'acharna  l'oublier afin 
de ne pas souffrir en se leurrant de vaines 
esprances... 
	Cependant,  l'offrande que la jeune fille ne 
pouvait s'empcher de faire de sa croupe quand le 
plaisir commenait  se cristalliser entre ses cuisses, 
au son diffrent de ses plaintes et de ses cris 
trahissant malgr elle sa volupt,  la contraction 
ttanique qui rigidifiait tout son corps pendant les 
quelques secondes du spasme,  l'amollissement de 
tous ses mucles qui, alors qu'elle avait joui 
totalement, la rendait presque insensible pour un 
instant aux atteintes viprines des lanires du 
martinet, les soupons de la correctrice s'veillrent 
finalement.
	Bien qu'elle manqut singulirement 
d'intelligence, tout autant que de perspicacit, Soeur 
Lorenza finit nanmoins par obtenir la conviction du 
plaisir suspect que ressentait Orlanda durant qu'elle 
la fouettait, de plus en plus rigoureusement, cartele 
sur la claie. De fait, celle-ci ne pouvait se retenir 
d'extrioriser de faon trs expressive,  deux ou trois 
reprises parfois, les manifestations de ses orgasmes 
irrpressibles et autrement violents que celui dont elle 
se cabrait, ensuite, sous les baisers voraces dont la 
comblait intimement la converse.
	Enfin, rendue curieuse, la frustre religieuse 
remarqua un jour, et alors qu'elle s'tait justement 
prive de dguster la saveur dlectable de la jeune 
fille, la tache d'humidit laisse par cette dernire sur 
la traverse o son bas-ventre avait repos durant le 
chtiment.
	La preuve tait donc flagrante, matrielle, 
palpable!
	C'tait l'un de ces vnements qui, aux yeux de 
la Prieure et de son Chapitre, taient de la plus 
grande consquence.
	Il se pouvait qu'Orlanda ft une Appele.
	Sans plus attendre, quoique avec bien des mois 
de retard, la nonne chtieuse fit son rapport  la 
Coadjutrice, laquelle la remercia tout en s'abstenant 
de lui adresser le moindre reproche pour sa 
clairvoyance si tardive, puis s'en alla  l'instant mme 
informer la Mre prieure qui, en revanche, entra 
dans une furieuse colre... dont il lui fallut ensuite se 
repentir et se faire corriger au coeur des souterrains, 
mais de l'autre ct de la porte secrte.
	La raison de ce vif accs de mauvaise humeur 
tait que la Seorita de Cuendaes se trouvait  deux 
mois de ses vingt ans et, par le fait mme, de son 
dpart prsum de l'institution.
	Le rapport plus que tardif de la Redentora ft 
donc de la sorte vraisemblablement demeur sans 
d'autres effets, et Mre Redencin et mch et 
remch son dpit sans se dcider, peut-tre,  tenter 
l'exprience dont l'ide lui tait tout de suite venue, si 
la jeune Argentine,  quelques jours de l, ne s'tait 
implique  nouveau, et fort malencontreusement 
pour elle, au centre d'un vritable scandale dont les 
chos, cette fois, risquaient de se rpercuter bien au 
del des murailles grises du couvent...


L'INFAME BRIMADE

	Les pensionnaires de Santa Teresa Del Judio 
retrouvaient en gnral leur famille aux lendemains 
de leur vingtime anne,  quelque moment que 
survnt leur anniversaire. Certaines, mais elles taient 
moins que rares, chappaient avant cette date  la 
tutelle des Dolorosas pour convoler en justes noces, 
comblant ainsi des parents dont le voeu unique tait 
de les voir enfin tablies et qui, ds lors, se trouvaient 
dchargs de cette importante et obsdante 
proccupation.
	Les retrouvailles donnaient lieu souvent  une 
scne singulire et quelque peu tragique au cours de 
laquelle, la couventine et ses parents ne se 
reconnaissant pas aprs tant et tant d'annes vcues 
dans une totale sparation, chacun trahissait alors les 
signes d'un manifeste et profond dsarroi. N'et t le 
nom, nombre de gniteurs n'eussent su identifier leur 
progniture... 
	De la sorte, il ne demeurait que neuf lves dans 
la dernire classe de "Grandes", dont quelques-unes 
ne quitteraient l'institution proprement dite que pour 
aller s'enfermer dans le clotre afin d'y commencer 
leur probation et rester, sans doute  tout jamais, 
prisonnires volontaires des hautes murailles fodales 
du couvent. Parmi les autres, celles qui attendaient 
plus qu'impatiemment leur proche libration, tait 
une brune Aragonaise, depuis fort longtemps ennemie 
dclare, jure et farouche d'Orlanda de Cuendaes.
	Cet antagonisme des jeunes filles, qui les faisait 
se dtester de toutes leurs forces, puisait ses sources 
dans un incident malheureux survenu alors que l'une 
et l'autre n'en taient qu' leur seconde anne 
d'internat.
	Ce jour-l, installes cte  cte sur le banc du 
mme pupitre, qu'elles se partageaient amicalement 
depuis l'arrive d'Orlanda  Santa Teresa Del Judio, 
elles se taquinaient discrtement en prenant bien 
garde toutefois de ne pas attirer l'attention de la 
religieuse qui leur faisait la classe. Mais,  un 
moment, Orlanda avait pinc, plus nergiquement 
que prmdit, sa complice de dissipation. Sous l'effet 
de la douleur aigu, pntrante, cette dernire n'avait 
pas t capable de rprimer un lger cri.
	Aussitt repre, puis interroge par la 
Dolorosa, qui professait en la circonstance un cours 
portant justement sur la matrise de soi, mise en 
demeure de s'expliquer, la victime avait refus, par 
orgueil bien plus que bont dme, de rvler la cause 
de son exclamation intempestive, comme de dnoncer 
la responsable de la pinure, mais non sans jeter  
celle-ci des regards insistants afin de l'encourager  
s'accuser elle-mme avec loyaut.
	En pure perte!
	Orlanda s'tait tue, obstinment, estimant que 
son avance dans le domaine des punitions tait dja 
telle que, pour une fois, elle pouvait faire l'impasse.
	Rsdtat - un dculottage immdiat et une fesse 
magistrale aux yeux de toute la classe pour la seule 
Aragonaise dmasque.
	Hlas!
	La religieuse avait remarqu soudain que le 
sous-vtement de celle qu'elle tenait pour coupable 
tait loin d'tre aussi parfaitement net  l'entre-jambe 
qu'il l'aurait d;  dire la vrit, il s'en fallait mme 
de beaucoup!
	Le constat de malpropret intime avait 
considrablement aggrav, et dans l'instant, le cas de 
la fautive. Il y avait eu l'exposition publique de la 
culotte honteusement souille, laquelle avait aussitt 
t pendue  un clou, puis un copieux surcrot de 
claques vigoureusement assnes sur le derrire 
trpidant de la patiente, enfin et bien pis encore pour 
cette dernire, la privation totale du dessous 
incrimin et de la jupe, jusqu'au coucher.
	La chose s'tant passe au coeur de la matine, 
c'tait durant de nombreuses heures d'affile que, en 
classe, au rfectoire, mais dans la cour surtout, 
seulement vtue de son chemisier sous lequel 
dpassait sa courte chemisette de corps et de ses 
chaussettes, la punie avait t contrainte de montrer  
toute l'institution son ventre et ses fesses stigmatises 
par la rude fesse, subissant en pleurant mille 
moqueries et agressions, ces dernires tout autant 
verbales que physiques.
	La sanction tait terrible pour l'orgueil, et les 
Dolorosas le savaient bien, qui se mortifiaient entre 
elles avec cruaut.
	Certes, le silence d'Orlanda de Cuendaes n'avait 
pas t le fait d'une attitude trs lgante.
	Mais quoi!... Elle tait responsable de la pinure, 
pas de ce que la culotte ft sale au point de n'tre 
touche qu'avec des pincettes!
	L'adolescente mal soigne avait grandi; elle 
n'avait jamais pardonn  l'artisane de sa cuisante 
humiliation.
	Elle avait, depuis ce jour, pris la tte de toutes 
celles qui, pour diverses bonnes ou mauvaises raisons, 
n'aimaient pas la Sud-Amricaine, et dont le nombre 
s'tait encore accru ds lors que celle-ci avait vu sa 
silhouette se doter des charmes, prcoces et loquents, 
de la fminit resplendissante.
	Les mois, puis les annes passant, Ana del 
Eripol, fille unique d'un duc authentique qui l'avait 
conue au coeur de la vieillesse - mais avec une jeune 
pouse -, avait cultiv une haine toujours 
grandissante pour sa trop belle rivale, laquelle 
l'crasait de plus en plus d'tourdissante et insolente 
sduction.
	Quand, de haute taille et de maintien 
naturellement altier, le corps par de formes 
gnreuses, admirablement rondies de sensualit 
arrogante, le teint d'une puret blouissante et 
encadr par l'opulence d'une longue chevelure  la 
couleur de flammes, Orlanda de Cuendaes se rvlait 
dja telle une vnust aux attraits capiteux, Ana del 
Eripol, elle, demeurait une espce de petit laideron au 
visage ingrat,  la peau olivtre, aux cheveux plats et 
ternes, court de jambes et bas de fesses,  la poitrine 
dsesprment inexistante, qu'aucune fille ne venait 
solliciter pour ces jeux voluptueux qui, chaque nuit 
ou presque, faisaient s'apparier nombre de 
pensionnaires. 
	Quoi de plus humain, alors que l'on pense en 
avoir par ailleurs de solides motifs, que de har de 
tout son tre, sans nulle piti ni merci, la beaut 
rayonnante et insultante d'une ennemie, quand on est 
soi-mme en entier ptrie de disgrces criantes? 
	Orlanda avait eu le temps, et bien des occasions, 
de regretter sa petite lchet; Ana del Eripol s'tait 
charge de pourvoir  l'expiation de cette faute avec 
un acharnement obstin. 
	L'Argentine avait eu  connatre 
d'innombrables vexations dans le genre de celle qui 
lui avait t impose au soir mme de sa premire 
Svre Pnitence, sous le prtexte de la Consolacin, 
une infinit de farces cruelles et d'affronts, mille 
sournoises dnonciations, qui lui avaient valu autant 
de punitions prononces et excutes par les nonnes 
auxquelles la dlation ne rpugnait aucunement -  
condition que ce ft pour ce qu'elles estimaient tre la 
bonne cause - et bien des cuisantes mortifications. 
	Mais Ana del Eripol attendait toujours l'heure 
de son ultime et vritable vengeance, celle qui serait 
la plus froce, qu'elle avait mri jour aprs jour, avec 
une implacable rancune et inlassable tnacit. 
	Les malingres et les laids ont, plus que d'autres, 
la capacit de cette sorte de mchant. 
	Non contente d'avoir envoy Orlanda - laquelle 
ne faisait plus rien maintenant pour l'viter, c'tait 
vrai - effectuer une fois de plus un passage sous les 
lanires brlantes du martinet de Soeur Lorenza, elle 
avait l'intention bien arrte de lui laisser, avant que 
de quitter Santa Teresa Del Judio, un souvenir qu'elle 
n'oublierait certes pas de sitt... 
	Le dortoir des "Grandes" tait plac sous 
l'autorit d'une nonne trs ge, pas trs intelligente 
elle non plus, pour qui le monde en son entier se 
rsumait  ce que renfermaient les hautes murailles 
grises de Santa Teresa Del Judio, l'unique univers 
qu'elle et jamais connu ou, du moins, dont elle se 
souvent.
	Abandonne par ses parents, recueillie par les 
Carmlites aprs que la tourire l'eut un matin 
trouve devant leur porte, nue ou presque dans une 
grossire couverture et sans nulle autre 
renseignement que son prnom et son ge griffonns 
sur un morceau de papier d'emballage, celle qui 
devait devenir Soeur Anglica tait entre au couvent 
 l'ge de onze mois et... n'en tait jamais plus 
ressortie.
	Depuis longtemps, la perfide Ana del Eripol 
avait su conqurir et se conserver les faveurs de la 
converse en prtant un inlassable et des plus 
hypocrite intrt  toutes les histoires que celle-ci ne 
s'puisait jamais de raconter  propos de l'existence 
qu'elle avait mene au sein se la communaut.
	Ses vingt ans rvolus, proche de quitter 
l'institution, l'Aragonaise n'eut aucune peine  
convaincre la vieille et quelque peu radoteuse nonne 
de s'absenter assez longuement du dortoir durant 
l'avant-veille au soir du jour prsum de son dpart, 
invoquant une petite fte qu'elle dsirait offrir  ses 
compagnes, et faisant mieux encore rniroiter un don 
d'une somme consquente qu'elle saurait aisment 
obtenir du duc, son pre, au bnfice des Dolorosas, 
afin de remercier celles-ci de lui avoir inculqu de si 
bon principes.
	C'tait pincer la, avec un doigt de renard, la 
corde sensible.
	Flatte par le compliment que la papelarde avait 
su lui tourner et lui faire gober, mais davantage 
satisfaite du don fait en promesse au profit de sa 
chre maison, Soeur Anglica accorda deux pleines 
heures de libert aprs celle normale  laquelle 
s'effectuait le coucher. Elle-mme irait passer ce 
temps dans la chapelle afin d'y prier pour le bonheur 
futur d'une si bonne me, appelant sur Ana toutes les 
flicits que pouvait apporter le Seigneur aux filles 
qui avaient grand souci de l'aimer et honorer en 
vivant selon ses saints prceptes.
	Il ne restait plus  l'Aragonaise qu' battre le 
rappel de ses complices en cette affaire, autant dire la 
quasi-totalit du dortoir, y compris mme les 
postulantes au noviciat - pour qui la hautaine attitude 
d'Orlanda tait injure permanente faite  Dieu 
qu'elles s'apprtaient  servir -, et  leur soumettre le 
dtail de son plan.
	Celui-ci fut approuv, et mme applaudi,  
1'unanamit; il tait parfaitement ignoble. 
	Le troisime soir aprs une toute rcente visite 
rendue  la crypte de Soeur Lorenza, Orlanda gagna 
son lit et commena  se dvtir comme  son 
habitude, sans accorder la moindre attention  
quiconque ni remarquer l'absence suspecte de la 
vieille surveillante.
	Elle se savait solitaire, dsormais, plus isole que 
jamais parmi ses compagnes ou, pour mieux dire, ses 
ennemies, que celles-ci fussent ou non dclares. Le 
matin mme, son unique amie... et quelque peu 
amante, laquelle lui tait demeure relativement 
fidle, avait quitt  son tour le pensionnat. 
Cependant, bien qu'informe de ce qui se tramait 
contre l'Argentine, cette dernire avait gard un 
silence prudent dans la crainte d'avoir  supporter 
des reprsailles de dernire heure.
	C'tait que Micaela de Alange, lgante et brune 
Andalouse toute de langueur, avait eu quelques 
occasions, elle aussi, de faire les frais de la 
mchancet foncire d'Ana del Eripol.
	Elle tait trop bonne lve et trop belle, trop 
belle surtout! pour ne pas tre l'objet de l'envieuse 
disgracie. 

	L'Aragonaise, qui guettait son adversaire du 
coin de son oeil torve, attendit que celle-ci ne ft plus 
qu'en soutien-gorge et culotte pour donner le signal.
	Et ce fut la cure...
	Sous la conduite d'Ana, les filles se prcipitrent 
 l'envi sur Orlanda qui, sans qu'on lui laisst le 
temps de s'chapper et de courir en hte vers la 
porte, malgr ses cris, ses menaces et ses ruades, se 
trouva terrasse bientt par le nombre de ses 
assaillantes, pousse, tire, trane en direction de la 
grande table qui trnait au milieu de la vaste alle 
centrale du dortoir, hisse de force sur le plateau 
massif, couche  plat ventre, cartele, et puis 
solidement maintenue, les poignets et les chevilles 
rapidement serrs de cordes aussitt lies aux quatre 
pieds du meuble inbranlable.
	Elle tait prise, captive, rduite  l'impuissance, 
 la totale discrtion des harpies.
	Des doigts griffus lui dchirrent son soutien-
gorge afin de le lui arracher, puis Ana intervint, 
triomphante, les yeux allums par l'clat d'une joie 
mauvaise.
	- A moi la culotte! exigea-t-elle. Il me faut pour 
longtemps un digne souvenir de cette garce, qui me 
rappelera le chtiment que nous allons toutes ici lui 
faire subir. Je conserverai en l'tat ce trophe sous un 
verre afin de le pouvoir, prsent chez moi en bonne 
place, le contempler  loisir durant ma vie entire.
	Lentement, pour faire durer son plaisir et le 
tourment honteux de sa victime,  l'aide d'une paire 
de ciseaux, elle dcoupa les cts du petit sous-
vtement tout en riant des vaines contorsions 
d'Orlanda, qui se tordait et bondissait rageusement 
sur la table, et s'accapara finalement le linge intime.
	- Ha! que voil un gros joufflu bien connu des 
lanires de Soeur Lorenza! s'cria-t-elle en assnant 
une claque formidable sur les fesses nues et rebondies 
de la captive, lesquelles montraient encore les 
marques tout juste plissantes de leur rcente et 
svre correction.
	- Villana! cracha Orlanda, je te jure bien que tu 
auras quelque jour  te repentir de cela!
	- Menace tant que tu le peux encore, pimbche! 
ricana l'Aragonaise. Quoi que tu puisses dire, je te 
tiens enfin pour de bon, et tu vas avoir le temps de 
savourer la petite fte que nous allons te servir!
	Elle examina ensuite minutieusement la pice de 
lingerie qu'elle venait de ravir  sa proie pour y 
chercher quelque trace suspecte, mais comme elle 
n'en vit aucune,  son grand dsappointement, elle 
alla enfermer le trophe dans son armoire, revenant 
bientt avec une boule de tissu serre dans sa main 
gauche.
	Sur son ordre, deux des filles empoignrent  
pleines mains la chevelure de l'Argentine et 
contraignirent celle-ci  relever la tte.
	- Te souviens-tu? demanda Ana en exhibant la 
culotte qu'elle dplia devant le visage contract de son 
ennemie.
	C'tait la l'objet responsable, pour une bonne 
partie tout au moins, de leur inextinguible inimiti. 
Ana l'avait conserv prcieusement durant toutes ces 
annes passes, dans le mme tat de salet, souill de 
taches bruntres aussi bien que jauntres, repoussant 
d'aspect tout autant que d'odeur. 
	Orlanda ne rpondit rien, mais ses traits 
exprimrent un mprisant dgot.
	Alors l'Aragonaise se fit apporter une cuvette, 
baissa un peu sa culotte, s'accroupit au-dessus du 
rcipient sans manifester aucune gne en la prsence 
de ses camarades, puis urina sur le vieux sous-
vtement vestige de son enfance malpropre. -Abre t 
la boca! ordonna-t-elle  Orlanda quand elle eut 
imbib le chiffon de ses djections liquides.
	- Nunca!... Jamais! refusa bien videmment 
l'Argentine sans pouvoir rprimer une grimace 
coeure, et les yeux lanant des clairs meurtriers.
	Sans plus insister, Ana fit un signe  ses 
complices qui pincrent le nez d'Orlanda, lui 
ouvrirent durement les mchoires, puis la tinrent 
ainsi jusqu' ce qu'elle et la bouche tout entire 
comble de l'infme billon, lequel on lui empcha de 
recracher au moyen de deux ou trois morceaux de 
toile adhsive drobe  l'infirmerie dont on lui scella 
les lvres.
	Nue, cartele sur la table, incapable d'aucun 
geste de dfense et rendue muette par la culotte 
dgouttante de l'urine cre qui ruisselait dans sa 
gorge et la soulevait de nause, Orlanda tait 
maintenant prte  subir les pleins effets de la 
vengeance de son irrductible ennemie.
	Les filles, excites, commencrent par pincer la 
belle Argentine avec une cruelle application, certaines 
le faisant des deux mains: qui aux cuisses, qui aux 
fesses, qui aux bras et aux aisselles, celles-l en 
profitant pour arracher quelques mches de poils 
soyeux, qui dans le dos, aux paules ou aux flancs... 
Ana s'tant rserv l'entre-jambes, deux de ses 
"lieutenants", non sans quelque peine toutefois, 
parvinrent, elles,  s'emparer des seins pour en 
crocheter sauvagement les pointes fortement 
saillantes.
	- Allez! Allez!... Serrez! Tordez!... Plus fort!... 
Faites-lui bien mal  cette sale Amricaine!... Je veux 
qu'elle conserve la marque des pinons durant des 
jours!... encouragea l'Aragonaise en y allant elle-
mme de bon coeur et de toute sa mchancet.
	Longuement, les couventines devenues furies 
supplicirent sans nulle relche d'intolrables 
pincements la nudit rvolte d'Orlanda qui, tour  
tour raidie  se rompre les nerfs ou tremblante de la 
tte aux pieds, ne pouvant que subir les treintes 
tenaillantes des doigts qui distordaient toutes ses 
chairs en de multiples endroits, gronda comme un 
fauve sur son excrable billon.
	De temps  autre, magistrale, une claque 
administre de toute la force d'un bras haut lev 
enflammait sa croupe ou l'une de ses cuisses et la 
faisait bondir dans ses liens.
	A un moment, cessant de lui torturer les lvres 
vaginales, Ana lui arracha une pleine poigne de poils 
prs de la vulve, puis une seconde dans le sillon 
fessier, la faisant par deux fois rugir d'insupportables 
souffrances.
	- Cela ira sous le verre avec la culotte! rit-elle en 
montrant  la ronde les petites touffes cuivres.
	Quand les bourrelles en herbe se furent un peu 
lasses de consteller le corps d'Orlanda 
d'innombrables marques brlantes, lesquelles, rouges 
d'abord, violaaient rapidement, elles achevrent de 
la "prparer" en lui lardant les fesses de dizaines et 
de dizaines de coups d'aiguilles. 
	Certes, toutes prirent assez de soin pour ne pas 
trop enfoncer les fines tiges d'acier  la pointe 
aciculaire, mais, pour tre superficiel, le traitement 
n'en fut pas moins extrmement pnible  la 
malheureuse jeune fille entrave, dont les cris 
s'accrurent aussitt sensiblement, et quand bien 
mme la culotte trempe d'urine et bourre dans sa 
bouche, continuant  remplir son dtestable office, 
s'opposait efficacement  la libration de ceux-ci.
	Alors l'Aragonaise sortit de son armoire un 
grand chapelet, de cette sorte de rosaire que certains 
accrochent parfois au mur ou qu'arborent  la taille, 
en guise de ceinture, les moines et les nonnes de 
quelques ordres rguliers.
	C'tait un bel objet, fait d'un solide cordonnet 
de chanvre retenant en bon ordre le nombre qu'il 
fallait de petites olives de buis, ainsi qu'une croix en 
son extrmit. 
	- Autant de coups que d'Ave et de Pater, plus dix 
pour la croix de Jsus! annona Ana  la cantonade. 
	- Corrige-lui bien le derrire,  cette grande 
prtentieuse, elle s'en montre assez fire! enchrit une 
fille.
	- Et les cuisses aussi! renchrit une autre.
	- Comme si l'on pouvait se glorifier d'avoir de 
grosses fesses! rit une troisime, que la rancune 
rendait injuste.
	- 11 faudrait qu'elle ne puisse s'asseoir d'une 
bonne semaine! espra une autre.
	- Comptez sur moi, les rassura la meneuse, je 
vais la soigner! Anda! 
	Au premier coup qui s'abattit sur son postrieur 
rebondi, et comme idalement prsent, tout entier 
ravag par les pinons et couvert d'un semis de points 
minuscules et rutilants, Orlanda se cabra follement 
dans ses liens en relevant la tte pour clamer sa 
douleur. Au second, qui percuta sa chair dja 
affreusement sensibilise par les supplices qu'elle 
venait de subir dja, elle soubresauta avec violence 
sur la table, puis elle continua  tressauter et se 
tordre,  bondir et se contorsionner en hurlant 
frntiquement sous les suivants, tous les suivants...
	Le supplice tait autrement plus prouvant, 
encore, que celui que Soeur Lorenza infligeait avec 
les lanires de son martinet de discipline, et pour 
prolong que ft ce dernier! 
	Sans cingler vritablement, le chapelet 
engendrait une quantit de meurtrissures 
innumrables qui talaient les chairs en profondeur, de 
manire insoutenable. 
	Orlanda eut bientt l'horrible sensation d'avoir 
la croupe rduite en charpie, pntre par les 
diaboliques billes de bois dur, mise  vif, dchiquete 
littralement.
	Cent soixante-quinze fois, le chapelet retomba 
avec violence et opinitret sur ses fesses offertes et 
trpidantes, jusqu' les faire suer une humeur 
sanglante.
	Enfin, la jeune fille sentait son esprit se perdre  
force de souffrances et proche de l'abandonner tout  
fait quand cessa la torture hideuse.
	Deux filles quittrent le dortoir, mais pour y 
reparaitre sous peu en tenant chacune d'un ct 
l'anse d'une grosse bassine de laquelle se dgageait 
une odeur infecte, une puanteur dtestable, et pour 
cause: le rcipient tait  demi plein d'excrments!
	Pendant ce temps, Ana avait exhib une 
imposante carotte ayant encore son panache de 
verdure, qu'elle avait pu obtenir en forant un peu la 
complaisance d'une plus jeune pensionnaire 
effectuant une pnitence mineure en assurant les 
corves de cuisine.
	Ayant fait carter largement les superbes fesses 
d'Orlanda, que le chapelet venait de dvaster, elle se 
prparait  lui planter le bout pointu du rigide 
lgume dans le fondement.
	Ce fut alors qu'une des filles eut la bonne ide 
d'user  nouveau des aiguilles, d'abord pour en 
fermer, de quatre ou cinq judicieusement enfonces, 
les paisses lvres de la vulve d'Orlanda, ensuite pour 
en piquer,  plus de vingt reprises et au sang, la 
couronne anale de cette dernire.
	Aprs ce surcrot d'ignominieux raffinements, il 
fut estim que le derrire de la victime pouvait tre 
par de la carotte.
	Orlanda serra dsesprment les fesses pour 
tenter de s'opposer  la pntration torturante et 
obscne de la racine conique, de belle longueur et de 
forte paisseur, mais en vain. Les doigts, qui 
s'agrippaient aux volumes de son postrieur pour en 
maintenir les volumes disjoints, non sans y enfoncer 
mchamment les ongles, lui trent tout espoir de 
pouvoir interdire la violation de son anus.
	L'Aragonaise poussa, poussa obstinment, tout 
en riant  grands clats, jusqu' faire disparatre aux 
trois-quarts la carotte dans le rectum violent, et 
rendu affreusement douloureux par les piqres, de sa 
victime au martyre.
	Mais pour la malheureuse Argentine atrocement 
mortifie, souffrant tout autant dans son orgueil que 
dans sa chair tourmente, le plus hideux tait encore 
 venir.
	- A prsent que la voil bien ferme, parfumons-
l! dcrta gaiement la vicieuse et implacable 
instigatrice de l'innommable brimade.
	Aussitt,  l'aide de cuillers et de spatules de 
bois, plusieurs filles se mirent en devoir d'taler sur le 
corps d'Orlanda l'ignoble bouillie extraite des 
latrines.
	N'pargnant aucun endroit, elles la 
badigeonnrent copieusement des pieds aux paules. 
Ensuite,  l'aide des liens qu'elles dnourent, mais 
conservrent en main, afin de ne point se souiller 
elles-mmes, d'autres la contraignirent  se retourner 
pour que ft accompli sur son devant ce qui venait 
d'tre fait  son derrire.
	Enfin, parachevant l'affreux ouvrage, Ana ne 
laissa  personne le soin de s'occuper du visage...
	Mconnaissable, tout entire recouverte 
d'excrments pteux et puant horriblement, Orlanda 
fut finalement libre.
	Sans demander son reste, elle s'enfuit en 
pleurant pour se ruer vers les sanitaires, la carotte 
plante entre les fesses, la vulve close par les aiguilles, 
toujours billonne de la culotte infme, courant  
perdre haleine, de faon grotesque, en se soutenant la 
poitrine et le ventre, semant sur son passage des 
gouttes pestilentielles, poursuivie par les rires, les 
lazzi et mille insultes de ses tortionnaires.
	Fort heureusement, les lieux d'aisance se 
trouvaient proches de son dortoir... et dserts.
	Longtemps, trs longtemps aprs s'tre dlivr 
l'anus du gros lgume sodomisateur, la vulve des 
aiguilles suppliciantes, la bouche de son excrable 
billon, elle resta sous la douche glace afin de se 
dfaire de la plus infime parcelle de matire fcale, 
dcelant toujours une trace ici et la, persistante, et ne 
parvenant pas  se dbarrasser de l'infme odeur qui 
lui emplissait les narines, et dont il lui semblait que sa 
peau ft  tout jamais imprgne. 
	Quand elle rintgra le dortoir, un bon moment 
plus tard, et non sans un certain courage, ignorant les 
intentions de ses tourmenteuses qui pouvaient trs 
bien avoir dans l'ide la reprise de ses preuves, toute 
nue, le corps douloureux, mais enfin lav de sa 
gangue nausabonde, toutes les filles s'taient 
couches, et nulle ne broncha. 
	Bien que la table et ses abords eussent t 
nettoys  grande eau, il flottait dans l'air confin de 
la salle de lourds relents, lesquels tmoignaient seuls 
du drame qui venait de s'y jouer  huis clos.
	Sans adresser de reproches  quiconque, sans 
prononcer un mot mme, Orlanda se mit au lit, 
ngligeant pour la premire fois d'enfiler sa chemise 
de nuit.
	Elle entendit, peu aprs, que Soeur Anglica 
gagnait sa loge, celle-ci tant bien loin, assurment, de 
souponner ce que l'une des lves de son dortoir 
venait de vivre, et, les yeux grands ouverts, secs 
d'avoir trop pleurs, le regard braqu sur le plafond 
haut que l'ombre dense lui drobait, elle porta ses 
doigts  sa chair intime douloureuse, se toucha et se 
caressa jusqu'au spame, puis encore et encore, en 
songeant au moyen de sa vengeance.
	Cette nuit-l, elle ne dormit pas.


L'IMPLACABLE REVANCHE 

	Le lendemain - et peut-tre de ce fait put-elle 
croire qu'enfin le destin lui tait propice - Orlanda de 
Cuendaes eut dja une petite joie, qui lui mit du 
baume au coeur et lui fit mieux supporter les douleurs 
lancinantes irradiant la presque totalit de son corps 
cruellement meurtri par les pinons, perc mille fois 
par les aiguilles, violent obscnement par la carotte, 
et surtout celles, plus poignantes encore, de sa croupe 
vivement endommage par le chapelet, dont l'tat lui 
rendait la position assise quasiment intolrable, sans 
parler de la torture que lui causait en permanence 
l'intime contact de sa culotte de coton, et cette autre, 
qui n'tait en rien physique, de son orgueil 
atrocement bless.
	Tout cela n'tait pas peu!
	Juste avant le repas de midi, heure de la 
distribution du rare courrier qui provenait depuis 
l'extrieur  l'adresse de quelques-unes des 
pensionnaires privilgies, on apprit qu'Ana del 
Eripol, au contraire de ce qui avait tout d'abord t 
prvu, devrait demeurer au sein de l'institution trois 
ou quatre, voire cinq semaines de plus, sa famille se 
trouvant dans l'impossibilit temporaire de la venir 
chercher, comme de la prendre en charge  la date 
convenue,  la suite de l'tat de sant de son vieux 
pre, lequel donnait aux siens de grandes alarmes.
	L'on mesurait,  de telles dcisions, l'importance 
qu'une fille, et davantage encore une fille dpourvue 
d'attraits, pouvait avoir dans de pareilles maisons!
	Outre le plaisir, comprhensible, sinon lgitime, 
aprs ce qu'avait t pour elle la soire de la veille, 
que donna  Orlanda la mine plutt dconfite de son 
ennemie, ce contretemps vint  point nomm pour lui 
accorder un dlais de dure non ngligeable. Ainsi, au 
lieu que de devoir se prcipiter  sa revanche, 
pouvait-elle  prsent attendre la meilleure occasion 
de procder  sa vengeance.
	En s'attachant ds lors, trs soigneusement,  ne 
rien trahir de sa jubilation, sans laisser percer la 
moindre trace de ressentiment envers aucune de ses 
compagnes, lesquelles n'taient d'ailleurs pour elle 
que des pions sans consistance qui se pouvaient 
retourner selon la force et la direction des influences -
, en devenant soudainement d'une conduite 
exemplaire afin que se relcht quelque peu la 
surveillance dont elle tait un objet constant de la 
part des nonnes, qui redoutaient, non sans raisons, ses 
imprvisibles clats - laquelle attitude ne manqua pas 
cependant d'intriguer les Dolorosas les plus crdules 
et prtes  croire  une faon d'intercession divine et 
miraculeuse -, elle fit en sorte d'endormir la mfiance 
de "la Eripol" qui, malgr le nombre de ses ples 
complices, n'tait qu' moiti rassure, tant elle savait 
combien elle pouvait peu compter sur ces dernires 
quand l'Argentine, en revanche, savait se montrer 
entreprenante et vindicative, parfaitement capable de 
braver n'importe quelle autorit, comme le plus 
terrible des chtiments, quitte  en ptir affreusement 
ensuite, en l'agressant au plein jour, au vu et su de 
toute la communaut.
	Que l'altire Orlanda de Cuendaes n'et pas que 
des qualits tait de loin une vidence. Nul au monde, 
la connaissant bien, se ft avis de soutenir le 
contraire. Mais nul non plus, pas mme Ana del 
Eripol, n'et pu lui dnier une franchise et un 
courage qui, souvent, doubls du plus vif orgueil, 
allaient jusqu' l'insolence et la tmrit.
	Quand l'Aragonaise, ptrie de disgrces en 
surface et moule de difformits morales  l'intrieur, 
avait cette arrogance bravache des petits et 
contrefaits qui se montrent glorieux lorsqu'ils se 
savent par d'autres protgs, mais lches et 
dissimuls alors qu'ils savent devoir ne compter que 
sur eux-mmes, l'Argentine ne reculait jamais devant 
rien ni personne, quelle que ft l'importance du 
danger qui la menat.
	Aussi, ses tendances de plus en plus marques  
la soumission sexuelle, au travers de la honte et de la 
souffrance, passaient-elles par une approbation 
implicite, et peut-tre mme inconsciente, de sa 
volont.
	Ana del Eripol avait eu la ncessit de sept 
complices afin de mener  ralisation son abominable 
projet; Orlanda de Cuendaes se suffisait  elle-mme, 
tant pour l'laboration de sa vengeance que pour la 
pleine et entire concrtisation de celle-ci.
	Nuit et jour, ds lors, elle guetta la venue du 
moment propice. Cependant, les jours et les nuits 
passaient.
	Orlanda commenait peu  peu  dsesprer et  
se prparer au risque d'une action publiquement 
perptre, quand l'occasion tant attendue se prsenta. 
Enfin!
	L'Aragonaise n'tait plus qu' sept jours de son 
dpart, dcid fermement cette fois, la date venant 
d'en tre dfinitivement arrte par sa famille du fait 
du rtablissement du vieux duc. Toute  la joie de 
quitter la sombre institution, finalement rassrne 
par le comportement de son ennemie, laquelle ne lui 
marquait qu'une froide indiffrence et n'avait,  
aucun moment ni d'aucune manire, tent contre elle 
le plus petit mouvement d'agression, pas mme 
lorsque certaines filles, soucieuses d'en rajouter, 
l'appelait sourdement Seorita Caca, elle avait 
quelque peu relch sa mfiance.
	Ce fut ce qui la perdit.
	En pleine nuit, assure de ce que toutes les filles 
du dortoir, et particulirement Orlanda, dormaient 
d'un sommeil profond, Ana se hasarda  se rendre 
seule aux cabinets d'aisance, dans la ncessit qui lui 
tait faite de se soulager sans pouvoir diffrer 
davantage.
	Mais comme toutes les nuits prcdentes, depuis 
prs d'un mois, et faisant preuve en cela d'une 
rsistance aussi farouche que remarquable, tant la 
soutenait la haine qui lui gonflait le coeur  le lui faire 
clater, Orlanda de Cuendaes ne somnolait que d'un 
oeil, surveillant sans relche l'objet excr de son 
ressentiment.
	Elle se leva donc  son tour ds que l'Aragonaise 
eut quitt le dortoir, nue ainsi qu'elle dormait 
dsormais en secret depuis la nuit tragique de son 
avanie, ne se donna aucune peine pour se couvrir du 
plus petit vtement, voyant dans sa nudit comme une 
sorte de dpouillement rituel, prit quelques objets 
que, se mettant au lit, elle plaait soigneusement 
chaque soir sous son traversin, passa comme une 
ombre claire devant le box de Soeur Anglica 
ronflant autant qu' l'ordinaire, et alla se poster dans 
les toilettes,  l'afft de celle qui, en cette 
circonstance, de chasseresse, tait devenue sa proie.
	Le bruit de l'eau verse, puis celui du broc 
mtallique repos sur le sol la prvint de l'imminente 
proximit de la seconde cruciale. Elle vit Ana sortir 
du rduit et s'avancer sans crainte dans la lueur 
blafarde de la lune filtrant au travers de la petite 
lucarne qui, mme en plein jour, n'clairait que 
chichement les lieux. Elle la laissa passer devant elle 
et, de l'ombre protectrice o elle s'tait un instant 
tapie, jaillit pour lui bondir dans le dos et la faire 
s'taler de tout son long, face contre les dalles, et la 
maintenir prisonnire en s'agenouillant sur elle afin 
qu'elle ne pt, virtuellement prive de souffle, crier et 
alerter tout le pensionnat. 
	Orlanda tait beaucoup plus grande, infiniment 
plus lourde et bien plus robuste que la chtive et 
disgracieuse Aragonaise, laquelle, seule  seule, et ne 
se trouvant de force qu'en sa duplicit et sa viprine 
mchancet, n'avait pas la plus infime chance de 
l'emporter. 
	La belle et fire fille vint aisment  bout du 
laideron.
	L'Argentine commena par billonner son 
ennemie terrasse avec une chaussette assez longue 
pour tre noue sur la nuque, puis elle acheva de la 
rduire  merci en lui liant les poignets sur les reins, 
non sans les serrer trs nergiquement au moyen 
d'une cordelette.
	Toujours sans prononcer un seul mot, Orlanda 
trana ensuite Ana sous une barre de mtal qui, sans 
que l'on st  quoi elle pouvait bien servir 
exactement, se trouvait scelle dans l'un des murs du 
local,  bonne hauteur en l'occurrence.
	Ayant remis sa victime sur ses pieds, elle 
l'attacha  cette sorte de potence improvise par... ses 
longs cheveux, qu'elle noua plusieurs fois sur eux-
mmes. Indiffrente aux rles touffs de celle-ci, 
ignorant ses grimaces dsespres, ses larmes grosses 
comme des pois, elle lui arracha sa chemise de nuit, 
dchira le vtement en lambeaux pour torsader une 
grande pice ainsi obtenue, mticuleusement, laquelle, 
aprs cela, elle alla tremper dans l'un des trous des 
latrines.
	A l'aide de ce linge mouill et copieusement 
souill, elle se mit  fouetter l'Aragonaise sur tout le 
corps,  grandes et vigoureuses voles, sans rien 
pargner, quoique en insistant sur les fesses et les 
cuisses, rougissant de plus en plus violemment la peau 
de cette dernire en mme temps que la maculant de 
djections coeurantes. Plusieurs fois, elle retourna 
aux trous d'aisance pour imbiber davantage le linge, 
et continuer le supplice, jusqu' ce que son bras ft 
lass de frapper.
	Alors elle revint dans le coin du local o elle 
s'tait dissimule pour y attendre son ennemie afin de 
rcuprer les objets qu'elle y avait dposs.
	Il y avait la un morceau d'une bougie,  mieux 
dire d'un cierge de bon diamtre subtilis dans la 
chapelle, une bote d'allumettes vole aux cuisines, 
une solide aiguille  coudre et une bobine de gros fil 
de lin, deux pingles semblables  celles dont se 
servaient les nourrices afin de fermer les langes de 
bbs drobes  l'infirmerie, tout cela lui tant 
maintenant ncessaire.
	Elle se rapprocha de la nudit prisonnire dont 
elle voulait tirer vengeance, sans nullement accorder 
d'importance  1"odeur infecte que celle-ci dgageait 
 prsent.
	S'en prenant tout. d'abord aux petits seins 
pointus, mais tout juste forms, de l'Aragonaise qui 
gmissait lamentablement, mais ne parvenait  faire 
entendre aucune parole distincte, elle en pina et 
tordit avec cruaut les mamelons trs sombres, puis 
les pera chacun d'une pingle, qu'elle referma 
soigneusement une fois mise en place, a la base du 
ttin congestionn par les torsions. Aprs cela, ayant 
allum la bougie, calme, rsolue, implacable, elle 
approcha la flamme de la toison intime, noire, 
luisante et frise, qu'elle enflamma. Une odeur de 
cochon grill se rpandit aussitt dans l'air lourd 
d'effluves nausabondes durant que les poils 
brlaient en grsillant. N'accordant aucune grce, 
elle approcha de nouveau la flamme jusqu' ce qu'il 
ne subsistt plus la moindre pilosit sur le bas-ventre 
ni entre les cuisses de l'Aragonaise hurlante sous son 
billon. Alors elle posa la bougie sur le sol afin que 
celle-ci continut  donner davantage de lumire, 
mais aussi que s'emplt de cire fondue la coupe 
profonde creuse autour de sa mche, passa une 
bonne longueur de fil de lin dans le chas de l'aiguille 
et,  genoux, rapprochant de son autre main les lvres 
rougies de la vulve de sa victime, elle se mit en devoir 
de les coudre ensemble sur toute leur hauteur, sans se 
proccuper aucunement des convulsions d'Ana 
vocifrant de nouveau  pleine gorge sur la 
chaussette. Cela fait, elle reprit en main la bougie 
pour l'incliner sur les seins infibuls, puis sur la vulve 
close, afin de noyer de cire brlante, mais bientt 
redurcie, les pingles et le lin, d'en arroser le corps ici 
et l en insistant particulirement une fois encore sur 
la croupe, alors que, girant follement en de vaines 
tentatives d'chapper  la torture, Ana emmlait 
toujours davantage sa chevelure. Enfin, ayant 
arrondi et model patiemment la cire  l'aide de la 
flamme avant de la souffler, elle carta largement les 
fesses plates, enfona peu  peu l'extrmit amincie, 
mais encore brlante du cierge dans l'anus de sa 
victime, puis poussa jusqu' ce que celui-ci dispart  
moiti dans le fondement violent...
	Alors, devant Ana del Eripol rlant et geignant 
sourdement, retenue  la potence par les cheveux et 
les mains lies, totalement incapable de se librer par 
elle-mme, les seins et le sexe martyriss, le corps 
verni d'abominable puanteur excrmentielle et tout 
entier douloureux, laqu ici et la par de longues 
coulures de cire refroidie et adhrente, le derrire 
empli par une bonne portion du cierge, Orlanda 
commena  se caresser en ondulant sur place, 
excutant, dans la joie malsaine que lui donnait 
l'accomplissement de sa vengeance et l'excitation 
charnelle que lui avait procure le fait de tourmenter 
la nudit de son ennemie, une espce de danse 
triomphale et lascive. Elle se frotta longuement les 
seins, les flancs et les hanches, jusqu' ce que son 
dsir de jouir devent le plus intense, puis carta les 
jambes et, roulant du bassin, donnant de petits coups 
de ventre en avant, gmissant sans retenue de son 
plaisir croissant et exhibitionniste, elle enfona deux 
doigts d'une de ses mains dans sa vulve et, de l'autre, 
captura son clitoris.
	L'orgasme la fit se raidir et se cabrer en jetant 
un cri rauque, une premire fois... puis une seconde... 
une troisime encore...
	Enfin, assouvie, sa vengeance accomplie, et sans 
plus s'intresser au devenir de l'Aragonaise qu'elle 
venait, pour faire bonne mesure, d'craser de la 
splendeur de sa nudit sublime par la volupt, 
Orlanda regagna tranquillement le dortoir silencieux.
	N'ayant veill l'attention d'aucune des 
dormeuses, et nullement non plus celle de la vieille 
Dolorosa qui ronflait toujours comme une forge au 
vent d'un soufflet, elle se glissa discrtement dans son 
lit pour s'y endormir bientt, un sourire satisfait aux 
lvres, sans prouver le moindre remord, sans la plus 
petite crainte concernant les suites prvisibles de son 
geste, et reposer enfin d'un sommeil profond, exempt 
de rve et rparateur, comme cela ne lui tait plus 
arriv depuis tant et tant de nuits passes en veilles 
attentives et anxieuses. 
	Au matin, cependant, la dcouverte de 
"l'infortune" Ana del Eripol puise, proche de 
l'vanouissement, cra un beau remue-mnage dans 
tout le pensionnat, et jusqu'au clotre, lequel se 
propagea comme une trane de poudre et mit 
l'ensemble du couvent dans le plus vif des mois. 
	De mmoire de Hermana del Dolor del Cristo, 
l'on avait jamais rien de pareil se produire parmi les 
lves!
	Mais quand, libre de son billon et de ses liens, 
dtache de la barre, non sans qu elle perdt du mme 
coup les trois-quarts de ses cheveux qu'il fallut 
couper prs de son crne  dfaut de parvenir  les 
dmler, quand elle fut dlivre des pingles et de 
l'offensante bougie, quand on lui eut enfin dcousu la 
vulve et qu'on l'eut dbarrasse,  grand-peine, des 
coulures de cire colle  sa peau enflamme, qu'on 
l'eut lave puis soigne de ses brlures, la victime put 
raconter par le menu, mais non sans force pleurs et 
sanglots et gmissements, les dsagrments de sa 
msaventure nocturne, et mieux encore nommer 
formellement l'unique responsable de ce haut fait 
vengeur, ce fut un authentique scandale qui clata 
pour secouer toute l'institution.
	Quoi qu'elle et eu  subir, Orlanda n'y tait 
effectivement pas alle de main morte... 

	Bientt somme de s'expliquer, en prsence de la 
directrice des tudes et de la Coadjutrice accourues 
en hte, la jeune fille ne tenta pas de se drober, ni 
mme de se justifier en dtaillant ce qu'elle avait eu  
endurer, un mois auparavant, du fait de l'Aragonaise 
et de celui de toutes les autres filles du dortoir. Au 
contraire, incapable de rprimer compltement un 
sourire de franche jubilation, elle reconnut volontiers 
son crime sans manifester le moindre soupon de 
remord.
	Car c'tait bien d'un crime qu'il s'agissait!
	Rapidement informe, et quoique sachant la 
vrit sur le fond de toute l'affaire par des 
indiscrtions qui la lui avait en partie relate peu 
aprs ce qui tait arriv  l'Argentine, la Prieure 
dcida videmment de svir avec la dernire nergie, 
cette fois, mais seulement contre celle-ci, non sans se 
souvenir,  propos, du rapport que lui avait fait la 
Coadjutrice concernant les observations de Soeur 
Lorenza.
	Premire coupable, et de ce fait responsable 
principale, mais non dnonce par sa victime d'alors 
et devenue victime  son tour au vu et au su de toute 
l'institution, dans l'imminence de son dpart, Ana del 
Eripol chapperait donc au chtiment... C'tait une 
injustice flagrante, sans doute aucun. Mais la chtier 
dans de telles conditions ne prsentait aux regards de 
Mre Redencin que fort peu d'intrt. Celle-ci savait 
ne rien pouvoir esprer de l'Aragonaise totalement 
dpourvue d'attraits, et dont aucune de ses 
ducatrices, jamais, n'avait remarqu la moindre 
tendance suspecte  prouver un quelconque plaisir 
dans la honte et la douleur.
	Il en allait tout diffremment pour ce qui 
concernait la trop belle et trop fire Orlanda de 
Cuendaes, laquelle ne se contentait pas que de 
souffrir lorsqu'on la fouettait, elle!
	Punir l'Argentine en ses formes superbes, la 
faire pleurer de honte et crier de souffrance, mais 
peut-tre rler d'pre volupt aussi, mater son 
orgueil, rduire sa volont, l'humilier et la 
contraindre finalement  se soumettre,  mendier 
pareillement la douleur et le plaisir, tait l une tche 
exaltante,  combien!
	Ds lors, la Prieure de Santa Teresa Del Judio 
ne songea plus qu' cela... 
LES ESPOIRS DE LA PRIEURE

	Quelque peu fanatique, mais bien loin d'tre 
stupide, pas plus que nave ni exempte de certains et 
pervers travers, qu'elle assouvissait de faon 
rgulire, voire quotidienne, de l'autre ct-de la 
porte secrte, avec celles des moniales et novices par 
elle leves au statut de favorites, faiblesses 
communes  la majorit de ses soeurs en religion, 
sinon connues de tout le couvent, Mre Redencin 
avait un esprit lucide et clairvoyant, encore que ptri 
de vices plus qu'empli de puret et de foi.
	Elle n'tait pas, en vrit, sans ressemblance 
avec cette abbesse dprave du couvent de 
Panthemont, cette Madame Delbne, initiatrice et 
incitatrice  la dbauche et au crime sexuel, dont  
parl le marquis de Sade en contant les aventures de 
Juliette dans les Prosprits du Vice.
	De ce fait, elle n'ignorait nullement, et pour 
cause, que beaucoup de Dolorosas recherchaient 
avidement, sans cesse et sans mesure, les plus grandes 
preuves dans le dessein - toujours inavou mais 
vritable - d'en jouir d'un plaisir coupable, et plus 
srement en tous cas qu'avec le pieux dsir de se 
mortifier avec sincrit et d'intercder, par leurs 
souffrances, auprs de leur Seigneur des Cieux, afin 
d'obtenir tout  la fois l'adoucissement des misres du 
monde, la rmission des pchs et l'appel d'un plus 
grand nombre dmes au paradis, la propagation et le 
triomphe de la religion.
	En ralit, outre la diffrence assez sensible 
existant entre la rgle applique aux moniales dites 
"rgulires", lesquelles demeuraient en permanence 
clotres, et celle, trs adoucie, que devaient observer 
les religieuses dites "tertiaires", qui taient  des 
fonctions diverses attaches au service de l'institution 
et en contact avec les lves, nonobstant encore la 
discrimination vestimentaire, qui distinguait les 
mres des simples professes, celle-ci des converses et 
ces dernires des novices, deux sortes de Dolorosas se 
ctoyaient dans les murs pais et hauts qui 
enfermaient... et abritaient, l'insolite communaut. 
Celles de la premire espce menaient une existence 
voue  la prire, aux pnitences et aux macrations 
qui, bien que faite de souffrances constantes, pouvait 
tre qualifie cependant d'admissible; mais celles de 
la seconde, qui se voyaient infliger, de leur plein gr 
ou quelque peu par la contrainte, des tourments quasi 
infernaux, vivaient en l'tat de ce ui n'tait rien moins 
qu'un perptuel et bienheureux martyre.
	Nature affectant de mpriser le sexe mais y tant 
asservie, mlange d'exaltation fanatique et de 
scepticisme sarcastique, alternance de pulsions 
masochistes et de volont dominatrice, Mre 
Redencin,  l'exemple de toutes les Prieures dont elle 
avait pris la succession, savait pertinemment que, 
sans ces volupts engendres par la douleur, que les 
Hermanas del Dolor del Cristo avaient licence de se 
faire octroyer sans limite de cruaut dans les locaux 
souterrains du couvent qui touffaient leurs cris, et 
dont l'aveu de la plus infime faute, fait avec une feinte 
componction lors de la confession publique, les 
renvoyait le aussitt dans les cachots d'expiation ou la 
Chambre de Misricorde pour y endurer les peines 
les plus rigoureuses, la presque totalit des religieuses 
de Santa Teresa Del Judio, dont quelques-unes, 
transfuges, avaient abandonn leur ordre d'origine 
afin de devenir Penitenciarias en ce couvent 
particulier, ne se fussent jamais fait professes.
	Celles que la folie de leurs sens jetait dans les 
plus frntiques et excessifs garements, rarement 
trs ges, ne quittaient pratiquement jamais le plus 
bas niveau du clotre o, jours et nuits, presque sans 
relche, les quatre Redentoras, transformes en 
d'authentiques et impitoyables tortionnaires, les 
faisaient hurler et se convulser dans les supplices les 
plus effroyables, mais lesquels les plongeaient au 
coeur de transes sexuelles dlirantes... quand ce 
n'tait pas, quelques fois, dans la flicit de l'ternit!
	Le dcs d'une Dolorosa ne donnait jamais lieu  
une quelconque forme d'enqute; il restait mme, 
dans les faits, absolument ignor  l'extrieur des 
murailles, le chapelain attitr du couvent,  
l'exception des soeurs, en ayant seul connaissance.
	En entrant en religion, et ses voeux 
dfinitivement prononcs, la Hermana del Dolor del 
Cristo mourait officiellement pour la socit aussi bien 
que pour sa famille avec laquelle elle n'avait plus, ds 
lors, aucune espce de relation. Ni cette dernire ni 
les autorits, tant ecclsiastiques que civiles, n'taient 
donc au fait du dcs rel d'une religieuse de Santa 
Teresa Del Judio, laquelle, s'tant clotre, ayant 
donn tous ses biens personnels au couvent, ne 
possdant plus rien, pas mme la robe et les voiles qui 
la couvraient, quand elle n'tait pas de celles  qui 
l'on refusait toute vture, n'avait plus depuis 
longtemps d'existence sociale lgale.
	Aprs que le chapelain - soigneusement choisi 
par les Mres prieures en fonction de certaines 
garanties pralables et secrtes, devenu bientt leur 
complice et mis dans l'incapacit de dnoncer quoi 
que ce soit sans se perdre lui-mme - eut donn les 
derniers sacrements  la dfunte, la dpouille parfois 
rvlatrice de celle-ci, toujours prive de vtements, 
tait alors inhume par ses soeurs dans les 
profondeurs souterraines du couvent, en une fosse 
unique et commune, recouverte avec de la chaux vive, 
puis cache sous une lourde dalle dpourvue 
d'inscription.
	Bientt, il n'en restait rien... qu'anonyme 
poussire.
	Pour celles qui survivaient  ce rgime 
dmentiel, dchir par le fouet  boeufs, corch par 
les crocs mtalliques armant les cordes ou les cuirs 
des disciplines, dilacr par les tenailles, tordu par les 
pinces, perc de mille aiguilles, brl de fers chauffs 
au rouge, cuit sur des lits ardents... tortur d'infinies 
autres manires, leur corps n'tait que plaies presque 
continuelles et jamais rellement guries, que l'on ne 
laissait se cicatriser, parfois, qu'afin de les mieux 
rouvrir.
	A Santa Teresa Del Judio, l'une des rgles 
voulait que, devant tre chtie en prsence de ses 
soeurs, une Dolorosa rclamt d'elle-mme les 
tourments les plus affreux. Aussi, et depuis les 
premiers temps de la fondation du couvent, la 
communaut s'tait-elle peu  peu dote de tous les 
instruments ncessaires et superflus. La collection 
dont disposaient Soeur Lorenza et ses non moins 
cruelles Comparses tait tout  fait impressionnante. 
La voyant, n'importe quel bourreau de l'ancienne et 
Sainte Inquisition en eut pli de jalousie.
	Ds lors, supputant, avec quelque raison, qu'il y 
avait en Orlanda de Cuendaes le germe de cette sorte 
de folie, lequel ne demandait sans aucun doute qu' 
tre cultiv afin d'clore vritablement, Mre 
Redencin vit l le moyen de conserver celle-ci au 
couvent, comme une candidate au noviciat tout 
d'abord, puis comme une novice et, peut-tre mme, 
comme une professe finalement, en lui faisant 
convoiter toute une vie de volupts extrmes et 
savoures dans tous les excs possibles, au coeur du 
souterrain et inviolable asile du clotre. 
	Mais, pour cela, il fallait obtenir que le tuteur de 
la superbe jeune fille consentt  la chose. Et, de ce 
point de vue, le scandale qui venait de survenir 
n'aurait pu mieux tomber. 
	Il importait peu que, plus tard, ses voeux 
prononcs, sa dot verse, son hritage obtenu, sa 
souffrance demeurt volontaire ou qu'il devnt 
ncessaire de la lui imposer, l'essentiel tant qu'elle 
souffrt et servt aux jouissances de celles qui 
connatraient de grandes volupts  la tourmenter! 
	Qui pouvait savoir?... Peut-tre parviendrait-on, 
sans la dompter tout  fait et eu gard  son 
caractre,  faire d'elle l'une de celles-l, qui savaient 
galement subir et infliger, puis une mre et, 
pourquoi pas, une future Prieure? 
	Quel que ft son devenir, Dieu... ou quiconque 
autre, saurait bien y trouver son compte... 
	Mre Redencln, au titre de Suprieure du 
couvent de Santa Teresa Del Judio, sa dcision bien 
prise, n'attendit donc pas davantage pour rdiger un 
courrier circonstanci  l'adresse de don Inigo de 
Villercuas, oncle et tuteur lgal d'Orlanda de 
Cuendaes, par lequel elle relata, sans trahir la vrit 
au point de mentir outrancirement, mais en usant 
artificieusement de ses immenses talents de casuiste, 
l'acte inqualifiable dont l'Argentine venait de se 
rendre coupable sur la personne de l'une de ses 
camarades de pension trop chtive de nature pour lui 
rsister, ajoutant ce qui n'tait rien moins qu'un 
crime, cette fois,  tant et tant d'autres fautes et 
manquements passs, ainsi qu'il ne l'ignorait pas.
	Elle s'attarda complaisamment sur la fragile 
constitution de la victime qui,  vingt ans, n'en 
paraissait pas quinze si l'on voulait bien n'en juger 
que par sa taille, comme sur le choc psychique, 
"parfaitement effroyable", que cette dernire avait 
subi tout au long de cette preuve "inimaginable", 
dont il tait  redouter qu'elle conservt, par ailleurs, 
des squelles physiques  jamais discernables. Elle ne 
ngligea, non plus, aucun dtail concernant le 
supplice des pingles et celui de la cire brlante, la 
destruction par le feu de l'intime toison, la couture 
des parties gnitales, la perte quasi-totale de la 
chevelure, mais elle passa pudiquement sous silence 
l'usage dernier fait du cierge, tout en laissant 
supposer le pire  son correspondant en prtendant 
ne pouvoir tout dcrire des autres svices "horribles" 
que cette malheureuse avait eu  endurer de la 
cruaut de sa bourrelle.
	Aprs cela, elle insista longuement sur la gravit 
de l'tat de fait constitu par cette dplorable 
aventure, laquelle, si elle venait  tre connue dans le 
monde, pouvait porter grand tort et prjudice 
extrme  l'institution dont elle avait la charge.
	Puis elle en vint  l'essentiel en arguant que le 
duc del Eripol, vieillard vnrable, passant pour avoir 
gard beaucoup d'influence auprs des instances de la 
Cour de Madrid - lequel duc del Eripol don Inigo 
devait trs certainement connatre -, ne manquerait 
pas de rclamer une exemplaire sanction contre 
Orlanda et, peut-tre mme, d'exiger qu'elle ft 
incarcre dans un tablissement de correction, ce qui 
ncessiterait que l'affaire ft dfre aux tribunaux. 
Pour cela, le duc dposerait une plainte afin qu'il y 
et procs pnal...
	Si l'on en venait l, comme il tait prudent de 
l'envisager, et  travers le nom de Cuendaes, quasi 
inconnu en Espagne, ce serait galement celui de 
Villuercas, fort glorieux, qui se trouverait dshonor.
	Aussi, pour viter autant que faire se pouvait le 
risque d'un pareil scandale, et pire encore d'une 
citation en justice correctionnelle, qui se doublerait, 
presque immanquablement, d'une action pour 
l'obtention de dommages et intrts auprs d'une 
juridiction civile, procs en chane qui seraient par 
consquence, et mchants journalistes interposs, fort 
prjuciables  la rputation de la sainte maison dont 
elle avait la charge non moins qu' celle des 
Villuercas, suggrait-elle de prendre les devants et de 
faire en sorte que la jeune rvolte ft punie sans plus 
attendre, trs rigoureusement, cela allait de soi, en 
mme temps que soustraite  d'ventuelles 
reprsailles hors les murs de Santa Teresa Del Judio 
exerces par la maison del Eripol.
	Pour cela, poursuivait-elle, il tait donc 
souhaitable qu'Orlanda de Cuendaes demeurt 
quelques temps au couvent, non plus au pensionnat, 
ce que son ge interdisait dsormais, mais au clotre 
et en probation du noviciat, en esprant que l'motion 
cre par son acte se calmt d'elle-mme, au besoin en 
accordant aux reprsentants de la maison del Eripol 
d'apprcier par eux-mmes la svrit du chtiment 
inflig  celle-d, ainsi qu'en versant au bnfice de la 
victime une somme suffisante et susceptible de 
dsintresser le duc d'engager des procdures qui, 
d'une manire ou d'une autre, seraient nuisibles  
tous...
	Elle se faisait fort, quant  elle, de remontrer 
qu'un procs ne pourrait que faire galement tort  
Ana qui, bien videmment, devrait non seulement 
tmoigner et relater des faits prjudiciables  son 
orgueil et sa pudeur, mais pis encore se laisser 
examiner trs minutieusement et trs... intimement 
par les experts mdicaux.
	Aprs quelques mois, un ou deux ans, cinq tout 
au plus, Orlanda de Cuendaes serait toujours libre 
d'abandonner l'habit de novice et de retourner au 
monde,  condition que ce tt aux Amriques...  
moins que, d'ici l, la grce ne la toucht et ne la 
conduist  prolonger son noviciat dans l'attente de 
prononcer ses rvoeux dfinitifs, ce  quoi, trop bon 
chrtien qu'il tait, don lnigo ne s'opposerait 
certainement pas, d'autant que cette solution aurait 
l'avantage de le dcharger  jamais du souci d'tablir 
sa pupille. Dans cette ventualit, le Chapitre de 
Santa Teresa Del Judio tait tout dispos, par avance, 
et faisant en cela une entorse  sa rrgle,  ne pas 
rclamer la totalit des biens de l'orpheline, ceux-ci 
pouvant en la circonstance particulire tre l'objet 
d'un partage quitable entre lui et le couvent... ce  
quoi Orlanda, en devenant Hermana del Dolor del 
Cristo professe, ne manquerait dassurment pas de 
consentir par crit. Pour l'immdiat, elle engageait 
don Inigo de Villuercas  lui donner un accord de 
principe quant  ces propositions, avant cinq jours s'il 
le pouvait, ainsi que, et  tout le moins, reconduire la 
permission qu'il avait dja de lui-mme concde, 
mais relative en l'occurrence  l'application  sa 
pupille d'un rgime se rapprochant de celui d'une 
Dolorosa ordinaire, afin que celle-ci pt tre soumise 
aux mortifications normalement en usage dans le 
clotre.
	Bien videmment, elle se garda prudemment de 
prciser, par crit, la nature des dites mortifications. 
Mais elle ne pensait pas que don Inigo, chaudement 
recommand en son temps par ce gnral vivement 
attach au devenir du couvent - et plus influent que 
jamais depuis la mise en place de la dictature 
militaire du gnral Primo de Rivera - dont la fille se 
trouvait  prsent dans les rangs des novices et la 
femme tre l'une des plus assidues parmi les 
pnitentes qui venaient scrupuleusement, trois fois 
l'an, faire retraite derrire ses murs, pt ne pas 
deviner entre les lignes ce qu'elle entendait lui faire 
comprendre sans le lui pouvoir autrement dire.
	Ayant relu son ptre avec le plus grand soin, 
elle entreprit alors de rdiger un second courrier  
l'adresse, cette fois, du duc del Eripol.
	Satisfaite assez, elle cacheta l'une et l'autre 
missive, appela la tourire et lui ordonna de faire en 
sorte que cette double et prcieuse correspondance 
ft poste le jour mme, ce qui contraignait la 
religieuse  une marche d'au moins cinquante 
kilomtres aller et retour. Ainsi, elle pouvait compter 
en obtenir rponse d'ici  trois ou quatre jours si, 
comme elle avait toutes raisons de le penser, l'oncle 
d'Orlanda ne perdait pas de temps en vaines 
rflexions et hsitations. Quant au duc, ce dernier 
pourrait ainsi lui faire connatre, par l'intermdiaire 
de la personne qu'il chargerait de venir chercher 
Ana, si oui ou non il consentait aux arrangements 
qu'elle lui proposait.
	Ensuite elle commanda  l'une de ses Discrtes 
de veiller  ce qu'Orlanda soit retire des locaux de 
l'institution, dpouille de ses vtements de 
pensionnaire, vtue comme une postulante, puis 
place au secret, sans plus de retard, dans l'une des 
cellules souterraines du clotre.
	Alors, un sourire indfinissable lui venant aux 
lvres, elle songea que, si les galres faisaient le 
galrien, le couvent faisait la nonne... 


LIVRE TROISIEME 
LA POSTULANTE CONTRAINTE 

Au clotre on souffre pour jouir. 
Victor HUGO. 

VISITE AUX ENFERS 

	Orlanda n'tait plus pensionnaire; elle n'tait 
pas encore novice.
	Contre son gr, ou du moins sans que l'on se 
soucit de son dsir ni qu'on lui en et rien dit, il 
semblait que l'on voult l'assimiler  une postulante.
	Elle s'tait prpare  ce que la Prieure la 
convoqut, lui fit une fois de plus un long sermon, 
puis l'envoyt  Soeur Lorenza pour une Grande 
Mortification.
	Au lieu de cela, Mre Cruz l'avait ramene dans 
le dortoir dsert par ses compagnes, lui avait 
ordonn d'ter l'uniforme de l'institution et ses sous-
vtements, de se mettre toute nue. Elle lui avait 
montr comment nouer autour de ses reins, en le 
faisant passer entre ses cuisses, le long morceau de 
toile crue servant de pagne intime aux religieuses  
qui le port de la culotte tait refus; elle lui avait fait 
enfiler une robe de lainage blanc, serre  la taille par 
une corde brune, fait coiffer un bonnet de mme 
couleur que la robe, puis ainsi vtue, telle une 
postulante dont la tenue diffrait de celle d'une novice 
par la privation du fronteau, de la guimpe, du voile et 
du crucifix de poitrine, ignorant ses timides 
interrogations, l'avait conduite dans les souterrains 
du clotre pour l'enfermer, sans donner aucune 
explication, dans cette cellule o elle se trouvait 
dsormais, seule.
	Toutefois, la jeune fille ne se faisait aucune 
illusion. Elle avait une trop longue connaissance des 
rgles et habitudes de Santa Teresa Del Judio pour 
conserver le moindre espoir d'viter le chtiment 
qu'allait lui valoir, et pour retard qu'il ft, sa 
vengeance contre l'Aragonaise.
	La cellule dans laquelle Mre Cruz l'avait 
enferme comprenait un lit de fer dont le sommier 
tait un treillage galement mtallique, sans paillasse 
ni drap ni couverture, un broc d'eau en terre pos sur 
le sol de pierre sommairement aplanie, un vase de 
commodits et un grand Christ en croix accroch sur 
l'un des murs. Prs du plafond, une troite lucarne 
garnie de. barreaux entrecroiss, sans vitre, donnait 
un peu de clart  cet endroit si semblable  une 
prison. 
	Orlanda avait pu voir, en arrivant la, que cette 
cellule se trouvait incluse dans un ensemble qui en 
comportait plusieurs autres, mais aucun bruit ne lui 
parvenait de nulle part, pas mme des cellules 
contigus  la sienne.
	Les heures passrent, mornes et silencieuses, 
durant lesquelles elle fit mille conjectures sur son sort 
futur, se posa mille questions, toutes sans rponse. 
Celles qui se rapportaient  une possible dcision de 
son tuteur ayant choisi pour elle la clture perptuelle 
l'angoissaient plus que tout autre. Flle savait qu'il 
faudrait de longues et sinistres annes avant que, 
longtemps aprs sa majorit, finalement rsignes par 
son refus obstin de prononcer ses voeux, les 
Dolorosas n'acceptassent de lui rendre la libert. Mais 
le soupon que ces dernires pussent la garder malgr 
cela prisonnire n'tait pas non plus sans l'effleurer et 
lui faire prouver alors une torturante anxit.
	Le crpuscule commenait  obscurcir la pice 
exigu lorsqu'un bruit de lourds verrous manoeuvrs 
attira l'attention de la recluse, laquelle vit la porte 
s'ouvrir et donner passage  une Dolorosa brune dont 
on et pu croire qu'elle tait le reflet de Soeur 
Lorenza, tant elle ressemblait par la corpulence et la 
laideur  cette dernire, ayant aussi un martinet 
suspendu  sa ceinture. Une autre religieuse suivait la 
forte converse, beaucoup plus jeune, qui apportait un 
plateau sur lequel taient des aliments. Celle-ci 
n'avait pour tout vtement que ses voiles et un troit 
scapulaire de crin, qui lui couvrait tout juste le 
devant et l'arrire du corps; garni de boules de plomb 
dans ses parties infrieures, le cilice frottait sur la 
peau de la nonne dont, sans la voir, on pouvait 
aisment deviner combien elle devait en tre irrite.
	La moniale en pnitence dposa le plateau de 
bois sur le sol devant Orlanda, et, durant qu'elle 
s'inclinait, que l'arrire du scapulaire de crin glissait 
sur ses reins et les dcouvrait un instant, la jeune fille 
put apercevoir ses fesses nues sillonnes de marques 
de fouet. Puis les deux Dolorosas se retirrent, sans 
qu'aucune d'elles n'et prononc le moindre mot.
	Orlanda avait faim; elle mangea.
	La nuit vint et avec elle la cellule fut plonge 
dans les tnbres.
	Mme en demeurant vtue de sa robe, la jeune 
fille ne pouvait esprer reposer tranquillement sur les 
mailles de mtal qui constituaient sa rude couche; elle 
s'endormit pourtant.
	Ce fut le claquement de la serrure qui l'veilla, 
en sursaut. Dans la cellule l'ombre tait toujours 
totale. La lourde porte s'ouvrit et la puissante stature 
de la converse s'inscrivit dans le rectangle de clart 
provenant du corridor.
	Pour la premire fois, la Dolorosa brune 
s'adressa  Orlanda et lui fit entendre le son de sa 
voix.
	- Je suis Soeur Pilar, une Redentora, dit-elle. 
Allons, viens, il te faut maintenant aller prier.
	Et, certaine d'tre obie, elle se retourna. A la 
chapelle de la surface, o le prtre attach au couvent 
venait chaque matin dire la messe pour les religieuses 
de l'institution et les couventines, lequel tait 
d'ailleurs drob  la vue de celles-ci par un rideau de 
serge noire d'au moins quatre mtres de haut, 
correspondait un autre lieu de culte souterrain ou 
descendait galement le chapelain pour la clbration 
du mme office, dans les mmes conditions 
d'isolement,  l'intention des nonnes clotres. 
	La, au coeur de cette chapelle spulcrale creuse 
dans le roc, dpouille de tout ornement, qui ne 
comportait aucune statue ni aucun sige, o se 
voyaient seuls un poteau, un brasero et un immense 
Christ dress au-dessus, de l'autel - simple bloc taill 
dans le granit, nu et froid - dans l'ombre  peine 
dissipe par quelques bougies  et la plantes sur des 
chandeliers de fer et la petite lumire rouge du Saint- 
Sacrement suspendue  la vote par une chane, trois 
religieuses se tenaient constamment et se livraient 
ensemble durant vingt-quatre heure, jusqu' ce que 
trois autres vinssent les remplacer,  l'Adoration 
Perptuelle et  la Rparation des pchs du monde, 
que n'interrompait pas mme la messe dite de l'autre 
ct du rideau qu'alors on tendait. 
	Les Hermanas del Dolor del Cristo n'taient pas 
les seules  faire cela; d'autres ordres se livraient 
galement  l'Adoration Perptuelle et  la Rparation. 
Mais les Dolorosas taient sans doute uniques  
procder  cette constante prire dans les conditions 
que leur imposait leur rgle inhumaine. Hors les 
Penitenciarias, qui enduraient tant d'autres et plus 
terribles preuves, les converses et les novices, aucune 
religieuse, grise ou noire, n'en tait dispense, quand 
bien mme elle ft au service des pensionnaires de 
l'institution. 
	Au premier coup de minuit, trois Dolorosas 
pntraient ensemble dans le sanctuaire souterrain, se 
dvtaient et se dvoilaient pour ne conserver que le 
fronteau. Ainsi, nue, l'une allait remplacer, devant 
l'autel, sa soeur qui priait  plat ventre, face contre 
terre et les bras en croix; une autre s'approchait du 
poteau qui, un peu en arrire, fich solidement dans 
le sol et surmont d'un cierge brlant en permanence, 
tait pourvu de deux courtes chanes ayant chacune  
leur extrmit une forte pince de mtal sombre, dont 
la pression des mchoires tait assure par une vis. 
Prenant la suite de celle que l'on librait alors, et qui 
souvent, puise de souffrances, rlante, pendait  
demi au bout des chanes tout en treignant 
dsesprment des deux mains ses pauvres seins 
torturs et sanglants, cette nonne se laissait fixer par 
la troisime une pince  chaque mamelon, joignait les 
mains et, les traits grimaant de douleur, attendait la 
premire cingle de la discipline. La troisime 
recevait enfin le martinet aux lanires de cordes 
armes de noeuds, comptait  voix basse et trs 
lentement jusqu' dix, frappait celle qu'elle venait 
d'entraver cruellement au poteau par les mamelles, 
comptait de nouveau et frappait encore, durant que 
les religieuses qui venaient d'tre releves, les paules, 
le dos, les reins, les fesses et les seins mis  vif et 
saignant, se rhabillaient et quittaient les lieux d'un 
pas chancelant. 
	De la sorte, durant deux heures, l'une priait, 
l'autre souffrait et la troisime flagellait. A la fin de 
ce temps, mesur par le sablier que la fouetteuse 
retournait, et dont la poudre grise mettait exactement 
une heure pour passer de l'ampoule suprieure  
l'ampoule infrieure, cette dernire posait la 
discipline, librait les seins martyriss de celle qui 
tait au poteau et s'y plaait elle-mme. La religieuse 
qui venait d'tre fouette allait prendre la place de 
celle qui se relevait devant l'autel et qui,  son tour, 
allait entraver par les seins la moniale en attente, 
saisissait le manche de la discipline, comptait jusqu' 
dix, et cinglait la nudit tressaillante.
	Deux heures aprs, les trois Dolorosas 
permutaient de nouveau, ainsi pendant un jour entier 
priant, souffrant et punissant sans relche.
	Il arrivait assez frquemment que, durant la 
troisime ou quatrime sance de flagellation, l'une 
des religieuses perdt connaissance. Alors celle qui 
fouettait prenait le fer plong dans le brasero et en 
touchait les fesses de la pme qui, sous la douleur 
cause par la brlure subite et intolrable, revenait  
la vie... et  la conscience de sa souffrance. 
	Minuit avait fini de sonner et la relve de 
s'achever depuis peu, lorsque Soeur Pilar fit entrer 
Orlanda dans la chapelle dont le silence n'tait 
troubl que par le bruit de la discipline cinglant la 
peau nue et les gmissements que la religieuse 
flagelle, debout devant le poteau et les mamelons 
douloureusement captifs des fortes pinces, ne pouvait 
dja plus entirement rprimer.
	Obissant docilement  la Redentora, la jeune 
fille s'agenouilla sur les dalles  six pas en arrire du 
poteau de la Rparation, puis pria ainsi que l'on 
attendait qu'elle le ft,  voix haute et  l'unisson avec 
la nonne prosterne, grenant les uns aprs les autres 
les interminables Ave et Pater du Rosaire sans cesse 
recommenc.
	Aucune des trois religieuses ne parut remarquer 
sa prsence, pas plus que l'entre et le dpart de 
Soeur Pilar. L'une continua  prier  plat ventre sur 
les dalles glaces, l'autre  gmir sous les coups de 
discipline brlants, la troisime  compter et fouetter, 
sans colre ni piti.
	Au coup solitaire que la cloche de la chapelle fit 
rsonner  une heure du matin, les trois religieuses 
cessant de prier, de se plaindre et de fouetter, dirent 
ensemble:
	- A une heure comme  toute heure, soit lou et 
ador le Saint Nom du Seigneur Jsus Christ et que 
son amour enflamme mon coeur!
	A deux heures, puis  toutes les autres heures, la 
mme scne se renouvela fidlement.
	De la sorte, de plus en plus violemment trouble 
par la nudit qui tressaillait, sursautait et se tordait 
sous les coups de discipline, les plaintes qui 
devenaient cris, mais ne pouvant satisfaire aux 
regards de la fouetteuse l'envie de se caresser qui 
l'obsdait et la tourmentait, Orlanda vit chacune des 
Dolorosas passer au poteau avant que, six heures plus 
tard, Soeur Pilar ne revnt la chercher pour la 
conduire, les genoux douloureux et les jambes 
engourdies, titubante, dans une salle inconnue et non 
moins exigu que sa cellule, dpourvue de tout 
mobilier mais ayant en son centre une sorte de cuve 
en bois  demi pleine d'eau. Aprs s'tre lave, non 
sans grelotter et claquer des dents d'avoir d se 
plonger dans le liquide glac, elle fut ramene dans sa 
cellule o, peu aprs, la converse reparut 
accompagne de la religieuse au cilice, qui lui 
prsenta un bol de bois empli de soupe chaude, mais 
sans que, de nouveau, l'une ou l'autre ne lui adresst 
la parole. 

	Les heures de cette seconde journe s'coulrent 
dans un gal et pesant ennui entrecoup de courtes 
somnolences, jusqu'au repas du soir, apport et 
prsent de mme manire que celui de la veille. 
	A minuit, il y eut le rveil, les corridors 
parcourus derrire Soeur Pilar, la chapelle, les 
Dolorosas nues de l'Adoration Perptuelle et de la 
Rparation... 
	Puis la journe du lendemain fut en tous points 
identique, et celle du surlendemain pareillement. 
	Dans le cinquime jour de sa rclusion, Orlanda, 
qui s'tait un instant assoupie, sursauta brusquement 
en entendant le verrou de sa porte tre manoeuvr  
un moment inhabituel. 
	Croyant avoir sommeill plus longuement qu'il 
n'y paraissait, et bien qu'un rayon de soleil oblique 
clairt sa cellule, elle s'attendit  voir Soeur Pilar en 
compagnie de la moniale en pnitence, mais ce fut une 
religieuse qu'elle ne connaissait pas qui pntra dans 
sa cellule, une Dolorosa noire qu'elle n'avait mme 
jamais aperue, nulle part, mais qui tait jeune 
encore et surtout trs belle.
	- Ut voci Christi, dit la nonne d'une voix douce. 
	- Ad primum signum, rpondit naturellement 
Orlanda, sans y penser, tant l'habitude, durant toutes 
ces annes passes, lui en tait venue. 
	- Ma soeur, reprit la Dolorosa de la mme voix 
dpourvue de toute svrit, je suis Soeur 
Misericordia. Notre Trs Rvrende Mre prieure, 
que Notre Seigneur Jsus-Christ l'ait en sa sainte 
garde, m'a command de vous montrer nos soeurs 
voues au martyre. Vous avez gravement offens le 
Seigneur, ma soeur, en vous abandonnant aux 
instincts de la vengeance, et vous devez 
prochainement en tre punie... fort rigoureusement, 
je crois. Il ne m'appartient pas de vous juger et je n'ai 
contre vous aucun ressentiment d'aucune sorte. Je ne 
me sens pour vous qu'amour et, pour cela justement, 
je vous incite  puiser dans ce que vous allez voir le 
courage de supporte, le moment venu, les preuves 
qui vous seront imposes en pnitence. Que le 
Seigneur soit avec vous!
	- Et avec votre esprit! rpondit de nouveau 
Orlanda machinalement.
	Elle savait, aprs cela, qu'il ne lui restait plus 
qu' obir et se soumettre. 
	Soeur Misericordia se retournant et se mettant 
en marche dans le corridor sans rien ajouter, elle la 
suivit. 
	Elles prirent tout d'abord la direction de la 
chapelle souterraine, mais  un moment obliqurent 
dans une galerie s'ouvrant sur la droite, puis dans une 
autre, toujours  droite, jusqu' une porte basse, 
comme crase par une norme voussure en arc plein, 
que la nonne ouvrit et poussa  grand-peine.
	- Ceci sont nos Enfers, dit Soeur Misericordia de 
sa voix douce.
	Et cette douceur mme applique  ce mot fit 
frmir Orlanda. 
	A peine la lourde porte fut-elle entrebille, 
qu'Orlanda entendit les cris et les gmissements de 
toutes celles que, dans ces lieux, l'on soumettait aux 
supplices prtendument rdempteurs des pchs du 
monde et censs rappeler ceux que les damns 
subissaient aux mains des dmons pour l'ternit.
	Soeur Misericordia referma la porte derrire 
elle et entrana  sa suite l'Argentine au long d'une 
large galerie vote, que n'clairait, de loin en loin, 
que la lumire qui s'chappait de certains cachots 
ayant leur huis ouvert.
	En se rapprochant du premier de ceux-ci, et les 
cris de douleur qui en sortaient devenant plus nets, 
Orlanda frissonna de tout son tre en ressentant une 
bien trange sensation, laquelle mlait de faon 
confuse l'angoisse et l'excitation de se trouver pour la 
premire fois dans cet endroit oppressant, qui d'une 
certaine manire recelait la raison d'tre du couvent, 
et d'y voir des femmes tortures.
	Bien qu'elle se ft prpare au pire, croyait-elle, 
elle suffoqua littralement  la vue du spectacle qui 
s'offrit bientt  ses regards incrdules.
	Dans un local de dix pas carrs, assez vivement 
clair par trois ampoules nues pendant  leurs fils, 
sans autre issue que l'paisse porte pour le moment 
largement dclose, deux Penitenciarias se 
tourmentaient mutuellement et cruellement. La plus 
jeune des deux, autant qu'il pouvait en tre jug aux 
fltrissures de ses attraits,  son visage dform par la 
souffrance et ruisselant de larmes, n'avait assurment 
pas moins de cinquante ans. Entirement nues, rases 
et dpouilles de toute pilosit corporelle, elles se 
trouvaient disposes face  face,  califourchon sur 
l'arte vive d'un gros chevalet  la section 
triangulaire, un gros poids de fonte attach  chacune 
de leurs chevilles. Leurs seins taient crass entre 
deux planchettes runies  leurs extrmits par un 
systme de serrage  vis; accroche  l'anneau fix au 
milieu de la planchette suprieure de la presse odieuse 
suppliciant la poitrine de l'une, une chane montait  
la vote, passait dans la gorge d'une poulie, puis 
redescendait pour retenir haut levs les bras de 
l'autre, aux poignets entravs de fers. De la sorte, 
l'entre-cuisses atrocement entam par l'arte de bois, 
laquelle pntrait davantage dans ses chairs dlicates 
en raison des poids tirant ses jambes vers le bas, 
chacune des religieuses faisait des efforts pour tenter 
de diminuer l'insoutenable torture impose  sa vulve 
et, les deux mains agrippes  la chane accroche  
ses poignets, pesait de toutes ses forces pour essayer 
de se soulever, imposant du mme coup un surcrot de 
douleurs pouvantables aux seins de sa compagne. De 
cette faon, ni l'une ni l'autre ne connaissaient le 
moindre rpit; soit il leur fallait se laisser aller et 
endurer l'abominable supplice de leurs parties les 
plus intimes sur le chevalet tach de leur sang, soit 
elles s'octroyaient une non moins hideuse souffrance 
en se torturant la poitrine.
	Et pourtant,  un moment, l'une d'elles se 
raidissant davantage, et dans un brame bien diffrent 
des cris que lui arrachait la seule douleur, cessant de 
tirer sur la corde et pesant de tout son poids sur 
l'arte suppliciante, hurla  sa soeur qu'elle la ft 
souffrir plus encore. Alors celle-ci s'agrippa de toutes 
ses forces  la corde pour lui tourmenter plus 
cruellement les seins et jeta un regard intense  Soeur 
Misericordia qui, sans dire un mot, alla prendre un 
martinet pendu au mur, revint se placer derrire la 
Penitenciaria beuglante et bafouillant des propos 
inintelligibles, puis la cingla vigoureusement aux 
reins, la conduisant bientt au but et lui faisant 
avouer sa jouissance aberrante tout en mouillant le 
chevalet d'une onde gnreuse qui dlaya son sang. 
	- Par piti... ma Soeur, ahana presque aussitt la 
martyre, par piti je vous... en... conjure!... Punissez-
moi!... Puni... ssez-moi de ce... plaisir qui vient... de... 
de m'emplir et auquel... je n'ai... pas droit! 
	Ne manifestant ni refus ni assentiment, la 
Dolorosa se mit alors en devoir de la fouetter de part 
et d'autre des flancs, alternativement de gauche et de 
droite, de sorte que l'extrmit des lanires vinssent 
lui meurtrir les seins. Durant de longues minutes, le 
surcrot de chtiment se poursuivit de la sorte, 
provoquant les convulsions et les clameurs de la 
Penitenciaria. 
	Sans faire aucun commentaire, Soeur 
Misericordia cessa puis retourna suspendre 
l'instrument de supplice  son crochet, laissa Orlanda 
se pntrer de ce spectacle hallucinant, puis elle 
l'entrana vers la porte ouverte d'un second cachot 
d'o sortaient des hurlements tels qu'on avait de la 
peine  imaginer qu'ils pussent tre pousss par une 
gorge humaine. 
	La femme qui vocifrait de la sorte tait couche 
 plat ventre sur une sorte de long et large banc de 
bois pourvu  l'une de ses extrmits de deux 
montants verticaux de fer. A ces montants, et aprs 
qu'on lui eut fait ployer les genoux, on avait 
solidement attach ses jambes, au-dessus du mollet et 
 la cheville, ce qui l'obligeait  prsenter la plante de 
ses pieds, laquelle plante des pieds une converse 
frappait d'une badine souple de noisetier. Mais ce 
supplice, hrit des Turcs, n'tait pas seul responsable 
des hurlements trbrants de la Penitenciaria. Les 
bras retourns dans le dos et les poignets lis 
ensemble  une corde qui, en passant entre ses 
jambes, allait s'enrouler sur un tambour assujetti au 
bti de torture, les paules atrocement distendues et 
le dos pniblement incurv, elle avait galement les 
mamelons clous au bois du banc. Tout en lui 
frappant la plante des pieds, et lui infligeant de la 
sorte une douleur insoutenable, la Redentora 
aggravait son supplice en tournant de sa main libre la 
manivelle du tambour sur lequel s'enroulait un peu 
plus la corde qui faisait se ployer davantage la 
malheureuse et accroissait la tension de ses seins 
retenus captifs du banc par les fortes pointes. 
	Alors que, ptrifie, Orlanda ne pouvait 
dtacher ses regards de la religieuse affreusement 
tourmente, la Redentora, dont elle ignorait le nom, 
cessa de cingler le dessous des pieds ensanglants de 
sa victime qui jetait de tous cts sa tte aux cheveux 
coups court et s'poumonait  crier, vint  la 
hauteur de la poitrine hideusement tire de celle-ci 
et, sans la moindre hsitation, avec une prcision 
dmoniaque, abattit la badine sifflante sur les deux 
ttins congestionns et fortement enfls des mamelons 
percs de clous et ruisselants de sang. La 
Penitenciaria rejeta la tte en arrire de ses paules 
distendues, ses yeux s'exorbitrent et sa bouche 
s'ouvrit dmesurment, mais elle ne cria pas tout de 
suite; le souffle coup par l'effroyable douleur, elle 
vibra de tout son corps, hoqueta et parut s'touffer, 
hoqueta encore, puis libra une clameur de bte qui 
emplit le cachot et fit se lever de chair de porte 
l'piderme d'Orlanda. 
	De nouveau, l'esprit perdu, tremblante d'effroi, 
mais ressentant plus vivement en elle un trouble 
ressemblant de plus en plus  une forme d'excitation 
sexuelle, l'Argentine suivit Soeur Misericordia 
jusqu' la porte ouverte d'un autre lieu de gehenne.
	La, trois religieuses s'auto-flagellaient. Nues 
bien videmment et comme les autres le corps ras et 
prives de pilosit, la plus jeune pouvant avoir une 
trentaine d'annes et la plus ges  peine quarante, 
celle-ci tonnamment grasse pour une femme 
constamment soumise aux pires svices physiques, 
chacune d'elles tait maintenue, le bras gauche lev 
au-dessus de la tte, par une corde lie  son pouce, la 
main droite arme d'une espce de chat  neuf 
queues. De la sorte, places  bonne distance les unes 
des autres, en cercle, elles se cinglaient mutuellement 
et, de toute vidence, autant de force qu'elles en 
taient capables.
	Cependant, bien qu'emplissant le cachot de cris, 
de sanglots et de gmissements, lesquels se mlaient 
aux sifflements et aux claquements plus ou moins 
sonores des lanires sur leurs corps tressautants, elles 
ne devaient pas se flageller ainsi depuis longtemps, 
car leurs nudits ne portaient que des marques 
pourpres assez peu nombreuses encore et somme 
toute relativement supercifielles.
	- Ces trois voues au martyre, expliqua Soeur 
Misericordia soudain, ne font que commencer par la 
fustigation une pnitence commune qui doit durer 
quatorze jours, du lever au coucher du soleil, soit le 
nombre des stations du Chemin de la Croix, laquelle 
s'achvera par leur crucifixion vritable, mains et 
pieds clous, mais bien sr de telle faon qu'elles n'en 
puissent perdre la vie, durant trois heures.
	Puis laissant les trois Penitenciarias promises au 
supplice de leur Seigneur des Cieux se flageller avec 
une implacable conviction, elle fit signe  Orlanda de 
la suivre afin de lui faire voir l'occupante du cachot 
suivant.
	L'Argentine comprit immdiatement que cette 
dernire n'tait pas une Penitenciaria comme les 
autres, et Soeur Misericordia lui en donna dans 
l'instant la confirmation.
	- Cette malheureuse pcheresse n'est pas de nos 
soeurs en religion, dit-elle, mais une laque coupable 
d'adultre  qui son poux  offert le choix entre le 
divorce et la privation dfinitive de ses enfants ou une 
pnitence subie dans notre couvent. Elle est arrive  
Santa Teresa dans la soire d'hier et, comme vous le 
voyez, Soeur Luisa commence  lui infliger ds 
aujourd'hui son chtiment, lequel doit durer une 
semaine et se terminer par la rigoureuse punition de 
sa chair mprisable,  savoir la cautrisation du 
clitoris et des ttins, ce qui lui interdira par la suite le 
plaisir et l'incitera, dans la chastet,  ne se consacrer 
qu' l'amour de son mari et de ses enfants. D'ici la, la 
plupart des divers svices qui lui seront infligs 
auront pour but de la corriger dans ses oeuvres les 
plus viles par lesquelles elle  joui d'une volupt 
infme en trompant la confiance de son mari et en 
bafouant son honneur.
	Trs brune, ses longs cheveux rassembls et 
nous au sommet du crne par une mchante 
cordelette, la femme tait grande et belle, trs belle 
mme en dpit de ce qu'elle approcht, elle aussi, de 
la quarantaine. Son visage, quoique dform par la 
souffrance, tait d'une finesse exquise et clair par 
deux yeux bruns velouts. Elle avait une poitrine 
gnreuse et ferme, dont les seins en poires se 
couronnaient de larges mamelons  la couleur 
chocolat, une taille relativement fine et des hanches 
rondes, panouies, qui se fondaient harmonieusement 
dans ses cuisses pleines et  peine disgracies par les 
capitons cellulitiques. Sous son ventre bomb, son 
pubis frachement ras tait haut fendu par sa vulve 
aux lvres tourmentes et molles dont la vue fit 
frissonner Orlanda d'un moi subitement 
recrudescent.
	Les bras levs et attachs par les poignets  une 
corde pendant de la vote, elle se tordait et criait sous 
les coups de nerf de boeuf que lui assnait avec 
vigueur et en pleine croupe la Redentora qui, les 
manches de sa robe de bure grossire haut 
retrousses, montrait des muscles non moins 
dvelopps que ceux de Soeur Lorenza.
	Ayant encore octroy  la malheureuse une 
bonne douzaine de coups supplmentaires en la 
prsence des visiteuses, Soeur Luisa posa son nerf de 
boeuf, prit une barre de bois d'environ un mtre de 
long, pourvue  chaque extrmit d'un bracelet de 
cuir et en son milieu d'un solide anneau, enferma 
chacune des chevilles de la femme sanglotante  l'aide 
des sangles, non sans lui faire outrageusement carter 
les jambes, noua une seconde corde  l'anneau de 
l'entrave, laquelle corde, passant dans une poulie 
accroche au plafond, elle tira puissamment jusqu' 
ce que la coupable et les jambes leves pratiquement 
 la verticale et que, de la sorte suspendue par les 
membres, elle ft  peu prs plie en deux et rvlt, 
bien malgr elle, la glabre intgralit de ses parties 
intimes. Cela fait et sans prter la moindre attention 
aux supplications de sa victime qui l'implorait afin 
qu'elle cesst de la faire souffrir, la Redentora tira 
d'une de ses profondes poches un assez gros piment 
rouge qu'elle se mit en devoir d'plucher 
tranquillement, puis qu'elle enfona lentement, 
comme un suppositoire, dans le fondement de la 
femme qui, retenant son souffle durant la violation de 
son orifice le plus troit et le plus honteux, cessa un 
instant de geindre et de supplier. 
	- Ce piment va lui brler l'anus aussi 
violemment, mais avec beaucoup moins de danger, 
qu'un fer chauff au rouge, expliqua de sa voix douce 
Soeur Misericordia.
	Orlanda regardait avidement la femme, guettant 
sur son visage crisp la manifestation d'un renouveau 
de souffrance, mais il ne se passait rien et les traits de 
la chtie demeuraient simplement contracts, eux 
aussi en attente.
	Soudain, le corps pendu eut un violent tressaute 
et la femme se mit  se tordre dans ses liens,  ruer 
dsesprment,  se convulser tout en jetant des 
clameurs effrayantes. Les dlicates muqueuses anales 
tortures par la pulpe corrosive du fruit infernal, le 
visage ruisselant de larmes et rendu hideux par les 
rictus d'une douleur intolrable, les yeux fous et la 
bouche bante, elle continua  hurler de manire 
assourdissante, et plus encore lorsque, se protgeant 
la main d'un chiffon, la Redentora lui caressa l'entre-
jambes, l'intrieur des cuisses et le ventre d'un 
bouquet d'orties frachement coupes.
	Orlanda ressentit comme un coup de lancette  
l'intrieur de son tre et, dans la seconde traverse 
par un spasme fugace, son vagin libra un petit jet de 
cyprine.
	Instinctivement, elle porta l'une de ses mains  
son bas-ventre et le frotta par- dessus sa robe et son 
linge intime brusquement mouill.
	A ce geste, Soeur Misericordia lui lana un 
regard dans lequel, tout soudain, s'alluma d'tranges 
clats.
	- Venez, dit-elle en la prenant par un bras.
	Rougissante de n'avoir pu se dominer et 
s'interdire de trahir la violence de son moi aux yeux 
de la Dolorosa, Orlanda suivit de nouveau celle-ci 
docilement, mais sur le chemin du retour cette fois, 
accompagne jusqu' la lourde porte qui touffa les 
vocifrations, les sanglots et les rles de celles qui, 
derrire elle, continuaient de plein gr ou non  
souffrir leur interminable martyre. 


LA TENTATION 
DE SOEUR MISERICORDIA 

	Au sortir des Enfers, dont Orlanda avait pu se 
rendre compte que, pour nombre de Penitenciarias, ils 
confinaient  une sorte de paradis de l'effroyable 
dans lequel se dispensaient  satit les jouissances les 
plus atrocement cruelles, Soeur Misericordia 
l'entrana directement dans sa cellule, qui se trouvait 
dans la partie normale du clotre,  savoir  la 
surface, sur le lit de laquelle elle la fit prendre place 
avant que de s'asseoir prs d'elle. 
	Hors ce lit troit, en ralit un bat-flanc de 
planches, dont les trois largeurs ajoutes ne 
mesuraient gure plus de soixante centimtres, et sur 
lequel tait jete une maigre paillasse sans drap ni 
oreiller, une petite table et un tabouret de pin 
grossirement faonns, une minuscule cuvette de 
granit scelle au mur et sous un unique robinet d'eau 
froide, un vase de nuit, la cellule claire par une 
ouverture d'un demi-mtre au carr, sans fentre 
mais garnie de barreaux entrecroiss, qui pouvait 
avoir dix pas de long sur trois de large, ne comportait 
rien d'autre qu'un lourd crucifix de bronze accroch 
sur le mur au-dessus de la couche rudimentaire. 
	Tourn vers Orlanda, le beau visage de la 
Dolorosa tait devenu soudain d'une plus grande 
douceur encore, et, dans la clart du jour, la puret 
de ses traits encadrs par la guimpe frappa la jeune 
fille. 
	- Voulez bien m'embrasser? souffla-t-elle enfin, 
fixant l'Argentine de ses grands yeux bruns, dont les 
pupilles dilates trahissaient l'moi qui, par ailleurs, 
la faisait doucement haleter. 
	Le silence qui rgnait dans la cellule, mais aussi 
dans toute cette partie du couvent o elles se 
trouvaient maintenant, venant aprs les clameurs 
stridentes et les sanglots rauques entendus dans les 
souterrains de torture, tendait les nerfs d'Orlanda au 
lieu de les faire se relcher. 
	Il n'y avait eu ni prambule ni dclaration, 
seulement cette demande d'un baiser. Mais dans le 
regard profond de Soeur Misericordia brillaient 
d'infinies promesses.
	La religieuse avana le buste vers la postulante; 
ses petites dents brillrent dans l'ombre recele par sa 
bouche aux lvres entrouvertes, et Orlanda offrit les 
siennes. Leur premier baiser fut simplement tendre 
tout d'abord.
	Soeur Misericordia prit l'paule d'Orlanda, puis 
lui saisit la nuque tout en capturant et serrant, de 
l'autre main, l'un de ses seins fermes et volumineux, 
et noua son corps au sien, la faisant tressaillir contre 
elle de tout son tre.
	Mais la robe blanche de postulante gnait la 
Dolorosa qui, dans une succession de gestes fbriles, 
l'chancra et chercha le velout de la peau nue tendue 
sur des rondeurs fascinantes.
	Les tempes, mais aussi le coeur de la belle 
Argentine se mirent  battre follement. Elle ferma les 
paupires, se dtendit sous celle qui se penchait de 
plus en plus sur elle et la renversait peu  peu en 
arrire, lui faisant prouver un bonheur jamais 
ressenti jusqu'alors, mme avec Joana. La Dolorosa 
n'tait pas une jeune fille comme elle, mais une femme 
qui la troublait et la subjuguait, qui la dirigeait et 
promettait de balayer ses doutes pour ne lui laisser 
que des certitudes.
	Le baiser de Soeur Misericordia se poursuivait; 
son intrusion tait lente et continue. Puis il se fit plus 
appuy, plus ardent, lancinant, fivreux, gourmand et 
passionn.
	Elle n'exigeait rien de faon vritable; elle 
persuadait.
	Orlanda offrit sa poitrine aux caresses, tellement 
habiles, sres et insistantes que toute sa chair en 
vibrait dja.
	- Vous sentez-vous en scurit avec moi? 
demanda Soeur Misericordia en cessant de 
l'embrasser.
	La gorge noue par l'motion qui l'emplissait, la 
jeune fille ne put lui rpondre autrement que par un 
hochement de tte accompagn d'un sourire esquiss.
	- Voudriez-vous rester longtemps avec moi?... 
Toujours?... Ailleurs que dans ce couvent?... Je suis 
jeune encore, vous savez, je n'ai pas trente ans... Nous 
pourrions tre heureuses.
	Sans dire mot, Orlanda se serra davantage 
contre sa tentatrice, qui lui rappelait de nouveau par 
ces mots sa chre et lointaine Joana, Joana marie, 
dont elle devait tre oublie. A son tour, elle chercha 
la bouche qui venait de conqurir la sienne, effleura 
la poitrine que soulevait un souffle haletant, surprise 
de la trouver libre sous le lainage assez fin de la robe 
noire,  la fois forte et ferme. Elle accrut la pression 
de ses mains et, sous ses doigts, sentit la religieuse 
tressaillir.
	Alors, sans rellement penser son geste, elle 
dgrafa le dernier des boutons qui, au-dessus de la 
ceinture de corde, fermait le vtement de la nonne 
depuis la gorge jusqu' la taille. Ayant ouvert la robe 
jusque sous la guimpe, sans que la jeune Dolorosa se 
ft d'aucune facon oppose  son initiative, elle glissa 
une main sur un sein tide et doux,  la relative 
opulence, qui palpita de sa caresse.
	Soeur Misericordia regarda Orlanda avec une 
expression d'infinie tendresse, avanaa une main le 
long de ses jambes, la fit passer sous la robe blanche 
et remonta avec lenteur  ses genoux, puis sur et 
entre ses cuisses, jusqu'au linge intime nou sur ses 
reins. 
	Elles restrent de nouveau longuement ainsi, 
leurs bouches unies et leurs langues noues, mlant 
leurs souffles, leurs lans et leurs soupirs enamours, 
des vagues de dsir grondant dans leur poitrine et 
leur ventre impatient d'autres audaces. 
	Orlanda avait envie d'tre nue, et que Soeur 
Misericordia le ft aussi. Elle avait envie de sentir les 
doigts de la religieuse glisser en elle et de plonger les 
siens dans la nudit intime et humide de celle-ci. Elle 
avait la sensation de ne plus exister que par le plaisir 
que, toutes deux, elles s'employaient  faire grandir 
dans leurs tres dja unis.
	Une onde brlante se rpandait dans sa chair; 
d'tranges instincts se libraient menaant de se 
dchaner. Cette treinte qu'elle convoitait, qui se 
prparait, sans qu'elle l'et recherche, la comblait de 
joie. Elle acheva de librer la poitrine de soeur 
Misericordia, voyant bientt ses seins en leur totalit 
laiteuse entre lesquels reposait  prsent la croix. Les 
mamelons s'offrirent l,  porte de sa bouche. Elle 
enlaa le torse de la nonne  pleins bras et plaqua 
contre celui-ci son propre buste, vibrant 
dlectablement du contact de cette chair panouie et 
resplendissante.
	- Vous aimez mes seins? demanda doucement 
Soeur Misericordia en se dsolidarisant de leur 
embrassement.
	En mme temps, elle les souleva sur ses mains en 
coupes pour offrir leurs mamelons sombres, larges et 
bulbeux aux lvres de la jeune fille.
	Aussitt, en rponse, celle-ci les embrassa 
avidement, les sua et les mordilla tour  tour.
	- Oui!... Oui, oh oui!... Suce-les!... Tte-les!... 
Mords-les!... Oh! mords!... Mords!... Dvore-moi de 
tes dents pointues!... Fais-moi mal! gmit, puis cria 
Soeur Misericordia en s'exaltant et crasant sa 
poitrine contre le visage d'Orlanda.
	Prise de fureur  cette prire dlirante, 
l'Argentine mordit plus fort, jusqu'au sang dont elle 
sentit dans sa bouche la saveur doucetre en mme 
temps que lgrement sale.
	Soeur Misericordia jeta de petits cris 
d'excitation douloureuse, puis se laissa tomber sur 
Orlanda. Des deux mains elle retroussa la robe de 
cette dernire jusqu' la taille, dnoua rapidement le 
linge intime dont la jeune fille lui favorisa le retrait en 
hotdant du bassin, puis elles roulrent l'une sur 
l'autre, le ventre enflamm, aucune d'elles ne sentant 
plus la duret du bois sous leurs reins.
	- Voudrais-tu faire quelque chose dont j'ai trs 
envie? murmura un moment plus tard la moniale  
l'oreille de la postulante qu'elle venait de circonvenir.
	- Oui, consentit Orlanda, tout ce que tu veux.
	- Alors donne-moi une fesse, une bonne fesse 
bien brlante sur mon derrire... J'aime , tu sais, et 
 me rend encore plus amoureuse.
	En disant cela elle avait relev sa robe sur ses 
reins et attir les mains d'Orlanda pour lui faire 
toucher sa croupe dpourvue de tout voile. 
	Au-dessus de ses bas noirs retenus par des 
jarretires, et semblant par contraste plus blanches 
encore, ses fesses avaient la mme douceur tide que 
ses seins, une gale fermet, un semblable velout. 
Sous les palpations des doigts d'Orlanda, elles 
frissonnrent.
	Soeur Misericordia se dgagea, fit se redresser 
l'Argentine et se prosterna elle- mme sur le bat-flanc 
en se cambrant.
	Son postrieur tait modrment dvelopp, 
mais beau cependant.
	Sa vue interrompit presque le souffle d'Orlanda. 
Dans un lan qui la souleva et qu'elle ne chercha 
nullement  rprimer, elle prit le fessier splendide 
entre ses mains, comme elle eut fait d'une vaste 
coupe, et jeta contre lui son visage pour l'embrasser, 
perdument,  petits coups, puis fougueusement, 
partout, grise d'en voir le sillon s'ouvrir, la 
minuscule cible brune s'offrir au-dessus de la fente 
aux lvres molles, environne de poils chtains...
	Mais, d'un coup de reins, la Dolorosa se droba 
 la prolongation de telles effusions.
	- Pas encore! refusa-t-elle d'une voix devenue 
rauque. Non, pas tout de suite!... Aprs la fesse, tu le 
consoleras et l'aimeras en le perant de ta langue 
pointue!... Maintenant, fesse-le!... Punis-le!... 
Frappe!... Oh! frappe, frappe-le fort!... Je vais mourir 
si tu continues  me faire attendre!
	Orlanda leva le bras et, timidement, octroya une 
premire gifle  la croupe de Soeur Misericordia.
	- Non! Non!... Pas comme ! protesta cette 
dernire. Tape plus fort!... Beaucoup plus fort que 
!... Je veux que tu me fasses mal!... Il le faut!... J'en 
ai envie de tout mon tre!... Aprs, je t'aimerai, 
follement, longuement, mais il faut que tu me fesses 
d'abord, de toutes tes forces!
	Orlanda se laissa convaincre par tant 
d'insistance. De timides, ses coups devinrent de plus 
en plus secs, beaucoup plus vigoureux et svres 
qu'elle n'aurait cru en tre capable sans prouver de 
colre. Elle sentit l'excitation la gagner, ressentant 
bientt un plaisir trange et puissant  prodiguer 
cette souffrance volontairement accepte, qumande, 
exige, parce que si proche sans doute de la 
jouissance.
	Le volupt de frapper s'empara totalement d'elle 
et l'occupa avec une violence incontrlable. Ses sens 
s'affolrent au rythme des claques qu'elle donna en 
levant le bras de plus en plus haut, puis en le laissant 
retomber en y mettant une force croissante, au fur et 
 mesure que, sous ses coups, la croupe tremblante de 
Soeur Misericordia rougissait toujours plus et que 
cette dernire passait des gmissements aux plaintes 
sourdes, et des cris touffs aux sanglots, mais sans 
rien tenter pour chapper  la correction qu'elle avait 
rclame. 
	Des mots sans suite s'chappait d'entre les lvres 
de la Dolorosa copieusement fesse qui, soudaain, 
entre ses cris et ses pleurs, haleta:
	- Viens  prsent!... Viens vite!... Oh! vite, j'ai 
tant, tant besoin de toi!
	Elle tourna la tte par-dessus son paule et jeta  
Orlanda, qui lui octroyait une ultime claque brlante, 
un regard inond de larmes, allum d'clats de dsir 
perdu.
	Elle se laissa tomber sur le dos et la jeune fille se 
jeta dans ses bras ouverts.
	Les caresses de la nonne lui exasprant le corps, 
le dsordre de leurs vtures, sa main qui brlait 
d'avoir si longuement frapp, l'odeur de la fminit 
qui se lovait contre la sienne, achevrent d'enivrer 
tout  fait Orlanda. Elle cria des ongles qui lui 
griffaient les cuisses et les fesses, rayaient sa peau de 
longues incrustations purpurines, mais cette douleur 
tait aussi plaisir. Des lvres elle chercha la bouche de 
Soeur Misericordia, les seins de celle-ci trouvrent ses 
seins... Puis le genou de la religieuse frotta contre son 
sexe. Elle hoqueta, rla, cria de nouveau, se tordant 
sous les assauts de la langue, sous les brlantes 
griffades, sous les torsions de mamelons, les 
morsures...
	Et Soeur Misericordia se renversa sur Orlanda.
	L'Argentine laissa la nonne lui empaumer la 
croupe, la soulever par-dessous, lui ouvrir les cuisses, 
attirer son sexe... La langue agile lissa sa toison, se 
promena  l'ore de sa vulve, pntra son tre et 
ressortit, puis entra de nouveau, la faisant ruisseler. 
Un doigt pointa entre ses fesses, la chercha avec 
prcision, la fit se cabrer et rler en s'enfonant 
profondment en elle, la o il n'y avait nul danger 
pour sa virginit, la o il tait si honteux de 
l'accepter, si douloureux et si bon de le sentir 
pntrer, tellement excitant d'imaginer ce que la 
femme adultre avait pu prouver avec le piment log 
en elle  cet endroit... 1 
	Elle s'arc-bouta sur le bat-flanc, se raidit de tout 
son tre, et se mit  jouir,  suffoquer de jouissance, 
comme il lui sembla n'avoir jamais joui.
	Mais c'tait toujours ainsi  chaque nouvel 
orgasme qui ttanisait sa chair, elle avait la sensation 
qu'il tait plus violent que le prcdent.
	Orlanda n'eut pas le temps de savourer la 
langueur succdant au spasme.
	La porte de la cellule s'ouvrit soudain,  la 
vole... 
	Le visage de Mre Pasin exprimait la plus 
totale dsapprobation et comme une sorte de 
douloureuse dsillusion. 
	La Discrte ne s'emporta pas, ne fulmina pas, 
mais le regard qu'elle adressa  la Dolorosa et  
l'Argentine, qui s'taient vivement dprises l'une de 
l'autre  son entre, mais n'avaient pas eu le temps de 
corriger l'impudique nglig de leurs vtements, ne 
laissait prsager  celles-ci que l'amoncellement au-
dessus de leurs ttes de lourds nuages.
	- C'est ainsi, ma fille, dit-elle en s'adressant  la 
moniale dont la honte rougissait le front, que vous 
vous acquittez des tches qui vous sont confies par 
notre Rvrende Mre? Ne saviez-vous pas 
qu'Orlanda ne devait sous aucun prtexte quitter les 
souterrains? Je ne qualifie pas ce que toutes deux 
vous venez d'accomplir, mais je vous promets que 
vous allez, vous d'abord, elle ds demain, avoir le 
temps d'amrement vous en repentir! Pour cette faute 
gravissime, ma fille, vous allez, dpouille de votre 
saint habit, parcourir tout le clotre, charge d'une 
traverse de croix et portant  vos mamelles le poids 
de Notre Seigneur crucifi, encourage  
l'accomplissement de cette pnitence par les lanires 
de la discipline. A l'issue, vous serez prive de vos 
poils corporels afin que rien ne s'oppose  ce que 
toute votre chair puisse tre vue en son impuret, puis 
chtie ainsi qu'elle l'a mrit. Pour ce faire, ne 
doutez pas que le Chapitre entrine ma dcision de 
vous condamner  une anne entire de basses 
servitudes, que vous accomplirez nue avec les 
mamelles et le ventre alourdis de fers, lesquels 
serviront  vos soeurs pour vous mieux punir, puis  
un sjour d'une autre anne au sein des Enfers. A 
l'issue de cela, il vous sera peut-tre permis de vous 
vtir d'une robe grise.
	A ces mots, Soeur Misericordia blmit et se 
prcipita aux pieds de la Discrte.
	- Piti, ma Mre, piti!... Je vous en conjure, ma 
Mre, soyez-moi pitoyable! J'accepte le dur chemin 
de la honte et le fouet, j'accepte la nudit et les fers, 
j'accepte toutes les pnibles et viles servitudes, mais 
ne faites pas de moi une Penitenciaria, j'en mourrai!... 
Ne suis-je donc plus rien pour vous?
	Orlanda remarqua une ombre de nostalgie dans 
les yeux de la Discrte qui, lui sembla-t-il, tait proche 
de se laisser attendrir.
	- Je t'ai beaucoup aime, Isabel, murmura-t-elle 
sourdement  Soeur Misericordia qui, agenouille 
devant elle, lui treignait les jambes de ses bras, mais 
tu m'as trahie, trompe...
	Si bas qu'elle et parl, Orlanda avait entendu 
et tout compris.
	Soeur Misericordia allait tre chtie non pour 
la faute qu'elle venait soi-disant de commettre, que 
toutes les religieuses commettaient, mais parce qu'elle 
tait l'amante de Mre Pasin qui ne pouvait 
pardonner qu'elle ne lui et pas t d'une fidlit 
exclusive.
	La Discrte se raidit, repoussa la moniale d'un 
coup de pied en plein visage, que cette dernire reut 
en poussant un cri, puis alla  la porte appeler Soeur 
Maria et Soeur Pilar dont, en frissonnant, Orlanda 
comprit qu'elles n'taient pas loin et que, sans aucun 
doute, c'tait l'une d'elles qui avait alert Mre 
Pasin.
	Soeur Misericordia fut agite d'un violent 
tressaillement en voyant les deux converses entrer 
dans sa cellule. Elle regarda longuement Orlanda de 
ses grands yeux doux noys de larmes, laquelle, 
ptrifie sur le bat-flanc, n'osait faire le moindre 
geste, puis obissant  Mre Pasin qui lui en donnait 
durement l'ordre, elle se releva, retira ses chaussures 
et ses bas, sa robe, son voile et sa guimpe, sa croix 
enfin, ne conservant que son fronteau enfermant sa 
chevelure.
	Une fois qu'elle fut de la sorte entirement nue, 
d'une beaut de corps toute pleine de sensualit 
gnreusement panouie, Soeur Maria vint derrire 
elle pour lui saisir rudement les bras et les lui 
retourner dans le dos afin de la maintenir solidement, 
poitrine offerte,  Soeur Pilar, laquelle montra alors, 
dans sa main gauche qu'elle ouvrit, deux espces de 
gros hameons pourvus d'un anneau.
	A cette vue, Soeur Misericordia plit, mais ne 
profra aucune parole ni de protestation ni de 
supplication. 
	Alors Soeur Pilar lui empoigna les deux seins 
pour les ptrir et les soupeser avec une complaisance 
malsaine, puis referma sur le droit ses doigts pais et 
durs, et prsenta contre le mamelon brun-rouge 
sombre la pointe acre d'un hameon.
	Les traits de la Dolorosa se crisprent pour 
exprimer sa souffrance, mais elle ne laissa chapper 
aucune plainte durant que le mtal perait sa chair 
dlicate et que, le premier hameon profondment 
enfonc sans que le sang appart autrement que sous 
la forme d'une unique gouttelette, la forte Redentora 
renouvelait aussitt l'opration pour son sein gauche, 
impitoyablement.
	- Cela ne vaut videmment pas de bons et solides 
anneaux mis en place aprs un percement  chaud des 
mamelles, ricana mchamment la converse tout en 
claquant le sein par le ct, faisant tressauter de 
douleur la malheureuse nonne, mais en attendant 
qu'il soit procd correctement  la chose cela suffira!
	Ensuite, les joues cramoisies et ruisselantes de 
pleurs, Soeur Misericordia ne put se retenir de crier 
lorsque, ayant dcroch du mur le grand et lourd 
crucifix de bronze, Soeur Pilar le suspendit aux 
anneaux des hameons et, non sans un surcrot de 
cruaut, le laissa tomber et peser de tout son poids au 
bout des seins torturs qui, d'un coup, privs de leur 
superbe, s'inclinrent humblement vers le sol en 
perdant quelques gouttes de sang.
	Mais la Dolorosa noire dchue, portant de cette 
horrible manire le Seigneur supplici, et le pied du 
crucifix lui couvrant le pubis, n'en avait pas fini.
	Retournant un instant dans le couloir, Soeur 
Pilar y alla qurir une lourde traverse de croix 
vritable qu'elle apporta, couche sur ses avant-bras 
puissants, comme s'il ne s'tait agi que d'un objet ne 
pesant pas plus qu'un nouveau-n.
	Aide de Soeur Maria, elle disposa la traverse 
derrire les paules de Soeur Misericordia gmissante 
et grimaante, puis lui faisant carter les bras, les lui 
attacha au bois sommairement quarri par les 
poignets, les coudes et les aisselles, en serrant les liens 
avec une telle force et une si grande mchancet qu'ils 
en dprimrent profondment les chairs.
	La tension exerce sur ses seins par la 
crucifixion de ses membres fit de nouveau crier, 
hoqueter et sangloter la Dolorosa dont, cependant, les 
preuves ne faisaient que commencer, et qui durant 
au moins deux annes allait devoir en supporter bien 
d'autres.
	Enfin, dcrochant le redoutable martinet de leur 
ceinture, les deux Redentoras se placrent derrire 
Soeur Misericordia, et Soeur Pilar, ponctuant 
l'injonction d'une vigoureuse cingle assne en 
travers de son lgant fessier qui en trembla, lui 
ordonna de se mettre en marche et de quitter sa 
cellule pour aller accomplir son chemin de croix par 
tout le clotre.
	Orlanda la regarda sortir et disparatre avec les 
larmes aux yeux et, tout en la plaignant, songea 
qu'elle venait une fois encore de perdre une amante 
dont, au del du plaisir charnel, l'amoureuse 
tendresse lui et permis de mieux supporter son 
sjour prolong dans le couvent.
	Elle s'attendait  ce que Mre Pasin poursuivt 
contre elle les effets de sa colre empreinte 
d'amertume et nuance de chagrin, mais il n'en fut 
rien. Simplement glaciale, et par gestes, la Discrte lui 
ordonna de remettre de l'ordre dans sa vture, puis 
elle la raccompagna jusque dans sa cellule 
souterraine dans laquelle elle l'enferma sans lui avoir 
adress une seule fois directement la parole.
	Mais Orlanda n'en connut pas pour autant le 
repos, incapable de songer  autre chose qu' cette 
annonce faite par la Discrte  Soeur Misericordia et 
concernant son propre chtiment prvu pour le 
lendemain.
	Au crpuscule, ce fut Soeur Luisa qui ouvrit la 
porte de sa cellule  la moniale nue sous le cilice 
apportant son repas. Et bien qu'elle demeurt 
veille, personne ne la vint chercher afin de la 
conduire  la chapelle pour qu'elle y prit en 
compagnie des religieuses accomplissant leur tour de 
l'Adoration Perptuelle et de la Rparation... 


LE CHATIMENT 

	Ce fut de nouveau dans le courant de l'aprs-
midi que Mre Pasin vint chercher Orlanda dans sa 
cellule.
	Comme l'avait fait Soeur Misericordia, et 
contrairement  l'une ou l'autre des Redentoras, la 
Discrte la salua  la faon dont toutes les religieuses 
le faisaient entre elles  leur premire rencontre du 
jour.
	- Ut voci Christi, comme  la voix du Christ, 
disait l'une.
	- Ad primum signum, au premier signe, 
rpondait l'autre.
	Raffirmation constante de l'obissance et de la 
soumission les plus absolues. -Notre Rvrende Mre 
vous attend, ma fille, annona simplement la Discrte.
	Orlanda ressentit un petit pincement au coeur; 
ainsi le moment tait venu.
	Elle pensait que la religieuse allait la mener dans 
le bureau de la Prieure, mais il n'en fut rien. Comme 
la veille Soeur Misericordia, Mre Pasin l'entrana 
en direction des Enfers, mais lorsqu'elles parvinrent  
l'embranchement o la galerie de droite menait  la 
porte fatale, elles continurent devant elles durant 
encore une vingtaine de pas, jusqu' une simple porte, 
parmi d'autres, qui ressemblait toutefois  celles 
fermant les cachots de la Souffrance Perptuelle.
	Cette porte tait dja entrebille; la Discrte 
l'ouvrit davantage et poussa Orlanda devant elle, 
dans un local assez grand, bien clair, dans lequel 
celle-ci vit immdiatement son ennemie.
	Mais, un venimeux sourire aux lvres, sa 
chevelure saccage couverte d'un bonnet, portant des 
vtements clairs et coteux qui corrigeaient un peu 
l'inlgance de sa silhouette, Ana del Eripol n'tait 
pas seule dans les lieux au coeur desquels, tout 
aussitt, Orlanda remarqua Soeur Pilar et Soeur 
Lorenza adosses chacune contre une colonne de 
pierre, puis Mre Redencin et une autre femme 
enfin, grande et mince, trs brune, aux traits durs et 
hautains, mais belle, ge d'une quarantaine d'annes 
environ, l'une assise prs de l'autre sur des tabourets. 
La femme,  ct de qui Ana demeurait debout, dont 
le visage tait assez lourdement fard et les cheveux 
coups tonnamment courts, un peu comme ceux d'un 
homme, tait singulirement vtue d'une robe fluide, 
de plumetis rose, si courte elle aussi qu'elle dcouvrait 
ses jambes voiles de gris clair, cambres par le talon 
aiguille de ses escarpins de chevreau galement rose, 
bien plus haut que le genou.
	Encore qu'il n'y et entre elles aucune 
ressemblance ou presque, mais Ana lui en ayant 
quelque peu parl au temps o elles taient amies, 
avant l'incident de la pinure et de la culotte souille, 
Orlanda sut qu'elle se trouvait mise en prsence de la 
mre de celle-ci.
	Elle ne s'tait aucunement prpare  une telle 
confrontation et se sentit perdre contenance, et 
d'autant plus que les regards que posaient sur elle la 
Prieure, les converses, la duchesse et sa fille taient 
loin d'tre amnes.
	Mre Pasin n'avait pas suivi la jeune fille, mais 
avait referm la porte derrire elle.
	- Orlanda de Cuendaes, commena tout de suite 
la Prieure d'un ton sec et l'oeil dur, je ne vous 
rappellerai pas en prsence de votre victime et de sa 
mre, la duchesse del Eripol, l'acte inqualifiable qui 
motive le chtiment que j'ai rsolu de vous faire 
infliger, et que je n'ai diffr que pour les deux 
raisons suivantes: primo, il m' fallu informer de vos 
carts don Inigo de Villuercas, votre oncle et tuteur, 
ainsi qu attendre sa rponse quant aux propositions 
que je lui ai soumises concernant votre devenir; 
secundo, je devais galement avoir une conversation  
votre sujet avec la Seora duquesa. Il faut que vous 
sachiez que Monsieur le duc et Madame la duchesse 
del Eripol taient fonds, en l'occurrence, de dposer 
plainte en justice contre vous, ce qui aurait eu pour 
effet, votre majorit tant proche, de vous faire 
condamner  la prison, ce qui n'et pas t un mal, 
mais galement de porter le dshonneur dans la 
maison de votre malheureux oncle ainsi que le 
scandale public en nos murs, ce qui et t infiniment 
plus grave. Considrant cela, le duc et la duchesse ont 
consenti  ne pas exercer leur droit bien lgitime  
condition, d'une part, que soit vers  Ana un 
ddommagement pcuniaire substantiel, lequel sera 
prlev sur les biens qui vous viennent de votre 
dfunt pre par hritage; d'autre part que vous soyez 
chtie par nos soins, avec rigueur et en prsence de 
votre victime et de sa mre; enfin que vous soyez 
retenue dans ce couvent durant au moins cinq annes 
 l'issue desquelles, votre oncle, le duc ou la duchesse 
et nous-mmes dcideront si vous devez ou non 
retourner dans le monde,  condition toutefois, si 
cette faveur vous est accorde, que vous quittiez 
aussitt l'Espagne. J'ai ici, sur moi, la lettre de don 
Inigo de Villuercas qui s'accorde en tous points avec 
ce que je viens de dire et qui, pour sa part, espre que 
la grce vous touchant finalement, vous choisirez la 
voie du Seigneur et demeurerez religieuse en cette 
maison pour le prier votre vie durant. Cependant, si 
tel n'tait pas le cas, nous en reviendrions  la 
solution prcdente,  savoir: votre dpart de Santa 
Teresa Del Judio pour l'Amrique ou, si votre 
conduite laissait encore  dsirer, votre maintien en 
ces murs durant un temps qui serait alors  
dterminer.
	Mre Redenc!6n marqua un temps de silence, 
considra la duchesse del Eripol puis Ana, et ramena 
ses regards sur Orlanda.
	- En consquence, reprit-elle, vous allez recevoir 
immdiatement, en prsence de la Seora duquesa et 
de sa fille un chtiment de cent coups de fouet 
rpartis ainsi: cinquante sur le derrire, trente sur les 
seins et vingt entre les cuisses, de telle sorte qu' votre 
tour vous enduriez les douleurs que vous n'avez pas 
craint d'infliger  votre malheureuse compagne en 
usant sur elle de votre force. A l'issue de cette 
punition, vous vous prosternerez devant Ana et lui 
demanderez de vous pardonner, puis devant la 
duquesa pour la remercier de sa mansutude qui vous 
vite d'avoir  connatre de la justice et de la prison. 
Ensuite, vous serez enferme dans un cachot 
entirement clos durant un certain temps avant que 
d'avoir  subir la seconde partie de votre pnitence et 
d'tre admise, peut-tre,  rejoindre les rangs de nos 
postulantes. 
	Orlanda eut envie de supplier et pleurer, mais 
elle parvint  force d'orgueil  n'en rien faire, 
plissant seulement  l'annonce du supplice que lui 
valait, en partie, la "mansutude" de la duchesse del 
Eripol. 
	Quant au reste des dispositions prises en son 
endroit, elle refusa d'y songer dans l'instant, elle 
aurait tout le temps d'en rver plus tard et de donner 
libre cours  sa rancoeur, sinon  son dsespoir. 
	De toutes faons, elle ne pouvait rien pour se 
soustraire au sort qui lui tait fait. 
	En un tournemain, saisie par Soeur Lorenza et 
Soeur Pilar, la jeune fille fut prive de sa robe, 
Dpouille de son pagne, puis, le visage cramoisi de 
honte, pousse vers une colonne contre laquelle les 
converses l'appliqurent de face, qu'elles lui forcrent 
 embrasser de ses bras levs, et de telle sorte que ses 
poignets pussent tre lis et fixs, assez haut pour la 
contraindre  se dresser sur la pointe de ses pieds nus, 
de l'autre ct de la pierre froide et rugueuse  la 
surface de laquelle s'crasrent ses seins. 
	Alors, durant que Soeur Pilar retournait 
s'adosser nonchalamment contre la seconde colonne, 
situe  trois mtres de la premire, Soeur Lorenza 
prit en main un fouet  la lanire mi-longue et assez 
large qu'elle fit siffler dans l'air frais du cachot, puis 
vint se mettre en place  bonne distance de celle 
qu'elle allait enfin avoir la joie de fouetter pour de 
bon, qui la tentait malgr elle du rebondissement de 
son postrieur aux fesses durcies d'apprhension, 
dont les muscles se crispaient sous l'piderme fin et 
frissonnant, et lana son instrument en direction de 
cette croupe surminente qu'on lui ordonnait de 
chtier. 
	Au contact rvulsant du cuir qui claqua 
schement sur la peau tendue de son derrire, 
Orlanda jeta un cri aigu en se pressant plus encore 
contre la pierre  laquelle elle se trouvait attache. 
	Ce premier coup lui parut bien pis que toutes les 
corrections qu'il lui avait fallu endurer jusque-l du 
fait de la brutale converse. Elle sut avec certitude 
que, cette fois, elle devait abandonner tout espoir de 
pouvoir compenser la souffrance par la volupt.
	La Redentora continua de frapper, trs fort, en 
croisant, sans souci de mnager sa victime bientt 
vocifrante, dont les sursauts et les cris de douleur 
tmoignaient assez de la rigueur du chtiment qui lui 
tait impos, mais dont l'orgueil lui interdisait encore 
de supplier.
	Cela ne dura gure. 
	Une nouvelle cinglade, non moins rude que les 
autres, venant aviver sa croupe par-dessous, lui 
arracha un cri strident, puis  chaque coup suivant, 
d'autres clameurs, d'autres pleurs et de vibrants 
appels  la piti.
	Les fesses d'Orlanda s'ouvraient et se 
refermaient spasmodiquement durant qu'elle se 
tordait et bondissait en hurlant, les traits dforms 
par la souffrance. Ses somptueux volumes postrieurs 
se dprimaient sous la brlante lanire de cuir, qui 
claquait frocement  leur surface enflamme tel un 
soleil couchant, puis ils semblaient s'offrir entre les 
coups, comme pour qumander un nouveau baiser 
corrosif qui, aussitt octroy, rvoltait sa chair, la 
faisait se cabrer et jeter un cri de douleur 
insupportable prolong de hoquets et de sanglots. Ici 
et l, sur la peau tendue des fermes joues de sa croupe 
trpidante, la brutale application du fouet laissait une 
longue striure rectiligne qui, virant du carmin au 
violet, se boursouflait aussitt.
	Orlanda tait secoue en permanence d'un 
violent tremblement nerveux et, se contorsionnant, se 
cambrant, se dressant sur la pointe des pieds, jetant 
sa tte d'une paule  l'autre comme une folle, elle 
braillait des cris stridents, clatait en d'incoercibles 
sanglots, s'gosillait  force de suppliques.
	Les cinquante cingles furent administres avec 
une gale svrit jusqu' la dernire, dchanant les 
clameurs assourdissantes de la jeune fille trpignante 
et convulse.
	Cependant, la lanire n'tant pas coupante, 
l'piderme de ses fesses trmulantes ne fut pas 
autrement endommag que par des gonflements 
rouges et violacs, des vergetures ardentes et 
quelques ecchymoses engendres par des heurts plus 
brutaux du fouet.
	Cette premire phase de la punition acheve, 
Orlanda, le visage tout entier ruisselant de larmes et 
violemment empourpr, tremblante, vaincue et 
suppliant en sanglotant qu'on lui accordt grce, fut 
dtache de la colonne par les converses, mais pour y 
tre de nouveau lie aussitt, de dos, les bras 
durement levs et tirs en arrire, de sorte que ses 
seins pussent saillir au maximum de leur amplitude 
opulente.
	- Avez-vous eu piti, ma fille, lorsque vous vous 
tes acharne sur votre malheureuse victime? 
rtorqua durement la Prieure en rponse  ses appel 
 la clmence.
	- Ha! ma Mre... ma Rvrende Mre... j'tais 
folle!... Je regrette! Je regrette! gmit Orlanda tout 
orgueil perdu.
	- Le fouet est la pour fortifier votre repentir, ma 
fille, dit  cela la Prieura implacable. Quant au reste, 
la suite du chtiment qui vous sera inflig est tout  
fait propre  vous gurir de ce genre de folie!
	"Ou bien plutt, et comme je l'espre,  t'en 
rendre dfinitiuement dpendante!" poursuivit-elle 
en pense.
	Ce fut Soeur Pilar qui, relayant sa condisciple en 
fait de religion et de sadisme arme d'un fouet un peu 
plus court que le prcdent, dont la lanire tait 
galemen plus troite, cingla  toute vole les deux 
fruits mammaires offerts  sa vindicte. Frapps 
ensemble sur leur face suprieure et  mi-distance du 
buste et de leurs gros mamelons, les volumes agressifs 
tressautrent violemment du terrible choc.
	Orlanda rejeta la tte en arrire sous l'effet de la 
douleur qui lui cisailla la poitrine et, la bouche grande 
ouverte, les traits ravags, les yeux exorbits, 
montrant la plus intense souffrance, elle poussa un 
hurlement suraigu et interminable.
	Chacun de ses seins magnifiques s'tait barr 
d'une estafilade livide tout d'abord, puis qui s'tait 
vivement et violemment empourpre, et dja violaait 
en se gonflant quand le second coup de fouet percuta 
sa poitrine par-dessous, soulevant ses globes et les 
faisant tressauter. La douleur infernale la fit de 
nouveau bondir et jeter une clameur non moins 
stridente que la premire.
	Alors, conservant une cadence relativement 
lente, celle-ci laissant  la chair torture le temps de 
ressentir pleinement l'intolrable effet de chacune des 
cingles du cuir, la Redentora fouetta les deux seins 
qui, soubresautant, trmulant follement des tressaute 
et des bondissements de la jeune fille, se couvrirent de 
plus en plus de marques brlantes, dont bientt 
certaines se mirent  suinter une humeur rostre.
	Pour les cinq derniers coups, Soeur Pilar assna 
avec une force plus grande la lanire en plein sur les 
gros mamelons, procurant une furieuse douleur  sa 
victime trpignante, laquelle serra convulsivement les 
cuisses et crispa si fortement ses doigts que leurs 
jointures en blanchirent et craqurent. 
	Orlanda se dtendit en un formidable sursaut 
qui donna l'impression qu'elle voulait soudain 
monter, en glissant sur la pierre, le long de la colonne 
qui la retenait prisonnire. Son hurlement emplit le 
cachot d'une assourdissante stridulation.
	Quatre fois encore, le cuir sabra de la sorte le 
bout des seins qui, lorsque ce supplice hideux prit fin, 
clat, saignait abondamment. 
	Sur un geste de Mre Redencin, dont le visage 
trahissait malgr elle la jouissance malsaine que lui 
faisaient prouver les tourments de celle qu'elle 
convoitait de soumettre prochainement  ses caprices, 
la converse tamponna les mamelons ensanglants 
avec un coton imbib d'alcool, ce qui fit hurler bien 
plus fort encore la jeune fille dont les preuves 
atroces taient loin d'tre termines, et d'autant plus 
que, se penchant vers la Prieure, montrant elle-mme 
des traits empreints d'une motion dpourvue de 
toute compassion, la duchesse del Eripol murmura 
quelques mots rapides  l'oreille de celle-ci, laquelle 
approuva sans hsitation d'un hochement de tte, 
appela  elle les deux converses et leur donna de 
nouveaux ordres  voix basse, lesquels ordres ni 
Orlanda, perdue de souffrances, ni Ana, que le 
plaisir faisait vibrer, ne purent entendre. 
	Aussi, les Redentoras dtachrent une fois encore 
l'Argentine, mais pour l'amener devant l'Aragonaise, 
la contraindre  s'agenouiller, puis  se prosterner 
sur les dalles afin de demander pardon  cette 
dernire. 
	Au del de toute pudeur, de toute espce de 
fiert, souffrant comme elle n'avait jamais souffert, 
au coeur de ce cachot souterrain qui lui paraissait 
bien  prsent enfoui au sein des enfers, sachant ne 
devoir attendre de quiconque ni piti ni secours, nue 
et se sentant misrable, Orlanda s'humilia aux pieds 
de son ennemie finalement victorieuse. 
	Alors, la poitrine souleve par la liesse que lui 
faisait prouver son triomphe, sa mchancet 
s'exaltant  nouveau, Ana lui donna un coup de pied 
dans le visage, ainsi que Mre Pasin l'avait fait la 
veille  Soeur Misericordia, et, s'adressant aux 
religieuses, cria  la fureur qu'il fallait encore la 
battre. 

	- Ce n'est pas assez! hurla-elle, sa voix montant 
dans les aigus de l'hystrie. Ce n'est pas assez!... Vous 
avez dit qu'elle devait aussi tre fouette entre les 
cuisses!... Je veux la voir fouetter entre les cuisses, 
jusqu'au sang!... Je veux qu'on lui perce ses grosses 
mamelles, qu'on lui fasse clater le derrire en y 
enfonant un pieu, qu'on lui couse la vulve!... Je veux 
qu'on lui arrache les cheveux et les poils!... Je veux 
qu'on la brle!... Je veux qu'on la fouette!... Je veux 
qu'on la fouette jusqu' ce qu'elle en crve! Et se 
prcipitant sur Orlanda, l'empoignant aux cheveux, 
elle lui lacra le visage de ses ongles avant que ni sa 
mre ni aucune des nonnes n'et eu le temps de la 
matriser.
	Ce qui fut fait nanmoins par Soeur Pilar qui, 
avec l'assentiment de la duchesse et celui de la 
Prieure, l'entrana de force hors du cachot, dont elle 
referma prcautionneusement la porte derrire elle.
	Alors, avec le dpart contraint d'Ana, Orlanda 
devina avec anxit que la fausse et prtendue 
"mansutude" de la duchesse allait lui valoir des 
tourments autres que ceux promis par Mre 
Redencin.
	Elle voulut se traner  genoux devant les deux 
femmes, mais Soeur Lorenza ne lui en laissa pas le 
temps. 
	L'herculenne Redentora entrana Orlanda 
entre les colonnes o elle la fit coucher de dos sur les 
dalles, lui attacha les chevilles  des cordes allant 
chacune coulisser dans une poulie  gorge fixe haut 
dans la pierre des piliers et, d'un regard, qumanda 
l'aide de la Mre prieure. Celle-ci abandonna son 
tabouret et vint prendre position prs de la seconde 
colonne; quoique infiniment moins robuste que la 
converse qu'elle imita, elle tira de toutes ses forces sur 
la corde dont elle s'tait charge et, peu  peu, les 
jambes, en s'cartelant largement, puis tout le corps 
d'Orlanda furent hisss jusqu' ce que, mme du bout 
des doigts, la jeune fille ne pt effleurer le sol.
	Ce qui se passa ensuite, et qu'Orlanda, dans sa 
pnible et obscne posture, vit  l'envers, en dpit de 
son angoisse oppressante, comme des souffrances 
lancinant sa croupe et sa poitrine, la sidra. Elle 
comprit mieux tout d'un coup la raison du subit 
loignement d'Ana et l'entente qui s'tait faite entre 
la duchesse et la Prieure; l'une et l'autre,  l'vidence 
en proie aux mmes passions, ne se donnaient 
dsormais plus aucune peine de dissimuler devant 
Soeur Lorenza et moins encore  ses yeux.
	Durant que la converse ramenait dans le dos les 
bras de la captive et lui liait ensemble les poignets, 
puis les retenait en haut des reins au moyen d'une 
corde enserrant la taille, Mre Redencin revint 
auprs de la duchesse del Eripol, lui tendit les bras et 
lui offrit les mains pour l'aider  se lever, puis 
l'attirant  elle l'embrassa  pleine bouche, 
ardemment, sans que cette dernire manifestt 
aucune hsitation  se consentir et moins encore 
trahet la plus lgre rticence. Leur baiser se 
prolongea durant plusieurs longues secondes sous les 
regards connivents de Soeur Lorenza et ceux 
abasourdis d'Orlanda, puis se dsunissant enfin elles 
se sourirent, les lvres gonfles et humides, les yeux 
brillants de mutuelle convoitise.
	Elles se murmurrent de nouveau quelques mots 
qu'Orlanda ne put ni comprendre ni mme entendre; 
la duchesse battit des paupires comme pour un 
acquiescement; la Prieure lui effleura la joue gauche 
d'une caresse, puis lui en dboutonnant lentement le 
corsage, en dgageant ses paules et ses bras, fit 
glisser sa robe le long de son corps et l'en dpouilla.
	Dessous, la femme portait une lingerie telle que, 
par son lgance et ses dimensions restreintes, sans 
chemise ni combinaison, Orlanda n'en avait jamais 
vue, ignorant mme qu'il en pt exister de semblable. 
De la soie la plus fine, de la dentelle la plus dlicate, 
de couleur saumon, le soutien-gorge avait ses bonnets 
transparents qui laissaient deviner des seins menus et 
ronds, couronns de mamelons sombres; la culotte 
tait si rduite qu'elle ne couvrait tout juste que le 
pubis saillant et  peine la moiti des fesses, plutt 
petites mais fortement rebondies, et que, par-devant, 
elle laissait s'chapper une bonne moiti des grandes 
lvres dpourvues de toute toison; le porte-jarretelles 
enfin, rien de plus qu'un ruban, reposait sur le 
sommet des hanches et tendait de manire impeccable 
les bas translucides haut tirs sur les cuisses minces et 
nerveuses.
	Il tait manifeste qu'Ana del Eripol n'avait rien 
hrit des sveltes grces de sa mre... que la Prieure 
continua de dnuder en la privant de son soutien-
gorge, puis de sa culotte, ne lui laissant que sa 
ceinture et ses bas.
	Alors Mre Redencin, enlaant d'un bras la 
duchesse aux paules, la guida vers Orlanda et, d'un 
geste et d'une mimique, la dsigna  Soeur Lorenza, 
laquelle sourit  son tour et dcrocha de sa ceinture le 
long martinet qui y pendait en permanence. 
	La duchesse se campa devant Orlanda, jambes 
cartes, l'empoigna par les cheveux, de chaque ct 
de la tte, qu'elle lui releva et attira de la sorte 
douloureusement entre ses cuisses, jusqu' lui frotter 
le visage contre son sexe imberbe.
	- Suce-moi! ordonna-t-elle d'une voix sourde.
	Dans la situation o elle se trouvait, aprs la 
correction qu'elle venait de subir, dans l'moi que lui 
procurait cette femme quasiment nue dresse au-
dessus d'elle, comprenant que ce que l'on exigeait 
d'elle se situait bien au del de tout chtiment, grise 
par l'odeur  la fois lourde et poivre qui s'exhalait de 
la vulve aux lvres entrebilles, la jeune fille ne 
songea pas mme  refuser.
	Au contact de la bouche qui se plaquait et se 
ventousait  son sexe,  celui de la langue qui la 
pntrait et cherchait son clitoris, et le sollicitait de 
plus en plus habilement, la duchesse tressaillit tout 
entire et gmit. Puis elle se cabra et sursauta sous la 
caresse multiple des lanires qui cinglrent sa croupe, 
sans violence, avec juste assez de force pour que la 
brlure, supportable, accentua son dsir.
	Soeur Lorenza savait se servir de son martinet 
pour punir; elle s'en servait aussi bien pour exacerber 
l'excitation des sens.
	Que la duchesse ft une habitue de la 
flagellation ou qu'elle en ft l'exprience pour la 
premire fois, Orlanda l'ignorait. Une chose ne 
pouvait tre mise en doute cependant: conjointement 
 l'action de ses lvres, de sa langue et de ses dents, les 
lanires portaient rapidement la femme vers la 
jouissance, laquelle fit bientt raidir les muscles de 
cette dernire et lui tira de petites plaintes touffes.
	Orlanda sentit couler dans sa bouche 
l'expression liquide du plaisir qu'elle venait de 
procurer.
	Pressant fougueusement le visage de la jeune 
fille entre ses cuisses vibrantes, jetant son bas-ventre 
au-devant de la bouche qui la comblait, puis  la 
rencontre des lanires cuisantes qui l'embrasaient 
sans cesse davantage, la duchesse del Eripol se crispa 
d'orgasmes successifs, venant la secouer en chane, 
entrecoups de brves dtentes. Elle jouissait sans nul 
doute quasi constamment, semblant possder en elle 
une rverve  peu prs inpuisable de volupt, ses 
petites plaintes assourdies devenant des cris, puis des 
hoquets et des sanglots, puis des rugissements de plus 
en plus furieux.
	- Encore! Encore! criait-elle  l'adresse 
d'Orlanda dont elle tirait convulsivement les cheveux 
et agitait vivement la tte. Plus fort! Plus fort! 
implorait-elle  l'intention de la converse qui la 
fouettait.
	Soudain, ce ne fut plus les quelques gouttes 
d'une cyprine pice que reut Orlanda, mais une 
vritable cataracte, chaude, cre, copieuse, qui lui 
emplit la bouche, s'engouffra dans sa gorge et la fit 
suffoquer, qu'elle recracha en toussant, coeure... 
qui lui inonda le visage et les cheveux, ruissela sur ses 
joues, les doigts qui la maintenaient, et chuta sur les 
dalles avec un bruit de pluie crpitante.
	La duchesse, que Soeur Lorenza avait cess de 
fouetter ds qu'elle s'tait mise  uriner, se soulagea 
jusqu' la dernire goutte sur le visage rvuls par le 
dgot de la jeune fille captive.
	- Je voudrais pouvoir lui faire manger mes 
excrments, dit-elle d'un ton exalt, en lchant enfin 
la chevelure dgoulinante d'Orlanda qui, au comble 
de l'humiliation, se balanant et vibrant entre les 
colonnes, clata en sanglots.
	- Lorsque vous nous reviendrez, Elvira, dit Mre 
Redencin, lorsque vous nous reviendrez et 
sjournerez parmi nous, vous pourrez jouir aussi 
longuement, aussi pleinement que vous le dsirerez du 
martinet de Soeur Lorenza, lequel je me ferai 
l'immense bonheur de savourer avec vous. Et je vous 
le promets galement, cette fille sera de celles qui 
serviront nos dsirs. Elle est faite pour cela. Elle est 
capable, elle aussi, de jouir de l'humiliation et de la 
souffrance. Il ne faut qu'abattre son orgueil et la 
dresser. Dsormais, et avec l'assentiment de son 
oncle, lequel, aprs ce qui vient d'arriver avec Anna, 
ne veut plus avoir souci de sa nice et n'aspire qu' 
s'accaparer une partie de sa fortune, il nous est 
permis de faire d'elle  notre convenance. Don Inigo 
me confesse dans sa lettre que nulle autorit ne 
connat la prsence d'Orlanda en Espagne, et qu' 
leur dpart d'Argentine, voil bien des annes, leurs 
papiers n'ont pas t contrls. Comprenez-vous bien 
ce que cela veut dire Elvira?...
	- Je comprends, acquiesa la duchesse, comme je 
comprends, seulement aujourd'hui, tout ce qui m' 
manqu jusqu'alors. Ce qui m'choit en votre 
couvent, ce que j'prouve pour vous, ce que je viens 
de ressentir sous le martinet de Soeur Lorenza, les 
dsirs que font lever en moi la punition de cette fille si 
belle, et aprs tant et tant d'annes vcues aux cts 
d'un vieillard, tant et tant d'annes de frustrations et 
de dsirs inassouvis, me comblent enfin, et si 
totalement, si absolument, que je peux m empcher de 
redouter que mes espoirs soient soudainement rduits 
 nant.
	- Ils ne le seront pas, Elvira, je vous le promets, 
comme je vous promets de vous faire connatre, en 
certains des lieux souterrains et secrets de ce couvent, 
des plaisirs que, peut-tre, vous ne pouvez mme 
imaginer. J'ai su,  la seconde o nous nous sommes 
vues, dans mon bureau et au del de notre 
conversation, que vous tiez, vous aussi, de celles que 
rien ne peut arrter dans leur recherche d'un absolu 
voluptueux hors d'atteinte du commun. J'ai su que 
vous ne veniez vous-mme chercher votre fille, que 
vous n'aimez gure, dont vous avez honte des 
disgrces, que dans le but unique, mais inavou, de 
voir punir Orlanda et d'en jouir. J'ai su,  vous voir 
palpiter quand on l'a dshabille, frissonner quand on 
l'a attache, haleter et vibrer quand on l'a fouette, 
que vous aviez la convoitise des lanires pour vous- 
mme. J'ai su que femme vous-mme vous aimiez la 
femme plus que l'homme. J'ai su, enfin, que vous 
refouliez les pulsions de votre tre non par pudeur, 
mais par principe, par honte du scandale qu'il y 
aurait pour vous  les rvler publiquement... 
	- C'est vrai! C'est vrai! s'cria la duchesse en se 
jetant dans les bras de Mre Redencin. 
	- Eh bien, regardons et entendons souffrir cette 
fille! rtorqua avec une gaiet perverse la Prieure. 
Aprs cela, toi et moi nous ferons nos projets. 
	- Oui! Oui!... Toi et moi!... Toi et moi! hoqueta la 
duchesse jete hors d'elle-mme en se frottant 
lascivement contre la religieuse qui la gagnait au vice 
et, de ses fantasmes, faisait une corruption. 
	Soeur Lorenza s'arma d'un grand fouet et, d'un 
mouvement ample du bras, rejetant l'instrument 
reptilien en arrire de son paule, projeta la lanire 
sifflante entre les cuisses ouvertes dvoilnt les 
oeuvres les plus dlicates de la jeune fille atrocement 
mortifie. 
	Le cuir cingla schement la vulve rose, l'anus et 
le sillon de l'entre-fesses d'Orlanda dont les traits se 
convulsrent de nouveau. Elle clama son innommable 
douleur en un hurlement atroce qui dchira les 
tympans de ses tortionnaires tant actives que 
passives, lesquelles, dja, se fascinaient de son 
supplice.
	Chaque coup assn lui occasionna ds lors une 
souffrance si aigu qu'elle en sursauta en 
tourbillonnant un peu de droite et de gauche dans ses 
liens. Des tremblements nerveux agitrent de nouveau 
toute sa belle chair blanche, firent vibrer ses cuisses, 
trpider ses fesses, trmuler ses seins...
	Cingle aprs cingle, sur un rythme trs lent, 
chacune d'elles tant spare de la prcdente et de la 
suivante par plusieurs secondes, la meurtrissante 
lanire s'incrusta dans l'ouverture bante des cuisses, 
claquant sur la vulve et dans le vallonnement profond 
des fesses bien cartes, crasant en mme temps le 
clitoris et l'oeillet bruntre de l'anus, sans jamais 
dvier. Les brlures intenses causes par la lanire 
implacable taient si insupportables que le corps nu 
semblait travers d'un violent et subit courant 
lectrique, et la gorge s'gosillait en clameur 
assourdissantes. 
	Entre les cris inhumains qu'elle lanait  pleins 
poumons chaque fois que le fouet sabrait ses tendres 
muqueuses, Orlanda rlait, geignait et sanglotait, 
s'touffant et hoquetant de manire incoercible.
	A cinq pas d'elle, la duchesse s'tait agenouille 
devant la Prieure et, cette dernire tenant sa robe 
releve jusqu' la taille, montrant ses cuisses pleines 
gaines de bas noirs opaques, eux aussi tendus par des 
jarretelles, offrant son ventre nu et glabre, lui rendait 
de sa bouche avide le plus intime et le plus passionn 
des hommages.
	Mre Redencln tressaillit de tout son tre du 
spasme qui la cabrait soudain, puis elle fit relever la 
duchesse dont elle venait de vernir les lvres de sa 
jouissance.
	- Veux-tu emporter de nous deux un souvenir 
qui te donne l'impatience de revenir? lui. demanda-t-
elle.
	- Oui, oh oui! accepta celle-ci fivreusement.
	- Mets-toi compltement nue, afin que rien ne 
m'empche de jouir de ta beaut!
	Elle-mme commena  se dshabiller.
	Mais Orlanda ne faisait pas attention  cela; elle 
tait en enfer.
	La lanire continuait de l'attaquer 
impitoyablement dans ses oeuvres vives, 
ensanglantant les lvres de sa vulve congestionne, 
boursoufle et dmesurment enfle comme celle 
d'une chienne en chaleur, faisant gonfler galement 
son anus en une intumescence violace, laquelle ne 
tarda pas non plus  se rompre sous un coup plus 
violemment appliqu.
	Elle ne suppliait plus maintenant ni ne hurlait 
vritablement. Ses dents s'entrechoquaient tandis 
qu'un hululement continu se modulait dans sa gorge, 
ponctu par instants d'un rugissement de fauve 
enrag.
	Les deux derniers coups, qui achevrent de 
ravager l'entre-cuisses carlate et d'o ruisselaient 
deux ou trois filets de sang, ne firent pas bondir la 
nudit  la torture.
	Orlanda ne souffrait plus. Elle avait perdu 
connaissance et pendait, inerte, au bout des cordes. 
	La Redentora laissa retomber son bras et tourna 
la tte pour quter de la Prieure de nouveaux ordres.
	Devant la duchesse, qui avait t ses bas et son 
porte-jarretelles, Mre Redencin achevait elle aussi 
de se dpouiller en se dcouvrant la tte.
	- Approchez-vous Soeur Lorenza, dit la Prieure 
d'une voix change par le dsir violent qui la 
tenaillait, nous avons grand besoin de vous.
	Nues, les deux femmes se tendirent les bras pour 
s'treindre.
	La converse, le front luisant de sueur sous son 
fronteau, dlaissant Orlanda inanime, vint vers les 
deux bacchantes troitement enlaces qui 
compltaient leur union en se prenant les lvres et 
mlant leurs langues, puis de nouveau, un sourire de 
carnassier clairant son visage bestial, elle leva son 
fouet... 


 LA GEOLE INFERNALE 

	Orlanda n'avait aucun moyen de savoir combien 
de temps elle tait demeure prive de connaissance. 
Mais si elle ne souffrait plus autant lorsque la 
conscience de son existence lui revint, la peur et le 
dsespoir, eux, la mordirent instantanment au 
ventre.
	Ouvrant lentement les paupires, elle constata 
aussitt qu'elle se trouvait plonge au sein de la plus 
totale obscurit. Difficilement, elle commanda  ses 
muscles d'obir  sa volont et,  ttons, sur les mains 
et les genoux, chercha  identifier le lieu dans lequel 
elle avait t amene aprs son supplice et durant son 
vanouissement. Il ne lui fallut que deux ou trois 
minutes pour s'apercevoir qu'elle tait enferme dans 
un local hermtiquement clos de toute part, en fait 
une sorte de cylindre mtallique dont la surface 
semblait comporter de nombreuses dpressions, 
comme des alvoles circulaires et peu profonds.
	Ainsi, on l'avait place dans le Caveau de la 
Mditation auquel, elle s'en souvenait vaguement, 
Soeur Misericordia avait fait allusion; ce caveau dans 
lequel sjournait plus ou moins longtemps toute 
future Penitenciaria afin qu'elle se prpart au 
martyre, et dont on ne la sortait que pour la mener 
dans l'un des cachots des Enfers o, mlant sa voix  
celles de ses compagnes  la torture, elle commenait 
bientt  se tordre et hurler d'indicibles souffrances 
avant que ne la secout, peut- tre, le premier spasme 
de la jouissance la plus effroyable qui se pt 
concevoir.
	En se relevant et s'appuyant le dos contre la 
froide paroi incurve, ce qui la fit se souvenir de sa 
nudit, elle avana en droite ligne devant elle. De la 
sorte, elle put effectuer deux grands pas seulement. 
Ce qui n'tait pas beaucoup. Puis se dressant sur la 
pointe des pieds, et grimaant de la douleur qu'un tel 
mouvement faisait renatre entre ses cuisses et dans 
sa poitrine, elle leva le bras au-dessus d'elle, s'tira 
autant qu'elle en tait capable, mais ne put malgr 
cela toucher quoi que ce soit; il lui tait impossible 
d'effleurer le plafond de sa gele. 

	L'ombre absolue qui la cernait tait telle qu'elle 
ne voyait mme pas son corps, ni mme la main 
qu'elle approchait de son visage jusqu' le toucher du 
bout des doigts, la o la brlaient encore les griffades 
de l'Aragonaise, bien petites souffrances, toutefois, 
compares  celles qui continuaient  se rveiller pour 
lanciner tout son tre.
	Alors, durant qu'galement l'acuit de la honte 
accablait de nouveau son orgueil au souvenir de son 
humiliation devant Ana, et pis encore, de celle que lui 
avait inflige la perverse duchesse, elle prouva 
soudain de pressantes ncessits physiologiques, et 
comprit que c'tait cela qui lui avait fait recouvrer 
l'esprit.
	Elle devait se satisfaire d'urgence, mais o?
	Elle appela de toutes ses forces. Elle ignorait 
dans quelle partie des souterrains le Caveau de la 
Mditation tait install, mais sans doute devait-il y 
avoir une religieuse qui se trouvait quelque part en 
mesure de l'entendre. Du fond d'elle-mme, veille 
elle aussi, sa pudeur la tourmenta  la perspective de 
devoir se montrer toujours nue, mais son envie tait 
plus imprieuse maintenant que sa fiert.
	- Ouvrez-moi!... Laissez-moi sortir d'ici! cria-t-
elle. Laissez-moi sortir!... Seulement quelques 
instants!... Ecoutez-moi!... C'est urgent! J'ai besoin de 
me rendre aux toilettes!... Je vous en prie!... Je ne 
puis pas... ici... Je ne suis pas une bte!... Ouvrez! 
Ouvrez!
	Durant de longues minutes, elle s'puisa  crier 
encore en martelant de toute l'impuissance de ses 
poings le mtal qui la cernait, mais ne russit qu' se 
faire mal et  s'gosiller sans le moindre rsultat. La 
paroi lisse et continue devait tre si paisse, pensa-t-
elle, qu'elle ne rsonnait mme pas.
	- Oh! c'est ignoble! gmit-elle sourdement.
	Puis elle se mit  sangloter nerveusement en se 
rendant compte de l'inanit de ses efforts.
	L'accroissement des manifestations 
entralgiques qui lui nouaient de plus en plus les 
entrailles ne lui permit bientt plus de se contenir et, 
en larmes, le dsespoir et la honte  nouveau dans 
lme, elle se vit alors contrainte de s'accroupir  
mme le sol, lui aussi constitu par une plaque de 
mtal.
	A l'instant prcis o elle commenait  librer sa 
vessie et ses intestins, non sans gmir de la 
recrudescence de souffrance que cela lui occasionnait 
 la vulve et  l'anus, une violente lumire, blanche et 
crue, inonda le cylindre tout entier et l'claira 
brutalement dans son humiliante posture. Entre ses 
cuisses cartes, jaillissait dja le flot press de sa 
chaude miction giclant sur le mtal poli, mouillant ses 
chevilles et ses pieds avant que de s'tendre en une 
flaque de plus en plus large. A l'odeur cre de son 
urine se mla bientt celle encore plus coeurante de 
ses matires fcales.
	Terriblement mortifie, mais soulage 
nanmoins et en dpit de la brlure qui dvorait ses 
voies naturelles mises  vif par la flagellation 
rigoureuse, Orlanda se redressa et, par mgarde, 
marcha dans son urine et ses excrments. Cette 
nouvelle avanie dclencha sa colre, laquelle, en 
raction aprs ce qu'elle avait subi de hontes et de 
svices, l'emplit et la submergea comme tempte. 
Prise d'irrsistible rage, elle hurla dans sa solitude,  
pleins poumons. Elle n'tait plus du tout assure 
qu'on pt l'entendre, mais elle continua cependant  
crier, s'irritant la gorge de furieuses imprcations et 
frappant, encore et encore, la paroi de mtal de ses 
poings douloureux, maudissant les religieuses et les 
vouant  tous les diables. 
	Brusquement, et alors que la tension de ses nerfs 
faiblissait au fur et  mesure que s'extriorisait son 
sentiment de rvolte paroxystique, la voix retentit 
dans sa gele et la laissa muette de surprise, tant elle 
s'attendait peu, dans ce moment,  ce que l'on lui 
rpondet de quelque manire. 
	- Vas-tu bientt mettre un terme  cette ridicule 
petite colre ou me faut-il te faire donner  nouveau 
du fouet? 
	C'tait une voix de femme. Bien qu'elle ft 
dforme, comme si elle passait par un tube 
acoustique avant qu'un porte-voix ne l'amplifit, il fut 
ais  Orlanda de reconnatre celle de la Prieure. Elle 
provenait du sommet du cylindre,  plus de deux 
mtres au-dessus de sa tte, dont la trop vive 
luminosit que produisaient deux projecteurs fixs la, 
et qui l'aveuglaient ds qu'elle levait les yeux, lui 
interdisait de discerner le dtail. 
	- Vous... vous pouvez me voir? questionna 
Orlanda en se calmant tout d'un coup. 
	La voix de Mre Redencin mit un petit rire 
sarcastique. 
	- Evidemment! 
	- Non! Oh noooooon!... ne put se retenir de crier 
 nouveau Orlanda, horrifie  la pense de s'tre 
donne aussi misrablement en spectacle, et peut-tre 
pas seulement aux regards de la Prieure. 
	- Comprends bien, pas un seul de tes 
mouvements ne peut nous chapper si nous dcidons 
de te surveiller, affirma cette dernire avant d'clater 
de rire.
	La, non loin de ses pieds, dont l'un tait souill, 
Orlanda pouvait voir en pleine lumire, cette 
clatante et excrable lumire qui la baignait, la 
matrialit tant liquide que compacte, nausabonde, 
de son avilissement. Elle perdit toute sa capacit de 
raisonner, de penser mme, et n'prouva plus qu'un 
grand vide, dont le vertigineux abme s'emplit 
aussitt d'une indicible honte, laquelle la tourmenta 
affreusement.
	- Que voulez-vous de moi? sanglota-t-elle 
pitoyablement.
	- Rien de plus que te prparer  ta nouvelle 
existence parmi nous au sein de ce couvent duquel, si 
tu es telle que je le crois, tu ne partiras plus jamais. 
Mais j'anticipe!... Pour le moment, tu vas pouvoir 
faire ta toilette; ensuite tu auras  manger. 
	Navement, Orlanda crut qu'on allait enfin la 
laisser sortir de la gele cylindrique, qu'elle allait tre 
en mesure de procder normalement  des ablutions 
dont elle ressentait tant le besoin, et qui la laveraient 
de sa souillure aussi bien physique que morale. Hlas! 
Elle ne tarda pas  dchanter et  se rendre compte 
qu'elle s'tait lourdement trompe dans ses 
esprances... Une lgre secousse branla 
soudainement la gele. Sous ses pieds nus, Orlanda 
sentit la circonfrence de base s'abaisser de plusieurs 
centimtres pour laisser un vide entre elle et la 
section du cylindre. En mme temps, apparurent sur 
la paroi de celui-ci plusieurs dizaines de trous 
dcouverts par le glissement d'autant de parcelles 
mtalliques, chacune ouvrant le fond d'un alvole.
	La jeune fille comprit qu'elle allait tre douche, 
certes, mais malgr elle, et dans sa prison mme.
	Puis l'obscurit revint, totale, faisant renatre 
ses angoisses.
	Aussitt, concrtisant ses apprhensions, l'eau 
jaillit de tous les orifices  la fois et la frappa avec une 
puissance incroyable, qui la fit crier de surprise, 
presque de douleur aussi,  l'instant o la quantit de 
jets la percuta violemment et de toutes parts.
	Les minces flches d'eau convergeaient vers le 
centre du cylindre et frappaient Orlanda prive de 
toute possibilit d'abri. La virulence de leur dbit lui 
coupa le souffle. Elle jeta quelques cris en se 
dbattant, qui furent briss net par la suffocation 
dont elle fut saisie. Mais elle recommena  crier ds 
qu'il lui fut de nouveau possible de retrouver un peu 
d'air. Cris... Etouffements... Cris... Suffocation... 
Cris... Cris... Hoquets... Protestations... Cris... 
Convulsions... Etouffements... Cris, cris...
	Elle ne pouvait chapper aux jets qui la 
cinglaient avec force.
	Traque sans le moindre rpit par les 
impitoyables lances d'eau glace qu'elle ne pouvait 
voir, elle s'agitait tel un fauve pris dans les mailles 
d'un filet, sautait, courait en rond contre la paroi, 
bondissait en tentant, vainement cependant, 
d'esquiver au juger la violence des traits liquides 
atrocement froids, et dont elle avait la sensation 
rvulsante qu'ils lui peraient la peau et les chairs 
jusqu' l'os. Elle grelottait, haletait, criait de 
nouveau, claquait des dents, insultait, sanglotait, 
hurlait, suppliait et implorait tour  tour, affole par 
le tourment que lui imposait la douche au coeur de la 
machinerie infernale. Mais les jets algides 
continuaient  lui marteler tout le corps avec la mme 
puissance.
	Et puis elle ne put rprimer un terrible 
hurlement de douleur tout en sursautant plus 
violemment encore.
	Un impact brlant, entre tous les autres gels, 
l'aiguillonna au ventre. Un autre, aussitt, la mordit 
dans le dos; un autre la pina au sein droit; un autre 
encore aux reins... Elle lana ses mains devant et 
derrire elle en de puriles tentatives de protection, 
mais, cette fois encore, bien inutilement.
	Orlanda tait dans l'incapacit de prvoir d'o 
allait jaillir l'eau bouillante, qui continuait de la 
brler en l'peronnant sauvagement ici et la. Le 
contraste simultan de ces deux tempratures 
extrmes l'affola de plus en plus en lui nouant les 
nerfs, et elle hurla, vocifra, pleura comme une 
possde du dmon soumise  l'aiguille de l'exorciste 
fouillant ses chairs pantelantes. Elle se sentit proche 
de perdre tout  fait la raison dans ce pige hideux o 
on la tenait enferme afin de mieux la supplicier. La 
crise allait venir, qui l'emporterait au coeur de la 
dmence. Elle la perut qui, insidieusement, prenait 
possession pleine et entire de son tre proche de se 
dissocier.
	Celle-ci n'eut pas le temps d'clater.
	Tous les jets se tarirent d'un seul coup. Puis, 
immdiatement aprs, une trombe d'eau glace 
dvala du plafond et inonda Orlanda de sa cataracte 
diluvienne. Cette masse liquide fut telle qu'elle la fit 
choir sur le fond du cylindre, qu'elle la recouvrit 
entirement, et qu'elle lui monta jusqu'au ventre 
lorsqu'elle parvint enfin, en suffoquant, toussant, 
s'brouant,  se relever. Il fallut ensuite de longues 
secondes pour que l'eau s'chappt.
	A peine s'tait-elle retire en totalit, qu'une 
nouvelle secousse agita le cylindre. La base de la gele 
infernale remonta et s'ajusta  la paroi latrale, la 
lumire aveuglante jaillit, les orifices d'arrosage se 
fermrent et la paroi redevint parfaitement close 
d'apparence, en mme temps que le sol, quoique 
mouill, d'une irrprochable propret.
	Bien que prive de miroir, Orlanda se vit 
pitoyable, compltement trempe, le corps couvert de 
gouttelettes brillantes sous les feux des projecteurs, 
les cheveux dgoulinants et pendant lamentablement 
devant son visage. En de nombreux endroits, la o 
avaient frapp les jets d'eau chaude, la peau lui 
cuisait, et plus insupportablement encore sur ses seins 
et ses fesses svrement mis  mal par le fouet.
	Alors un vent brlant et sec, soufflant du 
sommet du cylindre, la balaya subitement et, comme 
la trombe liquide un instant auparavant, faillit la 
renverser. Une nouvelle fois, elle suffoqua 
littralement sous la violence de la bourrasque qui lui 
torrfia le visage et lui desscha la gorge. Dans le 
tourbillon de cette forte chaleur, son corps se scha en 
quelques minutes seulement, et ses cheveux parpills, 
voletant autour de sa tte, se trouvrent 
compltement secs eux aussi en un temps record.
	L'air chaud cessa de la fouetter tout aussi 
brusquement qu'il s'tait mis  souffler. Une plaque 
mobile glissa dans la paroi et rvla un caisson dans 
lequel se trouvaient prsents des aliments. Orlanda 
s'en approcha en titubant un peu, choque par la 
succession des preuves que l'on venait de lui faire 
endurer.
	Elle aurait voulu tre capable de laisser la 
nourriture, de refuser cette concession, mais la viande 
tait apptissante, le pain et le fruit ne l'taient pas 
moins; et puis elle avait faim et soif!
	Elle dut manger comme un animal, en dchirant 
de ses dents la viande tenue entre ses doigts 
graisseux; elle but tout entier le grand verre de 
breuvage jauntre, lgrement acidul mais sans got 
dfini, qu'on lui proposait comme unique boisson. 
Lorsqu'elle eut achev de s'alimenter, le caisson se 
referma avec un claquement sec, et elle se retrouva 
l'instant d'aprs replonge dans la nuit opaque, 
silencieuse, spulcrale de la gele mtallique.
	Elle s'assit en s'adossant contre la paroi et 
songea  son sort, ne parvenant pas, de nouveau,  se 
rendre matresse de l'anxit qu'elle prouvait quant 
 son devenir. Elle ne voulait pas passer son existence 
en ce couvent de la folie sadomasochiste, elle ne 
voulait pas se voir vieillir, regarder jour aprs jour sa 
beaut se fltrir... et ne savourer pour toute 
jouissance que la volupt de souffrir, encore et encore 
et toujours, jusqu' ce que l'alination de son esprit 
ou la fureur de la Prieure ft d'elle une Penitenciaria.
	Et puis, prise d'une irrsistible langueur, elle se 
coucha en chien de fusil sur le sol.
	Cette somnolence trange qui la gagnait si peu 
aprs qu'elle ft sortie de l'inconscience l'tonna. Le 
soupon qu'on lui avait fait absorber une quelconque 
drogue mle  sa boisson ou ses aliments l'effleura. 
Mais sans lutter, ses douleurs du mme coup 
anesthsies, elle se laissa bientt glisser dans un 
sommeil lourd et pesant.


LIVRE QUATRIEME 

L'ELUE DU SEIGNEUR 

La fausse pit
Qui, sous couleur d'teindre en nous la volupt 
Par l'austrit mme et par la pnitence, 
Sait allumer le feu de la lubricit. 
Jean BOLLAND. 

ECCE ORLANDA! 

	Ce fut une sensation de brlure de plus en plus 
vive, rvulsive, qui tira Orlanda de 
l'engourdissement. 
	Presque tout de suite, elle sentit que les pointes 
blesses de ses seins et sa vulve meurtrie, mais aussi 
son fondement, se consumaient d'un feu dvorant. 
Totalement veille, du bout des doigts, elle put se 
rendre compte que ses mamelons, son clitoris, les 
lvres de son sexe et son anus taient  nouveau 
devenus singulirement gonfls, enfls, tumescents. 
Par ailleurs, le dsir de jouir la tourmentait, et cette 
exigence despotique de ses sens se mit  craitre 
irrsistiblement, de seconde en seconde avec plus 
d'intensit.
	D'abord, dans la crainte que les projecteurs 
s'allumassent soudain au-dessus de sa tte, elle lutta 
de toute sa volont contre la faim ardente et pressante 
qui lancinait son tre. Mais la fivre dvorante qui la 
tourmentait comme une flamme fut la plus forte. 
Presque contre son gr elle s'empara de ses seins pour 
en suivre le contour rebondi de ses paumes moites, les 
masser des deux mains, en effleurer des ongles les 
gros mamelons dont il lui sembla qu'ils avaient doubl 
de volume. Malgr les boursouflures persistantes 
laisses par la lanire, ce n'tait pas de cette sorte 
d'inflammation dont son corps, mais davantage sa 
poitrine et son entre-cuisses brlaient.
	Durant quelques minutes, yeux clos dans sa nuit, 
langue humide  la caresse de ses lvres, buste tendu, 
Orlanda s'attacha  accentuer cette sensibilit toute 
neuve des deux globes magnifis, cuisant de 
l'intrieur mais tides au toucher, qui pesaient plus 
lourdement sur sa poitrine et qui, sous ses 
attouchements, lui procurrent un plaisir  la fois 
suave et puissant. Hormis sous les cingles du fouet, 
jamais ses seins ne lui avaient paru plus 
volumineusement prsents et pesants sur son torse 
qu'en cet instant.
	Confiant sa poitrine tressaillante  une seule de 
ses mains, elle fit ramper l'autre jusqu' son pubis 
pour disjoindre les lvres fortement paissies de sa 
fente, puis insra deux doigts reptiliens dans le puit 
humide de son ventre transform en volcan clapotant.
	Dans une vision fugitive, elle se revit pendue par 
les chevilles, les cuisses outrageusement ouvertes, son 
intimit offerte au cuir torturant, la tte renverse et 
prsente au con de la duchesse: ce sexe qu'elle avait 
d, regardant la vulve rose et le pubis glabre, 
embrasser, lcher, puis qui l'avait inonde, souille, 
abreuve d'une rpugnante miction avant que le fouet 
ne claqut entre ses jambes et ne lui donnt l'horrible 
sensation d'tre dchire, fendue et ouverte par le 
milieu du corps. En se nourrissant du dsarroi 
renaissant au souvenir de son humiliation et de ses 
souffrances, elle se laissa enfin emporter dans le flot 
de ses fantasmes les plus fous, s'abandonna  
l'intensit cratrice de son cerveau qu'elle avait si 
souvent jugule, et chercha complaisamment  faire 
s'accrtre son dlire pour en jouir sans restriction 
dans les excs de la masturbation.
	Les doigts enfoncs aussi loin que possible dans 
l'anfractuosit de son sexe, de l'intrieur de laquelle 
sourdait la lave distille par son plaisir, un soupir de 
bien-tre voluptueux s'exhalant librement d'entre ses 
lvres, elle ne bougea plus durant un long moment, 
vivant de tout son tre les intimes tressaillements de 
sa chair, savourant l'ineffable sensation que lui 
procurait la pntration de ses phalanges, s'enivrant 
de l'onde qui se dversait au creux de la cavit secrte 
et vibrante de sa fminit.
	Ah! quel bonheur elle avait d'tre femme en ces 
instants!
	Lentement, doucement, elle commena  faire 
bouger ses doigts en les faisant aller et venir, 
effleurant au passage le bourgeon dress et turgide 
dont le contact, en haut de ses lvres tellement 
gonfles, tant par le fouet que par l'trange 
phnomne rsultant de la drogue que les nonnes 
avaient presque certainement mle  ses aliments ou 
 sa boisson, et qui affectait tout son corps en le 
rendant jusqu'en ses moindres fibres avide de 
s'emplir de jouissance, l'agita aussitt d'mouvants et 
irrpressibles frmissements.
	Orlanda se moquait que son hypersensibilit ft 
artificielle; seule la merveilleuse ralit de la 
sensation comptait pour elle, par-dessus tout.
	S'exaltant  se masturber, elle voqua et cultiva 
avec une morbide complaisance les moments vcus 
dans la crypte sous le martinet de Soeur Lorenza, et 
plus rcemment ceux connus dans le cachot aux 
colonnes en compagnie de cette dernire, de la 
Prieure et de la duchesse. Elle se complut au rappel 
de ses mois, de ses apprhensions, de ses peurs, de 
ses douleurs, de ses extases, et puis de ses sanglantes 
humiliations, de ses affreuses souffrances... Glissant 
de plus en plus dans les abmes creuss par ses 
fantasmes, elle envia Soeur Misericordia contrainte  
la nudit, les seins percs, alourdis et supplicis par le 
crucifix, les paules et les bras chargs de la traverse 
de croix, les fesses vibrantes, tremblantes sous les 
brlantes atteintes des lanires, ces lanires dont 
pouvaient jouir  satit les Penitenciarias...
	Sa fivre ne cessant de crotre, ses doigts 
ptrirent avec plus de violence ses seins agits par ses 
soubresauts de plaisir; aux mouvements de ses autres 
doigts, dont elle se fouissait avec passion, elle allia 
ceux de son ventre afin de prcipiter le rythme de 
leurs rencontres qui lui faisaient battre le mtal de ses 
fesses.
	Et elle fantasma, fantasma, encore, encore et 
encore...
	Bientt tous ses muscles se raidirent sous la 
monte puissante de son plaisir souverain, imprieux. 
Sa gorge produisit une succession de petits cris 
rauques prolongs de trilles, et elle aboutit, enfin,  
cet clatement blouissant et follement convoit par 
toute sa chair cabre dans la crispation ttanique de 
la jouissance. 
	
	Derrire ses paupires hermtiquement soudes, 
il y eut de nouveau le miraculeux embrasement; sa 
bouche laissa fuser le long rle qui lui emplissait la 
gorge; tout son corps se crispa en un spasme d'une 
violence extrme, qui l'crasa, l'cartela, la crucifia 
sur le mtal lisse qu'elle griffa de ses ongles. La gerbe 
ardente s'lana de son sexe comme une vipre de feu, 
qui lui mordit le ventre et les reins et les seins, puis 
elle sentit le ruissellement de lave brlante emplir son 
vagin et noyer ses doigs.
	Longuement secoue par les sursauts de 
l'orgasme qui la possdait et la ravageait tout d'un 
bloc, Orlanda s'enivra goulment de ce plaisir en 
savourant, jusqu'en leurs ultimes rebonds, les 
secousses qui l'agitaient, et en cherchant  les 
prolonger en continuant  solliciter rageusement le 
renouvellement de l'onde fantastique que ses doigts 
venaient, avec le concours de la drogue, de lui 
procurer.
	Et elle recommena  fantasmer.
	Elle redevint l'lve humilie devant toute une 
classe, la pnitente de Soeur Lorenza, la victime de la 
venimeuse Aragonaise... Elle devint celle qui, prive 
de jupe et de culotte, montrait ses fesses et son sexe 
nus  tout le pensionnat... Sauf que cette fois, et sans 
qu'elle s'expliqut cet cart, c'est un sexe imberbe, 
priv du moindre duvet, qu'elle se voyait dans son 
dlire exhiber  ses compagnes, alors mme que ses 
doigts imprieux se frayaient un chemin dans une 
toison des plus englues... Elle fut cette Penitenciaria 
suspendue par les mamelles et la croupe dchire par 
les cordes armes de crocs, cette autre dvore par les 
fers chauds, celle-l qui suppliait qu'on lui fort le 
fondement d'un plus gros mandrin, celle qui...
	Elle renouvela ses transports, jetant des plaintes 
perdues  chaque nouvelle cristallisation 
voluptueuse qui la liqufia toujours davantage, qui la 
fit se raidir  se rompre sous l'intensit des 
bourrasques venant de son ventre pour la submerger, 
refluant, revenant et l'engloutissant  nouveau, 
encore. 
	Elle crut que, pme  l'excs, l'inconscience 
menaait de la priver de plaisir comme elle l'avait 
dbarrasse de la douleur. 
	Dans le fragment distordu d'un temps 
improbable, ses doigts et la drogue allaient la librer 
de sa temporalit pour la sublimer et la faire s'lancer 
vers la jouissance absolue. Elle allait tre extraite de 
son corps pour n'tre que volupt pure drivant dans 
le choeur blouissant d'une dbauche de spasmes 
coruscants, qui l'entraneraient dans leur cortge ou 
des nonnes nues et luxurieuses chanteraient ses 
louanges en accompagnant ses bonds, qui la 
mneraient d'un orgasme flamboyant  l'insoutenable 
embrasement d'un autre, qui feraient d'elle une 
bacchante cleste chevauchant le plaisir suprme en 
des tnbres profondes, pour elle seule royaume d'or 
et de feu...
	Hlas!
	A peine satisfaits ses sens la torturaient de 
nouveau.
	Alors, pour la premire fois, elle convoita cette 
chose voque par la carotte qu'Ana lui avait 
enfonce dans le derrire; elle ne songea pas  
l'homme dont elle ne savait rien, non, seulement  "la 
chose", dont elle avait soudain le besoin, qui lui 
manquait, et dont l'absence la fit hurler de 
frustration. 

	Orlanda ne savait plus combien de fois dja elle 
avait joui. Mais le feu allum dans son tre la 
tourmentait toujours avec une gale violence, 
refusant de s'teindre de s'apaiser mme, si peu que 
ce ft.
	Echevele, ruisselante de sueur, elle cumait, 
bavait, grinait des dents, criait, sanglotait, hurlait, se 
convulsait et se raidissait sur le mtal de sa gele 
comme une hystrique, et, l'entre-cuisses et les doigts 
poisseux de cyprine, se masturbait avec une frnsie 
dmentielle.
	Elle ne remarqua pas que la lumire succdait  
l'ombre.
	Ce fut  peine si elle entendit le panneau glisser, 
si elle sentit la fracheur de l'extrieur pntrer le 
cylindre, si elle vit la haute et puissante stature de la 
nonne paratre dans l'ouverture, si elle reconnut 
Soeur Lorenza arme d'un martinet longues 
lanires...
	Seul l'instinct la fit se jeter  quatre pattes et la 
poussa  fuir.
	La premire cingle tomba sur ses fesses 
tumfies par la prcdente flagellation. Elle cria de 
douleur et se retourna.
	Tout autre que la converse se ft effray de voir 
de tels traits.
	C'tait, dans un seul visage, toutes les 
expressions des passions les plus outres qui se 
pussent concevoir.
	Peut-tre que, dans la colre et la frustration, la 
jouissance et le crime, tenaillant de pinces ardentes le 
ttin d'une fille ou arrachant de ses dents le pnis 
d'un esclave, crevant les yeux de l'amant venant de se 
dverser en elle ou lui perant le ventre d'un 
poignard, beuglant sous les assauts d'un ne 
taraudant son fondement d'une verge aux 
proportions pouvantables, une quelconque 
Messaline et pu avoir un pareil rictus, ou Poppe, 
mourant du coup de pied de Nron lui broyant les 
entrailles...
	Les lanires s'crasrent sur les seins opulents 
d'Orlanda qui hurla comme une louve et se tordit sur 
le sol telle une damne en se tenant la poitrine.
	Elle hurla, mais ne supplia pas.
	Soeur Lorenza continua  la frapper, cinglant et 
re-cinglant des cuirs ses chairs dja vivement 
prouves quelques heures plus tt, les mordant  
chaque fois de corrosives caresses.
	Bientt elle n'essaya mme plus d'esquiver les 
coups.
	Et puis, durant que la Redentora frappait et que 
la jeune fille nue se tordait su le sol, entre la 
fouetteuse et la fouette, il se fit comme une sorte 
d'entente implicite une complicit informule, qui alla 
bien au del de tout ce qui avait pu les rapproche 
jusque-l lors des Svres Pnitences infliges  la 
rebelle.
	Tout en persistant  flageller, en projetant son 
instrument non plus au hasard mais en cherchant et 
atteignant seulement les seins, la croupe et le ventre, 
Soet Lorenza retroussa sa robe de sa main libre et, 
comme elle ne portait ni culotte ni mme linge intime 
nou autour de ses reins et entre ses cuisses, elle se 
mit  se caresser le sexe ouvertement. De son ct, 
recommenant  prouver une volupt aberrant sous 
les applications des lanires, Orlanda ne fit plus rien 
pour se soustraire au atteintes cuisantes. Au 
contraire, elle s'ouvrit, se ferma, s'offrit, se refusa, 
drivant entre souffrance et plaisir. 
	Puis la jouissance l'emporta une fois encore.
	Le souffle suspendu, les traits tendus et les yeux 
fixes, hagards, elle s'cartela et prsenta son pubis 
aux serpents de cuir sifflant rageusement au-dessus 
d'elle.
	Les lanires cinglrent son sexe offert  toute 
vole, mais elle ne l'en prsenta pas moins encore, 
bombant son ventre, cambrant les reins, se tendant en 
criant et hoquetant, la vulve luisante de cyprine, au-
devant du martinet qui,  dfaut de "la chose", lui 
faisait l'amour. 
	Les coups de la Redentora devinrent moins 
virulents; ce n'tait pas qu'elle se fatigut, non, car il 
en fallait bien davantage pour que ses forces 
diminuassent. Mais le plaisir la gagnait, l'envahissait, 
et ses jambes commenaient  trembler sous elle dans 
la proximit de l'clat voluptueux. 
	Orlanda avait la poitrine, les fesses et le ventre 
couverts de zbrures carlates, bleuissantes et 
violaces, enchevtres, confondues, superposes, qui 
gonflaient et se boursouflaient, qui suintaient en 
minuscules perles de rubis. O qu'elle le ret, elle 
ressentait chacun des coups  la manire d'un trait de 
lancette pntrant ses chairs les plus intimes. Dans ses 
yeux exorbits, se voyaient la terreur mle  
l'avidit, la souffrance hideuse unie au plaisir 
prodigieux.
	Elle avait horriblement mal; elle jouissait 
atrocement, sans cesse.
	Soeur Lorenza succomba  son tour et, les yeux 
rvulss, le corps secou de spasmes, plongeant 
furieusement ses doigts dans son vagin gluant, elle 
gronda sourdement du dferlement de la jouissance 
se ruant dans ses entrailles comme de la lave en 
fusion. 
	Orlanda demeurait allonge sur le mtal mouill 
de sa sueur, de ses larmes comme de ses abondantes et 
intimes scrtions, agite de violents tremblements, 
les reins saccadants et les hanches houleuses, les 
paules souleves de sanglots, une main referme sur 
l'un de ses seins, l'autre enfouie entre ses cuisses, 
rlant et dlirant. 
	Elle ne tenta pas de fuir le flot soudain qui la 
frappa, chaud, cre et rpugnant. L'urine qui 
l'inondait n'tait plus seulement une odieuse 
mortification; c'tait l'ondoiement qui la consacrait, 
la baptisait, la faisait communier avec l'ensemble des 
Penitenciarias humilies, bafoues, supplicies qui, 
mieux que de tout autre espce de flicit, jouissaient 
de l'effroyable volupt de la douleur et de 
l'avilissement.
	Des deux mains, elle se lava de la djection qui 
l'inondait, giclait sur ses seins et son ventre, arrosait 
son visage.
	Elle ouvrit la bouche et ne recracha pas...
	Ecce Orlanda!... Ecce Orlanda, aequo animo ad 
vitam inferam! 


LA CRUCIFIEE DU REFECTOIRE 

	La vive luminosit inondant de nouveau le 
Caveau de la Mditation tira Orlanda du sommeil, ou 
de cet tat qui ressemblait au sommeil, dans lequel 
elle avait, une fois encore, fini par s'abmer, puise 
tant par la flagellation que ses excs voluptueux, ce 
qui, d'une certaine manire, et pour diffrente qu'en 
ft la forme, revenait au fond  la mme chose.
	Elle avait la langue pteuse, les paupires 
lourdes et douloureuses, la tte pniblement pesante, 
l'esprit embrum et tous les membres gourds.
	Elle n'eut pas le temps d'ordonner ses penses. 
Le sol de sa prison de mtal s'branla et s'abaissa, 
l'avertissant de ce qui allait de faon immanquable lui 
arriver.
	Traits d'eau glace et fines lances brlantes, 
trombe dferlante, bourrasques de vent brlant 
transformant le cylindre en fournaise... Tout 
recommena! 
	Mais aucune voix de femme ne se fit entendre; 
hors la premire fois, jamais plus la Prieure ne lui 
avait parl au coeur de sa gele. Personne ne lui 
parlait plus, pas mme Soeur Lorenza, laquelle se 
contentait de grogner en la fouettant, de gronder en 
jouissant, de pousser un soupir de soulagement en 
l'abreuvant de son urine. 
	Lorsque le panneau s'ouvrit pour dcouvrir les 
aliments, elle hsita un bref instant, sachant avec 
certitude que chacun d'eux contenait une dose de 
drogue. Mais elle avait faim et, pas plus que toutes les 
autres fois, elle ne trouva en elle la force de caractre 
ncessaire pour rsister victorieusement  la 
tentation.
	Son repas termin, le silence et l'obscurit 
retombrent sur elle.
	Et de nouvelles heures passrent...
	Combien d'heures?... Combien faudrait-il 
d'heures, encore, avant que les flammes dvorantes 
de la passion ne l'incendiassent  nouveau, et qu'elle 
ne cdt  la frnsie de ses sens affams?
	Elle se rendormit.
	Elle se rveilla. 
	Ses seins la dvoraient, son sexe s'embrasait, son 
anus la brlait, ses fantasmes se ruaient dans son 
esprit... Elle se masturba, se masturba jusqu' ce que 
les articulations de ses doigts lui fissent mal, que ses 
reins fussent rompus, que son clitoris ft presque en 
sang, que sa gorge ft dchire de cris, de sanglots, de 
hoquets, de rles... et mme bien plus longtemps 
aprs.
	Tout en se contorsionnant follement sur le fond 
de sa gele, tout en jouissant de faon bestiale, mais 
pour souffrir tout aussitt d'une horrible frustration, 
tout en se griffant le ventre et les seins, elle se prit de 
nouveau  hurler aprs Soeur Lorenza qui tardait  
venir, qui tardait de plus en plus,  chaque fois 
davantage, jusqu' ce qu'elle supplit, implort 
longuement sa venue.
	Depuis combien de jours et de nuits tait-elle 
soumise  ce cycle infernal de la djection-
mortification, de la toilette-torture, du repas-drogue, 
de la masturbation-supplice, de la flagellation-
volupt, de la miction-ivresse?
	Doucement, inexorablement, elle sombrait dans 
la folie.
	Durant ses brefs instants de lucidit, elle avait 
d'abord essay de rsister, de refuser la nourriture, 
mais sa torture n'en avait t que plus intensment 
insupportable. Puis, tenaille par la faim, supplicie 
par les exigences de son corps, elle avait cd  la 
contrainte et s'tait alimente rgulirement, quoique 
toujours aprs une hsitation, absorbant le produit 
qui dtruisait son humanit et la ravalait au rang 
d'une chienne lubrique en chaleur.
	Plus elle ressentait de honte et plus la conscience 
de son avilissement se faisait aigu au dtriment de 
ses valeurs morales qui la dsertaient, plus elle avait 
la frnsie de jouir violemment en esprant 
ardemment que, jamais plus, ne s'teignt le brasier 
imprieusement exigeant de ses sens.
	Soeur Lorenza ne vint pas, ne vint plus.
	Et puis Orlanda s'endormit.
	Puis elle se rveilla, dans une cellule semblable  
celle de Soeur Misericordia, couche sur le bat-flanc, 
dans la clart ombreuse provenant du clotre aux 
archivoltes cernant le jardin des orties.
	Elle se leva, calme, nue, le corps guri de ses 
plaies, exempt de toute marque, lisse et propre, ne 
ressentant plus ni souffrance ni aucun apptit 
luxurieux.
	Devant la vasque de granit elle se lava  l'eau 
froide, ceignit ses reins d'un linge net et frais, passa sa 
robe blanche et la serra  sa taille au moyen de la 
corde brune, puis s'assit sur le bat-flanc et attendit, 
longtemps.
	Ce fut Mre Cruz qui vint la chercher et qui, 
durant que l'une prs de l'autre elles allaient, lui 
enseigna l'essentiel du rythme ordinaire de ses jours 
et de ses nuits de postulante: lever, toilette, chapelle, 
rfectoire, chapelle, promenade dans le clotre, 
rfectoire, chapelle, rfectoire, chapelle, cellule, 
chapelle, cellule, lever, toilette... avec auto-flagellation 
solitaire tous les lundis, au moins, octroi collectif et 
rciproque de la discipline tous les jeudis, au moins, 
confession et pnitence tous les samedis, au moins, 
communion tous les dimanches, au moins... et sans 
vouloir prsumer des chtiments encourus et 
sanctionnant d'innombrables possibilits de pchs, 
fautes et manquements... et sans tenir compte des 
ventuelles descentes et sjours plus ou moins 
prolongs dans les souterrains... et sans vouloir 
numrer les travaux pnibles et ingrats d'intrt 
commun... et sans... et sans...
	- Ut Voci Christi!
	- Ad primum signum!
	A Santa Teresa Del Judio la vie d'une postulante 
tait terrible, celle d'une novice l'tait pis encore, 
celle d'une Dolorosa noire pis encore, celle d'une 
professe grise pis encore, celle d'une Penitenciaria pis 
encore... et infiniment. Les converses et les laies tant, 
seules, exemptes d'avoir place en cette effrayante 
progression.
	- Ma Mre, osa questionner ensuite Orlanda 
comme elles approchaient du rfectoire o, dja 
rassemble, la communaut les attendait, puis-je 
obtenir de vous un renseignement?
	- Je vous coute, ma fille, consentit  entendre la 
Discrte, qui ne laissa de la sorte aucunement penser  
l'Argentine que son interrogation pt  tous coups 
recevoir une rponse. 
	- Combien de jours et de nuits suis-je reste 
enferme dans le Caveau de la Mditation? 
	Mre Cruz garda le silence durant quelques 
secondes, scruta Orlanda, puis hocha la tte 
songeusement. 
	- Je ne vois rien qui s'oppose  ce que je vous 
dise cela, dclara-t-elle enfin.
	Puis elle se tut. 
	Pour la premire fois Orlanda prenait un repas 
dans le rfectoire du couvent proprement dit. 
	C'tait une vaste salle glace, rectangulaire, aux 
murs de pierre ocre et nue, perce de hautes et 
troites fentres sans rideaux donnant elles aussi sur 
le clotre, dont le plafond bas formait une pesante 
vote en berceau au-dessus des ttes. A un bout, sur 
une estrade qui tenait toute la largeur du local et 
s'appuyait contre la paroi, sous une grande croix 
portant un Seigneur de pltre verni, que le temps 
avait rendu jauntre et qui surplombait la place 
occupe par Mre Redencin, tait dresse la table  
laquelle s'installaient, autour de la Prieure, la 
coadjutrice, les Discrtes et les plus vnrables Mres 
composant le Chapitre. Mre Monte Calvario, elle, 
prsidait de la sorte dans le rfectoire du pensionnat. 
Non loin de cette table, et sur la mme estrade, une 
chaire accueillait la religieuse dsigne chaque jour 
pour lire le martyrologue quotidien; cette dernire 
tait toujours une Dolorosa grise.
	De cette faon, tout en nourrissant leur 
enveloppe charnelle, les moniales s'alimentaient 
l'esprit en coutant dans un silence total le dtail - 
trs minutieux - des tortures et supplices si 
dlicieusement mystiques, et non moins 
dlectablement vocateurs, que les Saints et les 
Saintes, surtout les Saintes, avaient d endurer au 
long des sicles: des tourments  faire rver la moins 
imaginative d'entre toutes, qui vibrait de toute sa 
chair lorsque, parfois, les atrocits infliges par 
d'odieux bourreaux s'appliquaient  des hommes et, 
plus spcifiquement sur ceux-ci,  leurs parties 
honteuses respectivement et prcisment nommes 
pnis, testicules et anus, quand pour les femmes l'on 
disait le devant et le derrire, et que l'on appelait 
mamelles les seins.
	On usait d'autres termes dans les cachots des 
Enfers!
	Mais cette distinction clairait  elle seule la 
ralit de Santa Teresa Del Judio, dont la porte tait 
surmonte d'une croix promettant la flicit dans le 
sein de Dieu, dont la cloche voquait le chant des 
anges en leur cleste paradis, et dont les souterrains 
du clotre, antichambres de la mort, appelaient au 
martyre.
	Les religieuses, elles, taient distribues  de 
longues tables de bois brut, disposes sur quatre files 
parallles: les Dolorosas noires d'abord, au plus 
proche de l'estrade, puis les Dolorosas grises, les 
novices avec une Dolorosa noire pour les surveiller, 
les postulantes dans les mmes conditions et,  part, 
les converses et les laies, toutes assises sur des bancs 
garnis de ttes de clous pyramidales destines  
meurtrir le postrieur et  interdire tout relchement 
dans le moindre des conforts.
	Enfin,  quelques pas de la porte d'entre  
double battant et juste avant les premires tables, 
dans le prolongement de leurs ranges et face  la 
Prieure, pendue par une norme chane  la vote, au 
moyen de laquelle elle pouvait tre descendue et 
remonte avec le concours d'un palan, tait une autre 
croix qui, lorsqu'elle se trouvait inoccupe, demeurait 
couche sur les dalles du sol afin que chaque nonne, 
novice et postulante enjambt l'une de ses branches 
pour aller plus avant.
	Quand Orlanda de Cuendaes pntra dans le 
rfectoire, la dernire aprs Mre Cruz, ce fut sur 
cette croix que se portrent immdiatement ses 
regards. Et ses yeux s'agrandirent tout  la fois de 
stupeur et d'effroi.
	Tel le Christ, les mains et les pieds clous sur le 
bois massif et sanglants, le crne tondu de sa 
chevelure rduite  un infime duvet, les aisselles et le 
pubis mis  vif par le feu qui avait consum leurs 
toisons, les mamelons et la vulve percs et alourdis de 
forts anneaux de mtal, d'un diamtre d'au moins 
trois centimtres et d'une paisseur de jonc de cinq 
millimtres, Soeur Misericordia, le teint cireux et les 
traits ravags de souffrances, gmissait sourdement 
sur le manche de la discipline aux lanires de corde 
semes de noeuds qu'il lui fallait retenir entre ses 
dents serres.
	En chancelant, tant cette vision la bouleversait, 
Orlanda rejoignit la place  laquelle l'appelait, d'un 
geste, la Dolorosa noire dsigne  la surveillance de 
la table des postulantes, s'assit, participa comme une 
automate au benedicite, puis mcha les aliments 
qu'on lui servit sans le plus lger apptit, dglutissant 
chaque bouche  grand-peine et faisant des efforts 
prodigieux sur elle-mme afin de ne pas tourner la 
tte vers celle qu'elle avait tenue dans ses bras, fesse, 
mais galement comble.
	Cependant, et pour aussi insoutenable qu'en ft 
 certaines des novices et postulantes la vision, quand 
pour d'autres elle tait gnratrice d'excitation, la 
religieuse supplicie sembla  Orlanda plus belle 
encore. Contrastant avec la teinte brun-noir de la 
croix, son corps laiteux, aux mains et aux pieds tachs 
de rubis,  la poitrine et au bas-ventre hideusement 
pars de mtal bleui, tait d'une pouvantable et non 
moins sublime splendeur.
	A la voir de la sorte pique sur sa croix tel un 
papillon au mur, suspendue  plus d'un mtre du sol, 
offerte en holocauste, quasiment immole  la frnsie 
de ses soeurs, Orlanda essaya, mais sans y parvenir,  
rappeler  elle le souvenir de chaque geste, de chaque 
mot, chaque caresse qui lui taient venus de la 
crucifie.
	Avait-elle rv leurs baisers, leurs treintes, 
leurs ivresses? 
	Non, bien sr. Cependant, tout cela lui paraissait 
appartenir en cet instant  un songe fugitif et  jamais 
dissous.
	Mais une autre preuve attendait Orlanda.
	Lorsque le repas fut achev, non sans que deux 
religieuses eussent  faire leur coulpe devant toute 
l'assemble silencieuse, l'une pour avoir laiss choir 
son couteau sur le sol, l'autre pour avoir bris un 
verre - cette coulpe consistant  interrompre l le 
repas et  venir devant la grande estrade pour s'y 
prosterner, robe releve sur les reins et croupe haute, 
et recevoir des mains d'une Redentora un nombre de 
coups de nerf de boeuf indiqu par les doigts levs 
d'une ou des deux mains de la Prieure, lequel nombre 
n'tait jamais infrieur  trois - les moniales se 
levrent et se placrent en file indienne durant que 
deux converses firent descendre Soeur Misericordia 
jusqu' ce que le pied de sa croix repost sur le sol, et, 
tour  tour, Mre Redencin la premire et de bon 
coeur, chaque Dolorosa noire puis grise, puis les 
converses et les novices, les postulantes enfin, durent 
s'arrter devant la croix, recevoir le martinet des 
mains de la prcdente, appliquer de la droite une 
cingle sur les seins martyriss et de la gauche une 
seconde sur le ventre de la crucifife au dlire, la 
faisant se cabrer dans ses clous et hurler 
d'inhumaines et terrifiantes clameurs tout en lui 
disant:
	- Ut voci Christi! 
	A cela, Soeur Misericordia rpondit, entre deux 
hurlements et dans des sanglots incoercibles 
hoquets:
	- Ad primum signum! 
	Dernire postulante  avoir t admise - 
contrainte et force - en probation, dernire  entrer 
dans le rfectoire et, de ce fait mme,  en sortir, 
Orlanda reut, dernire aussi, la discipline. 
	Soeur Misericordia avait les seins et le ventre 
couverts de plaies purpurines dessines en croisillons 
par les lanires. Elle sanglotait et geignait et suppliait 
qu'on met un terme  son martyre, ft-ce en lui tant 
la vie.
	Entendant cela, Soeur Pilar et Soeur Luisa, qui 
taient demeures de part et d'autre de sa croix, afin 
de l'en dclouer peu aprs, justement pour qu'elle 
n'en mourt pas, la corrigrent aussitt de cette 
pense suicidaire et sacrilge en saisissant chacune 
l'un des anneaux perant sa poitrine et, par ce moyen, 
lui tirant et lui tordant les mamelons avec une 
effroyable cruaut.
	Comme les autres, Orlanda dut frapper. Elle le 
fit en fermant les yeux, si mal et avec si peu de 
conviction que, tout au contraire de son dsir et 
voulant ne pas aggraver de ses mains les tourments de 
sa belle, douce, fugitive et malheureuse amante, il lui 
fallut recommencer en y mettant toutes ses forces, 
sous peine d'tre elle-mme et sur l'heure flagelle.
	- Ut voci Christi! dit-elle, d'une voix sourde et les 
yeux emplis de larmes.
	- Ad... pri... mum... signum! hoqueta Soeur 
Misericordia qui, tout aussitt, et comme sachant 
qu'aprs l'Argentine ne venait plus personne et que 
son temps de crucifixion tait proche de son terme, 
s'abandonna  l'inconscience, les genoux ploys, le 
corps pesant et tirant sur les clous enfoncs non pas 
dans la saigne du poignet, mais en pleine main, les 
paules dcolles du bois et le menton sur la gorge.
	Eperdue, Orlanda suivit les nonnes 
processionnaires et, avec elles, se rendit  la chapelle 
du haut pour y prier la plus grande partie de l'aprs-
midi, mais sans que les chants, psalmodie grave et 
lugubre, lui apportassent le plus infime rconfort, 
tant la hantait l'odieuse image  tout jamais 
empreinte dans sa mmoire. 
	Ce fut, au crpuscule de ce premier jour de vie 
communautaire au sein mme du clotre ordinaire, 
aprs le dner, que Mre Cruz vint de nouveau 
chercher Orlanda dans sa cellule, puis l'entrana une 
fois de plus dans les souterrains, puis de l'autre ct 
de la porte secrte, en lui faisant emprunter une 
galerie profonde et longue,  demi obscure, la o elle 
tait non plus jamais venue.
	La Discrte ne possdait pas la clef de l'huis 
norme, bard de fer, mais celui- ci, clos, n'tait point 
verrouill, signe manifeste indiquant que la Prieure 
tait quelque part prsente au del.
	De l'autre ct, la galerie se prolongeait, toute 
diffrente. De nus les murs devenaient couverts de 
tentures noires sur lesquelles, de loin en loin piques, 
des appliques lectriques de bronze dispensaient une 
plus que suffisante clart. Des portes ouvraient sur ce 
passage qui,  ce qu'il semblait, devait dcrire une 
sorte de cercle ou d'ovale incomplet puisqu'il 
s'incurvait sur lui-mme assez sensiblement.
	Mre Cruz ouvrit l'une de ces portes, sur la 
droite, fit pntrer Orlanda dans une sorte de petit 
vestibule dans lequel ne se voyait rien d'autre qu'un 
tabouret et une seconde porte perce en face de la 
premire sur le mur oppos  celui servant de 
mitoyennet avec la galerie.
	Dans ce local, la Discrte fit dshabiller 
entirement la postulante et, la voyant intgralement 
nue, lui fit passer la deuxime porte afin de 
l'introduire dans une pice beaucoup plus vaste, la 
faire aussitt s'y mettre  genoux, les bras levs, 
coudes carts, et les mains jointes sur la nuque.
	L-a laissant de la sorte, sans un mot 
d'explication, Mre Cruz quitta les lieux et 
abandonna Orlanda  une solitude silencieuse dans 
un lieu que, par ce qui s'offrait  ses regards bahis, 
cette dernire ne se ft assurment pas attendue  
trouver au coeur des hautes et grises murailles de 
Santa Teresa Del Judio.
	La jeune fille ignorait absolument, et pour 
cause! ce que pouvait tre une maison close, mais 
l'et-elle su que, dans la minute, elle et conu la 
certitude d'tre posture au milieu de l'une des 
chambres d'un tel et si particulier tablissement, 
pensionnaire en l'attente d'un client...


SAVEUR D'UNE FAVORITE 

	La chambre que Mre Redencin avait fait 
amnager selon son got dans la partie secrte des 
souterrains du clotre, sans commune mesure avec 
celle qu'elle occupait  la surface, tait loin de l'ide 
que l'on pouvait se faire d'une cellule monacale. 
	D'abord elle tait grande, et ses dimensions 
taient  elles seules un luxe. Tous les murs en taient 
richement couverts d'une draperie rouge sombre, le 
plafond dissimul sous des voiles blancs disposs 
depuis le centre et tendus vers les cts pour former 
une espce de vaste coupole conique, et le sol habill 
de tapis se juxtaposant, galement d'un rouge 
profond, mais brods d'immenses fleurs de fils d'or. 
Appuy contre l'un des murs, relativement large et 
pouvant aisment accueillir trois corps cte  cte, se 
mirant dans une haute psych dresse devant le mur 
auquel il faisait face, le lit tait de mtal dor travaill 
en volutes, dot d'un matelas confortable et reposant 
lui-mme sur un pais sommier, par d'un couvre-lit 
de velours grenat. Dfait, conservant encore 
l'empreinte du corps qui y avait repos, il montrait 
des draps de satin parme ainsi qu'un gros oreiller 
dont la taie, assortie, tait borde de dentelle fine et 
blanche. Le long de la paroi qui se trouvait  la droite 
de la couche, celle-ci tant du mme ct flanque 
d'un lgant chevet en marqueterie mlant l'acajou, 
le palissandre et l'bne  des incrustations d'ivoire, 
de semblable facture et ventrue, se voyaient une 
grosse commode et, dans sa proximit, un profond 
fauteuil  dossier haut et oreilles, recouvert d'un 
velours pareil  celui du dessus-de-lit. Enfin, sur le 
dernier mur, lequel comprenait deux portes, dont 
celle par laquelle Orlanda avait t introduite dans 
les lieux, entre ces dernires, un Christ d'ivoire clou 
 une croix de bronze rgnait sur deux panoplies de 
cuir brun-rouge, en forme d'cu italien, qui 
supportaient tout un assortiment de cravaches et de 
houssines, de martinets et de fouets.
	Tout, dans cette chambre baigne d'un clairage 
voil et diffus, aux sources invisibles, qui recelait la 
fragrance d'un parfum capiteux ml  de sensuelles 
odeurs fminines, donnait la sensation d'un confort 
luxueux et feutr tout entier rserv au partage des 
douceurs voluptueuses... si l'on voulait bien ne pas 
voir les panoplies, lesquelles faisaient songer  des 
plaisirs autrement pics.
	Dans l'entrebillement de la seconde porte, se 
voyait en parte une salle de toilette,  dominante 
rouge elle aussi, vers laquelle Orlanda tournaient ses 
regards quand, la faisant tressaillir de surprise tant 
elle s'attendait peu  la voir paratre de ce ct, prs 
de la psych, la Prieure parut surgir littralement du 
mur. Indiscernable une fois reclose soigneusement, il 
y avait l, noye dans le drap, une troisime porte  
cette chambre d'amour et de dpravation.
	Sidre, Orlanda faillit bien rompre la pose, 
baisser les bras et jeter les mains  sa bouche pour 
rprimer l'exclamation de stupfaction qui lui 
montait aux lvres. 
	Mre Redencin ne ressemblait plus tout  elle-
mme; c'tait une autre femme, une vraie femme, une 
superbe femme, dont le corset de cuir noir et brillant, 
qui s'appuyait au sommet de ses hanches, 
s'arrondissait en descendant sur son ventre qu'il 
crasait, tranglait sa taille et rehaussait sa poitrine 
au moyen de demi-balconnets, accusait la minceur en 
mme temps que les courbes et les volumes de sa 
fminit troublante. A l'exception de ce corset, de bas 
de soie noire  la finesse extrme, de bottines 
galement noires et vernies,  talons trs hauts, la 
Prieure de Santa Teresa Del Judio tait nue. Sans 
fronteau ni guimpe ni voile, mais farde comme une 
femme de petite vertu, la chevelure mi-longue, 
opulente et brune allume de reflets acajou, elle 
semblait tre bien plus jeune qu'elle ne l'tait en 
ralit; et quand, sous sa vture monastique, on lui 
donnait au moins quarante-cinq ans, elle n'en 
paraissait pas trente-cinq de la sorte. Enfin, outre sa 
tenue tout  la fois insolite et impudique qui laissait 
nus ses seins dont on devinait que, sans le soutien 
rigide du corset, ils se fussent quelque peu affaisss, 
qui faisait rebondir ses hanches et accusait le saillant 
de sa croupe, elle avait les aisselles et le pubis 
intgralement dpouills de poils.
	Voyant qu'Orlanda fixait son bas-ventre glabre, 
lequel tait exempt cependant de toute marque 
rcente de brlure, elle n'eut aucune peine  imaginer 
ce  quoi songeait la jeune fille.
	- Non, dit-elle en souriant lgrement, ce n'est 
pas le feu qui m' prive de ma toison, mais la lame 
du rasoir. Je dteste avoir des poils sur le corps, tout 
autant d'ailleurs que d'en voir  celles que j'estime 
digne de servir et satisfaire mes dsirs. Aussi, je 
t'terai bientt les tiens afin que tu sois lisse et douce 
 mes caresses. Tu es belle, trs belle, Orlanda, mais 
tu le seras davantage encore sans toutes ces mches 
qui cachent le dtail de ta chair la plus intime. A 
prsent, tes fesses, tout de suite, j'en ai trop envie!
	Et s'asseyant dans l'unique fauteuil, qu'elle 
tourna de sorte qu'il se trouvt face  la phych, elle 
fit signe  Orlanda de venir se coucher en travers de 
ses genoux.
	- Oh! Rvrende Mre, pas dja, murmura cette 
dernire sur un ton de reproche, vous dites que vous 
m'aimez et vous voulez me battre encore. Ne l'ai-je 
pas t assez durant ces jours et ces nuits passs dans 
le Caveau de la Mditation?
	La Prieure vibra de secrte excitation en 
constatant que son lve apprenait, qu'elle tait doue 
et qu'elle allait faire l'une des plus belles et des plus 
perverses partenaires qu'elle et jamais connues. 
	Devant elle, toute nue, Orlanda se faisait cline, 
lissait sa lvre infrieure de sa langue humide, 
cherchait  l'engeler,  lui offrir les charmes 
tourdissants de soncorps  la manire dont et pu le 
faire une prostitue jouant, pour son client, aux filles 
naves, timides et se voulant pour la premire fois 
audacieuses tout en mettant de la gne en leur 
impudicit. 
	- C'est justement parce que je t'aime que je vais 
te fesser, d'abord, et puis aussi te fouetter et t'exciter 
jusqu' ce que tu cries non plus de douleur, mais de 
volupt. Ensuite, c'est moi qui me donnerai  toi, et tu 
me feras jouir. Allons, viens! viens! dpche-toi, je 
n'en peux plus de t'attendre! 
	Orlanda s'approcha et, docile, se coucha en 
travers des genoux de la Prieure qui, dans la seconde, 
abattit une main cuisante sur sa croupe aux 
rebondissement idalement offerts. 
	Les gifles continurent  retentir sur ses fesses 
vibrantes dont la peau rosit, puis rougit. 
	Pour accrotre le plaisir de sa fesseuse, mais 
galement le sien, Orlanda se tortilla autant qu'elle le 
put, tournant la tte et voyant son derrire de plus en 
plus cramoisi danser dans le miroir. 
	Cependant, les coups devenant plus drus, se 
faisant plus appuys et plus secs, elle n'eut bientt 
plus  jouer la comdie; elle se tordit et sursauta 
rellement sous la vigueur des claques sonnantes et 
brlantes venant l'une aprs l'autre lui embraser le 
postrieur. 
	Au-dessus d'elle, Mre Rdencin s'chauffait 
graduellement.
	- Ha! tu voulais m'attendrir en gigotant et 
faisant semblant d'avoir mal, n'est-ce-pas?... Mais 
l'on ne peut me duper aussi aisment!... Tiens et tiens! 
ma fille, je te fesserai de la sorte jusqu' ce que la 
main me brle par trop et que mon bras en tombe de 
lassitude! 
	Orlanda commenait  souffrir pour de bon, 
mais elle aussi savait bien, pour l'avoir tant et tant de 
fois prouv sous les cingles du martinet de Soeur 
Lorenza, qu'il fallait un temps assez long pour que, de 
la seule douleur, sa chair passt peu  peu  l'moi. 
La Prieure, tout en la fessant, s'exaltait  la gronder; 
elle rechercha  son tour une plus grande excitation  
implorer. 
	- Ma Mre!... Aah!... Ah! ma mre!... Arrtez!... 
Le derrire me... me brle!... Aaaah!... Je ne sens plus 
mes... fesses!... Assez! Assez!... 
	- Assez?... Quand je ne fais que commencer?... 
Tiens, ma fille, voil qui va te faire sentir de nouveau 
tes fesses impudiques! dit Mre Redencin en 
frappant avec plus de conviction. Le sens-tu  prsent 
ton derrire?... Es-tu satisfaite?
	Durant de longues minutes, se montrant 
ambidextre et de droite comme de gauche galement 
efficace, elle poursuivit la fesse sur un rythme 
soutenu, incendiant le postrieur d'Orlanda de telle 
sorte que, mettant un terme  la correction manuelle, 
cette dernire ne se rendit pas compte immdiatement 
que les gifles ne heurtaient plus sa chair enflamme. 
	Mre Redencin la fit se redresser, se leva elle 
aussi et, la tenant par une main, l'entrana vers le lit 
sur lequel elle la fit coucher  plat ventre, les jambes 
pendantes, le visage enfoui dans les draps de satin 
parfums qui s'humectrent de quelques larmes.
	Devinant que la Prieure s'loignait d'elle un 
instant, Orlanda leva un peu la tte et, se tournant 
lgrement, vit celle-ci aller dcrocher d'une des 
panoplies un martinet dont l'aspect,  lui seul, 
suffisait  faire comprendre qu'il ne s'agissait pas l 
d'un jouet. Elle en crispa les fesses d'apprhension. 
Finalement, la fesse n'tait pas vraiment un supplice, 
mais ces lanires qui la menaaient reprsentaient un 
tout autre danger.
	La Prieure revint s'asseoir sur le lit prs 
d'Orlanda, lui posa une main sur les reins et pesa de 
tout son poids.
	- De cette faon, ton joufflu rebondit bien, 
apprcia-t-elle. Ha! mon coeur, quelle bonne fouette 
je vais te donner!
	D'instinct, Orlanda eut un mouvement pour se 
dgager de la poigne qui la clouait littralement sur le 
lit.
	- Mi Madre... mi Madre, gmit-elle.
	Pour toute rponse, elle reut les fortes lanires 
carres qui, en sifflant, s'abattirent de biais sur sa 
croupe.
	Elle cria.
	En lui appliquant une seconde cingle, Mre 
Redencin recommena  lui parler.
	- Tu verras, querida mia, tu verras comme tout  
l'heure mes caresses seront douces  tes fesses, 
promit-elle, et tu me remercieras alors de les avoir si 
bien fouettes pour te prparer au bonheur.
	Elle octroya de nouveau plusieurs coups de 
martinet  Orlanda, lui faisant jeter autant de cris 
qu'touffrent en partie les draps, puis elle grimpa 
sur le lit, enjamba la jeune fille et, les genoux ancrs 
de part et d'autre des flancs de celle-ci, lui frottant la 
nuque de son sexe, la chevauchant, elle lui fit carter 
davantage les jambes, presque jusqu' lui imposer le 
grand cart.
	- Tu as, ce me semble, le besoin d'tre l aussi 
rchauffe, estima-t-elle.
	Et, diriges avec habilet, les lanires cinglrent 
Orlanda au plus intime de son tre. Elle eut la 
sensation que les cuirs la pntraient, s'incrustaient 
dans sa vulve et le sillon de ses fesses. Elle se cabra et 
rua et cria. Chaque nouveau coup la fit rebondir sur 
le lit, soulever la Prieure par la violence de ses 
tressaute. Mais cette dernire n'tait pas mauvaise 
cavalire en la circonstance et ne se laissait pas 
dsaronner.
	Orlanda eut bientt l'prouvante sensation 
d'avoir la croupe et les entrailles en feu. La douleur 
toujours croissante la fit suffoquer; elle aurait voulu 
pouvoir jeter ses mains entre sa chair et les cuirs, non 
pas seulement pour se protger, mais bien plutt pour 
se caresser et aider  la sublimation de sa souffrance 
en plaisir, ainsi qu'elle l'avait fait  chaque fois que 
Soeur Lorenza lui avait administr une longue et 
cuisante flagellation dans le Caveau de la Mditation.
	Se pouvait-il que, sans le concours de la drogue, 
elle pt jouir encore d'tre fouette?
	Et puis soudain les coups s'interrompirent. Elle 
sentit la Prieure, dont les seins s'crasrent sur ses 
reins, se coucher sur son dos, et,  petites lapes 
lgres et douces, rpeuses et mouilles, celle-ci se mit 
 la lcher, partout o les claques et les lanires 
avaient laiss leurs empreintes amres. 
	La langue agile partait du pli creus entre ses 
cuisses et sa croupe en bullition, passait d'une fesse  
l'autre, venait avec lenteur jusqu'au sommet de son 
derrire, puis glissait dans la dpression que les mains 
cartaient et ouvraient  la lumire, se fixait un 
instant sur le petit orifice bruntre, tournait, vrillait, 
descendait un peu plus bas, dans le creux moite et 
ombreux, pointait comme timidement, remontait, la 
faisant frissonner de la tte aux pieds. Puis elle 
revenait, fouillait le buisson soyeux aux mches dja 
humides, entrouvrait les moelleux ptales lovs au 
coeur de cet crin couleur de flammes, s'insrait, 
s'enfonait, ttait...
	La jouissance qui s'lana d'entre ses cuisses et 
ses fesses cabra Orlanda en remontant jusqu' sa 
poitrine et sa gorge. En rlant et criant sourdement, 
elle se laissa emporter par la lame dferlante, qui la 
roula, la souleva, la roula encore, l'aspirant vers un 
bonheur ineffable. 
	Elle ne sentit qu' peine son corps tre libr du 
poids de Mre Redencin la dlaissant et quittant le 
lit. 
	Orlanda conservait les yeux clos sur la liesse de 
son tre qui, par petits coups, rsonnait encore en 
s'apaisant au fond d'elle-mme. Sur ses fesses et sa 
vulve avives par la flagellation, la salive laisse par 
la Prieure la cuisait un peu, assez pour que cela lui ft 
dlectable. 
	Comme dans un rve, elle entendit de l'eau 
couler, quelque part. Elle ouvrit les paupires, 
chercha la psych, vit ses fesses cramoisies s'agiter et 
houler langoureusement dans le miroir alors qu'elle 
se frottait le pubis sur le drap chiffonn; du bout des 
doigts, elle suivit quelques-unes des striures pourpre 
sombre traces par les cuirs, puis elle s'aperut que, 
de nouveau, Mre Redencin tait revenue prs 
d'elle. 
	Dans ses mains, la religieuse perverse tenait une 
grosse seringue de mtal, semblable  certains 
enfumoirs utiliss par les apiculteurs pour engourdir 
les abeilles, dont la contenance avoisinait au moins les 
deux litres.
	Mais la Prieure songeait  tout autre chose qu' 
apaiser la jeune fille!
	- Que... qu'allez-vous me faire? interrogea 
Orlanda en ressentant de nouveau un peu d'anxit  
la vue de cet appareil prolong d'une canule d'ivoire 
paisse comme un index, au bout assez fortement 
renfl, ovode, de la taille d'un oeuf de pigeon.
	- Tout  la fois te purifier le fondement et te 
donner la fivre d'un puissant plaisir, sourit la 
Prieure. 
	- Oh non! Non, ma Mre, je vous en supplie!... 
Ne me donnez pas un lavement!... Vous allez me faire 
mourir de honte!... 
	- Allons donc!... Es-tu morte de honte durant 
que la belle duchesse del Eripol te pissait sur le 
visage, alors que Soeur Lorenza t'inondait elle aussi 
de son urine?... Es-tu morte de ton humiliation quand 
je t'ai regarde pendant que tu dfquais et pissais 
toi-mme?... Moi aussi, je te ferai boire mon pissat... 
En attendant, je vais te faire avaler par la ce mlange 
d'eau chaude, d'alcool, de poivre et de piment. 
	Tout en parlant, la Prieure s'tait courbe 
derrire Orlanda.
	- Oh! je vous en prie, ma Mre, je vous en prie, 
pargnez-moi cela!
	- Je t'ordonne de te laisser faire!
	Du pouce et de l'index, Mre Redencin carta 
les fesses de la jeune fille, laquelle s'abandonna 
finalement, sachant parfaitement qu'elle ne pouvait 
en rien s'opposer aux dsirs de celle qui la voulait 
tout  la fois pour amante, partenaire tour  tour 
active et passive de ses vices et souffre-douleur.
	- Comme il est adorable ce joli petit trou-du-
cul!... Je ne l'avais pas aussi bien regard en le 
lchant, apprcia la Prieure en distendant plus encore 
l'anus d'Orlanda perdue de honte.
	- Ha! ma Mre!... Ha! ma Mre! ne pouvait que 
gmir l'Argentine.
	- Et comme il se crispe d'impatience!... Comme 
sa petite fleur brune vibre et palpite!... On dirait un 
coeur qui bat!... Allons, tends-le bien ton derrire!
	Elle piqua le bout arrondi de la canule et poussa, 
d'un coup sec. La grosse olive disparut dans le 
fondement d'Orlanda qui cria. Puis, tout aussitt 
vigoureusement, la retira, la reprsenta et, d'un 
mouvement du poignet combinant l'avance rectiligne 
et la rotation, elle l'engagea de nouveau lentement.
	Aprs la douleur fulgurante provoque par la 
premire irruption qui l'avait cabre, Orlanda sentait 
une sorte d'ivresse la pntrer en mme temps que la 
rosette de son sphincter se dplissait, se tendait, 
cdait, pousait le manchon d'ivoire qui cherchait sa 
voie entre ses fesses. Elle glissa une main sous son 
ventre, atteignit son sexe qui la dmangeait, y fit 
entrer l'un de ses doigts, profondment.
	Bientt, le long de ce doigt, spare de celui-ci 
par une mince paroi de chair, elle sentit la canule 
faire son chemin, progesser, toujours plus loin, 
l'emplir, et, soupirant de volupt, elle fit aller et venir 
son doigt d'avant en arrire dans son sexe, frottant la 
membrane mitoyenne et la pressant contre l'objet qui 
lui occupait le fondement.
	Orlanda sentait de nouveau venir la jouissance. 
Elle venait... oui, elle venait!
	Mre Redencin commena  pousser le gros 
piston; l'eau chaude se rua dans les entrailles 
d'Orlanda, sauvagement. Son dferlement multiplia 
aussitt la jouissance de la jeune fille se croyant 
inonde de toutes parts, noye, emplie  dborder 
quand un quart  peine de la seringue lui venait 
d'tre inject.
	Orlanda cria d'pre volupt.
	Les doigts imprieux lui cartrent davantage 
les fesses; la canule plongea encore plus loin en elle, 
lui allant droit au coeur. La cascade se prcipita une 
fois encore, la faisant rler de douloureux plaisir. Le 
poivre et le piment mlangs  l'alcool dissous dans 
l'eau brlante la dvorrent, la consumrent, lui 
jetant un brasier dans le ventre. Elle serra 
convulsivement les fesses autour du goupillon plant 
entre elles...
	C'tait  la fois pire et meilleur que la carotte; 
cela lui faisait voquer "la chose" pour laquelle, sans 
la connatre, elle avait tant et tant de convoitise.
	Dans son tumulte, elle faisait de tels bonds que 
Mre Redencin ne parvenait pas sans peine  
maintenir la canule en place, profondment loge 
dans le rectum palpitant de sa victime consentante, 
sinon vraiment volontaire. 
	Soudain il sembla  cette dernire que la source 
se tarissait; elle en conut comme une espce de 
confus regret.
	- Est-ce tout? demanda-t-elle.
	- Comme te voil devenue gourmande, rit la 
Prieure. Ce pch n'est-il pas justiciable du fouet?
	Puis elle recommena  pousser, expdiant dans 
les intestins de la jeune fille une copieuse quantit 
liquide; en fait pratiquement tout le litre restant.
	L'eau chaude alcoolise, poivre et pimente, se 
ruant en elle en quantit et avec violence, fit clater 
Orlanda dans la frie d'un flamboiement 
paroxystique; elle hurla une clameur de bonheur 
indicible en se cabrant furieusement de souffrance, 
puis retomba lourdement sur le lit, assomme, brise 
par le plaisir, pantelante et sans force.
	Mre Redencin retira la canule de sa gaine de 
chair pulsante et, saisissant la main libre d'Orlanda 
pour faire que celle-ci se boucht le derrire d'un 
doigt, lui donna une petite tape sur les fesses.
	- Viens maintenant, allons dans la salle d'eau! 
dit-elle gaiement. 
	
Accroupie au-dessus de la cuvette de WC  la turque, 
sa nudit multiplie par un ensemble de miroirs 
judicieusement disposs, Orlanda jetait de petits cris 
et gmissait de nouveau en s'treignant le ventre  
deux mains et rendant, avec bruit, le lavement chaud 
alcoolis et fortement pic qui lui mettait l'anus en 
feu.
	Devant elle, et tout en la regardant, la Prieure 
s'tait dvtue et se dressait entirement nue. Mme 
sans le corset pour les faire rebondir, elle avait des 
hanches de pouliche sous une taille encore fine, un 
ventre ample et bomb, muscl et lourd d'odeurs 
musques. Pas un pli, pas une ride, pas une vergeture, 
pas un bourrelet, pas la moindre boursouflure 
cellulitique ne disgraciait sa silhouette. Prive de sa 
toison, sa fente aux lvres molles remontait haut sur 
son pubis et dcouvrait,  son sommet, dard hors de 
son alvole, rouge et luisant, son clitoris congestionn. 
Sur son buste, libres, oblongs, ses seins gnreux 
pesaient un peu, regardant le sol de leurs larges 
mamelons bruns aux pointes riges, durcies et 
grumeleuses.
	Elle s'approcha d'Orlanda, le bas-ventre  la 
hauteur du visage de celle-ci, que crispait la brlure 
dvorante qui lui ravageait l'intestin et le fondement, 
ouvrit sa vulve de deux doigts et, en dirigeant de la 
sorte le jet, l'aspergea de son urine.
	Frappe par la djection l'Argentine dtourna la 
tte, mais aussitt la Prieure la saisit par les cheveux 
afin de la contraindre  demeurer sous la projection 
cre et abondante dont elle la douchait.
	- Ouvre la bouche et bois-moi! ordonna-t-elle.
	Orlanda obit, mais  contrecoeur.
	Ce qu'elle avait fait d'elle-mme avec Soeur 
Lorenza dans le Caveau de la Mditation, et avec 
avidit sous l'effet de la drogue, l'coeurait  prsent, 
tout autant que l'avait dgote la miction de la 
duchesse. Elle suffoqua, toussa, avala, cracha, avala 
encore et recracha le liquide amer et tide qui la 
noyait tout entire, dont la Dolorosa dprave 
l'abreuva jusqu' la dernire goutte.
	Puis ayant achev d'uriner, Orlanda s'tant 
vide en totalit du lavement corrosif, Mre 
Redencin l'entrana vers une grande baignoire 
d'mail rose, pleine aux trois-quarts, de laquelle 
montaient des volutes de vapeur.
	Elles se plongrent toutes les deux dans le bain 
trs chaud; Orlanda en ressentant le plus grand 
besoin aprs que tout son corps eut t rinc d'urine. 
Prenant une savonnette parfume  la rose, la Prieure 
commena sans attendre  lui en caresser le buste.
	- Prends aussi une savonnette, l, et fais-moi ce 
que je te fais, dit-elle.
	Il ne fallut que peu de temps pour que leurs 
peaux fussent rendues glissantes et que le contact de 
leurs mains adoucies provoqut en elles des 
sensations dlectables. Avec des gestes d'une infinie 
dlicatesse, Mre Redencin remodela le corps 
d'Orlanda, non moins amoureusement que 
savamment, onctueusement. Elle s'attarda avec 
complaisance sur ses seins dont elle fit plusieurs fois 
le tour, passa et s'arrta sur ses mamelons bulbeux, 
lesquels se dressrent davantage et se durcirent sous 
ses paumes en se dardant avec la plus agressive 
insolence. Des mains elle lui serra la taille, la fit se 
ployer, pressa ses hanches, lui lustra les fesses et, tout 
en se frottant contre elle, l'ouvrit de nouveau.
	Ce frlement, cet investissement somptueux qui 
l'enveloppait tout entire, captivait et grisait Orlanda.
	L'imitant aussi fidlement qu'elle en tait 
capable, apprentie qui s'apercevait qu'elle avait 
quasiment tout  apprendre, elle se rendit compte que 
la Prieure se trouvait dans un tat identique au sien, 
les yeux chavirs et la respiration haletante, les 
narines pinces, la bouche entrouverte et convoitant 
le baiser.
	Rien ne ressemblait moins  Mre Redencin 
flagellante que Mre Redencin caressante!
	- N'es-tu pas bien avec moi? demanda-t-elle 
doucement, en plongeant deux doigts dans le vagin 
d'Orlanda.
	- Si, avoua la jeune fille en accueillant la 
pntration avec un long frisson de reconnaissance.
	Et, ouvrant  son tour les hautes lvres, elle lui 
rendit sa caresse pntrante. Bien qu'elle n'et pas 
son adresse, elle eut le bonheur de la sentir tressaillir 
et l'entendre gmir, le ventre ondulant et les seins 
soulevs amplement.
	Laissant son pouce ancr dans le vagin 
d'Orlanda, Mre Redencin fit entrer un index 
savonneux dans son anus, l'y enfonant avec lenteur 
et douceur, lui procurant une joie puissante.
	- Parce qu'ils sont les plus pres, les plaisirs de 
Sodome sont les plus intenses, murmura-t-elle en 
faisant se rejoindre ses deux doigts  l'intrieur de 
l'Argentine gmissante, massant la fine membrane 
sparant le sexe et le fondement, ainsi qu'elle-mme 
avait tent de le faire voil un instant avec le 
concours de la canule.
	Orlanda essaya la aussi de rendre, mais elle 
manquait d'assurance autant que d'exprience. La 
Prieure, elle, n'avait pas interrompu son mouvement; 
son pouce et son index allaient et venaient, 
s'acclraient, fouillaient... Orlanda s'croula sur elle, 
se contentant simplement d'investir son sexe. Elles 
roulrent dans l'eau qui gicla, dborda bientt de la 
baignoire. Toutes deux ensemble elles sombrrent en 
jouissant, interminablement.
	Plus tard elle se dressrent, ruisselantes, 
sortirent de l'eau et l'une l'autre s'pongrent dans de 
grands draps de bain moelleux. Jamais Orlanda n'en 
avait vu de tels dans le couvent, ni au pensionnat ni 
nulle part dans le clotre.
	- Viens maintenant, viens vite, j'ai tellement 
besoin de toi, haleta Mre Redencin en entranant de 
nouveau Orlanda dans la chambre.
	Et de retour dans celle-ci, elle la renversa sur le 
lit, un orage sourd grondant dans ses yeux. 


LA FAVORITE MAITRESSE

	Elles sortaient du bain, et cependant leurs corps 
luisaient dja de transpiration.
	Mre Redencin avait repris les seins d'Orlanda 
et les ptrissait, faisait crisser ses ongles courts dans 
les touffes encore humides de son pubis, et, moite, 
indcise, l'Argentine se laissait faire.
	Paupires mi-closes, elle observait le visage de la 
Prieure ravage par le dsir; le besoin d'en faire 
natre un plus violent grandissait en elle. Songeant  
ces jeux de mains et de lanires qu'on ne cessait  tout 
prix de lui vouloir inculquer, son dessein se prcisait. 
Elle ressentait la convoitise de l'extase procure par 
les coups qu'elle allait donner, dont son propre dsir 
prouvait maintenant la ncessit afin de devenir 
plaisir. Il lui fallait voir cette Rvrende Mre 
tellement redoute depuis si longtemps, devant 
laquelle s'inclinaient toutes les volonts du couvent, 
dont la seule prsence effrayait les couventines, se 
prosterner  ses pieds, cette nudit parvenue  la 
maturit se tordre devant elle,  cause d'elle, de 
douleur et de volupt.
	Elle la voulait  son tour dpendante, 
gmissante, pantelante, puise... mieux encore, 
soumise.
	L'ide de la vengeance renaissait en elle,  peine 
masque par cet instinct de faire mal que l'on avait 
peu  peu veill dans son tre en lui infligeant  elle-
mme tant et tant de souffrances. Il lui fallait,  elle 
aussi, le jouir dans le triomphe, ft-ce seulement dans 
le secret de cette chambre,  dfaut d'en faire un 
spectacle public au milieu de la cour.
	Ha! traner Mre Redencin toute nue dans le 
jardin du clotre, et aux yeux de toutes les moniales, 
de toutes les pensionnaires, la jeter dans les orties, et 
la fouetter, et l'insulter, et la compisser, et la voir se 
dbattre, et l'entendre hurler, et supplier, et 
implorer, et rire toutes ensemble de ses convulsions, 
et la battre encore, la faire saigner des seins, du 
ventre, des fesses, et la coucher sur un lit de braises 
ardentes, et lui tenailler les mamelles, lui lacrer la 
peau des cuisses, lui arracher le clitoris  coups de 
dents... et la faire jouir monstrueusement! 

	D'abord elle allait la caresser, la prparer, lui 
donner l'envie de souffrir, jusqu' ce qu'elle crie 
grce. Alors ce serait l'heure, leur heure!
	Elle se pressa contre elle et, commenant par ses 
seins, l'effleura d'attouchements lancinants, imprcis, 
simplement esquisss.
	Tout de suite la Prieure ragit. Un soupir 
rauque et sourd sortit d'entre ses lvres; elle 
s'affaissa en arrire, se renversa et se coucha en 
ouvrant les jambes.
	Orlanda fit aller ses mains en passes lgres, 
concentriques, voil un instant apprises de celle 
qu'elle s'apprtait  dominer,  soumettre  son tour, 
ramenant les seins souples l'un vers l'autre, les 
pressant au milieu de la poitrine souleve par la 
respiration haletante, puis les cartant de la mme 
manire, en griffant au passage les aisselles rases au 
creux desquelles la sueur perlait, brillait dans la 
lumire, irisant la chair nacre.
	Elle se pencha davantage et lcha, d'une langue 
pleine et avide, savourant la rose sale et lourde, 
enivrante.
	Sous elle, la Prieure se tortillait en gmissant, lui 
donnant ainsi tmoignage de son pouvoir sur elle qui 
commenait  s'affirmer.
	De caresses en baisers, elle revint aux seins, 
qu'elle treignit de chaque main, incrustant ses 
ongles, faisant saillir les ttins au centre de leurs 
mamelons rids, et les sua, les tta alternativement, 
heureuse de les sentir s'riger, durcir, se tendre 
comme de petites baies offertes  la main du cueilleur.
	Puis elle mordit, savoureusement.
	Mre Redencin rla, jeta les mains dans le dos 
d'Orlanda qui lui infligeait le dlectable tourment, et 
la griffa de longues et brlantes tranes qui la firent 
se cabrer d'un regain de douleur.
	Mais un spasme soudain la ttanisa et la fit 
abandonner.
	La devinant au seuil de la jouissance, Orlanda 
prouva une violente envie de la faire chavirer pour 
de bon, de la jeter dans le tumultueux remous de 
l'orgasme, de la sentir se transporter sous elle de 
volupt, de la faire mourir de plaisir et tout aussitt 
ressusciter de dsir.
	L'intensit de leurs sensations les amenrent 
ensemble aux bordures du vertige.
	Et puis, dans un grand cri d'extase, Mre 
Redencin s'amollit, comme sans vie; sa tte roula sur 
une paule, et un peu de bave lui vint  la commissure 
des lvres.
	Elle soupira, de faon dont on exhale un ultime 
souffle. 
	- Ha! je meurs de ne pouvoir mourir...
	Crochetant durement les doigts dans ses seins, 
dont la souplesse se prtait merveilleusement  une 
telle prise, Orlanda glissa sur elle, la frlant des 
lvres juqu'au bas du ventre, jusqu' sa vulve qui 
s'ouvrit et dans laquelle elle insinua la langue.
	La, c'tait l'immensit marine.
	La lente houle qui agitait le bassin de la Prieure 
palpitante saoula Orlanda d'effluves ocanes.
	Mre Redencin leva les jambes et les posa sur 
les paules de la jeune fille, lui emprisonnant le visage 
entre ses cuisses, et, comme la mer vient et se retire, 
son sexe joua avec la langue qui l'affolait. Elle le fit 
tourner, l'avana, le recula, l'offrit et le droba, le 
pressa, vibrant de la mare montant dans son tre. 
	Cette mare dborda, inonda la bouche 
d'Orlanda, qui but, succombant  l'ivresse. Ensemble 
elles rugirent de bonheur.
	Longuement elles demeurrent ainsi, comme 
brises. 
	Amollies, le silence les enveloppait, les baignait, 
 peine troubl par leurs soupirs qui se mlaient, 
s'accordaient en s'apaisant. Lointaine, sembla-t-il  
celle-ci, la voix de Mre Redencin rappela Orlanda  
elle.
	- Reviens vers moi, mon coeur, que je t'embrasse 
et te rende grce de la liesse dont tu m'as cornble.
	Elle tait venue l ou l'Argentine l'avait voulue.
	C'tait  prsent ou jamais que cette dernire 
devait oser, se risquer; elle le pressentait, en avait une 
quasi-certitude bien que, dans le tourment que lui 
infligeait alors le fouet de Soeur Lorenza, et plus 
encore en ayant perdu conscience  ce moment, elle 
n'et pu voir ni entendre la Prieure rclamer le 
cinglant concours de la Redentora afin de communier 
plus intensment avec la duchesse del Eripol.
	Elle se dgagea et disposa Mre Redencin, qui 
se laissa faire, cuisses bien ouvertes; elle chercha au 
juger le martinet que cette dernire avait abandonn 
sur le lit aprs l'en avoir cingle, sentit sous ses doigts 
les fortes lanires, trouva le manche d'acajou poli, le 
saisit en main et se redressa d'un coup, subitement 
transforme.
	Sans qu'elle-mme en et vritablement 
conscience, mais en ce moment prcis, neuf annes de 
chagrin, d'injustice, de brimades, d'humiliations et 
mortifications, de pernicieuses influences et 
d'insidieuses mutations, de dsirs secrets refouls, 
d'envies perverses satisfaites, de pulsions aberrantes 
cultives, de vices instills, de dvoiements sournois et 
puis finalement, de dpravations ouvertes, tout cela 
appliqu sur un fond de volont farouche quoique 
musele, d'instinct confusment partag entre 
domination et soumission, d'orgueil bless mais 
jamais terrass, clata d'un coup sur son visage.
	Les incommensurables erreurs sont souvent le 
produit, telle la natte de l'enfant, d'une infinit de 
petits errements. Prendre une tresse, la dnouer, en 
carter un cheveu unique et le rompre: n'est-ce-pas l 
peu de chose? Prendre d'infimes vices, les unir et les 
tordre ensemble: voil obtenue la corruption capitale.
	A cette fulgurance qui alluma les yeux 
d'Orlanda, les traits de Mre Redencin se 
modifirent, empreints tout  la fois de dsirs exalts 
et d'une espce d'apprhension  voir l'lve dans la 
capacit soudaine d'tre matresse en ce jeu de la 
perversion sadomasochiste qu'elle avait tout d'abord 
voulu lui imposer, non sans convoiter ni redouter, 
avec une force gale, de s'y soumettre  son tour. 
Jamais elle ne s'tait prte  cela avec aucune de ses 
favorites; seule Soeur Lorenza, sans la dominer 
toutefois, avait la licence de la fouetter. Mais il y avait 
en Orlanda ce rayonnement de puissance et de 
faiblesse indissolublement mles qui la fascinait et, la 
ployant sous le charme, lui faisait dsirer avidement 
et pour un instant la jouissance de l'humiliation et du 
tourment. 
	- C'est  moi d'ordonner, d'exiger, de corriger 
maintenant! s'cria l'Argentine en brandissant le 
martinet. 
	Sa voix s'tait faite dure et tranchante; elle 
s'coutait parler et trouvait dja une jouissance 
malsaine  ce rle qui n'tait que par la forme oppos 
 celui qu'elle venait de tenir. Une moiteur glace 
sourdait de ses aisselles, exasprait son sexe, et un 
lger tremblement l'agitait dans la violence de 
l'motion qui s'emparait d'elle.
	La sexualit sadomasochiste fait dans la plupart 
des cas l'individu semblable  un Janus: deux faces 
contraires quant  l'apparence, pourtant unies en un 
mme tout.
	- Allons, qui suis-je dsormais  tes yeux? insista 
Orlanda, comme la Prieure se taisait, jouissant elle 
aussi de l'instant et frmissant de s'entendre tutoyer.
	Pour l'inciter  hter sa rponse, la jeune fille fit 
siffler les lanires du martinet qui cinglrent l'une de 
ses cuisses.
	Mre Redencin vibra, puis quitta le lit d'un 
bond pour se laisser tomber  genoux devant 
Orlanda.
	- Vous tes ma matresse, ma matresse adore, 
dit-elle d'un voix que le relvement de son dsir 
rendait rauque de nouveau.
	- Remonte sur le lit, comme tu tais, couche sur 
le dos et cartele obscnement!... Obis, vite!
	Mre Redencin se cramponna au drap, enfona 
ses fesses dans la couche moelleuse, les bras en croix, 
les jambes outrageusement ouvertes, comme ptrifie 
par une attaque aussi brutale qu'elle n'avait pas 
prvue.
	Orlanda,  la voir ainsi, sut qu'elle tait en train 
de la contenter au del de ses esprances. Elle fit 
courir les lanires le long d'une de ses jambes,  
l'intrieur de la cuisse, s'arrta quelques secondes sur 
le pli de l'aine, puis sur le sexe que l'absence de poils 
rendait tellement impudique. Le mouvement tait 
doux comme une brise et, sous son souffle, le ventre 
frmissait. Elle remonta les lanires sur la poitrine et, 
d'une souple torsion du poignet, les fit tourner autour 
de chacun des seins qui, carts sur le buste et 
affaisss par cts, parurent se redresser  leur 
contact.
	Frissonnante, tressaillante, Mre Redencin 
ouvrit les lvres pour parler; elle balbutia des mots 
assourdis, incomprhensibles. La totalit de sa chair 
tait en attente; une attente exasprante qui soulevait 
ses seins et faisait pulser son ventre rond d'un 
haltement prcipit.
	Orlanda faisait durer leur plaisir commun, car 
elle savait, pour l'avoir elle-mme tant de fois 
prouv, que la Prieure ressentait un moi puissant  
vivre la prolongation d'un prlude dans lequel 
s'associaient la convoitise et l'apprhension. Une 
exhalaison, lourdement musque, se rpandait dans la 
pice, sourdant avec sa cyprine de son sexe baillant; 
elle flottait et stagnait entre elles, enivrante pour 
toutes deux.
	Orlanda ferma les yeux afin de mieux s'en 
pntrer.
	Puis ses doigts se crisprent sur le manche du 
martinet.
	En ne levant qu' demi le bras, mais sentant se 
lever en elle une pulsion de cruaut assez voisine de 
celle qui l'avait possde lors de sa vengeance contre 
l'Aragonaise, elle cingla la poitrine de la Prieure, par 
le travers, crasant de l'extrmit des lanires le 
mamelon durci du sein droit.
	Mre Redencin bondit et cria sous le coup, sans 
retenue.
	Sans retenue non plus, en s'exaltant du souvenir 
de ses innombrables descentes dans la crypte de 
Svre Pnitence, de son passage entre les colonnes, de 
son sjour dans le Caveau de la Mditation, Orlanda 
continua de frapper, avec une sauvagerie croissante 
dont, autrement qu'en ses rveries, elle ne se serait 
pas crue capable. En gestes courts et prcis, elle 
chercha et atteignit les parties les plus sensibles du 
buste agit follement, faisant s'incruster les cuirs 
mordants et brlants dans les ttins des mamefles 
trmtantes.
	La Prieure soubresautait et caracolait sur le lit, 
menaant par moments de se dsarticuler comme un 
pantin aux cordes rompues, mais elle ne faisait rien 
cependant pour se dfendre ni viter les coups, 
gardant les bras en croix et les doigts crisps dans le 
satin de sa couche, dont les gmissements faisaient 
chos  ses cris. En quelques minutes toute sa poitrine 
fut zbre de striures pourpres, bleuissantes, 
violaces, puis le martinet la frappant avec plus de 
frocit encore, le bout de son sein gauche se fendit et 
laissa perler le sang. 
	Il vint  Orlanda l'envie de le lcher, de le tter, 
mais elle se refusa d'y cder; il tait encore trop tt. 
	Dlaissant le buste, elle s'attaqua au ventre qui 
la tentait de sa splendeur blouissante, large et blanc, 
bomb, vaste esplanade s'tendant devant l'entre du 
temple de toutes les flicits. 
	En gestes plus amples, en voles plus appuyes, 
elle le couvrit en croisant ses coups, se rapprochant 
de plus en plus du pubis.
	En criant, hoquetant, sanglotant, Mre 
Redencin s'ouvrit davantage.
	Orlanda grimpa sur le lit. Debout, campe, les 
jambes cartes et les pieds solidement plants de 
part et d'autre de la Prieure,  qui elle offrait de la 
sorte une vision grisante de ses intimes trsors, elle 
leva haut le bras et l'abattit de toute sa force entre les 
cuisses bantes. 
	De nouveau Mre Redencin hurla. En la 
cinglant avec violence, en la pntrant, les lanires la 
lacrrent. 
	Au cinquime coup, sa vulve, que nulle toison ne 
protgeait, se mit  saigner.
	Orlanda ne pouvait plus s'acharner de ce ct.
	- Retourne-toi! intima-t-elle durement.
	La Prieure tardant  s'excuter, elle la cingla 
vivement, par deux fois,  l'intrieur de chaque 
cuisse, prs de l'aine, l o la chair est la plus tendre, 
la peau la plus fine. 
	- Me faut-il poursuivre de la sorte pour que tu 
obisses? mena-t-elle.
	Les narines palpitantes, les yeux allums de 
fivre, les pommettes enflammes, la bouche tordue 
par un rictus de cruelle jouissance, d'une beaut 
prodigieuse qui ressemblait tant  la laideur sublime, 
elle haletait bruyamment et transpirait en abondance. 
Tout son corps tait mouill de sueur odorante qui 
dgoulinait entre ses seins, ruisselait de ses aisselles, 
dgouttait de son ventre et se mlait aux scrtions de 
son tre transport de plaisir incoercible.
	Sous elle, Mre Redencin ne suait pas moins. 
	La chambre s'emplissait de leurs fragrances 
animales, les baignant de fumes aphrodisiaques. 
	D'un bond, la Prieure se retourna sur le ventre.
	- Parlez-moi plus mchamment encore, gmit-
elle dans les draps. Dites des choses vulgaires... 
Battez-moi plus fort!... Injuriez-moi!... Faites-moi 
rougir de honte comme vous m'empourprez du feu 
des lanires!... Et je vous en supplie, appelez-moi 
putain... Si, si!... Puta!... puerca!
	Orlanda l'apostropha schement.
	- Je vous en supplie comment?... Comment?
	- Je vous en supplie, Matresse adore, reprit 
docilement la Prieure dans un sanglot de bonheur 
infini.
	- C'est parfait comme ! approuva Orlanda. 
Maintenant, putain, je vais fouetter ton derrire, ton 
cul que tu me montres sans pudeur, jusqu' ce qu'en 
saigne ton troufignon!... Allons, recule-toi sur le bord 
du lit et laisse pendre tes jambes, que ton fessier 
rebondisse bien sous les lanires!... Prends tes fesses 
et carte-les, que je puisse te punir comme la chienne 
lubrique que tu es le mrite!
	En s'exprimant de la sorte pour la premire fois 
de sa vie, Orlanda s'excitait de plus en plus, 
s'enivrant de sa vulgarit.
	Mre Redencin porta ses mains tremblantes  
sa croupe et, comme on venait de le lui ordonner, 
ouvrit sa belle paire de fesses, dcouvrant l'oeillet 
sombre de son anus nich au fond de la valle blanche 
qui, plus bas, allait se perdre dans le delta cramoisi et 
suintant une humeur rose de sa vulve meurtrie par 
les cuirs.
	- Oh! comme vous tardez, Matresse! s'cria-t-
elle. Vous ai-je fait attendre pareillement?... Votre 
cruaut me fait mourir!
	La bouche d'Orlanda salivait le plaisir, autant 
que son corps le suait, que son sexe le distillait. Elle 
connaissait bien cette sensation; elle annonait les 
prmices de la jouissance.
	Tenant toujours le martinet de la main droite, 
elle amena la gauche entre ses cuisses, entrouvrit sa 
vulve du bout des doigts et plongea ses phalanges 
dans sa pulpe inonde.
	Elle visa soigneusement, prit son lan et projeta 
les gros lacets carrs qui, en sifflant, vinrent percuter 
ensemble la cible palpitante, que le coup puissant, 
rageur, impitoyable, torrfiant, fit s'enflammer  la 
seconde et rougir intensment.
	Mre Redencin hurla une clameur formidable 
en tressautant sur le lit comme un poisson jet sur la 
berge.
	Ses doigts avaient reu leur part de la cingle, 
mais elle n'en continua pas moins de se conserver 
ouverte.
	Cinq fois, dix fois, malgr le trouble qui 
l'emplissait de plus en plus, en se masturbant avec un 
acharnement frntique, Orlanda relana les lanires, 
atteignant presque toujours son but, lequel, sous un 
coup plus violent, devenue fleur violace  l'unique 
ptale tumescent, saigna  son tour.
	Cette fois-ci la jeune bacchante ne put se 
contenir; elle se laissa tomber  genoux, se coucha sur 
le dos de la Prieure et, d'une langue non moins preste 
que gourmande, lcha la blessure anale que sa 
cruaut venait d'ouvrir.
	Mais aussitt, de cette douceur qu'elle 
n'attendait pas, dont elle ne voulait pas, Mre 
Redencin se plaignit avec amertume.
	- Oh non! Matresse adore, non!... Pas encore!... 
Frappez-moi plus que cela... Fouettez plus fort!... 
Enchanez-moi aussi!... Couvrez-moi de fers et de 
plaies!... Comblez-moi de caresses qui font mal! 
	- C'est ce que tu veux? cria Orlanda 
rageusement.
	Elle se redressa, sauta du lit, se campa et,  tour 
de bras, telle une forcene, se mit  flageller la croupe 
de la Prieure bondissante et de nouveau hurlante qui, 
lchant ses fesses, les reins au roulis et le corps tout 
entier tordu, s'agrippa dsesprment au drap de 
satin qu'elle dchira de ses ongles.
	Bientt, le fessier trpidant de Mre Redencin, 
violemment rougi, sillonn de zbrures ardentes 
entrecroises, se couvrit de cloques et de 
boursouflures purpurines.
	Orlanda avait recommenc  se masturber et, 
tout en se caressant et s'exasprant le clitoris, les 
mchoires crispes, le nez frmissant tel le naseau 
d'un taureau furieux, l'oeil fulgurant d'clairs, 
continua de fustiger implacablement le derrire 
frocement malmen.
	Les lanires de cuir, en claquant et sonnant sur 
ses fesses, rsonnaient dans le ventre de Mre 
Redencin, qui mettait  prsent un rle continu, 
lequel croissait rgulirement en intensit, devenait ce 
hululement qu'avait produit la gorge d'Orlanda sous 
le fouet reptilien de Soeur Lorenza lui ravageant 
l'entre-cuisses, cette espce de cri modul, tantt 
strident et tantt assourdi, semblable  celui clam 
par le muezzin appelant  la prire du haut de son 
minaret.
	- Assez!... Assez! Assez, Matresse adore! cria-t-
elle enfin. Assez! je jouis!... Aaaaah!... Ah! comme je 
jouis!... Comme je jouis bien!... Je suis heureuse!... 
C'est bon, Maitresse adore!... Que c'est bon!... Merci 
de m'avoir si bien fouette!... Merci! Merci! 
Merciiiiii!
	Elle se laissa choir du lit et s'croula aux pieds 
d'Orlanda, pour lui enlacer les jambes de ses bras, 
pantelante et gmissante, puise par la douleur et la 
jouissance.
	La jeune fille, exaspre de dsir, jeta le 
martinet, prit  pleines mains la chevelure de la 
Prieure et lui plaqua le visage contre son sexe.
	- Lche! ordonna-t-elle d'un ton bref.
	Et, comme une chienne docile, Mre Redencin 
lui obit... 


LES NOCES SACRILEGES 

	De fesses en baisers, de caresses en 
flagellations, de repentirs en consolations, la main 
prtendue que le Seigneur avait pos sur Orlanda de 
Cuendaes menait la jeune fille non pas vers les 
batitudes de la prire et du recueillement, mais dans 
les profondeurs de la corruption des sens la plus 
perversement accomplie.
	Elle avait perdu tous ses poils, dont la Prieure 
l'avait en personne dpouille, qui veillait 
mticuleusement  ce qu'ils ne reparussent pas. 
	Mre Redencin ne pouvait plus se passer d'elle, 
et chaque nuit les faisait se retrouver de l'autre ct 
de la porte secrte, dans la chambre carlate, seules 
parfois, mais le plus souvent en compagnie d'une ou 
de deux autres des favorites, lesquelles professes, 
novices ou postulantes taient toutes ges de moins 
de trente ans, Mre Cruz et Mre Pasin apportant 
alors leur concours.
	Frquemment aussi, Soeur Lorenza participait  
sa faon aux communes rjouissances, maniant 
martinets, fouets et cravaches sans se fatiguer jamais, 
mais se livrant galement avec gourmandise  des 
jeux de langue et de mains pour lesquels elle ne 
montrait pas moins d'endurance.
	D'elle comme des autres Orlanda apprenait 
beaucoup, chacune ayant une sorte de petite 
spcialit. Nulle, par exemple, ne pouvait esprer 
jamais rivaliser avec Mre Pasin pour 
l'exaspration, par lchements, succions, morsures et 
aspirations, du clitoris ou des ttins, qu'elle parvenait 
 faire virtuellement tripler de volume durant 
d'interminables sances que la bncifiaire, en 
hurlant de flicit insoutenable, perdant plusieurs fois 
conscience, ranime par le claquement du cuir sur sa 
chair ou la brlure inflige par un petit fer maintenu 
plong dans un brasero en permanence, n'tait en 
mesure d'accepter qu'attache solidement. Celle de 
Soeur Lorenza tait bien videmment la fustigation 
sous toutes ses formes et toutes ses rigueurs, mais 
aussi ses douceurs, car elle savait fouetter pour 
octroyer des sensations qu'aucune caresse de bouche 
ou de main ne pouvait prodiguer. Mre Cruz, elle, 
n'avait pas d'gale pour ce qui concernait l'usage des 
objets ressemblant tellement  "la chose", et dont 
Mre Redencin possdait toute une collection. De ces 
artifices, qui imitaient si bien la virilit qu'Orlanda 
avait appris  nommer par ses diffrents vocables, 
elle tait capable de faire jouir une vierge tant par-
derrire que par-devant, et dans ce dernier cas sans 
la dflorer.
	A quarante-deux ans, la premire des Discrtes 
n'tait pas reste sans sduction elle non plus, avec de 
beaux seins ronds, lourds mais nullement humbles, 
des hanches vastes et rebondies, un ventre bomb 
mais lisse, une croupe proprement fastueuse et de 
fortes cuisses que, seule disgrce vritable, la cellulite 
envahissait et capitonnait de leur sommet jusqu'au 
genoux. La seconde, par constraste, semblait presque 
maigre. Mate de peau, plus ge que sa compagne, 
elle avait une poitrine flasque et plutt modeste, des 
hanches troites comme celles d'un homme, des fesses 
peu saillantes et tombantes, un ventre mou, des 
cuisses longues et creuses  l'intrieur qui laissaient 
un vide entre son sexe pil et ses genoux, mais elle 
compensait ces visibles fltrissures par un talent et 
une telle fougue amoureuse que ses partenaires en 
oubliaient vite l'aspect de ses attraits fans pour 
mieux s'enthousiasmer dans ses bras d'indicible 
bonheur.
	La seule ombre qui affectt ces nuits de liesse 
tait la soudaine mauvaise humeur que trahissait 
quelques fois Mre Redencin lorsqu'il lui venait du 
dpit de ce que la duchesse del Eripol ne ft pas 
encore reparue  Santa Teresa Del Judio.
	D'une certaine faon, la mre d'Ana avait 
ensorcel la Prieure, qui tait alle jusqu' confier  
Orlanda, durant un moment d'abandon ml d'un 
brusque dsir de confidence, que si la troublante 
duchesse le lui demandait elle quitterait l'tat 
religieux pour la suivre l o celle-ci le voudrait afin 
de vivre avec elle la plus dlirante des passions.
	Aveu qui avait laiss l'Argentine sans voix, et 
d'autant plus muette que la Prieure avait ajout que, 
si elle quittait l'habit de Dolorosa et partait avec l'lue 
de son coeur, elle s'arrangerait pour l'emmener elle 
aussi.
	Infiniment trouble, Orlanda ne savait plus ce 
qui, de demeurer au couvent ou de se retrouver sous 
le mme toit qu'Ana, tait le pire ou le meilleur.
	Mais les semaines, les mois passaient, et la 
duchesse del Eripol ne donnait pas signe de vie... 
	Un soir, le regard brillant, les narines 
frmissantes, le visage rayonnant, toute frissonnante 
de fivre et d'exaltation, mais avec une mine ptrie de 
mystre, Mre Redencin entrana Orlanda dans une 
salle que celle-ci ne connaissait pas encore.
	C'tait une pice situe bien videmment de 
l'autre ct de la porte secrte, mais qui prenait  
gauche sur le couloir semi-circdaire, et non pas  
droite.
	Assez vaste, en tous cas bien plus que la 
chambre carlate, le local oblong tait entirement de 
la couleur du deuil liturgique: violette, la soie 
dissimulant la vote; violettes, les tentures cachant les 
murailles; violets, les tapis couvrant le sol; violets 
encore, les rideaux qui d'un lieu en faisaient 
assurment deux, car il tait manifeste que, derrire 
cette sparation de velours, la salle se prolongeait.
	Toutefois, ce que dcouvrit tout d'abord 
Orlanda dans la premire partie en y pntrant fut 
plus que suffisant dja pour la bouleverser 
profondment.
	L'apercevant de dos ds l'entre, mais la 
reconnaissant bientt en la contournant et la pouvant 
dvisager, Orlanda vit la belle duchesse del Eripol 
offrant aux regards braqus sur elle l'intgralit des 
troublantes sductions de sa personne. Nue 
entirement, attache debout, les bras levs et les 
poignets serrs de cordes qui, fixes  la vote, 
faisaient qu'elle ne touchait plus le sol que de la 
pointe de ses pieds aux ongles vernis de carmin, les 
cheveux toujours aussi courts, mais le ventre et les 
aisselles frachement dpouills de leur pilosit de 
jais, projetant sur son buste ses seins pommiformes 
et, sous ses reins cambrs, rejetant insolemment ses 
fesses en arrire, la mre d'Ana se montrait de la 
sorte  une douzaine de jeunes femmes galement 
nues qui, toutes, avec Mre Cruz et Mre Pasin de 
loin les plus ges, taient les favorites de la Prieure 
et la couvaient de regards allums tout en mme 
temps de dsir et de cruaut
	Mre Redencin quant  elle rayonnait; "son" 
Ana tait finalement revenue comme elle le lui avait 
promis.
	Dans un coin, vtue, son martinet accroch  sa 
ceinture, Soeur Lorenza attendait, silencieuse, 
impassible, les bras crois sur sa forte poitrine. Prs 
d'elle, sur une crdence de fer forg, taient poss 
d'autres fouets et disciplines, cravaches et houssines... 
et mme un vase contenant un gros bouquet d'orties 
qui venaient tout juste d'tre cueillies.
	- Orlanda chrie, dit alors la Prieure d'une voix 
douce, caressante et persuasive, tu es de celles qui 
sont dignes d'tre lues. Aussi, tu vas tre cette nuit 
offerte au Seigneur et devenir de la sorte, ainsi que 
nous toutes ici runies, Soeur Lorenza et la duchesse 
exceptes, sa vritable pouse. Tu vas connatre pour 
la premire fois, tout en prouvant les brlures de la 
flagellation qu'il  subie et qui devraient t'tre plus 
douces que suaves caresses, le suprme bonheur de te 
donner et de lui appartenir en participant  ton tour 
aux Noces Perptuelles, car chaque nuit, de la tombe 
du jour au lever du soleil, l'une de nous, ses Esposas, 
demeure avec lui.
	D'un geste elle commanda aux deux Discrtes, 
elles-mmes tant dja dvtues, de dshabiller 
Orlanda.
	Bientt cette dernire fut entirement nue elle 
aussi. La plupart des Esposas, qui pourtant la 
connaissait bien, salurent une fois encore de 
murmures flatteurs et de mimiques allches la 
rvlation de la nudit de la nouvelle lue, louant 
l'opulence de ses seins, la rondeur de sa croupe, la 
perfection de ses cuisses, la blancheur blouissante de 
sa carnation, mais davantage l'mouvant attrait 
constitu par les hautes et paisses lvres de sa vulve 
prive de sa soyeuse et flamboyante parure.
	Du fait de cette privation pileuse,  laquelle elle 
avait quelque mal  s'habituer, Orlanda ne put 
s'empcher de rougir dlicieusement une fois de plus, 
de honte et d'excitation mles,  se voir de cette 
faon offerte  la convoitise qu'elle lisait aisment 
dans tous les regards brillants braqus sur son corps, 
dont la nudit ne pouvait tre plus intgrale, et que la 
duchesse considrait avec une avidit telle que la 
Prieure et pu  juste titre en prouver du dpit ml 
de jalousie. 
	Pendant que Mre Cruz et Mre Pasi6n 
dvtaient l'Argentine, l'une des jeunes Esposas avait 
allum les charbons dans les deux vasques de bronze 
qui, de part et d'autre, flanquaient les rideaux, puis 
jet de l'encens, lequel, grsillant, brlait maintenant 
en produisant de lourdes volutes de fume grise  
l'odeur enttante.
	Alors, s'agenouillant, toutes les Esposas 
entonnrent une sorte de chant d'allgresse  
l'honneur du Seigneur et de celle qui s'offrait  lui, le 
visage tourn vers les tentures violettes bordes d'or, 
puis les Discrtes firent se prosterner Orlanda, front 
contre touchant le tapis et fesses hautes, durant qu'un 
lger glissement annonait  cette dernire que, 
devant elle, les lourds rideaux s'ouvraient et 
s'cartaient.
	Quelques secondes passrent ainsi. Finalement, 
Orlanda fut admise  se redresser. 
	Les rideaux venaient de rvler une sorte 
d'abside tendue de noir dans laquelle, sur une norme 
croix d'bne, se voyait un Christ supplici aussi 
grand que nature.
	Mais, baign de clart sanglante, le divin crucifi 
n'tait pas tel qu'on pouvait s'attendre  Le voir 
reprsent ni en ce couvent, aussi particulier qu'il ft, 
ni ailleurs.
	Jetant une exclamation de surprise horrifie, les 
yeux dmesurment carquills, Orlanda porta les 
deux mains devant sa bouche en voyant, au bas du 
ventre de la statue de pierre, se dresser une norme 
verge cambre en pleine rection, laquelle, d'une 
longueur triple de celle du phallus d'un homme et 
d'un diamtre double pour le moins, s'rigeait 
quasiment  la verticale, soutenue par de formidables 
testicules, et se couronnait d'un gland redoutable.
	Derrire la jeune fille, non moins sidre et peut-
tre mme tout autant scandalise, la duchesse avait 
elle aussi cri son tonnement, son effroi ou sa 
dsapprobation, en dcouvrant le sacrilge obscne 
digne d'une secte satanique beaucoup plus que d'une 
communaut prtendument religieuse.
	Il tait vrai que, rares tant celles que Mre 
Redencin admettait de l'autre ct de la porte 
secrte, seule une toute petite minorit de professes, 
de novices et de postulantes sacrifiaient  ce Jsus-
Christ singulier!
	- Je vous en supplie, ma Mre, je vous en 
supplie, pas , je ne veux pas, je ne pourrai jamais, 
implora Orlanda en fixant de ses yeux hagards la 
choquante et vicieuse reprsentation qui, par ses 
dimensions, allait trs au del de tous les postiches 
figurant "la chose" qu'elle avait pu voir et dont elle 
avait joui jusque-l.
	Il lui semblait, dans la clart des lumires rouges 
et des flammes dansantes des cierges, que le Christ 
vivait, qu'il palpitait et que son phallus 
redoutablement dress pulsait, ce qui le lui rendait 
encore plus horrible.
	Sur un ordre de la Prieure, l'une des Esposas, 
cessant de chanter, se leva et, se munissant d'une 
coupe, s'approcha du Christ profan pour enduire la 
verge, laquelle tait de marbre rose soigneusement 
poli, d'une copieuse quantit d'huile parfume  la 
myrrhe.
	- Le Seigneur t'attend  prsent, dit Mre 
Redencin en faisant signe  Mre Cruz et Mre 
Pasin d'amener Orlanda sur le lieu du sacrifice ds 
que la Esposa, soeur novice, eut rejoint ses 
compagnes. 
	Lentement, soutenue par les Discrtes, Orlanda 
s'approcha, pleurant et gmissant sourdement, du 
Christ-priape avec lequel elle allait tre force de 
copuler. Derrire, toutes les Esposas s'taient 
rassembles en un demi-cercle qui enfermait 
galement la duchesse, toujours entrave, et,  
genoux, continuaient  psalmodier tout en suivant 
avidement les mouvements de l'Argentine qui,  
l'issue de cette orgiaque crmonie, serait totalement 
des leurs.
	- Et introibo ad altare Dei... Et je m'approcherai 
de l'autel de Dieu, du Dieu qui remplit ma jeunesse 
d'une sainte joie, chantaient les Esposas.
	Mre Cruz et Mre Pasin aidrent Orlanda  
se hisser sur les deux repose-pieds dont la croix tait 
pourvue par cts  bonne hauteur, et, le dos tourn  
ses soeurs de dbauche sacrilge, la jeune fille enlaa 
le crucifi.
	Alors, peu  peu, tremblante de honte autant 
que de peur, Orlanda se mit  s'abaisser, et tressaillit 
violemment en sentant le bout du gland peser soudain 
entre ses fesses. D'instinct elle interrompit sa 
descente. Mais les Discrtes veillaient et, ensemble, 
elles cartrent et tirrent par ct les fesses de la 
superbe fille, puis la prenant en mme temps par le 
haut des cuisses, la contraignirent  poser son anus 
sur le sommet de la massive rection. 
	En comparaison de l'troitesse de l'orifice anal 
qu'il menaait directement  prsent, le phallus 
semblait encore plus monstrueux dans sa longueur et 
son diamtre. 
	Mais, hormis la duchesse del Eripol et la 
Redentora, toutes celles qui se trouvaient l, Prieure 
comprise, taient passes par l, et plusieurs fois, 
toutes y recherchant et y connaissant dsormais un 
pre et incommensurable plaisir. Cependant, aucune 
d'elles n'aurait pu nier, sans mentir, qu'il lui avait 
fallu beaucoup souffrir et crier avant que son tre ne 
s'habitut relativement  l'impressionnante et 
obscne pntration. 
	Le poids d'Orlanda l'entrana toutefois 
inexorablement, d'autant que les Discrtes 
continuaient  aider  son empalement en s'agrippant 
 ses hanches, sur le pnis de marbre rose huil qui, 
insensiblement, commena  s'insinuer dans son 
oeillet bruntre,  en dilater l'ouverture, quoique 
provoquant une dpression de plus en plus 
douloureuse entre ses fesses crispes. 
	Les gmissements de l'Argentine devinrent des 
rles.
	Soumise  la pression constante aussi bien que 
croissante, la chair cda et, brusquement, 
irrmissiblement forc, le sphincter se distendit, 
paraissant aspirer d'un coup la masse ovode du 
gland qui pntra en son entier dans le rectum; 
intromission partielle qui arracha un hurlement de 
douleur  Orlanda, laquelle, en treignant 
dsesprment l'idole, clama  grands cris et sanglots 
qu'elle ne pouvait en supporter davantage. 
	Et d'autant moins que, la couronne du gland 
passe, le diamtre du pnis allait en augmentant 
graduellement de diamtre. 
	Implacables, Mre Cruz et Mre Pasin 
accrurent leur pression tant sur les hanches que les 
paules de la jeune fille aux muscles tendus et raidis  
se briser. 
	-Allons, chrie, allons, encouragea Mre 
Redencin, dtends-toi et tu prouveras moins de 
difficults!
	Sous la pousse recrudescente, et aux yeux des 
Esposas, de Soeur Lorenza et de la belle duchesse qui 
suivaient l'empalement et s'en excitaient, l'anus 
atrocement mis  la torture d'Orlanda parut se 
dilater encore. En ralit, ignoblement forc, l'anneau 
anal se rompit et la muqueuse fendue, saignante, livra 
enfin passage  l'norme mandrin qui s'enfona de 
quelques millimtres supplmentaires.
	Peu  peu, millimtre aprs millimtre, le 
phallus de marbre pera le fondement de la jeune fille 
qui, maintenant, ne cessait plus de hurler  pleins 
poumons, tremblait comme une feuille au vent 
d'automne et s'touffait par instants de sanglots. 
Mais, bien que cramponne au torse du Christ, lequel 
tait galement huil tout exprs pour qu'elle ne pt y 
trouver de vritable appui, celle-ci ne pouvait 
absolument rien pour freiner la lente glissade qui la 
faisait s'empaler irrpressiblement sur le pieu 
effroyable qui lui semblait tre chauff au rouge. A de 
certains moments, la douleur tait si terrible que, 
suffoquant, elle ne parvenait pas mme  crier. A 
d'autres, ses ahanements rauques s'entrecoupaient de 
clameurs stridentes, assourdissantes, et de hoquets 
incoercibles.
	- Suscipiat Dominus sacrificium... Que le 
Seigneur reoive ce sacrifice de notre soeur pour 
l'honneur et la gloire de son nom, disaient les 
favorites et les Discrtes accompagnes de la voix de 
Mre Redencin.
	Enfin, les minutes passant, Orlanda se retrouva 
virtuellement emplie par le phallus chevill en elle 
jusqu' sa base, le fondement ouvert de manire 
pouvantable, les fesses cartes par la masse de bois 
rougie de son sang et s'crasant sur les normes 
testicules qui, de la sorte, faisaient l'office d'une 
sellette.
	- Hosanna! Hosanna! Hosanna! crirent les 
Esposas. Mais l'prouvante et sacrilge accouplement 
tait loin, bien loin de son terme. A vrai dire, tout 
pouvait maintenant commencer... 
	Sur un signe de Mre Redencin chacune des 
Discrtes s'empara d'un des bras d'Orlanda et, lui 
enfermant le poignet dans un pais bracelet de cuir 
pourvu d'un anneau de mtal, l'entrava aux chanes 
accroches aux pitons perant les paumes de la statue.
	La longueur de ces chanes tait tout juste 
suffisante pour que la jeune fille pt les empoigner  
pleines mains et s'y agripper de toutes ces forces. Ce 
qu'elle fit.
	Pleurant bruyamment et suppliant, quoique 
vainement, Orlanda tira sur ses bras et, lentement, 
transpirant  grosses gouttes, commena  se soulever 
pniblement afin de faire glisser hors de son 
fondement violent le mandrin qui venait d'y 
pntrer  si grand-peine. Elle russit  se dsempaler 
de la sorte jusqu'au tiers seulement de l'rection, puis 
les forces manquant soudain  ses muscles, la 
souffrance devenant trop vive, elle abandonna son 
effort, retombant et se rempalant d'un coup dans un 
beuglement atroce de bte ventre. 
	Une fois l'tranglement de l'anus franchi, le 
pnis marmoren ne pouvait rellement causer plus 
de dommage aux muqueuses internes, tant son poli 
tait parfait et ses rondeurs aptes  le faire accepter 
sans nul danger, sinon sans souffrances. Mais sa 
longueur et davantage encore sa grosseur taient bien 
plus que suffisantes, justement, pour constituer une 
pnible preuve  une habitue de cette sodomisation 
ptrifie, et le plus odieux des supplices  une 
nophyte dont le derrire n'avait jamais connu 
d'autre intromission que celle d'un doigt, voire d'un 
pouce... de femme.
	Les mains agrippes aux chanes, les pieds 
crisps sur les tenons qui lui servaient de perchoirs, 
bras et jambes vibrants, agite d'un tremblement 
quasi continu, Orlanda sanglotait et implorait pour 
qu'on l'aidt  se soulever et qu'on lui permt 
d'interrompre la cette insane parodie d'une union 
qui, suppliciante, n'tait pas mme le simulacre d'un 
authentique accouplement.
	Mais aucune des assistantes ne l'entendait ainsi, 
et moins encore Mre Redencin qui, d'un bref 
commandement, ordonna  Soeur Lorenza de se 
munir du martinet et de fouetter la nouvelle et 
rcalcitrante Esposa du Seigneur.
	Avec son habituel enthousiasme, la Redentora 
cingla aussitt, et sans faiblesse, la croupe d'Orlanda 
idalement prsente, qui tressauta sous les cuirs 
mordants et brlants, durant que, revenant  la 
charge, Mre Cruz et Mre Pasin, faisant montre 
d'un synchronisme acquis par de nombreuses 
rptitions de la chose et devenus sans dfaut, la 
soulevrent et la laissrent glisser en cadence, la 
faisant ainsi se sodomiser sur la verge monstrueuse 
avec de plus en plus d'aisance, sinon moins de 
douleur.
	Comme un gros oeil de cyclope carquill, l'anus 
semblait sucer le mandrin avec un bruit liquide, 
codissant sur lui de bas en haut et de haut en bas avec 
une facilit toujours plus grande. 
	Mais qu'elles fussent en position haute ou basse, 
Soeur Lorenza n'en poursuivait pas moins la 
flagellation des fesses trmulantes, mme quand, 
parfois, les Discrtes voulant picer davantage le 
spectacle et pesant de toutes leurs forces sur Orlanda, 
la croupe de celle-ci venait s'craser tout  plein sur 
les testicules de pierre.
	Et puis, de faon vidente, la sodomise sembla 
souffrir de moins en moins. Ses hurlements 
redevinrent des cris, puis des plaintes rauques et des 
rles enfin, dont les habitues qui l'entouraient surent 
bientt que ceux-ci n'taient plus seulement le 
rsultat de la douleur, mais qu'ils manifestaient 
galement la leve d'un infernal et pre plaisir. 
	Aprs quelques minutes encore, non seulement 
Orlanda cessa presque de pleurer, mais en ahanant et 
gmissant, elle tendit sa croupe au-devant des lanires 
brlantes du martinet mani vigoureusement par la 
converse, autant que lui permettait de le faire la 
verge qui l'occupait et sur laquelle elle allait et venait 
sans heurt, commenant  prouver les prmices 
d'une trs relle jouissance.
	Elle poussa soudain un grand cri, puis d'autres, 
hoquetant  nouveau et sanglotant, mais de volupt 
cette fois, en s'abandonnant tout en mme temps  la 
force conjugue des Discrtes et  la flagellation de 
Soeur Lorenza qui, toute proportion garde, se mit  
la caresser des lanires plutt qu' la supplicier, 
aidant  l'accroissement de son plaisir,  la 
prolongation et la succession de ses orgasmes de plus 
en plus violents, la conduisant vers le paroxysme de la 
jouissance anale.
	Finalement, sous l'intensit du plaisir tout  la 
fois effroyable et prodigieux qui l'accablait et la 
ravissait, ses sensations devenant d'une telle et si 
aigu violence, Orlanda plongea dans le dlire 
hystrique et, sans l'aide des Discrtes qui la 
lchrent, seulement exalte par les cuirs continuant 
 claquer sur sa croupe vivement enflamme, 
s'agrippant farouchement aux chanes, toute raison 
gare, les yeux exorbits, les traits dforms, 
chevele, ruisselante de sueur, elle se sodomisa elle-
mme avec frnsie sur le phallus plant dans son 
anus rvuls, clat et sanglant, dilat affreusement, 
jusqu' pousser une clameur continue et si stridente 
que les assistantes durent s'en boucher les oreilles.
	Orlanda jouissait comme elle n'avait assurment 
jamais joui, que ce ft en dure ou en intensit, et, 
par cette volupt dmentielle, jete hors d'elle-mme, 
s'abreuvait dans les transports de la folie charnelle 
d'une extase sacrilge sans pareille.
	Autour d'elle, les Esposas se jetrent dans les 
bras les unes les autres, s'enlacrent, s'embrassrent, 
s'treignirent et se mlrent dans une mle de 
nudits grouillantes d'o s'chapprent bientt 
gmissements et rles enamours, cris et sanglots de 
volupt, clameurs de jouissance et rugissements de 
panthres insatiables en appelant  elles le concours 
cinglant de Soeur Lorenza.
	Mais la Redentora tait rserve.
	Ayant cess de flageller Orlanda, et Mre 
Redencin s'tant mise nue  son tour, elle avait 
attach celle-ci devant la duchesse, mais sans que ni 
l'une ni l'autre pussent se toucher, puis les avait 
pourvues chacune d'un phallus de belles dimensions, 
qu'elle avait fix en bonne place sur leur pubis au 
moyen d'un harnais serr autour de leurs hanches et 
leur taille. L'une des parties essentielles de ce harnais 
tait la pice de cuir pais sur laquelle tait assujetti 
l'artifice, et cette plaque, sur sa face oppose, 
comportait une sorte de bourrelet semi-ovodal 
hriss de minuscules pointes qui, de la sorte, 
s'incrustaient dans la vulve et la blessaient d'autant 
de piqres.
	Puis la converse alla dlivrer Orlanda  demi 
pme, la souleva et l'enleva dans ses bras puissants, 
l'amena entre la Prieure et la duchesse, l'entrava  
cette place par les poignets sans qu'elle manifestt le 
moindre intrt comme la plus infime opposition, 
prsenta le godemich armant le ventre de la mre 
d'Ana  l'ore de son anus terriblement dilat et 
ensanglant, celui dress sur le pubis de Mre 
Redencln  l'entre de sa vulve, et, se munissant 
d'un fouet  longue lanire ronde et lisse, se mit en 
bonne position par rapport au trio ainsi form durant 
que, remplaant l'Argentine appele momentanment 
 d'autres joies, une Esposa s'extrayait de la mle 
afin de la remplacer auprs du "Seigneur".
	La lanire interminable siffla, claqua en 
enveloppant les nudits de la Prieure et de la 
duchesse... et dans le triple cri qui rsonna soudain et 
qu'touffrent murs et vote Orlanda perdit sa 
virginit.
	Hosanna!
	Au del de la porte secrte qui abritait l'adytum 
o se clbraient les Noces Eternelles dans une 
parodie sacrilge et obscne, l'orgie saphique et le 
culte sadomasochiste, la majorit des Hermanas del 
Dolor del Cristo se trouvait comme chaque nuit 
assemble et agenouille dans la chapelle haute, trois 
autres poursuivaient l'Adoration Perptuelle et la 
Rparation dans la chapelle basse et d'autres, 
martyres, hurlaient dans les cachots des Enfers.
	Toutes,  leur manire, priaient.
	Qui?
	Dieu, peut-tre... 

Dominique Saint-Marc - La Corrompue

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