LES CHIENS DE LORD FOLKROWN (par Dominique Saint-Marc) (enfants, nc)

title: Les chiens de lord Folkrown
part: Complete
author: Dominique Saint-Marc
keywords: enfants, nc
language: Francais
age: 10 ans
published: 15/11/2002


DSM-4


Histoire envoye  notre site des 'Histoires Taboues' le 12 octobre 2002.
( http://www.asstr.org/~histoires/ ou http://go.to/histoires )


Kid-porn ring in the landed gentry (hounds, sodomy and the lash)
is exposed by undercover French Maid with rubber tutu and bare quim.


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Chien: la terrible chose de voir un chien qui pisse!
       La terrible chose de voir un chien nu!

BAUDEAU DE SOMAIZE.





CHAPITRE PREMIER

        Vulfrane de Sancray se serait bien vit de sortir en cette fin de
journe pluvieuse de novembre, sombre et froide, de frquenter les rues
inondes de grisaille ruisselante, envahies de parapluies, d'impermables et de
cirs dgouttant d'eau, comme de faire tremper une fois de plus sa toque et son
manteau de martre par les larmes d'un ciel triste  mourir, tout cela pour
avoir accept une invitation  dner dans le quartier chinois o elle n'avait
encore jamais eu l'occasion de mettre les pieds.
        Heureusement, le "Mandarin Pourpre", aussi bien que son appartement, ne
se trouvait pas trs loign d'une station de Mtro.
        La nuit tait compltement tombe quand elle arriva devant le
restaurant.
        L'endroit tait spacieux et, par ses alcves closes de rideaux de
perles, convenait parfaitement  ce genre de rendez-vous que d'aucuns
qualifient de clandestins. Au reste, assez luxueuse, agrable  regarder,
conue pour des yeux occidentaux, la dcoration tait des plus classiques: murs
peints d'admirables paysages invitant l'esprit  s'vader vers des paradis
extrme-orientaux, "makimono" et "kakmono" fixs ici ou l, laques rouges et
noirs, avec d'invitables oiseaux, serpents, dragons polychromes rehausss de
motifs d'or, siges de velours ponceau, lanternes de couleur et ventilateurs 
grandes pales accrochs au plafond.
        Vulfrane se dirigea tout d'abord vers l'escalier qui, dans le fond de
la salle, permettait d'accder aux toilettes en sous-sol afin d'y vrifier si
sa coiffure et son maquillage n'avaient pas trop souffert de la pluie. Elle ta
sa toque, libra les boucles profondes de son opulente chevelure d'or ple qui
croula sur ses paules, lui rendit son gonflant par quelques coups de brosse,
repassa un peu de mascara sur ses longs cils et rafrachit l'clat de ses
lvres  l'aide d'un bton de fard rose fuchsia. Cela fait, elle se dvisagea
durant plusieurs secondes dans le grand miroir fix au-dessus des trois lavabos
 robinetterie de laiton, jugea son apparence convenable, sourit  son reflet
en songeant que, dcidment, ni le maquillage ni le jais de ses yeux ne
parvenaient  corriger la candeur anglique de ses traits, se lava les mains et
se les scha sous la soufflerie lectrique. Comme elle tait toujours seule,
elle retroussa sa jupe jusqu'au sommet de ses cuisses afin de rectifier le
lger biais de la couture de ses bas de voile et d'augmenter la tension de
ceux-ci par les jarretelles.
        De retour dans la salle, elle effleura du regard les quelques
consommateurs conversant  voix basse, ne vit pas Grard Lorcet, vita de
s'approcher des rideaux de perles abritant peut-tre des amoureux s'abandonnant
 leurs lans passionns, et dcida de s'asseoir  une table depuis laquelle
elle pourrait conserver la porte d'entre dans son champ de vision sans tre
oblige de tourner la tte.

        A peine avait-elle achev de disposer son manteau, sa toque et son sac
 main sur le fauteuil plac  sa gauche que Lorcet arriva, ponctuel. Il se
pencha pour lui effleurer la joue d'un baiser, s'installa en face d'elle, hla
l'une des quatre serveuses asiatiques au visage comme masqu par les fards,
toutes identiquement vtues d'une longue robe de soie carlate moulant leur
buste jusqu' la saillie des mamelons, sans manches et fendue sur les cts
depuis la taille, dont les deux pans s'ouvraient ds qu'elles marchaient pour
dvoiler la nudit de leurs hanches et leurs jambes gaines de bas noirs
opaques retenus  mi-cuisse par de larges jarretires de velours cramoisi, et
commanda d'autorit du champagne.

-       Vous savez, dit-il sur un ton et avec une mine de conspirateur, elle
n'ont absolument rien sous leur robe fendue, pas mme de poils. Leur ventre est
aussi lisse que celui d'un bb... ou que le vtre. Quand on choisit d'occuper
une alcve, il est possible de voir et toucher.

        Le dtail n'ayant pour elle qu'un intrt mdiocre, Vulfrane hocha la
tte sans faire de commentaire.

        Ensuite, il se borna  n'changer avec elle que des propos sans
importance. Ce ne fut qu'une fois le vin servi et got, qu'il aborda l'objet
vritable de son invitation.

-       Ce n'est pas exactement pour un motif personnel que j'ai tenu  vous
rencontrer ce soir, dit-il, mais afin de vous prsenter l'un de mes amis
anglais qui,  ce qu'il m'a laiss entendre, est  la recherche d'une femme
telle que vous.
-       Telle que moi? s'tonna Vulfrane en riant. Comment pouvez-vous en tre
aussi sr, Grard, quand vous ne me connaissez que si peu et votre ami pas du
tout?

-       Je vous connais suffisamment pour savoir que vous avez un manoir de
famille  restaurer et, pour cela, de grandes ncessits d'argent, rtorqua
Lorcet. Oserais-je galement, au risque de m'entendre traiter de mufle, vous
remettre en mmoire la soire particulire o j'ai eu le bonheur de vous tenir
nue dans mes bras, de vous donner du plaisir, et, davantage, de vous voir tre
caresse de faon quelque peu... disons, cuisante!
        Ne pouvant interdire  ses joues de rosir, Vulfrane prouva, presque
malgr elle, le besoin de s'expliquer.
-       J'tais grise... Jacques en a profit et vous vous tes fait son
complice. Il y avait longtemps que lui et sa femme convoitaient de m'amener 
partager leur got pour la flagellation rotique dont Sophie raffole, mais
j'avais toujours refus de cder jusque-l.
-       Vous n'avez nullement  vous justifier envers moi, Vulfrane. Cependant,
vous ne vous en tes pas moins prte  cette exprience de bonne grce.
A en juger par l'tat d'excitation dans lequel la chose vous a mise, et bien
que vous ayez un peu boud ensuite, je suis prt  parier que, malgr vos cris
et vos larmes, les lanires en vous cinglant la croupe ne vous ont pas procur
que des sensations dsagrables. Ai-je tort?
-       Je vous en prie, Grard, souffla la jeune femme en rougissant
davantage, vous me faites avoir honte.
        Puis elle but une nouvelle gorge de champagne pour tenter de dissiper
sa gne, mais conserva les paupires baisses.
-       La pourpre de la confusion vous rend plus belle encore, affirma Lorcet.
        Nanmoins, je vous demande de me rpondre sincrement, parce qu'il est
capital en la circonstance que vous me disiez la vrit. Me suis-je vraiment
tromp en me persuadant que vous ressentiez un certain plaisir sexuel alors que
Jacques vous fouettait les fesses?
-       Pas vraiment, non, admit sourdement Vulfrane.
-       Et vous seriez prte  recommencer?
        La question la fit tressaillir.
-       Non! s'cria-t-elle impulsivement.
-       Rflchissez bien, Vulfrane.
-       Je ne sais pas... rectifia-t-elle aprs un temps en osant le regarder
de nouveau. Mais enfin, Grard, ne seriez-vous pas en train de me dire que
votre ami recherche une femme qui accepte de se laisser fouetter nue pour de
l'argent et que, dans l'intention de nous rendre service  lui comme  moi, il
vous est venu  l'esprit que je pourrais le satisfaire dans ses dsirs?
        Lorcet eut un rire bref, puis redevint srieux.
-       Moi, vous inviter  vous prostituer? Non, ma chre Vulfrane, vous n'y
tes pas du tout! Toutefois, je ne puis vous en dire plus. Stephen Daams le
fera. Je lui ai propos de se joindre  nous pour dner... Tenez, le voici
justement qui arrive!
        Tandis que, ayant aperu la main leve de Lorcet, l'homme s'avanait
vers leur table, et alors qu'elle ne savait pas trs bien ce qu'il lui fallait
penser de l'trange dmarche et des propos assez mystrieux de son amant d'un
soir, Vulfrane dvisagea l'inconnu avec un intrt discret.
        De taille leve, la tournure lgante, la dmarche assure, vtu d'un
costume crois bleu nuit, lequel rendait plus blouissante encore la blancheur
de son col de chemise, arborant une cravate de soie prune assortie au mouchoir
dbordant de sa poche de poitrine, les cheveux chtains mls de nombreux fils
d'argent, les traits prcis, le teint hl et les yeux d'un bleu profond, la
quarantaine athltique et fline  la fois, elle le trouva extrmement
sduisant.
        Les prsentations faites, le nouveau venu s'inclina pour baiser la main
de Vulfrane, puis prit place sur le sige demeur libre  la droite de
celle-ci.

        Ensuite, paraissant tenir  son rle d'amphitryon - pour ne pas dire
d'entremetteur -, Lorcet proposa de dner sans plus tarder et rappela l'une des
serveuses.

        Grard Lorcet prlevait les fragments de la chair blanche du homard
grill et prdcoup, dont les deux moitis de la carapace gisaient cte  cte
sur son assiette de fine porcelaine mauve  filet d'or, elle-mme pose sur un
plat en laque noir, avec une espce de soin mticuleux, un rien agaant, que
l'on devinait affect. Par instants, sa lvre suprieure frmissait, trahissant
mieux encore que la retenue de ses gestes une nervosit croissante. De toute
vidence, il avait hte que le repas prtexte ft achev.

        En face de lui, et bien qu'elle fit en sorte d'tre galement absorbe
par l'apptissant contenu de son assiette, Vulfrane ne pouvait tout  fait
ignorer les regards que l'Anglais, qui maniait les minces baguettes d'ivoire
avec dextrit, laissait planer tour  tour sur son profil et l'loquent relief
de son buste.

        Elle s'tait habitue  ce que l'agressive ampleur de sa poitrine
constitut un ple d'attraction quasi irrsistible pour la plupart des yeux
masculins. Elle en ressentait parfois de la gne, mais souvent aussi du
plaisir. En l'occurrence, et aprs le genre d'entretien qu'elle venait d'avoir
avec Lorcet, plus srement  cause de la sduction de Daams et de l'atmosphre
subtilement rotique cre par la tenue suggestive des serveuses, c'tait un
dsir charnel de plus en plus prcis qui se cristallisait au bas de son ventre.

        L'Anglais, encore qu'il s'exprimt dans un franais trs convenable, ne
lui posait aucune question. Lorcet se gardait de faire allusion au motif de
leur runion. Et les deux hommes vitaient pareillement tout sujet de
conversation qui put se rapporter  la nature de leurs relations.

        Lorcet acheva ses petits beignets de banane flambs  l'alcool de riz,
affecta de consulter sa montre d'un geste machinal, et se dclara tout soudain
press.

-       Vous voudrez bien m'excuser de vous quitter si tt, mais je dois
partir, dit-il en se levant de table. De toute faon, ma chre Vulfrane, mon
rle se bornait  vous prsenter  notre ami. L'entretien que celui-ci souhaite
avoir avec vous ne me regarde pas. Je vous tlphonerai, plus tard.

        Stephen Daams attendit qu'il ft sorti de la salle, non sans avoir
rgl l'addition  la caisse, remplit les coupes avec la dernire bouteille
reste pleine aux trois-quarts, leva la sienne et proposa:

-       Commenons-nous par boire  notre collaboration?
        A ces mots, Vulfrane faillit lcher son verre.
-       Notre quoi? releva-t-elle sans tenter de cacher sa surprise.

        L'Anglais but une gorge en tmoignant d'un flegme tout britannique,
reposa sa coupe avec prcaution, puis fixa la jeune femme durant quelques
secondes.

-       Votre ami Lorcet ne vous a-t-il rien expliqu? questionna-t-il enfin.
-       Grard n'est pas rellement mon ami, dit Vulfrane. A la vrit, je ne
le connais qu'a peine. Nous ne nous sommes vus qu'une seule fois, il y a
environ deux mois de cela. Et puis, hier soir il m'a tlphon et m'a demand
comme une faveur de venir  ce rendez-vous. Tout  l'heure, avant que vous
n'arriviez, il m'a avou que vous dsiriez rencontrer une jeune femme franaise
et laiss entendre que vous seriez dispos  rtribuer celle-ci pour je ne sais
quel service. Rien de plus.
-       Ah!
-       Pourrais-je apprendre  prsent la raison de tout ce petit complot?
        Daams acquiesa d'un hochement de tte.
-       Sans doute. Avez-vous entendu parler des Services Internationaux de
Sauvegarde de l'Enfance?
-       Prcisment?... Non, je ne crois pas.
-       Eh bien, je ne vais pas vous infliger un cours sur les origines et le
fonctionnement de cette organisation qui a t cre voila une dizaine d'annes
dj, mais sachez qu'elle est le rsultat d'un accord pass entre la
quasi-totalit des pays nord-occidentaux, un ou deux tats d'Afrique, autant
d'Amrique du Sud et d'Asie du sud-est, ainsi que l'Australie...  peu de chose
prs. L'un de ses buts essentiels est la lutte contre l'achat ou l'enlvement
d'enfants qui, dresss  satisfaire les plus abjectes passions sexuelles, sont
ensuite revendus  prix d'or aux pervers du monde entier. Les S.I.S.E.
travaillent en collaboration avec la police des tats signataires, mais usent
de mthodes qui s'apparentent davantage  celles qu'emploient les services
secrets, surtout lorsqu'il y a ncessit d'intervenir dans des pays dont les
autorits affectent d'ignorer ce trafic ou, parfois mme, en raison de la
puissance politique ou financire des gens incrimins, le protgent d'une
manire plus ou moins occulte. Je suis, pour la Grande-Bretagne, responsable de
cette organisation. Toutefois, c'est fortuitement qu'au dbut de ce mois, 
l'occasion d'un cocktail, j'ai rencontr  Londres mon ami Lorcet que je
connais depuis longtemps. Nous sommes convenus de djeuner ensemble le
lendemain et, tout en mangeant, je lui ai fait part trs incidemment de
l'affaire qui m'occupe actuellement et me pose un problme. C'est alors que, me
surprenant un peu, il m'a dit qu'il tait sans doute en mesure de m'aider 
trouver une personne susceptible de m'apporter un prcieux concours. Hier au
soir, aprs vous avoir tlphon, il m'a appel, et j'ai pris ce matin le
premier avion pour Paris.

        Il fit une pause que Vulfrane se garda de troubler, but de nouveau et
reprit: - Voila donc de quoi il est question. Il y a de cela six semaines
environ, nous est parvenue  Londres, par l'intermdiaire des services de
police d'Edinburgh, une dnonciation anonyme. Cependant, il nous est impossible
d'engager une action sans dtenir de preuves formelles, et la qualit de ceux
qui seraient impliqus est telle que nous devons viter toute bavure et nous
montrer d'une grande prudence dans notre enqute. En effet, le personnage que
met en cause le dlateur n'tant rien moins que lord et cousin loign de Sa
Majest, il nous est difficile, ainsi d'ailleurs que cela arrive le plus
souvent, de procder  une enqute ouverte, laquelle se rvlerait dsastreuse
en cas d'erreur. Ds lors, le seul moyen d'investigations efficace qui nous
reste est de faire entrer dans la place, et sous une couverture approprie, un
ou plusieurs agents. Or, nous savons que l'pouse du suspect recherche,
notamment par annonces publies dans une certaine presse trs spcialise, une
lectrice parlant franais ou, mieux, de nationalit franaise, et qu'a ce jour
elle n'a trouv encore aucune candidate qui soit susceptible de la satisfaire.
C'est que, plus que de la distraire par une brillante conversation, la
postulante doit bien videmment tre dispose  savourer avec elle ces joies
intimes que certaines femmes aiment  se prodiguer mutuellement, non moins qu'
accepter avec docilit les privauts que le mari s'arrogera le droit de lui
imposer. Comprenez-vous bien ce que cela signifie et quelle opportunit s'offre
 nous?

        Vulfrane l'observa tout d'abord sans rpondre.

        Son moi charnel s'tait brusquement dissip, et un noeud lui crispait
l'estomac. Elle avait le sentiment que Lorcet l'avait pige et, de quelque
faon, mle  une affaire sordide  laquelle, du fait que des enfants taient
en cause, elle ne pourrait moralement refuser de participer.

        Ne redoutant plus dsormais de se griser, elle vida sa coupe d'un seul
trait.
-       Je comprends, murmura-t-elle ensuite. Mais ce que je saisis moins bien
en revanche, c'est l'exacte raison qui vous incite  me recruter au pied lev
et alors que vous ne savez rien de moi.

        Stephen Daams se mit  jouer distraitement avec le pied de sa coupe
tout en fixant les superbes yeux noirs de Vulfrane.
-       Dtrompez-vous, Mademoiselle de Sancray. J'en sais sur vous infiniment
plus que vous ne pensez, articula-t-il avec lenteur.
-       Comment cela?
-       Le plus simplement du monde. Durant notre djeuner  Londres, Lorcet
m'a fait une narration trs dtaille de la soire  laquelle vous et lui avez
particip. A la suite de cela, j'ai ordonn  mes agents de procder  une
enqute vous concernant.
        Vulfrane lui opposa un visage aux traits figs.
-       Vraiment? fit-elle d'un ton empreint de sarcasme glac. Et qu'avez-vous
appris d'intressant?
-       Tout! Les origines aristocratiques trs anciennes de votre famille
paternelle, la carrire assez brve de votre mre comme mannequin, son mariage
avec votre pre qu'elle a littralement fascin par son tourdissante beaut
nordique, votre naissance cinq ans plus tard, la qualit de vos tudes chez les
Dominicaines, puis  la facult des lettres de Dijon, votre matrise parfaite
des langues anglaise, allemande, italienne et espagnol, sans parler du latin et
du grec classique, le dcs brutal de votre mre dans un accident de la route,
les dplorables investissements boursiers de votre pre, sa ruine et son
suicide l'an pass, votre arrive  Paris et votre installation dans le grand
appartement du boulevard Saint-Germain, qui vous appartient, mais que vous
souhaitez vendre afin de pouvoir conserver votre manoir prs de Mirebeau,
auquel vous tenez beaucoup... qui a besoin d'importantes rfections que vous
n'avez pas les moyens d'entreprendre, les traductions que vous faites pour
gagner votre vie, vos talents de danseuse et de pianiste, vos minentes
qualits de cavalire et mme d'cuyre...
-       Nombreux sont les gens qui en savent tout autant, l'interrompit-elle.
-       Assurment, convint Daams sans de nouveau trahir aucun trouble.
Mais ils sont bien moins  connatre l'identit de votre premier amant,
camarade de facult, dsormais professeur d'Histoire  Sens, mari et pre d'un
petit garon, qui a conquis votre pucelage par un bel aprs-midi de mai que
vous avez choisi de passer ensemble dans une chambre d'htel, puis des sept
autres hommes avec qui vous avez eu des liaisons passagres, sans compter ce
cher Lorcet, lequel ne vous a possde que le temps d'une treinte. Combien
sont informs de votre got prononc pour la lingerie frivole et les vtements
coteux, probablement hrit de votre mre? Combien sont au fait de vos
brusques audaces lorsqu'un homme vient  vous plaire, mais aussi de vos pudeurs
de couventine toute imprgne de principes? Et nombre de choses plus intimes
encore!
-       Vous m'intriguez, s'effora de railler Vulfrane.
-       Voulez-vous des exemples?
-       Dites!
        Stephen Daams fit une nouvelle pause silencieuse, hocha la tte, puis
vita ostensiblement de porter ses regards sur le buste de la jeune femme.
-       Eh bien, concernant le vestimentaire d'abord, vous affectionnez pour la
ville les corsages et les jupes plutt que les robes; vous ne portez gure de
pantalons et pas de collants, mais seulement des bas, trs fins, gnralement
de couleur grise ou noire; vous ne vous chaussez jamais que de talons hauts;
enfin vous avez une prfrence marque pour les dessous en dentelle, et la
plupart de vos slips sont de dimensions restreintes. Concernant vos attraits
ensuite, vous faites cent cinq de tour de poitrine, soixante et un de tour de
taille et quatre-vingt-douze de tour de hanches, mesurez un mtre
soixante-douze et pesez cinquante-huit kilos; vos seins sont en forme de
poires, avec de gros mamelons bulbeux, brun trs sombre, et des pointes
fortement saillantes; votre toison intime tait du mme blond ple que vos
cheveux, soyeuse et boucle, mais peu de gens l'ont vue car elle est
intgralement pile, et vous avez un grain de beaut plac immdiatement sous
le sexe. Concernant vos aptitudes rotiques enfin, tous vos amants s'accordent
pour dire que vous avez une nature trs ardente, torride affirme l'un d'eux,
qui prcise encore que le plaisir vous fait oublier votre rserve; vous tes
capable de jouir de nombreuses fois de suite et n'tes pas des plus faciles 
assouvir, mais, quoique aimant les caresses anales, vous refusez avec
obstination de vous laisser sodomiser; vous adorez que l'on vous excite
longuement le bout des seins, souvent mme assez durement, et ne dtestez
nullement la fesse... voire, selon notre cher ami Lorcet, les brlantes
cingles du martinet, acheva-t-il en baissant le ton et relevant la tte pour
fixer de nouveau son interlocutrice dans les yeux.
        Vulfrane avait rougi jusqu' la racine des cheveux.
-       Et cela vous fait fantasmer, non? crna-t-elle.
        Daams sourit.
-       Un peu, avoua-t-il.
-       Alors, qu'attendez-vous de moi exactement?
-       Que vous acceptiez de vous faire engager comme lectrice prtendue, mais
partenaire sexuelle certaine, par les personnes en question, puis, en vous
prtant de bon gr aux fantaisies de la dame comme  celle du mari, que vous
tentiez d'apprendre si oui ou non des enfants sont squestrs, maltraits et
contraints par eux  des actes que rprouvent non seulement la loi, mais la
plus lmentaire morale.

-       Pourquoi ne pas faire appel  l'une des James Bond Girls de vos
services ou bien  une call-girl? objecta Vulfrane. Vous ne pouvez ignorer,
puisque manifestement vous savez tout, que je n'ai pas  mon actif la moindre
exprience des amours lesbiennes et que, de surcrot, je suis trs loin
d'prouver une quelconque attirance pour les femmes!

-       Certes, mais vous tes curieuse, et la lady a la rputation d'aimer
faire des conversions. En outre, une professionnelle du renseignement ou de
l'rotisme ne saurait rester parfaitement naturelle ni non plus avoir toute la
spontanit ncessaire pour tre crdible si, d'aventure, notre lord lui
suggrait de se soumettre  de petites sances de flagellation passionnelle
afin de corser d'ventuelles parties de jambes en l'air. En une telle
occurrence, l'amateurisme est difficile  imiter.

        Vulfrane eut la sensation soudaine que des doigts d'acier se
saisissaient du noeud form  la place de mon estomac pour le triturer en tous
sens. Elle inspira  pleins poumons, expira lentement, puis vida une fois de
plus sa coupe que Daams avait remplie.

-       Vous plaisantez? suggra-t-elle aprs cela.

-       Pas du tout! nia Daams. La meilleure preuve de mon srieux est que je
suis prt  vous verser trente mille francs  titre d'avance avant que vous ne
quittiez la France, et cinquante mille autres ds la fin de votre mission, quel
que soit son rsultat.

-       Autant dire que pour une pareille somme vous me commandez de me laisser
violer et dchirer toute vive  coups de fouet par ce furieux!
-       Voyons, ne versez pas dans le mlodrame! D'abord je ne vous demande que
de regarder et d'couter, voire de fureter un peu ici et l, mais sans jamais
courir le risque de vous faire dmasquer. Ensuite, le lord est sans nul doute
un adepte de la domination et de la flagellation rotique des femmes,
probablement aussi un trafiquant d'enfants, mais certainement pas un sadique
pouvant aller jusqu'au meurtre sexuel! Enfin, trois de mes agents veilleront
discrtement et se relaieront en permanence autour du chteau. Vous aurez la
facult de communiquer chaque jour  heure fixe avec l'un d'eux, selon une
procdure gestuelle simple et prcise. Ds que vous ferez savoir que vous avez
la preuve de la culpabilit des suspects, ou si vous venez  ne pas vous
manifester lors de deux contacts successifs, nous interviendrons d'une manire
ou d'une autre, selon les circonstances.

-       Cela me fera une belle jambe si je suis dj en petits morceaux!
rtorqua Vulfrane.

-       Vous refusez?

-       Je n'ai pas dit cela. Mais qu'arrivera-t-il si, en dpit de ce que vous
pensez, votre lord dcouvre que je ne suis pas exactement celle que je prtends
tre?
-       Vous devrez nier, nier le plus longtemps possible! Vous ne possderez
aucun document ni objet pouvant vous trahir, et, non moins que la remarquable
candeur de vos traits, laquelle vous ferait donner le bon Dieu sans confession,
vos appas et votre charme seront alors vos meilleurs atouts.

-       L'homme peut nanmoins s'entter dans ses soupons et me soumettre  un
interrogatoire en rgle, user de certains moyens de persuasion auxquels je
doute d'tre en mesure rsister bien longtemps.

-       Dans une telle ventualit, et seulement si votre situation tendait 
devenir critique, vous diriez alors que vous appartenez  Interpol, que le
chteau est sous surveillance policire constante, mais vous interdiriez de
mentionner vos relations avec les S.I.S.E. et moi-mme. De toutes faons nous
vous dsavouerions et, dans le cas o aucune preuve ne pourrait tre retenue
contre les suspects, vous seriez considre comme ayant agi de votre seul gr.

        Vulfrane montra sa coupe vide.
-       Reste-t-il un peu de champagne?

-       Hlas, non!

-       Cela aussi est fcheux, car j'ai la furieuse envie de noyer, dans les
vapeurs de l'ivresse, la dmoniaque alternative  laquelle vous me
confrontez... Mais  la fin, pourquoi moi? Vous ne me ferez jamais croire que
je suis la seule chvre  qui vous avez song!
        Le terme fit sourire Stephen Daams.

-       Non, vous n'tes pas la seule, admit-il. Cependant je ne vous
apprendrai rien en vous disant que si votre visage est celui d'une toute jeune
fille, vos attraits sont ceux d'une femme clatante de sensualit. Je pense
donc que cette sduction contraste, associe  votre temprament et votre got
pour les volupts quelque peu perverses, vous fera plaire aussi bien  la femme
qu'au mari.

-       C'est bon, j'accepte, soupira Vulfrane. Mais je le fais non parce que
je suis sensible  votre hypocrite et discutable flatterie, mais uniquement
parce que des enfants sont peut-tre en danger... et que le manoir de mes pres
a vraiment l'urgent besoin d'tre restaur.

-       Quelles que soient vos motivations, je vous sais gr de m'apporter
votre aide et vous promets de faire en sorte que vous n'ayez pas  le
regretter.
        Demain, je vous verserai la somme convenue et nous prendrons le jour
suivant le premier vol pour Londres. L-bas, nous tudierons trs soigneusement
tous les dtails de notre collaboration. A prsent, dsirez-vous que nous
allions boire un dernier verre quelque part?

-       Non, merci, je prfre rentrer chez moi.

-       J'ai lou une automobile, voulez-vous que je vous raccompagne ou bien
avez- vous votre propre vhicule?

        Vulfrane hocha ngativement la tte.

-       Je ne me dplace que rarement dans Paris avec ma voiture personnelle et
privilgie de beaucoup le bus ou le Mtro.

        Quelques instants aprs, elle permit  l'Anglais de l'aider  enfiler
sa fourrure et de la prendre par le bras pour l'entraner  l'extrieur.

        A la vue de la Daimler bleu cobalt stationne  quelques dizaines de
pas du
"Mandarin Pourpre", elle se fit la rflexion que, mme  l'tranger, Stephen
Daams restait apparemment trs soucieux de son britannisme et fidle  ses
habitudes d'un confort luxueux!


CHAPITRE DEUXIEME

        Vulfrane fit stopper Stephen Daams devant l'entre de l'immeuble o
elle avait son appartement.

        Ils n'avaient  peu prs rien dit l'un et l'autre durant le trajet.
Dans le moment de se sparer, ils se regardrent en silence.
        La jeune femme n'eut aucune difficult  lire dans les yeux de son
compagnon la vive convoitise qu'elle lui faisait prouver. Puis elle se demanda
si celui-ci interprtait pareillement son regard. Entre les pans de sa fourrure
ouverte, au-del de l'ourlet de sa jupe troite lgrement releve sur ses
cuisses, ses bas de nylon glac luisaient doucement sous la lumire blanche du
proche lampadaire qui clairait l'intrieur de la voiture. Daams avana une
main timide, la posa sur le ct de son genou droit. Elle le sentit qui
hsitait  lancer les doigts vers des hauteurs tides et plus allchantes.
Alors, sans prononcer un mot, fermant les paupires, elle inclina le buste et
offrit sa bouche.

        Il souda les lvres aux siennes et lui imposa tout de suite un baiser
plein de fougue, qui fit renatre en quelques secondes dans son tre l'moi que
la gravit de leur entretien au restaurant avait dissip, rveilla ses sens et
embrasa spontanment sa chair intime.

        Gagn par la passion, Daams enlaa d'un bras les paules de Vulfrane
pour l'attirer davantage vers lui, et sa main remonta lentement sur le bas en
le faisant un peu crisser, s'insinua sous le tissu tendu de la jupe, atteignit
la lisire du nylon, joua avec la pince de la jarretelle, effleura le satin de
la peau nue, puis se glissa entre les cuisses jointes mais non pas serres.
        Vulfrane ne ragit qu'a l'instant o un doigt lui caressa le sexe 
travers l'entrejambes de sa culotte, pesa sur son clitoris et lui procura la
sensation de recevoir une petite dcharge lectrique en plein pubis. Elle se
contracta, serra les cuisses afin de s'opposer  la prolongation de la caresse
bouleversante, fractura le baiser, saisit le bras de Daams avec fermet pour le
repousser, redressa le buste et, les lvres gonfles de sensualit, lgrement
haletante, murmura:
-       Je vous en prie... Pas comme a... Pas ici... Pas dans cette voiture...
        L'Anglais retira sa main sans insister.
-       Je n'ai pas envie de rentrer  mon htel ni non plus de vous quitter
ainsi, dit-il nanmoins.
        Cette faon de traduire le dsir qu'il avait de lui faire l'amour amusa
Vulfrane.
-       Pourquoi? taquina-t-elle en lissant le tissu de sa jupe du plat de la
main.
        Parce que vous n'avez personne avec qui dormir ou bien plutt parce que
vous voulez coucher absolument avec moi?
-       Je crains que les circonstances ne se prtent plus gure  l'aveu de ce
que je souhaite prcisment.
-       Vous croyez?
-       Hors du contexte, vous risqueriez de vous choquer.
-       Dites toujours!
-       Eh bien, j'aimerais obtenir par moi-mme la preuve irrfutable de votre
got pour la fesse.

        Vulfrane ne s'attendait pas  une rponse de cette sorte. Elle en resta
d'abord bouche be et les yeux agrandis de surprise.
-       Vous voyez, reprit Daams, je vous ai choque.
        Sans rpliquer, elle ouvrit sa portire avec calme et descendit de la
voiture.
        Il ne pleuvait plus, mais le froid s'tait fait piquant. Sur le bord du
trottoir, elle s'enveloppa frileusement dans sa fourrure, demeura durant
quelques secondes immobile, comme ne sachant se dcider, puis elle se retourna
lentement et se pencha pour regarder Daams qui, au volant, n'avait pas boug.
-       Venez, dit-elle simplement.

        Ensuite, elle claqua la portire et, en sentant ses seins se gonfler
d'un dsir qui allait une fois encore vaincre sa pudeur, se mit seule  marcher
vers l'entre de son immeuble.

        Ayant prcd Stephen Daams hors de l'ascenseur et glissant sa clef
dans la serrure, Vulfrane entendit la sonnerie striduler  l'intrieur de son
appartement.
        Il tait presque deux heures du matin.
        Elle se demanda qui pouvait bien l'appeler au beau milieu de la nuit,
puis se rappela soudain les derniers mots de Grard Lorcet.
        La porte ouverte, laissant  son compagnon le soin de la refermer, elle
prit tout de mme le temps de se dbarrasser dans le vestibule de son sac 
main, de sa toque et de son manteau, puis passa en hte dans le salon pour se
laisser tomber sur le canap de vieux cuir prs duquel tait le guridon bas
supportant, avec une lampe  gros pied d'onyx et abat-jour de parchemin qu'elle
alluma, l'appareil ivoirin du tlphone.

        Elle dcrocha. Mais, constatant que Daams hsitait sur le seuil de la
pice, elle plaqua le combin contre sa poitrine et souffla:
-       Installez-vous! Si vous dsirez boire un verre, ne vous gnez pas.
Soulevez le couvercle du coffre, l, et servez-vous.
        Puis, dans un mouvement de tte exquis, qui rejeta sa chevelure sur le
ct gauche, elle porta l'couteur  son oreille.
-       All?... Vulfrane? demanda la voix de Lorcet.
-       Qui voudriez-vous que ce ft d'autre? rit-elle. Ne dormez-vous donc
jamais?
-       A entendre le timbre de votre voix, je parierais  coup sr que vous ne
dormiez pas non plus! J'essaie de vous joindre depuis une heure!
-       Je rentre  la seconde.
-       Alors? La conversation de Daams vous a intresse?
-       Plus ou moins.
-       Vous tes bien mystrieuse.
-       Je vous retourne l'expression, mon cher! Ne vous tes-vous pas gard de
me faire part de ce que vous lui aviez dit concernant ma vie prive et,
pareillement, de ce rle qu'il comptait me proposer dans cette affaire dont
vous tiez parfaitement inform!

        Lorcet clata de rire.
-       J'espre, reprit-il, que vous me fournirez quelque prochain jour une
occasion de me faire pardonner. Vous avez accept?

-       Oui, mais je n'aurais pas d, et je le regrette dj!
-       Je n'en crois pas un mot. Je suis certain que vous allez vous en tirer
trs bien et que, tout cela fini, vous me remercierez.

-       Dieu vous entende!
        Stephen Daams s'tait assis en face de Vulfrane et, ddaignant l'offre
qu'elle lui avait faite de se servir  boire, la regardait intensment.
        De nouveau, elle le vit admirer le galbe de ses jambes gaines de voile
noir arachnen, la rondeur de ses genoux sur laquelle le nylon se tendait
davantage et brillait, la naissance de ses cuisses, leurs fuseaux sous sa jupe
troite qui plissait au bas de son ventre, et se rendit compte qu'il dcouvrait
seulement en cet instant certains des charmes de son corps, que ses vtements
laissaient discerner pour peu que l'on st la regarder.
        Sous son chemisier de crpe blanc et translucide, la dentelle diaphane
de son soutien-gorge enveloppant les opulents reliefs de sa poitrine, elle
savait que la pointe charnue de ses seins se dardait au milieu de la sombre
circonfrence de ses auroles transparaissant en un flou suggestif.
        Alors, gouverne soudain par l'un de ces lans de hardiesse
incontrlables auxquels l'agent anglais avait fait allusion, elle croisa haut
les jambes et, tout en poursuivant sa conversation avec Grard Lorcet comme si
de rien n'tait, continua d'lever peu  peu sa cuisse chevauchante, mais en
prenant soin de la conserver de biais devant elle, jusqu' poser le pied sur le
bord du canap et avoir la certitude que, de la sorte, avec sa jupe remonte,
se rvlait par-dessous, et au del de la lisire de son bas tir par la
jarretelle, un peu de sa peau nue.

        Le bleu des yeux de Daams se mit  briller, et ses lvres frmirent
imperceptiblement.

-       Vous n'tes pas seule, devina brusquement Lorcet. Il est avec vous,
n'est-ce- pas?
        Il sembla  Vulfrane que la voix trahissait un peu de dpit.
-       En effet, reconnut-elle en commenant  dfaire un  un les boutons de
son chemisier.
-       I1 vous plat?
-       Plus que cela! Il est beau, il me dsire, et j'ai follement envie qu'il
me fasse l'amour.

        Ayant de la sorte inform indirectement Daams de sa volont de se
donner  lui, elle acheva de dboutonner son chemisier, mais sans l'ouvrir trop
largement sur sa poitrine.

        Il y eut un temps de silence  l'autre bout du fil, puis la voix tendue
de Lorcet demanda:
-       Vous tes nue?

        Vulfrane regarda Stephen Daams, qui ne la quittait pas des yeux, se
leva, inclina la tte pour coincer le combin entre son oreille et son paule,
dgrafa la ceinture de sa jupe, baissa la petite fermeture Eclair sur ses
reins, et fit coulisser le vtement sur ses hanches. La doublure de soie crissa
doucement sur ses bas, et une onde de volupt l'agita d'un bref frisson.
Le tissu glissa le long de ses jambes. Elle se dgagea les pieds l'un aprs
l'autre afin de s'en dbarrasser compltement.

-       Non... Je viens juste d'ter ma jupe et suis prte  enlever mon
corsage, prcisa-t-elle avec une pointe de malice. Aussi, mon cher Grard,
comme j'ai besoin de mes deux mains pour achever mon effeuillage, je vais
devoir mettre un terme  notre conversation.

-       J'aimerais me joindre  vous. A trois, ce serait formidable, non?
-       Non, Grard, non! refusa-t-elle prcipitamment. Je vous en prie, ne
venez pas. Comprenez, je ne me sens pas du tout prte  tenter ce genre
d'exprience.
-       Cela a cependant failli vous arriver, la dernire fois.
-       Peut-tre, mais cela ne s'est pas fait... Et puis, je vous le rpte,
j'avais trop bu.

-       Pourrons-nous au moins nous revoir avant que vous ne partiez?
-       Je ne le pense pas, non. Je prends l'avion ds aprs-demain, et je dois
prparer mes bagages.
-       Je le regrette, Vulfrane, dplora Lorcet d'un ton lgrement amer.
Passez tout de mme une bonne nuit, et acceptez tous mes voeux pour que vous
russisse ce que vous allez entreprendre!
        Elle n'eut pas le temps de le remercier; un dclic sec lui apprit que
la communication tait coupe.
        Elle raccrocha  son tour en soupirant et se tourna vers Daams, qutant
un commentaire, voire une espce d'approbation.
        Ce dernier demeura impassible et silencieux.
        Alors elle dboutonna les poignets de son corsage et le retira.
        Debout, grandie par les hauts talons effils de ses escarpins, qui
mettaient admirablement en valeur la longueur de ses jambes, elle n'avait plus
sur elle que son soutien-gorge aux bonnets de voile et une petite culotte
flottante borde d'un galon de dentelle, sous laquelle se discernait son
porte-jarretelles, ainsi que ses bas noirs contrastant avec la blancheur de ses
sous-vtements.
-       Vous pouvez constater que vos agents peuvent se tromper, dit-elle avec
un regard de dfi. Contrairement  leurs affirmations, je ne porte pas
seulement que des slips triqus!
        Puis elle dgrafa son soutien-gorge et se dnuda le buste.
-       Mes seins sont-ils conformes  ce qu'en disent vos rapports?
        Sans rpondre, Daams dglutit avec difficult  la vue des deux
opulentes poires vibrant et tendant vers lui les fortes pointes de leurs
mamelons protubrants, singulirement sombres pour une blonde.

        Ses yeux de jais et sa poitrine taient bien les seuls charmes que
Vulfrane n'avait pas hrits de sa mre. Elle ne savait  quelles lointaines
ascendances latino- hispaniques elle devait la tnbreuse profondeur de son
regard et la pigmentation brun fonc de ses mamelons, mais l'une et l'autre
taient en opposition flagrante avec la pleur de sa carnation et la blondeur
scandinave de ses cheveux.
        Sous la soie de sa culotte, elle sentit comme une haleine torride
souffler sur son pubis glabre et chauffer son intimit.

        Passant sa langue sur ses lvres, elle joua un bref instant avec ses
jarretelles, remonta peu  peu les mains vers la fine ceinture de la lingerie,
glissa les doigts sous l'lastique, dgagea le sous-vtement de sa taille et le
baissa sur ses hanches avec une lenteur exasprante.

-       Le grain de beaut sera-t-il  sa place? railla-t-elle encore en
projetant son pubis en avant.

        Elle roula le linge intime sur ses cuisses, puis se rassit au milieu du
canap pour achever de l'enlever compltement.

        Stephen Daams semblait littralement paralys sur son sige.

        Il fixait tour  tour l'impressionnante poitrine, la peau lisse et ple
du pubis et, tout aussi dpourvus de pilosit intime, entre les cuisses
lgrement disjointes de la jeune femme, les deux grands ourlets charnus du
sexe qui pulsaient et laissaient suinter un dsir bien fminin. Mais, quoique
ce spectacle l'excitt de seconde en seconde davantage, que ses lvres
tremblassent de l'apptit qu'il avait d'embrasser cette bouche sexuelle qui le
provoquait non sans insolence, il restait immobile. Sous son pantalon, sa
virilit se gonflait par saccades et faisait une bosse obscne qui ne cessait
de crotre en importance.

        Vulfrane bougea discrtement sur son canap et, en se souvenant des
allusions de l'Anglais  propos de ses expriences de la fesse et de la
flagellation, se remmorant les sensations connues par sa chair sous les lacets
de cuir cinglants, frotta ses fesses nues sur les asprits du vieux cuir
craquel pour se prodiguer un insidieux et dlectable moi.

        C'tait la toute premire fois qu'elle jouait ainsi  aiguiser le dsir
d'un homme, qu'elle se livrait  un lent et audacieux strip-tease. Avec ses
escarpins et ses bas, son porte-jarretelles dont la courbe borde de dentelle
fine dessinait sur son ventre une arcade rendant plus attractive la totale -
puisqu'imberbe - nudit de sa fminit, elle se sentait d'une perverse
indcence en mme temps que follement excitante.

        Sans doute le champagne tait-il, pour une grande part, responsable de
son impudique hardiesse!

        Dconcerte autant que secrtement ravie par cette trange et
persistante paralysie de Daams, quand celui-ci paraissait tout  l'heure
tellement sr de lui et de son ascendant sur les femmes, prouvant
l'irrsistible envie d'accentuer l'indcision momentane du mle tenu sous
l'empire de ses attraits, elle dtacha ses bas des pinces des jarretelles, se
dlivra la taille de la ceinture, puis carta lentement les jambes, assez pour
que les paisses lvres saumones de sa vulve s'entrouvrissent et rvlassent
ses nymphes corallines luisantes d'humidit.
        Cette fois, surmontant le dpart du sillon ombreux de sa croupe, ce
grain de beaut dont elle ne pouvait faire tat en public tait parfaitement
visible.
        L'Anglais n'osa aucun mouvement.
        Son envie de la jeune femme perlait sur son front, brlait au fond de
ses pupilles dilates, tressaillait au bord de ses lvres, tremblait au bout de
ses doigts, palpitait sous son pantalon.
        La passivit contemplative de cet homme mur qui, en face d'elle,
manifestement impressionn et rendu timide comme un jeune puceau voyant une
femme se dshabiller et s'offrir  lui la premire fois, avait pour Vulfrane
quelque chose de flatteur et de grisant, qui l'exaltait et l'incitait  toutes
les audaces.
        Elle se dchaussa, leva la jambe droite, posa de nouveau le pied sur le
cuir, roula son bas jusqu' sa cheville pour l'ter, recommena les mmes
gestes pour dnuder sa jambe gauche, et, nue tout entire enfin, ne pouvant
interdire  un sournois rveil de sa pudeur de colorer dlicieusement ses
joues, ouvrit largement les cuisses en fixant intensment l'objet de son dsir.
-       Venez m'embrasser, murmura-t-elle sourdement.

        Palpitant de l'intense excitation qu'elle prouvait  s'exhiber de la
sorte aux yeux d'un homme presque inconnu, mais qu'elle dsirait  prsent de
tout son tre, elle ferma les yeux  demi.


CHAPITRE TROISIEME

        Stephen Daams se fascina pendant quelques secondes encore de
l'tourdissante nudit de la jeune femme, dont la singulire juvnilit des
traits et les joues empourpres de confusion semblaient dmentir l'offrande
impudique, et, sans prononcer une parole, abandonna son fauteuil pour retirer
sa veste, ter sa cravate et s'avancer vers elle.
        Le regard filtrant entre ses longs cils recourbs, dont il arrivait
qu'on lui demandt s'ils n'taient pas faux, Vulfrane le vit tomber  genoux
dans l'ouverture de ses jambes, incliner le buste pour approcher le visage de
son ventre, coller les lvres  la pulpe brlante de sa fminit, et, quand
elle l'avait invit  baiser sa bouche, tressaillit de toute sa chair  le
sentir embrasser son sexe avec une fivreuse avidit.

-       Stephen! gmit-elle en tendant son pubis, surprise par un tel
enthousiasme, une si vive gourmandise.

        Tous ses amants,  un moment ou un autre, avaient exig d'elle cette
intime caresse, mais ils n'taient que deux  la lui avoir prodigue. Encore!
        Aucun de ces deux-l ne l'avait fait avec une telle spontanit ni
avant qu'il ne l'et treinte plusieurs fois!

        Ivre d'elle, Daams la gota de la langue, dgusta la saillie de son
bouton d'amour, s'abreuva  la source de son tre.
        Vulfrane le laissa lui replier les jambes et poser ses talons sur le
bord du canap afin que, de la sorte, elle s'offrt mieux encore. Des deux
mains, il remodela ses hanches et ventousa la bouche aux ptales ouverts de son
vagin.
        Elle ne s'excita que davantage de sentir pntrer en elle la chaleur du
souffle masculin, et la langue qui commena  aller et venir  l'ore de sa
vulve, qui lcha la crte rige de son clitoris, qui fit couler sa sve,
enflamma irrsistiblement son bas- ventre.
        Une fois de plus, elle redevenait dpendante de ses sens, esclave
totale de son ardente nature, captive de ses fantasmes, et rpondait  la
caresse en s'agitant spasmodiquement sur le cuir humide de sa sueur, brlant
d'instant en instant plus intensment de la fivre qui ne cessait de crotre au
fond de ses reins.

        Puis elle sentit l'orgasme se cristalliser, son clitoris tre proie
d'une intumescence semblable  une rection, les parois de son vagin librer
une lave qui la rongea tel un acide et les pointes dresses de ses seins durcir
comme pierre.
-       Non! Non! refusa-t-elle quand un spasme prcurseur la secoua.
        Mais, sous l'empire de son excitation extrme, le mle persista sans
paratre l'entendre.

        La jouissance tait prte  clater en elle comme un coup de tonnerre.

-       Arrte! gmit-elle en lui repoussant le visage avec douceur. J'ai envie
que tu entres et vives en moi, que tu me serres dans tes bras, que tu me
prennes de toutes tes forces...

        Stephen se redressa, dboucla sa ceinture, dgrafa son pantalon, le
baissa sur ses cuisses en mme temps que son slip. Libre, sa verge s'rigea
plus encore, oscilla au bas de son abdomen, tendant en avant son gland gorg de
sang et presque mauve. Puis, sans plus se dvtir, il enlaa la jeune femme
pour l'attirer sur la moquette et se coucher sur elle.

        Les cuisses largement cartes, Vulfrane le guida elle-mme vers la
bance de son sexe qui ne convoitait que de le recevoir.

-       Oui!... Oui! rla-t-elle en se cambrant. Oh, oui! Prends-moi!...
Prends-moi toute!

        Elle renversa la tte en arrire pour offrir sa gorge, sa poitrine, son
ventre  la bouche, aux mains, au membre virils qui s'emparrent de son corps
avec passion. Ses hanches et son bassin roulrent; sa vulve et son vagin
s'ouvrirent  la colonne de chair qui l'occupa pleinement; ses gros seins
s'crasrent sur le torse puissant. Et dans l'instant elle prouva une fois de
plus cette enivrante sensation de recevoir la vie de son amant, de ne former
avec lui qu'une seule crature conue dans le but unique de rinventer la
plnitude voluptueuse.
        La verge raidie par le dsir se mit  la forer,  la pilonner, 
l'ventrer de violents coups de boutoir. Elle crispa les fesses et jeta son
pubis au-devant du pnis pour qu'il la pntrt plus profondment encore, se
contracta davantage afin de mieux savourer l'intime possession de l'paisseur
virile allant et venant dans son tre, la forant de plus en plus furieusement,
qui lui arracha bientt des hoquets d'extase quand le gland heurta  chaque
lan l'entre de sa matrice.

        Ils avaient trop envie l'un de l'autre pour moduler la monte de leur
plaisir, contenir l'orgasme qui se communiquait  toute leur chair et les
dbordait.
-       Je vais jouir! gronda Stephen.

-       Oui!... Oui!... Maintenant! bredouilla Vulfrane en l'enserrant des
jambes et des bras, en s'accrochant  lui comme si, tout soudain, elle avait la
hantise de le perdre.

        Ils s'abandonnrent totalement au plaisir qui les envahit, les
submergea d'une vague gigantesque et les roula dans les tourbillons d'un
ouragan dchan. Ils n'existrent plus que par leurs sexes chevills l'un 
l'autre et palpitrent des spasmes dflagrant au coeur de leurs entrailles.
        Ils jouirent, ensemble, perdument.

        Stephen avait remis de l'ordre dans ses vtements et gotait le whisky
de Vulfrane quand, une serviette noue en paro au-dessus des seins, celle-ci
revint de la salle de bains. Acquiesant  la muette invitation de la jeune
femme, il posa son verre, prit la main qu'elle lui tendait et se laissa
entraner par elle en direction de la chambre  coucher. L, frmissante d'un
violent regain de dsir, elle noua les mains sur sa nuque et, dresse sur la
pointe des pieds, couvrit ses lvres de petits baisers.
-       Encore!... Faisons encore l'amour! mendia-t-elle.

-       Vous voyez bien que mes renseignements ne sont pas si mauvais,
taquina-t-il. Vous n'tes manifestement pas de celles qu'une treinte peut
satisfaire!
        Vulfrane fit la moue, se dtacha du cou de Stephen afin de se
dpouiller de la serviette, puis l'enlaa de nouveau pour se coller  lui plus
troitement et le provoquer de toute l'loquence lascive de ses charmes
dnuds.
-       Vous n'avez plus envie de moi? demanda-t-elle.
        Dans sa voix perait la dception.
-       Il faudrait pour cela que je fusse fait de marbre, sourit-il en lui
ptrissant les fesses.
        Sans hte, avec la volont de graduer le plaisir de la dcouverte de
son corps, de la sensibilit de sa peau, de l'indcence du dsir qu'il avait
d'elle, elle le dvtit tout en le comblant de caresses de plus en plus
audacieuses. Il venait de la prendre sans presque se dshabiller. Elle n'avait
pas joui de sentir frmir son piderme, irradier sa chaleur de mle, ruisseler
sa sueur odorante... Elle avait soif et faim de lui.
        Il la laissa faire comme elle en avait envie. Quand il fut nu
totalement, il consentit encore  ce qu'elle l'admirt longuement. Sous les
regards hardis de cette femme au visage d'adolescente, aux appas dignes d'une
antique desse de la fcondit, qui le dtaillait avec insistance, sa virilit,
agite de petits spasmes, se cambra davantage.
-       Vous me mettez au supplice, dit-il aprs quelques instants.
        Vulfrane se mordilla les lvres afin de rprimer un sourire.
-       Je n'en crois rien! rpliqua-t-elle enfin. Je suis mme certaine que
cela vous plat de vous exhiber de la sorte, parce que vous savez pertinemment
que je suis loin d'tre insensible  ce que vous me faites voir.
        Il se rapprocha d'elle et lui caressa les seins.

-       Il est ais d'en avoir la preuve, murmura-t-il en insrant une main
entre ses cuisses pour empaumer son sexe.

        Elle se prta d'abord  la caresse, puis, alors que les doigts
cherchaient  s'enfoncer dans sa fminit, et comme cdant  un nouveau sursaut
de pudeur, elle se dgagea pour reculer jusqu'au lit sur lequel elle
s'allongea, les jambes serres et les mains jointes sur son pubis. Mais la
flamme de dsir allume au fond de son tre faisait luire ses yeux d'un clat
fivreux et sourdre l'humidit de sa chair.

        Stephen la rejoignit sur la couche.

-       Tu es trop belle et tu me rends fou, murmura-t-il en retrouvant
d'instinct le tutoiement de l'intimit.

        Tout  la fois, il lui couvrit le sein droit d'une main, captura son
mamelon gauche de la bouche et glissa l'autre main sous les siennes pour
ptrir, mordiller et sucer sa poitrine, masser les lvres de sa vulve, faire
clore son clitoris et creuser sa fminit du bout des doigts.

        Sous la triple caresse, Vulfrane eut la sensation que la flamme brlant
dans ses reins se transformait en incendie. Elle se mit  rouler
langoureusement sur le lit, ses cuisses s'ouvrirent, sa peau se moira de sueur
et son vagin ruissela.
-       Plus fort sur mes seins! Plus fort! rclama-t-elle en rlant de
volupt. Serre- moi les bouts! Pince-moi! Mords-moi si tu veux!... Oh, chri,
mords-moi!
        Tendre, mais gourmand de la nudit splendide livre sans retenue  son
caprice, Stephen accrut la pression de ses phalanges et de ses dents sur les
ttins rigs, dilats et durcis par la passion, en mme temps que, des ongles,
il pina, tira et roula le clitoris en le secouant  petits coups.
        Vulfrane cria aussitt en dcollant les fesses de la couche pour
s'arquer des paules aux talons.

        Mais avec de tels maux endurs par sa poitrine et son sexe, elle se
sentait prte  se reconnatre comme masochiste,  accepter n'importe quel
sadisme!
-       Ah! hoqueta-t-elle, je vais jouir!... Je vais...

        L'orgasme clata dans son tre comme une souffrance et la fit hurler.
Prise de frnsie, continuant  crier sa volupt, elle balana les hanches et
agita les seins afin d'accrotre la distorsion saccadante de son bouton
d'amour, le dlicieux tourment inflig  ses mamelons brlants par les doigts
et les dents de son amant qui lui obissait si bien.

        Cependant, l'onde de jouissance se rsorbant peu  peu, elle ne
supporta bientt plus la gloutonnerie de ce dernier et le repoussa.

-       Sauvage! Tu m'as suce et mordue jusqu'au sang, affecta-t-elle de
reprocher en voyant son ttin turgide et suant une humeur purpurine.
        Haletant, les lvres gonfles par son baiser avide Stephen se renversa
prs d'elle et demeura allong sur le dos.

-       J'adore tter, rit-il. J'ai ravag les mamelons de mes nourrices
jusqu' l'ge de quatre ans.

        Apaise, quoique encore toute palpitante du spasme qui venait de la
convulser, Vulfrane rampa sur le corps nu de son amant pour embrasser le
bourgeon tumescent de sa virilit.

-       Maintenant, je vais me venger, te tter moi aussi jusqu' te faire
hurler de plaisir, ronronna-t-elle en se caressant la joue de la rondeur
satine de la verge et refermant une main sous la masse testiculaire.

        Des lvres et de la langue, elle sollicita toute la longueur de la
hampe rigide, descendit vers la racine, effleura les poils frisottant sur les
bourses, qu'elle pressa et massa doucement, puis remonta avec lenteur jusqu'au
gland.

-       Toi, je vais te manger et te boire, susurra-t-elle au pnis
imprieusement rig.

-       S'il te plat, pas comme a, se plaignit Stephen. Je voudrais que tu te
retournes sur moi, tte-bche.

        Quand elle eut docilement obi, qu'elle eut repris sa verge  pleine
bouche, il contempla les mouvants reliefs sexuels que, de la sorte, elle
exhibait dans leur intgralit. Cuisses largement ouvertes, elle lui montrait
les profondeurs de son sexe bant, corallin et luisant. Nulle toison ne faisait
de l'ombre aux lvres de sa vulve d'o, de temps  autre, gouttait une perle
huileuse qu'il recueillait de la langue pour la savourer. Au sommet des longs
ptales un peu chiffonns de ses nymphes, carlate, le clitoris saillait
effrontment hors de son alvole. A l'oppos, bruntre, plisse, environne de
peau trs blanche que nul duvet ne drobait aux regards, sa fleur anale pulsait
imperceptiblement. Et puis il avait entre eux le grain de beaut, brun-noir,
qui suggrait une sorte de marque secrte.
        Gris par son capiteux et lourd parfum de femelle en chaleur, il cda 
ce spectacle excitant, embrassa avec fougue ses fesses tales au-dessus de
lui, colla la bouche  ses chairs les plus dlicatement sensibles, la fit
tressaillir en perant son plus troit orifice d'un doigt volontaire, mais ne
prolongea pas la pntration sotrique afin de mieux jouir des caresses dont
elle le comblait.
        Vulfrane ne dplora en rien qu'il lui accordt une trve.

        Des chos de son dernier orgasme la traversaient encore par instants.
Elle n'aurait pas support qu'il dvort son sexe comme il l'avait fait tout 
l'heure.

        A moins que...
        L'trange fantasme s'insinuait de nouveau dans son esprit. Elle
s'imaginait sur un lit avec les poignets et les chevilles serrs de liens,
cartele, ouverte, livre sans dfense  une douzaine de mles en rut,
caresse, ptrie, savoure, suce, mais aussi pince, mordue, claque,
fouette, prise de toutes parts enfin, malgr elle, et jouissant sans trve ni
rpit, jusqu' perdre la raison.
        En houlant lascivement de la croupe et frottant le bout
hypersensibilis de ses seins sur le ventre de Stephen, elle lui lcha la verge
en jouant  mouiller de salive le gland congestionn, toute la longueur de la
hampe tumescente, les testicules et mme,  son tour, la rose sombre de l'anus
qui, cdant  sa caresse audacieuse, palpita lgrement. Electrise par cette
incontrlable raction du mle, que le plaisir rendait vulnrable, elle remonta
vers le bourgeon viril pour le reprendre en entier dans sa bouche et le
tourmenter de la pointe de la langue. Puis elle le coina contre son palais
pour le sucer et le tter avec obstination.
        Du petit frisson qui mettait ses reins en vibration aux secousses qui
traversaient son abdomen, en passant par la dlectable brlure qui enflammait
l'extrmit de son sexe et la sensation d'crasement progressif de ses
testicules, Stephen n'tait plus qu'une suite de vives motions qui le menaient
inexorablement  l'orgasme.
        A deux ou trois reprises, dj, il s'tait cru sur le point d'jaculer.
        Mais Vulfrane devinait avec un instinct diabolique la tension soudaine
de la chair virile impatiente de la dlivrance. Alors elle calmait les spasmes
phalliques en cessant de mouvoir sa langue, relchait la pression de ses lvres
et inondait de salive le gland gorg de sang  clater. Aprs quelques secondes
d'inertie, elle recommenait  promener sa langue de la pointe jusqu' la
racine du membre apoplectique, l'engloutissait en le serrant lgrement entre
ses dents, puis le repoussait. Elle ne se bornait nullement  un simple
va-et-vient, mais entrouvrait les lvres pour glisser le long de la hampe,
plongeait en griffant des dents le plus bas possible, puis remontait avec une
torsion lascive de la bouche jusqu' ce que les plis de peau mobile vinssent
recouvrir la rondeur du gland. L, serrant de nouveau trs fort, sa bouche
repartait vers les testicules, tendait le prpuce, tranglait ou relchait tour
 tour la chair congestionne, massait  grands mouvements de langue ou agaait
de petits coups brefs, sans merci. Le priape semblait se dilater encore,
s'embraser. A chaque caresse, il tressaillait avec plus de violence contre son
palais.
-       Ah! ructa finalement Stephen, je n'en peux plus!
        Un irrpressible tremblement de ses muscles et de ses nerfs le secouait
de la tte aux pieds. Il ne se souvenait pas d'avoir jamais prouv d'aussi
puissantes sensations, d'avoir peru son sexe aussi rigide, ses testicules
aussi durs.
        Mais, bouche ancre  son pnis, Vulfrane exigeait un triomphe, une
reddition sans condition, jouissant de lui infliger le tourment de
l'jaculation sans cesse retarde.

        Elle adorait exploiter  outrance chez son amant de l'instant des
qualits viriles qui, invariablement, lui faisaient oublier celles du
prcdent. Chaque fois elle croyait aimer le nouveau plus que tous les autres,
esprait en jouir plus intensment. Aprs quelques mois ou quelques semaines,
quelques jours parfois, elle s'en lassait. L'un d'eux avait dit qu'elle tait
incapable de fidlit; elle le pensait aussi. Au fond, ce qu'elle aimait plus
que tout, c'tait la nouveaut grisante des prmices de la conqute, le moment
o l'homme encore  peu prs inconnu la mettait nue et la dcouvrait, celui o
ses mains la parcouraient, celui o son sexe la pntrait, et puis, aprs la
premire jouissance, tous ceux o il parvenait  l'merveiller d'indits,  la
torturer d'un insatiable apptit de son corps. Quand elle commenait  ne plus
avoir envie de passer les jours et les nuits  faire l'amour avec lui, elle le
quittait...

        Vint la seconde critique o elle comprit qu'elle ne pourrait pas
retarder davantage l'apothose voluptueuse du mle.

        Stephen se cabra, puis bondit sous elle en hurlant de plaisir.

        Elle reut dans sa bouche les jets copieux dgorgs par le phallus
enfin satisfait. Ils emplirent sa bouche et coulrent au fond de sa gorge.
Elle les dglutit, dgusta leur saveur un peu sale, dglutit encore...
Tandis qu'elle se dlectait sans pudeur de la gluante onction dont la comblait
le mle, une ivresse trange l'envahit. Cet orgasme dont elle tait responsable
la plongea dans une intense exaltation, et un filet de sve ruissela des replis
de sa vulve.

        Stephen Daams exultait littralement. Le coeur en folie, les poumons
emplis de feu, les nerfs  fleur de peau, il bouillonnait d'une effervescence
que rien ne semblait devoir apaiser. A chaque seconde, il tait prt 
repousser la bouche qui s'obstinait  vouloir le tarir.

        Cependant, Vulfrane calma peu  peu le rythme de sa succion, mais sans
pour autant librer le pnis qu'elle continua  stimuler d'un doux acharnement
afin de lui conserver toute sa vigueur.

        Enfin, elle ouvrit les lvres et releva la tte.

        Au bas du ventre de Stephen, sa verge oscillait, en pleine rection.

-       Tu as un drle de temprament! marmonna-t-il en tmoignant ainsi de
l'tonnement que lui causait la vue de son membre toujours gonfl de dsir.
-       Je suis loin d'en avoir fini! rtorqua Vulfrane.

        Puis elle se ramassa sur elle-mme, se retourna et s'agenouilla de
nouveau, carta largement les jambes et s'abaissa jusqu' sentir le contact du
gland humide au bas de son pubis. Elle n'eut pas besoin cette fois de guider la
verge en elle; ses chairs la happrent avec gourmandise. Elle s'empala d'un
coup, en hoquetant de son dlicieux supplice volontaire, et sa liqueur intime
dgoulina au long de la hampe turgide pour engluer les poils poivre et sel du
mle.

        Compltement cheville sur Stephen, elle se pencha sur lui, s'anima et
avoua:

-       C'est bon de te sentir bander en moi.

        Daams songea que les renseignements qu'il avait obtenus concernant la
sexualit de la jeune femme taient trs au-dessous de la vrit. Il ignorait
si elle avait puis son exprience en chacun de ses amants prcdents ou si
elle agissait d'instinct, mais s'il avait connu bien des plaisirs avec d'autres
femmes, il se rendait compte qu'aucune de ses partenaires passes, mme la plus
obscne en caresses et propos, ne s'tait livre avec autant de fivre et
d'impudique comptence.
-       Tu es donc infatigable? demanda-t-il.

-       Je ne sais pas, haleta Vulfrane. Mais quand je commence  faire
l'amour, je ne m'arrterais jamais.

        Tandis qu'il la regardait aller et venir sur son ventre, il prouva une
multitude de sensations, toutes aussi voluptueuses, et eut le sentiment
dconcertant de n'tre encore qu'un puceau dcouvrant le puissant moi de
l'treinte.
        Elle l'emporta dans un baiser plein de violence, l'embrassant avec
fureur, nouant la langue  la sienne avec une rage presque dmente, crasant
ses lvres et le mordant avec le sourd dsir de le faire saigner, pesant de
tout son poids sur lui, pressant les seins sur sa vaste poitrine, ouvrant
davantage les cuisses et convoitant que son phallus la pntrt plus loin, plus
profondment.
        Dj, elle jouissait: d'une jouissance virulente.

        Quand elle se redressa, Stephen lui coiffa les mamelons des deux mains.
        Ds qu'il captura ses ttins, les roula et les pina entre le pouce et
l'index, il vit ses grands yeux de jais se voiler, sentit les parois de son
vagin se contracter et l'treindre comme les mchoires d'un tau. Serrant plus
vigoureusement les doigts pour soumettre le bout de ses seins  une srie
d'tirements saccadants et de rotations toujours plus amples, il la fit se
tordre et se convulser, rler et de nouveau crier de plaisir.

-       L'agent qui m'a remis son rapport  ton sujet, dit-il en continuant 
lui triturer les mamelons, m'a trs clairement laiss entendre que, de toute
vidence, tu tais sexuellement ce qu'on appelle une "affaire". Je ne
m'attendais gure  en recevoir une preuve aussi loquente. Non averti, je
n'aurais jamais imagin, en te voyant ds l'abord si rserve, presque timide
avec ton visage de petite fille innocente, que tu fusses  ce point passionne,
si farouchement exigeante dans tes apptits luxurieux.
        Vulfrane ne put rpondre.

        Elle jouissait  peu de chose prs sans relche, en se haussant et
s'abaissant sur le mandrin viril, qui l'emplissait pleinement, avec la
rgularit obstine et aveugle d'un mtronome. Aprs chaque spasme qui la
secouait et lui arrachait des cris, elle nichait son visage ruisselant de
larmes au creux de l'paule de son amant, mettait deux ou trois sanglots sans
presque ralentir le rythme de sa chevauche, puis se relevait et, miaulante,
continuait  se faire jouir avec un acharnement inpuisable.
        Dans son tui vaginal, le pnis tressaillit soudain plus violemment.
Elle acclra aussitt son mouvement alternatif, mit ses hanches, son bassin et
ses reins aux roulis, agita furieusement son buste prisonnier des doigts en
tenailles, et la brlure devint infernale au bas de son ventre comme au bout de
ses seins.

        C'tait prcisment cette douleur excitante qu'elle cherchait 
accentuer par sa fougueuse obstination.
        Cependant, au bord de l'extase, Stephen cessa de lui triturer les
ttins pour la saisir  la taille et, librant toute la frnsie de ses
instincts, anima ses reins en un va- et-vient impitoyable.
        Cette extrme violence fit suffoquer la jeune femme en proie au dlire
des sens. De brusques convulsions secourent son ventre et sa sve s'coula 
flots pour inonder ses chairs et noyer le membre qui la taraudait.
-       Oui! Oui! Oh, oui! hoqueta-t-elle en jouissant une fois de plus, tandis
que l'homme s'agitait bestialement sous elle et lui perforait le sexe de son
agressive raideur.
        Daams avait l'impression de ne plus savoir respirer et son coeur
battait  grands coups dsordonns. Il transpirait et soufflait comme lorsqu'il
terminait son footing matinal par un dernier sprint. Bientt il ne s'anima plus
que de faon trs irrgulire, haletant et tremblant de plus en plus,
treignant la taille de son amante  la faire touffer, mais luttant encore
contre le flux bouillonnant de ses entrailles pour en retarder l'irruption.
        A chaque coup de reins,  chaque rue de la verge tumescente dans son
fourreau vaginal, Vulfrane croyait tre dchire, ventre, perdre son sang par
une plaie bante. Mais ce n'tait que des pleurs de volupt qui ruisselaient de
sa chair extasie.

        D'une dernire pousse, qui donna  la jeune femme la sensation
dlirante d'tre ouverte en deux, Stephen Daams fit exploser en elle un ultime
orgasme librateur et, jouissant perdument lui aussi, criant comme si son
pnis jaculait son sang port  bullition, l'emplit des gicles de sa
semence.
-       Stephen!... Oh, mon chri! murmura Vulfrane en se vautrant sur lui,
sans force mais comble, puise mais rassasie.
-       Tu as aim? demanda-t-il.
-       Je t'aime, rpondit-elle

        Rompus, pantelants, ils basculrent ensuite sur le flanc et, gmissants
de ce bonheur magique des amants assouvis, tressaillants encore de l'onde
paroxystique qui s'apaisait peu  peu, ils demeurrent ainsi, face  face,
enlacs, rivs, dans un mme refus de se dsunir, ce qui arriva finalement,
malgr eux, tandis qu'ils sombraient dans le sommeil.


CHAPITRE QUATRIEME

        Quand, aprs quatre jours de briefing  Londres, et autant de nuits
d'amour, Daams avait demand  Vulfrane de tlphoner  Lady Folkrown depuis le
bureau afin de faire acte de candidature, la femme s'tait contente pour
entre en matire de l'entendre expliquer qu'elle n'avait que tardivement pris
connaissance de l'annonce insre dans "Private Relations", une revue 
tendances nettement sadomasochistes. Puis l'ayant questionne de manire assez
insistante sur son ge, ses origines, ses tudes, son ducation, son aspect
physique, les raisons de sa prsence en Angleterre... et le srieux de sa
dmarche, elle l'avait finalement invite  venir se prsenter ds le lendemain
afin de lui faire effectuer un essai de deux semaines, essai  l'issue duquel
elle dciderait de la conserver ou non  son service, aux gages de sept mille
deux cents livres par an, plus le gte, le couvert et l'habillement.

-       Comprenez, Mademoiselle, j'aime  dcider moi-mme de la faon dont
doit tre habill mon personnel! avait prcis Lady Folkrown d'un ton
dfinitif.

        Vulfrane avait bien videmment acquiesc et, tt ce matin, en compagnie
de trois agents des S.I.S.E., mais sans Stephen qu'elle laissait au bord de
l'puisement, avait emprunt le premier vol intrieur  destination de la
capitale cossaise, puis un peu plus tard, seule cette fois, un des trains
omnibus desservant la ligne Edinburgh- Newcastle.

        Ainsi qu'il avait t convenu au tlphone avec Lady Folkrown, elle
tait attendue  la petite gare de Melrose, o quelques autres voyageurs
descendirent avec elle.

        Comme elle tait l'unique femme  poser le pied sur le quai, le solide
gaillard aux cheveux roux taills en courte brosse qui vint l'accueillir n'eut
gure de mrite  ne pas faire de confusion sur la personne. Sangl de la
livre classique et commune aux chauffeurs de grandes maisons, tenant  la main
sa casquette plate  longue visire, il s'avana vers elle sans la moindre
hsitation.

-       Vous tes bien Mademoiselle Vulfrane de Sancray, la lectrice que l'on
attend  Firecastle? s'enquit-il dans un franais convenable.

-       En effet, acquiesa Vulfrane en anglais, avant de prciser  l'homme
qu'il pouvait s'adresser  elle dans cette langue.

-       Je me nomme Mark, et je suis le chauffeur de Lord et Lady Folkrown,
l'informa-t-il alors. Si voulez bien me suivre, la voiture est devant la
station.

        Puis il la dchargea de sa valise lgre et de sa mallette de toilette,
qui, avec la pochette contenant ses papiers et un peu d'argent, constituaient
tout son bagage, et la prcda jusqu' une Rolls splendide, bleu et gris
mtalliss, clatante de chromes astiqus avec soin.

        Sous les regards convergeants des quelques badauds qui stationnaient
dans les parages, les uns admirant la longue et lgendaire limousine, les
autres dtaillant sans aucune gne la blonde inconnue qui allait y prendre
place, Vulfrane s'installa sur la banquette arrire, non sans prouver une
espce de vague malaise  se voir de la sorte dvisage. Elle ressentit un rel
soulagement quand, Mark au volant, le luxueux vhicule commena  rouler en
souplesse, en silence aussi, et quitta la gare pour la soustraire enfin  la
curiosit insistante et critique des autochtones, qui n 1 avaient pas manqu
d'opposer au luxe du vhicule la simplicit de sa mise: une robe de lainage
bleu et un manteau gris choisis dans sa garde-robe par Stephen avant qu'ils ne
quittassent Paris.

-       D'autres postulantes ont-elles t admises  faire un essai avant moi?
        demanda-t-elle machinalement.
-       Non.

        Elle n'insista pas davantage. De toute vidence, la brivet lapidaire
et le ton de la rponse indiquaient que Mark ne tenait pas particulirement 
lui faire la conversation.

        La Rolls roula d'abord rapidement en direction du gros bourg de
Selkirk, lequel fut bientt travers, puis bifurqua sur la droite pour
emprunter une petite route parfaitement dserte en ce milieu d'aprs-midi froid
et brumeux.

-       Sommes-nous encore loin du chteau? se hasarda de nouveau  questionner
Vulfrane.

-       Non, Mademoiselle. Firecastle se trouve tabli  mi-chemin environ du
Dollar Law et du Broad Law, en plein coeur des Tweedsmuir Hills. Lord et Lady
Folkrown se plaisent beaucoup dans la solitude et l'isolement de ces lieux.

        De cela, Vulfrane ne pouvait pas douter si, ainsi que Stephen le
croyait, le comte et la comtesse taient des pervers qui se livraient  la
squestration et la dpravation d'enfants.

        La route sinueuse s'levait maintenant vers un petit plateau dominant
un vallon d'au moins cinq cents mtres de profondeur, qui, de l'autre ct,
s'achevait en une falaise  pic, difficilement accessible par quiconque n'tait
pas escaladeur chevronn et muni du matriel ncessaire.
        A un dtour, Vulfrane crut apercevoir fugitivement le profil d'une
haute tour noye dans les grands arbres, juste au sommet de la falaise.
        Quittant la route, la limousine s'engagea dans un chemin de terre
incisant une fort de conifres, et parvint finalement devant un portail
monumental fermant hermtiquement un solide mur d'enceinte.
        Compte tenu de la raison qui l'amenait l, Vulfrane n'avait nul besoin
de perspicacit particulire pour deviner les motifs pouvant inciter les
propritaires  faire obstacle aux ventuelles intrusions de promeneurs
curieux, comme  de possibles tentatives d'vasion de la part de leurs petits
prisonniers Une fois l'impressionnante grille ouverte, passe et referme par
Mark, le vhicule roula encore durant plusieurs centaines de mtres au coeur
d'un parc soigneusement entretenu, quadrill d'alles cavalires
gomtriquement ordonnes, puis dboucha sur un vaste espace dgag servant de
cour d'honneur  la silhouette altire et menaante du chteau mdival, dont
les premires ombres d'un crpuscule prcoce environnaient dj les pennons.
        Les pneus crissrent sur le gravier, des chiens aboyrent furieusement,
et Mark stoppa la Rolls au pied de l'imposant perron. Il quitta le volant, vint
ouvrir la portire  sa passagre et, presque aussitt, rigide dans un habit
queue de pie noir, un homme lui aussi corpulent, dans la fleur de l'ge,
descendit lentement l'escalier de pierre.

        Ni son visage aux traits svres ni la froideur de son regard vert sous
des cheveux gris plaqus avec soin sur son crne n'inspirrent de rpulsion 
Vulfrane. En fait, il ne manquait pas de mle sduction. Mais sa haute taille,
ses paules et son torse massif, ses pouces d'trangleur davantage, firent
prouver  celle-ci, comme avec Mark tout  l'heure, un sentiment de crainte
instinctive.
-       Bienvenue  Firecastle, Mademoiselle de Sancray, dit-il avec autant de
courtoisie qu'il semblait capable d'en pouvoir tmoigner. Je suis Parker, le
majordome responsable du domestique... de tout le domestique. Je veux esprer
que vous avez fait un bon voyage et que vous n'tes pas trop lasse. Si vous
voulez bien me suivre, My Lady vous attend dans la bibliothque.
        Ayant de la sorte appris  la jeune femme qu'elle serait, elle aussi,
subordonne  l'autorit dont il tait investi, il ordonna brivement au
chauffeur de se charger des bagages, fit volte-face et, tel un noble romain
drap dans une toge et gravissant les marches glorieuses du Snat, remonta les
degrs du perron.

        Aprs le vestibule, immense, occup par plusieurs armures riges sur
de hauts pidestaux de granit, o prenait un somptueux escalier de marbre,
Parker prcda Vulfrane dans une longue et vaste galerie s'ouvrant sur la
droite, jusqu' une porte  laquelle il frappa, mais pour l'ouvrir aussitt.

-       My Lady, voici Mademoiselle Vulfrane de Sancray, annona-t-il avant de
s'effacer.

        Vulfrane passa devant lui et pntra dans une pice trs spacieuse,
avec deux grandes fentres et des murs couverts de rayonnages surchargs de
livres pour la plupart anciens, qu'clairait un splendide lustre dor 
pampilles de cristal. L'essentiel du mobilier tait compos de fauteuils et de
deux canaps de cuir verdtre, d'une table de bridge, de chaises en acajou,
d'une table basse  dessus de marbre, et d'un grand piano  queue. Dans la
haute chemine, se consumaient  petit feu quelques bches de chne.

        Il y avait une femme assise au milieu d'un des canaps, vtue d'une
robe violette, courte, serre, aux manches trs ajustes et  col officier,
haut fendue sur le ct droit. Sa cuisse tait mince et longue, trs blanche
au-dessus du bas beige clair retenu par la pince de la jarretelle gris perle
que bordait un lisr de dentelle rose. Au del, le tissu se plaquait sur des
formes souples et  la sveltesse de mannequin, comme une seconde peau, afin de
mouler au plus prs des appas aux courbes  l'opulence surprenante sur un corps
aussi fin, jusqu' la pointe de ses seins lourds. Les pieds menus, chausss
d'escarpins mauves  talons aiguilles, elle tenait ses jambes jointes et de
biais. Sous ses cheveux auburn nous en chignon, elle avait les yeux noisette,
les pommettes hautes et marques, le nez dlicat, la bouche sensuelle, aux
contours dessins de brun, aux lvres vernies de rouge cerise. Enfin, ses
oreilles et son cou se paraient de rubis, ses mains de plusieurs bagues, dont
un gros pav de diamants.

        En dpit de la quarantaine et d'une silhouette proche de la maigreur,
Vulfrane la trouva trs belle de traits, irradiant une fminit trange, tout 
la fois chaleureuse et distante.

        Et puis il y avait les deux grands chiens, couchs devant la chemine,
qui avaient lev la tte et dress les oreilles  son entre.
-       Merci, Parker, dit Lady Folkrown.

        Le majordome se retira sans prononcer un mot et en refermant la porte
sans bruit.

-       J'attendais votre arrive avec impatience et vous me voyez heureuse de
vous recevoir chez moi, reprit la comtesse  l'intention de Vulfrane. Votre
trajet par le rail n'a-t-il pas t trop fastidieux?

-       Je ne suis pas venue de Londres avec le train, My Lady, corrigea la
jeune femme, mais par avion jusqu' Edinburgh.

-       Par avion, vraiment! fit Lady Folkrown en haussant un peu le sourcil.

-       Je dsirais me prsenter  vous aussi dispose que possible, dit
Vulfrane en entrant plus aisment qu'elle n'aurait cru dans le rle de son
personnage. Je dois galement vous avouer que j'ai depuis longtemps l'envie de
vivre de la faon que vous savez. Cependant, pour une premire exprience, je
redoutais de m'en remettre  n'importe qui. Et puis, rares sont les offres de
ce genre qui s'assortissent de gages aussi levs que ceux que vous proposez.

-       Vos scrupules vous honorent Vulfrane. Je comprends aussi parfaitement
vos craintes. Pour ce qui concerne les gages, ceux que je vous ai indiqus ne
sont  considrer que comme un point de dpart. Si vous donnez pleinement
satisfaction, vous ne regretterez pas d'tre entre  mon service... et  celui
de mon poux. Mais dites-moi, ne m'auriez-vous pas quelque peu menti  propos
de votre ge, hier au tlphone? La jeunesse et l'anglique puret de vos
traits font que j'ai de la peine  croire que vous ayez dj vingt-quatre ans!

-       C'est pourtant la vrit, My Lady. Voulez-vous que je vous prsente ma
carte d'identit? proposa Vulfrane.
-       Inutile!... Toutefois, j'avoue que cela me sidre! A ne voir que votre
visage, je ne vous donnerais que seize ou dix-sept ans tout au plus!...
Vous tes d'une beaut tout  fait exceptionnelle, et vous me ravissez
positivement!

-       Vous tes trop bonne, My Lady, remercia Vulfrane en affectant la
modestie intimide.

-       Non pas!... Mais posez donc l votre manteau ainsi que votre pochette,
et asseyez-vous, que nous causions d'abord de vous.

        Quand Vulfrane se fut assise sur le canap plac en vis--vis de celui
de la comtesse, et durant un moment, celle-ci la fit se raconter en dtail afin
d'apprendre  la mieux connatre, parut enchante de ses origines
aristocratiques, montra un intrt poli pour ses titres universitaires,
davantage pour ses talents de pianiste et de cavalire, la complimenta encore
de sa beaut, de son aisance  s'exprimer dans la langue de Byron, puis en vint
enfin  ce que devait tre sa place auprs d'elle.
-       En ralit et vous l'avez compris, si j'ai fait paratre mon annonce
dans les colonnes d'un magazine aussi spcialis que l'est "Private Relations"
et non pas dans le Times, c'est que je ne souhaitais nullement m'attacher les
services d'une lectrice ordinaire. J'ai besoin d'une prsence fminine, telle
que vous jeune et belle, qui me soit totalement dvoue, en qui je puisse avoir
une absolue confiance et avec laquelle nous entretenions, mon mari et moi,
cette sorte de relations que je qualifierai sans quivoque de... rigoureusement
intimes.
        Vous me saisissez, n'est-ce-pas?

        En fait, des quivoques, l'emploi de l'adverbe dans un pareil contexte
n'en laissait gure planer!

        Vulfrane avala sa salive et approuva d'un signe de tte, tout en
songeant que, si elle n'avait pas t informe au pralable des gots trs
particuliers de son interlocutrice, elle ne l'aurait sans doute pas si bien
"saisie" que cela.

        Son muet acquiescement, la roseur de ses pommettes firent natre un
sourire mi-satisfait, mi-railleur sur les lvres de Lady Folkrown.

-       Outre le dsir ancien de vivre dans la soumission, ce sont aussi les
ncessits matrielles qui vous ont conduite  vous mettre aux gages
d'employeurs, non?

-       Il me faut bien gagner ma vie, reconnut Vulfrane avec rticence.

        La comtesse sourit  ce qu'elle pensa tre un aveu formul sur fond
d'amertume.

-       N'en soyez pas honteuse. Ncessit vaut loi, et le temps n'est plus o
un emploi rtribu faisait droger de la noblesse. Quant  l'inexprience, ce
n'est pas un handicap lorsque l'on est, comme vous me le semblez, pleine de
bonne volont. Toutefois, pour que les choses soient claires entre nous et que
vous sachiez parfaitement ce  quoi vous vous engagez, il me faut vous dire
que: primo, Lord Folkrown et moi-mme sommes librs de tout conformisme en
matire de sexualit, ce qui implique que vous n'aurez  avoir aucune espce de
scrupule  notre gard si nos domestiques masculins se montrent dsireux de
s'octroyer certaines privauts sur votre personne; secundo, s'il est mieux
rmunr qu'en nombre d'autres maisons, notre personnel fminin est en revanche
soumis, en cas de faute ou de dsobissance,  la rigueur de notre discipline
anglaise traditionnelle laquelle, vous ne l'ignorez sans doute pas, comporte un
chelonnement de chtiments corporels authentiques qui, selon la gravit du
manquement reproch, sont endurs par la coupable dans un tat de nudit
partielle ou totale, en prsence ou non du reste de la domesticit. Etant
informe de cela, et sachant que votre situation privilgie auprs de moi ne
vous fera pas chapper  la rgle gnrale, tes-vous encore rsolue  entrer 
mon service?

        Vulfrane s'tait plus ou moins attendue  ce genre d'avertissement.

-       Oui, My Lady, rpondit-elle en battant des cils, mais d'une voix assez
ferme.

-       Cette svrit ne vous tonne-t-elle pas, vous qui tes Franaise?

-       Non, My Lady. J'en avais dj entendu parler et je m'tais prpare 
cette ventualit. Aussi, je compte faire en sorte de vous donner toujours
satisfaction et de ne mriter aucun reproche. Et puis surtout, comme je vous
l'ai dit, je suis dans la plus grande ncessit d'un emploi rmunrateur.
        La comtesse la fixa comme si elle doutait durant un instant de la
sincrit de ses paroles, hocha la tte et la gratifia d'un sourire.
-       Je puis donc avoir l'assurance que vous aurez  coeur de me servir avec
un aveugle dvouement?
-       N'en doutez pas, My Lady.
-       Eh bien, voila qui est parfait! Je veux esprer que votre priode
d'essai sera pleinement concluante et que, vous intgrant tout  fait  notre
mode de vie, nous ne tarderons pas  devenir amies, confidentes et complices.
Mais c'est assez bavard! Je suis curieuse  prsent d'admirer vos charmes
cachs, qui,  ce que vos vtements laissent deviner, ne paraissent
effectivement pas tre ceux d'une toute jeune fille en bouton. Levez-vous et
dshabillez-vous!
        Le commandement fit schement sursauter Vulfrane.
-       Pardon? balbutia-t-elle.
-       Vous m'avez parfaitement comprise, Mademoiselle de Sancray. Et  moins
que votre dclaration d'intention toute frache n'ait t le fait de
l'hypocrisie, ou encore que vous n'ayez le dsir d'apprcier sans plus diffrer
les effets cuisants de mon mcontentement, je vous conseille de m'obir!
        Le ton de la comtesse s'tait subitement durci.

        Vulfrane sentit ses pommettes s'chauffer, et elle songea de nouveau 
Stephen,  la raison de sa prsence  Firecastle,  ce  quoi elle avait
accept par avance de se prter. Alors, se mettant debout, elle passa les mains
derrire sa nuque, abaissa la fermeture Eclair de sa robe, se dgagea les
paules et les bras du tissu, puis le fit coulisser sur ses hanches et au long
de ses jambes jusqu' pouvoir s'en dgager les pieds.

        Le regard de Lady Folkrown se fixa au sommet de ses cuisses, l o
l'troit triangle de son slip orn d'un fin galon de dentelle n'enfermait pas
la totalit des lvres charnues et imberbes.
-       Hum! Quel charmant triangle, et que vous faites bien de le maintenir
net et glabre! apprcia-t-elle. Avec a des dessous noirs, et mieux encore, un
porte-jarretelles et des bas!... Voila qui, pour n'tre pas courant chez les
jeunes femmes de notre poque, ne saurait davantage me convenir. Poursuivez!
        De nouveau, Vulfrane hsita durant deux ou trois secondes et s'excuta.
        Elle dgrafa son soutien-gorge, dnuda sa poitrine, se dchaussa,
libra ses bas des pinces et les retira, puis se dpouilla ensuite de son
porte-jarretelles.
        Se dvtir de la sorte aux yeux de cette femme lui tait une preuve.
Elle n'prouvait absolument rien de comparable  la grisante excitation qui
s'emparait de ses sens lorsqu'elle se dshabillait devant un homme, mme sans
le provoquer par un strip-tease tel qu'elle l'avait os avec Stephen. En la
circonstance, elle ne ressentait qu'une gne honteuse.

-       Le slip! exigea impitoyablement la comtesse tandis qu'elle marquait une
fois encore un temps d'arrt.

        Quand elle fut toute nue, le visage enflamm par la confusion, elle dut
se faire violence pour conserver ses bras et ses mains le long de son corps.

-       Magnifique crature! s'cria Lady Folkrown en se levant  son tour pour
se mettre  marcher lentement autour d'elle.

        Ses hanches peu marques se balanaient  peine, mais ses menues fesses
rebondies roulaient comme un mcanisme bien huil. Le tissu de la robe se
tendait  craquer sur les deux fermes hmisphres, pousait la moindre parcelle
d'une croupe galbe sans tre plantureuse et, trahissant la forme du
porte-jarretelles, dnonait l'absence d'un quelconque autre sous-vtement.
Tous les deux pas, sa cuisse longue et nerveuse se dvoilait par la fente
profonde, montrait le renfort plus opaque du bas, la chair trs blanche, ferme,
aux muscles longilignes de coureuse, et, sur son long buste svelte,  chaque
fois qu'elle enfonait un talon dans le tapis, ses gros seins agressaient
l'toffe de lourdes secousses.

        Mince et droite, accentue par un maintien altier, mais garnie de
surprenants appas mammaires, sa silhouette dgageait une extraordinaire
sensualit.

        L'un des danois s'tait lev lui aussi, et suivait le priple de sa
matresse.
        Celle-ci contourna une fois encore Vulfrane, que la taille
impressionnante du chien inquitait quelque peu, s'immobilisa un court instant,
s'approcha davantage et lui posa une main sur l'paule gauche.

        La jeune femme tressaillit lgrement, mais ne fit rien pour se
soustraire au contact.

-       Vous tes rellement superbe, murmura-t-elle.

        Ses doigts glissrent doucement vers le cou, sur le buste, frlrent un
sein, l'autre, saisirent un ttin, le firent se dilater et se durcir,
dclenchant dans le corps nu une vibration de plaisir. Puis sa main dlaissa la
poitrine agressive, chemina sans hte vers le ventre qui se creusa, brossa des
ongles le triangle lisse et bomb, s'infiltra entre les cuisses et empauma
toute la fminit.

        Un frisson traversa les reins de Vulfrane, remonta au long de sa
colonne vertbrale, et elle entrouvrit les lvres en mme temps que les doigts
autoritaires glissaient entre celles de sa vulve, plongeaient dans son vagin
qui s'humidifiait de plus en plus.

        Sa chair se laissait docilement conqurir, mais sa raison se refusait
encore  reconnatre et admettre le vif moi qui s'emparait de ses sens.
Comment pouvait-elle accepter d'tre ainsi touche par une femme? Comment il se
faisait que, n'ayant jamais t attire que par les hommes, elle ressentt
subitement toutes ces sensations bouleversantes, cette motion charnelle
enivrante qu'elle ne savait contrler, cette folie qui la tourmentait et
gnrait dans son tre des pulsions de dsir d'une intensit incroyable?

        Nanmoins, et en dpit de ses interrogations, elle vivait la nouveaut
de l'intime caresse saphique comme un acte de la plus grande consquence, et
les ondes voluptueuses qui se propageaient en elle la faisaient palpiter.

        Lady Folkrown retira lentement la main de son sexe et la prit aux
paules.
        Les doigts dont elle venait de la fouiller taient tremps, imprgns
de son odeur.

-       Vous n'tes pas lesbienne, dit-elle, et vous avez honte d'tre toute
nue devant moi, de me laisser vous toucher  ma guise, cela se peroit sans
difficult. Mais j'en suis heureuse. D'une part cela me prouve bien que vous
n'tes pas une professionnelle, d'autre part que vous aimez cela. Vous tes
dpendante de vos sens et, comme vous le reconnaissez, d'une nature porte  la
soumission. Je suis certaine que vous allez plaire  mon mari. Plus que moi
encore, il apprcie les filles de votre genre, celles qui s'effarouchent et
rougissent d'un mot, d'un geste impudiques, qui s'insurgent  la moindre
caresse un peu perverse, mais qui sont en fait dociles et prtes  tout pour
assouvir leur insatiable apptit de jouissance.

        Puis, sans lui accorder le loisir d'une rplique, elle l'attira vers
elle pour craser une bouche avide sur ses lvres et l'embrasser.

        Seule des deux  tre entirement nue, Vulfrane se sentait fragile,
sans dfense. Et la femme disait vrai: elle aimait cela. Elle se laissa
prendre, emporter et dominer, mouvoir et griser par ce tout premier baiser
homosexuel.
        D'instinct, elle consentit sa langue ainsi qu'elle l'et fait avec un
amant. La sensation voluptueuse se fit plus prcise, bouillonna dans ses seins,
au bas de son ventre, entre ses cuisses et ses fesses, dans ses reins. Elle
contracta son corps et se pressa davantage contre le buste de la comtesse, mais
cette dernire la repoussa doucement.
-       Vous aimez vous caresser?
-       Oui, avoua Vulfrane avec l'esprit  demi gar.
-       Combien de fois par jour?
-       Je ne sais pas, cela dpend... Je ne le fais pas tous les jours non
plus.
-       Faites-le pour moi, maintenant!

        Vulfrane eut envie d'expliquer qu'elle ne s'tait jamais caresse dans
de telles conditions devant qui que ce soit, et surtout pas aux yeux d'une
autre femme. Mais elle se tut, obit au geste qui lui commandait de se
rasseoir, demeura durant quelques secondes crispe, le dos raide, les mains
poses  plat sur ses cuisses jointes, puis se dtendit, se laissa aller en
arrire contre le dossier du canap, ferma les yeux et releva la jambe gauche
jusqu' pouvoir poser le pied sur le sige, assez loin de son genou droit.

        Le chien s'approcha pour lui renifler le sexe, mais un ordre imprieux
de Lady Folkrown le fit retourner s'tendre devant la chemine, prs de son
compagnon qui ne s'tait pas donn la peine de bouger.

        Alors Vulfrane porta une main  son pubis, que ne protgeait aucune
toison, spara ses lvres intimes pour dcouvrir son entaille sexuelle,
effleura son clitoris, frissonna un peu et, le coeur battant si fort qu'il lui
semblait que toute la pice en rsonnait, engagea son mdius entre les doux
ptales de sa fminit.
        Avec une conscience aigu de son obscnit, elle se consacra au jeu
grisant en appuyant plus fermement le doigt sur sa chair, en le faisant aller
et venir au long de sa fente, en le plongeant dans son vagin pour le mouiller,
en le remontant sur la crte darde de son clitoris, en le faisant vibrer..
        Un gmissement incontrl chappa  sa gorge.
-       Vous ne vous caressez pas l'anus?

        La question la fit tressaillir et elle rouvrit les yeux pour considrer
la comtesse d'un regard que le plaisir troublait dj, hocha vaguement la tte,
dans l'incapacit de parler. Elle releva son autre jambe et, les deux pieds
poss sur le cuir, cuisses largement ouvertes, le pubis projet en avant,
insra son doigt entre ses fesses et le fit tourner sur le bord de son orifice
le plus secret.
-       C'est bon, n'est-ce-pas?
        Elle approuva du menton, en silence.

-       Moi, j'adore m'exciter trs longuement avant de me laisser aller 
l'orgasme, confia Lady Folkrown. Aussi, plutt que de toucher  mon clitoris,
j'enfonce mes doigts dans mon vagin et mon anus, les fais aller et venir
doucement, mais trs profondment. A vous dire la vrit, j'aime mieux encore
user de godemichs. J'en possde plusieurs, dont deux ou trois,
particulirement originaux, que je vous montrerai et qui procurent des
sensations absolument dlirantes.

        Elle s'exprimait comme si l'une et l'autre avaient t occupes 
prendre le th, sur le ton lger et un peu prcieux de la conversation
mondaine.

        Vulfrane ne chercha pas  rprimer la plainte qui montait  ses lvres.
-       Oh! expira-t-elle, je ne peux plus me retenir!
        Elle agita plus vivement le doigt sur son clitoris, et son rle devint
un cri.
        Ses cuisses s'ouvrirent d'un coup davantage, se refermrent avec
violence, claquant l'une contre l'autre et emprisonnant sa main. Elle cria
encore, de faon presque dchirante, en s'inondant les doigts de son plaisir,
puis s'affaissa sur le canap en exhalant un dernier sanglot assourdi.
        Les chiens avaient de nouveau lev la tte, dress les oreilles, la
regardaient, puis fixaient la comtesse comme s'ils qutaient de sa part une
permission.

        Des applaudissements discrets firent tout d'un coup merger Vulfrane de
l'engourdissement voluptueux. Elle ouvrit les paupires et vit d'abord que ce
n'tait pas Lady Folkrown, de nouveau assise en face d'elle, qui battait ainsi
des mains. Elle tourna alors la tte et sursauta tout aussitt violemment en
dcouvrant l'homme qui,  quelques pas, la regardait, un demi-sourire aux
lvres. Poussant un cri d'effroi, elle jeta des yeux perdus vers ses vtements
pars sur le tapis, hors de sa porte immdiate, puis se recroquevilla vivement
sur le canap en s'offrant de profil et cachant sa poitrine de ses bras
replis.
-       Christopher, dit la comtesse, je vous prsente ma lectrice franaise,
Vulfrane de Sancray!

-       Ma chre, d'aprs ce que j'en ai pu voir avant que ma prsence ne
l'effraie et ne l'incite  me dissimuler l'essentiel de ses charmes, je ne sais
dcider si vous avez choisi d'tre servie par une femme-enfant ou une
enfant-femme, ironisa le comte.

-       Voyons, Vulfrane, reprit Lady Folkrown  l'adresse de la jeune femme,
cessez de vous effaroucher ainsi  la manire d'une petite fille! Il faut bien
que mon mari puisse tout comme moi vous apprcier dans le plein clat de votre
beaut. D'ailleurs, en chaque occasion ou Lord Folkrown le dsirera, vous
devrez vous montrer  lui, les mains dans le dos, vos attraits et votre
fminit offerts le mieux possible.

        Vulfrane leva vers le comte un regard chavir, mais ne bougea pas.

        C'tait un homme de belle prestance, portant avec distinction une
cinquantaine assure,  qui des cheveux blancs et un teint ple, des yeux gris
et des lvres minces confraient un charme hautain. Vtu d'une ample chemise
noire agrmente d'un jabot et de poignets de dentelle bouillonnante, d'un
pantalon de smoking et de fines chaussures vernies, il considrait  prsent la
nudit de la jeune Franaise avec une expression de raillerie quelque peu
mprisante.

-       Avez-vous entendu, Mademoiselle? Je n'aime gure que l'on me fasse
attendre! En d'autres circonstances, vous eussiez dj got de ma cravache,
dit-il enfin d'une voix glace.
-       Ne soyez pas trop dur avec elle, Christopher, intervint Lady Folkrown.
Elle est encore,  ce qu'elle m'a dit, sans exprience pratique. Toutefois, de
nature docile, elle m'a certifi son dsir de nous donner en tout satisfaction.
-       Un peu de fouet ne saurait que mieux la convaincre de tenir ces
excellentes rsolutions!
-       Sans doute, mon ami, sans doute! Convenez pourtant qu'il nous faut lui
accorder quelques jours pour se faire  nos coutumes. Ensuite, il sera toujours
temps d'aviser  la correction de ses dfauts ventuellement persistants et, si
ncessaire, avec svrit...
-       Soit! Mais alors qu'elle se lve et se montre!
-       Obissez, Vulfrane, renchrit la comtesse. Sinon, je crains de ne
pouvoir vous viter d'tre chtie le soir mme de votre arrive!
        Frmissante de honte et d'humiliation, Vulfrane se redressa, abandonna
le canap, dcroisa les bras et les laissa retomber de chaque ct de son
corps.
        Puis elle s'avana vers le comte. Devant lui, le coeur battant la
chamade, tte basse, le visage cramoisi, elle plaa ses mains sur ses reins.
-       Ecartez un peu les pieds, cambrez-vous, mais sans pour autant effacer
le pubis, remonter vos poignets croiss jusqu'au creux de votre taille afin de
ne pas cacher vos fesses, et faites en sorte de prsenter au mieux les appas de
votre buste, recommanda d'un ton plus ferme Lady Folkrown.
        Ce que lui imposait le couple tait plus pnible  Vulfrane que tout ce
qu'elle avait cru devoir faire ds le premier jour. En cet instant, elle
n'avait d'autre envie que de remettre ses vtements, saisir sa pochette et son
manteau pour s'enfuir et refuser de continuer davantage  servir les desseins
de Stephen Daams.
        Cependant, tout en s'appliquant tant bien que mal  prendre la pose
exige, elle doutait que Lord et Lady Folkrown lui permissent de partir aussi
facilement.
        Le comte la dvisagea froidement, dtailla tous ses charmes avec
insistance, fixa les lvres paisses et la fente piles de son sexe, puis
s'attarda sur les appas agressifs de son buste.
-       Voila une paire de poires tout  fait remarquable! Quelle gnrosit de
pulpe! Quelle fermet de maintien! Quelle arrogante indcence dans les
mamelons! affecta-t- il de s'enthousiasmer en tendant une main pour palper l'un
des seins superbes offerts  son apprciation.

        Frissonnant  ce contact, les joues plus rouges que la carapace d'un
homard bouillant, Vulfrane dtourna les yeux.
        Lord Folkrown lui saisit alors le menton de sa main libre et la fora
non sans rudesse  relever la tte.
-       Regardez-moi! exigea-t-il sans cesser de ptrir sa poitrine. Dsormais,
vous tes  notre service, et pour les gages que nous vous payons, votre regard
aussi nous appartient, comme le reste! Sachez que si tel est notre dsir, vous
irez compltement nue, tant  l'intrieur qu'a l'extrieur de cette demeure.
Aussi, je veux vous entendre me dire que vous tes prte  nous obir,  vous
soumettre  nos caprices et nous reconnatre le droit de vous punir si bon nous
semble.

        Vulfrane mit un sanglot sourd, dglutit avec peine et fit appel 
toute sa volont pour s'interdire de protester.

-       Je promets d'obir, My Lord, dit-elle enfin d'une voix lgrement
chevrotante, de me soumettre ...  vos dsirs, et vous reconnais le droit de
me punir si bon vous semble.
        Le comte hocha la tte avec satisfaction.

-       Bien! approuva-t-il. Je pense effectivement qu'il n'y aura pas de
relles difficults  vous dresser. Si vous faites ce que l'on attend de vous,
votre vie ici sera moins laborieuse que voluptueuse. Et sans doute nous
aurez-vous plus tard de la gratitude pour tout ce que nous vous aurons appris,
ft-ce avec rigueur.

        Sur ces mots, il libra la poitrine et le menton de Vulfrane, tourna
les talons et quitta la pice  grands pas.
        Quand Lord Folkrown fut sorti, la comtesse eut un sourire charmeur.

-       Vous lui avez beaucoup plu. Je suis persuade que vous allez trs vite
comprendre ce que nous attendons de vous. Surtout, ne le contrariez jamais,
soyez trs obissante et offrez-vous toujours de la sorte chaque fois qu'il
l'exigera, mme si vous devez pour cela ter vos vtements, en quelque
circonstance ou lieu que ce soit. Maintenant, il n'est pas utile de vous
rhabiller compltement. Enfilez simplement votre robe. Je vais sonner Parker
afin qu'il vous conduise  votre chambre. Sur son ordre, on a d vous faire
couler un bain. Ensuite, vous vous prparerez pour le dner, qu'a moins d'tre
punie vous prendrez normalement  notre table. Je vous ferai porter les effets
dont je veux que vous soyez pare en cette occasion...  l'exclusion de tous
autres.
        N'omettez pas non plus de vous farder avec soin et de conserver votre
chevelure flottante... Ah! un mot encore concernant Parker. Bien qu'il ne soit
pas obsd par les choses du sexe, celui-ci a la fantaisie de vouloir "tester"
- c'est son expression - nos nouvelles employes. Alors, ne faites pas la
mijaure avec lui, il pourrait vous en garder rancune.

        Un moment plus tard, seulement vtue de sa robe, ses sous-vtements
dissimuls par son manteau pli sur son bras, sa pochette  la main, Vulfrane
suivit le majordome jusqu'au premier tage, puis dans une chambre spacieuse
claire par deux fentres,  tapisserie rose et rideaux de velours grenat,
meuble d'un immense lit  baldaquin, d'une grande armoire, d'une commode, d'un
secrtaire  abattant et d'un cabriolet. Dans l'tre de la chemine, le feu
avait t allum.

-       Voila vos bagages, dit Parker en dsignant de la main la mallette de
toilette et la valise poses sur le dessus de la commode. Toutefois, le dner
tant servi  dix-neuf heures trs prcises et votre bain tant prt, je ne
saurais trop vous conseiller de remettre  demain le rangement de vos affaires
personnelles. A prsent, je vous laisse. La salle d'eau rserve aux
domestiques se trouve au fond de ce couloir. Je reviendrai vous chercher 
temps pour vous mener  la salle  manger.

        Sur ces mots, il quitta la pice de son pas lent de snateur,
abandonnant la jeune femme soulage de ce qu'il n'et rien entrepris pour user
envers elle de son droit de cuissage, mais en proie  des sentiments non moins
partags que contradictoires.


CHAPITRE CINQUIEME

        Vulfrane pntra dans la salle de bains au sol et aux murs carrels de
bleu ple, claire lectriquement par quatre appliques, spare en deux par
une paroi en partie mobile de verre opaque. D'un ct, se voyaient un lavabo 
colonne surmont d'un miroir, un bidet, un meuble de rangement et un tabouret
de mtal maill de blanc, sur lequel des serviettes ponge plies taient
dposes: l'une grande et la seconde plus petite. A l'intrieur de la cabine de
verre emplie de bue, que pouvait arer un vasistas pour l'instant clos, tait
la baignoire rectangulaire, blanche aussi, immense.
        Vulfrane se dpouilla de sa robe, de ses escarpins, enferma ses cheveux
dans la plus petite serviette noue autour de sa tte en un turban sommaire,
puis poussa la porte  glissire afin de gravir les trois marches qui
permettaient de se hisser sur le bord de la baignoire.
        L'eau tait trs chaude. Elle y hasarda l'extrmit d'un pied d'abord,
lentement, puis l'enfona peu  peu avec prudence. La sensation de chaleur
excessive, bien qu'elle l'agresst, cuisit et rougit sa peau, ne lui tait pas
insupportable. Elle plongea compltement une jambe, l'autre ensuite, et referma
la paroi de verre. Puis elle s'abaissa et s'accroupit. Le liquide brlant
baigna le dessous de ses cuisses, ses fesses, son bas-ventre, enveloppa ses
hanches, ses reins et son bassin, prodiguant  son corps une caresse corrosive,
veillant dans sa chair de nouveaux mois sexuels.
        Doucement, elle se laissa glisser sur le fond de la baignoire, l'eau
monta jusque sous ses seins, lcha ses ttins qui s'rigrent, lui parut encore
plus chaude, couvrit son buste, atteignit ses paules, son cou quand elle posa
les fesses sur l'mail. Un instant elle resta ainsi immerge, sans bouger, les
yeux clos, sentant la chaleur la pntrer, l'envahir, se rpandre dans tout son
tre, lui procurer de petits frissons. Elle carta les jambes et, sous la
mousse masquant son corps, l'eau s'infiltra entre ses cuisses; le mouvement du
liquide fit ondoyer les lvres internes de son sexe comme deux feuilles
d'algues languides. Elle glissa une main au bas de son ventre, massa sa vulve
chauffe, ouvrit encore son sexe nu, en tira les lvres molles et pulpeuses.
L'eau pntrant et jouant avec ses ptales intimes lui fit prouver un trouble
dlicieux.

        Elle se redressa lentement, se disposa  genoux, et passa les mains sur
ses seins, tala la mousse sans se hter, caressa ses mamelons, ses aisselles,
ses paules et son cou. Les yeux ferms, se souvenant de sa douche de la veille
avec Stephen, revivant leurs spasmes, elle savoura les sensations qu'elle se
procurait, prouvant une espce de plaisir confus et constant  la fois.
Puis elle se releva compltement, noya de mousse son pubis lisse, insra de
nouveau les doigts entre ses cuisses, les enfona dans son sexe, sans frotter.
La pulpe de sa fminit tait devenue d'une extrme sensibilit. La crte de
son clitoris tait gonfle, ressortie, darde, turgide, et lui semblait une
petite fournaise allume au sommet de ses replis charnus.
        Frissonnante, elle se replongea tout entire dans l'eau verdtre et
mousseuse, s'y allongea compltement, posa sa nuque sur le rebord de la
baignoire et se laissa bercer par la chaleur molliente.
        A l'ordinaire, le bain ne lui faisait pas un tel effet. Etait-ce cette
fois  cause de la temprature leve de l'eau? Son corps s'y tait habitu, et
elle tait certaine qu'elle aurait pu endurer une cuisson plus intense,
vritablement douloureuse.
        Le fantasme naissait, s'imposait: les bourreaux au poitrail velu,
anonymes sous leurs cagoules noires; la fille nue, pile, tremblante de honte
et de peur; les hommes qui la saisissaient malgr ses cris ses dngations et
ses supplications; les mains aux doigts crasseux qui la palpaient et la
sondaient, qui la couchaient rudement sur un troit chevalet et l'entravaient;
la louche de mtal qui plongeait dans l'huile bouillante du chaudron suspendu
au-dessus du feu; la fille qui se dbattait dans ses liens, criait de terreur,
roulait des yeux fous; le liquide qui tait vers goutte  goutte sur chacun de
ses seins; les atroces brlures; la nudit convulse; les pouvantables
braillements...

        Vulfrane gmit.

        L'excitation masochiste effritait sa quitude, elle assaillait son
esprit, accaparait sa chair, progressait en elle  une vitesse hallucinante.

        Maintenant le dsir tait l, prcis, imprieux.

        Elle se releva de nouveau et son corps ruissela de l'eau chaude du
bain.
        Puis elle dcrocha la poigne du flexible de la douche et tourna l'un
des robinets.

        L'eau jaillit, frappa son buste d'une pluie rageuse et trs chaude,
trop chaude. Elle vibra de la tte aux pieds, exhala un gmissement rauque,
mais s'obstina  maintenir la pomme braque sur ses seins,  rougir sa peau
dlicate,  l'enflammer,  congestionner ses gros mamelons,  faire crotre en
elle la volupt, jusqu'aux rles, aux petits cris, au spasme qui la cabra et la
ttanisa durant quelques ineffables secondes. Ensuite, rsolument, elle revissa
le robinet d'eau fumante et, sans transition, tourna  fond celui de l'eau
froide.

        Glac et puissant, le jet arracha  sa gorge un cri strident, la
paralysa momentanment.

-       Quelque chose ne va pas, Mademoiselle?

        Plus que la douche froide. la voix masculine tira d'un coup Vulfrane de
sa transe sensuelle.
-       Qui est l? demanda-t-elle en fermant le robinet.

        Au del de la paroi dgoulinante de condensation, tait apparue une
silhouette noire et blanche, pareille  celle d'un grand manchot, qui se tenait
immobile et attendait.
-       C'est moi, Parker.

        L'opacit du verre ne livrait qu'une forme floue du majordome. Malgr
cela, de son ct, Vulfrane se sentit aussi gne que si l'homme tait en
mesure de la voir distinctement.
-       Que voulez-vous?
        Elle n'obtint pas de rponse.

        Mais, presque aussitt, la porte coulissante de la cabine brusquement
repousse par ct la fit s'exclamer de surprise indigne, rejeter le flexible
de la douche avec prcipitation et, les mains pudiquement plaques sur ses
seins, s'accroupir dans l'eau.

        Le ricanement moqueur qui salua son regard plein de rprobation la
cingla comme un coup de fouet.

        Vulfrane ressentait de nouveau une sourde brlure au fond des reins.
Elle ne savait si cela rsultait de la manire dont le comte et la comtesse
l'avaient tour  tour contrainte  s'exhiber, dtaille et touche, de la
honte, du baiser de la femme, de sa masturbation dans le salon, des propos
insolites que le couple lui avait tenus, du plaisir fugace qu'elle venait de se
prodiguer avec l'eau brlante, du fait que le majordome l'avait assurment
entendue crier de jouissance, de la soudainet avec laquelle il l'avait
surprise toute nue, de la faon dont il lui avait command de se relever, de se
montrer, dont il s'tait empar de la pomme de douche, avait rouvert le robinet
d'eau froide pour la rincer, chasser la mousse de son corps, regarder durcir
ses mamelons, maintenir le jet braqu dans la fourche de ses cuisses, de celle
dont il l'avait fait sortir de la baignoire pour la frotter nergiquement 
l'aide de la serviette ponge, la rchauffer, la scher avec soin et jusque
dans ses parties les plus intimes, de l'ordre qu'il venait de lui donner de
librer sa chevelure, de s'agenouiller, de le faire jouir avec sa bouche...
mais elle n'avait plus prouv d'moi sexuel aussi intense, fait  la fois de
crainte, de honte et de convoitise, depuis ce fameux soir ou Jacques l'avait
attache nue par les poignets et, aux regards de Grard et Sophie, cingle des
lanires du martinet.
-       Vous perdez du temps... Et si vous tes en retard pour le dner, 
peine arrive que vous soyez, My Lord n'hsitera pas  vous coucher sur ses
cuisses,  vous dculotter et vous claquer le cul en guise d'apritif, susurra
Parker.

        Convaincue du bien fond de la menace, consciente de ce qu'elle ne
pouvait rien faire d'autre qu'obir et se soumettre  la volont du majordome,
Vulfrane se mit  genoux devant lui.

        A hauteur de ses yeux, sous le pantalon noir, elle devina la forme
longue du sexe allong dans le creux de l'aine gauche et bosselant le tissu.
Elle le vit encore se gonfler un peu plus et palpiter quand, du bout des
doigts, elle baissa la fermeture de la braguette, tira le slip vers le bas.
Alors elle libra le membre, qui se tendit encore, dgagea aussi les
testicules, serra la hampe des deux mains, repoussa le prpuce vers la racine
et dcalotta le gland tumescent.
        Tout de suite, malgr ou peut-tre  cause du dsir que Parker avait de
l'outrager en l'obligeant  la plus suave des caresses qu'une femme pt
prodiguer, la vue et le contact entre ses paumes de la cambrure phallique
rveilla en elle une convoitise irraisonne, non pas de l'homme, mais du mle.

        C'tait plus fort qu'elle.

        Dj, oubliant son humiliante situation, ouvrant la bouche, gainant le
gland de ses lvres, humant l'odeur lourde et gotant la saveur poivre de la
chair virile palpitant entre sa langue et son palais, elle sentait que la
chaleur de ses reins gagnait son bas-ventre, se rpandait dans son vagin.

        Tandis que son mouvement de tte alternatif faisait monter et descendre
sa bouche sur toute la longueur du phallus, qu'elle activait sa langue et
lchait sans se lasser, ses mains s'emparrent des bourses lourdes pour les
palper, les presser, les rouler et les ptrir avec une ferme douceur.

        Un bref gmissement de plaisir sortit de la gorge du majordome.
-       Tu te rgales, hein!... Cela te plat tellement de sucer une bite, que
tu te fiches  qui elle appartient!
        Il ne questionnait pas; il constatait l'vidence.

-       MMMhhhouiii... fit pourtant Vulfrane sur la verge dure qui coulissait
dans sa bouche comme dans un troit et chaud fourreau, qu'elle expulsait
presque en entier, puis aspirait en resserrant les lvres et creusant les joues
pour l'attirer jusqu' l'entre de sa gorge.

-       Dans le fond, que vous l'admettiez ou non, malgr vos mines vertueuses
et votre sacro-sainte pudeur, vous tes bien toutes des salopes, dcrta Parker
d'un ton fataliste.
        Puis il recommena  geindre.
        Chacune des succions de la bouche fminine dvoue  son plaisir le
rapprochait de l'instant o il allait jouir, se rpandre. Incapable de se
dominer davantage, il empoigna des deux mains l'opulente chevelure blonde et
fora la fellatrice  acclrer la cadence, puis se poussa si profondment que,
les lvres crases contre sa masse testiculaire, le nez enfoui dans ses poils
rches, il la fit touffer en se maintenant enfoui impitoyablement.

        Soudain, Vulfrane sentit les cuisses de l'homme se mettre  vibrer, ses
poings se crisper, lui tirer les cheveux et lui bloquer la tte, puis un
dernier spasme annona l'jaculation. Au bord de la suffocation, prise de
nause, elle essaya de repousser un peu la verge, mais en vain. Le sperme chaud
gicla en force, envahit directement sa gorge.
        Hoquetante, des larmes dans les yeux, elle ne put que dglutir et
avaler la semence sans la savourer.
        La dominant jusqu'au bout, Parker ne se laissa pas refouler. Ce fut lui
qui se retira, quand il le voulut.
        Il fallut un moment  Vulfrane pour reprendre son souffle. En lui
refusant toute initiative  la seconde cruciale, en usant d'elle comme d'un
objet dont on se dfait aprs emploi, en rajustant sa tenue et la toisant de
toute sa hauteur, elle qui tait agenouille nue  ses pieds, l'homme
l'abandonnait gostement, en proie  la frustration,  la colre et 
l'humiliation.
        Elle songea que, lui venant d'un autre, l'outrage et pu lui tre doux.
Mais en la circonstance, elle ne sentait en elle qu'une rage bouillonnante.
-       Vous tes satisfait?... Vous avez eu ce que vous vouliez? jeta-t-elle
agressivement en se relevant.
-       Je ne suis pas votre matre pour me dclarer ou non satisfait de vous,
rtorqua tranquillement Parker. J'avais envie de jouir de votre bouche, je l'ai
fait, c'est tout. A prsent, enfilez le peignoir que je vous ai apport ou
demeurez nue, peu m'importe. En tous cas, faites en sorte d'tre prte quand,
dans vingt minutes, je reviendrai vous chercher.
        Puis il tourna dignement les talons.
        Ravalant son dpit, Vulfrane se nettoya la bouche puis se consacra 
son maquillage et brossa longuement sa chevelure.
        Quand elle sortit de la salle de bains, seulement vtue du court
peignoir de satin blanc - rien de plus qu'une veste croise qui, serre  la
taille par une ceinture, ne la couvrait pas beaucoup plus bas que le pli des
fesses -, pieds nus, sa mallette de toilette, sa robe et ses escarpins  la
main, elle vit la femme de chambre qui l'attendait au milieu du couloir, face 
sa porte. Prs d'elle, assis, la tte leve, la langue pendante et les oreilles
droites, un norme chien semblait la surveiller, pareil  un gelier.
        La prsence du dogue la fit tressaillir d'instinct.

-       Je m'appelle Betty, dit la domestique en faisant une petite rvrence.
My Lady m'a charge de votre service particulier.

        C'tait une jolie brune d'environ vingt-cinq ans, de taille moyenne, au
doux regard de biche, vtue d'une trange robe de caoutchouc noir,  col
Claudine et rebras de cellulod blanc, qui, lui venant au-dessous des mollets,
moulait intimement ses formes attrayantes. Ses jambes taient aussi gaines de
caoutchouc, plus fin que celui de la robe, et ses pieds menus cambrs par les
talons pais, mais vertigineux de chaussures basses et laces sur le devant.
Un bandeau et un petit tablier bords de dentelle compltaient sa tenue plus
que singulire.

        Vulfrane pntra dans sa chambre et remarqua tout de suite la lingerie
noire
pose sur son lit: une sorte de gupire  plastron de dentelle et dos de fort
coton lastique, un court jupon de tulle  trois volants, faon tutu de
ballerine, et des bas  coutures. Il y avait aussi des mules en velours,
galement noires, ornes sur le dessus d'un gros pompon de fils de soie et
pourvues de hauts talons effils, mais ni robe ni culotte.

        Elle se retourna vers Betty pour manifester sa surprise.
-       Lady Folkrown m'a dit qu'elle me ferait porter de quoi me vtir pour le
dner. Mais je ne vois l que des dessous. O se trouve la toilette qu'elle a
d vous confier  mon intention?

-       Il n'y a pas de toilette, Mademoiselle, rpondit la soubrette avec un
lger sourire. C'est avec ces seuls effets que My Lady et My Lord souhaitent
vous voir prendre place  leur table.

        Vulfrane s'abstint de tout commentaire qui et t inutile. Elle
s'abandonna donc aux mains de Betty, qui la priva de son peignoir, ajusta sur
elle la gupire extensible et en agrafa dans son dos les nombreux petits
crochets. En haut, les balconnets intrieurement doubls d'un pais bourrelet
en demi-lune, comprimant et relevant fortement ses seins, ne dissimulaient pas
entirement l'arole de ses mamelons. En bas, pousant ses hanches et
aplatissant svrement son abdomen, la gaine laissait nus son pubis lisse et la
totalit de ses fesses rebondissantes. Ensuite, Betty lui enfila les bas et les
fixa aux jarretelles, non sans veiller avec un soin mticuleux  la rectitude
des coutures, la chaussa des mules et, pour finir, passa  sa taille le
jupon-tutu, dont le volant de dessous se rvla d'une longueur insuffisante
pour couvrir ses cuisses jusqu' la lisire des bas.
        Une fois que la soubrette eut l'assurance que les sous-vtements et les
mules convenaient parfaitement  la jeune Franaise, elle recommanda  cette
dernire d'attendre dans la chambre que Parker vnt la chercher, puis s'loigna
aprs une nouvelle petite rvrence, suivie par l'impressionnant molosse.
        A aucun moment, et quoique n'ayant pas cess une seconde d'pier les
gestes des deux femmes, le chien n'avait fait le moindre mouvement pour
pntrer dans la pice.
        Seule, Vulfrane se contempla dans la glace et ne put s'interdire de
rougir de honte  la perspective de devoir paratre ainsi accoutre, non
seulement aux regards de Lord et Lady Folkrown, mais galement  ceux du
majordome et du reste de la domesticit.
        Pour la premire fois de sa vie, elle prouvait la sensation pnible
que l'insolite et perverse indcence vestimentaire pouvait, en certaines
circonstances, tre pire que la nudit.


CHAPITRE SIXIEME

        La salle  manger de Firecastle tait lambrisse,  plafond trs haut,
fentres  meneaux et petits vitraux de couleur. Dans l'immense chemine,
devant laquelle un seul danois tait allong sur un pais tapis de laine
blanche et boucle, de grosses bches brlaient en crpitant, concourant avec
trois ou quatre radiateurs  baigner la pice d'une suffisante chaleur.
Le splendide lustre de bronze suspendu au-dessus de la table,  laquelle
pouvait s'asseoir une douzaine de personnes au moins, donnait au dcor un
aspect crmonieux.
        A l'extrmit proche de la chemine, et tournant le dos  celle-ci, le
comte, qui avait enfil une veste de smoking par-dessus sa chemise romantique,
dgustait une banane avec fourchette et couteau, dans les rgles les plus
strictes de la consommation des mets et fruits en socit. A sa gauche,  peine
vtue des affriolants sous-vtements, les seins plus qu' demi dcouverts et
menaant de jaillir hors des balconnets de la gupire  chaque inspiration,
chevelure cascadant dans le dos, Vulfrane percevait la tension croissante de
Lady Folkrown qui, en face d'elle, moule dans un long fourreau de latex
cramoisi, ne la quittait gure des yeux. Par endroits, notamment autour des
seins, entre la poitrine et le ventre, sur les hanches, au-dessus des coudes
galement, la matire semblait comme double intrieurement d'troites bandes
de renforcement. Elle aussi avait les cheveux libres, lisses, encadrant son
visage et effleurant ses paules. Aucun bijou ne la parait, mais elle portait
au cou, assez serr, une sorte de collier de chien, en cuir noir agrment de
ttes de clou et d'un anneau d'acier brillant, ainsi que des bracelets aux
poignets, de mme nature.
        Debout  l'autre extrmit de la table, gant de blanc, hiratique, les
traits impassibles et le regard glac, Parker surveillait les alles et venues
de Kate, une apptissante rousse exactement vtue comme Betty, qui assurait le
service.
        Ni le majordome, quand il tait venu la chercher dans sa chambre, ni le
comte ni la comtesse n'avaient comment de quelque faon la mise impudique de
la jeune Franaise. Aucun d'eux, non plus, n'avait paru voir son lger
raidissement lorsqu'elle s'tait assise.

        La servante rouvrant une nouvelle fois la porte et apportant le caf,
un petit courant d'air frais agitant les flammes du foyer et caressant sa
croupe nue, Vulfrane prouva tout soudain une sensation trange, mais nullement
dsagrable. En raison du jupon bien trop court, ses fesses reposaient
directement sur le cannage du sige. Jamais encore elle n'avait prouv une
semblable impression. Une subite chaleur monta dans son ventre, la bouleversa
d'un moi profond, sensuel, trop prcis.

        Le dsir la fit imperceptiblement frissonner.

        Elle glissa sa main gauche sous la table, effleura son mont de Vnus
rebondi  travers le tulle, reconnut brivement la forme de son sexe, et pressa
fortement sa vulve. L'onde de dsir reflua.

-       Comment trouvez-vous la comtesse, Mademoiselle de Sancray? demanda
abruptement Lord Folkrown, tandis que Kate versait avec prcaution le breuvage
fumant dans de prcieuses tasses de porcelaine transparente.
        Vulfrane, croyant que le comte avait devin son geste, reposa sa main
sur la table et se sentit rougir un peu.

-       My Lady est trs belle, complimenta-t-elle tout en tchant de dominer
son trouble.

-       Est-ce le type de femme dont, au del de la seule volupt, vous
pourriez tre rellement amoureuse?

        Vulfrane comprit que l'on n'attendait rien moins de sa part qu'un
assentiment.

-       Oui, murmura-t-elle en regardant Lady Folkrown et tachant de faire
exprimer  ses yeux de jais toute la tendresse dont elle tait capable.
-       Au point d'accepter d'tre son esclave?

        Cette fois, Vulfrane se demanda si la question ne recelait pas un
pige.
-       Je ne sais pas, balbutia-t-elle aprs une lgre hsitation. Je vous
l'ai dit, My Lord, je suis sans exprience.

        Le comte eut un sourire ambigu.

-       Un dressage efficace corrigera vite cette carence, rtorqua-t-il
froidement.
        Puis il tourna la tte vers sa femme.

-       Et vous, Maureen, que diriez-vous de Mademoiselle de Sancray?

        La comtesse attendit que Kate et achev de servir et ft sortie de la
pice.
-       Je dirais simplement qu'elle est superbe, laissa-t-elle tomber en
continuant  fixer durant quelques secondes la Franaise.

        Ensuite, baissant la tte, elle avala une gorge de caf brlant et se
tamponna les lvres de sa serviette brode.
-       En effet, confirma Lord Folkrown, c'est un superbe spcimen.
        Vulfrane, qui s'apprtait  boire  son tour, se figea.
-       Spcimen? ne put-elle s'empcher de relever. Me considreriez-vous
comme un objet, My Lord?
-       Et quand cela serait!... Je connais des objets qui par leur ge et leur
valeur sont sans quivalent. On dit galement "spcimen" pour qualifier un
animal de race, le chien notamment, et j'aime les chiens. A vrai dire, je les
aime parfois plus que les femmes. Aussi, pourquoi n'emploierais-je pas le terme
"spcimen" pour dsigner une crature telle que vous? Maureen aussi est un
spcimen, et vous allez sans plus tarder vous en rendre compte!
        Puis il fit un geste bref  l'intention de Parker.

        Vulfrane vit tout  la fois le majordome acquiescer d'un hochement de
tte silencieux et la comtesse se crisper imperceptiblement.
        Parker quitta sa place pour s'approcher lentement de Lady Folkrown.
-       My Lady veut-elle bien se lever? demanda-t-il avec respect.
        La comtesse affecta de n'avoir pas entendu et, reprenant dlicatement
sa tasse de caf, la porta de nouveau  ses lvres.
        Alors, sidrant Vulfrane, le majordome empoigna la femme par les
cheveux, lui renversa si durement la tte en arrire qu'elle en gmit et
faillit lcher l'anse de la tasse. Un peu de caf se rpandit sur la nappe.
-       Debout, la chienne! intima-t-il.
        Lady Folkrown n'eut pas le moindre mouvement de rbellion. Elle reposa
sa tasse au juger et cda avec une tonnante docilit  la traction ascendante
exerce sur sa chevelure. Quand elle fut debout  ct de sa chaise et que
Parker la lcha, elle lana un fugace regard de provocation  Vulfrane, puis
ferma  demi ses paupires aux cils gains de mascara et recourbs.
        Alors, sans que le comte et profr une parole, le majordome abaissa
la fermeture  glissire fermant la robe de sa nuque au bas de son dos, dgagea
ses paules et ses bras du latex, puis son buste, et Vulfrane put voir que,
sous son vtement singulier, nullement pourvu de renforts, elle portait des
bracelets au-dessus des coudes et une espce d'armature de soutien-gorge faits
du mme cuir noir clout que le collier. Etreints  la base, mais non pas
soutenus, ses seins taient ronds, opulents et lourds. Sous la peau diaphane,
laiteuse, couraient de nombreuses veines bleutes. Au centre des auroles
grumeleuses, larges et bistre-rose, ses gros ttins semblaient comme tumfis,
violet sombre.

        Parker continuant  dvtir la comtesse, laquelle ne faisait rien ni
pour s'opposer ni pour aider  son dshabillage contraint et humiliant, dont
les pesants appas mammaires tremblotrent quand il l'obligea  se tortiller et
dut tirer avec force sur le caoutchouc pour, non sans difficults, parvenir 
faire franchir  celui-ci les menues, mais fermes rondeurs de ses hanches et de
sa croupe, Vulfrane constata que l'armature enserrant sa poitrine n'tait
qu'une partie seulement de son trange et plus qu'impudique parure.

        Depuis le dessous de ses seins, deux bandes de cuir descendaient en V
vers son ventre, fixes cte  cte sur un fort anneau d'acier plaqu sur son
pubis... tout  fait glabre. De ce mme anneau, deux autres sangles remontaient
un peu sur ses hanches en creusant sa chair pourtant tendue et ferme, et une
dernire enfin, plus large, mais fendue, disparaissait entre ses cuisses, en
comprimant sa vulve par les cts et la faisant saillir obscnement.

        Entirement dpouille de sa robe, dresse sur les talons aiguilles
vertigineux de ses escarpins, Lady Folkrown dut exhiber  son poux, au
majordome et  Vulfrane la vision de sa nudit longiligne, bride par le
harnais, le collier et les bracelets, mais plus encore celui de son sexe
intgralement priv de pilosit.
        De longues secondes passrent ainsi dans un silence oppressant, durant
lesquelles, sentant peser sur elle le regard insistant du comte, quoique
dconcerte et trouble par la scne, Vulfrane acquit la certitude, en
distinguant l'humidit sourdant entre les deux paisses babines sexuelles de la
comtesse, que cette dernire, les pommettes enflammes, immobile mais
frmissante, prouvait un plaisir pervers  se donner de la sorte en spectacle.
-       Tourne-toi, la chienne! ordonna enfin Parker.

        Lady Folkrown obit une fois encore avec docilit.
        Tressaillante, Vulfrane remarqua  peine la sangle mergeant du profond
sillon de la croupe et s'agrafant par une boucle  celles contournant les
hanches. Le postrieur ferme et saillant offrait un tout autre intrt.
Du bas des reins jusqu'aux cuisses, les deux fesses taient rayes de marques
bruntres, longues, fines, et pour la plupart lgrement boursoufles encore.
        A l'vidence, la comtesse avait reu voila peu sur son immodeste
derrire une copieuse et svre vole de coups de badine ou de cravache.

-       Parker, intervint alors le comte, ce harnais ne me parat pas tre des
mieux ajusts. Retendez tout cela, voulez-vous!
-       Certainement, My Lord.

        Le majordome s'en prit d'abord  l'attache de l'armature emprisonnant
le torse et, d'une traction nergique, arrachant un gmissement  Lady
Folkrown, la resserra de deux crans. Il rduisit pareillement la longueur des
lanires bridant les hanches, puis tira si durement sur la sangle comprimant la
vulve et sciant l'entrefesses que la femme ne put s'interdire de jeter une
exclamation douloureuse.

-       Non! Non! C'est trop! protesta-t-elle.

-       Ne t'en prends qu'a toi-mme, la chienne, ricana le comte. Ne t'ai-je
pas autorise  te remplumer un peu? Abandonne ton rgime de famine, et tu
auras quelques bourrelets protecteurs  comprimer!
        La comtesse gmit encore, mais ne rpliqua pas.

        Tandis que,  l'aide de mousquetons, Parker reliait ensemble les
bracelets de bras et de poignets de Lady Folkrown, puis qu'il accrochait les
premiers  l'anneau joint  la boucle dorsale de l'armature de soutien-gorge et
les seconds  celui plac sur ses reins, Lord Folkrown tourna de nouveau les
yeux vers Vulfrane.

-       C'est un jeu qui l'excite beaucoup, expliqua-t-il. Se faire traiter
comme une chienne la met dans tous ses tats. Souvent, et part n'importe quel
temps, Ulmer, le palefrenier, la promne ainsi dans le parc,  quatre pattes,
tenue en laisse avec les chiens, ou l'oblige  courir avec eux. Elle aime cela
comme elle aime tout ce qui lui fait perdre un peu de sa graisse, car comme
tous les mannequins de haute couture, elle est persuade d'en avoir  perdre.
Je crois que vous aimerez cela, vous aussi, n'est-ce-pas?
-       J'obirai  ce que vous m'ordonnerez, My Lord, se fora  rpondre
Vulfrane, en invoquant secrtement les cieux pour que sa mission soit acheve
avant qu'elle ne doive endurer une telle humiliation.

        Ayant achev de l'entraver svrement, Parker fit se retourner la
comtesse. Elle avait les yeux brillant de larmes, sans doute  cause du
tourment que la sangle bridant son entrecuisse infligeait  la dlicatesse de
ses chairs intimes. Puis, sur un imprieux claquement de doigts de son poux,
elle se mit  genoux, inclina le buste et passa sous la table.

        Vulfrane se contracta d'instinct, frmit quand la tte de Lady Folkrown
fora ses jambes  s'ouvrir, glissa entre ses cuisses et jusque sous le tulle
de son jupon. Puis elle se crispa davantage au contact de la bouche fminine
embrassant son sexe.

-       Ne tentez pas de rsister! intima le comte. Je suis sr que vous allez
aimer la faon dont la chienne va vous tmoigner son plaisir de vous avoir
dsormais pour compagne. Ensuite, ce sera  mon tour de vous faire part de la
satisfaction que me donne votre venue dans ma demeure.

        Sans oser le regarder, Vulfrane se relcha un peu.

        Lady Folkrown se mit en devoir de lui mordiller la vulve, ne cessant
que par instants pour la laper d'un bref lchement effectu de bas en haut,
jusqu' la faire se raidir, serrer les poings sur la table et ne pouvoir
s'interdire de couiner.

        Bientt, toute honte bue, la superbe jeune femme blonde au visage
d'innocente jouvencelle s'abandonna  l'intime sollicitation saphique,  la
volupt nouvelle et pour elle interdite, qui n'avait jamais eu de place dans
ses fantasmes.

        Lady Folkrown s'obstina  la stimuler avec une avide gourmandise.
Du bout de la langue, elle balaya l'ore de son vagin, puis titilla son
clitoris en un va-et-vient rapide qui l'affola, l'embrasa.

-       Oh, oui!... Oh, oui!... miaula-t-elle en s'agitant sur la chaise et
s'agrippant des deux mains au rebord de la table.

        En mchant du bout des dents la crte rectile de sa fminit, la
comtesse la fit se cabrer. Une coule de lave flua de son vagin et l'orage
voluptueux explosa soudain au plus profond de ses entrailles.
        Elle s'entendit crier, puis rclamer une pause, implorer un rpit.
        Mais Lady Folkrown n'interrompit pas le dlicieux supplice rotique.
        Bisexuelle, perverse et insatiable, elle savait par exprience qu'une
femme pouvait perdre tout contrle et toute pudeur pour peu qu'on st la mettre
en condition. Il suffisait seulement d'veiller la bte lubrique sommeillant en
elle, d'exasprer ses instincts libidineux, de raviver la fournaise du volcan
creus sous son renflement pubien.

        Coup sur coup, Vulfrane jouit une seconde, puis une troisime fois.
-       Assez!... Oh, assez!... C'est trop!... supplia-t-elle, tandis que
l'incendie consumait son ventre.

        Mais en mme temps, elle cambrait les reins afin de s'offrir mieux
encore et, le torse renvers contre le dossier de la chaise, cuisses largement
ouvertes, se berait en un ballet saccadant qui favorisait les lchements, les
succions et les mordillements pervers de la bouche rive  son sexe.
        Ce n'tait certes pas la premire fois qu'on la rgalait ainsi, mais 
cause de ce qu'elle devait son plaisir fou  une autre femme agenouille sous
la table et qu'elle ne pouvait voir, une femelle volontairement entrave,
humilie, chiennise, elle avait la sensation de se trouver projete dans un
univers dment, au coeur de l'abjection duquel elle dsirait sombrer.

        Lady Folkrown le devinait bien, qui s'enivrait de sa succulence
aphrodisiaque, s'acharnait  torturer de la langue et des dents ses replis
intimes.
        Elle gesticula plus vivement sur la chaise.

-       Oh! Cela revient!... Cela revient! cria-t-elle en se ttanisant d'un
nouvel orgasme, dont la violence fit jaillir les larmes de ses yeux.

        C'tait un peu comme si, allonge sur le sable brlant d'une plage, la
peau rissole par le soleil, une vague frache la surprenait soudain en la
giflant avec vigueur. Elle sursautait et criait, mais restait l, entre
dplaisir et plaisir, esprant en frmissant que la mer ne la laissait se
rchauffer que pour mieux l'agresser encore, convoitant malgr elle l'clat
d'une jouissance vritable, complte et profonde.
        La langue et les dents prodiguaient  sa chair des sensations tour 
tour sublimes et insupportables. Elle avait oubli la raison de sa venue 
Firecastle, et peu lui importait que le couple pervers la considrt comme un
objet sexuel. Une fois encore, une fois de plus, le spasme se nouait dans son
tre.
        L'ivresse voluptueuse occultait sa lucidit,  tel point qu'elle en
devenait putain.
        Lchant le rebord de la table, elle monta les mains  sa poitrine.
        Mais la voix sche de Lord Folkrown la figea dans son mouvement.
-       Non! Ni vous ni comme a! refusa-t-il. Parker, mon ami, donnez-lui donc
ma cravache  tenir et veuillez la contenter en vous occupant de ses seins!
-       Certainement, My Lord, acquiesa le majordome, qui alla prendre sur la
chemine un longue et fine cravache de dressage, puis revint vers Vulfrane pour
prsenter devant ses lvres l'instrument de correction.
-       Ouvrez la bouche, prenez cela entre vos dents et tenez vos mains dans
votre dos! exigea-t-il.
        La jeune femme en proie au dlire sexuel s'tant docilement excute,
il extirpa sans peine ses belles poires mammaires des demi-bonnets de la
gupire pour lui triturer habilement les mamelons et, conjointement  la
comtesse, la faire presque aussitt soubresauter d'un nouveau sisme.
        Ds lors, le ventre comme greff  la bouche vorace de Lady Folkrown,
le bout des seins captifs des doigts gants de blanc de Parker, Vulfrane ne se
sentit plus comme sur une plage grille par le soleil, gifle par les vagues
d'une mer capricieuse, mais prise dans les tourbillons vertigineux d'une
tornade infernale.
        Secoue par la violence des spasmes, elle gronda et sanglota sur la
cravache. La sueur mouilla partout son piderme sensibilis  l'extrme.
Une sve abondante dgoulina de sa chair fondante et, sans que la bouche
affolante parvnt  la boire entirement, ruissela sur son prine et inonda
ses fesses.
        Son corps bouillonna. Sa raison se perdit. Son coeur ne battit plus, il
s'emballa. Ses poumons charrirent un souffle de forge. Ses muscles se
bandrent  se rompre. Des convulsions la tordirent. Tout son tre port 
incandescence se rua vers le paroxysme d'une jouissance dmoniaque.
        L'orgasme la dchira comme un coup de fouet en plein ventre. Elle
laissa la cravache chapper  ses dents pour hurler, creusa les reins, tendit
son pubis, se cabra, se relcha, tressauta sur le cannage tremp de son
plaisir, agita la tte en continuant  crier et sangloter, secoua ses seins que
les doigts venaient de librer et gesticula comme une nymphomane en crise pour
se soustraire  la bouche maintenant suppliciante.

        Reprenant conscience, Vulfrane frissonna d'un reste de plaisir, puis,
les seins nus toujours offerts aux regards de Lord Folkrown et du majordome
demeur debout derrire sa chaise, d'un commencement de gne sordide.

        La comtesse n'tait plus agenouille sous la table, mais assise sur la
fourrure, devant la chemine, prs du chien qui s'tait dress sur son sant.
Quoique sa nudit ft toujours serre par le harnais, on lui avait rendu
l'usage de ses mains.

-       Voyez comme ils se regardent, tous deux palpitant d'impatience, dit le
comte  Vulfrane en dsignant de sa cravache l'animal et sa femme. Ne dirait-on
pas un chien et sa chienne, un mle et sa femelle?

        Dgrise, la jeune femme conserva le silence, resta sans raction.
Elle se sentait froide maintenant, et prouvait presque plus de honte  s'tre
abandonne de la sorte que de montrer aux deux hommes sa poitrine nue aux
ttins tumescents.

-       C'est bon, la chienne, reprit Lord Folkrown  l'intention de son
pouse, tu as ma permission.

-       Gasko!... Viens, Gasko!... Viens mon chien, viens! appela alors Lady
Folkrown.

        L'norme danois se leva, ouvrit la gueule pour un long billement,
sortit la langue, se lcha les babines et s'approcha de sa matresse. Puis,
d'un lan souple et puissant  la fois, il se dressa sur les pattes de
derrire, sauta aux paules de la comtesse, qui accusa difficilement le coup et
manqua chuter en arrire, et lui passa sa grosse langue rpeuse sur le visage.

        Lady Folkrown mit un petit rire heureux. La langue du chien vint de
nouveau sur sa bouche.

        Vulfrane crut voir l'extrmit rose de la langue de la comtesse pointer
entre ses lvres gonfles et barbouilles de rouge dilu. Elle tressaillit de
dgot tout en songeant qu'une telle chose ne pouvait tre possible.
        Pas entre une femme et un chien!

        Au sommet des cuisses postrieures du gant canin, la masse gnitale se
balanait lourdement. Plus haut, sous le ventre muscl et lisse, la verge
glissait peu  peu hors du fourreau. Dj, son extrmit rouge vif et luisante
apparaissait, effile, courbe vers le bas.

        Rieuse, la comtesse enlaa le chien  pleins bras, exactement comme
elle l'aurait pu faire d'un amant pour l'treindre avec tendresse, et le pressa
sur sa forte poitrine, dont le cuir du harnais, en la comprimant  la base,
corrigeait un peu la lourdeur.

        Malgr elle, Vulfrane ne parvenait pas  dtourner les yeux de la scne
trange, fixant tour  tour le sexe du danois et la langue de celui-ci balayant
lentement le visage, les seins, puis encore la bouche de Lady Folkrown.
Le pnis de l'animal se dveloppait de plus en plus, se recourbait, tendait sa
turgescence pointue et humide.

        Les mains longues et fines de la comtesse caressrent les flancs du
chien, passrent sous le ventre, effleurrent le sexe, qui gonfla, s'allongea
davantage. Les ongles aigus s'enfoncrent dans les poils ras, grattrent, se
crisprent... Un mouvement significatif et saccadant agita bientt les reins du
danois, imperceptiblement imit par les hanches et le bassin de sa matresse.

        Vulfrane russit enfin  dtourner la tte, mais pour tre
irrsistiblement attire par le regard acr du comte. De nouveau elle
frissonna de tout son corps, presque effraye, croyant lire dans les yeux gris
de l'homme un dsir pervers, ce mme dsir contre nature qui,  ce qu'elle
croyait voir, brillait au fond des pupilles dilates de la comtesse.

-       Levez-vous, venez prs de moi et tournez-vous! lui commanda soudain
Lord Folkrown.

        Comme une automate, elle quitta sa chaise et vint  la place dsigne.

-       Retirez donc cette espce de tutu! ordonna encore le comte.

        Vulfrane, qui s'attendait confusment  ce qu'a un moment ou un autre
cette exigence ft formule, glissa ses doigts sous l'lastique du jupon et,
les pommettes enflammes par la confusion, paupires  demi closes pour ne pas
voir les regards du majordome guetter la dcouverte de son bas-ventre,
l'abaissa lentement sur ses reins et ses hanches. Puis, pour en finir, elle
descendit d'un coup le tulle sur ses cuisses, le fit coulisser le long de ses
jambes, jusqu' ce qu'elle pt l'enjamber.

        Ds qu'elle se fut redresse, Lord Folkrown caressa ses fesses de la
fine languette de la cravache.

-       Vous avez vraiment un cul superbe, apprcia-t-il, ample, rebondissant
et ferme. Le cannage de la chaise vous l'a fard d'une quantit de pois roses
qui sont du meilleur effet. Vous l'a-t-on dj fouett votre beau joufflu?

-       Oui, My Lord, avoua Vulfrane, une fois.

        Le comte insra la cravache entre ses cuisses, la fit glisser contre
son sexe, la remonta entre ses fesses, qui se contractrent, se couvrirent de
chair de poule.
-       Savez-vous de quoi j'ai envie? demanda-t-il.
-       Oui, My Lord, de me fouetter.
-       A la bonne heure! Combien de coups de cravache sur le cul vous
sentez-vous capable de compter et d'endurer sans tre attache?... Vingt?...
Cinquante?... Cent?... Deux cents?... Davantage, peut-tre?... Allons, dites!
-       Oh, My Lord! gmit Vulfrane.
-       Parker, offrez-lui un appui, voulez-vous!

        Le majordome vint se placer devant Vulfrane, lui prit les poignets et
lui leva les mains de sorte qu'elle les post sur chacune de ses paules.
        Le mince jonc de cuir tress siffla et cingla les deux superbes fesses
par le travers.

-       Aaaah! cria Vulfrane en bondissant et crispant les doigts sur les
paules de Parker.
-       Combien? insista lord Folkrown.
-       Je ne sais pas! bredouilla Vulfrane.
        La cravache siffla et cingla de nouveau, puis encore, et encore.
-       Combien?
-       Autant de coups que vous voulez, My Lord, sanglota la jeune femme.
-       Voila la rponse que j'attendais! ricana le comte. Eh bien, pour ce
soir, cela suffira. Maintenant, j'ai envie de vous voir entirement nue.
Mais dshabillez-vous en continuant  me tourner le dos. J'ai trop de plaisir 
regarder votre cul marqu par la cravache.

        Puis, tandis que Vulfrane, reniflante, se penchait un peu et dtachait
ses bas des pinces des jarretelles, il questionna le majordome  son propos:
-       J'imagine que vous n'avez pas d rsister au dsir d'essayer sa bouche,
n'est- ce-pas, Parker?
-       En effet, My Lord, juste avant le dner, acquiesa le majordome, sans
se dpartir aucunement de son calme.
-       Est-ce une suceuse convenable?
-       Je dirais, My Lord, qu'elle fait cela mieux encore que Madame la
comtesse.
-       Vraiment, Parker?
-       Assurment, My Lord.
-       En ferons-nous une bonne chienne?
-       Je ne sais, My Lord, mais je la crois vicieuse. Au demeurant, elle
tait dj pile en arrivant.
-       Un signe qui ne trompe gure! Vous entendez ce que Parker dit de vous,
Vulfrane?
-       Oui, My Lord, balbutia cette dernire en dgrafant dans son dos les
crochets de la gupire.
-       Alors, dpchez-vous et venez vous mettre dans la position requise afin
de me donner un chantillon de vos talents!
        Tranquillement, le comte ouvrit la braguette de son pantalon, exhiba un
sexe de bonnes proportions, dj fortement rig, et carta largement les
jambes.

        Vulfrane acheva de se dbarrasser de la gupire et, toute nue,
s'agenouilla docilement devant lui.

        Elle caressa le phallus dress du bout des doigts, puis le roula durant
un instant entre ses paumes jointes. Le sang lui battant aux tempes, elle
pencha la tte en avant, carta ses mains et effleura le sommet du membre du
bout de la langue.

        Lord Folkrown mit un lger soupir tout en avanant le ventre. La
langue passa sous sa verge, glissa en une caresse crispante vers ses
testicules, remonta jusqu' son gland. Il se crispa davantage, et la bouche
chaude et suave de Vulfrane l'enveloppa compltement. Ce fut pour lui
immdiatement fabuleux.
        La jeune femme avait une technique tourdissante. Les lvres montaient
et descendaient le long de son sexe, le serrant exactement au bon endroit,
insistant prcisment l o il fallait. Il en avait des tremblements dans les
jambes, dans les reins.

        Soudain, la porte s'ouvrit, et Kate apparut avec un plateau supportant
une bouteille de champagne plonge dans un seau  glace et trois fltes.
A la vue de la servante, Vulfrane sursauta et, d'instinct, cessa son action.

-       Continuez ou je vous fais attacher toute nue dans la cour et fouetter
jusqu'au sang! menaa Lord Folkrown en s'appliquant  rguler son souffle, qui
devenait de plus en plus houleux.
        Vulfrane s'obligea  reprendre son rythme.
        Kate jeta un regard indiffrent  la nudit de la Franaise agenouille
 la dvotion du comte,  celle de la comtesse caressant son chien, posa le
plateau sur la table, dboucha la bouteille de champagne, remplit les trois
coupes et sortit comme elle tait entre.

        Lord Folkrown grina des dents. Vulfrane sut que le plaisir montait 
lui par deux ou trois tressaillements qui traversrent tout son corps.

-       Arrtez, levez-vous, mettez-vous face au feu, les mains appuyes  la
chemine et cartez les cuisses! commanda celui-ci d'une voix haletante.
        Ds qu'elle eut obi, il prit le temps de boire un peu de champagne,
puis vint se coller contre elle et frotta un instant son phallus mouill de
salive entre les globes fessiers idalement rebondissants sous les reins
cambrs.

        Vulfrane ronronna sourdement et, reposant son front sur ses bras
tendus, le devant du corps chauff par le foyer, inclina un peu plus le buste
pour mieux offrir  l'homme les rondeurs de sa croupe.
        Sous elle, la comtesse tait allonge contre le dos du chien tal de
tout son long, le ventre offert, les organes gnitaux bien visibles. Du bout
des doigts, elle caressait la verge du grand animal, le masturbait
littralement.

        Lord Folkrown infiltra une main entre les fesses de la jeune femme et
son bas- ventre. Avec des gestes quelque peu maladroits, les jambes vibrant
toujours de lgers tremblements, il guida sa verge, ttonna, buta trop bas,
contre la jonction infrieure des lvres vaginales, puis trouva le chemin.

        Sous le lent glissement, Vulfrane mit une sorte de chevrochement
sanglot.

        Lady Folkrown leva la tte pour la regarder. Avec un sourire ironique
aux lvres, elle continua son geste scandaleux, visiblement ravie de la
choquer.

        La verge acheva de la pntrer, s'incrusta en elle et s'immobilisa.
Elle laissa passer ainsi deux ou trois secondes, puis se mit  rouler des
hanches.

        Alors le comte se mit  entrer et sortir, d'un ample mouvement, sans
hte.
        Le sexe fminin tait chaud et humide. Il eut l'impression que le vagin
palpitait, vivait comme une sorte de vie propre, le serrait, le relchait,
l'aspirait de la mme faon que la bouche l'avait fait un moment plus tt.
Il accentua peu  peu la violence de ses coups de reins.

        Sous les doigts de la comtesse, le chien grogna de plaisir.
        Vulfrane se mit  rler par saccades.

        Le temps s'coulait, et ses muscles et ses nerfs se nouaient  chaque
seconde davantage dans une volupt qui montait en elle par vagues, chacune plus
haute, plus forte, plus violente que la prcdente.

        Brusquement, elle redressa le buste et gmit:
-       Oui... Je vais venir...

        Le comte resserra la prise de ses mains et accrut brutalement la
puissance de ses allers et retours.

-       Tiens! Tiens! Jouis! gronda-t-il.
-       Je jouis!... Je jouis! cria Vulfrane.

        Elle lana le bas de son corps  la rencontre du phallus en mettant
des trmolos saccads, se cabra et lcha un feulement aigu qui s'acheva en
sanglots.

        Lord Folkrown se propulsa une dernire fois en elle et, dans un
rugissement rauque, projetant les flots de sa semence, se laissa  son tour
emporter par un spasme en forme de tornade.


CHAPITRE SEPTIEME

        Comme la veille et l'avant-veille, ce fut Betty qui veilla Vulfrane
vers neuf heures en lui apportant le petit djeuner.

        La soubrette dposa le plateau sur la table et alla ouvrir les rideaux,
faisant pntrer dans la pice la lumire triste d'un ciel gris pleurant une
pluie fine et glace. Elle regarda avec un peu d'envie la superbe desse blonde
s'tirer, repousser draps et couvertures, puis se lever et lui offrir la vision
mouvante de sa nudit radieuse.

-       Vous tes vritablement trs belle, Mademoiselle, ne put-elle
s'empcher de complimenter alors que, sans paratre prouver de gne  rester
nue en sa prsence, la jeune femme s'asseyait et humait l'odeur du caf frais
avec gourmandise.

        De fait, bien que sa pudeur ne ft nullement morte, Vulfrane,
contrairement  ce qu'elle ressentait avec le majordome, le comte ou mme la
comtesse, n'avait aucune honte  se montrer sans voile  la servante. Et puis,
dans le contexte du chteau, la nudit ne lui devenait rellement  charge que
dans certaines et humiliantes conditions. Ainsi le soir de son arrive,
lorsqu'il lui avait fallu s'exhiber aux regards de Lady et Lord Folkrown, se
soumettre  leurs pervers dsirs devant Parker, puis quitter la salle  manger
et regagner sa chambre en gravissant le grand escalier et parcourant les
couloirs compltement nue sous la conduite impavide de ce dernier.
        Heureusement, durant ces deux derniers jours, le couple comtal s'tant
absent de Firecastle, elle avait pu vivre sans apprhender le moment du dner
et, chaque fin d'aprs-midi,  dix-huit heures prcises, dans le
contre-clairage de la pice, devant la fentre, faire les gestes convenus pour
signifier,  l'invisible agent des S.I.S.E. guettant aux jumelles, qu'elle
tait dans la place et que, jusqu' prsent du moins, elle n'avait pas remarqu
quoi que ce soit de suspect.

        Hlas, le comte et la comtesse taient rentrs tard la veille au soir,
et sa quitude s'en tait aussitt envole.
-       Vous aussi, Betty, vous tes trs jolie, dit-elle avec gentillesse.
        La brune soubrette rosit de plaisir, sembla sur le point de dire
quelque chose, hsita, se ravisa, puis se retira discrtement.

        A peine Vulfrane achevait-elle son petit djeuner que Parker, sans
prendre la peine de frapper, ouvrit la porte et entra d'autorit.

-       Comment osez-vous? se rvolta la jeune femme nue en plaquant vivement
ses mains sur ses seins.

-       Inutile de faire la mijaure avec moi, rtorqua froidement le
majordome. Je ne vois gure ce que vous pourriez encore avoir  me cacher.
Et puis, autant vous le dire tout de suite. D'ici peu, tous les occupants du
chteau, et quelques autres de l'extrieur, auront eu le plaisir de vous
contempler  poil, si l'on peut dire, et dans des poses autrement
croustillantes... Pour ce qui est du moment prsent, My Lady vous rclame dans
sa chambre.
        Vulfrane lui lana un regard courrouc.

-       Eh bien, sortez et attendez dans le couloir que je me sois habille!
exigea-t- elle.
        Parker effleura des yeux la robe et les dessous de latex noir plis sur
le cabriolet, effets tranges que Vulfrane avait reu l'ordre de revtir, comme
Betty et Kate, au lendemain de son installation au chteau, puis avisa le court
peignoir de satin blanc abandonn sur le lit. Sans se dpartir de son calme, il
alla jusqu' la couche, prit le vtement lger et le lana  la jeune Franaise
contracte de dpit impuissant.
-       Enfilez cela et venez! intima-t-il.

        Sachant bien qu'elle ne gagnerait rien  rsister, Vulfrane affronta le
regard mtallique de l'homme et, tout en couvrant prestement sa nudit du
peignoir, se leva pour chausser ses mules.

        Un instant plus tard, elle fut introduite par lui dans la chambre de la
comtesse.

        Lady Folkrown tait encore au lit, mais, dcouverte et pare d'un
somptueux dshabill de voiles rose ple agrments de dentelle bouillonnante,
elle se tenait assise, avec les jambes allonges et le dos soutenu par d'pais
coussins.
-       Bonjour, Vulfrane chrie, dit-elle avec une mine enjoue ds que Parker
se fut retir. Ne vous tes-vous pas trop morfondue ces deux jours-ci?
-       J'ai pris le temps de me faire  Firecastle, My Lady.
-       Je l'espre!... L'uniforme du personnel fminin de la maison vous
sied-il bien?
-       Je m'y habituerai, My Lady.

-       Je l'espre aussi!... Pour ma part je trouve trs excitant, sinon
confortable, de porter du cuir ou du caoutchouc  mme la peau. Cela me donne
une odeur... animale, qui flatte mes narines et exalte mes sens. Mais trve de
bavardages! Je souhaiterais vous couter me faire un peu de lecture. Alors
prenez ce livre, l, sur la petite table, tez votre peignoir et installez-vous
sur ce fauteuil.

-       C'est que je n'ai rien d'autre sur moi que ce lger satin, My Lady,
objecta Vulfrane.

        La comtesse sourit.

-       Je ne suis pas aveugle, chrie, mais il me plat de vous voir toute
nue. En fait, et bien que je vous aie fait pourvoir d'une toilette, j'en suis
encore  me demander s'il ne serait pas prfrable, afin de vous former et
ainsi que mon poux le suggre, de vous contraindre durant deux ou trois mois 
aller et venir sans vtement dans et hors de cette demeure. Enfin, nous aurons
tout le loisir de dcider de cela dans les jours prochains!

        Vulfrane s'effora de taire ce qu'elle pensait de ce projet, enleva le
peignoir et, nue de nouveau, prit le volume intitul "LES PLAISIRS SECRETS DE
SUSAN", puis s'assit dans le fauteuil crapaud que venait de lui dsigner la
comtesse.

        Elle ouvrit le livre, retira le signet insr entre la quarante-deux et
la quarante-troisime page, fit une lecture muette des premires lignes, puis
leva les yeux et considra Lady Folkrown avec effarement.

-       My Lady, dois-je vraiment lire ceci  haute voix? Ce texte est...
Il est...

        La comtesse sourit de nouveau.
-       Voyons, Vulfrane chrie, ne vous troublez pas de la sorte!
N'auriez-vous donc jamais lu de livre cochon!
-       Non, My Lady.
-       Celui-ci est trs intressant, vous allez voir... S'il vous plat,
lisez!

        Vulfrane serra les cuisses, baissa les yeux sur le livre et, d'une voix
mal assure, commena la lecture licencieuse.

        "La bite du chien effleura la chair fminine. La belle Susan
tressaillit et releva doucement sa croupe afin de s'ajuster au membre courbe et
gonfl de dsir. La pointe effile du braquemart turgide toucha son clitoris
tendu, la fit frmir, convoiter avidement la pntration, presque jouir,
trembler d'impatience. Elle ne voulait rien d'autre qu'tre une chienne soumise
 la volont de son mle. Elle souleva un peu ses fesses en prenant appui sur
ses talons, carta davantage les cuisses, ouvrit d'une main les babines de sa
chatte gluante de mouille, guida de l'autre le pnis du chien qui s'engagea
dans sa fente imberbe. L'animal donna un coup de reins. Sa chair virile, rouge
et brlante, s'enfona d'un seul bloc dans le con billant de Susan et la fit
crier..."

        Vulfrane releva la tte en reposant d'un geste nerveux le livre sur ses
genoux.

-       Oh, My Lady!... Je vous en prie, non, je ne peux pas continuer  lire
ce genre de... de...

-       Vraiment? railla Lady Folkrown. Je vous ai demand de vous mettre nue
dans une tout autre intention que celle de vous chtier. Pourtant, si vous me
contraignez  svir, je n'hsiterai pas  vous corriger ou, mieux encore, 
ordonner  notre palefrenier, Ulmer, de vous emmener promener dans la campagne
ainsi que vous l'a laiss entendre Monsieur le comte. Croyez-moi, rien ne le
divertit plus que d'obliger une femme  courir  poil devant lui en la cinglant
au cul de la lanire de son fouet!

-       Oh, My Lady!... chevrocha Vulfrane en rougissant  la fois de l'moi,
de la honte et de la peur que lui causait la perspective.

-       Il n'y a pas de "Oh, My Lady!" qui tienne, ma petite Vulfrane. Jusqu'
preuve du contraire, vous tes dsormais  mon service et devez obir  mes
volonts, toutes mes volonts! Alors reprenez votre lecture et, pour mieux vous
aider  dominer vos stupides sursauts de pudeur, cartez les cuisses et
caressez-vous... de faon que je puisse bien voir votre doigt aller et venir
dans votre chatte!

        Plus soucieuse de ne pas nuire  sa mission en se gagnant l'animosit
de la comtesse que vritablement mate par la menace de chtiment, Vulfrane
ouvrit les jambes et, glissant le mdius gauche dans sa vulve, se fora 
poursuivre la lecture du texte coeurant.

        "La langue du chien chercha la bouche de Susan. Elle ne tenta pas de se
drober. Au contraire. Le got de la salive canine, la chaleur du baiser
pervers la firent s'exciter davantage. Le membre du chien la lima de plus en
plus profondment. Elle se bera sur le tapis, ptrit ses seins des deux mains,
incrusta ses ongles dans leur pulpe, balana la tte de gauche  droite, se
donna totalement. En elle, la bite se gonfla davantage, carta ses chairs
vaginales, fit bouillir son sang. Le plaisir se cristallisa progressivement,
monta en elle, l'anima de convulsions, la fit haleter, gmir, crier. Ce n'tait
pas encore le dlire fou de l'orgasme, mais une extase prolonge. Elle poussa
des cris rauques, referma ses doigts sur ses ttins, agita langoureusement son
corps et se soumit au rythme du chien occupant sa vulve cartele..."

        Vulfrane s'interrompit de nouveau, mais non pas en raison de
l'obscnit du texte, cette fois.

        Un spasme voluptueux venait de nouer ses muscles et la faisait vibrer
en silence.

-       Continuez! exigea la comtesse d'une voix change, haletante, rauque
d'excitation, en froissant entre ses doigts crisps les voiles de sa vaporeuse
toilette du matin.

        Vulfrane reprit tout en mme temps la lecture et le cours de sa
masturbation.

        "Susan hurla soudain. Elle ne domina plus du tout ses instincts.
Son corps entier devint l'empire d'une jouissance phnomnale. Elle n'exista
plus que pour le plaisir, se transforma en objet de volupt. Sa vulve se
resserra davantage autour du pnis enfonc dans son ventre et dclencha
l'orgasme bestial."
-       Cela suffit! intima alors Lady Folkrown. Venez vous tendre  plat
ventre, mais sans ter le doigt de votre sexe!

        Elle s'tait leve et, le visage congestionn par le dsir, les yeux un
peu hagards, bras tendu et index point, dsignait son lit.

        Vulfrane abandonna le fauteuil, et la main gauche entre les cuisses, se
sentant ridicule  devoir se dplacer ainsi, le rouge de la confusion aux
joues, marcha jusqu' la table afin d'y dposer le livre, puis vers la couche
sur laquelle elle s'allongea.

        Sur le drap encore tide du corps de la comtesse, Vulfrane se mit 
onduler doucement des hanches, houla des fesses comme pour appeler un amant 
la prendre et la faire jouir. Soudain, elle avait envie qu'un homme vint sur
elle, la caresst avec perversion, procurt  sa chair le plaisir d'une
treinte interdite.
        Entre ses jambes ouvertes, livrant sans pudeur les trsors de sa
fminit, dont son doigt sollicitait toujours la crte sensible, la zone lisse
et ple de son sexe brillait dj de la sve qui perlait entre les bords
dentels de son fruit sexuel.

        Lady Folkrown enleva son vaporeux nglig et vint s'asseoir sur le bord
du lit, effleurant de sa hanche la cuisse gauche de la jeune femme. Puis elle
posa une main dlicate sur la chute de reins offerte, tous prs de la naissance
du profond sillon fessier.

        Vulfrane tressaillit, tendit mieux encore sa croupe dans l'espoir d'une
stimulation plus audacieuse. A bien regarder, il tait possible de discerner
les marques bistre clair traces sur ses fesses par la cravache de Lord
Folkrown.
        Mais les doigts, plutt que de descendre, planrent  peine sur son
dos, sur ses paules, effleurrent sa nuque veloute, glissrent dans ses
cheveux, procurant  son corps des sensations tranges, sublimes. Bientt, la
main coiffa tout l'arrire de son crne.

        Et la caresse saphique provoqua en elle une lente rvolution, aiguisa
ses instincts, prodigua  son bas-ventre une motion croissante, contre
laquelle elle ne chercha pas  lutter.

        Lady Folkrown s'allongea alors prs d'elle, sur le dos, jambes plies,
genoux levs et cuisses largement ouvertes pour exhiber sa fminit rendue
obscne par le manque de poils.

-       Viens sur moi, belle chienne blonde,  l'envers, invita-t-elle avec un
sourire carnassier.

        Vulfrane, si novice qu'elle ft encore, n'avait pas besoin d'un dessin.
Soumise, elle s'agenouilla sur le lit, se retourna et chevaucha la svelte
nudit offerte.
        Elle baissa le visage au-dessus du Mont de Vnus glabre et,
frissonnante de la tte aux pieds, sentit la bouche pulpeuse venir au contact
de son propre sexe.
        Tout de suite, Lady Folkrown se mit en devoir de sucer l'entrecuisse de
sa docile partenaire, laquelle, n'apprciant que mdiocrement l'odeur forte
exhale par son sexe billant, restant passive, n'effleura d'abord qu'a peine
son pubis du bout des lvres.

        Constatant son peu d'enthousiasme, la comtesse lui captura les seins
et, tout en serrant et roulant ses ttins, lui lcha la vulve avec application.

        Bientt, Vulfrane se prit  gmir langoureusement des audaces digitales
et buccales de son imprieuse et talentueuse initiatrice.

        Entre ses replis intimes, la langue habile allant et venant en un
frottement superficiel semblait vouloir user la crte de son clitoris et
exasprer  l'extrme l'ore de son vagin. Dj, plus abondante, la sve du
plaisir charnel s'coulait de sa grotte sexuelle, des ondes lectriques se
propageaient dans son ventre et la rgalaient d'embryons orgasmiques.
Nanmoins, elle se contentait toujours de frler des lvres le sexe offert  sa
bouche, sans l'embrasser vraiment et moins encore le pntrer.

        Soudain, Lady Folkrown referma les jambes sur la tte de Vulfrane,
qu'elle emprisonna et serra entre ses longues cuisses nerveuses jusqu'
l'empcher de respirer.
-       Lche-moi, chienne! ordonna-t-elle en ondulant des hanches.

        A bout de souffle, Vulfrane mordilla avec douceur le sexe de sa
despotique partenaire pour l'inciter  relcher l'treinte touffante. Mais ds
qu'elle cessa de la titiller, celle-ci referma les cuisses et la fit de nouveau
suffoquer. Alors, force lui tant faite de cder aux volonts de la svelte
tribade, elle se rsigna  la stimuler rgulirement, lui embrassa les lvres
vaginales avec plus de conviction, lui lcha le clitoris et, peu  peu, prouva
un plaisir certain  rendre la volupt qui lui tait prodigue.
        Le couple lesbien trouva son harmonie.

        Quand la comtesse lui enfona un doigt dans l'anus, Vulfrane crut
dlirer.
        Une onde brutale gifla le fond de ses entrailles. Elle se crispa une
seconde, mais elle n'en continua pas moins  sucer les chairs de sa matresse,
enfilant sa langue au plus profond du sexe dont la liqueur corse acheva de
l'enivrer, de la faire chavirer et sombrer.

        Ni Lady Folkrown ni Vulfrane ne s'aperurent que le jour blafard de
dcembre s'assombrissait davantage de la venue du crpuscule.

        Qu'avaient-elles  se soucier du temps qui fuyait? Qu'importait la
fatigue raidissant leurs membres, tant qu'il leur restait assez de force pour
continuer  se donner du plaisir?

        Possdes d'une vritable frnsie sexuelle, elles ne songeaient qu'a
jouir, jouir encore et encore des caresses et des treintes de l'autre, comme
la faire se tordre et hurler jusqu' l'hystrie. Si, par instants, l'puisement
les laissait  bout de souffle, hagardes et cheveles, le coeur battant sur un
rythme fou et le corps inond de transpiration, l'une ou l'autre tendait un
bras, saisissait entre ses ongles la pointe turgide d'un sein stri de
griffures et, faisant acte de cruaut voluptueuse, le tordait jusqu' ce que le
dsir se rveillt dans un cri de souffrance appelant l'clat d'une nouvelle
jouissance.

        Vint pourtant le moment o, les reins douloureux, les doigts engourdis,
les langues raidies, elles furent contraintes de renoncer  l'pre ou suave
rciprocit de leurs bats.

        Et puis l'heure du dner approchait.

        Alors Lady Folkrown exigea que son amante jout une dernire fois,
seule,  genoux et cuisses bantes au-dessus de son visage.

        Vulfrane obit et, prenant la posture sans un mot, laissa sa main
droite glisser vers son sexe enflamm.

        Combien de spasmes l'avaient branle depuis son entre dans cette
chambre au dbut de la matine? Elle l'ignorait et ne dsirait pas non plus en
connatre le nombre. Maintenant, elle n'avait qu'un but: russir une ultime
fois  se procurer du plaisir, toute seule. Il lui fallut s'acharner de longues
minutes avant que d'y parvenir. Vainement elle contracta ses reins, crispa ses
mollets et ses cuisses, se tortura des ongles le bout des seins; l'onde
voluptueuse restait promesse et ne se prcisait pas. Son dsir s'tait certes
rveill, mais son corps extnu refusait de vibrer, ses nerfs ne voulaient
plus se nouer pour un spasme.
        Et puis, aprs bien des efforts gmissants, le corps ruisselant de
sueur, les yeux noys de larmes, elle sentit comme un coup de lancette dans le
ventre qui lui annona que son obstination allait finalement se voir
rcompense. Elle pressa frntiquement son rythme, rassembla les restes
disperss de ses forces pour une masturbation forcene, et s'abma en hurlant
et sanglotant dans une transe qui fut aussi longue  s'apaiser qu'il avait t
difficile de la provoquer.

        Ce fut avec des cernes mauves gonfls sous leurs yeux et leur mangeant
les joues, les jambes tremblantes et les soutenant  peine que, se tenant par
la main, l'une en long et vaporeux nglig de voile et dentelle roses, l'autre
en court peignoir de satin blanc, elles pntrrent dans la salle  manger pour
se joindre  Lord Folkrown dj attabl.


CHAPITRE HUITIEME

        Aprs cette journe torride,  laquelle le comte ne donna fort
heureusement pas de suite nocturne, l'emploi du temps de Vulfrane sembla
s'organiser et son activit sexuelle se limiter,  quelques extra buccaux prs,
aux seules treintes saphiques avec Lady Folkrown, bientt corses par celle-ci
de petites fesses rciproques et dlicieusement stimulantes.

        Betty venait l'veiller  neuf heures en apportant non pas le
breakfast, mais, ainsi qu'elle le prfrait, un copieux petit djeuner  la
mode de France.
        Ensuite, la comtesse tant comme l'on dit "du matin", gourmande
d'odeurs et de saveurs corporelles pices, elle se rendait sous la conduite de
Parker dans la chambre de cette dernire, sans avoir procd  sa toilette.
L, aprs le pralable d'une brve lecture, toutes deux se livraient  de
passionns, cuisants et bruyants bats jusque vers onze heures ou onze heures
et demie. Puis elle prenait son bain, durant lequel il arrivait que le
majordome, en exigeant de sa bouche une prestation non moins talentueuse que
prolonge, vnt la rgaler d'une ration de sperme en guise d'apritif. Coiffe,
farde, elle revenait dans sa chambre o la douce Betty, qui lui tmoignait
chaque jour furtivement plus de tendres attentions sans toutefois oser se
dclarer, l'aidait  enfiler la culotte et le soutien-gorge enveloppants, le
porte- jarretelles, les bas et l'troite robe de latex noir. Une fois le lger
repas de la mi- journe pris  l'office avec les autres serviteurs, dont le
taciturne chauffeur et le chauve palefrenier lui taient de loin les plus
antipathiques, elle jouissait d'un temps plus ou moins long de libert avant
que le comte ou la comtesse ne la ft appeler, le premier pour lui donner un
texte  traduire ou lui dicter un courrier, la seconde afin qu'elle bavardt
avec elle ou se mit au piano. Elle s'arrangeait toujours pour tre  dix-huit
heures  l'une de ses fentres et s'astreignait  faire le smaphore 
l'intention de l'agent de Stephen, puis se changeait avec de nouveau le
concours de Betty. Alors, le torse emprisonn par la gupire et les seins
outrageusement rebondissants, les jambes voiles de nylon impalpable, les
fesses et le bas-ventre nus sous le court jupon de tulle, chausse des mules de
velours, elle descendait dans la salle  manger pour y dner en la compagnie de
Lord et Lady Folkrown. Enfin, et puisqu'il paraissait que les distractions
digestives du premier soir ne dussent pas constituer un ordinaire, les
chtelains se retirant ds la fin du repas, elle avait leur permission de
remonter dans sa chambre ou de s'attarder un moment pour couter de la musique
ou jouer elle- mme du piano.
        Il tait souvent question  son propos de dressage, de sances de
flagellation et de ligotage, d'exhibition et d'pilation intime, de promenades
dans le parc et  la campagne, nue et tenue en laisse avec les chiens, de jeux
rotiques ou sadomasochistes divers, et puis aussi de rjouissances pimentes 
l'occasion des ftes de fin d'anne, auxquelles serait bien entendu convie une
socit d'hommes et de femmes amateurs du genre, tout cela restant cependant au
stade des perspectives... De squestration et de dpravation d'enfants, jamais!
        Et le temps passait...

        Un aprs-midi, froid et pluvieux comme les autres, alors qu'elle se
trouvait avec Lady Folkrown dans le grand salon-bibliothque, qu'elle tait au
piano tandis que la comtesse, assise sur l'un des canaps, caressait
ngligemment le pnis de Gasko allong prs d'elle de tout son long, Vulfrane
remarqua le sourire sarcastique qui tira les lvres de celle-ci lorsque Kate
pntra dans la pice d'une dmarche inhabituelle et plus que singulire.
        Tte basse, les yeux manifestement rougis, gonfls par un chagrin tout
rcent, les traits crisps, les mchoires contractes, la soubrette avana
lentement et en marchant avec difficult,  petits pas glisss, les jambes
anormalement cartes, et s'appliquant  ne rien renverser de ce que supportait
le large et pesant plateau d'argent massif qu'elle tenait devant elle.
        Durant que la comtesse s'assurait qu'il ne manquait rien pour qu'elle
et sa lectrice pussent sacrifier au rituel du th, la rousse servante se tint
droite, les cuisses serres, mais les yeux toujours baisss et les mains
jointes sur son petit tablier blanc empes.
        Avant mme qu'une parole ne ft prononce, Vulfrane comprit qu'il
allait se passer quelque chose de nouveau et d'insolite.
        Sur un geste de Lady Folkrown, elle cessa de jouer et vint s'asseoir 
la place de Gasko, chass du canap par une lgre tape sur le train.
-       C'est bien, approuva schement ensuite la comtesse en considrant Kate
d'un oeil svre, tout y est. Je constate que la leon de la semaine passe
vous a t profitable. Il n'empche que, suite  votre ngligence de ce matin,
My Lord a ordonn que vous soyez punie de nouveau. Etes-vous incorrigible?...
A moins que vous ne le fassiez exprs pour que l'on s'occupe de vous?...
Dans ce cas, soyez satisfaite, car c'est ce que je vais faire ds aprs que
Mademoiselle de Sancray et moi-mme aurons pris notre th, sans prsumer de la
correction que vous administrera certainement Ulmer ni du rgime disciplinaire
qui vous sera appliqu dans les jours suivants. Maintenant, servez-nous!
        Kate rougit jusqu' la racine des cheveux, fit une moue contrite et,
silencieuse, inclina le buste afin d'effectuer sa tche.
        Les deux femmes croqurent quelques gteaux secs, burent  petites
gorges l'infusion brlante, se firent resservir, dgustrent des confitures,
tout cela, sur l'incitation de la comtesse, en prenant leur temps et feignant
d'ignorer la prsence de la domestique debout devant elles.
        Curieusement, Vulfrane ressentit un indfinissable moi  s'imaginer
humilie  la place de Kate, mais non moins  se faire la complice de Lady
Folkrown et  prolonger au dtriment de la coupable le tourment de l'attente.
        La comtesse vida enfin sa tasse, patienta jusqu' ce que Vulfrane et
achev la sienne, puis s'intressa derechef  la servante fautive.
-       Approchez, Kate, que je vous fasse honte! ordonna-t-elle.
        La bonne s'avana  un mtre du canap, puis se tint immobile, mais
avec cette fois les mains derrire le dos. La comtesse la toisa de la tte aux
pieds, et un sourire d'ironie nuance de mchancet se dessina une fois encore
sur ses lvres. Vulfrane lui trouva dans ce moment la mme expression que celle
d'une chatte cruelle se prparant au jeu de la mort avec une souris.
-       Venez plus prs, mauvaise fille, vite! intima Lady Folkrown. Vous devez
certes tre punie trs svrement, mais moi je ne vais pas vous manger!
Au fait, dites-nous donc trs prcisment l'espce de chtiment que le comte a
rsolu de vous faire infliger?
        Des larmes perlrent aussitt au bord des cils de la pauvre Kate.
-       My Lord a command  Ulmer de me faire passer la nuit attache toute
nue dans les souterrains, dit-elle d'une petite voix chevrochante.

-       Seulement cela? s'tonna la comtesse.
-       Oh non, My Lady! Ds une heure aprs le dner et jusqu' une heure
avant de venir vous veiller, il a l'ordre de me punir de trente coups de fouet
sur les fesses toutes les heures paires et de vingt coups de martinet sur les
seins toutes les heures impaires...
-       Voila qui est mieux. Et vous avez ce qu'il faut, tant en bas qu'en
haut, pour que les lanires puissent s'taler  l'aise. Quoi encore?
-       Pendant huit jours, je devrai tre prive de tout vtement, conserver
les pinces et les poids, avoir les chevilles et les poignets enchans, manger
et dormir dans le chenil, faire mes besoins au dehors avec les danois, recevoir
enfin matin, midi et soir dix coups de fouet rpartis sur tout le corps.
-       La sanction est svre, mais mrite, approuva Lady Folkrown. A propos
des pinces et des poids, n'en seriez-vous pas dj pourvue, ma fille?
        Kate laissa chapper un sanglot touff, et deux grosses larmes
commencrent  rouler doucement sur ses joues cramoisies.
-       Si, My Lady, acquiesa-t-elle sourdement, My Lord me les a lui-mme
placs tout  l'heure.
-       Ah! Ah!... Voyons donc!

        Lady Folkrown tendit le bras pour saisir le bas du petit tablier de la
servante et obligea celle-ci  se rapprocher d'elle davantage. Puis prenant 
deux mains l'ourlet de sa robe, elle la remonta lentement le long de ses jambes
et de ses cuisses un peu fortes, dont la chair trs blanche tait barre par
les jarretelles de caoutchouc. Elle dut la forcer ensuite  se tortiller pour
parvenir  faire passer au latex pais le cap de ses hanches, et la troussa
finalement jusqu' la taille.

        Kate ne portait pas de culotte, et, n'ayant pas t frachement pile
ou rase, sa toison rousse,  peine visible, semblait coupe  fleur de peau.
-       Ouvrez les jambes! exigea la comtesse. Mais vous osez vous prsenter
ainsi velue. Vous vous ngligez. Vous serez punie. Plus tard...

        Kate hoqueta un nouveau sanglot, jeta un regard perdu de honte et noy
de larmes  la femme qui la tourmentait sans piti, mais, quoique 
contrecoeur, obit au commandement. Entre ses cuisses cartes, les petites
lvres de sa vulve pendaient, chacune tire par un poids suspendu  une courte
chanette, elle-mme fixe  une grosse pince mtallique mordant la chair
sensible.

-       Des pinces  dents et six cents grammes  chaque babine! affecta de
s'tonner Lady Folkrown. Diable! Mon poux n'y est pas all avec le dos de la
cuiller!

-       C'est intolrable, My Lady, balbutia la servante.
-       Savez-vous, Vulfrane, reprit la comtesse en jouant avec les poids de
mtal chrom et sans paratre avoir entendu, que dans certaines tribus
d'Afrique noire, par coquetterie, les lvres vaginales des petites filles
pubres, aprs infibulation, sont traites de la sorte afin que celles-ci, sous
l'effet de poids de plus en plus gros, s'allongent et pendent entre les
cuisses? Ne croyez-vous pas, chrie, que cela vous irait bien?

        Vulfrane la regarda avec effroi, bouche be, sans pouvoir dcider si
elle faisait l'objet d'une menace ou d'une plaisanterie.

        La comtesse clata de rire et, laissant la jeune femme dans l'angoisse
du doute, s'amusa  balancer les grosses olives de mtal,  les faire
s'entrechoquer,  les soulever et les soutenir pour les relcher d'un coup,
arrachant larmes, rles et hoquets gmissants  sa victime affreusement
tourmente.
-       Oh, My Lady! My Lady!... pleurnicha Kate en se tordant sur place.
Je vous en supplie!... C'est atroce!
-       Vraiment? gouailla Lady Folkrown en ricanant des grimaces de son
souffre- douleur.
        Puis elle tira les poids vers le bas.
        Kate ferma les yeux et gronda, serrant les lvres pour s'empcher de
hurler. Elle ramena les mains devant elle, comme pour saisir les poignets de la
comtesse, mais n'acheva pas son geste et se contenta de ployer les jambes pour
se retrouver bientt  demi accroupie.

-       Ces petites choses me semblent tre trs bien accroches, ironisa
encore Lady Folkrown.

-       Piti, My Lady!... Oh, piti! implora Kate.

-       Vous savez fort bien, depuis le temps que vous tes au chteau, comment
viter ce genre de punition, ma fille, rtorqua schement la comtesse en
lchant enfin les poids. Il vous suffit d'assurer votre service de manire
irrprochable. Mais, tout bien considr, il me plat assez de vous voir leste
de la sorte. Allons, tournez-vous  prsent, penchez le buste en avant et,
jambes cartes, maintenez vos fesses bien ouvertes.

        Demeurant trousse, Kate se mit en position, offrit sa belle croupe
seme de taches de rousseur sous le latex noir de la robe, puis se prit les
fesses par cts,  pleines mains, afin de les disjoindre et de dvoiler
obscnement ses parties les plus intimes.

-       Oh! Oh! fit alors Lady Folkrown. Notre ami Mark, dont chacun sait que
vous jouissez des faveurs, ne vous aurait-il pas un peu sodomise cette nuit?

        De fait, l'anus de la servante tait anormalement ouvert.

-       Oui, My Lady, reconnut celle-ci en sanglotant de plus belle, il m'a une
fois encore oblige  lui cder. Il s'est montr odieux.
-       Oblige, petite salope? railla la comtesse. Voila un mensonge qui
rclame sur le champ une gratification! Vulfrane chrie, allez donc me chercher
la cravache qui doit se trouver sur la chemine et puis mettez-vous au piano.
        J'aimerais que vous nous interprtiez la Marche de Radetzky.

        L'objet de correction en main, elle attendit que s'lvent les
premires mesures alertes et cadences, puis leva le bras et frappa une
premire fois.
        Cingle entre les fesses, Kate tressauta et cria aussitt.
        Les coups suivants, frapps au mme endroit, qui enflammrent de plus
en plus le vallon largi de sa croupe, mais aussi son prine et sa vulve, la
firent bondir et se trmousser, crier et supplier d'une voix aigu, mais sans
qu'elle chercht de quelque manire  chapper au chtiment. Pourtant le mince
jonc de cuir tress et torrfiant blessait cruellement ses muqueuses tortures
par les pinces et les poids,  tel point que, bientt, les parties corriges
virrent de l'carlate vif au violac.

        Au piano, frmissante d'entendre le son mouill de la cravache claquant
schement entre le fessier opulent et les cuisses vibrantes, les cris stridents
et les sanglots hoquets de la pauvre domestique atrocement fustige,
s'obligeant  tenir la tte baisse au-dessus du clavier, mais sentant  sa
grande honte sa vulve comprime par la culotte de caoutchouc s'humidifier de
seconde en seconde davantage, Vulfrane s'appliquait de son mieux  jouer
Strauss, non sans apprhender que le comte ou la comtesse, quelque prochain
jouir, dcidt de la tourmenter de la sorte.

        Les braillements arrachs par cette ignoble torture  l'infortune
tournrent aux hurlements hystriques.

        Finalement, n'y pouvant plus tenir, Kate se laissa tomber  genoux.

        Lady Folkrown cessa de la fouetter, attendit que ses plaintes et ses
sanglots se fussent calms, puis lui permit de se relever, de rabattre sa robe
sur sa nudit supplicie, la regarda se charger du plateau et quitter la pice
de sa dmarche hsitante. Alors elle tourna la tte vers Vulfrane qui, bien que
ne jouant plus, demeurait assise au piano.

-       Retirez-vous aussi, chrie, je souhaite rester un moment ici en la
seule compagnie de mon fidle Gasko.

        Devinant ce que ces mots voulaient dire, la pendule indiquant dj
dix-sept heures quarante, Vulfrane, tout  l'moi que venait de lui faire
prouver la punition de Kate et trop heureuse, aprs cela, de jouir d'un peu de
solitude, s'empressa de satisfaire au dsir de Lady Folkrown.
        Maintenant que la domestique lui avait incidemment appris que
Firecastle tait pourvu de souterrains, elle n'avait plus que la hte de
dcouvrir comment il tait possible de s'y rendre. Car si d'aventure des
enfants se trouvaient squestrs au chteau, ils ne pouvaient tre que l!

        A dix-huit heures, toutefois, devant la fentre de sa chambre, elle
signifia par gestes qu'il n'y avait rien de nouveau. Voyant la pluie fine et
glace qui ne cessait de tomber, elle eut une pense de sympathie pour l'homme
en faction quelque part dans la campagne au del des arbres du parc.
        Sans attendre la venue de Betty, elle se dshabilla et ne put rprimer
une petite grimace en roulant sa culotte sur ses hanches, puis ses cuisses.
Outre que le caoutchouc, chauffant  la longue ses chairs intimes en les
maintenant enfermes hermtiquement, devenait de plus en plus pnible 
supporter en fin de journe, l'motion que lui avait fait prouver le spectacle
de la soubrette mortifie s'tait matrialise par un flot d'abondantes
scrtions. Et puis les coups de langue, de dents de la comtesse prolongeaient
d'un matin  l'autre l'intumescence de ses muqueuses. Elle palpa les bords de
son sexe macrant depuis plus d'une heure dans sa mouille. Ses nymphes taient
gonfles, irrites, brlantes. La lgre douleur, en fixant son attention sur
sa fminit, ne faisait qu'aiguiser davantage son excitation. Elle s'tendit
sur le lit, jambes largement ouvertes et dnicha tout de suite son clitoris,
dard, durci, turgide.
        Tout en se caressant, elle laissa les images dfiler dans sa tte: Lady
Folkrown humiliant, corrigeant Kate, masturbant Gasko; Parker lui imposant sa
verge dans la bouche; le comte la cravachant, la possdant debout; les babines
d'une vulve atrocement mordues par des pinces, tires par des olives de
mtal...
        Elle se pina simultanment le clitoris, le bout du sein gauche, trs
fort, et eut un violent orgasme qui la laissa pantelante.


CHAPITRE NEUVIEME

        Durant le dner, Lord Folkrown avait propos  sa femme, mais non 
Vulfrane, d'assister au prlude de la punition de Kate. Bien entendu, la
comtesse n'avait pas hsit une seconde  accepter.

        Le repas termin, il regarda la servante achever de dbarrasser la
table en se retenant courageusement de grimacer  chaque pas, puis, alors
qu'elle se prparait  quitter l pice en emportant un plateau lourdement
charg de vaisselle et de couverts, il la retint prs de lui un bref instant.

-       Kate, dit-il, allez dposer tout cela  l'office, puis revenez nous
attendre dans le vestibule. Nous vous y rejoignons  l'instant.

-       Oui, My Lord, acquiesa la malheureuse en baissant humblement la tte.
        Ensuite, le comte avisa Vulfrane et le majordome.

-       Mademoiselle de Sancray, passez  la bibliothque ou remontez dans
votre chambre,  votre guise. Quant  vous, Parker, nous n'aurons plus besoin
de vos services ce soir. Merci.

        Le majordome s'inclina pour saluer, puis se retira. Vulfrane attendit
que Lord et Lady Folkrown se fussent levs pour les imiter, leur souhaiter une
bonne nuit et sortir  son tour.

        Cependant, si elle se dirigea vers la bibliothque en faisant sonner
les talons de ses mules, ouvrit puis ferma la porte sans se soucier de faire du
bruit, elle manoeuvra la serrure et repoussa aussitt le battant avec
prcaution, s'assura que nul ne se trouvait dans les parages, referma en
silence derrire elle, revint sur la pointe des pieds jusqu'au vestibule
illumin, mais dsert, puis alla vivement se tapir dans l'ombre du grand
escalier.

        Elle n'eut pas  patienter longtemps. D'abord ce fut Kate qui apparut,
venant de l'office en marchant avec peine et, se croyant seule, sans se retenir
de gmir  chaque pas. A peine la pauvre fille se fut-elle immobilise face au
portrait de Lord Jeffrey, premier comte de Firecastle, que l'actuel lord et sa
femme se montrrent  leur tour.

-       Troussez-vous! commanda immdiatement le comte  la servante. Je veux
clairement entendre vos sonnailles durant que vous descendrez!

        Tandis que Kate, touffant un sanglot, remontait le latex de sa robe,
se tortillait sur place, dnudait ses cuisses puis ses fesses et son bas-ventre
tortur, Lord Folkrown avana vers le mur, lambriss sur presque deux mtres de
hauteur, appuya les doigts sur la corniche couvrant le sommet des lattes de
bois, exactement  l'aplomb des pieds de son fauteuil, et actionna un systme
secret qui dclencha aussitt, sans un seul grincement, l'ouverture d'un
panneau jusqu'alors indiscernable.
        Le comte engagea le bras dans le passage ainsi rvl, pressa un
commutateur lectrique pour clairer un escalier plongeant dans les fondations
du chteau, puis se retourna vers les deux femmes.
-       Allons, dit-il, Ulmer nous rejoindra ds qu'il le pourra!
        Quand la comtesse, Kate et le comte eurent disparu, que le panneau de
lambris eut pivot et de nouveau clos le passage drob, Vulfrane retourna  la
bibliothque afin que, durant un moment au moins, une ventuelle surveillance
ft trompe par les accords du piano. Elle joua du Mozart, du Chopin, du
Schubert enfin, pendant plus d'une heure, puis estimant qu' l'tage chacun
devait s'tre couch et vraisemblablement dormir, elle rabattit le couvercle du
clavier, teignit la lumire et sortit de la pice sans faire aucun bruit.
        Revenue dans le vestibule maintenant plong dans la pnombre, elle
s'approcha du lambris afin d'en sonder la corniche du bout des doigts jusqu'
buter contre la petite saillie, qu'elle se garda bien de presser.
        Remettant  une nuit prochaine de se hasarder  une visite clandestine
des sous-sols de Firecastle, elle se retourna et, toujours sur la pointe des
pieds, avana en direction de l'escalier de marbre.

        Soudain elle se ptrifia.
        La, devant la premire marche, surgie de nulle part et lui barrant le
passage, l'norme bte tait assise, gueule ouverte, oreilles dresses, regard
fixe.
        Cessant de haleter, mais langue pendante, le danois inclina la tte de
ct et sembla sourire de faon sournoise, comme s'il voulait se moquer de la
peur qu'il inspirait  la fille, comme s'il aimait cela. Ses pattes antrieures
taient solidement poses sur le sol, un peu cartes. La masse de ses parties
gnitales pendait lourdement entre ses cuisses. Dj, la pointe de son phallus
mergeait du fourreau, rouge et humide.
        La jeune femme eut le sentiment irrationnel que le molosse avait pris
de lui- mme l'initiative de la guetter, de la surprendre en flagrant dlit.
Elle crut durant une seconde, malgr la pnombre, voir le sexe se gonfler.
Elle dtourna les yeux, gne, inquite, et le coeur prt  s'affoler.
        Brusquement, elle se sentit trs seule, abandonne, prisonnire de cet
animal qui lui apparaissait tel Cerbre gardant les lieux infernaux.

        Le grand danois ne la quittait pas un seul instant des yeux. Elle eut
la sensation pnible d'tre jauge, apprcie, dnude, dsire...

        Avec la certitude  prsent que le sexe du chien s'enflait pour de bon.
-       Sage! ... Doux! Sage! murmura-t-elle en hasardant un premier pas en
arrire.

        Aussitt, le monstre canin se dressa sur ses quatre pattes, plus
immense encore qu'assis, presque menaant. Sa gueule s'ouvrit davantage, la
bave s'coula et les crocs apparurent, neigeux, acrs, brillants en dpit du
peu de clart. Mais il ne bougea pas de place, se contentant d'observer la
jeune Franaise, tte toujours lgrement penche sur le ct.

        Pour russir  lui chapper,  se jeter au dehors, la seule voie de
salut qui s'offrait  elle, il fallait que Vulfrane recult beaucoup plus
encore, d'au moins dix mtres.

        Elle fit un autre petit pas timide en arrire.

        Cette fois, le dogue allemand tendit le cou, avana la gueule, grogna,
rentra la langue, dglutit et mit un bref aboiement.

        Vulfrane sursauta, puis tenta le tout pour le tout en se prcipitant
vers la porte du vestibule. Son pied gauche dvia dans la mule; elle se tordit
la cheville, trbucha, tomba  genoux. Le chien bondit sur elle, abattit les
pattes sur ses paules, pitina le tulle du jupon qui se releva et lui dnuda
la croupe. Puis il la libra, comme satisfaisait d'avoir prouv qu'il tait le
plus fort. Elle se redressa  genoux et, sans rabattre le tutu raidi qui
demeura autour de son torse comme un parapluie retourn par le vent, fit face 
son agresseur. De nouveau, elle eut l'impression folle, oppressante, du regard
animal dtaillant avec dsir les volumes  demi nus de son buste, son ventre,
son sexe. Elle bougea pour prendre appui sur ses talons, se relever. Le chien
aboya, sauta sur elle une deuxime fois, la renversa, approcha la gueule de son
visage, lcha son nez, sa bouche. Elle rampa sur le dos pour essayer de lui
chapper.
        Il gronda, montra les crocs, prt  mordre. Elle s'immobilisa, apeure.
Il resta sur elle, les postrieurs entre ses jambes cartes, les antrieurs
pesant sur ses paules, langue pendante et dgouttante de bave au-dessus de sa
figure.

        Vulfrane n'osa plus faire un mouvement durant de longues secondes.
Elle ne pouvait non plus crier et courir le risque, en se faisait secourir, de
devoir rpondre  des questions embarrassantes. Soudain, elle vit le sexe
s'allonger sous le ventre de la bte, s'enfler, se recourber... Le chien plia
les pattes et, rpugnant, le phallus lui effleura le pubis. Le contact la fit
se contracter, gesticuler, se dbattre.

        Elle tait incapable de se calmer, de se dominer.

        L'extrmit pointue du pnis turgide, dure, chaude, visqueuse, souilla
son entrecuisse. Elle perut une brve pression au bas de son ventre, tout
contre les bourrelets de sa vulve. Elle agita le bassin autant qu'elle le put
pour essayer de se soustraire  cette tentative de viol insense, mais le chien
sembla prendre plaisir  sa frayeur et la contraignit toujours davantage en
s'aplatissant sur elle. Elle ne vit plus le sexe menaant, mais le sentit
vibrer contre sa peau.
        Il enfla encore, frmit, trembla, s'anima en un va-et-vient prcipit.
La bte pesa plus lourdement sur elle, essaya, mais en vain, de forcer sa
vulve. Elle bougea le bassin, se dbattit. La bave coula sur son visage,
gluante, coeurante. L'extrmit du phallus balaya une nouvelle fois la fente
de sa fminit, toucha la crte de son clitoris, la fit tressaillir malgr
elle...

        Maintenant, compltement couch sur elle, le chien lui interdisait de
resserrer les cuisses.

        Le pnis chercha  s'ajuster au bon endroit. Les lvres du sexe fminin
s'entrouvrirent sous la pousse.

        Le mle grogna, conscient de sa suprmatie, de sa victoire proche sur
la femelle dont l'odeur de la sueur l'excitait de plus en plus.

        Vulfrane ne put se retenir davantage et jeta un cri qui rsonna dans le
vestibule comme dans la nef d'une cathdrale.

        Les testicules lourds du chien cognrent contre ses cuisses. Le gland
effil du phallus pesa, s'insinua un peu  l'intrieur de son sexe.
        Il suffisait  prsent que l'animal donnt un coup de reins pour que
son membre pntrt totalement dans le carquois intime.
        Certaine que le danois allait finalement parvenir  la violer, Vulfrane
s'agita comme une folle sur le sol et, les yeux carquills de terreur, prise
de nause, se mit  hurler de toutes ses forces.

        La lumire jaillit brusquement et l'aveugla.
        Surpris, le chien se releva, hsita, s'immobilisa.

-       Couch! intima la voix de Parker.

        Le danois hsita de nouveau, tressaillit quand le commandement fut
ritr d'un ton plus sec, se retira d'au-dessus de sa proie, puis, l'chine
basse, retourna vers l'escalier sur le ct duquel il s'allongea dans la
position du sphinx.
-       Levez-vous et venez lentement, conseilla d'un ton paisible le majordome
en restant en haut des marches. Ne craignez rien, il ne vous inquitera plus.
        Haletante, encore sous le coup de la peur, Vulfrane se redressa
prudemment, rabattit sur son ventre et ses fesses les volants de son jupon,
puis avana vers l'escalier sans cesser une seconde de regarder le molosse avec
crainte et rancune.

        Dompt par la prsence de l'homme, le chien la laissa passer sans
esquisser un mouvement.

-       Il m'a attaque!... Il a essay de me violenter! haleta la jeune femme
quand elle fut parvenue prs de Parker.
-       Mais que faisiez-vous encore en bas? s'tonna ce dernier. Il y a
beaucoup plus d'un quart d'heure que je ne vous entends plus jouer.
-       Je n'avais pas sommeil; j'ai lu un moment. Je ne savais pas qu'on
laissait un chien dans le vestibule...
-       Ce n'est pas une habitude.

-       Quand je suis sortie de la bibliothque et arrive devant l'escalier,
je l'ai vu. J'ai cru pouvoir tout de mme passer, mais il m'a aussitt saut
dessus.
-       Et vous avez cri tout de suite?
-       Oui, bien sr! mentit Vulfrane.
        Parker lui lana un regard dubitatif, hocha la tte et, sans insister,
l'invita  regagner sa chambre. Il attendit qu'elle et ouvert sa porte, puis
recommanda:
-       Il vaudrait mieux que vous ne parliez  personne de cet incident.
Moi-mme, je n'en ferai pas mention.

        Vulfrane le remercia d'un vague sourire, redouta un instant qu'il ne
dsirt de sa bouche une manifestation plus intime de sa gratitude, se sentit
soulage qu'il n'en ft rien, referma sa porte et alla s'allonger sur son lit
pour attendre, avant de se dshabiller, que son coeur retrouvt un rythme
normal.

        Plus tard, tardant  s'endormir, pensant toujours  ce qui avait failli
lui arriver, elle s'interrogea sur l'attitude du majordome.

        Quel motif avait ce dernier pour se montrer envers elle aussi
conciliant, alors qu'il faisait gnralement preuve d'une duret rigoureuse 
l'gard de Kate et Betty?
        Finalement, le sommeil la prit sans qu'elle et de quelque faon
rpondu  cette question.


CHAPITRE DIXIEME

        Plaque contre la porte entrebille de sa chambre, Vulfrane se sentait
pntre par un sentiment trange: mlange confus d'exaltation et de crainte
imprcise  la perspective d'accomplir sa premire action vritable d'agent
secret. Jusqu' ce soir, et depuis dj prs de deux semaines, s'astreignant 
satisfaire la fantaisie de Parker,  se soumettre docilement aux dsirs pervers
de Lord et Lady Folkrown en se gardant de chercher  percer les secrets de
Firecastle - si secrets il y avait -, son personnage rel tait rest
insouponn.
        Tout  l'heure, et les chtelains s'tant absents de Firecastle ds le
matin, elle n'avait pas dn dans la salle  manger, mais avec les autres
serviteurs  l'office. Survenant au milieu du repas, Mark avait tir Ulmer 
l'cart afin de lui murmurer quelques mots  l'oreille. Suite  quoi, ce
dernier ne s'tait pas remis  table. Un moment plus tard, buvant force chopes
de bire et comme inspir par la nudit de Kate qui, toujours punie, le corps
stri par les coups de fouet, le sexe tortur par les pinces et les poids, les
poignets et les chevilles entravs de bracelets et de chanes, assurait le
service, le chauffeur avait fait en ricanant une grivoise allusion au
comportement de la comtesse. Selon lui, Lady Folkrown avait miaul toute la
journe comme une chatte en chaleur.
        Puis, il avait laiss entendre que cette dernire, qui se trouvait
dsormais dans les souterrains en compagnie du comte et du palefrenier,
mettrait sans doute une autre journe  se calmer des motions que les deux
hommes allaient s'ingnier  lui procurer au long de la nuit.
        Maintenant, les sens en alerte, Vulfrane prtait l'oreille, tentait de
capter le moindre bruit, le plus lger grincement d'un plancher... Mais elle
n'entendait rien, ni  l'tage ni au rez-de-sol, except le vent qui, derrire
elle, gmissait en s'engouffrant dans la chemine et faisait danser les flammes
de l'tre.
        Le coeur battant, elle acheva d'ouvrir la porte avec prcaution et, en
essayant de ne pas faire craquer les lames de bois sous les semelles de ses
escarpins, passa le seuil de la chambre, referma derrire elle aussi doucement
que possible, puis se tint un instant immobile dans le corridor. L'obscurit,
loin de calmer ses sourdes apprhensions, accentua son angoisse. Elle prouva
la pnible sensation que ses poumons taient subitement treints par des
mchoires d'acier, que son coeur cognait dans sa poitrine, se gonflait 
exploser. Elle s'appliqua  contrler son souffle,  respirer plus lentement,
profondment, tenta de se raisonner, de se persuader que, pour le moment au
moins, il n'tait pas de danger qui la menat. Puis, toujours  petits pas 
cause de l'troitesse de sa robe de caoutchouc qu'elle n'avait pas te, sur la
pointe des pieds, le bras tendu et se guidant en effleurant le mur du bout des
ongles, elle se mit  avancer en direction de l'escalier monumental.
        En marchant, elle prit conscience que sa culotte la gnait: le latex
avait gliss quand elle s'tait assise puis releve, et pinait la lvre gauche
de sa vulve.
        Par-dessus l'paisseur de la robe, malaisment, elle essaya de remettre
en bonne place le sous-vtement, le tira vers le bas afin de se dgager le
sexe.
        Elle parvint finalement devant la premire marche de l'escalier.
L, elle se retourna, jeta un bref regard vers le fond du couloir o, au del
de la sienne, tait les chambres de Parker, de Mark, de Kate et de Betty.
Mais toutes les portes demeuraient closes. De toutes faons, et pour cause,
celle de la rousse en pnitence ne risquait pas de s'ouvrir!
        Elle descendit un degr de marbre, puis y posa les deux pieds pour une
nouvelle halte.
        En contrebas, l'immensit du vestibule n'tait pas entirement plonge
dans les tnbres. La nuit tait certes glaciale, mais il ne pleuvait pas et
les cieux taient toils. Au sommet de la porte d'entre, un soupon de clart
lunaire filtrait  travers les vitraux de la demi-rosace de l'imposte.
        Scrutant la pnombre, Vulfrane discerna l'une aprs l'autre les formes
mtalliques, faiblement luisantes, des armures dresses sur leurs pidestaux.
        Une  une, elle franchit les marches en prenant soin de rester sur le
tapis, s'arrtant de temps  autre afin de s'assurer qu'aucun son suspect ne
venait troubler le silence oppressant.
        Rien ne bougeait nulle part, mais son coeur ne se calmait gure.
Sa culotte avait de nouveau dvi; le latex pinait sa muqueuse, frottait sur
son clitoris. Il aurait fallu qu'elle la baisst compltement et la remontt en
centrant l'entrejambe correctement. Elle ne pouvait dcider si le contact tait
plus irritant qu'excitant. En tout cas, l'intime gne que lui causait
l'inconfortable matire l'agaait. Et comme si cela ne suffisait pas, elle
prouvait soudain l'envie d'uriner! Elle avait beau savoir que ce n'tait
qu'une raction nerveuse, qu'elle n'en avait pas le besoin rel, a ne
changeait pas grand-chose.
        Alors elle prit le temps de retrousser la robe afin de dlivrer sa
chair sensible du latex humide, rabaissa le caoutchouc moulant jusqu' ses
mollets, serra les cuisses et s'obligea  ne penser qu'a l'importance de sa
mission. Elle reprit sa descente avec circonspection et posa finalement le pied
sur les dalles du vestibule. L, elle sentit d'un coup crotre son inquitude.
Mais ce qu'elle redoutait ne se produisit pas. Si l'un des chiens avaient t 
l'intrieur, celui-ci se serait lanc sur elle  l'instant mme o elle aurait
quitt l'escalier. Plus ou moins rassure par cette absence, elle avana dans
le vaste hall et se dirigea vers la partie du lambris au-dessus de laquelle
tait accroche la toile, l o s'ouvrait le panneau mobile qui donnait accs
au sous-sol.

        Un rayon de lune, color de bleu par un morceau de vitrail, baignait de
lueurs fantomatiques le somptueux habit de cour de l'anctre. Il sembla 
Vulfrane que les yeux de Lord Jeffrey la regardaient, l'accusaient presque.

        Dtournant la tte, elle leva le bras, passa le bout des doigts sur
l'paisse moulure et trouva sans peine le petit tenon faisant saillie sur la
surface unie du bois. Elle le pressa, se recula de ct, et vit pivoter de
nouveau l'ouverture du passage. Devant elle, l'escalier de pierre s'enfonait
dans les fondations tnbreuses de la btisse.

        Durant un instant, elle hsita  poursuivre. L'ide de la culpabilit,
du danger aussi, qui s'insinuait de faon sournoise dans son esprit, faisait
natre en elle des scrupules. De quel droit piait-elle les chtelains en leur
propre demeure? A quel titre s'intressait-elle  ce qui ne la regardait en
rien? Sa collaboration avec Stephen Daams n'tait qu'officieuse, et ce dernier
lui avait bien recommand de se contenter d'couter et de regarder sans prendre
aucun risque. D'ailleurs, il se pouvait fort bien que l'affaire repost
seulement sur des calomnies, car elle n'avait pas vu un seul enfant depuis son
arrive au chteau ni non plus entendu de conversation faisant allusion  de
jeunes captifs. Lady Folkrown semblait certes aimer bizarrement les chiens,
tre compltement assujettie  son poux, dpendante de sa volont imprieuse,
comme lui encline  des passions manifestement sadiques... Mais en quoi les
relations prives du comte et de la comtesse, quelque ft leur nature,
pouvaient-elles tre rprhensibles? N'tait-ce pas la mme chose pour Kate et
Betty qui acceptaient de se laisser traiter comme des esclaves, en jouissaient
sans aucun doute? Elle n'avait en vrit aucune raison qui,  cette heure, pt
justifier de sa part un comportement d'une pareille inconvenance. En revanche,
si elle venait  se faire surprendre en flagrant dlit d'excessive curiosit,
et ayant par avance accept le systme de discipline impos par le matre des
lieux, celui-ci en aurait une plus que suffisante alors pour la sanctionner de
son indlicate conduite!
        Elle conservait  l'esprit, vivace, l'image du sexe de Kate tortur par
les pinces et les poids d'acier, et dans la chair de ses fesses chauffes par
le latex, non moins persistante, la vive sensation de brlure engendre par les
quelques coups de cravache dont Lord Folkrown l'avait gratifie au soir de son
arrive.
        Songeant  cela et  la nature des chtiments qui, dans une telle
ventualit, lui seraient sans nul doute appliqus, elles sentit une onde de
peur se glisser insidieusement dans ses veines. La capacit de son tre  jouir
de certaines formes de douleur, assez rcemment rvle, restait fort
exhaustive... Plus encore! Outre qu'elle n'en tait pas  aimer souffrir pour
souffrir, il tait videmment des svices qui, de par leur genre et leur
intensit, interdisaient  la plus insatiable des masochistes d'en retirer le
moindre plaisir.
        Elle prit une profonde inspiration, puis se rsolut  continuer.
Toutefois, ne s'tant munie d'aucun moyen d'clairage portatif, elle ne trouva
sous ses doigts ni le commutateur lectrique ni non plus le dispositif qui, de
cet endroit, devait commander et actionner la fermeture du panneau. Elle entama
donc sa descente en aveugle et en voulant se conforter de ce que, demeurant
ouverte, l'issue drobe faciliterait sa fuite en cas de ncessit. L'escalier
ne comportait gure plus d'une douzaine de marches et se prolongeait d'un
corridor sinueux, pour lors obscur, dans lequel elle progressa  ttons, avec
une lenteur  la fois prcautionneuse et angoisse.

        Le hurlement affreux, qui retentit soudain quelque part, la surprit et
la fit sursauter violemment. Elle retint d'extrme justesse une exclamation de
frayeur et, refermant les bras sur sa poitrine, comprimant ses seins,
s'interdisant presque de respirer, resta fige sur place. Il y eut une longue
minute d'un silence spulcral, lequel fut de nouveau brusquement interrompu par
un deuxime cri qui s'leva des fonds de
l'espace souterrain: une plainte atroce dnonant une souffrance intense, une
douleur insupportable.
        Jamais, de toute sa vie, elle n'avait entendu ni non plus imagin
entendre un jour de pareils cris.
        C'tait une femme qui hurlait, l-bas, tout au bout et comme au-dessous
du corridor dans lequel elle tait. Mais l'esprit affol, le coeur battant 
grands coups prcipits, elle restait incapable de reconnatre dans ces
clameurs dchirantes une voix connue. Elle avait envie de retourner sur ses
pas, de refuser d'affronter une ralit choquante. Cependant elle demeurait l,
se soutenant de l'paule droite contre la pierre rugueuse, immobile, ptrifie,
dans l'attente anxieuse d'un autre cri.
        Elle perut des plaintes, touffes, entrecoupes par ce qui
ressemblait  des sanglots,  des hoquets bruyants. Ensuite, le silence
retomba, se prolongea, et elle se remit  marcher.
        Puis elle eut la sensation que le sol manquait sous son pied gauche.
Durant une seconde, elle vit l'image d'un vide insondable. Enfin elle
distingua, dans le fond de ce que la peur lui avait fait prendre pour un abme,
une faible lueur jaune. Le corridor s'achevait l sur un deuxime escalier,
hlicodal celui-l, qui s'enfonait plus profondment dans les entrailles de
roc de l'inquitant chteau. Elle posa prudemment le pied sur la premire
marche, et, trouvant sous sa main une rampe de fer  laquelle elle se
cramponna, descendit un  un tous les degrs de pierre lisse et glissante.
Elle parvint au bas des marches, se trouva dans une sorte d'espace circulaire.
Devant elle et de chaque ct s'ouvraient trois autres corridors, plus bas de
plafond et plus troits que celui qu'elle venait de quitter.

        Le hurlement terrifiant l'branla une fois de plus, trs proche 
prsent,  quelques pas seulement. Des gouttelettes de sueur glace perlrent 
son front; son ventre se crispa; ses mains se mirent  trembler pour de bon.
Ensuite il y eut d'autres cris, tranges, espacs, comme rythms, moins
puissants...
        et presque voluptueux.

        C'tait dans le corridor de droite que brlait une ampoule de faible
intensit laquelle, fiche au sommet d'une torchre oblique, dispensait
chichement la clart jauntre.

        Vulfrane se dcida  emprunter ce chemin clair. Passant devant trois
portes massives bardes de mtal, elle discerna bientt celle qui fermait
l'extrmit du passage. Les cris et les plaintes lui parvinrent alors avec
davantage de nettet, mais galement des bruits singuliers, dont certains
pouvaient s'apparenter  des claquements mats de lanires de cuir heurtant la
chair, d'autres  de brefs ricanements, d'autres enfin  des grognements de
chien.
        Lentement, elle avana vers le fond de la galerie, attire malgr elle
par ces sons imprcis, mystrieux, qui faisaient renatre et dfiler dans son
cerveau une succession d'images issues de souvenirs rcents, qu'elle ne
parvenait  oublier, qui l'obsdaient, aiguisaient sa curiosit, accentuaient
sa peur aussi, mais la poussaient toujours plus avant, avec une force telle
qu'elle ne pouvait y rsister.

        A deux ou trois pas de la porte, claire par une seconde ampoule
jaune, elle entendit distinctement la voix d'un homme:

-       Allons, la chienne, relve ton petit cul! C'est que tu es loin d'avoir
pay le prix pour recevoir de ton mle ta ration de jouissance!

        Celui qui s'exprimait ainsi tait Lord Folkrown.

        Il y eut ensuite un claquement sec, un cri rauque, des rles, puis la
clameur stridente, pouvantable, qui se brisa dans des hoquets et de violents
sanglots.

        La femme se calma un peu et parla  son tour, d'une voix hache par les
pleurs:

-       Assez! Plus!... Plus les seins!... Je vous en prie!... Fouettez-moi
tant que vous voulez!... Mais ne tirez plus ainsi sur la chane! ... Je ne le
supporte plus!... Les pointes me transpercent!... Je les sens me dchirer les
chairs!... Je souffre trop!... Arrtez, je vous en supplie!
        Et cette voix sourde, gmissante, implorante, telle que Vulfrane ne
l'avait jamais entendue, dforme par la souffrance, raille par les cris,
tait sans aucun doute possible celle de Lady Folkrown.
        Le comte clata de rire, puis reprit:

-       Oh! je sais bien que tu aimes sentir les lanires claquer sur ta
croupe, la chienne, mais il faut varier un peu les dlices! Et puis ce n'est
pas la premire fois que tu as les mamelles lardes par les pointes! Songe
plutt aux sensations que te procureront tout  l'heure les griffes et les
dents de nos chers petits anges! Permets- moi donc de te rappeler galement ce
qu'crivait en son temps mon inspirateur, compatriote de ta nouvelle et
splendide lectrice, le divin marquis de Sade: "Souviens- toi que c'est par les
peines qu'on arrive toujours aux plaisirs". N'en serais-tu toujours pas
convaincue aprs toutes ces annes passes?
        Vulfrane entendait, certes, mais elle voulait voir aussi. Pourtant, il
n'tait pas question qu'elle ouvrt la lourde porte derrire laquelle, 
l'vidence plus ou moins consentante, Lady Folkrown se laissait torturer par
son poux. Elle tourna la tte d'un ct, puis de l'autre. La torchre
lectrique tait proche, et, au del de la sphre de lumire anmique, elle
aperut sur sa droite comme une sorte de renfoncement
obscur: une autre galerie peut-tre? Elle avana dans l'ombre d'un pas
hsitant, tenant devant elle ses deux bras carts. Subitement, son pied buta
contre une marche invisible. Elle trbucha, manqua choir sur les genoux et,
trouvant sous sa main gauche un objet mtallique scell dans la paroi, y prit
appui pour se redresser.
        Ce qui se produisit alors la paralysa  nouveau d'effroi. Son coeur fit
un bond dans sa poitrine quand le pan de pierre pivota lentement et avec un
lger grincement, dmasquant une cavit rectangulaire, de la hauteur d'un homme
et d'un mtre de largeur environ, par laquelle filtrait une lueur ple et
diffuse. Elle se crut dans la minute dcouverte. Lord Folkrown allait
certainement voir, de l'autre ct, le trou bant dans le mur... Puis elle se
rendit compte que l'espace ainsi rvl n'tait pas du tout un passage, mais
une niche: une niche ferme par ce qui ne pouvait tre qu'un miroir sans tain.
        Elle eut un haut-le-corps de stupeur  la vision de la ralit crue,
autrement plus bouleversante que tout ce que l'imagination avait pu lui
suggrer, mme aprs qu'elle et entendu le premier hurlement qui l'avait 
demi paralyse de terreur.


CHAPITRE ONZIEME

        Il y avait l'endroit tout d'abord: effrayant.

        Eclaire par une douzaine de torchres supportant chacune trois grosses
ampoules rouges, scelles  mi-hauteur des murs tendus de serge noire, la cave
plutt oblongue, vote en plein cintre et comportant deux absides,
reconstituait sur presque les deux tiers de sa surface une sorte de vaste
chambre de torture. Dans cette lumire sanglante et oppressante, la grande roue
de chariot fixe  l'horizontale, la croix, le poteau tronqu, les chevalets,
le lit au sommier constitu de mailles en mtal, les cangues haute et basse,
d'autres tranges btis encore, tous pourvus de bracelets ou de sangles
d'immobilisation, les palans et les treuils, mais aussi les chanes, les
cordes, les poulies et les crochets, et puis les fouets, les pinces...
luisaient d'clats diaboliques.

        Et tout cela n'tait pas simplement un dcor utile  recrer une
ambiance, voire  impressionner le sujet que l'on amenait l pour une
prparation psychique un peu corse  des actes sexuels plus ou moins pervers.
Ces appareils, ces instruments destins  entraver un individu,  l'humilier,
le violenter, lui infliger les plus insupportables douleurs, les plus abjects
svices, avaient toutes les apparences de l'authenticit. Leur aspect ne
permettait pas de conserver le doute le plus tnu: on les employait,
rgulirement.

        La seconde partie du local, spare de la premire, si l'on pouvait
dire, par deux colonnes de pierre lisse et rougetre, distantes l'une de
l'autre de quatre ou cinq pas environ, tenait  la fois de la chambre et du
salon. La pice principale en tait une manire de vaste sofa circulaire, trs
bas, sans armature visible, tout de cuir noir, qui devait mesurer au moins
trois mtres de diamtre.
        Autour, taient disposs des tables basses  dessus de marbre, des
fauteuils et deux grands canaps courbes, de cuir galement noir.

        C'tait au centre de l'abside fermant cette partie de la cave qu'tait
fixe la glace sans tain derrire laquelle Vulfrane se tenait, le souffle coup
et n'en croyant qu'a peine ses yeux.

        Et puis il y avait les personnages: scandaleux.

        Lady Maureen Folkrown tait  peu prs nue. En tous cas, ce qu'elle
portait sur elle d'accessoires en cuir cramoisi ne dissimulait absolument rien
de ses attraits les plus remarquablement fminins.

        Un pais collier garni de clous lui enserrait le cou et interdisait 
sa tte tout mouvement d'avant en arrire. Un soutien-gorge sans bretelles,
clout lui aussi, enfermait les volumes pesants de sa poitrine, mais laissait
ses mamelons saillir par une ouverture circulaire mnage  l'extrmit des
bonnets. Ecrass chacun par une grosse pince mtallique, dont les dents aigus
mordaient cruellement ses auroles et faisaient perler des gouttelettes de
sang, ses ttins turgescents dbordaient des mchoires suppliciantes. Sa
taille, dj remarquablement fine, tait trangle  l'excs par une large
ceinture, presque un corset, de mme facture que le collier et le
soutien-gorge, sous laquelle ses hanches et sa croupe rebondissaient,
tonnamment mises en valeur. Ses pieds, ses jambes et ses cuisses, presque
jusque sous le pli des fesses, taient gains de peau souple. Laces
par-derrire depuis le niveau de la cheville jusqu' leur sommet, les
cuissardes avaient des talons effils d'une minceur et d'une hauteur
invraisemblables. Assortis aux bottes, des gants lui couvraient les mains et
les bras pratiquement jusqu'aux aisselles.

        Elle tait  quatre pattes sur les dalles grises, les genoux carts
largement.
        Ses poignets et ses chevilles taient cercls de forts bracelets de
mtal sombre, lesquels taient relis par de courtes chanes  des pitons
scells dans le sol.
        Dans la fourche de ses cuisses dpouille de pilosit, les grandes
lvres de sa vulve billaient et les nymphes, chacune captive d'une pince plus
petite que celles mordant les seins, s'tiraient atrocement sous le poids de
lourdes olives d'acier brillant. Dans le sillon ouvert de ses fesses stries
d'carlate par le fouet, au-dessus de son anus aussi bien qu'entre celui-ci et
son sexe, se voyaient trs nettement les petites marques circulaires, rouges et
boursoufles, laisses par le fer brlant qui avait t remis  chauffer dans
le brasero dispos non loin d'elle. Au del du collier qui lui distendait le
cou, dgag par sa chevelure noue en un chignon cylindrique rig au sommet de
son crne, intensment fard, son visage aux traits ravags par la souffrance
intolrable ruisselait de larmes et de transpiration.

        Et puis il y avait encore la chanette reliant les pinces torturant ses
gros mamelons, et, accroche au milieu de celle-ci par un mousqueton, la longue
laisse de cuir fauve.

        Lord Christopher Folkrown, vtu de noir, chemise  col droit et rigide
boutonne sur le ct, culotte collante et bottes  tige reluisantes, tenait de
sa main gauche l'autre extrmit de la laisse, et, dans la droite, la poigne
d'argent de sa longue cravache de dressage.

        Un deuxime homme se tenait debout derrire Lady Maureen: Ulmer, le
palefrenier. Singulirement dpourvu de poils pour un individu de si puissante
carrure et d'apparence aussi virile, il tait nu tout  fait. Huile, sa peau
ivoirine brillait et accusait davantage le saillant de ses muscles. Solidement
camp sur ses pieds lgrement carts, il tenait d'une poigne nergique le
manche d'un fouet  trois lanires plates, troites et paisses, mais d'une
souplesse vidente, qui, dans sa main, ressemblait  un jouet. Au bas de son
ventre, totalement glabre, ses parties gnitales avaient des proportions
anormales, telles que Vulfrane n'en avait assurment jamais vues. La verge,
trs longue et d'un diamtre impressionnant, comparable  celle d'un ne,
s'rigeait et se cambrait fortement. Son aspect tait tourment, noueux comme
un cep de vigne, et, regardant vers le haut, l'imposante rondeur du gland tait
rouge violac, avec son mat suintant. La masse testiculaire, de la taille d'un
des normes poings du colosse, se plaquait  la racine du pnis hypertrophi.
        Mais le dtail rellement scandaleux de la scne se situait ailleurs.
        Au del des adultes, dans l'abside oppose  celle derrire laquelle
Vulfrane carquillait les yeux, les bras levs et carts de part et d'autre de
la tte, six enfants nus taient attachs par les poignets, dos au mur.
Les trois garonnets et deux des fillettes avaient la peau blanche, le regard
clair et les cheveux blonds ou chtains; en revanche, la troisime petite fille
avait une carnation trs basane, de beaux yeux sombres et une splendide
chevelure de jais. Elle semblait tre de race arabe ou indienne. Au contraire
de ses compagnes, dont les ttins roses se soulevaient  peine, sa poitrine
s'ornait dj de deux jolis cnes au mamelon brun et  la pointe darde.
Toutefois, en dpit d'un pnis ou d'une vulve  l'aspect congestionn et au
dveloppement suspect, aucun des enfants captifs ne paraissait tre g de plus
d'une douzaine d'annes.
        Tous les six conservaient ici et l sur le corps des marques plus ou
moins colores de flagellation.
        Squestrs dans ces lieux secrets vous  la dbauche sadomasochiste,
achets ou plus probablement enlevs  leurs familles, contraints d'assister 
un spectacle rendu du fait de leur jeunesse absolument rvoltant, dpravs de
la plus odieuse faon avant que d'tre vendus comme esclaves  de pervers
amateurs de chairs juvniles, ces enfants constituaient une preuve flagrante
que la dnonciation anonyme transmise aux S.I.S.E. par la police d'Edinburgh
n'tait nullement le fait d'un mythomane.
        Enfin il y avait la bte: monstrueuse.
        Le gant canin tait couch  proximit du trio adulte, qu'il ne
quittait pas des yeux. Tel le sphinx, ses fortes pattes antrieures allonges
devant lui, il gardait sa grosse tte dresse, les oreilles droites, la gueule
ouverte, la langue pendante. Comme attendant une rcompense, il semblait fixer
plus spcialement la croupe meurtrie de la comtesse... et en baver d'envie.
        Etait-ce Gasko? Etait-ce un autre?

        Et Vulfrane voyait cela, choque par la prsence des enfants nus et
enchans, atterre par ce que sa dcouverte impliquait, angoisse  l'ide
d'tre elle-mme prise au pige et de ne savoir comment elle allait maintenant
parvenir  s'en chapper, mais aussi, et en dpit de la honte que lui faisaient
prouver les irrpressibles pulsions de son tre, sournoisement mue par la
longiligne nudit fminine entrave  quatre pattes, accoutre des cuirs
diaboliques, torture par les pinces et les poids, conservant les fesses leves
et rebondissantes aprs la cambrure des reins, la vulve et l'anus offerts, 
disposition.
        La posture avilissante de Lady Maureen, la mentule norme du
palefrenier, le calme glac du comte, le molosse qui donnait l'impression
d'attendre, les petits prisonniers enfin firent germer dans son cerveau de tels
soupons, lui suggrrent de telles images qu'elle en prouva d'un coup subit
plus de difficults encore  respirer.
        Lord Christopher exera une nouvelle traction sur la laisse.
        D'un geste sec du poignet, tel le pcheur ferrant une prise, il
entrana du mme coup la chanette fixe aux pinces meurtrissant les mamelons,
tira durement en avant et vers le haut les seins emprisonns dans les bonnets
de cuir hrisss intrieurement de petits dards aciculaires, et dchira
davantage la chair dlicate du buste fminin martyris.

        Lady Maureen se cabra, ouvrit une bouche immense, hoqueta et poussa un
cri strident, suffoqua, puis hurla encore en agitant la tte de droite et de
gauche, dans les limites que lui accordait le collier garni de pointes lui
aussi, pour refuser l'intolrable douleur inflige  sa poitrine. Tous les
muscles nous et roulant sous sa peau ruisselante de transpiration, les reins
creuss, les fesses crispes, les nerfs vibrants de souffrance, elle continua 
crier durant que, se balanant, s'entrechoquant  chacun des soubresauts qui
l'agitaient, les lourdes olives d'acier lui torturaient la vulve.

        Le comte relcha trs lentement la tension de la laisse.
        La comtesse cessa de hurler pour rler, sangloter, puis son corps se
dtendit en tremblant, ses plaintes devinrent plus sourdes, et elle se calma
graduellement.

-       Je veux t'entendre nous redire d'o tu viens, la chienne, ce que tu es,
ainsi que ce que tu aimes le plus! ordonna son mari.
        Elle renifla, dglutit avec peine, renifla encore.
-       Je suis une putain sortie du bordel, gmit-elle d'une voix haletante,
une chienne qui a toujours le feu au cul... une truie lubrique... une
pouffiasse... la plus vicieuse des salopes... J'aime sucer des grosses bites et
avaler leur foutre... les sentir me bourrer la connasse... me dfoncer
l'oeillet... Mais j'adore plus encore tre fouette... fouette sur mon petit
fessier de pute et mes grosses mamelles de vache... sur ma chatte baveuse et
mon troufignon merdeux...
        Effare, Vulfrane ne parvenait pas  se persuader, malgr ce qu'elle
voyait et entendait, que cette femme avilie, qui se prtait dans cette posture
dgradante au vice de son poux afin de satisfaire le sien, qui profrait
envers elle-mme de telles insanits, pt tre cette orgueilleuse et lgante
chtelaine dont elle avait pu apprcier, hors son insolite conduite avec les
danois et son got immodr des volupts saphiques, l'altire rserve
aristocratique et la distinction des manires, autant que le langage chti et
l'aisance de la conversation.
        Lord Folkrown approuva par un petit rire sardonique et adressa un signe
de tte au palefrenier.
        Ulmer leva le bras et frappa, violemment, fit bondir et hurler sa
victime, puis recommena, encore et encore...
        Les trois lanires du fouet, robustes et nanmoins d'une grande
souplesse, cinglaient avec force la peau tendue du derrire trmulant et
traaient de nouvelles marques carlates, longues et enflammes, qui prenaient
bientt un aspect violac et se boursouflaient. Lady Maureen criait,
suffoquait, hoquetait, rlait, hurlait, sanglotait, jetait la tte de tous
cts comme une folle et se dchirait le cou, crispait son corps, cambrait ses
reins, relevait la croupe malgr les poids qui distendaient ses nymphes, comme
pour mieux offrir ses fesses saccadantes  la flagellation...
        Les regards de Vulfrane allaient du derrire mouvant de la femme, qui
se raidissait et s'affaissait un peu sous le choc des cuirs brlants, puis qui
se relevait et s'panouissait davantage en se haussant au-devant du coup
suivant,  l'norme sexe turgescent du palefrenier, qui oscillait en
tressaillant, se dressait parfois jusqu' ce que son gland montt bien au del
de l'abdomen lisse et muscl, et dnonait le puissant plaisir que la brute
prenait  fouetter les opulentes rondeurs fminines.
        Et, bien qu'elle ne parvnt pas vraiment  imaginer les sensations que
ressentait le bourreau, elle pouvait deviner en revanche ce que sa victime
prouvait.
        Ulmer cessa de frapper et le comte tira une fois encore sur la laisse.
        Lady Maureen se convulsa. Ses traits se dformrent pour exprimer une
douleur hideuse. Elle sembla perdre le souffle, touffer, puis s'poumona dans
un hurlement assourdissant.

-       Tu cries, la chienne, ricana son poux, mais tu ne dis pas  ton matre
si c'est bon!

        La comtesse russit finalement,  force de volont,  rprimer en
partie ses sanglots hoquets.

-       C'est bon! cria-t-elle. Oui!... Oh oui! C'est bon, Matre, c'est
bon!...
-       Alors on peut continuer, n'est-ce-pas?

        Lady Folkrown se mit  dlirer.

-       Oui, Matre, il faut que j'aie plus mal encore!... Il n'y a que vous
pour me faire si bien souffrir!... Je suis  vous!... Vous m'avez achete comme
une bte et je vous appartiens!... Dchirez mes gros nichons de pute!...
Fouettez mon fessier de salope!... Faites-moi saigner!... Je ne souffrirai
jamais assez pour mriter l'honneur que vous me faites en me permettant de
porter votre nom!... Je veux avoir plus mal!... Oui! Oui! Bien plus mal!

-       Compte, la chienne! ordonna Lord Christopher.

        Ulmer releva le bras. Les lanires s'envolrent, se courbrent, puis
s'abattirent en sifflant pour meurtrir avec vigueur l'piderme rougi et gaufr
sous lequel les muscles se contractrent, puis se relchrent, brassant la
chair tendue.

-       Uuuuun! cria Lady Maureen en tressautant.
        Le martinet cingla de nouveau.

-       Aaahaaah!... Deeeeux!

        Sous les heurts cuisants, la comtesse serrait les fesses et les
effaait, les ouvrait et les relevait, oscillait d'avant en arrire, d'un ct
et de l'autre sur ses cuisses et ses bras tremblant  force de tension.
Elle criait, hoquetait, rlait et sanglotait, certes, mais n'en conservait pas
moins les genoux carts, sans chercher  empcher les olives de mtal de se
balancer et de lui tourmenter la vulve davantage, ni drober d'une faon ou
d'une autre son postrieur aux claquements des cuirs qui l'incendiaient...
Comme en tentant, par exemple, de s'asseoir sur ses talons.

        Vulfrane se demandait comment la femme pouvait, plus que simplement la
subir, rechercher une dchance aussi abjecte et, plus que l'accepter, rclamer
un pareil supplice. Elle s'tonnait que celle-ci part ne pas souffrir
davantage et que les plaintes que lui arrachait la flagellation exprimassent
moins la douleur que le plus inconcevable plaisir.

        Mais elle-mme ne s'tait-elle pas dj soumise aux pres caresses des
lanires? N'avait-elle pas prouv les prmices de l'aberrant plaisir
masochiste!... Il lui semblait ressentir la violence des coups comme si, de
nouveau, elle recevait l, sur son propre derrire, les brlantes cingles du
fouet. Sous sa culotte, qui la gnait de plus en plus, ses fesses, son
bas-ventre et davantage son sexe baignaient dans une chaleur humide d'tuve...
Et il lui venait le dsir de s'en dpouiller, de se dlivrer de l'enveloppe de
caoutchouc afin de se rendre plus symboliquement vulnrable.
        Ulmer frappa de nouveau, non pas de biais et en croisant, ainsi qu'il
l'avait fait jusque-l, mais de haut en bas, verticalement. Les lanires,
maintenues rassembles par la force et la vitesse qui leur taient imprimes,
claqurent avec scheresse sur la chair nue tressaillante. Leurs extrmits
mordirent les reins, puis elles s'incurvrent pour s'appliquer entre les fesses
tales, meurtrir l'anus, raviver les brlures du fer rouge et cingler les
grandes et petites lvres supplicies de la vulve.
        Lady Folkrown hoqueta, et, tout en hurlant, comme sous le brutal effet
d'un ressort qui se dtend, elle bondit en lanant ses fesses vers le haut
pour, les genoux dcolls des dalles, excuter une vritable croupade qui fit
s'entrechoquer violemment les olives d'acier.

-       Trente-huiiiiiiiit! clama-t-elle.
-       Ah! le joli saut de carpe! apprcia Lord Folkrown en riant. Bravo,
Ulmer!... Bravi! Bravissimi!

        La femme retomba lourdement sur les genoux, le corps tout entier secou
de tremblements, et, cette fois, tint les cuisses fermes, fortement serres
l'une contre l'autre.
        Voyant cela, le comte leva le bras droit, inclina la longue et mince
cravache de dressage au-dessus d'elle, puis,  petits coups secs, rpts,
rapides, habiles et prcis, lui cingla  son tour l'anus et la vulve.
        Meurtrie avec insistance dans ses oeuvres les plus intimement
dlicates, que la proximit des brlures avait portes  un degr de
sensibilit extrme, Lady Maureen recommena tout de suite  crier.

-       Allons! Allons, la chienne, pas tant de bruit! affecta de bougonner son
poux. Ecarte les cuisses et lve bien haut le cul, afin qu'Ulmer puisse encore
te caresser l o tu aimes! C'est bon, hein, salope, de se sentir l'oeillet et
le conin en feu?

        Malgr ses plaintes et ses pleurs bruyants, la comtesse ouvrit les
cuisses peu  peu et creusa de nouveau les reins pour hausser les fesses autant
qu'il lui tait possible de le faire.
        Flatt par les compliments de Lord Christopher, et pour faire plaisir
plus qu'obir  celui-ci, l'odieux palefrenier rcidiva, avec la mme maestria,
arrachant  sa victime une clameur d'agonie.
        Le dogue allemand, lui, ne bougeait pas.

        Tel qu'il se tenait couch, avec les postrieurs replis sous lui,
Vulfrane ne pouvait juger s'il tait ou non excit, si son phallus tait hors
de sa gaine, s'il tait dard, turgescent... Par contre, les trois garonnets,
eux, bandaient de toutes leurs forces, et leur pnis, disproportionn par
rapport  leur ge, se tendait au bas de leur ventre, gland dcalott, pour
tmoigner du plaisir pervers qu'ils prenaient  voir la femme s'avilir.
Aucun dtail visible ne la renseignant sur les sensations prouves par les
trois fillettes, Vulfrane reporta son attention sur la croupe enflamme de Lady
Folkrown, vit les lanires de cuir continuer  cingler la chair ferme, la vulve
se dformer sous l'action des pinces et des poids, l'anus palpiter...

        La grosse verge du palefrenier oscillait de faon spasmodique, comme si
l'intumescence croissait encore, annonait une proche jaculation. Vulfrane
attendait  tout instant que le colosse saist son sexe monstrueux d'une main
ferme et le guidt entre les deux masses fessires carlates. Mais il ne
l'effleurait pas mme du bout des doigts, ne touchait pas  sa hampe, ne
massait pas ses testicules. Il donnait l'impression que son plaisir ne
procdait que de son acte flagellatoire seulement. Il fouettait  prsent sur
un rythme plus lent, mais  grandes envoles des lanires, cinglant la menue
croupe de droite  gauche, puis de gauche  droite, des reins aux cuisses et
d'une hanche  l'autre, en laissant s'couler de longues secondes entre chaque
coup, comme s'il se rjouissait de voir apparatre de nouvelles marques
pourpres sur la peau enflamme, comme s'il voulait faire souffrir... ou jouir
davantage sa victime en lui faisant redouter ou esprer la brlante morsure des
cuirs.

-       Aaaarh!... Quarante-neeeeeeuf!... Aaaarrhaaaah!... Cinquaaaaante!
continuait  compter Lady Maureen entre ses hurlements.

        Elle criait  pleine gorge, hoquetait des sanglots incoercibles, mais
pas un instant elle ne suppliait pour que ft mis fin  son supplice. Elle
secouait parfois la tte d'un ct et de l'autre, ses yeux taient traverss de
lueurs hallucines, ses lvres tremblaient entre ses plaintes, elle les
mouillait de temps  autre de la langue aprs avoir repris son souffle pour un
nouveau cri, mais crisp, tendu, contract par la souffrance, ruisselant de
sueur et de larmes, son visage n en conservait pas moins une beaut tragique.
La pointe de ses gros mamelons semblait se dilater encore, et dbordait
davantage des mchoires des pinces relies par la chanette qui se balanait 
chacune des saccades de son buste. Et sous le cuir du collier, du
soutien-gorge, de la ceinture, les clous aigus, de trois millimtres de
longueur, s'enfonaient dans sa chair et la faisaient saigner. Et sous l'impact
des lanires, sa croupe en feu roulait et bondissait en commenant  suer une
humeur purpurine.

-       Soixaaaaante! vocifra-t-elle.

        Sur un geste bref de Lord Folkrown, Ulmer cessa de frapper.

        Il jeta son martinet, s'accroupit, leva les deux mains entre les
cuisses vibrantes de Lady Folkrown qui, d'un coup, se cabra tout entire,
redressa la tte dans la limite permise par le collier, carquilla des yeux
immenses, ouvrit une bouche dmesure, trembla de tous ses membres, hoqueta
deux ou trois fois, et libra enfin un hurlement inhumain, abominable, plus
atroce encore que ceux arrachs  sa gorge par la torture de ses seins.

        Vulfrane ne comprit la raison d'une telle clameur qu'a l'instant o, se
redressant, le palefrenier montra au comte les pinces lestes dont il venait de
dlivrer les nymphes distendues de la comtesse.

        Lord Christopher lcha alors la laisse et se tourna vers le danois qui,
voyant le regard de son matre s'intresser  lui, leva la tte, dressa
davantage les oreilles et devint attentif. L'homme pronona le nom, donna
l'ordre sec, cingla sa botte de la cravache, et la bte se leva, sembla
hsiter, puis s'avana  petits pas pour contourner la femme secoue par de
violents sanglots...
        Vulfrane se retint une fois encore de respirer.


CHAPITRE DOUZIEME

        Le danois s'approcha de la croupe offerte. Il tait monstrueux,
vraiment, presque de la taille d'un ne, mais plus rac, plus beau, plus
redoutable aussi.

-       Va Gasko! Va! ordonna le comte.

        Lady Folkrown, dont les sanglots se calmaient peu  peu, carta
davantage les genoux et ouvrit plus encore les fesses en sentant l'haleine
chaude de l'animal entre ses cuisses.

        La longue cravache de dressage cingla de nouveau la botte, faisant en
mme temps tressaillir la femme et la bte.

        Le chien avana sa gueule contre la chair odorante, renifla, lcha,
timidement d'abord, puis de faon de plus en plus gourmande, passant et
repassant sa langue paisse au long de l'entrecuisses dgoulinant de sueur et
de liqueur savoureuses.

        La comtesse se remit  gmir en agitant sa croupe lascivement, la
haussant et l'abaissant pour se frotter plus troitement  la langue rugueuse
qui lchait sa vulve terriblement enflamme, qui s'enfonait de temps  autre
dans son vagin pour une qute avide de son jus intime.

        Vulfrane ne pouvait plus dtacher ses regards de la scne. A la fois
fascine et dgote par un tel acte, et malgr le souvenir du viol bauch
auquel elle n'avait chapp que grce  l'intervention de Parker, elle sentait
crotre en elle l'trange moi: une espce d'excitation sexuelle confuse,
contrarie par sa raison mais nourrie par une irrationnelle convoitise, qui
s'emparait de sa chair intime, possdait ses sens, dont elle avait honte, mais
 l'emprise grandissante de laquelle il lui tait tout  fait impossible de
s'opposer. Alors, elle croisa les bras sur sa poitrine en treignant ses
paules des deux mains, serra les cuisses, comprima sous le caoutchouc collant
et moite ses mamelons durcis et son sexe frmissant pour essayer d'endiguer la
vague de son dsir inavouable.

        La cravache cingla la botte.
        Le dogue allemand tressaillit, cessa de lcher le sexe fminin luisant
de sa salive, se dressa sur ses postrieurs, posa les antrieurs sur chacune
des fesses stries de nervures pourpres et gonfles, puis demeura de la sorte
en attente, tendu, la langue tire et bavante, haletant lgrement, regardant
son matre avec une expression de soumission idoltre. Au bas de son ventre, sa
verge mergea du fourreau, en sortit compltement pour s'allonger, se recourber
un peu, aussi grosse et longue que le pnis d'un homme membr solidement, mais
bien plus effile  son extrmit, d'un rouge vif et brillant, humide.
        Vulfrane inspira profondment, tenta de dissiper sa sensation pnible
de suffocation. Le dsir augmentait irrsistiblement en elle; il irradiait son
bas-ventre, raidissait ses reins, emplissait ses seins, gonflait ses mamelons;
il faisait sourdre une lave ardente de sa fminit, embrasait sa perle
clitoridienne, brlait ses ttins; il affolait aussi son coeur, nouait ses
nerfs, l'oppressait, l'angoissait... Elle serra plus fortement les cuisses
l'une sur l'autre en se tortillant sur place, non pour contenir l'envie
d'uriner qui ne la tourmentait plus, mais pour dominer les sollicitations
sensuelles persistantes et de plus en plus prcises. En vain. A dfaut de
l'exutoire qu'elle s'obstinait  se refuser, elle se contenta de soulager sa
tension en contractant et relchant tour  tour les muscles de ses cuisses, de
son ventre et de ses fesses, sans avoir conscience de ce que, en s'interdisant
de se masturber malgr l'envie croissante qu'elle en avait, elle cdait ainsi 
la pulsion balbutiante de la passion perverse qui investissait son corps avec
une insidieuse perfidie et lanait de nouveaux tentacules  la conqute de son
esprit.
        La cravache de dressage cingla la botte.

        Docile, le grand animal se coucha sur le dos de la femme posture comme
une chienne. Son pnis turgide oscilla latralement sous les menues fesses
meurtries et parcourues de petits tressaillements, glissa entre les cuisses
ouvertes, et effleura de sa pointe la vulve billante.
        Ce simple contact, aussi superficiel et imparfait qu'il ft, lectrisa
littralement la comtesse. Elle poussa un sorte de feulement rauque, secoua la
tte en tous sens, agita son corps, comme rendue soudainement insensible aux
dards du collier, du soutien-gorge et du serre-taille, comme ne sentant plus
les brlures du fouet ni la cuisson de ses nymphes longuement tortures par les
pinces et les poids.

        La verge de Gasko s'allongea davantage hors du fourreau de poils
brun-noir, se cambra plus encore, toucha les lvres vaginales congestionnes,
se pressa contre le sexe entrouvert, fora les muqueuses humides, fit gronder
la femme, et la pntra lentement.

        La cravache cingla les paules de Lady Maureen, qui poussa un cri
touff et lana les fesses en arrire. Gasko passa les pattes de part et
d'autre de la taille fminine et s'y agrippa solidement. La cravache frappa de
nouveau.
        Le chien se mit au cot.

        Ce n'tait pas la premire fois; il en avait une longue habitude.
        Les mouvements de la croupe canine taient courts, rapides. La gueule
ouverte haletait. A de certains moments, la langue baveuse lchait les paules
marques par la cravache;  d'autres, les dents mordillaient l'piderme
sensible. Les ongles robustes s'ancraient dans la chair dlicate des hanches
mouvantes. Le pnis tait plant dans le vagin, au plus profond, et le
frottement troit tait violent, pre, convulsif, d'une bestiale efficacit.
        Lady Folkrown haletait elle aussi. Son corps mince et nerveux tait
sans cesse secou par les ruades prcipites que lui imposait le danois.
Elle demeurait retenue au sol par les entraves,  quatre pattes, raidie sur ses
bras et ses cuisses, comme la chienne en chaleur qu'elle tait rellement 
prsent. Elle ne pleurait plus, mais gmissait, poussait des plaintes rauques,
des cris trangls. Elle appelait le chien, l'excitait  plus de fureur.
La sueur ruisselait sur son visage empreint de plaisir indicible.

        Derrire le miroir sans tain, voyant se perptrer le pervers
accouplement comme si elle se fut trouve dans le local mme o s'accomplissait
l'acte immoral, contre nature, dgradant, Vulfrane tremblait maintenant de tout
son tre, autant de rpulsion que d'excitation, d'angoisse et de peur que de
dsir aussi, peut-tre... Elle ne savait pas. De fait, elle n'y pensait mme
pas. Elle subissait ces sensations de faon alternative ou simultane, sans
comprendre.
        Les yeux rivs au couple monstrueux, les traits crisps, elle avait
abaiss les mains de ses paules et se frottait machinalement les seins
par-dessus la double paisseur du caoutchouc de sa robe et de son
soutien-gorge. Elle contractait ses cuisses, ses fesses, lanait son bassin en
avant, sa croupe en arrire, animait son corps de faon tout  fait
inconsciente pour se prter  une copulation imaginaire. Lentement,
graduellement, gagnant en force, le plaisir voluptueux se cristallisait dans
ses reins, dans son ventre...
        Lady Maureen agitait plus follement sa croupe. Ses cris, plus nombreux,
plus presss, s'entrecoupaient de violents hoquets. Et les plaintes que lui
arrachait le plaisir ressemblaient  ses hurlements de douleur. Devant elle,
Lord Christopher avait extrait sa verge de son vtement et se masturbait
lentement, en continuant de lui cingler les paules de temps  autre. Derrire
elle, Ulmer manoeuvrait son sexe noueux avec une sorte d'acharnement rageur.
Sa main se crispait au-dessus de ses testicules, remontait vivement jusqu'au
gland; ses doigts serraient fortement sa hampe, revenaient vers la racine,
recommenaient les gestes saccads, brutaux.
        Tourn vers la glace, Ulmer semblait se regarder.
        Vulfrane pouvait voir l'norme gland apparatre et se dcalotter en
totalit, jusque bien au-dessous de sa couronne nettement marque, d'un aspect
satin, lustr, d'une rougeur violace. Il lui paraissait presque que le mat
tait l, sous son nez, qu'elle en sentait la forte odeur, mlange de sperme et
d'urine, que la semence allait lui jaillir au visage. Et les narines
palpitantes, elle frissonnait  la fois de rpugnance et de convoitise.
        Lady Maureen poussa soudain un hurlement terrible.
        Vulfrane dtourna son regard du palefrenier, crut que le comte,
reprenant la laisse en main, venait de torturer  nouveau les seins de sa
femme. Mais non, la comtesse jouissait, en se dbattant follement sous le dogue
qui s'acharnait  la saillir, en profrant des obscnits, en injuriant la
bte, en s'insultant elle-mme, en dlirant de faon insense.
        Puis elle se tut brusquement. Son corps se relcha de sa tension, ses
reins s'incurvrent, ses jambes et ses bras se mirent  trembler violemment.
Elle aurait laiss mollement retomber sa tte si le collier ne l'en avait
empche.
        Elle transpirait abondamment. Son sexe dgoulinait. Ses cuisses taient
vernies de cyprine. Elle tait au terme de son spasme dmentiel.
        Mais l'animal restait plant en elle, et s'activait avec une gale
frnsie dans son vagin.
        Le comte laissait faire, sachant que le frottement allait devenir trop
irritant pour prolonger les dlices de la jouissance, et que la douleur
renaissante ne pouvait que succder au plaisir... pour l'engendrer de nouveau,
plus tard.
        Gasko grogna, puis les lans de sa croupe se firent nettement moins
agressifs ds qu'il eut achev de projeter sa semence dans les entrailles de sa
femelle humaine. Son orgasme termin, soud au vagin par la formidable
intumescence de son pnis, il cessa de se mouvoir.
        Alors, tout en se massant le sexe, Lord Folkrown vint derrire le
dogue, changeant sa place avec Ulmer, qui alla se camper devant la comtesse
ahanante, et le cingla aux reins de la cravache. L'animal gronda, et retrouva
un peu de vigueur. La cravache cingla encore. Le chien tressaillit, mais bien
dress, ne se rebellant pas contre son matre, il libra sa fureur sur la femme
dans la chair de laquelle il demeurait ancr.
        Le comte frappa de nouveau.
        Gasko grogna dangereusement.
        Lady Folkrown recommena  crier.
        Elle ne supportait visiblement plus la prsence phallique suppliciante,
se dhanchait de droite et de gauche, donnait de rudes coups de croupe au
ventre du chien dont elle cherchait  se librer, mais elle ne parvenait pas 
se dbarrasser de la bte affole par les cingles de la cravache, et qui
passait sur elle sa colre.

        La main du palefrenier s'acclra, orienta le gland congestionn en
direction des lvres ouvertes.

-       Donne-moi ton foutre, salaud! Fais-moi boire tout le jus de ta grosse
bite! rla la comtesse entre deux cris.
        L'homme rpondit par une sorte de rugissement.
        Le sperme pais et blanchtre jaillit d'un coup, avec violence.
        Le premier jet s'engouffra dans la bouche bante, les autres
souillrent le visage tourment par un regain de concupiscence. Puis le sperme
continua de s'couler par petites saccades, mais sans force, pour glisser au
long du gland et s'accumuler sur les doigts de l'homme. Celui-ci ferma un
instant les paupires, respira profondment, et lcha finalement son sexe qui,
d'une vive rougeur, ne se dgonfla qu'a peine.

        Vulfrane sentit le ruissellement chaud de sa chair inonder le latex de
sa culotte, dgouliner en telle quantit qu'elle redouta durant une seconde de
n'avoir pu se retenir d'uriner. La jouissance ne l'avait pas branle
rellement, elle ne s'tait pas traduite par un spasme, mais plutt par une
espce de long frisson, une onde de volupt incertaine, imparfaite, incomplte,
comme avorte et frustrante... A cause de l'angoisse qui l'oppressait,
peut-tre.
        Elle prouva subitement une sensation de froid. Le caoutchouc de sa
robe avait beau tre pais, son immobilit prolonge la rendait plus vulnrable
 la fracheur du temple souterrain de la dbauche.

        Le chien, par crainte de la cravache, sans doute, continuait 
s'activer entre les cuisses de la femme, qui avait dgluti la semence d'Ulmer
et poussait une plainte touffe  chaque rue du pnis de l'animal dans son
vagin.
-       Gasko, suffit! cria le comte.
        En mme temps il cessa de se caresser la verge, et frappa schement les
reins du dogue allemand.
        Le chien hurla, puis il se dgagea brusquement, le pnis dgoulinant et
pendant sous son ventre, pour s'loigner de la comtesse geignante. Mais Lord
Folkrown le rappela pour lui commander de lcher la vulve d'o s'coulait le
sperme qu'il y avait jacul.
        Hors de la culotte moulant les hanches troites, les fesses dures, les
cuisses muscles, comme prsente sur un crin noir, la virilit du comte
n'avait rien  envier  celle du palefrenier. Le sac des testicules pesait
lourdement sous la racine de la verge cambre, qui mergeait d'une fort de
poils blancs et drus,  peine moins large que le sexe noueux d'Ulmer, mais
beaucoup plus longue, termine par un gland en forme de chapeau lgrement
conique.
        Et cette verge, Vulfrane l'avait eu dans la bouche, dans le ventre, en
avait joui!

        Lady Maureen se laissa laper par la langue passant et repassant entre
ses jambes ouvertes, dont la tideur humide apaisait sa chair irrite et lui
procurait un soulagement indniable. Quand elle en eut assez, elle repoussa le
mufle froid d'un lan des reins, et le chien se recula, regarda son matre et,
lisant la permission dans les yeux clairs de l'homme, retourna s'asseoir en
sphinx  la place qu'il avait abandonne pour venir saillir la femelle qu'on
lui offrait.

        Il y eut un moment de flottement.

        Vulfrane crut que tout tait accompli, qu'il tait temps pour elle de
regagner sa chambre.

        Elle se trompait.


CHAPITRE TREIZIEME

        Ni le comte ni le palefrenier ne semblaient vouloir librer Lady
Folkrown des entraves qui la retenait sur les dalles. Cependant ils ne
l'avaient pas empche de modifier quelque peu sa posture pour dtendre ses
muscles, reposer son corps las des tensions successives qu'on venait de lui
imposer, tant par la souffrance que le plaisir.

        Vulfrane continuait  regarder, tout en s'tonnant encore que le chien,
couch, la tte entre les pattes, ne pert pas sa prsence derrire le miroir
truqu.

        Sous l'clairage insolite, la silhouette demi-nue lui paraissait
magique,  cause peut-tre de la large ceinture serrant excessivement la taille
exigu et faisant du mme coup rebondir la croupe obscnement.

        Alors le comte vint s'accroupir devant sa femme et tendit les deux
mains vers les gros seins torturs par le soutien-gorge et les pinces.
        Un hurlement effroyable s'leva presque aussitt.

        D'un seul coup, Lord Folkrown venait de retirer les pinces des mamelons
de la comtesse qui, ttanise par la douleur, les yeux rvulss, clamait sa
souffrance  s'en rompre la gorge.

        Et puis, sur un ordre du comte, qui se relevait en souriant
sardoniquement, Ulmer alla librer les enfants de leurs chanes pour les
ramener tous les six autour de la femme volontairement avilie, laquelle,
tremblant de tous ses membres, continuait  hoqueter, rler et sangloter
convulsivement.

        Dociles, les garonnets et les fillettes se mirent en position,
obissant aux injonctions du palefrenier. Deux des petits garons
s'agenouillrent de part et d'autre  l'avant de la comtesse et capturrent de
la bouche chacun des mamelons tumfis et sanguinolents. Celle-ci se contracta
de nouveau, mais ne protesta pas quand le troisime, camp, les jambes
cartes, lui glissa entre les lvres sa verge bande. Les deux petites filles
 la peau claire prirent place sous le ventre et entre les cuisses de Lady
Folkrown, l'une pour s'emparer du clitoris turgide, l'autre des nymphes gorges
de sang. La troisime enfin, au teint basan, fut couche  plat ventre sur le
dos de la femme et, dans l'instant, tandis que le garonnet demeur debout lui
saisissait les ttins, pntre par Lord Folkrown.
        Incapable de faire un seul geste, Vulfrane vit le phallus aller et
venir entre les petites fesses brunes, pntrer profondment le vagin enfantin,
puis ressortir presque compltement avant de se renfonc en un sec et imparable
lan des reins.
        Sous les lchements et les mordillements vicieux, qui sollicitaient
sans relche ses mamelons, sa vulve et son clitoris sensibiliss  l'extrme,
la comtesse jouit bientt de faon presque ininterrompue, gronda et sanglota,
soubresauta  chaque spasme, mais n'en cessa pas autant d'aspirer et sucer la
petite verge plante dans sa bouche, retardant savamment l'jaculation.
Le garonnet, lui, s'appliqua  son cruel exercice et, tout vibrant et
gmissant qu'il ft des effets de la fellation, n'en continua pas moins 
pincer, tirer et tordre les tendres pointes de la poitrine de sa compagne
victime de la saillie du comte.
        Ce dernier s'activa plus vivement, poussa un cri de bte en rut,
enfona ses ongles dans l'piderme de son amante juvnile rlante, contracte
tour  tour de douleur et de plaisir, crasa son ventre contre le derrire
brlant pour se frotter lascivement avant de retirer de nouveau son membre et
de recommencer.
        Puis la petite poussa un vagissement de jouissance, qui se mua aussitt
en hurlement de souffrance quand, sur un regard de Lord Folkrown, le petit
garon lui tordit effroyablement le bout des mamelons.
        Soudain, Vulfrane sut qu'elle n'tait plus seule, qu'il y avait une
prsence, l, juste derrire elle. Elle se retourna, brusquement. La vue de
l'homme et du chien tenu en laisse la fit porter d'instinct une main  sa
bouche pour touffer un cri.
        Un cri que poussa le comte en se ruant dans le vagin de la fillette
hoquetante, en l'inondant de jets de sperme pais, en griffant ses hanches
saccadantes et lacrant sa chair dlicate...
        Un cri que lana le garonnet en se raidissant sur ses jambes, en
crispant de toutes ses forces ses doigts sur les ttins supplicis, en librant
enfin sa gourme dans la bouche de la comtesse qui l'avala avec une vive
dlectation...
        Un cri que clama Lady Folkrown ds qu'elle eut dgluti, en se cabrant
de tout son tre, en se ttanisant sous les petites dents mordant voracement
ses mamelons et son sexe ensanglants...

        Le souffle interrompu, le coeur fou, les oreilles bourdonnantes,
l'esprit assailli d'images insenses, le regard agrandi d'effroi, Vulfrane
comprit en un clair de seconde que le pire venait de lui arriver.
        Le chauffeur mit un ricanement sourd.
        Vulfrane sentit un tremblement irrpressible monter en elle, la peur
s'insinuer dans toutes ses fibres, la faire transpirer, nouer son estomac,
tordre son ventre, amollir ses jambes, troubler sa vision. Une boule d'angoisse
coince dans la gorge, elle n'osa ni crier ni bouger, ne put rien faire d'autre
que regarder Mark et le chien, frre jumeau de l'autre.

        Le danois tendit la gueule, montra les crocs, agita la langue, fixa la
jeune femme de son gros oeil plein de mchancet. Il et suffi que le rouquin
lcht la laisse pour qu'il bondit, attaqut, sautt  la gorge, mordit,
dchirt sauvagement.

        Vulfrane fut certaine alors que c'tait lui qui l'avait assaillie, qui
avait essay de la violer, qui n'attendait que l'occasion de se venger de
n'avoir pu la possder.

        Le chauffeur ricana de nouveau.

        Vulfrane -se reprochait de n'avoir pas pris le temps de refermer le
panneau de lambris dans le vestibule, prouvait du regret  s'tre lance dans
l'aventure prilleuse,  s'tre trop longuement attarde dans les souterrains.
La peur abjecte se rpandait en elle. Des souvenirs encore tout frais
agressaient son cerveau: le chien qui se ruait sur elle; les pattes qui
pitinaient son tutu; le poids de l'animal sur son corps presque nu; la langue
qui dgouttait de salive et trempait son visage; le phallus rpugnant qui
frlait son sexe, cherchait  forcer sa chair; les seins de la comtesse
torturs par les pinces; la vulve supplicie par les olives de mtal; la croupe
tendue et strie d'carlate par le fouet; les lanires claquant sur les fesses
bondissantes; la verge effile du dogue allemand; les mouvements saccads du
cot bestial; les hurlements de douleur, de plaisir, les enfants...

        Le chauffeur passa une main entre ses jambes, se massa les organes
gnitaux, avana de deux pas. Le chien s'approcha davantage, tira de toutes ses
forces sur la laisse, se dressa sur les postrieurs, ouvrit une gueule
effrayante, aboya.

        Vulfrane recula contre la glace sans tain. Accule, elle regarda le
rustre se tter encore les testicules. Elle devina le pnis rig et gonflant
le tissu, le gland dcalott et violac, songea au latex pousant ses propres
formes, moulant ses ttins, son ventre, son pubis, eut l'trange impression
d'tre nue, serra les cuisses sur l'humidit contenue par sa culotte, imagina
les ides perverses de l'homme convoitant de ptrir ses seins, la rondeur de
ses fesses, la douceur de sa vulve, crut dj sentir la bouche paisse sur ses
lvres, le corps frottant sa peau, les mains ancres  ses hanches, la verge
entre ses cuisses, dans son vagin, prouva une sensation forte et pntrante,
frissonna tout  la fois de la crainte et de l'obscur dsir qui la prit  se
savoir vulnrable,  merci.

-       Salope! ructa Mark.
        Alors elle cria, tendit une main en avant, comme pour faire cran au
regard de l'homme, empcher  ses yeux de la toucher ainsi. Le chauffeur
ricana, heureux de la terroriser, avana de nouveau. Elle prouva soudain le
vertige de l'ivresse, sentit son bas-ventre frmir comme dans la proximit de
l'amour, s'affola, cria de nouveau quand la poigne saisit ses cheveux, la fora
 baisser la tte,  incliner le buste. Elle battit des bras, tenta de bloquer
le poignet masculin, hoqueta de douleur sous la tension brusquement accrue des
doigts qui tirrent frocement sa chevelure.
-       Tiens-toi tranquille, grogna Mark, sinon je te fais bouffer par Karna.
Elle dteste toutes les autres femelles, chiennes ou humaines!
        Karna! Non pas un mle, mais une femelle!
        Casse en deux, Vulfrane jeta un regard anxieux  la chienne, dont le
chauffeur avait lch la laisse. Mais celle-ci se tenait calme, comme ravie de
la voir mate, soumise, infrieure. Elle se laissa entraner de la sorte, en
gmissant, sans rsistance, jusque devant l'une des portes ferres du corridor.

        L'homme ouvrit.
        D'une violente bourrade, il projeta la jeune femme  l'intrieur du
rduit sombre et nu, sur le sol duquel elle s'tala. Puis il referma sans
ajouter un mot, la plongeant aussitt dans une totale obscurit... et la plus
complte dsesprance.


CHAPITRE QUATORZIEME

        Vulfrane avait dormi, assez longuement  ce qu'elle croyait. Dpourvue
de montre, laquelle n'aurait gure t utile dans l'obscurit complte o elle
se trouvait plonge, elle n'avait pas la moindre notion de l'heure qu'il
pouvait tre, ne savait depuis combien de temps elle tait enferme et ignorait
mme s'il faisait jour ou encore nuit.

        Soudain, dans le silence qui l'environnait, elle perut un bruit de
pas, qui se rapprocha, vint dans sa direction. Elle se redressa, s'assit sur sa
paillasse, se mit debout avec peine, les membres gourds, le coeur battant.
Le verrou grina, la porte s'ouvrit, et, bien que faible, la lumire jaune
l'aveugla.

-       My Lord veut avoir un petit entretien avec toi. Sors de l et suis-nous
sans faire d'histoires! ordonna le palefrenier.

        Prs de lui, le chauffeur demeurait silencieux.

        Comme, un peu hbte, clignant douloureusement des paupires, la jeune
femme ne faisait aucun mouvement, Ulmer et Mark la saisirent chacun par un
bras, et, sans lui laisser le temps de remettre ses escarpins qu'elle avait
ts, la tirrent sans mnagement de la cellule. Sourds  ses questions
angoisses,  ses protestations, ils l'entranrent ainsi jusqu' la salle de
dbauche et de torture, o stagnait une lourde odeur de sueur et de stupre.
L, ils l'amenrent sous l'un des palans fixs  la vote, cerclrent ses
poignets d'pais et larges bracelets de cuir relis par trois gros anneaux
d'acier, passrent celui du milieu dans le crochet de l'appareil de levage,
dont ils manoeuvrrent ensuite la chane jusqu' ce qu'elle ne toucht plus les
dalles du sol que du bout des pieds.

        Vulfrane ne put s'empcher de se dbattre lorsque les mains des brutes
se mirent  la palper, mais elle ne russit qu'a s'infliger des douleurs dans
les bras et les paules. Toutes quatre en mme temps, les mains paisses
s'emparrent de son buste et de sa croupe, trouvrent sans mal les pointes de
ses mamelons sous la double paisseur de latex de la robe et du soutien-gorge,
ptrirent le dessous de ses fesses et l'arrire de ses cuisses, pressrent son
pubis, revinrent sur ses reins, reprirent ses seins, moulrent ses flancs...

-       Arrtez cela!... Laissez-moi! haleta-t-elle.

        Aucun des deux hommes ne parlait, mais leurs yeux luisaient de
concupiscence, et leur respiration s'tait faite sifflante.
        Les doigts revenant sur son ventre, glissant vers la source de son sexe
engendrrent des vibrations  l'intrieur de ses cuisses.
-       Non! Non!... Je ne veux pas! s'insurgea-t-elle de nouveau.
        Mais sous les pressions appuyes et conjugues des mains qui
apprenaient son corps troitement moul par le caoutchouc, qui la faisaient
gmir et se rebeller de refus impuissant, elle sentait malgr elle des frissons
la traverser.
        Ses sens ragissaient en dpit de sa raison. Quand son esprit se
rvoltait de ces caresses forces, quand grandissait en elle la crainte du
viol, elle ne pouvait interdire  sa chair de dsirer les obscnes
attouchements.
        Elle se revoyait ce fameux soir o, encourage par Sophie, la
quasi-totalit de ses inhibitions dissoute par une lgre ivresse, elle avait
fait l'amour devant tmoins, puis permis  Jacques de l'attacher toute nue par
les poignets, debout et les bras levs au-dessus de la tte, de la caresser, de
l'embrasser, de la fesser, de la fouetter..
        Depuis, elle n'avait plus cess de fantasmer.
        Et maintenant encore, bien que cette fois ce ne ft plus un jeu
rotique un peu pervers, que la peur lui nout les entrailles.
        La main, crase sur son pubis, fora ses cuisses  s'ouvrir, une autre
dprima le sillon de sa croupe, une troisime coiffa son sein droit, la
dernire pressa son mamelon gauche.

-       Tu as vraiment tout ce qu'il faut l-dessous pour satisfaire un homme,
grogna Ulmer.
-       Pour sr! renchrit Mark. On va bien s'amuser avec toi quand tu seras
compltement  poil!

        Mchoires serres, Vulfrane essaya de leur chapper tout en sachant ses
efforts vains, puis, vaincue, elle s'abandonna. Malade de honte, mais
frmissante d'une irrpressible excitation, elle ne put que fermer les yeux.
Les gros doigts appuyrent sur son sexe, entre ses fesses, dcouvrirent sa
fente et son anus  travers la double barrire de sa robe et de sa culotte.
        Enfin, les hommes la lchrent, la laissant dans un trouble tat de
soulagement et de frustration mls.

        Tandis que le palefrenier quittait la salle aux murs recouverts de
serge noire, le chauffeur s'installa confortablement sur l'un des deux canaps
courbes, de l'autre ct des colonnes, et se mit en devoir de se curer les
ongles avec la pointe d'une longue navaja.

        Pour essayer de dissiper l'angoisse qui lui nouait l'estomac, non moins
que tenter d'oublier la douleur lancinante qui, en s'tendant le long de ses
bras, gagnait ses paules et descendait peu  peu vers ses reins, Vulfrane
voulait se persuader de ce qu'il tait peu probable que Lord Folkrown cont
des doutes quand  la raison vritable de sa prsence  Firecastle. Mais elle
avait beau lutter afin de ne pas cder  la panique, se dire que cela ne
servait  rien, la peur oppressait sa poitrine au point qu'elle en prouvait de
la peine  respirer.

        Elle se souleva sur la pointe des pieds pour tenter de soulager un peu
la tension des articulations de ses bras et de ses paules, jeta un regard au
rouquin qui continuait  se nettoyer les ongles et faisait comme si elle
n'existait plus, puis songea une fois encore qu'elle avait commis une folie en
acceptant de se lancer dans cette aventure. Quand, avec Stephen Daams, elle
avait voqu les possibles outrages et tourments qu'elle aurait  subir si l'on
venait  la surprendre ou seulement la souponner, elle avait un peu crn.
Mais  prsent qu'elle savait de quoi le comte et la comtesse taient capables,
qu'elle se trouvait pendue comme une pice de boucherie, mise dans la totale
incapacit de s'opposer d'aucune faon  ce que l'on mditait de lui faire
endurer, elle ne pouvait empcher la crainte de tordre son ventre.

        C'tait comme si elle avait la colique. Et puis, de nouveau, l'envie
d'uriner la reprenait.

        Dj, les doigts et la plante de ses pieds se crispaient, ses mollets
se nouaient. Elle sentait venir la crampe. Pour l'viter elle se dcontracta,
mais ce furent alors ses bras et ses paules qui supportrent de nouveau
l'essentiel de son poids. Et sa vessie se fit plus lourde.

        Brusquement, elle entendit des bruits de pas et de conversation de
l'autre ct de la porte, puis celle-ci s'ouvrit derrire elle. Elle tourna la
tte pour voir entrer Lord Folkrown suivi d'Ulmer et de Lady Maureen.

        Le comte tait toujours habill de noir et bott. La comtesse,
outrageusement farde, les cheveux relevs au sommet du crne et retombant en
queue de cheval sur le ct gauche de son visage, s'tait revtue d'une
insolite tenue de cuir dor, faon dominatrice de bande dessine: gupire 
bonnets pointus et sans bretelles, jupette serre moulant les hanches, retenue
 la taille par un ceinturon  grosse boucle de mtal, cuissardes  talons
aiguilles vertigineux et gants montant jusqu'en haut des bras. D'un air
ngligent, elle jouait avec un fouet court  l'unique lanire tresse.

        Mark replia sa navaja, se leva du canap et vint  leur rencontre.
        Les mains derrire le dos, le comte vint se placer devant sa
prisonnire et la considra d'un air songeur.

        Lgrement en retrait, silencieux, le palefrenier, le chauffeur et la
comtesse la regardaient eux aussi en ne trahissant rien de leurs sentiments.

-       Pourquoi m'avoir fait amener dans ce lieu odieux? interrogea enfin
Vulfrane.

        Elle avait halet les mots. Ses bras commenaient  rellement la
tourmenter, une douleur sourde naissait au centre de sa poitrine et la vue du
fouet que tenait la comtesse l'affolait.

-       J'aimerais vous entendre nous fournir la raison de votre prsence dans
les souterrains, rpondit calmement Lord Folkrown aprs un moment.
-       Est-il ncessaire pour cela que je sois attache? objecta Vulfrane.
-       Je ne suis pas certain que vous acceptiez de votre plein gr le
chtiment de votre indiscrtion et, avant cela, rpondiez avec franchise  mes
questions sans me contraindre  employer des moyens de persuasion quelque peu
brutaux.
-       Mais de quel droit? ne put s'interdire de crier Vulfrane.

        Elle eut juste le temps de voir le bras se lever, la main fendre l'air.
Magistrale, la gifle lui jeta la tte de ct, lui tordit le cou, lui enflamma
la joue. Elle hoqueta, gmit.

-       Tu n'as pas appris par hasard comment descendre ici par le passage
drob. Il t'a fallu nous espionner. Dans quel but?

        Lord Folkrown n'attendit pas la rponse. Il frappa une seconde fois,
avec une violence extrme, librant une agressivit inutile.

        Vulfrane entrevit  travers ses larmes le regard mtallique, inhumain
de froideur, atroce de mchancet. Les doigts durs la cinglrent de nouveau, et
encore. Son menton heurta durement son paule, ses dents se choqurent, sa
lvre suprieure se mit  saigner. Elle essaya maladroitement de reculer son
visage en arrire de ses bras pour tenter de se protger, vacilla sous les
coups de plus en plus appuys, s'affaissa au bout de la chane. L'homme la
saisit sous les aisselles, pressa involontairement du pouce la pointe de son
sein droit et la fit crier. La douleur l'envahit subitement. Elle eut mal dans
son corps tout entier; mal des gifles reues; mal d'avoir t trop curieuse,
imprudente; mal de ce qui allait lui arriver  prsent; mal de se sentir
abandonne,  la merci du comte, des autres, des chiens. L'homme la secoua avec
fureur, puis la lcha pour agripper brutalement le devant de sa robe. Malgr
son paisseur, le latex craqua, cda, dcouvrit par une dchirure le haut de
son buste, les bonnets de son soutien-gorge.

-       Pourquoi as-tu fourr ton nez dans les souterrains sans y avoir t
invite?
        Vulfrane ne bougeait plus. Insolite au milieu de son visage contract,
un sourire se dessinait sur ses lvres taches de sang. Sophie, Jacques,
Grard...
        Ses bras levs, ses poignets captifs, son corps entirement nu...
Cette sensation grisante d'tre une proie sans dfense, vulnrable... Le
plaisir trange qui, une fois encore, s'insinuait en elle.

        Lord Folkrown s'nerva de cette inertie, de ce silence, de ce sourire
inattendu.

-       Vas-tu rpondre?

        Il secoua la jeune femme avec plus de violence. Le latex se dchira
davantage. Il prit le soutien-gorge par le milieu, tira, rompit l'troite bande
reliant les bonnets, dnuda la blancheur liliale des deux grosses poires
mammaires arrogamment couronnes de brun fonc, qui vibrrent avec scheresse,
dont la vue le rendit bestial, presque fou, qu'il gifla  leur tour,  toute
vole.

        Vulfrane oscilla au bout de la chane en hoquetant. Retenu par les
doigts crochets dans le latex, le haut de sa robe se dchira compltement.
Un coup de poing sur le sein gauche la fit hurler.

-       Qu'est-ce que tu es venue chercher  Firecastle? Qui t'a envoye pour
fouiner dans nos affaires?

        Tout en continuant  la gifler,  la frapper du poing, le comte la
dshabillait, laciniait le haut de sa robe, l'arrachait par bandes de ses
paules, de son torse, rabattait le caoutchouc autour de sa taille, sur ses
hanches.
        Elle pleurait maintenant, criait, sanglotait. Mais les images sordides
qui passaient dans son esprit, les coups qui la meurtrissaient, le latex qui
abandonnait son corps, la sensation de l'air frais sur sa peau nue, la peur, la
honte, la douleur l'excitaient malgr elle, la faisaient frissonner d'un moi
charnel aberrant, lui procurait une satisfaction morbide au coeur mme de son
profond sentiment d'angoisse.

-       Vas-tu rpondre  la fin, espce de salope?

        La main claqua encore, sur les joues, les bras, les flancs, les seins.
        Vulfrane eut l'impression que la fureur du comte ne connaissait plus de
bornes, qu'il allait la dnuquer, lui casser les dents, lui dmettre la
mchoire, la lui briser. Lady Maureen vint derrire elle. La lanire cingla sa
peau au niveau de la taille, juste au-dessus de sa robe lacre. La douleur
vive la fit hurler.
        Lord Folkrown attrapa ses seins ballottants par les ttins, pina
violemment sa chair sensible. La comtesse frappa encore. En mme temps que la
brlante souffrance la forait  crier et se dbattre, cela lui devint presque
sensuellement agrable de se sentir entrave  moiti nue, d'tre battue,
d'avoir les mamelons tourments par les doigts durs.

        Le comte se calma d'un coup; la comtesse laissa son fouet retomber.

-       Mark, dshabillez-la, compltement! ordonna-t-il.
        Le chauffeur s'approcha avec un sourire atroce sur les lvres, leva la
main.
        Il y eut un dclic, et la lame effile, luisante, parut jaillir du
poing de l'homme.
        Vulfrane lcha un petit couinement de frayeur en voyant la navaja
pointer vers son ventre comme pour la piquer. Mais la longue lame glissa entre
sa peau et la robe.
        Il y eut un mouvement sec, et l'acier trancha le caoutchouc.
-       Non!... Je vous en prie... Non, pas toute nue... chevrocha-t-elle en
proie aux folles contradictions de son esprit et de sa chair.
        En mme temps, elle songeait que ce n'tait qu'un mauvais moment 
passer, qu'elle devait tenir bon afin de rendre crdible, lorsque la douleur
deviendrait trop forte, la fable qu'elle se rptait dans sa tte. Mais cela ne
lui tait pas facile, parce qu'elle avait peur de souffrir de faon
intolrable. Et puis, quand elle aurait commenc  parler, ses tortionnaires
voudraient peut-tre en savoir plus, toujours plus...
        Il y eut un doux crissement, et le rouquin acheva de lui arracher sa
robe en la dchirant.

        Les trois hommes et la femme trahirent un regain d'intrt  la voir
accroche de la sorte, avec les bonnets de son soutien-gorge pendant de chaque
ct de son buste, sa culotte moulante, son porte-jarretelles et ses bas de
latex noir. Elle les regarda d'un air gar, les yeux emplis de muette
supplication.
        Le comte claqua des doigts.

        Alors Mark trancha les bretelles du soutien-gorge, les jarretelles et
la ceinture, lacra les bas et les arracha, puis introduisit la lame sous la
culotte.
        Le froid du mtal fit jeter un nouveau couinement  Vulfrane.
-       Non... Non... rla-t-elle.
        Mais dj elle tait entirement nue.
        Etrangement, en mme temps que la submergeait un violent sentiment de
honte, il lui sembla que son envie d'uriner devenait plus pressante du fait de
sa nudit.

        Les regards se croisrent sur le splendide corps fminin, sur les
lvres boudeuses du sexe clos et nu, le ventre un peu bomb sous les ctes
rendues saillantes par l'tirement des bras, le nombril bien dessin, les
cuisses fuseles, les hanches panouies, les fesses rebondies, et encore les
seins marmorens, prodigieusement agressifs.

-       Ce spcimen femelle est-il  votre got? ironisa la comtesse 
l'adresse du palefrenier et du chauffeur.
-       Les mamelles sont tout  fait intressantes, jugea Ulmer d'un ton
sourd. Et puis, vous le savez, My Lady, j'aime bien les bouts pais... C'est
plus facile  attraper!
-       Ce serait plutt  son cul que je donnerais la prfrence, ajouta Mark
en fermant le poing gauche et dressant le majeur avec obscnit.
-       Salauds! leur cracha Vulfrane, le visage cramoisi non moins par la
honte que les gifles.

        Lord Folkrown revint devant elle. Elle sentit la main sche et dure se
plaquer sur son bas-ventre, les doigts s'emparer de son sexe, de sa vulve...

-       Depuis ton arrive, dit-il, je n'ai pas vraiment eu l'occasion de
m'occuper de toi. Mais il n'est jamais trop tard pour rattraper le temps perdu.
Bien qu'il ne soit nullement dans mes intentions de t'abmer, je te jure que tu
finiras par parler!

        Vulfrane se raidit, se tordit, gmit, hoqueta.

        Le comte "s'occupa" d'elle, atrocement, comme s'il avait dcid de
s'appliquer  faire sortir d'elle-mme tous les secrets de la fminit.
-       J'adore jouer avec les grandes lvres d'une chatte quand, ainsi que les
tiennes, elles mritent leur nom, railla-t-il.

-       Non!... Oh, non!... Je vous en supplie... Non!... cria Vulfrane, tandis
que les larmes jaillissaient de ses yeux.
        Elle ne songeait plus du tout  sa vessie.

        Il insista, avec plus de mchancet, en l'ouvrant  deux mains, en
tirant, pinant, distordant affreusement ses tendres muqueuses.

-       Alors, salope, tu n'aimes pas quand c'est un homme qui te triture la
chatte?

        Vulfrane se cabra en hurlant, tira sur ses entraves  s'arracher les
poignets.
        Pour la premire fois de sa vie, elle ressentait de manire fulgurante
la plnitude du terme employ par le comte. Enfin, il la lcha, se recula un
peu et se tourna vers sa femme.

-       Ma chre, savez-vous que cette prtendue gouine ragit trs bien  la
rudesse des caresses masculines? Elle est toute trempe.

        Les lvres de Lady Maureen se dformrent dans un rictus de cruaut.

-       C'est que vos mains sont extrmement adroites, mon cher Christopher...
Je le sais mieux que quiconque et ne pourrais sans doute faire mieux.
-       Ne voulez-vous pas essayer?

        La comtesse sourit et s'approcha de la captive, qui dut subir une
seconde srie de "caresses", d'autant plus ignobles qu'elles lui furent
administres par une femme, non seulement bien place pour savoir toute la
cruaut du supplice inflig, mais, pire encore, de qui elle avait appris le
plaisir saphique.

        Vulfrane hurla tout de suite.
        Quand Lady Maureen la lcha, son bas-ventre tait en feu, tritur
abominablement, massacr, son clitoris lui semblait devenu norme. Elle avait
la sensation que son coeur battait la, entre ses cuisses. Et le besoin de se
soulager recommenait  la tourmenter.
        La pense fugace, folle, de relcher sa vessie pour noyer l'incendie de
son urine lui traversa l'esprit.
-       A vous les seins, Ulmer, offrit la comtesse. Vous tes dou pour a et
vos doigts ont plus de force que les miens!
-       Ne te retiens surtout pas de gueuler, dit l'homme en avanant les mains
vers les splendides attributs de la fminit rougis par les claques. J'aime
bien qu'une femelle crie son plaisir quand je lui travaille le bout des
nichons.

        Vulfrane se remit tout aussitt  hurler,  pleine gorge.

        Le palefrenier avait saisi ses gros ttins entre le pouce et l'index,
les pinait, les roulait, les tordait et les secouait, tirait dessus  les
arracher, allant et venant, jusqu' la faire se cambrer  la limite de la
cassure des reins, la soulever et lui faire dcoller les doigts de pieds du
sol.
        Elle criait, sanglotait et suppliait sans retenue. Les larmes coulaient
dans sa bouche, l'touffaient. Des points lumineux traversaient ses yeux
hagards en nues blouissantes, et la nause montait dans sa gorge.
        Quand,  son tour, la brute la laissa, elle avait les bouts de seins
violacs, presque bleus, quadrupls de volume, et se sentait au bord de la
dfaillance.

-       Ce n'est qu'un dbut, dit le comte. Si tu ne veux pas que cela
continue, en pire, avoue-nous ce que tu es venue rellement faire ici. Je ne
crois plus du tout que tu sois simplement une vicieuse qui ait agi de son seul
gr. Qui t'a envoye et pourquoi?

        Vulfrane tendit vers lui son visage blanc, inond de larmes.
-       Je... je ne comprends pas ce que... ce que vous voulez dire....
balbutia-t-elle.

        Lord Folkrown ricana.
-       Oh! mais si tu comprends, trs bien!
-       Non, je vous assure, nia Vulfrane en se laissant aller en arrire et
recommenant  pleurer.
        Le comte se remit  lui martyriser le bas-ventre, et un tremblement
convulsif la saisit, qui la couvrit de sueur.
-       Je ne mens pas! hoqueta-t-elle. Je vous jure que je dis la vrit!...
J'ai lu l'annonce!... Je n'avais pas d'emploi!... Il me fallait gagner ma
vie!... Faire l'amour en mme temps me plaisait!... C'est tout!
        Les doigts s'en reprirent durement  son clitoris, la faisant crier et
se dbattre follement au bout de la chane.

-       Et tu tais prte  tout pour a, n'est-ce-pas? Y compris  te
prostituer, jouer  la gouine, te laisser fouetter, traiter comme une esclave
sexuelle?
-       Ouiii!... clama Vulfrane en se tordant de douleur.
-       Eh bien, c'est ce que nous allons voir, gouailla le comte en
l'abandonnant et se retournant vers Ulmer et Mark. Dpendez-la et mettez-la en
bonne position sur le chevalet, de faon  ce qu'elle nous montre bien son
cul... et le reste!

        Terrorise, Vulfrane hurla en voyant le palefrenier et le chauffeur se
rapprocher d'elle.

        Sans se proccuper aucunement des ruades de la jeune femme affole, les
deux brutes la couchrent  plat ventre sur une espce de trteau fait d'un
gros rondin recouvert de cuir rugueux, pos obliquement sur quatre pieds de
mtal trs carts, plus courts devant que derrire, et solidement boulonns
dans le sol. Ensuite, il l'attachrent de faon qu'elle et les bras assujettis
aux montants antrieurs, les jambes replies et les genoux contre les flancs,
la tte pendant dans le vide, les fesses surleves, outrageusement ouvertes 
la lumire.

        Une fois qu'ils l'eurent entrave ainsi, ils purent contempler tout 
loisir le spectacle, pour eux des plus moustillants, de son anus bruntre que
protgeait aucun poil, creus entre ses fesses anormalement largies par
l'avilissante posture, et de son sexe bant comme le calice ouvert d'une fleur
de corail couche sur un crin de peau lisse et satine.

        Jamais Vulfrane n'aurait imagin tre pareillement humilie. D'un coup,
ses bourreaux venaient de lui nier toute dignit, de la ravaler au rang le plus
vil de la bestialit.

        Plus encore! Avec les cuisses cartes de la sorte, le sexe billant,
le ventre cras sur le chevalet, la tension de sa vessie devint critique.
        Le comte lui assna une claque en pleine croupe qui la fit glapir.

-       N'as-tu toujours rien de plus  nous dire?
-       Non!... J'ai dit la vrit... haleta-t-elle en relevant la tte et
essayant de voir l'homme derrire elle, mais sans y parvenir.
-       As-tu une petite ide de la manire dont on peut travailler une fille
nue et attache comme tu l'es?
-       Je vous en supplie!... C'est indigne!... Je ne veux pas rester pas
comme a!... J'ai tellement honte! sanglota-t-elle.
-       Honte de nous faire voir ton cul? ricana le comte. Je pensais au
contraire que tu trouverais la chose trs excitante. Et puis c'est une posture
idale pour jouir des caresses du fouet et se faire saillir bien profond, des
deux cts!

        Vulfrane mit un rle rauque.
        Puis Lady Maureen se remit  fouiller longuement sa vulve glabre, dont
les lvres paisses taient gonfles et rougies, les nymphes congestionnes, le
clitoris dard, tumfi.
        Malgr la mchancet des doigts gants triturant de nouveau ses chairs
portes  une sensibilit extrme, Vulfrane mla bientt  ses pleurs
d'humiliation et de douleur, des soupirs et des gmissements voluptueux.
        Lady Maureen la mena peu  peu jusqu'au bord de la jouissance, pour
l'abandonner subitement, pantelante de honte et de peur, mais galement de
frustration.
        Le comte, qui pendant ce temps tait all choisir un fouet, tout entier
constitu de cuir et pourvu d'une seule lanire plate et troite, vint se
poster  bonne distance du fessier superbement prsent, leva le bras, trs
haut, et l'abaissa avec violence.
        Vulfrane eut tout le temps d'entendre la lanire siffler en une sorte
de sswwwiiiiisssshhhh, qui la fit se contracter de terreur. Puis la brlure
atroce qui traversa sa croupe arracha  sa gorge un hurlement terrible.
        La sensation douloureuse tait d'une tout autre intensit que celle
engendre par les quelques coups de cravache endurs le soir de son arrive au
chteau; sans commune mesure avec l'effet des cingles octroyes par Jacques.
        Cela n'avait plus rien  voir avec les pincements cuisants des minces
lacets du martinet; c'tait une sorte de morsure profonde, intensment
brlante.
        Tandis que ses tortionnaires regardaient ses fesses balafres d'une
longue rayure rouge se crisper, durcir comme de la pierre, puis se dtendre en
tremblotant, son anus, qui s'tait resserr convulsivement, s'ouvrir d'un coup
comme si elle expulsait de l'air, son corps vibrer de la tte aux pieds,
Vulfrane, tout en pleurant  gros sanglots, sut avec certitude qu'il n'y avait
aucune chance pour qu'elle retirt un quelconque moi de ce supplice ni qu'elle
le supportt bien longtemps.

        Dj le comte assnait un second coup, un peu plus bas, puis un autre,
et un autre...
-       Sswwwiiiiissshhhh!!! sifflait la lanire avant de lacrer le somptueux
derrire tal.
-       Aaaaaarrrrhhh!!! clamait Vulfrane sous la morsure atrocement corrosive.
        La conscience de sa nudit et de sa posture obscne annihile par la
souffrance, elle hurlait de toutes ses forces, hoquetait, suffoquait de
sanglots incoercibles, vocifrait des injures et des supplications forcenes.
        Enfin elle se mit  parler, hachant les mots, les rptant plusieurs
fois, les bgayant, les hurlant de faon hystrique, les entrecoupant de cris
stridents.
        Elle beugla qu'elle tait un agent d'Interpol, qu'elle n'tait pas
seule, que le chteau tait sous constante surveillance policire, qu'on allait
venir la dlivrer, qu'ils seraient tous arrts, emprisonns, condamns...
        Mais personne ne semblait couter, et Lord Folkrown poursuivait
l'intolrable flagellation.

        Il la fouettait en se tenant  droite ou  gauche, de sorte  lui
marquer entirement la croupe, d'abord de balafres horizontales depuis les
reins jusque sous la jonction des fesses et des cuisses, l o la lanire
meurtrissante cinglait aussi la vulve, puis de zbrures obliques d'une hanche 
l'autre.
        Quand toute cette partie si ronde et si charnue de l'anatomie de sa
victime ne fut plus qu'un rseau de lignes entrecroises, les unes carlate
vif, les autres violaces, certaines dj bleuissantes, il lui accorda un bref
rpit pour changer son instrument contre le fouet court  lanire tresse de
la comtesse, puis vint prendre position et se camper exactement en face du
postrieur tourment.

-       Maintenant, je vais prparer ton cul et ta chatte  d'autres
rjouissances! promit-il en ricanant.
        Aussitt, frappant  la verticale, de haut en bas, il se mit en devoir
de lacrer le sillon ouvert entre les fesses rutilantes et la fente du sexe aux
lvres cramoisies.
        Les cris que cette torture arrachrent  Vulfrane se firent inhumains,
bestiaux, entrecoups de hoquets et de sanglots convulsifs. Bientt, elle ne
clama plus qu'un hurlement interminable, une sorte de vocifration rauque et
dchirante. Dix fois, vingt fois, la terrible lanire de cuir tress revint
s'incruster dans le profond vallon vas de ses fesses, dans l'ouverture
rectiligne de son sexe, crasa implacablement son anus ressorti, boursoufl,
corcha ses nymphes tumescentes et son clitoris turgide, gorg de sang et
devenu plus gros que le bout d'un doigt.
        Brusquement, le flot jaillit, claboussa les bottes de Lord Folkrown
qui, interdit, laissant pendre le fouet au bout de son bras, regarda le liquide
jaune gicler sur les dalles, faire une flaque de plus en plus large, s'taler
sous le chevalet et rpandre une odeur cre.
-       L'immonde truie! s'cria-t-il enfin. La voila qui me pisse dessus!
        Alors, renvoyant le fouet en arrire de son paule, s'aidant d'un "han"
pour dcupler sa force, il expdia l'horrible lanire dans la raie fessire et
le sillon vaginal, duquel l'urine achevait de couler par petites saccades.
        La cingle, qui produisit un bruit sourd et mouill en claquant sur les
muqueuses tumescentes, procura une souffrance tellement aigu  Vulfrane
qu'elle parvint  dcoller son corps du chevalet pour se cambrer et gueuler une
clameur dmentielle.
-       Ah, salope!... Ah, salope!... ructa le comte tout en s'acharnant 
ravager les tendres et intimes parties de la fminit.

        Celui-ci ne manquant aucun de ses coups vicieux, le fouet revenant sans
cesse cingler et mordre avec plus de cruaut les chairs intimes, les brlures
intenses se firent tellement insupportables, que Vulfrane menaa de sombrer
dans la folie  force de s'arracher la gorge  s'gosiller.
        Enfin, voyant de minuscules gouttelettes purpurines apparatre  la
surface rouge violac des muqueuses, sur une dernire cinglade qui fit une fois
encore ruer et tressauter le corps nu sur le chevalet, le comte cessa la
correction.
-       A prsent, dit-il, je vais te laisser respirer ta pisse et mditer un
moment sur l'utilit qu'il y a pour toi  continuer de nous mentir!
        Aprs quoi, il enfona d'autorit le manche rugueux du fouet dans
l'anus tumfi de Vulfrane, qui se cabra et jeta un cri affreux de bte
corche vive.


CHAPITRE QUINZIEME

        Lord et Lady Folkrown s'taient installs avec Ulmer et Mark dans la
partie salon du local et,  mi-voix, commentaient les aveux partiels arrachs 
leur prisonnire. Ayant tendance  penser que celle-ci avait dit la vrit, la
comtesse dissimulait mal un dbut d'inquitude. Cependant, le chauffeur et le
palefrenier certifiant de leur ct qu'ils n'avaient observ aucune prsence
suspecte dans les environs du chteau, le comte tait persuad du contraire.
S'il admettait que Vulfrane pt agir pour le compte d'un tiers, voire d'un
journal  scandales, il ne croyait pas du tout qu'elle ft de la police ni
d'aucun service officiel. Selon son opinion, il n'tait pas d'usage que les
autorits, mme en matire de moeurs, recourussent  la clandestinit d'un
agent pour mener une enqute,  fortiori contre un personnage tel que lui.
Aussi, et si tel tait le cas, il n'y avait pas de quoi s'alarmer. Il suffirait
pour un temps d'loigner les enfants de Firecastle, puis de faire en sorte de
rduire  nant les investigations de cette maudite curieuse. Qui,  l'autre
bout du monde, se proccuperait des lucubrations d'une putain bourre de
morphine, prte aux pires dpravations pour obtenir une dose de drogue?
Et quand bien mme, sans preuve, son rang de lord et sa parent avec
l'occupante du trne taient des protections amplement suffisantes.

        A quelques mtres, couche sur le chevalet, avec le manche du fouet
toujours douloureusement fich dans l'anus, Vulfrane, dont les sanglots
s'taient calms et qui geignait sourdement, sentait la peur renatre en elle 
mesure que ses souffrances se faisaient un peu moins vives. Elle ne saisissait
que par bribes les propos des trois hommes et de la femme, mais  entendre le
comte, elle se mettait  douter avec angoisse de la prsence non loin du
chteau des agents de Stephen, dont elle n'avait de fait jamais vu aucun d'eux,
et se sentait tragiquement abandonne, misrable, livre sans espoir de secours
au sadisme de ses bourreaux pervers.

        Elle songea tristement que, cette fois, en matire de fantasmes
sadomasochistes, elle tait plus que comble!
        Soudain, la porte qui s'ouvrit et l'entre de Kate, que le comte avait
appel quelques minutes plus tt par interphone et qui apportait un plateau
charg de toasts et de boissons, lui rendit la pleine conscience de sa nudit,
de sa posture obscne, infme. Les cliquetis de mtal, rythms par le pas de la
femme de chambre, prouvaient que celle-ci continuait  porter ses fers et,  la
vulve, les pinces et les poids suppliciants. Mais, d'une certaine faon, comme
la comtesse, Kate aimait cela! Les regards de la jolie rousse, qu'elle sentit
planer sur sa croupe marque par la flagellation, sur le fouet plant entre ses
fesses, sur son sexe bant et suant le sang, sur la grande flaque liquide
tale sous elle enfin, la brlrent comme des coups de lanire. Elle prouva
de nouveau, avec une torturante acuit, un sentiment de honte indicible.
        Durant de longues minutes, Kate repartie, les trois hommes et la
comtesse mangrent et burent en devisant comme si Vulfrane n'existait pas.
Bien qu'elle n'et rien aval depuis de nombreuses heures, cette dernire
n'avait pas vraiment faim, mais trs soif. Cependant un reste d'orgueil
l'empchait de qumander  boire.
        La premire, s'tant suffisamment restaure, Lady Folkrown revint vers
Vulfrane, lui caressa le dos, les reins, les fesses, puis saisit le manche du
fouet pour l'animer, en tournant doucement, d'un lent mouvement de va et vient
qui fit gmir la jeune femme.
-       Tu me parais tre bien serre, dit-elle. On ne t'a jamais vraiment
prise de ce ct-l, n'est-ce-pas?
        Comme elle n'obtenait aucune rponse, elle poussa plus rudement le
cylindre de cuir rugueux dans l'anus tortur, arrachant un cri aigu  sa
victime.
-       Rponds, salope! T'a-t-on dj encule?
-       Non, rla Vulfrane dans un sanglot touff.
-       Entendez-vous cela, Christopher? Cette sale garce est encore pucelle du
cul et aurait grand besoin d'tre ouverte!... Ne pensez-vous pas qu'Ulmer soit
le mieux  mme de procder  ce travail de forage?
        Des approbations vinrent d'au del des colonnes.
        La comtesse retira schement le manche du fouet et, ricanant d'une
nouvelle plainte de Vulfrane, le porta  son nez pour le flairer.
-       Eh bien, aprs la pisse, la merde! s'cria-t-elle en prenant une mine
dgote.
        Elle contourna Vulfrane, l'empoigna par les cheveux et l'obligea 
relever la tte.
-       Ouvre la bouche et nettoie tes salets! exigea-t-elle en lui prsentant
l'extrmit du manche devant les lvres.
-       Oh non... Non, je vous en prie... Pas a...
-       Obis, et vite! Sinon!...
-       Je ne peux pas... Non, je vous en prie...
        La lanire tresse s'envola. Vulfrane se raidit en hurlant lorsqu'elle
claqua sur ses reins et sa croupe, puis cda et ouvrit les lvres quand, une
seconde fois, la femme lui prsenta le cuir souill de ses matires fcales.
        Ecoeure, avec l'envie de vomir, elle continua  nettoyer de la langue
le manche du fouet jusqu' ce que, les trois hommes dcidant soudain de
rejoindre la comtesse, celle-ci le retirt de sa bouche.

-       Allons, Ulmer, au travail! plaisanta le comte. Je veux que vous
m'ouvriez et me taraudiez ce cul comme il convient!

        Raidie dans ses liens, Vulfrane sentit de nouveau la peur l'treindre
et sa raison vaciller.

        Elle perut d'abord la prsence de l'homme venant se posturer derrire
ses fesses atrocement brlantes, et l'odeur de sueur cre. Puis elle sentit les
mains se refermer sur ses hanches, le pilon monstrueux peser contre son sexe,
glisser entre les lvres de sa vulve meurtrie et se poser sur la tumfaction de
son anus.
-       Nooooon! ... Pas laaaaa! ... Noooooon! hurla-t-elle en tirant sur ses
entraves de toutes les forces qui lui restait.
        Ce que l'homme s'apprtait  lui faire subir tait pire pour elle que
le fouet.
-       Je vais si bien t'ouvrir le cul, salope, que tu te souviendras jusqu'
la fin de tes jours de ma grosse bite! promit en grognant l'odieux palefrenier.
        En dpit des cris, des sanglots et des dngations de Vulfrane qui
emplissaient la salle, des tressauts de sa croupe qui se crispait dsesprment
pour tenter de refouler le mandrin de chair tourmente, tout agit des spasmes
de l'excitation, Ulmer s'obstina avec la plus grande dlectation dans le viol
infme.
-       Non!... Oh non, je vous en supplie!... Pas a! Pas aaaaaa! cria de
nouveau Vulfrane en roulant la tte de droite et de gauche, de bas en haut.
        Tandis que le membre viril pesait puissamment sur la boursouflure de
son anus, qu'il le faisait rentrer dans son fondement, dprimait la couronne
horriblement sensibilise de son sphincter, la creusait, la dilatait et la
dchirait impitoyablement, perdue d'humiliation et de souffrance insoutenable,
nerfs nous et muscles contracts, Vulfrane jeta furieusement la tte de tous
cts et ouvrit une bouche immense pour gueuler de nouveau des clameurs
assourdissantes.

        Elle tremblait de tout son corps. Son piderme horripil se couvrait de
sueur. Le visage cireux, les lvres exsangues, les traits ravins de rides
profondes, elle roulait des yeux fous, exorbits et injects de sang.
-       Non!... Noooooon!... Je ne veux paaas! continuait-elle  hurler.
        D'un coup sec, le mle se propulsa en elle, faisant pntrer la
totalit de son gland dans ses reins soudain distendus. La douleur d'tre ainsi
transperce fut si vive qu'elle en eut un instant le souffle coup. Puis un
hurlement dmentiel sortit de sa gorge.
        Par brusques propulsions, les deux mains croches comme des serres
d'oiseau de proie aux fesses fminines meurtries, Ulmer parvenait peu  peu 
gainer sa verge dans l'troit fourreau encore vierge et qui, par la compression
musculaire, essayait encore de refuser son avance, sinon de l'expulser.
        Mais, n'ayant aucune exprience de la sodomisation, toute  sa
souffrance hideuse, la violente ne pouvait supposer que, contrairement  ce
qu'elle esprait, les contractions de son anus, les palpitations orbiculaires
de son sphincter ne faisaient qu'accrotre les dlices du palefrenier.
        Une deuxime rue poussa le phallus plus qu'a demi dans le fondement de
Vulfrane, et un troisime le logea  fond, jusqu'aux testicules qui cognrent
contre ses fesses. Le mandrin tait si pais, si dur, qu'il lui fit l'effet
d'une barre d'acier sur laquelle on l'aurait empale de force. La douleur fut
si vive que, durant plusieurs secondes, elle n'eut mme plus la force de crier.
        Ensuite, il lui sembla que son violeur faisait une pause pour lui
permettre de reprendre ses esprits, de s'habituer  l'pieu de chair dure
plant dans ses entrailles. L'ignominieuse souffrance qui venait de la rvolter
avait t si violente qu'elle savait presque gr au mle du rpit qu'il lui
accordait.
        S'accroupissant devant elle, Lady Maureen la reprit par les cheveux
pour la contraindre  relever la tte et  la regarder.
-       Alors, a te plat de te faire enfiler par le tout petit trou?

        Vulfrane lui cracha au visage.
        La comtesse hurla de rage, se redressa comme sous l'effet d'un ressort
et lui assna une succession de gifles  lui couper le souffle.
-       Sale garce! ructa-t-elle. Quand les hommes seront fatigus de te
dfoncer le cul, je te ferai payer a!
        Sur cette menace, elle la lcha, et le palefrenier se remit en
mouvement.
        Le pnis commena  bouger lentement, comme pour se faire accepter
aprs coup, pour assouplir ses muscles intimes, se couler en elle plus
aisment.
        Mais bientt, cdant  l'emprise de son dsir qu'il ne dominait plus,
l'homme se mit  aller et venir plus vite dans le fourreau dilat des reins de
Vulfrane, lui procurant peu  peu des sensations qu'elle-mme ne contrla plus,
allant de la douleur tenace  une espce de plaisir trange, indfini, issu
plus srement de ce que, incapable de bouger, elle ne pouvait que subir et
s'oublier dans ce mouvement inexorable.

        Ulmer exultait. Une frnsie interne faisait vibrer sa verge
d'allgresse.
        Totalement engag dans la gaine rectale si dlicieusement brlante, si
dlectablement troite, il raidissait encore et se gonflait davantage en
s'engorgeant de sang. Des pulsations nerveuses, par saccades, compressaient sa
sve, l'amenaient au bord du mat. Ivre de volupt, il se catapulta une ultime
fois, aplatit ses testicules contre le fessier violent et, jetant un
grondement de fauve en rut, libra sa semence jaillissante.

        La chaleur onctueuse qui gicla dans ses entrailles procura enfin 
Vulfrane un semblant de soulagement.

        Aprs avoir joui, le palefrenier se retira sans trop de rudesse, la
laissant littralement "ouverte" et, par le fait des liens, incapable de se
refermer, offerte, prte  tre prise encore,  subir qui voudrait la possder.
        Ce fut le comte.

        Il enfona sa verge d'un seul coup, moins paisse que celle d'Ulmer,
mais plus longue, ravivant dans la seconde une douleur qui commenait 
s'effacer.

        Port au comble de l'excitation par tout ce qui avait prcd, il jouit
presque aussitt, et laissa la place au chauffeur.

        Le membre dur, au gland brlant, pesa fortement contre l'orifice
svrement malmen et bant, coula sa chair bande dans l'anus dilat, se
chevilla de plus en plus profondment.

        Vulfrane avait beau ne toujours pas vouloir, elle sentait la verge
l'investir, glisser inexorablement entre ses fesses pour l'emplir. Parois
momentanment relches, gorg de sperme, son fondement tait devenu moelleux,
onctueux, savoureux. Dans l'incapacit de se refermer, de repousser qu'une
quelconque manire le pnis qui la taraudait, elle ne pouvait que subir les
va-et-vient, les tressaute phalliques. Elle ne sentait plus vraiment la
souffrance, qui cependant devait tre toujours l, quelque part, tapie dans le
fond de son corps outrag.
        Son degr de conscience s'amoindrissait d'instant en instant, et, la
douleur ne l'aiguillonnant plus, sa volont s'effritait, se dissipait dans le
nant, telles des particules de poussire noire chasses par le vent.

        Elle sentit vaguement, indiffrente, la poitrine velue de l'homme
pouser son dos, les mains empaumer ses seins carts de part et d'autre du
chevalet au cuir tremp par sa sueur, d'autres doigts la prendre aux cheveux et
relever sa tte, le sexe mollissant et charg de son odeur forcer ses lvres,
que docilement, les paupires closes sur ses yeux rougis de pleurs, elle sua
comme dans un rve.

        Mark s'activait en elle; son pnis allait et venait sans relche,
ressortait parfois compltement pour de nouveau se propulser avec violence.
Elle entendait sa respiration sifflante. Son souffle haletant devenait rle; un
grognement s'chappait de ses lvres chaque fois qu'il se poussait d'un furieux
lan de reins. Il lui ptrissait les seins, lui triturait vigoureusement les
mamelons, tirait, distordait les bouts. Mais, les nerfs, les sens et l'esprit
anesthsis, elle ne souffrait plus.
        Le sexe chappa  sa bouche; elle laissa retomber sa tte et ses
cheveux en corolle cachrent son visage.
        Soudain, le sperme gicla.
        Un dernier spasme secoua l'homme; il s'immobilisa, se releva, puis se
retira.
        Elle aurait voulu pouvoir au moins se refermer, mais c'tait
impossible. Les entraves la retenait, dans la mme affreuse posture, ouverte
largement. Avec la sensation du sperme ressortant de ses entrailles par grasses
coules, elle ne pouvait qu'attendre la suite, anxieusement.

        Durant que les trois hommes la sodomisaient tour  tour, Vulfrane
n'avait pas remarqu que Lady Folkrown s'tait absente, puis tait revenue en
portant par l'anse un grand bock cylindrique empli aux trois-quarts de liquide
fumant.
        Elle ne prta d'abord aucune attention  ce qui se prparait autour
d'elle.
        Elle ne vit pas Ulmer disposer une potence mtallique  sa gauche, Mark
y suspendre le rcipient, adapt  celui-ci un long et gros tuyau de caoutchouc
noir prolong par une canule de mme couleur, d'une longueur et d'un diamtre
comparables  ceux d'un organe viril des mieux proportionns.
        Mais quand la comtesse empoigna la canule et que l'bonite s'enfona
dans son derrire, elle ft avec brutalit ramene  la dure ralit de sa
situation.
        Retenant fermement la canule en place, s'opposant  tout rejet, Lady
Folkrown adressa un signe de tte  Mark, lequel ouvrit  fond le robinet.
Aussitt, le liquide chaud s'engouffra dans le souple conduit, puis jaillit en
force dans le fondement de Vulfrane.

        La brlure qui embrasa ses intestins fut si intense que la jeune femme
prouva l'horrible sensation qu'un torrent de lave incandescente se ruait 
l'intrieur de ses entrailles.
        Il fallut de longues secondes pour que, les yeux exorbits et
ruisselants de larmes, la bouche ouverte dmesurment, hurlant  se dchirer la
gorge de douleur intolrable, secouant furieusement, mais inutilement la tte,
les cinq litres de la mixture bouillante et trs gnreusement poivre lui
gonflassent le ventre.
        Ensuite, obissant  la comtesse, Mark prsenta une large cuvette entre
ses cuisses carteles et Ulmer se munit d'une solide cravache.
        Alors, la canule brutalement extraite de son pauvre derrire tortur,
tressautant sous les coups sabrant sa croupe, s'poumonant de nouveau 
brailler d'inhumaines clameurs, elle rendit  flots le lavement abominable...
jusqu' la dernire goutte corrosive.
        Enfin ce fut la dlivrance. On libra ses membres. On la souleva du
chevalet pour porter son corps nu et ankylos, dont les jambes se refusaient au
mouvement de la marche, sur la paillasse rche de la cellule. La, on ferma des
menottes sur ses poignets, dont la chane fut passe entre les barres du lit de
fer. Puis ce fut l'obscurit, l'absence, l'attente sans sommeil, dans la mme
position recroqueville, les heures qui passrent avec une lenteur
dsesprante, une sensation sourde de souffrance gnrale, des lancements
lancinants entre les fesses, et l'affreuse angoisse de l'instant o l'on
reviendrait la rechercher pour la ramener dans la salle noire.


CHAPITRE SEIZIEME

        Kate, nue et enchane, le corps sillonn de coups de fouet, tait
venue apporter  manger  Vulfrane sous la surveillance d'Ulmer.
        Et la porte du cachot s'tait referme.
        Puis elle s'tait rouverte, et le palefrenier avait entran de nouveau
Vulfrane, en larmes et suppliante, vers la chambre noire.
        Les tortionnaires l'y attendaient au complet: Mark, ainsi qu'Ulmer, en
pantalon de velours et manches de chemise haut releves dcouvrant les muscles
noueux de ses bras; le comte, en longue et riche robe de chambre de brocart
noir et argent; la comtesse,  peine voile d'un nglig de gaze blanche qui,
largement chancr sur l'opulence de son buste, ne laissait  peu prs rien
ignorer de ses formes graciles et de ses plantureux attraits mammaires.

        Sur le vaste sofa de cuir noir, l'une des petites filles tait alanguie
prs d'un des garonnets, l'un et l'autre tout  fait nus.
        Le petit garon semblait dormir.

        Vulfrane se raidit  la pense que, peut-tre, on allait la contraindre
 se dpraver en leur compagnie. Elle savait Lord Folkrown capable du pire et
ne doutait plus qu'il apprcit tout particulirement de mler des enfants et
des adultes dans la dpravation.

        Et, au del de la peur, une telle perspective la scandalisait.
        Prsente, mais retire dans le coin le plus ombreux de la cave, Kate
attendait debout, immobile, docile et  l'ordre. Elle n'tait plus entirement
nue.
        Ses chaussures laces, aux talons dmesurs, l'obligeaient  se tenir
sur la pointe des pieds comme une ballerine. Sa peau laiteuse, parseme de
taches de rousseur, marque par les flagellations successives, faisait un
contraste saisissant avec le noir opaque de ses bas de latex maintenus 
mi-cuisses par... des pingles de sret enfonces dans sa chair. Outre celles
qui mordaient et distendaient les lvres de sa vulve, des pinces alourdies de
poids avaient t fixes  ses mamelons. Le collier- carcan qui lui serrait le
cou la contraignait  conserver la tte haute.

        Enfin, il y avait le chien, norme, effrayant, couch aux pieds de Lord
Folkrown qui lui caressait le dos de l'extrmit fine de sa cravache de
dressage.
        Plus que tous les autres, la petite fille troublait Vulfrane de son
regard vif, inquisiteur, acr, allum d'une sorte de malice venimeuse.
        Ce ne fut qu'a ce moment que la jeune femme nota l'tonnante
ressemblance entre les deux enfants.
        Le soupon lui vint que...
-       Mets-toi  quatre pattes, par-dessus les barres! lui intima Ulmer en
dsignant deux sortes de massifs et hauts chenets disposs paralllement sur le
sol, et en la gratifiant d'une bourrade dans les reins.
        Ds qu'elle eut obi, les aisselles et le ventre appuys sur les
reposoirs de mtal, il relia par de courtes chanes les bracelets de ses
poignets et de ses chevilles aux anneaux scells dans le sol.
        Elle vit les regards du comte, de la comtesse et du chauffeur fixer
vicieusement les grosses poires de son buste lourdement pendantes entre ses
bras carts. Demeur debout derrire elle, le palefrenier avait, une nouvelle
fois, une vision autrement plus allchante de sa fminit.
-       Qu'allez-vous encore me faire endurer? ne put-elle s'empcher de
questionner.
-       Les jumeaux vont tout d'abord nous offrir un petit spectacle de jeux
incestueux qui devrait normalement t'amener  un tat d'excitation souhaitable,
sinon tout  fait indispensable, dit Lord Folkrown.
-       Et vous estimez ncessaire de m'entraver une fois de plus dans une
posture avilissante pour me montrer des pratiques aussi abjectes?
protesta-t-elle.

        Lady Maureen ricana.
-       Pour a, non, mais pour la suite, cela vaut mieux, rtorqua-t-elle.
-       Quelle suite?
-       Tu verras... et tu sentiras davantage!
-       Pourquoi vous acharner  me tourmenter? En quoi cela pourra vous
servir, puisque vous savez dsormais qui je suis? Vous feriez aussi bien de ne
pas aggraver votre cas et de me librez au plus vite. Je ne vous ai pas menti.
Votre chteau est sous surveillance et...
        Lord Folkrown fit un geste de la main.
        Ulmer lui sabra les fesses d'un coup de fouet et la fit hurler.
-       Ferme ta gueule, salope! ructa-t-il.
-       Si tu ne veux pas que l'on te billonne, tiens-toi tranquille et
regarde, renchrit Lady Maureen.
        Puis le comte toucha du bout de sa longue cravache les paules de la
fillette, qui tressaillit et rveilla immdiatement son petit compagnon
assoupi.

        Comme une mcanique de prcision rgle  la perfection, le garonnet
ouvrit les yeux et se mit instantanment en devoir de caresser le joli corps
fminin, sans paratre le moins du monde affect de le faire en prsence de
spectateurs. Il effleura les mignonnes fesses rondes et blanches, fermes et
bien dodues, le petit ventre dlicatement bomb, puis ptrit plus durement les
jeunes seins, au relief  peine marqu et aux pointes rose ple, avant de
malaxer  pleine main le pubis tout  fait lisse, mais aux lvres sexuelles
anormalement dveloppes et tumescentes.
        En quelques secondes, sa verge s'rigea, se dressa avec arrogance et,
son gland totalement dcalott, prit des proportions presque semblables 
celles d'un pnis moyen d'adulte.
        Retournant sur le ventre la gamine soupirante, sans vritable
prparation, il la pntra alors d'un seul coup entre les fesses, violemment,
pour la sodomiser  grands lans de reins, trs profondment, prouvant 
l'vidence que de ce ct-l au moins elle n'tait plus vierge du tout.
        Il n'y avait pas de mot pour qualifier un tel acte, mais en dpit de sa
situation, malgr elle, Vulfrane tait irrsistiblement trouble par les deux
adorables nudits treintes.
        Laboure sans piti, la fillette cria, puis gmit et rla, soupira et
cria encore... mais de seule volupt cette fois. L'infme cot voulu par les
adultes dpravs se droula trs vite, et, au comble de leur treinte, les deux
enfants roulrent l'un sur l'autre sans se dsenlacer, agits nerveusement du
tremblement de leur spasme.
        Enfin, les jumeaux se dsunirent.
        Tandis que la petite fille restait allonge sur le dos, cuisses
largement ouvertes, son frre s'agenouilla prs d'elle et se mit en devoir
d'enfoncer ses doigts en cne dans l'adorable fente billante, distendant la
vulve impubre sans aucun mnagement. Il fit entrer de la sorte toute sa main
dans le sexe mignon, jusqu'au poignet, puis fouilla l'intrieur du vagin
juvnile de tous ses doigts, avec une brutalit sauvage, tout en ricanant avec
mchancet et en tordant de son autre main les ples mamelons de sa partenaire
docile, et visiblement consentante en dpit de la cruaut du traitement.
        Celle-ci ne se plaignait pas, ne grimaait qu'a peine. Elle fixait la
jeune femme nue entrave  quatre pattes de son beau regard clair et, avec au
fond de ses prunelles brillantes un vif clat de provocation, lui souriait
ironiquement.
        Quand, d'un mouvement brusque, le garonnet retira sa main des chairs
intimes distendues de la fillette, laquelle sursauta schement, Vulfrane pensa
que, cette dmonstration odieuse acheve, elle allait devoir ds lors assurer,
bon gr mal gr, la suite du spectacle. Mais lorsque le garonnet releva les
jambes de la fillette, que celle-ci passa les bras derrire ses genoux et se
maintint les cuisses presses contre sa poitrine, qu'elle fit voir son anus
anim nerveusement, et que les cinq doigts runis en cne forcrent son
sphincter minuscule, obligrent la muqueuse  cder, la pntrrent peu  peu,
la dilatrent de faon horrible, la jeune Franaise crut tre la victime d'une
sorte d'hallucination.
        L'impensable pntration se poursuivit nanmoins, bien relle.

        Cette fois, la petite fille serra farouchement les mchoires; ses
petits doigts de pieds et de mains se crisprent; tous ses muscles en formation
se tendirent  se rompre, mais son anus s'ouvrit de plus en plus largement sous
la pression de l'empalement. Enfin, la main entire disparut dans ses
entrailles, sans qu'elle et pouss un seul gmissement.
        Le corps de la gamine s'tait couvert de sueur; elle avait les yeux
rvulss et emplis de pleurs; ses paules, son dos et ses jambes poteles
taient agits de tremblements qui ne cessaient pas, mais sa bouche cherchait
encore  esquisser le rictus d'un sourire effrayant pour dfier la blonde
captive.
        Les deux enfants restrent de longues secondes unis de la sorte, et,
lorsque le jeune garon retira son avant-bras et sa main souills du fondement
de la fillette, Vulfrane sentit la nause lui monter jusqu'au bord des lvres.

        Lord Folkrown pointa sa cravache sur la captive.
-       Maintenant, sale putain de flic ou quoi que tu sois d'autre, tu vas
pouvoir savourer la saillie d'un amant de choix!
        Vulfrane comprit instantanment de quel amant il tait question.
-       Je vous en supplie, se rvolta-t-elle en secouant la tte, pas a!...
Pas avec un chien!
-       Comme je te vois telle une chienne toi aussi, il me semble normal de te
faire couvrir par l'un de mes beaux danois.

-       Non! Non! Je ne veux pas! cria Vulfrane, proie d'une panique et d'un
dgot insurmontables.

-       Helto n'est pas ton type? railla Lord Folkrown. Tu aurais peut-tre
prfr Gasko? Je le regrette, crois-le. Mais je ne peux cependant permettre 
ce dernier d'tre infidle  la comtesse. Et puis, comme Helto et lui sont
frres, tu vas de la sorte devenir un peu la belle-soeur de ma femme. Ainsi
Firecastle n'aura-t-il plus seulement une, mais deux belles chiennes humaines
dsormais.
        Dans cet esprit, et parce que ma chre Maureen semble tenir  toi au
point de vouloir toujours te garder prs d'elle pour souffrir et jouir en ta
compagnie, j'ai dcid de vous rendre solidaires  la fois par la douleur et la
volupt. La comtesse sera donc fouette durant tout le temps que, les mamelles
convenablement travailles, tu jouiras de la saillie d'Helto... et jusqu' ce
qu'il te libre.
        Aussitt, Ulmer s'accroupit devant Vulfrane qui, voyant soudain les
deux fortes pinces relies par une chanette, cria de peur et de refus, puis de
douleur quand les mchoires denteles mordirent cruellement ses mamelons.
Cela fait, sans se proccuper de ses plaintes ni de ses supplications, le
palefrenier accrocha le mousqueton d'une longue laisse de cuir  la chanette
et en tendit l'autre extrmit au comte.

-       Va, Helto, va! Prends-la! ordonna Lord Folkrown une fois qu'il eut la
poigne de la laisse en main.

-       Nooooooon! hurla Vulfrane. Pas a! Pas aaaaa!...

        D'un bond, le danois sauta sur la nudit fminine entrave, raidie de
dgot et agite par de violents sanglots, lui gratigna les flancs de ses
griffes, lui saisit la nuque entre ses mchoires normes et commena  serrer,
suffisamment pour la tenir  merci, pas assez pour la blesser.

        En mme temps, le comte exera brivement une premire traction sur la
laisse, tirant les gros seins vers lui en les amenant par-dessous au contact de
la barre transversale du chenet, dont la partie infrieure tait  la fois
biseaute et taille en lame de scie.

        Vulfrane aurait voulu crier la souffrance de ses seins distendus,
mordus par les pinces, piqus par les dents aigus du chenet, mais elle ne put
mettre qu'un grondement rauque.

        Elle tenta nanmoins de se dbattre encore. Alors les crocs pntrrent
lgrement sa chair, la langue mouilla son cou, la bave dgoulina sous son
menton, dgoutta sur sa poitrine atrocement tourmente. Ses narines s'emplirent
de l'odeur dsagrable de l'animal, qui grogna. Elle n'osa plus faire un geste
et, l,  quatre pattes, nue sous le chien, captive de ses chanes, il n'y eut
plus en elle que de la haine, de la peur et de la rpulsion.

        Le comte relcha la tension de la laisse.
        Cette fois, Vulfrane le savait, rien ne pourrait la sauver du viol
abject.

        Sur son dos, elle sentit la pression du poitrail de l'animal
s'accentuer. Le ventre duveteux effleura ses fesses. En un lent mouvement, elle
tenta de fuir la rpugnante relation. Elle baissa la croupe en cartant
davantage les genoux et chercha  s'asseoir sur ses talons. Mais la barre
sciant son ventre l'en empcha, et Helto serra la gueule autour de son cou
sensible et la mordit plus franchement en mettant un grondement de colre.
Les crocs s'enfoncrent, lui firent mal, et les pattes lui treignirent le
torse. Elle ne put bouger et dut subir, entre ses cuisses ouvertes, le contact
du bourgeon viril s'rigeant peu  peu.
        Elle ne sut alors que gmir sourdement.
        Pendant ce temps, la comtesse avait enlev son vaporeux dshabill,
montr son torse lanc et ses gros seins pendants sems de marques de piqres,
ses petites fesses rondes traverses de balafres bruntres, avait tendu ses
poignets  Mark qui les avait serrs de bracelets de cuir, l'avait amene
jusque sous un palan auquel il l'avait fixe, dont il avait manoeuvr la chane
jusqu' ce qu'elle ne toucht plus le sol que des doigts de pieds, et qui la
faisait  prsent gmir langoureusement en ptrissant ses gros ttins et son
clitoris encore tumfis.
        Le pnis canin s'allongeait, se gonflait. Visqueux, collant, brlant,
il se pressait contre le sexe bant.
        Haletante, le souffle court, tous les muscles nous de rpulsion,
Vulfrane en venait presque  regretter les viols odieux que lui avaient
infligs les hommes, et dont aucun pourtant ne lui avait procur le moindre
plaisir.
        Sa raison avait beau se refuser toujours  admettre qu'un chien pt
tre en mesure de dsirer une femelle humaine, elle n'tait rien qu'une chienne
captive et offerte, vulnrable,  la prdation bestiale.
        Le danois maintenait les crocs enfoncs dans la peau dlicate de la
jeune femme et, la paralysant  demi, lui frottait le dos et les reins du
dessous de son corps, animait lentement son pnis entre les deux cuisses
cartes et raidies.
        L'extrmit humide, pointue du gland buta soudain contre les lvres
billantes de la vulve, les carta plus encore, et s'insinua dans le vagin.

        Vulfrane exhala un gmissement lamentable.

        Devinant sans le voir vraiment ce qui se passait, Lady Maureen clata
d'un rire tragique, qui devint cri de douleur quand, sur un signe du comte,
Mark commena  la fouetter  l'aide des fines lanires pourvues de noeuds
d'une espce de chat  neuf queues.
        Helto desserra un peu l'treinte de ses mchoires. Son sexe s'rigea
davantage, pntra plus profond dans le vagin de Vulfrane en s'allongeant,
ouvrit et fora ses chairs, frotta son clitoris, lui faisant prouver aussitt
des sensations folles,  la fois confuses et prcises, dconcertantes plus que
vraiment choquantes.
        Elle gmit encore, misrablement, et, ne pouvant crier pour traduire
son refus impuissant, laissa les larmes couler en abondance de ses yeux.
        La verge ne cessait de grandir  l'intrieur de son sexe, elle
repoussait lentement ses parois intimes, dclenchait dans les profondeurs de
son tre des impressions contradictoires... et s'installait.

        Intelligent, matre de sa force, comprenant bien que sa proie tait
dans l'incapacit de lui chapper, le chien relcha un peu plus sa prise sur la
nuque.
        A chaque cingle qui lui incendiait la croupe, la comtesse tressautait
et jetait un cri rauque.

        Vulfrane vivait un effroyable cauchemar.
        Son corps tait ignominieusement viol. Le pieu de chair turgide
s'enfonait inexorablement en elle. En se dilatant progressivement, en forant
les muqueuses  se prter  son volume croissant, en crasant le bourgeon
clitoridien qui, chauff par le frottement constant, se gonflait d'un naturel
afflux sanguin, il provoquait une raction physiologique qu'elle ne pouvait
cependant contrler, en flagrante contradiction avec son tat d'me.

        Cette stimulation irrpressible de sa fminit la dgotant davantage,
elle se mit  pleurer avec bruit,  sangloter, gmir et supplier comme une
petite fille.

        Elle restait consciente nanmoins, sentait le sexe s'allonger toujours,
le corps de l'animal s'animer peu  peu, les testicules se balancer sous ses
fesses et heurter l'intrieur de ses cuisses.
        Soudain, le pnis prit des proportions incroyables.

        Jamais elle n'aurait imagin que cela put se passer ainsi, moins encore
en faire l'exprience.

        La verge s'enflait  son extrmit, lui donnant la sensation qu'un
ballon, plong au fond de son vagin, se gonflait et largissait ses chairs de
faon insense et persistante. Elle ressentait maintenant physiquement au coeur
de son tre cette formidable intumescence animale qui fait qu'un chien en rut
ne peut se dtacher de la femelle qu'un moment aprs avoir jacul.
        Les mchoires librrent compltement sa nuque, la langue mouilla son
cou, les deux pattes antrieures battirent contre ses flancs, puis remontrent
vers ses aisselles pour lui enserrer le buste avec force.
        Doucement d'abord, et de plus en plus violemment, en un va-et-vient
saccad, l'immonde cot commena.
        Elle se sentit devenir folle.

        A quelques pas, girante et soubressante au bout de sa chane, Lady
Folkrown criait de plus en plus fort et s'touffait de sanglots sous les
cingles des lanires qui, maintenant, enflammaient et meurtrissaient tour 
tour ses fesses et ses seins lourdement trmulants.

        Une traction prolonge sur la laisse fit hurler et se convulser
Vulfrane.
        La bte se rua plus vivement encore, envoya ses testicules contre le
fessier cart de la captive, caressa les chairs de la fminit. Le membre
puissant tarauda le vagin violent, usa le clitoris, irrita les parois
profondes et obtint malgr tout la lubrification voulue par la nature.
        Plus Vulfrane gmissait, plus le chien s'excitait; plus elle se
dbattait, plus il s'acharnait.
        Depuis combien de temps cela durait?
        Une ternit. Une ternit de tourments infernaux et de honte
indicible.
        Une ternit d'abomination.
        L'animal haletait. Sa poitrine se gonflait et se rtractait sur un
rythme prcipit, comme s'il allait se librer, jouir, toucher au paroxysme du
rut.
        Vulfrane n'esprait, ne songeait qu'a la fin de ce viol excrable.
Mme les hommes n'avaient pas fait preuve, en la forant hideusement, d'autant
de violence inconsciente, instinctive.
        Elle sentait les coups contre ses fesses, les coups dans son vagin, les
coups dans son ventre, une douleur constante... Mais aussi, par instants,
fugace, un bref clair de plaisir, honteux, scandaleux, rpugnant.
        Alors, en hurlant  pleine gorge de la douleur de ses seins tirs et
mordus par les pinces, presss contre la scie du chenet dont les dents
piquaient et raclaient sa peau dlicate pour l'ensanglanter, elle en venait
presque  accepter la torture comme une punition de cette volupt infme
qu'elle ne pouvait s'interdire d'prouver.
        Elle n'entendait mme pas le bruit qu'elle faisait en criant et
implorant, hoquetant et sanglotant. Elle tait constamment agite de
convulsions. Elle ne vivait plus que par sa fminit assaillie, perfore,
meurtrie. Tout en elle se concentrait sur ce phallus bestial entr dans sa
chair intime, profondment, inexorablement, sur ce rut monstrueux,
interminable, qui la dvastait.

        Lord Folkrown tira de nouveau sur la laisse.
        Vulfrane hurla dsesprment.

        Derrire elle, bondissante, chevele, ruisselante de sueur, les traits
dforms comme ceux d'une dmente en crise, bavante, les fesses secoues de
tremblements fous, les seins ballottants, l'un de ses mamelons fendu et
laissant chapper un mince filet de sang, jete par la flagellation prolonge
en plein dlire masochiste, Lady Folkrown criait de toutes ses forces,
vocifrait d'pouvantables obscnits entre ses brames de douleur, clamait
qu'elle allait jouir et injuriait son chauffeur pour qu'il la fouettt plus
vigoureusement encore.
        Puis, puise, Vulfrane ne cria plus; ses larmes se tarirent. Elle mit
une plainte rauque et continue, coupe de temps  autre par un hoquet. Sa chair
tait porte au vif; son sexe lui faisait affreusement mal. Elle ne sentait que
son clitoris, pareil  un petit tison, frott par la verge implacable du chien.

        Le plaisir la surprit brusquement, malgr elle, et mit un point d'orgue
 sa dchance.
        Ce que le viol des hommes n'avait pu produire, le viol du chien le
dclenchait irrpressiblement.
        L'orgasme la fit se cabrer, hurler et, dans un afflux de honte
insoutenable, perdre conscience.
        Le danois gmit, gronda, rugit, s'activa, s'affola.
        Une gicle brlante emplit le sexe de Vulfrane qui ne le sentit pas, en
dborda, souilla l'intrieur de ses cuisses de coules gluantes.
        Le chien s'apaisa, s'immobilisa, attendant que son sexe se dgonfle.
        Presque au mme instant, cingle de bas en haut entre les jambes, les
fesses et les mamelles suant une humeur sanglante, Lady Folkrown beugla sa
jouissance.
        Mais, pour un temps dlivre de la souffrance et de l'humiliation,
Vulfrane ne pouvait plus l'entendre.


CHAPITRE DIX-SEPTIEME

        De nouveau, la porte s'ouvrit. Un peu de la lumire jaune du corridor
troua l'obscurit du cachot, claira la nudit gisante sur la paillasse, les
cheveux blonds dissimulant le visage, les marques du fouet sur les fesses
offertes par la position en chien de fusil...
        Percevant dans sa somnolence qu'elle n'tait plus seule, Vulfrane
s'veilla en sursaut et, tout de suite affole, se recroquevilla contre la
paroi rugueuse, jambes replies contre sa poitrine et serres entre ses deux
bras,
        -Non! Non!... Je vous en prie!... Laissez-moi!...
        Sous la surveillance de Mark, la femme de chambre, toujours avec ses
bas tenus par les pingles fiches dans sa chair, toujours supplicie par les
pinces et les poids accrochs  sa vulve et au bout de ses seins, apportait de
quoi manger et boire  la captive.
        "A la nouvelle chienne de Firecastle!", ainsi que le dit le chauffeur
en ricanant grassement.
        Durant que cette dernire se restaurait, en usant comme les autres fois
de ses mains, l'homme ne cessa pas de palper les fesses de Kate, promettant 
celle-ci, avant que de remonter des souterrains, un petit divertissement avec
Ulmer et lui dans la chambre noire.
        Puis Vulfrane se retrouva plonge dans la nuit.
        Comme faisant chos aux claquements secs des talons aiguilles de Kate,
les pas lourds et lents du chauffeur s'loignrent dans le corridor.
        Alors, soudain, Vulfrane remarqua le mince trait de lumire.
        Quittant sa paillasse, elle s'avana et se rendit compte qu'elle
n'tait plus enferme.

        Pas une seconde elle ne songea  un pige,  une incitation  l'vasion
dont elle voyait pas l'intrt.
        Elle glissa une main dans l'entrebillement de la porte, remerciant le
hasard qui avait fait que Mark, intress par Kate, ne l'et pas referme
compltement. Bien que faible, la clart du couloir la blessa. Elle dut cligner
plusieurs fois des paupires pour attendre que ses yeux se fussent habitus.
Elle referma la porte pour le cas o quelqu'un viendrait  passer, et songea
que c'tait un bonheur que les locaux carcraux ne comportassent aucun systme
d'ouverture intrieur. De la sorte, on ne pourrait souponner, sans entrer dans
le cachot pour vrifier, qu'elle se ft vade.
        Le souterrain tait dsert, silencieux. Le seul bruit qui lui parvint
tait celui de son coeur battant la chamade.
        Elle n'avait pas d'autre chose  faire qu'avancer. Si l'on venait  la
surprendre dans ce boyau vide, o rien ne pouvait la dissimuler, ce serait non
seulement la fin de sa tentative de fuite, mais plus encore le dbut de
reprsailles terribles.
        Or elle se sentait psychiquement et physiquement incapable de
supporter, sans sombrer dans la folie, une seconde flagellation comme celle qui
lui avait t inflige, pis encore une nouvelle saillie du chien avec les seins
supplicis par les pinces.
        Ce qu'il fallait, c'tait qu'elle pt sortir du chteau sans encombre.
Une fois dans le parc, la nuit et la vgtation seraient ses meilleures
protections. A condition toutefois qu'elle trouvt avant cela le moyen
d'actionner le dispositif d'ouverture du panneau de lambris, que la porte
d'entre ne ft pas ferme  clef, que les chiens, les chiennes surtout,
n'eussent pas t laisss en garde dans le vestibule ou en libert.
        Les mles, excits par sa nudit et la forte odeur de sueur et de
stupre qui imprgnait son corps qu'elle n'avait pu laver, ne voudraient que la
violer; les femelles, elles, la mettraient en pices!
        Elle arriva  la premire intersection du ddale souterrain, gravit les
marches du premier escalier, parcourut le long corridor, monta le second
escalier et, dans les tnbres, parvint enfin contre la porte secrte. Elle se
mit en ttonnant  la recherche du systme d'ouverture.
        Les secondes passaient comme des heures. Elle ne devait pas s'nerver,
s'appliquer  garder son calme,  contrler sa respiration, oublier les
douleurs sourdes de sa poitrine qui,  prsent qu'elle se mouvait debout et que
ses seins ballottaient un peu, se rveillaient pour la tourmenter de nouveau,
et puis faire appel  toute sa lucidit.
        La chance tant avec elle, elle eut une pense pour bnir le ciel
quand, sous ses doigts tremblants, elle trouva une espce d'excroissance dans
la surface de la pierre, qu'elle pressa d'abord sans succs, puis glissa de
ct, dclenchant aussitt la libration du panneau, lequel pivota lentement et
s'ouvrit de lui-mme.
        Aucun chien ne se prcipita sur elle.

        Ayant prudemment repouss le lambris jusqu' ce que celui-ci et repris
sa place dans son logement et ft redevenu indiscernable, elle s'apprtait 
courir vers la porte quand, soudain, elle perut un bruit qui fit bondir son
coeur dans sa poitrine.
        Elle se figea d'un bloc.

        Un homme descendait le grand escalier de marbre, de haute taille,
massif.
        Un instant, elle crut que son coeur allait se rompre, o plutt se
dcrocher, tomber de son torse, s'craser sur les dalles du vestibule avec un
bruit de cristal bris.

        L'homme continuait  descendre, lentement, de faon inexorable.
        Vulfrane ne pouvait savoir qui il tait. Noye d'ombre, sa silhouette
pouvait aussi bien tre celle de Parker, de Mark ou pire encore d'Ulmer.
Pas celle du comte. Aussi grand que ces trois-l, Lord Folkrown tait cependant
moins corpulent.

        Plaque contre le lambris, elle rflchissait  toute vitesse, mais
elle ne pouvait efficacement lutter contre la panique qui l'envahissait.
Si l'homme la voyait, ce serait de nouveau le cachot, la salle de torture, les
viols immondes des hommes et des chiens, les fouets, les pinces, les
souffrances intolrables...
        Le salut, peut-tre, rsidait sous l'escalier. Il l'attirait comme le
vide attire ceux qui souffrent de vertige. Dix pas au moins  dcouvert.
        L'homme avait encore plusieurs marches  descendre. Il regardait
apparemment devant lui, sans tourner la tte. Elle avait une chance. Sur le
marbre glac, ses pieds nus ne feraient aucun bruit. Mais son corps aussi tait
nu, et mieux discernable dans le semblant de clart bleute qui baignait
l'espace qu'il lui fallait parcourir.

        Elle se dcolla du lambris, fit un pas, un autre...
-       Qui est l?... Est-ce vous Kate?
        C'tait la voix de Parker.

        Evidemment, croyant voir la rousse femme de chambre remonter des
souterrains et la sachant punie, la nudit de celle-ci n'tait pas pour le
surprendre.

        Vulfrane se ptrifia sur place, avec la sensation d'un gouffre
s'ouvrant au niveau de son estomac, de son cerveau perdant d'un coup sa
substance, d'une colique lui triturant les entrailles.
        L'homme descendit la dernire marche de l'escalier, s'avana de son pas
lent de snateur romain.
-       Comment, c'est vous? s'tonna-t-il alors en voyant la chevelure blond
ple de la Franaise.
-       Je vous en supplie, Parker, chevrocha Vulfrane en se couvrant les seins
d'un geste instinctif, aidez-moi! Je me suis vade de mon cachot! Je ne veux
pas qu'ils me ramnent en bas! Je ne veux plus tre encore torture! Je vous en
supplie, au nom du ciel, aidez-moi ou je me tuerai plutt que de subir encore
ce qu'ils m'ont dj fait!
-       Allons, calmez-vous, rpondit le majordome d'une voix chaleureuse.
Je veux bien vous aider autant que cela m'est possible, c'est--dire en
ignorant que je vous ai vue. Venez, je vais vous ouvrir la porte.
-       Je suis toute nue, gmit Vulfrane.
-       Je regrette de ne pouvoir vous donner ma veste, je n'en ai qu'une.
Et le risque serait trop grand de monter vous chercher des vtements. Tant pis!
La fuite est plus importante pour vous que la pudeur. S'ils vous reprennent, ce
sera terrible, et je ne pourrai rien faire. Vous n'aurez qu' courir pour vous
rchauffer. Une fois  la grille, vous longerez le mur,  droite, pendant une
centaine de mtres, jusqu' l'endroit o il s'est un peu boul. Il vous sera
facile de l'escalader et de vous laisser tomber de l'autre ct. Aprs cela,
vous verrez, toujours  votre droite, un petit sentier. Prenez- le. A environ
deux kilomtres, vous trouverez la maison de Sarah Mingan. C'est la veuve d'un
bcheron qui travaillait nagure pour le comte, qu'elle dteste, qui voudrait
la faire partir, mais qui lui rsiste. En sachant qui vous tes, elle vous
aidera. Elle n'a pas le tlphone, mais vous donnera de quoi vous couvrir et
vous prtera sans doute sa bicyclette. Ensuite, allez aussi vite que vous
pourrez  Moffat, c'est plus prs du chteau que Selkirk. Ne perdez pas de
temps, car ds qu'il apprendra votre vasion, Lord Folkrown fera en sorte
d'loigner les enfants. Et sans leur prsence, on ne prouvera rien contre lui.
-       Vous, vous pourrez tmoigner, non!... Et Kate, et Betty!... La comtesse
mme, peut-tre!
-       N'y comptez pas. Aucune d'elles ne consentira  charger Lord
Christopher. D'abord parce que celui-ci les a sorties toutes trois du bordel en
les rachetant  leurs proxntes, ensuite parce qu'elles jouissent ici d'tre
ses esclaves, enfin parce qu'elles savent que, s'il vient  tre jug et
condamn  cause d'elles, il ne restera pas toujours en prison, les fera
rechercher, retrouver et enfermer dans des maisons de passe clandestines o
elles auront une existence pire que la mort. Pour ce qui me concerne, c'est
autre chose... Ce que fait Lord Folkrown me dgote, mais un jour il m'a sauv
la vie. A prsent, partez, vite!
-       Une minute encore, retarda Vulfrane. Quelqu'un du chteau ou des
environs a adress une dnonciation  la police d'Edinburgh. Est-ce vous?
-       Non, ce n'est pas moi.
-       Mais vous tes au courant de cette dnonciation et savez qui l'a faite,
n'est-ce- pas?
-       Oui, avoua Parker avec rticence. C'est la vieille Sarah. Je vous l'ai
dit, elle hait Lord Folkrown. Voila deux mois, elle m'a confi qu'elle
souponnait beaucoup de choses sur ce qui se passait  Firecastle, et aussi
qu'elle allait faire en sorte que cela se sache... Elle m'a galement trait de
lche.
-       Je suis dsole, dit Vulfrane.
-       Il ne faut pas. Sarah a raison... Je voudrais aussi que vous me
pardonniez d'avoir abus de vous, mais je croyais que vous tiez de la mme
espce que la comtesse. Adieu, Vulfrane. Ne me gardez pas trop de rancune, et
bonne chance!
-       Merci, murmura la jeune femme.
        Puis elle s'lana au dehors, soutenant ses seins  deux mains, sans
mme sentir les blessures infliges  ses pieds par le gravier.

        La nuit tait franchement glaciale. Les branches dgarnies des arbres
crissaient sous une petite brise aigre. Une chouette hululait doucement,
quelque part. Dans ce dcor fantomatique, proie d'une peur viscrale venue de
l'enfance, pntre jusqu'aux os par le froid, torture par une formidable
envie d'uriner, qu'elle se refusait toutefois  satisfaire tant qu'elle ne
serait pas hors de l'enceinte du parc, Vulfrane courait aussi vite qu'elle le
pouvait, en serrant les mchoires pour empcher ses dents de claquer.

-       Halte! Police! hurla une voix sur sa gauche, provenant de derrire les
arbres.
        Plus que les mots, le faisceau de lumire vive qui la frappa soudain la
fit crier et se jeter sur le sol.
-       Debout! Les mains en l'air! ordonna de nouveau la voix.
        Vulfrane ne bougea pas, resta comme elle tait, aplatie sur la terre
meuble, transie, paralyse par la peur, tragiquement nue dans le faisceau de
lumire qui ne la quittait pas.

        Il y eut un mouvement dans l'ombre du sous-bois, des silhouettes se
dtachrent entre les troncs, des pas firent craquer les feuilles mortes, une,
deux, trois silhouettes apparurent, parlant  voix basse.
        Terrifie, Vulfrane ne put contenir plus longtemps sa vessie. L'urine
chaude s'chappa de son corps avec un lger chuintement, lui inonda le bas du
ventre et les cuisses avant d'tre absorbe par la terre.

-       Debout! exigea de nouveau l'homme en s'approchant et braquant sur elle
le pinceau de sa lampe torche.
-       Je ne peux pas, bafouilla Vulfrane en claquant des dents et continuant
 uriner sous elle.
-       Que faites-vous l, toute nue? Cela vous excite de vous balader  poil
dans les bois par ce temps? Vous tes folle?... Allons, qui tes-vous?
-       Laissez-la tranquille! Courez donc plutt chercher une couverture!
Et en vitesse! intima alors schement une autre voix.
-       Stephen... Oh! Stephen... murmura Vulfrane.
        Celui-ci s'agenouilla, se pencha sur elle, vit les innombrables marques
de flagellation, les fesses mises  vif, boursoufles, taches de sang sch.
-       Mon Dieu! Que t'ont-ils fait?... Je suis dsol, nous n'avons pu venir
avant.
-       Ce n'est rien... C'est fini... balbutia-t-elle en dominant avec peine
le claquement de ses dents.
        En un instant l'alle s'tait emplie de vhicules aux phares allums,
d'hommes qui allaient et venaient, s'interpellaient, installaient des
projecteurs.
        Un bras tendit une couverture. Vulfrane s'en saisit avidement, s'en
enveloppa avec fbrilit tout en se redressant pour s'asseoir.
-       Peux-tu te lever, marcher? Veux-tu que je te porte  l'intrieur d'une
voiture?
-       Plus tard, refusa-t-elle. Emparez-vous d'abord de ces salauds...
Du comte, du chauffeur, du palefrenier, du palefrenier surtout... Les enfants
sont enferms dans les souterrains... La porte est dans le lambris, sous le
grand tableau du vestibule.. Le majordome, il sait qui a crit  la police...
Il m'a permis de fuir... La comtesse... Ils l'ont galement fouette, jusqu'au
sang... Mais a ne l'a quand mme pas empche de jouir... presque autant
qu'avec son chien...
-       Quoi, son chien? s'cria Daams. Tu ne veux pas dire que...
-       Si.
-       Et toi aussi, ils t'ont force ... ?
        Vulfrane secoua la tte, incapable d'un tel aveu.
-       Tais-toi, souffla-t-elle.
        Mais elle sut que, dans son regard, Daams lisait la vrit.
        Cependant, il n'insista pas.
        Dj, une nue de policiers, de tous grades, en uniforme ou en civil,
se ruait au pas de course vers le chteau.

-       Voulez-vous du lait dans votre th?
        Vulfrane leva la tte vers le bobby qui, une grande tasse fumante  la
main, une bouteille de lait dans l'autre, se penchait vers elle.
-       Oui, s'il vous plat, accepta-t-elle, tout en se pinant mentalement
pour s'assurer qu'elle ne rvait pas, que c'tait fini, qu'on ne la ramnerait
pas dans la salle infernale.

        Au bout de l'alle, les fentres du chteau s'clairaient, on entendait
des cris, des bruits de course sur le gravier, des coups contre une porte, des
aboiements de chiens furieux.

        Frissonnante, Vulfrane tendit une main tremblante pour prendre la tasse
de th au lait. Dans le mouvement, la couverture glissa de son paule et son
sein gauche, marqu par le fouet, au mamelon tumfi, apparut dans la vive
clart des projecteurs.
        Il restait bien une dizaine de paires d'yeux autour d'elle pour
apprcier le spectacle.
        Elle rougit.
        Toute sa pudeur ressuscite, ne voulant plus penser au fait que la
plupart des hommes qui l'entouraient venaient de la voir entirement nue, elle
ramena de sa main libre la couverture sur son buste et, tout en portant la
tasse  ses lvres, regarda intensment Daams.

        Dans ses yeux rougis, cerns de mauve, il n'y avait aucun reproche 
l'adresse de son amant; rien qu'une promesse...
        Et, dans sa chair humilie et lasse, un dsir qui renaissait...
        Celui d'une fesse que Stephen lui avait promise et jamais donne...
ou de quelque chose d'autre, de honteux, d'aberrant, d'inavouable.

Dominique St-Marc - Les Chiens de Lord Folkrown


 Ceci provient du site gratuit des HISTOIRES TABOUES cr en 1999 par Pedinc.

http://www.asstr.org/~histoires/  ou  http://go.to/histoires

Vous y trouverez la plus grande collection d'histoires en franais sur le sujet.

N'oubliez jamais que cela doit rester des fantasmes ...
Forcer un enfant au sexe dans la vie relle mrite la prison !

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